P. Martial-Lekeux o.f.m. Voie raccourcie de l'amour Divine,
à l' École de Saint François D'Assise

Les exercices de la voie mystique -4-L'IMITATION DU CHRIST -4- Louis-François D’Argentan :Exercice pour conduire à la parfaite imitation de Jésus-Christ-Paul de Sainte-Madeleine :Que nous devons imiter notre Rédempteur Diégo d’Estella : Comment l’on imite la vie de notre sauveur Jésus-Christ.

   
 

 

 
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P. Martial-Lekeux o.f.m. Voie raccourcie de l'amour Divine,
à l' École de Saint François D'Assise


Les exercices préparatoires de la via mystica,
tels que les propose H. de Herp, peuvent s'expliciter de la sorte :

(1)
1° Penser à Dieu d'une façon qui suscite l'amour

a- tâcher de percevoir la beauté de Dieu à travers celle de ses oeuvres;

b- se pénétrer de l'amour dont il nous aime;

c- très particulièrement contempler le Christ, sa vie et sa Passion.

(2)

2° Vivre avec Dieu, ce qui comporte deux exercices simultanés :

a- marcher en la présence de Dieu;

b- lui parler, par de continuelles élévations et aspirations.

(3)

3° Ces différentes démarches se condenseront à certains moments dans la pratique de l'oraison

(4) 4° Enfin, tout cela devra se traduire en vertus : la contemplation du Christ se résoudra en imitation du Christ.

4° L'IMITATION DU CHRIST

A persévérer dans ces exercices de contemplation et ce commerce habituel avec le Seigneur, l'amour, peu à peu, se frayera un chemin dans le coeur et se fortifiera. S'il est sincère il passera du coeur dans la vie, par des oeuvres qui le manifestent : le contraire serait d'un flagrant illogisme. Si les sentiments de piété éveillés dans l'oraison sont en eux-mêmes chose excellente, tout revient pourtant, finalement, à faire régner en nous la volonté de Dieu et à l'accomplir fidèlement. Tout amour porte, de sa nature, à faire ce que veut et désire l'aimé : un amour pour Dieu qui ne se traduit pas en bonnes oeuvres et en vertus, ou tout au moins en généreux efforts pour y parvenir, est suspect.

L'amour, dit-on, est la « forme » des vertus. On peut, dans un sens moins philosophique, retourner la formule, et dire que les vertus ne sont que les différentes formes que prend l'amour selon l'objet qui lui est présenté. Il est leur principe et leur moteur. C'est pourquoi nous avons vu nos auteurs recommander dès le début d'utiliser l'amour pour mieux mener le combat spirituel. A ce stade, il est vrai, l'amour était encore trop faible pour suffire à la tâche : aussi s'agissait-il surtout alors d'une lutte directe contre les vices par un effort ascétique, l'amour n'intervenant que comme aide secondaire pour favoriser cet effort. Mais maintenant que par la méditation et l'oraison, l'amour divin est devenu suffisamment vif et profond, il va être le mobile principal et immédiat des vertus; et ce mobile est beaucoup plus puissant et plus efficace que tout autre, parce qu'à la volonté rationnelle il associe le coeur, et qu'ici les vertus prennent leur sens le plus profond et le plus vrai, dérivant directement de leur authentique principe. Ascèse encore, et qui ne dispensera pas de l'effort, mais ascèse d'amour, ascèse mystique dans le sens où l'entendait Flenri de Herp.

Et puisque c'est particulièrement à la tout aimable personne du Christ Sauveur que s'est attaché notre amour, l'effort, désormais, consistera surtout à imiter les vertus dont il nous a donné l'exemple, suivant ainsi la loi de tout amour, qui est de copier celui qu'on aime. Vouloir lui ressembler, mettre son bonheur à devenir autant qu'il est possible conforme à lui au-dedans et au-dehors, tel est l'ascétisme nouveau de celui qui s'est épris de lui; et de là procèdent tout ensemble l'union de volonté et l'amour d'action, la transformation de l'âme et celle de la vie : amour complet et bien équilibré.

