P. Martial-Lekeux o.f.m. Voie raccourcie de l'amour Divine,
à l' École de Saint François D'Assise

Appendice

 

NOTICES SUR LES AUTEURS CITÉS

SÉVERIN RUBERIC.

C'est dans le milieu très fervent des premiers Récollets que nous trouvons, au début du XVIIe siècle, le P. Séverin Rubéric. Sa charge de provincial ne l'empêcha pas de se livrer activement à l'apostolat de la parole et de la plume.

Les Exercices sacrés de l'amour de Jésus (1623) sont conçus sous forme de retraite. L'ouvrage se recommande par l'originalité d'une méthode qui met en oeuvre tous les ressorts de l'âme, et aussi par la grande ferveur de piété qui l'anime. On en trouvera une étude dans la réédition faite en 1927 sous le titre La voie d'amour.

•  JOSEPH DU TREMBLAY (1577-1638). Tout le monde connaît l'Éminence grise s, collaborateur et successeur désigné de Richelieu. Ce qu'on sait moins, c'est que le P. Joseph fut, beaucoup plus qu'un politique, un saint religieux et un auteur spirituel remarquable.

Au milieu d'une activité dévorante, il écrivit sans relâche. L'Introduction à la vie spirituelle par une facile méthode d'oraison, son oeuvre maîtresse, a été rééditée en 1897 par le P. Apollinaire de Valence sous le titre de Méthode d'oraison du P. Joseph du Tremblay. Comme beaucoup de livres spirituels du XVIle siècle, celui-ci porte la marque de l'influence ignatienne. D'autre part, le rôle donné à l'élément affectif, le souci d'introduire dès le début l'exercice d'union dans l'oraison, le dessein nettement indiqué de tout rapporter à celle-ci et de la pousser jusqu'à l'union mystique, donnent à son ouvrage une allure très franciscaine.

•  Le bienheureux RICHER DE MUCIE ( - j - 1236). J'ai rappelé comment il fut donné au Frère Richer d'être l'intime de saint François dans les derniers temps de sa vie. Pendant ces jours heureux il questionna beaucoup son Père vénéré et s'imprégna de son enseignement, qu'il consigna ensuite par écrit.

Les Propos sont sans doute le plus court traité de vie spirituelle qu'on ait écrit, mais sa substance est si riche et il va si directement à l'essentiel que, comme dit Dom Benoît Weld-Blundell, un commençant qui s'appliquera à mettre en pratique son enseignement, ne pourra manquer de faire des pro­ grès étonnants à proportion de sa fidélité àL'opuscule connut autrefois une grande vogue. En Angleterre il fut pen­dant deux siècles inséré dans le Alarmai of Prayers. Dom Baker l'estimait si hautement qu'il en écrivit un commentaire qui malheureusement n'est pas parvenu jusqu'à nous. Dom R. Weld-Blundell, O.S.B., en a réédité la traduc­ tion anglaise, sous le titre The speedy way to perfection (La voie rapide de la perfection). Je le crois inédit en français.

La présente traduction est faite sur le texte imprimé que possède la Bibliothèque Vaticane, plus pur que le texte manuscrit de la même bibliothèque. Qu'il me soit permis de remercier ici Mgr A. Pelzer et le R. P. Hugolin Lippens, qui m'ont très aimablement secondé dans ces recherches.

•  JEAN DE BONILLA. Nous savons très peu de chose sur la vie de cet écrivain. Il n'est guère connu que par son petit livre — et encore, pendant longtemps son nom même s'est effacé de l'ouvrage pour faire place à celui d'un contemporain.

Le Traité de la paix de l'âme parut à Alcala en 1580. Il fut souvent réédité en espagnol, en italien et en français, parfois sous le titre Le sentier du paradis. Peu après sa publication, en 1589, paraissait à Venise le Combat spirituel, auquel on incorpora dans la suite divers opuscules, entre autres le Traité de Ela paix de l'âme. C'est ainsi qu'on en vint à attribuer celui-ci à Scupoli.

