P. Martial-Lekeux o.f.m. Voie raccourcie de l'amour Divine,
à l' École de Saint François D'Assise

La vie parfaite -2-B-DANS LES CLARTÉS DIVINES-suite la fin de 2a-3- Dans les clartés divinesSaint Pierre d'Alcantara :-Prière pour demander l'amour divin

 

PAR LA CONTEMPLATION L'HOMME EST TRANSFORMÉ EN DIEU


Veillez aussi à ce que les dons reçus ne vous détournent pas de la crainte de Dieu. Vous connaîtrez alors une lumière qui ne s'éteindra plus : « Pour nous, dit cette âme haute qu'est saint Paul, contemplant à face découverte la gloire du Seigneur, nous sommes transformés à son image, de clarté en clarté, comme par l'Esprit du Seigneur. » Quelles choses merveilleuses ! Ces visages ainsi découverts, ces yeux de devant lesquels est tombé le voile de la cécité humaine, ne vous semble-t-il pas que c'est Dieu qui les illumine de sa propre lumière ? L'Apôtre ajoute que ces âmes sont transformées à l'image même de Dieu : or, celui- là approche Dieu de très près, qui a su entrer en lui-même. Vous êtes monté très haut si vous êtes descendu jusqu'au fond de votre âme, en sorte d'être intime à vous-même. Et que dire quand vous y trouvez Dieu, plus intime encore à votre âme que le plus intime de votre être ? De quelles ténèbres vous tirera son Esprit, pour vous porter dans quelles clartés ! Ah ! si vous connaissiez ces mystérieuses contemplations qu'on trouve dans le secret de ce retirement ! Si vous saviez ces claires illuminations, ces ferventes splendeurs, ces rayonnements très simples, ces fulgurations très pures, ces vivifiantes ardeurs, ces délicieuses, ces enivrantes douceurs, ces saveurs pacifiantes, et tous ces ineffables et inconcevables transports, si vous en aviez l'expérience, au point de les connaître parfaitement ! Qu'est-ce donc qui élève ainsi au-dessus d'elles-mêmes les âmes de ceux qui aiment? Mais c'est peu dire que de parler d'élever, et même de ravir et de transformer; c'est peu que de dire quoi que ce soit qui puisse être exprimé ou même conçu. La parole n'atteint pas jusque-là, ni l'esprit, ni la pensée, ni la science. Dieu n'est point palpable au toucher, et pourtant on le sent manifestement par­dessus tout tact des sens; il est perceptible à l'âme : quand celle-ci s'est complètement tournée vers lui, alors il se montre; mais ce qu'on en peut dire est, je crois, peu de chose. Ah! quand sera-ce, pensez-vous, que je verrai ? Quand, quand, quand ? Oh ! cette attente est trop longue, et trop triste le délai de ces joies! Ah! mon Dieu, ah ! que suis-je donc pour vous, et qu'êtes-vous pour moi ? Mais que n'êtes-vous pas pour moi ?

O homme, comprends que les paroles que tu viens d'entendre sont proches du silence, si proches qu'on ne peut les entendre hors du silence : car elles ne s'entendent que là où elles sont, et leur lieu est au-delà du silence. Entre donc dans l'intime de toi-même, entre dans ton propre silence, pour pénétrer de là dans le silence de Dieu, afin que son ineffable silence puisse alors te parler. Car ces choses sont ce qu'il y a de plus grand, à condition qu'elles procèdent des profondeurs du silence : du silence non pas humain ni angélique mais divin.

