P. Martial-Lekeux o.f.m. Voie raccourcie de l'amour Divine,
à l' École de Saint François D'Assise

La vie contemplative-1A -LA VIE CONTEMPLATIVE MYSTIQUE-
LES SEPT DEGRÉS DE L'ORAISON par David d'Augsbourg

 

Par tous ces efforts intérieurs et extérieurs, l'âme se purifie, devient ardente, se met de plus en plus dans les dispositions que demande l'action divine, et, ayant bien usé des grâces reçues, se rend apte à en recevoir de plus hautes.

Le Saint-Esprit se met alors à agir en elle par ses dons divins, d'une façon toute nouvelle, travaillant lui-même, directement et indépendamment de son concours actif, à la sanctifier. Elle se sent agie par lui, dominée, poussée, soulevée : elle reçoit des lumières inattendues et radieuses qui lui font pénétrer les splendeurs de Dieu et lui rendent sa présence en quelque sorte sensible; et dans son cœur l'amour devient une divine passion qui l'embrase, l'entraîne, l'absorbe et la fait parfois défail­ lir sous les touches brûlantes de l'Esprit. La mystique est le triomphe de l'amour.

La question de l'appel à cette vie mystique, ou contemplative, a été fort débattue, mais il semble qu'on soit à peu près arrivé à un accord sur une formule telle que celle-ci : bien que l'appel pratique, immédiat, ne soit pas adressé à tous, d'une façon normale et générale cependant, un chrétien qui correspond courageusement à la grâce et qui est judi­ cieusement conduit parviendra tout au moins aux premiers degrés de la contemplation.

Les auteurs franciscains ne s'arrêtent guère, en général, à discuter cette question. La mystique n'étant, pour eux, que l'épanouissement de l'amour, et Dieu ne pouvant manquer d'accorder celui-ci aux efforts généreux de l'homme, il leur semble tout naturel d'inviter les âmes de bonne volonté, non pas à y accéder par elles-mêmes, mais à monter jusqu'à la porte de cette vie d'amour et à y frapper, avec la confiance qu'elle leur sera ouverte. N'est-ce pas le désir de Dieu aussi bien que de l'homme, que celui-ci l'aime jusque-là : de toute son âme, de toutes ses puissances et de tout son coeur?

Aussi bien, si nous nous reportons aux pages précédentes, nous y avons déjà vu poindre par moments le don mystique; l'âme sera contem­ plative quand, dans son fond et d'une façon stable, elle aura été conquise à l'amour infus. Henri de Herp et saint Pierre d'Alcantara ne semblent pas voir de difficultés à ce passage dans la contemplation, qui leur paraît, par la grâce de Dieu, le terme normal, encore que tout gratuit, des ascensions spirituelles.

Parvenu à ce point, l'homme vit au-dessus de lui-même, au-dessus de sa faiblesse : un moteur divin s'est allumé en lui qui lui rend singulièrement faciles non seulement la prière, mais toutes les vertus. C'est Dieu qui règne et qui opère en lui, l'union de l'âme avec lui se resserre sans cesse, au point d'arriver, au sommet de la montée, à une trans­ formation d'elle en lui, autant qu'il est possible ici-bas à un être créé.

Préciser les degrés de cette ascension est aussi impossible que de cataloguer les diverses formes de l'amour. Aussi y a-t-il autant de classifications qu'il y a d'auteurs. Celle de sainte Thérèse s'est imposée par sa clarté et sa facilité, mais elle n'infirme pas les autres. Il ne faut donc pas attacher une importance excessive à ces essais de subdivision, dont l'utilité est surtout didactique : si le point de vue diffère d'un auteur à l'autre, la marche générale se retrouve, chez tous, identique.

On trouvera ici un petit traité de David d'Augsbourg ) qui, je crois, est inédit en français, Les sept degrés de l'oraison. Il est fort beau et dessine bien les principales étapes de cette marche vers les cimes. On remarquera qu'il ne traite pas uniquement d'oraison mystique, mais part du degré le plus bas de la prière : ce n'est que vers le quatrième degré qu'elle devient nettement contemplative.

LES SEPT DEGRÉS DE L'ORAISON par David d'Augsbourg

« Il faut toujours prier et ne jamais cesser », dit le Seigneur. Parmi toutes les bonnes oeuvres, c'est à la prière qu'il nous recommande de nous appliquer surtout, et cela pour plusieurs motifs.