Par la frappante fermeté de la pensée comme par la belle concision du style, ce petit chef-d'œuvre porte la marque du siècle d'or de la spiritualité espagnole. Saint François de Sales le lisait assidûment, et en fit un instrument pour la conquête de l'admirable sérénité qu'on lui connaît.

Le P. Ubald d'Alençon a définitivement rétabli la paternité du Traité et en a donné une édition critique. C'est sur son texte qu'a été faite la présente traduction.

•  D'ALPHONSE DE MADRID nous ne connaissons que le nom. Son titre de gloire est L'Art de servir Dieu, « ce chef-d'oeuvre littéraire, moral et philosophique », comme l'appelle Miguel Mir (1),. C'est en effet un livre extraordinaire. Précis, volontaire, dur comme un Castillan, Alphonse de Madrid est le technicien de l'ascèse; avec une vigueur peu commune il nous accule à l'ac­ tion. « On peut se refuser à le suivre, mais une fois à son école la fuite devient impossible (2).

L'Arts eut une énorme diffusion. Sainte Thérèse, qui l'avait fort goûté, le recommandait à ses filles pour l'oraison de méditation : « En ce degré, écrit- elle, il est bon de faire fréquemment des actes qui stimulent la générosité, éveillent l'amour et fortifient les vertus. C'est ce qu'enseigne un livre inti­ tulé L'Art de servir Dieu, ouvrage excellent, parfaitement approprié à ce degré où travaille l'entendement (3) .

Publié à Séville en 1521, l'ouvrage a eu une vingtaine d'éditions en espa­ gnol et de nombreuses traductions. En 1911 Miguel Mir, de l'Académie espa­ gnole, fut chargé de l'insérer dans la Nuova Biblioteca de Autores espa­ fioles 4 . C'est de cette dernière édition, faite sur le texte définitif de 1526, qu'il a été fait usage ici.

•  Le Vénérable BARTHùLEMY DE SALUCES (1558-1617), un de plus grands mystiques italiens du XVIle siècle » (4) , parcourut l'Italie, prêchant avec tant d'ardeur et de succès qu'on l'a appelé un nouveau Bernardin de Sienne. Il se retira ensuite là où l'appelait son coeur : dans un ermitage à Fonte Colombo, puis à Rome. C'est là que, privé de l'apostolat de la parole, il s'adonna à celui de la plume.

Son oeuvre littéraire est considérable. On trouve ses quatre principaux ouvrages réunis sous le titre Lumière de l'âme (Cologne, 1613-1614). Citons encore L'école du divin amour et L'alphabet du divin amour. Dès 1629 La Lumière de l'âme comptait huit éditions et des traductions en latin, en français et en espagnol.

Barthélemy de Saluces est un grand affectif. Ses livres ont une onction, une tendresse, une ardeur d'amour qui font de lui un des écrivains les plus spécifiquement franciscains.

•  HENRI DE HERP, plus connu sous le nom latinisé de Harphius, fut longtemps gardien au couvent de Malines, où il mourut en 1477. Apôtre zélé en même temps que contemplatif, il s'adonna toute sa vie à la prédication et à la direction des âmes.

Ses œuvres spirituelles furent, à partir de 1538, réunies sous le titre de Théologie mystique, la seconde partie comprenant Le Miroir de la perfec­ tion ou Directoire des contemplatifs, et trois Collationes : c'est la première de celles-ci que nous avons reproduite. Il n'est pas certain qu'elle ait été écrite de sa main, plusieurs manuscrits portant le nom d'un certain Joannes Bourcelli. Peu importe d'ailleurs, cet écrit étant un fidèle résumé de la doctrine de Herp dont il emprunte toutes les expressions.

Henri de Herp ne prétend pas à. la nouveauté : il est un témoin de la doctrine spirituelle de son époque, qu'il a dessein de mettre à la portée de tous.