Fais attention, ô homme, et si tu veux trouver les joies dont j'ai parlé, ne les cherche pas où elles ne sont pas : car, certes, tu chercherais en vain. Elles ne sont pas, on ne les trouve pas hors de Dieu, et donc hors du silence. Oh ! bienheureux l'homme dont l'âme a appris à devenir divine en Dieu ! Homme trans­ formé en Dieu, je ne t'appellerais pas homme si ce nom n'était d'une haute dignité; j'avoue pourtant que par ce terme je t'humilie, car il est en deçà de ce que tu es, je veux dire en deçà de l'Etre qui, par miséricorde, t'a élevé jusqu'à lui. O Seigneur, ce que j'ai goûté de vous a éveillé en moi les ardeurs de l'amour éternel. Mais puis-je dire que j'ai goûté celles-ci ? J'avouerai bien plutôt que je n'en connais rien. Bienheureux, toi qui es parvenu à y être englouti! O bienheureuse âme, qui sens brûler en toi les désirs de l'amour éternel ! Sans ces désirs, qu'es-tu, dis-moi ? Tu le sais bien : tu es pleine de misères, tu es la misère même. Comment alors, ô mon âme, ainsi convaincue d'impuissance, comment et jusqu'à quel point penses-tu donc pouvoir soutenir les contacts divins ? Y a-t-il des yeux si forts, si solides, si perçants, si perspicaces qu'ils puissent se fixer et s'immobiliser dans cette bienheureuse lumière ? Peut-il y avoir des êtres, si robustes qu'ils soient, qui ne se dissolvent à ce contact de Dieu ? Penses-tu qu'il y en ait ? Je ne le crois pas, moi, parce qu'il n'y a point de force qui s'étende jusque-là... Tu viens d'entendre de grandes choses, oui, ce qu'il y a de plus grand. Etonne-toi donc, car il y a lieu, je crois, d'en être fou­ droyé de stupeur.

Veux-tu te grandir, ô homme ? Imite Jean, Paul, David, Isaïe, Denys, Augustin, les prophètes, rappelle-toi ce chaste embrassement qui, comme dans le Cantique, unit l'Epouse à l'éternel

Epoux. Considère ce qu'est cet embrassement et ce qu'il a fait de ces hommes, médite ces choses, afin qu'elles se réalisent en toi. O Dieu fidèle à vos antiques miséricordes, Dieu de toutes consolations, qui pourrait taire vos louanges, sinon celui qui ne regarde pas vos oeuvres ? Seigneur, nos âmes sont petites comme des enfants et malhabiles dans votre amour; mais vous les éduquez si bien que, par l'amour du prochain, elles grandissent peu à peu, et que, croissant ainsi, elles deviennent brûlantes, et que l'amour les unit à la Paix souveraine : à la Paix qui est vous, Seigneur qui triomphez de tout afin que vos ser­ viteurs puissent triompher en tout. Puis, quand ils sont parvenus à vous, vous faites vous-même toute chose en eux, et vous comblez si bien toutes leurs imperfections que, puisant la plénitude de la lumière en vous, source pleine de tous les biens, source parfaitement pleine de vous-même, et portés par le zèle de par­ tager cette plénitude, ils entraînent les autres à leur suite et les remplissent comme eux de votre lumière. Et en cela, mon Dieu, n'est-ce pas vos propres oeuvres que vous couronnez ? Sommes-nous pleins d'autre chose que de votre plénitude ? Ou est-ce de notre indigence et de notre vide que nous pouvons remplir les autres ? Et cependant, Seigneur, si surabondante est votre bonté, qu'après nous avoir fait cette grâce, vous nous imputez le bien comme s'il n'était point vôtre, alors qu'il n'y a pas d'autre source de bien que vous. Ah! que mon âme vous aime, Seigneur : non pas elle-même, mais vous ! Voilà, je le vois, la double voie de la charité.

Oh ! si vous veniez dans mon coeur, mon Dieu, pour y allumer la charité et l'enflammer de votre amour, en sorte qu'il soit ardent et ne brûle plus d'un autre feu que vous, si vous y faisiez votre demeure et votre maison de délices, et que vous y trouviez votre lit de repos, ah ! je vous aimerais alors sans plus aucune interruption, et toujours mon coeur serait fervent, passant de sa mort à votre vie. Mais si vous y venez, que ce soit pour vous fixer à jamais dans mon âme; sinon comment, elle, se fixerait-elle en vous ? Vous absent, saurait-elle tendre hors d'elle- même vers vous ? Saurait-elle vous aimer sans vous ? Ah ! Seigneur, si vous voulez en être aimé, ce qui est certain, ne vous éloignez pas d'elle, car il est tout aussi certain qu'on ne peut vous aimer sans votre aide : c'est par vous, mon Dieu, que mon âme vous aime.

Quand vous sentez que vous vous éloignez de Dieu, dites-lui et répétez-lui sans cesse : « Seigneur, si je pouvais, je voudrais ce que vous voulez, et je ne veux rien vouloir que vous ne vouliez vous-même, et je sais que ce que vous voulez est très grand. » Oui, ce que veut votre Dieu, c'est que vous sortiez de vous-même et que vous entriez chez lui, et là, ravi, emporté vers lui, que vous le saisissiez d'une étreinte qui vous transforme en lui, que vous deveniez son intime, et que, dans cette intimité avec l'Auteur de tous les biens, l'amour vous soulève jusqu'au silence divin, où, dans un bienheureux repos, vous aurez la vision fugitive de son Etre infini. Ne vous attristez pas, d'ail­leurs, si je dis fugitive : Dieu peut l'étendre tant qu'il veut et comme il veut, lui qui peut donner au plus fini des êtres des prolongements infinis.