Le premier est que la prière, mieux que toute autre espèce d'activité, obtient les biens nécessaires au salut. C'est pourquoi dans tous nos besoins, spirituels ou temporels, nous recourons à la prière.

Le second motif est que, mieux que les autres oeuvres, qui gardent toujours quelque chose de terrestre, l'oraison tend uniquement à Dieu et aux choses célestes, et nous détache de la terre. Aussi voyons-nous que le Maître, après avoir passé le jour à prêcher, guérir, nourrir les foules, le soir venu, laissant tout travail, tout souci d'ordre temporel, se retirait sur une mon­ tagne, seul, pour prier. « Celui-là prie bien, dit saint Ambroise, qui, dans sa prière, cherche Dieu, et montant de la terre au ciel, s'élève jusqu'au sommet des préoccupations supérieures. » La maison de Dieu, qui est « une maison de prière », est bâtie sur une montagne : et c'est pourquoi l'oraison s'alimente dans la sainteté de la vie : elle s'élève avec celle-ci, et elle déchoit et se perd avec elle.

Le troisième motif est que dans l'oraison l'homme prend une conscience plus claire de chacun de ses progrès et de ses défaillances : il y voit, comme dans un miroir, les taches dont il s'est souillé au cours de ses autres occupations. Pleine du désir de pénétrer dans la demeure céleste, l'âme en observe l'entrée; elle s'examine par la méditation, comme en un miroir, voit combien loin elle est encore de la ressemblance avec la beauté divine, et, à mesure qu'elle découvre en elle des impuretés, les lave par le repentir (1) . « Approchez-vous de Dieu (par la prière), dit le Psalmiste, et vous serez illuminés (par la méditation), et vous ne serez pas confondus (car vous serez exaucés). »

Le quatrième motif est que l'oraison nous restitue, très efficacement, la connaissance de Dieu, que nous avions perdue par le péché, et que, de progrès en progrès, elle nous conduit à « la vie éternelle, qui consiste dans la vue de Dieu ». Elle est cette « Porte du Sud » dont parle Ezéchiel, qui donne entrée dans le Temple céleste : c'est du sud que nous vient la chaleur du plein soleil et la lumière du midi; ainsi l'assiduité à l'oraison laisse pénétrer plus intimement en nous l'amour des choses d'en-haut et la clarté du Soleil véritable et, comme une porte accueillante, nous introduit dans la demeure céleste. Or il est dit de cette porte qu'on y monte par sept marches c'est en s'élevant par sept degrés successifs que l'oraison par­ vient à son sommet, qui est la vue de Dieu.

Premier degré.

Le premier degré est la prière vocale, dite pour plaire à Dieu et avec un esprit attentif, en sorte qu'elle ait trois qualités :

La première est d'être faite uniquement pour Dieu, et non en vue d'un avantage temporel ou pour nous attirer des louanges, comme la prière du pharisien.

La deuxième est que dans cette forme de prière les lèvres et le corps s'associent à la louange de Dieu.

La troisième est que l'esprit pense ce que prononce la bouche, selon le conseil de saint Bernard : «Quand vous chantez les psaumes, ne pensez qu'à ce que vous chantez. » « Quand l'esprit me poussera à prier, dit l'Apôtre, je prierai avec mon intelligence; quand il me portera à chanter, je chanterai aussi avec mon intelligence. » Réciter des paroles sans que le coeur les anime, c'est souffler sur des charbons éteints : aussi, la prière terminée, nous sommes aussi froids qu'avant. Si Dieu aimait les mots sans plus, les livres saints qui contiennent à demeure les paroles de l'Ecriture, lui seraient plus chers que nous.

Or nos distractions proviennent de trois causes :

D'abord des suites du péché : notre esprit ne sait plus trouver son plaisir en Dieu, et, n'éprouvant aucun charme dans sa société, il ne sait se fixer en lui : alors il divague et se met à errer de-ci, de-là, cherchant quelque objet qui lui fournisse un agrément.