On a soutenu que « si l'on retranchait du Directoire tout ce qui est emprunté à Ruysbroeck, il n'en resterait à peu près rien ». Ce jugement est assez superficiel et fort exagéré. On pourrait l'admettre pour l'Eden, le premier ouvrage de IIerp, qui ne voulait être qu'une vulgarisation de son maître. Mais dans le Directoire, il est devenu beaucoup moins dépendant de ses sources. L'influence de Ruysbroeck y est encore marquée dans la troisième partie où il s'agit de la « vie superessentielle »; mais dans tout le reste de l'ouvrage, il se montre nettement personnel. De l'avis du P. L. Verschueren, son plus savant commentateur, « l'idée foncière du Miroir n'est pas prise à Ruysbroeck »; l'allure et le ton général sont tout à fait différents de ceux du maître de Groenendael. A côté des trois phases qui lui servent de cadre, Herp a d'ailleurs une autre division, plus profonde : renoncement et amour. Les développements sur la mortification et l'abnégation, sa doctrine des aspirations, son insistance sur la primauté de l'amour, sur l'imitation du Christ et la méditation de la Passion, sa façon beaucoup plus affective de présenter la vie spirituelle, efifin la rigueur avec laquelle il réclame de l'âme le renoncement complet, le situent assez loin de Ruys­ broeck et font du Miroir de la perfection une oeuvre vraiment originale et très franciscaine.

Outre les nombreux manuscrits, L. Verschueren cite quarante-huit éditions ou traductions connues du Miroir de la perfection. Pendant plus d'un siècle Herp fut considéré comme un des principaux maîtres de la doctrine spirituelle : un peu partout on se réclamait de lui, notamment dans l'Espagne mystique du XVIe siècle.

•  FRANÇOIS n'OsuN4 (1497-3540) est sans doute le plus marquant parmi les écrivains mystiques franciscains d'Espagne. Il a l'honneur, avec Alphonse de Madrid et Bernardin de Laredo, d'avoir préludé à la brillante littérature spirituelle que connut ce pays au XVIe siècle. Malgré une santé assez débile, il s'adonna à la prédication, mais son tempérament méditatif le portait plutôt à la vie de prière et aux travaux de la plume.

Le Troisième Abécédaire spirituel, dit Miguel Mir, est « une magnifique introduction à la contemplation et un chemin pour y entrer... Il le fut en tout cas pour la grande maîtresse de la vie mystique, Thérèse de Jésus (5). »

Il lui découvrait les voies de cette vie contemplative où elle devait faire une si merveilleuse carrière. « J'ignorais encore comment je devais faire oraison et me recueillir. Cette lecture me donna une grande joie, et je résolus de mettre toutes mes forces à suivre le chemin qu'elle me traçait... C'est ainsi disposée que j'entrai dans cette voie spirituelle, ayant ce livre pour guide et maître (6). C'est certes une gloire enviable que d'avoir été le professeur de mystique de sainte Thérèse.

Osuna appuie sa doctrine sur l'autorité de ses maîtres préférés : Saint Bernard, Richard de Saint-Victor, saint Bonaventure, Gerson. Et le fait que le terrible Melchior Cano n'y ait pas trouvé matière à censure est une preuve parmi d'autres de son orthodoxie.

Osuna est servi d'ailleurs par un style brillant, très attrayant, gâté, par endroits, par un peu de maniérisme et par des longueurs; mais ces défauts sont emportés par un torrent d'enthousiasme et d'éloquence, et par ce mouvement de vie intense d'un homme qui, parlant d'expérience, excelle à convaincre et à entraîner. On ne peut que souscrire au jugement de M. Mir : « Le Troisième Abécédaire d'Osuna est un des ouvrages mystiques les plus importants de la littérature espagnole (7).