C'EST DIEU QUI ÉLÈVE A LUI CEUX QUI LE CHERCHENT

Telles sont, je pense, mon Père, les façons dont le Seigneur, à son gré, se manifeste aux hommes dans cette vie misérable qui, pour les justes n'est pas misérable mais bienheureuse. Mais veillez bien à n'en point parler aux profanes de l'amour : ces considérations seraient trop spirituelles pour eux, et, ne comprenant pas, ils seraient prompts au mépris. Evitez leur mépris, ne leur en donnez pas l'occasion : et, puisque vous avez appris à connaître le Christ par des voies si différentes des leurs, cachez ce dépôt précieux dans l'intime de votre coeur, afin que l'Epoux d'amour, qui a fixé sa tente dans les splendeurs du soleil, ne s'envole pas de vous : soyez à votre Jésus sa lumière, son soleil, qu'il y trouve ses délices, qu'il y prenne son repos et sa nourriture comme en un perpétuel midi. Père, considérez les fruits d'un tel séjour : si Jésus trouve en vous cette belle lumière qui fasse ses délices, il fera couler en vous des délices plus grandes, dont rien ne pourra vous frustrer. Ah! voyez ce que sont les choses que je vous ai dites, méditez-les, repassez-les dans votre coeur, de toute votre attention. Ces choses sont grandes, si grandes que jamais coeur humain n'en éprouva de plus hautes.

Voulez-vous les éprouver ? Faites bien attention alors à l'ordre de ces grâces : nul n'entre en Dieu s'il n'est sorti de lui-même, nul n'est ravi par lui s'il n'est entré chez lui, nul n'est poussé vers lui s'il n'est d'abord ravi, nul ne le saisit s'il n'a couru à lui, nul ne se transforme en ce qu'il n'a pas étreint, nul n'est l'intime de Dieu qui ne s'est au préalable transformé à son image, nul n'est soulevé dans l'amour divin s'il n'a pénétré jusqu'au centre de cette intimité, et nul ne se repose dans le bienheureux silence s'il n'a goûté cet amour souverain. Après cela on voit Dieu. Bien qu'on le voie, en effet, dans chacun des degrés précédents, ce n'est qu'au terme de l'ascension que se produit la vision manifeste. Mais l'artisan de cette grâce est celui que nous avons vu : c'est vous, mon Dieu ! Quel esprit pourrait y suffire, puisque l'esprit angélique lui-même, qui en a l'expérience continuelle, est, de lui-même, incapable d'un tel amour ? Que celui qui le cherche, Seigneur, ne s'appuie pas sur ses propres forces; qu'il s'offre tout à vous, pour passer tout en vous; qu'il soit secondé par vous, mon Dieu. Ecoute, mon âme, ton Seigneur; porte sur lui les yeux de ton esprit pour voir sa lumière. Voici comment il nous exhorte à le voir : « Arrêtez, nous dit-il, et considérez que c'est moi qui suis Dieu. Sachez, dit-il encore, que seul je suis Dieu, et qu'il n'y a point d'autre Dieu à côté de moi. » « Qui peut faire un être pur d'une créature immonde ? N'est-ce point vous, et vous seul ? » « C'est lui qui a formé l'univers, et il a donné à Israël le sceptre de son héritage. »