Telle est la forme d'ascèse particulièrement chère aux franciscains, et qui fut celle de leur Père séraphique. Elle est à la fois plus douce et plus énergique que toute autre, l'amour étant ce qu'il y a de plus suave et de plus fort, et Jésus étant le modèle le plus parfait et le plus attirant qui puisse nous être proposé. C'est là cette « aimable guerre » dont parle Pierre de Ravenne, qui consiste à « emporter par la seule force de l'amour la victoire sur tous les vices ».

EXERCICE POUR CONDUIRE A LA PARFAITE IMITATION DE JÉSUS-CHRIST
par Louis-François d'Argentan (19) (Exercices du chrétien intérieur, t. V, extraits 1)

J'ai lu chez un des plus grands maîtres de la vie spirituelle une vérité qui m'a consolé. Quand Jésus, dit-il, s'imprime dans une âme qu'il trouve assez pure et assez tranquille pour rece voir son opération, c'est comme quand nous retrouvons notre visage dans un miroir; et Dieu reçoit plus de contentement de s'être ainsi reproduit dans une âme épurée, qu'il n'en a eu à produire toutes les créatures qu'il a tirées du néant. Bien qu'il ait, en effet, exprimé en chacune quelque chose de son être et de ses divines perfections, elles sont, même toutes ensemble, incapables de recevoir comme l'âme humaine les divines impressions.

Quand Dieu a voulu exprimer au-dehors son essence et ses perfections, ç'a été dans la très sainte humanité de Jésus-Christ; et quand Jésus veut exprimer l'image des perfections de sa divinité et de son humanité tout ensemble, c'est dans l'âme du chrétien qu'il le fait, quand elle est pure et dégagée des choses créées. Les impressions qu'il y produit sont si admirables qu'il s'y complaît comme en lui-même, car il semble qu'il s'est reproduit dans cette glace, où il se voit et s'aime infiniment.

Notre âme pourrait-elle jamais avoir un emploi plus digne, qui l'ennoblisse davantage ou puisse la rendre plus heureuse, que de recevoir ainsi, admirablement, l'empreinte et la ressemblance de Jésus-Christ ? Oh! si elle connaissait son bonheur, Il le ugerait toutes les autres occupations indignes d''elle. Qu'elle se regarde quand elle porte cette image du Christ, c'est-à-dire qu'elle a les mêmes pensées, les mêmes lumières et les mêmes sentiments que lui : jamais elle ne fut plus belle qu'en cet état; et elle sera comblée de joie de reconnaître en elle les traits et les caractères de son divin Seigneur.

Il n'atppartient qu'à Dieu de s'exprimer quand il veut dans une âme, rien qu'en la regardant; mais l'âme ne saurait imprimer en soi la ressemblance de son Rédempteur que par un effort d'imitation.

Tous les chrétiens sont appelés à cette imitation de Jésus-Christ : c'est pour cela qu'ils s'appellent chrétiens. C'est dans ce dessein que notre Père céleste nous a envoyé son Fils sur terre et l'a exposé à nos yeux comme notre exemplaire; c'est pourquoi il nous le propose, non pas dans son état de gloire, mais dans l'état où il désire que nous tâchions de lui ressembler pour mériter d'être en quelque façon comme lui l'objet de ses c omplaisances.

Dans sa gloire, ceux qui lui sont le plus proches sont les séraphins; mais dans le profond anéantissement de la croix, ceux-là l'approchent de plus près qui portent le mieux marqués en eux les caractères de ses humiliations, de ses douleurs, de sa pauvreté et de ses extrêmes abandonnements : ce sont les séra­ phins de la terre, et je les admire plus que ceux du ciel.

EN QUOI SURTOUT NOUS DEVONS IMITER LE CHRIST

Je remarque que l'Ecriture n'a jamais dit que Jésus ait fait des miracles pour nous instruire à en faire à son imitation. Mais elle dit en termes exprès : « Le Christ a souffert, vous laissant un exemple pour que vous suiviez ses traces. » C'est principalement dans ses souffrances, sa pauvreté et son humilité qu'il veut que nous l'imitions si nous voulons être ses disciples.