•  DIkHO D ' ESTELLA (1524-1579), issu d'une vieille famille navarraise, prit l'habit franciscain après de fortes études à Toulouse et à Salamanque. Ses talents et ses vertus lui valurent la confiance de Philippe II qui le nomma théologien et prédicateur de la Cour. C'était un missionnaire ardent, mais son oeuvre durable consiste dans ses deux grands ouvrages, deux chefs-d'oeuvre de littérature spirituelle : le Traité de la vanité du monde et les Méditations très dévotes de l'amour de Dieu.

Le premier est un livre ascétique, mais tout inspiré de l'amour et de l'imi­ tation du Christ : le thème de l'amour revient sans cesse dans cette ascèse. Aussi est-ce dans les Méditations de l'amour de Dieu, fruit de ses dernières années, que le pieux auteur est tout à fait lui-même, il n'a plus ici qu'à laisser déborder de son coeur cet amour qui avait été toute sa vie. En ces pages admirables, aussi solides par la doctrine qu'émouvantes par la ferveur, il expose, ou plutôt il chante les motifs, la pratique et les précieux effets de l'amour divin, et sa brûlante tendresse se communique au lecteur, qui ne pourrait trouver de médi­ tations plus propres à allumer en lui la flamme de l'amour séraphique. Il n'est pas étonnant que saint François de Sales, Docteur de l'amour divin, l'ait admiré et utilisé pour écrire son Traité de l'amour de Dieu. On a pu le qualifier de « chef-d'oeuvre de style et de pensée, de tendresse et de piété solide (8)».

L'oeuvre de Diego d'Estella fut traduite dans toutes les langues. On ne pourrait trop regretter que de tels ouvrages, comme tant d'autres trésors du passé, soient aujourd'hui mangés par les vers sur les rayons perdus des bibliothèques.

Io. ANTOINE WALKIERS. Voici sur cet auteur les quelques lignes que lui consacre le P. Servais Dirks dans son Histoire littéraire et bibliographique des Frères Mineurs en Belgique : « Ce religieux exemplaire et savant fut lecteur d'Écriture Sainte à Malines, et plus tard prédicateur à Ruremonde. Il était très versé dans la théologie ascétique et mystique. » Son grand ouvrage en trois livres, Fournaise séraphique de l'amour divin, publié en 1693-1694, est un traité complet de l'amour de Dieu sous ses différentes formes.

(9). Les MÉDITATIONS DE LA VIE DU CHRIST ont pour auteur un franciscain toscan inconnu du XIVe siècle. On les a longtemps attribuées à saint Bonaventure, puis, à partir du XVIII° siècle, à un certain Jean des Choux, mais cette dernière opinion manque de fondements suffisants. L'ouvrage est en réalité une compilation; les chapitres sur la Passion sont de saint Bonaventure, le reste est en grande partie inspiré du Docteur séraphique et plus encore de saint Bernard, auquel l'auteur emprunte maints passages.

Universellement lu et médité autrefois, ce livre, imprégné d'un touchant amour pour Jésus et sa Mère, exerça une profonde influence sur la piété chrétienne. Les traductions françaises de Berthaumier (OEuvres spirituelles de saint Bonaventure, 1854) et de H. de Riancey (de Gigord, 1923) l'ont quelque peu, mais non pas suffisamment, remis en honneur dans nos pays.

•  FRANÇOIS CAUWE (vers 1631-1679), religieux de la province flamande de saint Joseph, combattit vigoureusement le jansénisme, exerça les fonctions de lecteur de philosophie, puis fut appelé à Rome, où il mourut au couvent de l'Aracoeli.

Il publia, probablement en 1667, Le Pèlerinage de l'Enfant-Jésus, qui ne traitait que de l'enfance du Christ. Devant le grand succès du livre, il écrivit les deux autres volumes du Pèlerinage de Jésus-Christ, l'un sur la vie publique, l'autre sur la Passion, le tout largement inspiré des Méditations de la vie du Christ, qui lui servent de modèle. Le P. Ladislas Kerkhove en a donné une réédition flamande. Il n'existe pas . de traduction française.

