P. Martial-Lekeux o.f.m. Voie raccourcie de l'amour Divine,
à l' École de Saint François D'Assise

Union de la voie mystique -2- La voie mystiqueHenri de Herp :
Miroir de la perfection (extraits)

 

1- La seconde démarche essentielle
Henri de Herp : Comment d'âme parvient à un
très parfait amour de Dieu



3- Regard d'ensemble sur cette doctrine
Pour éviter les écueils
2- La voie mystique
Henri de Herp : Miroir de la perfection (extraits)
4-Sur les sentiments de dévotion
François d'Osuna : De la consolation spirituelle
Diègo d'Esertella : De la douceur et consolatoin qui est en Dieu
LA VOIE MYSTIQUE

Comme il apparaît dans cette remarquable conférence, le terme auquel nous achemine Henri de Herp n'est autre que la vie mystique, don gratuit, mais auquel l'âme pieuse peut et doit se préparer par l'amour « actif ».

Il y voit le couronnement normal de la vie spirituelle : là seulement l'amour sera parfait, parce qu'à nos infirmes efforts viendra se joindre et même se substituer l'action toute divine des dons du Saint-Esprit : ils sont indispensables à notre complète union à Dieu.

Par là aussi, il en est convaincu, et par là seulement, nous parviendrons à la perfection de toutes les vertus, parce qu'alors elles couleront toutes ensemble de leur véritable source, la charité parfaite, et cela naturellement et presque sans effort, tout l'effort s'étant porté à dégager cette source. C'est là précisément le secret de la « voie raccourcie » de toute perfection.

C'est pourquoi il est tout aussi convaincu que Dieu, qui veut notre sanctification et notre plein amour, ne refusera pas ce couronnement à celui qui suivra généreusement la « voie mystique ». Et c'est sans arrière-pensée ni méfiance qu'il nous prend par la main, très simplement, pour nous conduire peu à peu à la porte de cette divine demeure, là où est notre véritable séjour et où, depuis toujours, Notre-Seigneur nous appelle.

Cette forte et encourageante doctrine, ainsi que les moyens à employer pour parvenir à ce terme désirable, apparaîtront plus clairement dans le texte suivant, formé d'une suite d'extraits pris dans le Miroir de la perfection. Il ne fait que préciser certains points de la Collatio, ce qui le rend utile en dépit d'inévitables répétitions.

 

MIROIR DE LA PERFECTION ou Directoire des contemplatifs de Henri de Herp (Extraits)
PRÉPARATION ACTIVE A LA CONTEMPLATION

Quand un homme s'est suffisamment exercé dans la pénitence et la méditation pour constater en lui le goût de l'abnégation, le mépris du monde, l'empire sur la chair et une certaine ardeur d'esprit pour Dieu et pour toutes les vertus, s'il veut marcher de l'avant dans cette voie jusqu'à arriver à la vie contemplative, il doit s'appliquer désormais à élever son coeur et son âme, ses sentiments et toutes ses forces par de continuels désirs vers l'amour divin et l'union avec Dieu.

Il s'agit d'ériger l'arc de l'amour divin sur lequel va porter tout l'oeuvre de la contemplation. Dans les débuts, l'amour de Dieu est imparfait : pour l'établir solidement, l'homme doit commencer par s'adonner à des méditations spécialement propres à allumer l'amour dans son coeur (très particulièrement à celle de la Passion du Christ) : c'est sur de telles pensées qu'il pourra construire cet arc spirituel. Dès qu'il sentira la ferveur allumée dans son coeur, il devra s'exciter à l'amour unitif par d'affectueuses prières plutôt que par des réflexions.

 

LE SEUIL DE LA CONTEMPLATION

Quand, par son propre travail secondé par la grâce, l'homme a construit l'arc spirituel d'un amour actif ardent, il possède l'instrument spirituel dont il pourra user pour entrer, quand il plaira à Dieu, dans la vie contemplative. Cet instrument s'appelle amour opérant, parce qu'il porte puissamment à tout ce qu'on sait être agréable à Dieu. On l'appelle aussi grâce sensible, parce qu'il est émouvant et savoureux.

Mais il n'est instrument de progrès que si on l'emploie bien. Malheur à ceux qui en abusent! Toujours il faut veiller à ce qu'il se traduise en oeuvres : s'il produit l'abnégation et l'humble soumission à Dieu, c'est signe que la grâce divine l'accompagne; sinon, on aurait beau être ravi sept fois le jour, il n'est que gourmandise spirituelle.

Cet instrument est donc la dilection ou grâce sensible active, mais ici elle précède tout travail de l'esprit, l'âme ne cherchant qu'à s'unir à Dieu par la simple affection. J'exposerai de mon mieux comment il faut s'y exercer pour se rendre apte à lacontemplation.