Il y a ensuite cette licence habituelle de notre coeur, auquel nous refusons de faire violence pour l'écarter des pensées vaines et dissipantes. Si bien que quand nous voulons l'appliquer à quelque sainte méditation, en dépit de notre bonne volonté nous n'y parvenons plus. Nos pensées sont comme des oiseaux imparfaitement apprivoisés, qui, à la première occasion, reprennent leur liberté.

Une troisième cause de distraction enfin est la dissipation produite par une occupation qui a précédé l'oraison et qui nous a trop absorbés, ou par une conversation inutile que nous avons suivie avec trop de plaisir et dont les images nous poursuivent dans l'oraison. « Fatalement, dit le moine Isaac, les dispositiions de l'âme au moment de l'oraison résulteront de l'état qui aura précédé : elle s'élèvera vers le ciel ou retombera sur la terre au gré de ces mêmes pensées qui l'auront occupée l'heure d'avant. Et donc, tels nous désirons être à l'oraison, tels nous devons être avant le temps de l'oraison. »

Deuxième degré

Mais parce que les paroles de vérité sont esprit et vie, c'est d'elles que l'âme encore exilée doit sustenter et nourrir sa vie spirituelle, en attendant d'aller voir face à face le Verbe divin lui-même en qui vivent tous les êtres. C'est pourquoi, entre- temps, elle remâche et rumine ces paroles matérielles qu'elle prononce, pour en extraire quelque chose de la douceur spirituelle qu'elles renferment, s'efforçant d'en tirer laborieusement sa vie. Il se fait ainsi que les mots de la prière, qui du dehors paraissent secs et insipides, broyés en quelque sorte par le travail du coeur, lui font goûter la saveur de la dévotion : en sorte que l'effort de l'oraison se tourne en plaisir et que ces prières que d'abord nous récitions péniblement, comme les paroles d'un autre, finissent par jaillir, bouillonnantes et douces, du fond même de notre coeur, qui chante avec le psalmiste : « Que vos paroles sont douces à mes lèvres, Seigneur! » « Comme le miel est dans la cire, dit saint Bernard, la dévotion est cachée dans les mots. Comme la nourriture l'est à la bouche, le psaume est savoureux au coeur quand l'âme, fidèle et avisée, ne néglige pas de le broyer, pour ainsi dire, des dents de l'esprit : sinon, l'avalant entier sans mâcher, elle prive le palais de cette saveur délicieuse, plus douce que le miel pur. »

Et c'est ici le deuxième degré de l'oraison, où la prononciation des mots produit la dévotion, si bien que l'âme éprouve du bonheur à savourer les paroles saintes : « J'ai ouvert la bouche, s'écrie le psalmiste, et j'ai aspiré l'esprit » de dévotion. Car Dieu, en nous ordonnant de prier, ne se soucie pas que nous lui exposions notre demande avec des mots, puisqu'il sait ce qu'il nous faut avant que nous ne le lui demandions. Ce qu'il veut, c'est qu'en le priant nous frappions à sa porte, et qu'en y frappant nous expérimentions combien il est bon et suave, et qu'ainsi nous l'aimions, et que l'aimant nous nous attachions à lui, et que, par cette union, nous devenions un seul esprit avec lui : « L'effet infaillible de l'amour, dit Hugues de Saint Victor, est de vous rendre tel que celui que vous aimez et, par une sorte d'amoureuse fusion, de vous transformer à l'image de celui auquel vous attache l'affection. »

Et de peur que la tiédeur ne nous éloigne d'un commerce si utile à l'amour, Dieu nous accable parfois d'épreuves afin que la prière nous ramène à lui, voyant que nous le cherchons moins ardemment dans la prospérité. « Dans un dessein profond et bienfaisant, écrit saint Bernard, notre bon Créateur veut que l'homme soit éprouvé par les difficultés, afin qu'ayant constaté d'une part son impuissance et d'autre part les bons effets de l'aide divine, il retrouve pour ce Dieu qui l'aura sauvé la piété qu'il lui doit. Il se fait ainsi que l'homme animal et charnel qui ne savait aimer personne hors lui-même, commence à aimer Dieu, bien que d'un mouvement encore intéressé. » Et, ayant ainsi, poussé par son propre besoin, commencé à s'approcher de lui et à le fréquenter par la prière, la méditation, l'obéis sance, il en vient peu à peu, dans ce commerce, à connaître son Dieu et à goûter sa douceur. »

Troisième degré.