•  JACQUES DE MILAN. Tout ce qu'on sait de cet auteur, c'est qu'il vécut dans la seconde moitié du XIIIe siècle, qu'il fut lecteur à Milan, et, sur­ tout, qu'il a écrit L'Aiguillon de l'amour (Stimulus amoris). Ce beau livre a été longtemps atribué à saint Bonaventure, dont la grande figure influence toute la littérature franciscaine de l'époque. De fait, l'auteur s'est inspiré du Docteur séraphique et lui a emprunté certains passages. On a d'ailleurs, dans la suite, introduit dans l'ouvrage diverses additions (10) . Les Pères de Quaracchi en ont restauré le texte authentique.

L'Aiguillon de l'amour, hautement loué par Louis de Grenade et saint François de Sales, est un joyau de la piété franciscaine, et certaines pages comptent parmi les plus belles de la littérature chrétienne.

•  BONAVENTURE DERNOYE (vers 1583-1653), liégeois de naissance, prit l'habit franciscain dans la province de Flandre, et introduisit au couvent d'Ypres la réforme des récollets. Il fut prédicateur et théologien de renon. Son oeuvre principale, Medulla S. Evangelii est un commentaire de la règle franciscaine. La Pratique de la justice chrétienne, gros ouvrage d'une doctrine solide, traite, dans un esprit tout pratique, des vertus, de l'oraison, de l'Eucharistie, de la Sainte Vierge et de l'apostolat.

•  FULGEIYCE BOTTELAS (1636-1717). Le XVIIe siècle fut le siècle d'or de la littérature franciscaine en Flandre. Parmi une belle pléiade d'écrivains, Bottons est, avec Croonenborgh et Maes, de ceux qui eurent la plus grande vogue. Ses principaux ouvrages sont les Exercices séraphiques, qui comptèrent une douzaine d'éditions, Le Coeur divin, qui centre la perfection chré­ tienne sur le Coeur de Jésus et auquel fut annexé Le Séraphin crucifié, consacré à la vie mystique, et le Catéchisme spirituel qui est un traité de l'amour de Dieu. Toute cette oeuvre, solide et très pieuse, est à la fois éle­ vante et pratique. On n'en a pas de traduction française.

•  JEAN BONA (1609-1674) fut général des Feuillants, puis cardinal. C'est un auteur spirituel très apprécié. Sa doctrine est pour une bonne part d'inspiration franciscaine. Son ouvrage sur le Discernement des esprits est classique. Dans sa Voie de raccourci vers Dieu il traite de la méthode des aspirations. C'est une des caractéristiques de son enseignement que l'importance qu'il attache à cette pratique, suivant ce principe qu'une âme est parfaite dans la mesure où elle est actuellement unie à Dieu.

•  MATHIAS CROONENBORGH 1680, né à Venlo, fut lecteur de philosophie,

et gardien du couvent de retraite de Boetendael. C'est un des meilleurs écrivains spirituels des Pays-Bas. On lui doit notamment : Fontaine d'amour de Jésus crucifié, dont une partie a été traduite en français sous le titre L'Oraison siniplifiée, Le Guide spirituel, qui enseigne la vie d'union à Dieu-, Consolation dans l'épreuve et Enseignement consolant, bon traité sur le scrupule. Tous ses ouvrages, d'une forme simple et pratique, ont eu de nombreuses éditions.

18. SAINT PIERRE D ' ALCANTARA (149g-1592) est un des grands noms de l'histoire franciscaine. Contemplatif sublime et puissant homme d'action, après des années partagées entre la prédication et la vie érémitique, il s'attaqua à sa grande oeuvre, la réforme des Observants qui opéra une rénovation magnifique dans l'Ordre franciscain.