Deux exercices r e i ces sont requis ici : les aspirations et l'amour unitif.

Une fois muni de l'instrument contemplatif, l'homme désireux d'accéder à cette vie que Denys appelle divine ou mystique doit abandonner la méditation pour laisser libre cours aux mouvements du coeur, usant d'une foule de ces brèves prières qui activent l'élan vers Dieu. Il doit les porter constamment en soi et, s'imprégnant de la présence de son Seigneur, les lui redire sans cesse, marchant, travaillant, mangeant, se reposant, et non pas seulement quand il se rend à l'oraison, se faisant une habitude de les avoir toujours dans le coeur. Nous pouvons en trouver sans nombre, suivant l'inspiration de la grâce. Et il faut les exprimer avec des sentiments très vifs, jusqu'à se fondre en Dieu dans l'ardeur de l'amour.

Par de telles aspirations l'esprit d'amour s'enflamme de plus en plus et l'âme se trouve préparée à l'élévation contemplative : quand, par cet exercice continuel, elle se sera établie dans l'amour unitif, son sentiment pour Dieu deviendra si actif, ardent et prompt que, chaque fois qu'elle se tournera vers lui, aussitôt et sans réflexion préalable, elle sera projetée dans un abîme d'amour avec d'indicibles élans vers lui seul, oubliant tout ce qui est sous lui. Et cela peut se répéter cent et mille fois par jour, si toutefois la nature le supporte.

Grâce à cette véhémence de ferveur, toutes les forces de l'âme sont en un instant concentrées et fondues dans l'ardeur de l'amour et abîmées en Dieu. Et ainsi cet instrument de la contemplation s'aiguise et devient beaucoup plus efficace pour monter vers Dieu et progresser dans la vertu, l'abnégation et tout ce qui concerne la vie parfaite.

Le second exercice est celui de l'amour unitif. L'amour est une certaine force unitive et un désir que l'aimé ne fasse qu'un avec nous. Mais il est impossible que deux êtres soient un de toutes manières, à moins que l'un des deux ne perde sa consistance propre : comme la sève se transforme en l'arbre, comme la goutte de vin se perd dans l'eau, comme le fer chauffé devient feu, ainsi la grâce fait de l'esprit humain un seul esprit avec Dieu : perdu dans l'immensité divine, il se voit pénétré de Dieu qui l'agit, devenu sa vie. Et cette absorption en Dieu est si douce et si sublime que celui qui en prendrait pleine conscience serait emporté hors de soi.

Un tel amour a une action plus puissante et plus utile au progrès spirituel que toute autre forme de la charité.

Il est si fervent qu'il met en fuite toutes les tentations par un simple regard vers Dieu : comme les mouches n'osent s'approcher d'une huile bouillante. Les tièdes subissent ainsi bien des tentations qui sont épargnées aux fervents, à moins que Dieu ne le permette pour leur réserver par l'épreuve une plus belle couronne.

Il est si vif qu'en un instant, dès que l'âme se tourne vers Dieu, il la pénètre et en chasse toute distraction, ce que l'autre amour ne réalise, souvent, que par un long effort.

Il est si actif qu'il pousse, plus vigoureusement que tout, à une complète abnégation; et ce que l'autre amour ne fait qu'au prix d'une lutte pénible sur soi-même, il l'accomplit avec élan et allégresse. Aussi progresse-t-il plus en une semaine dans toutes les vertus que cet autre en un an.

Enfin il est si avide de son Aimé qu'il tient l'âme unie à Dieu d'une façon continuelle et immédiate, ce qui n'est pas possible sans lui. Aussi reçoit-il, bien plus que l'amour commun, d'abondantes et mystérieuses lumières sur Dieu et jouit-il d'une plus grande familiarité dans son amitié, parce qu'il porte l'esprit plus excellemment à la contemplation, plus profondément à l'amour, plus constamment à la dévotion. Il maintient l'âme toujours élevée, parce qu'il plane par-delà toute multiplicité et toute inquiétude, par-delà toute distraction et toute perturbation, dominant de haut toutes les passions naturelles, dominant tous les événements, heureux ou malheureux, si bien que, quoi qu'il arrive à l'homme, il reste hors d'atteinte du désordre, sa volonté étant complètement fondue en celle de Dieu. Que s'il ressent parfois quelque trouble dans ses puissances inférieures, celui-ci ne tarde pas à se dissiper.

Tel est cet amour qui, s'il est pratiqué selon l'ordre, unit et assimile l'homme à Dieu de la façon la plus rapide, la plus étroite et la plus parfaite, et le rend apte à être introduit dans la vie contemplative.

 
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