Mais comme la ferveur de la dévotion grandit et monte d'un degré à l'autre, chaque échelon la haussant à l'échelon supérieur, la dévotion, éveillée d'abord par les paroles de la prière, arrive à n'avoir plus besoin de paroles ,et à ne plus parler à Dieu que par son seul désir, parce qu'elle ne trouve plus de mots capables d'exprimer son amour. Les mots diminueraient même plutôt la dévotion du coeur, qu'ils avaient provoquée dans les deux degrés précédents.

Au premier degré l'âme se servait des textes sacrés pour y chercher la dévotion : comme le prophète Elisée qui, ne sentant pas en lui l'esprit de prophétie, appela un joueur de harpe pour que la musique lui inspirât la dévotion qui lui donnait la lumière prophétique.

Au second degré, ayant trouvé la dévotion dans le texte, elle le ruminait avec amour et attention, à la fois des lèvres et du coeur : comme Anne, la mère de Samuel, par le murmure de ses lèvres, exhalait sa prière avec ferveur et larmes.

Le troisième degré, qui procède des deux premiers, leur est tellement supérieur qu'il n'a plus ou guère besoin de l'aide des prières vocales et se contente de soupirs, d'aspirations et d'un sentiment intérieur de dévotion. C'est ce degré que semble décrire saint Paul quand il dit : « L'Esprit vient en aide à notre faiblesse : car nous ignorons ce que nous devons demander à Dieu pour le prier comme il faut; mais l'Esprit lui-même prie pour nous avec des gémissements ineffables.. Et celui qui sonde les coeurs sait ce que désire l'Esprit, car il ne demande pour les siens que ce qui est selon Dieu. » En d'autres termes, comme nous ne savons formuler notre prière ainsi qu'il conviendrait, l'esprit de dévotion se borne à e soupirs et des gémissements intérieurs pour obtenir, de celui quides Dieu. «Pourquoi cries-tu vers moi ?» demande Dieu à qui « scrute les coeurs et les reins » ce qui nous est utile Moïse; et pourtant nous ne lisons pas que Moïse eût parlé au Seigneur, mais Dieu avait entendu son désir. « Seigneur, dit David, tout mon désir est devant vous, et mon gémissement ne vous est point caché. » La caractéristique de ce degré est donc que l'esprit est incapable d'exprimer par des phrases la ferveur de son amour, et que le désir du coeur s'exhale et se répand vers Dieu uniquement par les soupirs et une pensée muette. C'est pourquoi certaines paroles de l'épouse à l'Epoux, dans le Cantique, sont comme inachevées, laissant à deviner le reste du discours : à certains moments l'épouse, ne pouvant contenir l'amour en son coeur ni l'empêcher de jaillir, n'a pas trouvé pourtant le moyen d'exprimer pleinement ce qu'elle sentait. Telle est la phrase : « Mon Bien-Aimé est à moi, et je suis à lui... »

Il semble aussi, à ce degré, se produire des mouvements inusités de joie et de ferveur, qui, parfois, ne pouvant se contenir en eux-mêmes, se manifestent soudain par des paroles et des cris. C'est là l'effet d'une grande dévotion. L'âme, il est vrai, n'en reçoit pas autant de lumière pour connaître Dieu ni autant de douceur pour l'aimer que dans les degrés suivants; et pourtant, par suite du violent élan du coeur, le corps lui- même en est plus ébranlé et plus affaibli qu'il ne le sera par­ fois, dans la suite, en un état plus sublime de dévotion. C'est ainsi que quand l'Esprit-Saint descendit sur les Apôtres, il se fit d'abord, lit-on, comme le bruit d'un vent impétueux, puis l'Esprit, tranquillement, reposa sur chacun : image du repos de l'âme, dans laquelle, après les mouvements violents qui précèdent sa venue, le Saint-Esprit pénètre d'un mouvement plus paisible. L'approche de Dieu fut indiquée à Elie par un vent violent, une flamme et un tremblement de terre, après quoi il perçut sa présence dans le murmure d'une brise légère

Quatrième degré.