Parlant ainsi de lui-même en termes très véridiques, Dieu nous donne là la suprême vérité et plonge dans l'esprit humain un rayon très parfait de cette parfaite lumière qui est lui, et jamais aucun autre rayon que celui-là, qui vient de lui-même, ne pourra mieux illuminer les ténèbres de l'homme. « Je suis, dit-il à Moïse, Celui qui suis. C'est ainsi que tu répondras aux fils d'Israël : Celui qui est m'envoie vers vous. » Et donc, éclairé par ce rayon qui resplendit à la cime de votre esprit, tendez vers Celui qui vous octroie une si glorieuse splendeur. Dites-lui : « Faites briller votre face sur votre serviteur.» Alors, ainsi illuminé, con­ templant Dieu tour à tour en lui-même, dans la création, dans le Christ, le peuple chrétien et tous les justes de l'univers, que l'homme s'écrie : « O vous qui êtes!... Et vous qui n'êtes pas... Vous qui n'étant pas, êtes par lui !... O vous qui n'êtes pas encore!... Et vous qui déjà êtes, vous bienheureux dans la patrie! O vous qui êtes!... » Oui, ce rayon illumine toute chose : c'est la lumière qui brille dans les ténèbres, encore que les ténèbres ne la comprennent point. Telle est la voie, ô âme, qui te fera entrer dans le sanctuaire de Dieu : c'est ainsi que tu pénétreras dans le Saint des Saints; c'est là, Jérusalem, la conversion qui te rendra ton Dieu. Amen.

PRIÈRE POUR DEMANDER L'AMOUR DIVIN par saint Pierre d'Alcantara
(Traité de l'oraison et de la méditation)

Faites-moi la grâce, Seigneur, de vous aimer, selon votre pré­ cepte, de tout mon coeur, de toute mon âme, de toutes mes forces, de toutes les puissances d'amour qui sont en moi.

O vous mon unique ambition, ô mon refuge et ma consolation! O mon Ami par-dessus tous les amis, ô mon Epoux charmant, Epoux suave, Epoux plus doux que le miel! O délice de mon coeur, ô vie de ma vie et bonheur de mon âme! O splendeur des sphères éternelles, claire lumière qui me ravissez, mon para­ dis de joie, source aimée et principe de mon être, vous qui parfaitement me comblez!

Préparez en moi, mon Dieu, une chambre nuptiale pour y habiter et y établir votre demeure. Faites mourir en moi tout ce qui vous déplaît, et faites de moi un homme selon votre coeur : transpercez le fond de mon âme, blessez mon coeur des flèches de votre amour, enivrez-moi du vin d'une parfaite dilection.

Quand pourrai-je vous plaire parfaitement et en tout ? Quand rejetterai-je tout ce qui peut vous blesser ? Quand serai-je tout à vous et cesserai-je d'être à moi ? Quand sera-ce qu'en moi rien ne vivra, sinon ce qui est de vous ? Quand vous aimerai-je d'un amour brûlant, embrasé, consumé des flammes de votre amour ? Quand me pénétrerez-vous et m'inonderez-vous de votre victorieuse douceur ? Ah! quand m'ouvrirez-vous, à moi pauvre mendiant, et me découvrirez-vous ce royaume très précieux qui est en moi, et qui n'est autre que vous-même avec toutes vos richesses ? Quand serai-je enfin si parfaitement uni à vous, absorbé, transformé en vous que je ne puisse plus me séparer de vous ? Quand écarterez-vous tous les obstacles qui m'empêchent d'être un seul esprit avec vous, et ferez-vous que plus jamais rien ne puisse m'éloigner de vous ?

O mon Bien-Aimé, ma joie, mon cher Seigneur, exaucez-moi, non pas pour mes mérites, mais pour votre immense bonté :instruisez-moi, éclairez-moi, secondez-moi en tous mes actes et en toutes circonstances : que je ne puisse rien dire ni faire, sinon ce que je saurai être agréable à vos yeux.

O mon Dieu! mon amour, mon désir, ô mon Ami très doux, ma joie et mon bonheur, mon soutien et ma vie! O ma lumière, dirigez-moi. Mon Dieu qui faites battre mon coeur, pourquoi n'accordez-vous au nécessiteux qui vous implore ce dont il a si grand besoin ? Vous qui emplissez le ciel et la terre, pourquoi laissez-vous mon coeur vide et affamé ? Vous qui parez les lis et les fleurs des champs, qui nourrissez les oiseaux du ciel, qui sustentez les plus infimes insectes, pourquoi m'oubliez- vous, moi qui pour votre amour ai tout oublié ?

Bonté immense, trop tard je vous ai connue, trop tard je vous ai aimée, ô Beauté si ancienne et toujours nouvelle. Ah! que j'étais misérable quand je vivais sans votre amour! que j'étais à plaindre quand je ne vous connaissais pas! Aveuglement de mon esprit! Je ne vous voyais pas : vous étiez en moi et je vous cherchais loin de moi. Je vous ai néanmoins trouvé, mais bien tard : je vous en supplie, que votre douce bonté ne permette pas que je vous délaisse encore.