Jésus, bien qu'étant Dieu, a voulu nous sauver par une vie toute plongée dans les douleurs et par une mort endurée dans les derniers excès de la souffrance. Celui qui l'aime est avide de boire au calice de sa passion, et au milieu des amertumes qu'il y trouve, il goûte une douceur divine qui est bien d'une autre saveur et d'une autre force que toutes les joies que le monde pourrait lui donner. Loin de fuir la souffrance, il en est affamé, sachant que c'est sur la croix qu'il trouvera Jésus.

Il se regarde comme une victime, qui n'est au monde que pour souffrir avec lui. Il s'offre tous les jours à Dieu en sacrifice, et reçoit avec joie les afflictions comme des grâces qui le font ressembler à Jésus crucifié. Quand il entend ceux du monde dire : « J'ai bien passé mon temps aujourd'hui, je me suis bien amusé », il dit, lui : « J'ai bien passé mon temps, car j'ai bien souffert aujourd'hui et j'ai pu partager avec mon Jésus souffrant. » Outre les croix de la Providence , l'amour lui inspire d'en chercher de volontaires qui le façonnent à la ressembalnce de son divin modèle.

S'il est une chose capable de confondre la sagesse humaine, c'est de voir Dieu, à qui appartient tout honneur et toute gloire, se plonger dans un abîme d'humiliation et de mépris. Or ce sont les humiliations de mon Jésus mourant en croix qui ont établi son honneur, ont attiré tout à lui et ont fait fléchir tout genou devant lui.

L'amour de l'humilité et le mépris de nous-mêmes nous confère l'honneur de la ressemblance avec Jésus méprisé pour notre amour.

C'est une leçon malaisée à apprendre; aussi vaut-il mieux commencer par les choses les plus faciles et avancer peu à peu dans cette voie :

Je voudrais d'abord observer cette règle stricte de ne jamais me louer — et aussi de ne pas me faire louer par les autres. Je ne voudrais pas faire des fautes pour être méprisé, mais les ayant commises je ne voudrais pas les cacher ni m'en excuser. Je voudrais ensuite choisir toujours ce qui paraît plus vil, les objets plus pauvres, les emplois moins honorables : voyant Jésus traîné indignement par les rues de Jérusalem, je voudrais le suivre partout et l'imiter en tout. Je voudrais enfin non seu­ lement faire du bien à tous, mais n'en recevoir que mépris, ingratitudes et mauvais traitements.

Je sais bien que ces conseils ne sont pas au goût du monde, mais j'en crois saint Paul quand il nous dit : « Pour nous, nous prêchons le Christ et le Christ crucifié, scandale aux Juifs et folie aux Gentils », et je trouverai mon repos dans cet abrégé de l'Evangile : « Apprenez de moi que je suis doux et humble de coeur. »

TROIS MOYENS DE NOUS MODELER SUR JÉSUS

Je vois trois moyens de faire toutes nos actions sur le modèle de celles de Jésus :

Le premier est de toujours agir en sa présence. Un chrétien doit toujours regarder son Maître pour en recevoir ses instructions, et se souvenir que toujours il est regardé par ce divin Maître qui veut se rendre compte de sa fidélité. Oh! si nous en étions bien convaincus! O Seigneur, gravez fortement dans mon âme le souvenir de votre présence; que je vous voie en tout lieu, que je vous contemple en toutes mes actions, que je vous porte marqué dans mes mains et dans mon coeur avec des caractères d'amour, afin que je fasse tout sous votre regard et pour vous plaire.

Le second moyen est d'accomplir toutes nos actions à son exemple, imitant celles qu'il a le plus aimées : la prière, la pénitence, le silence, le support des injures, la bonté envers le prochain, et tâchant de m'en acquitter, comme lui, avec toute la perfection qui m'est possible. Donnez-nous la main, Jésus, pour nous aider à vous suivre, et nous courrons après vous.