Le quatrième degré de l'oraison est celui où l'âme est si bien imprégnée de l'amour divin et illuminée dans la connaissance de Dieu, qu'il lui semble présent : elle l'embrasse en lui- même par des élans d'amour, elle le voit, des yeux du coeur que cet amour éclaire, et, dans la confiance qu'elle a d'être aimée de lui, s'unit à lui comme à un être familier. Ce degré est à la fois lumière et amour, l'esprit s'élevant vers l'invisible divinité et le coeur s'embrasant à goûter combien le Seigneur est doux.

L'âme qui a atteint ce degré voit clairement son état, parce que ce même regard par lequel elle s'efforce de percevoir Dieu, lui fait apparaître aussitôt tout ce qui ternit sa conscience, même — quoi d'étonnant ? — ce qui avait été oublié auparavant; et elle ne peut retrouver le confiant abandon de son repos en Dieu tant que la contrition et les larmes ne l'ont guérie et que la réconciliation ne l'a rassérénée. Alors, quand l'obstacle du péché est levé, c'est la paix, la joie, la familiarité entre l'homme et Dieu : ainsi la fumée qui pique les yeux empêche de dormir tant qu'elle ne s'est pas dissipée. La qualité de ce degré d'oraison est telle que l'âme se trouve comme suspendue dans un ciel serein et soulevée au-dessus des choses humaines dans une sorte de lumière purement spirituelle : comme l'atmosphère qui domine les nuages reste invariablement calme, alors même qu'au-dessous se déchaînent les ténèbres de l'orage.

C'est de cette sorte d'oraison que le Seigneur nous dit : « Les vrais adorateurs adorent le Père en esprit et en vérité. » En esprit, c'est-à-dire dans l'intelligence pure, qui fait comprendre que Dieu est esprit; et dans la vérité d'une affection sincère, qui est le véritable culte : celui où, par l'amour, on vénère Dieu comme Père.


Cinquième degré.

Il arrive un moment où cette dévotion a si bien enivré.l'âme de Dieu, qu'elle la jette dans une sorte d'oubli de toutes les choses extérieures : l'âme accède alors au cinquième degré; elle est tellement absorbée par la dévotion que, sans devoir faire aucun effort, elle reste fixée dans son intime contemplation et devrait se faire violence pour s'en àrracher. La force de l'amour qui la tient attachée à Dieu, la chaleur du désir qui soupire vers sa présence, refoulant en quelque sorte tout essai d'évasion, l'empêchent de se dissiper et la tirent en haut vers Dieu, la rendant inapte à s'appliquer aux occupations extérieures et à sortir d'elle-même : tout entière recueillie en son centre, tant en pensée qu'en affection, tendant de tout son esprit au-dessus d'elle-même, vers Dieu, elle oublie les fonctions des sens corporels et n'aspire qu'à adhérer à Dieu dans cette « paix qui surpasse toute intelligence ».

Le degré précédent faisait songer à un homme qui a bien bu et qui se sent l'esprit joyeux et alerte; mais qu'il augmente un peu la dose et dépasse la mesure, il commence à perdre le sens et à tomber dans la somnolence : il en va de même de l'Esprit-Saint, de ce « vin jeune » qui avait enivré les apôtres. Au quatrième degré l'âme était réconfortée, réjouie, soulevée dans la connaissance de Dieu; mais au cinquième, une irruption plus abondante de dévotion la soustrait aux choses extérieures et la replie sur elle-même, et l'âme, peu à peu, s'assoupit dans une sorte de quiétude et de repos intérieur : tel un homme tenté par le sommeil, qui, s'il veut secouer son engourdissement, doit se faire violence pour se tenir éveillé.

C'est de cette qualité d'oraison que parle le Seigneur dans l'Evangile de saint Matthieu : « Pour vous, quand vous prierez, retirez-vous dans votre chambre, fermez la porte et priez votre Père dans le secret. » Notre chambre, c'est ce repos de l'âme dans lequel nous devons entrer pour « prier le Père dans le secret », soustrayant notre esprit à tous les embarras extérieurs et éloignant même de ses yeux toute image matérielle, si sainte et si pieuse qu'elle soit, afin de pouvoir fixer notre regard spirituel sur le mystère des choses invisibles et, suavement, savourer dans l'intime de nos coeurs la présence de Dieu.


Sixième degré suite sur l'autre lien merci

 
P. Martial-Lekeux o.f.m. Voie raccourcie de l'amour Divine,
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