Et puisqu'une des choses qui vous plaisent le plus et qui touchent le mieux votre coeur est que nous ayons des yeux qui sachent vous voir, donnez-moi, Seigneur, de tels yeux capables de vous contempler : les yeux de la tourterelle solitaire, des yeux chastes et pudiques, des yeux humbles et amoureux, des yeux pieux et pleins de larmes, des yeux attentifs et discrets, qui comprennent votre volonté et qui l'accomplissent, afin que, vous contemplant de la sorte, vous me regardiez en retour de ces mêmes yeux dont vous avez regardé Pierre renégat pour faire jaillir en lui les larmes amères du repentir, de ces yeux dont vous avez enveloppé l'enfant prodigue quand vous avez couru à lui pour l'embrasser et lui donner le baiser de paix, de ces yeux que vous avez abaissés sur le publicain qui n'osait lever les siens vers le ciel, de ces yeux Qui ont invité Madeleine à la pénitence et l'ont attirée à vos pieds pour les arroser de larmes et les laver. Et pour tout dire, donnez-moi les yeux de l'Epouse du Cantique, qui ont pu vous porter à l'aimer, si bien que vous lui disiez : « Tu es toute belle, mon amie, tu es toute belle, tes yeux sont des yeux de colombe. » Pour que ma vue vous plaise, pour que mon âme soit assez belle pour vous être agréable, donnez-lui quelque chose de vos vertus et de vos dons, qui, merveilleusement, la parent de beauté.

O très auguste, très bonne, très clémente Trinité, Père, Fils et Saint-Esprit, unique et seul vrai Dieu, instruisez-moi, dirigez- moi, aidez-moi en toutes choses.

O Père tout-puissant, je vous supplie, par l'immensité de cette puissance, de confirmer et de stabiliser ma mémoire dans votre seul souvenir, et de la remplir de saintes et pieuses penseés.

O Fils infiniment sage, que votre éternelle sagesse illumine ma faible intelligence et lui donne de connaître la suprême vérité et ma propre misère.

O Esprit-Saint, amour du Père et du Fils, dans votre indicible bonté, rendez ma volonté conforme à votre très sainte volonté, enflammez-la d'un si puissant feu d'amour que les eaux troubles jaillies de la mer des mauvais désirs ne puissent jamais l'éteindre.

Trinité sainte, mon Dieu unique et tout mon bien, puissé-je à moi seul vous aimer et vous louer autant que vous aiment et vous louent tous les esprits bienheureux! Puissé-je avoir en moi tout ce qu'il y a d'amour dans toutes les créatures et, d'un mouvement spontané, le tourner tout entier à vous aimer et à me transformer en vous! Ce serait encore peu au regard de l'amour dont vous êtes digne d'être chéri : vous seul pouvez vous louer et vous aimer comme il convient, puisque, nul ne pouvant avoir l'intelligence de votre inconcevable bonté, vous seul êtes capable de l'aimer ainsi qu'elle le mérite, si bien qu'en votre Coeur divin seul les droits de l'amour sont parfaitement respectés.

O  Marie, Marie, Marie ! Vierge très sainte, Mère de Dieu, Reine des cieux, souveraine du monde, Arche du Saint-Esprit, Lis de pureté, Rose de patience, Paradis de bonheur, Miroir de chasteté, Vase d'innocence, intercédez pour moi qui suis pauvre, misérable, exilé et pèlerin, et accordez-moi une parcelle de l'om­ bre de votre surabondante charité.

Et vous, tous les saints et saintes de Dieu, et vous, esprits angéliques qui brûlez d'une si grande ferveur pour votre Créateur, vous surtout, séraphins qui enflammez le ciel et la terre de la véhémence de votre amour, n'abandonnez pas mon coeur à sa misère : purifiez-le, comme les lèvres d'Isaïe, de tous ses vices et de toutes ses souillures, enflammez-le des flammes de votre très brûlante dilection, afin que j'aime votre Seigneur, que je le cherche, qu'en lui seul je me repose et qu'en lui je demeure dans les siècles des siècles. Amen.

Références

1. « Je suis celui qui suis n, dit Jéhovah : Dieu seul existe essentiellement par lui-même; le reste n'existe que par lui

2-s. Voir saint Bernard, Lettre III, n. 3. .

3-i. « Je suis un ver, et non plus un homme » (Ps. 21, 6).

4. Le religieux auquel était adressée cette lettre.

 

 
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