Le troisième est de faire n'os actions dans l'esprit et dans l'union de celles de Jésus. Quand notre âme est unie à lui, il lui inspire toutes ses divines inclinations, que nous ne pourrions jamais avoir de nous-mêmes. Je trouve une consolation extrême dans cette parole de l'Ecriture : « Recevez le Verbe comme une greffe. » De moi-même je suis incapable de produire de bons fruits, mais le Fils de Dieu nous est donné pour s'insérer en nous comme une excellente greffe sur un mauvais sauvageon. On ne voit plus la mauvaise qualité du tronc qui porte la greffe, c'est celle-ci qui lui donne de bons fruits. Je ne suis plus en peine maintenant de rendre à Dieu le service et l'amour que je lui dois. O Jésus, soyez vous-même ma vie, opérez en moi, que je ne sois plus rien et que vous soyez tout. Régnez en moi, très adorable, très désirable Jésus : je me donne tout à vous, pour le temps et pour l'éternité.

QUE NOUS DEVONS IMITER NOTRE RÉDEMPTEUR
par le vénérable Paul de Sainte-Madeleine (Soliloques, ch. xxi-xxif, extraits)

Beaucoup se plaignent, trouvant le joug du Christ trop dur et sa croix trop pesante : c'est que, l'amour du Sauveur n'étant pas encore bien allumé en eux, ils ne savent pas quelle perfection et quel bonheur on trouve à souffrir humblement pour lui; les véritables amis de Jésus, c'est un fait, n'ont pas de plus grande joie que de l'honorer en suivant ses exemples et de gagner sa faveur en acceptant de porter sa croix avec lui.

Si donc vous aspirez à la véritable paix du coeur, ne mettez rien au-dessus de la contemplation quotidienne de la Passion de votre Rédempteur, afin de l'imiter dans ses souffrances et ses abaissements. Plus étroitement vous l'embrasserez en votre coeur, plus vous le trouverez aimable et doux par-dessus toutes choses, car onne peut exprimer avec quelle véhémence l'amour de Jésus tire à lui le cœur de ceux qui l'aiment, avec quelle suavité il repose dans leur pensée parmi toutes les humiliations et les peines, quelle ferveur il leur communique, quelle bonté, quelle humilité, quelle droiture, quelle ardeur, quelle joie, comme il les rend forts contre le péché, invincibles aux attaques du démon, faisant d'eux en toutes choses ses fidèles imitateurs. Mais aussi avec quelle humilité et quelle tendresse ils s'offrent à lui tous les jours! tantôt l'invoquant instamment, comme leur vrai Dieu, dans leurs continuels besoins, tantôt compatissant avec larmes aux souffrances de leur Sauveur bien-aimé crucifié pour eux, tantôt lui avouant humblement leurs fautes comme à leur Juge suprême, embrasés d'un tel amour que rien ne leur paraît si dur ni si amer qu'ils ne l'accueillent pour lui, quelque répugnance qu'ils en éprouvent naturellement.

Laissez donc tout pour aller à Jésus si vous voulez vous sauver sûrement et triompher de tous vos ennemis.

Par ses abaissements il vous a enseigné la voie d'une haute perfection, vous montrant comment passer del'amour de soi-même à l'amour de Dieu. Pour cela il n'a épargne ni souffrance, depuis sa tendre enfance et dans tout le cours de sa vie.

Avec quel ferme amour vous devriez vous attacher à lu! Ayez toujours le souci de n'être pas trop indigne d'un si haut prix et d'un tel Rédempteur : vous y parviendrez en conformant simplement votre vie à son exemple.

« Il fallait que le Christ souffrît pour entrer dans sa gloire. » De même vous devez souffrir si vous voulez suivre votre Chef.

Le bien nous lasse vite, à moins que nous n'y trouvions une satisfaction sensible; les moindres difficultés nous le font abandonner. C'est que nous ne sommes pas vraiment morts avec le Christ; nous ne voulons ni le suivre ni l'écouter, alors que par la croix il veut nous faire du bien, nous arracher aux affections mauvaises qui sans cesse nous tourmentent , et nous mener à la paix véritable.