Ses dons extatiques, ses miracles, son incroyable pénitence, son éclatante sainteté, lui valurent une universelle vénération. Quand sainte Thérèse recourut à lui, c'est lui qui la libéra de ses doutes — ils vivaient sur le même plan — et qui ensuite l'aida efficacement dans la réforme du Carmel. La sainte a fait de lui un splendide éloge au chapitre xxvn de sa Vie.

Il fut un merveilleux apôtre; innombrables sont ceux qu'il convertit ou amena à une vie plus parfaite. Un de ces derniers, le gentilhomme Don Rodrigue de Chaves, devenu tertiaire, lui demande de mettre par écrit, d'une façon claire et succincte, les directives qu'il en avait reçues sur l'oraison : « Un traité peu volumineux et peu coûteux, disait-il, serait à la portée des pauvres, et par sa clarté il serait utile aux personnes de peu de pénétration. » Ce fut l'origine du Traité de l'oraison, qui eut un succès aussi vaste que mérité. On en connaît 170 éditions. Louis de Grenade l'a presque intégralement inséré et commenté dans son célèbre Livre de l'oraison.

•  Louis-FRANÇOIS D ' ARGENTAN (1615-1680) prit l'habit chez les capucins à quinze ans, remplit des charges importantes dans l'Ordre et s'adonna à la prédication et à la littérature spirituelle. Le succès de son premier ouvrage, Le chrétien intérieur (165g), l'engagea à lui donner une suite : Exercices du chrétien intérieur (1664).

Jésus est le centre de la vie chrétienne : telle est la base, toute bone venturienne, de sa doctrine; et la pratique de cette vie est de tout rapporter à lui par le souvenir de sa présence et l'imitation de ses vertus.

•  Le Vénérable PAUL DE SAINTE-MADELEINE (1600-1643), né en Angleterre, fut élevé dans l'Église anglicane. Converti au catholicisme, il passa en France et y prit l'habit franciscain. Il avait quarante-trois ans quand il obtint de retourner en Angleterre pour y travailler à la conversion de ses compatriotes. A peine débarqué, il fut arrêté et rendit au Christ le témoignage du sang.

On a pu comparer ses Soliloques à l'Imitation, qu'ils rappellent en effet par leurs sentences concises, leur connaissance de l'homme et leur profonde piété. Les Pères de Quaracchi en ont donné une réédition en 1892.

. DAVID D ' AUGSBOURG (1200/10-1272) est un des principaux auteurs ascé­ tiques du moyen. âge. Son oeuvre principate, De exterioris et interioris hominis coinpositione, est une somme de spiritualité à l'usage des religieux. L'ouvrage connut une vogue immense et exerça une profonde influence sur la spritualité de l'époque. Pendant plusieurs siècles il demeura le manuel classique de formation religieuse. Avant l'Imitation, il fut le livre le plus lu et le plus répandu en chrétienté. (Réédition Quaracchi 1899.)

Le petit traité des Sept degrés de l'oraison est resté longtemps dans l'ombre. Le P. J. Heerinckx en a donné le texte critique dans la R. A. M., t. XIV, avril 1933. Il est inédit en français.

•  CLAUDE FRA SSEN (162 0- 1711) , docteur en théologie et prédicateur, au cours d'une longue carrière passée au couvent de l'Observance de Paris, eut une action remarquable tant par la parole que par la plume. Il est surtout connu par son Scotus academicus, aujourd'hui périmé, mais ce qui persiste à être utile est son traité de perfection chrétienne, Conduite spirituelle pour une personne qui veut vivre saintement (Paris, 1666), qui donne à l'âme, d'une façon claire et pratique, tous les enseignements qui l'aideront à parvenir à la vie parfaite.