Combien rares sont ceux qui vraiment imitent Jésus! Combien peu tiennent leur regard fixé sur sa Passion! Tant que tout va bien nous sommes pleins de ferveur, mais à la moindre contrariété nous nous refroidissons : nous ne nous ceignons pas pour le combat comme des soldats du Christ.

Il a refusé, lui, de jouir du repos dans sa vie, il a voulu manquer de toute satisfaction humaine, afin de nous engager à laisser les biens sensibles pour les biens spirituels, les choses terrestres pour les choses divines, la dissipation trouble du monde pour sa joie ineffable.

De quelque côté que vous vous tourniez, vers le monde, vers les hommes ou vers vous-mêmes, vous ne trouverez jamais la tranquillité si vous fuyez la croix : tout cela engendre la satiété et après peu de temps vous sera retiré.

Tout doit être compté pour rien, hors trouver le Christ et suivre fidèlement jusqu'au bout la voie qu'il nous a montrée. Celui qui marche à sa suite avec un esprit droit, ce n'est pas la nécessité qui le pousse, mais l'amour : car il est convaincu que nul labeur, nulle peine, nulle humiliation ne pourrait rendre au Sauveur ce que nous a donné son immense tendresse.

On devrait huer dans les assemblées celui qui, sachant le poids de la croix que le Fils de Dieu a portée pour le sauver, ne veut pas faire un pas pour gagner l'amitié de son Dieu.

Gravez donc profondément en vous la Passion du Seigneur afin de vous rendre conformes à votre Rédempteur. Il ne suffit pas de la lire pour n'y plus penser ensuite, mais il faut l'étudier comme ont fait les saints, qui se sont mortifiés sans relâche jusqu'à se trouver capables de se donner entièrement à la contemplation des choses célestes.

Montrez-vous donc viril, fidèle soldat du Christ! C'est la couronne de vie qui vous est proposée pour votre éternelle félicité, si maintenant, renonçant à vous-même, vous souffrez patiemment pour Dieu.

Comme le Christ s'est soumis aux hommes, supportant humblement tout ce qu'ils lui imposaient, ainsi. si vous voulez le servir, vous devez vous regarder comme né uniquement pour tout endurer, et croire que tous ont le droit de vous commander, à cause de vos offenses envers votre Créateur, dont vous ne méritez pas d'être appelé l'esclave.

Comme le Christ a souffert patiemment les injures sans ouvrir la bouche alors qu'on le maudissait, ainsi, quand vous sentez quelque révolte contre les procédés des hommes, vous devez aussitôt vous armer de la croix contre vous-même.

Et de même que, jusqu'à sa mort sur la croix, il n'a jamais cessé de peiner pour vous, ainsi devez-vous mourir à tout ce qui, en vous, satisfait les sens, la volonté ou le jugement propres.

Cherchez donc sans cesse à progresser plus parfaitement à la suite de votre Rédempteur, aspirant sans relâche à la vertu, qui est toute la grandeur de votre âme.

COMMENT L'ON IMITE LA VIE DE NOTRE SAUVEUR JÉSUS-CHRIST par Diégo d'Estella
(Traité de la vanité du monde, I. III, ch. xvII)

« Celui qui me suit ne marche pas dans les ténèbres », dit Notre-Seigneur. Que toute votre étude soit donc d'imiter la vie de votre Rédempteur et de le suivre en toutes choses. Voici comment vous le ferez :

Celui qui secourt son frère dans le besoin tient Jésus par la main. Celui qui console son frère dans la peine donne un amoureux baiser à Jésus. Celui qui, à table, réserve à son frère une meilleure portion qu'à lui-même, offre un rayon de miel à Jésus. Celui qui chante ou lit pour son frère malade ou chagriné, se mêle au chant des anges devant la crèche de Jésus.