•  JACOPONE DE TODI (1228-1306) est un grand poète et un grand mystique. Tour à tour juriste, pénitent, franciscain, polémiste dans les rangs des Spirituels, prisonnier dans les cachots pontificaux, à travers les fortunes diverses de cette vie tourmentée, toujours il a chanté. Plusieurs de ses poèmes ont longtemps été attribués à saint François, tel l'admirable cantique Amour de charité. Ses Laudes sont un extraordinaire monument où se rouvent mêlées la verve et la candeur, une énergie fougueuse, une ten­ dresse brûlante et une touchante compassion pour Jésus crucifié

24. FRANÇOIS VERVOORT ( - I - 1555). Ce saint religieux passa la majeure partie de sa vie au couvent de l'Observance de Malines, partageant son temps entre l'exercice du ministère sacré et la composition d'ouvrages de piété. Parmi les écrivains spirituels flamands il est un des plus remarquables. On sent chez lui une flamme intérieure intense, qui se traduit parfois par d'admi­ rables élans. Dans sa copieuse production littéraire on peut distinguer un excellent traité d'ascétisme, Le Filet de l'ennemi, La Vigne du Seigneur, belles méditations sur la Passion , et le joli petit livre intitulé La Robe nuptiale, où il apprend à l'âme à se dépouiller d'elle-même pour être crucifiée avec le Christ. Ses ouvrages ont été publiés sous le voile de l'anonymat ou sous le nom de l'éditeur, Jean Verbrugghen ou Godefroy Peeters. On les reconnaît à ce signe qu'ils se terminent toujours par ces mots : « 0 Heere, wanneer? — Quand donc, Seigneur ? » qui est comme sa signature, et aussi le cri de son coeur. Il n'y a pas de traduction française de ses oeuvres

•  AMBROISE DE LOMBEZ (1708-1778), dans le monde Jean de Lapeyrie, entra à seize ans chez les capucins. Il fut un excellent directeur de conscience, et mourut en odeur de sainteté. Son Traité de la paix intérieure eut une très grande diffusion (plus de soixante éditions et de nombreuses traduc­tions). Le Traité de la joie de l'âme, qui lui fait suite, n'a été publié qu'après sa mort.

En bon franciscain, il s'élève contre les sombres doctrines du jansénisme et insiste sans se lasser sur ces vertus de lumière, la paix et la joie, qui sont la marque d'un vrai christianisme. Et il le fait avec tant d'onction et de sagesse qu'il a mérité d'être appelé « le saint François de Sales du XVIIIe siècle ».

•  ROGER DE PROVENCE ( - 1 - 1287) vécut en Provence et mourut au cou­ vent d'Uzès. Constamment occupé de Dieu, il semblait vivre dans un trans­ port continuel qui le rendait étranger aux choses extérieures. Ses extases étaient fréquentes : « Une âme élevée, affirmait-il, est très facilement emportée par le ravissement. » C'était un silencieux : « L'homme qui aime sa perfection, disait-il encore, répugne à parler de Dieu, car ce qu'il a éprouvé ne peut se traduire par des mots. » Mais quand il s'y laissait aller, il passait des heures à émerveiller ses frères par d'admirables discours.

Les Méditations sont une lettre adressée à un confrère qui sans doute lui avait demandé des avis spirituels. Le texte, qui n'a pas été, à ma con­ naissance, traduit en français, se trouve dans la Chronique des XXIV Généraux. (Voir Analecta Franciscana, III.) ..(11)

Références

1- Escritores misticos esparioles, t. I, p. xxxi.
2-  Abbé P. Guillaume, Une source franciscaine de l'ascétisme thérésien,p. 6.
3. Vie, eh. mi.
4-It. Escritores misticos espatioles, t. I. APPENDICE 255
5-. J. Heerincx, Dictionnaire de spiritualité
6-Escritores misticos espartoles, t. I, p. xxvn.
7-  Vie, ch. iv.
8-. Loc. cit., p. xxxi.
9- P. Jobit, dans Catholicisme, art. « Estella ».
10- C ' est , sous cette forme qu'on le trouve dans Berthaumier.
11. On trouvera la traduction française de bon nombre de Laudes dans La vie tourmentée et chantante de Jacopone de Todi (Pion)

 
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