Celui qui supporte les défauts d'autrui et les excuse avec compassion mérite l'indulgence de Jésus-Christ. Celui qui couvre les défauts de son frère revêt d'un beau vêtement les membres de Jésus, et quand il fait valoir ses qualités et ses bonnes actions, il met des fleurs devant les yeux de Jésus. Celui qui pleure le péché d'autrui et prie Dieu de le pardonner, lave les pieds de Jésus. Celui qui désavoue la détraction et s'efforce de l'empêcher, oint les plaies de Jésus. Celui qui ramène la paix entre adversaires et apaise les discordes, apprête en son coeur un lit de fleurs à Jésus.

Celui qui donne à son frère une lecture sanctifiante offre à Jésus un vin précieux; s'il adresse aux autres des paroles salutaires, il prêche avec le Sauveur le Royaume de Dieu. Celui qui prie pour l'homme pécheur, tenté ou malade, accompagne Jésus guérissant les infirmes; et quand il prie pour les défunts, il va avec lui au tombeau de Lazare, conjurant le Père de les délivrer.

Celui qui s'abstient d'un mets agréable ou renonce aux plaisirs du monde, offre des présents à Jésus avec les Mages. Celui qui résiste aux mouvements des vices et mortifie son corps, s'unit au jeûne de Jésus; s'il subit avec patience le joug contrariant de l'obéissance, il porte Jésus crucifié dans ses bras.

Celui qui s'occupe à de saintes méditations fait de son coeur un lit nuptial pour Jésus. Quand il se retire en soi, gardant la solitude et le calme, il va avec Jésus au désert. Et si, en mangeant, il se nourrit de saintes lectures et de la pensée de Dieu, il prend son repas avec Jésus et les apôtres.

Celui qui, dans l'adversité, se soumet humblement, suit Jésus à Gethsémani. Si, dans la tentation, il prie avec instance et ferveur, il combat avec Jésus dans son agonie. Celui qui prie pour ceux qui le persécutent prie avec Jésus crucifié. Et quand il renonce de bon coeur aux biens du monde et oublie ses attraits, il meurt avec Jésus sur la croix.

Celui qui garde son âme pure et paisible ensevelit Jésus dans son coeur; et chaque fois qu'il pense aux paroles et aux actes du Christ ou lui rend grâces de ses bienfaits, il apporte avec Madeleine des parfums précieux à son tombeau. S'il persévère dans le service du Seigneur, il repose doucement au sépulcre avec Jésus.

Celui qui, après la confession de ses fautes, décide fermement de se corriger, ressuscite avec Jésus de la mort du péché, et quand il secoue la pesanteur du mal et se remplit d'une nouvelle ferveur, il célèbre la nouvelle pâque avec Jésus-Christ et chante Alleluia avec allégresse. Et celui qui, ne faisant plus de cas des biens fugaces de cette vie, aime les saintes méditations et s'attache d'un coeur ardent aux choses célestes, celui-là monte aux cieux avec Jésus.

Bienheureuse l'âme dont Jésus est la vie et pour qui mourir avec lui est un gain! Il doit mourir à soi-même, celui qui veut vivre avec Jésus. Il doit abandonner toutes les choses inférieures, celui qui veut goûter Jésus et savourer sa douceur.

Il est pénible de laisser tout cela et de mourir à soi, mais ce faisant l'homme régnera dans la vie éternelle avec Jésus qui est le salut et la vie. Ah! quand sera-ce que je me verrai seul à seul avec mon Dieu, enfin uni indissolublement à lui ? Jusqu'à ce que l'âme aille joindre Jésus dans la gloire, elle ne peut être parfaitement heureuse. Suivons-le donc dans cette vie, pas à pas, conduits par une foi et un amour fervents, pour arriver à le voir à découvert dans la compagnie des anges, à jamais heureux dans les splendeurs célestes.

Références

1-r. Cet exercice, qui comporte soixante pages dans l'ouvrage du P. d'Argentan, a dû être condensé.


P. Martial-Lekeux o.f.m.
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