Pape François parle aux prêtres ou PFpaP
"Le témoignage de vie attire les vocations"
Les conseils du pape aux prêtres et consacrés de Naples (traduction intégrale)
 

Libreria Editrice Vaticana"Le témoignage de vie attire les vocations"-Les conseils du pape aux prêtres et consacrés de Naples (traduction intégrale)

Pape François-ROME, 23 mars 2015



- « Le témoignage de vie est une des choses qui attirent les vocations : "Je veux être comme ce prêtre, je veux être comme cette sœur" », affirme le pape François devant le clergé et les religieux de Naples, au cours de sa visite apostolique dans la ville, le 21 mars 2015.

Après les rencontres du matin et le déjeuner avec les prisonniers, le pape a rejoint la cathédrale dans l’après-midi, pour un rendez-vous avec les prêtres, les religieux, les diacres permanents et les séminaristes, auxquels il s’est adressé d’abondance de cœur, laissant de côté le message qu’il avait préparé.

Il a exhorté à un vrai témoignage de vie, donnant des conseils pour ne pas tomber dans « une vie commode, une vie mondaine ». Le premier témoignage doit laisser voir « que Jésus est le centre » de sa vie : « Le centre, ce ne sont pas les bavardages ni l’ambition d’avoir tel poste ou tel autre, ni l’argent mais le centre doit être Jésus. » C'est pourquoi il a mis en garde les séminaristes : « si vous n’avez pas Jésus au centre, retardez votre ordination. »

Parmi les autres témoignages : l’esprit de pauvreté, qui refuse « l’affairisme » et « l’avidité » ; la miséricorde ; l’esprit de prière ; la joie d'une vie « pleine » car « sans joie, tu n’attires pas au Seigneur et à l’Évangile » ; et « la fraternité » libérée du « terrorisme des commérages ».

A.K.

Discours du pape François

J’ai préparé un discours, mais les discours sont ennuyeux ! Je le remets au cardinal et il le fera connaître dans le bulletin. Je préfère répondre un peu à certaines questions. On me suggère de parler assis, comme cela, je me repose un peu. Une sœur qui est ici, très âgée, est venue en courant me dire : « Donnez-moi la bénédiction ‘à l’article de la mort’ (in articulo mortis). – Mais pourquoi, ma sœur ? – Parce que je dois partir en mission pour ouvrir un monastère… ». Voilà l’esprit de la vie religieuse ! Cette sœur m’a fait réfléchir. Elle est là, âgée, mais elle dit : « Oui, je suis à l’article de la mort, mais je dois aller renouveler ou fonder un nouveau couvent », et elle part. Par conséquent, moi aussi j’obéis et je parle assis !

C’est un des témoignages que tu demandais : être toujours en chemin. Le cheminement dans la vie consacrée est d’aller à la suite de Jésus ; la vie consacrée en général, et aussi pour les prêtres, c’est d’aller derrière Jésus, et avec l’envie de travailler pour le Seigneur. Une fois – je fais un lien avec ce qu’a dit la sœur – un vieux prêtre m’a dit : « Mais pour nous, il n’y a pas de retraite et quand nous allons en maison de retraite, nous continuons de travailler par la prière, avec les petites choses que nous pouvons faire, mais avec le même enthousiasme parce que nous marchons derrière Jésus ». Le témoignage de marcher sur les routes de Jésus ! C’est pourquoi le centre de la vie doit être Jésus. Si, au centre de la vie, – j’exagère, mais cela arrive ailleurs ; à Naples, sûrement pas ! – il y a le fait que je suis contre l’évêque ou contre tel prêtre, toute ma vie est prise par cette lutte. Mais cela signifie perdre sa vie. Ne pas avoir de famille, ne pas avoir d’enfants, ne pas avoir l’amour conjugal, qui est si bon et si beau, pour finir en se disputant avec son évêque, avec ses frères prêtres, avec les fidèles, avec une « tête au vinaigre », mais ce n’est pas un témoignage ! Le témoignage, c’est Jésus, le centre est Jésus. Et quand le centre est Jésus, il y a quand même ces difficultés, il y en a partout, mais on les aborde autrement. Dans un couvent, peut-être que je n’aime pas la supérieure, mais si mon centre est la supérieure que je n’aime pas, mon témoignage ne va pas. Si, au contraire, mon centre est Jésus, je prie pour cette supérieure que je n’aime pas, je la tolère et je fais tout pour que les autres supérieurs connaissent la situation. Mais personne ne m’enlève la joie : la joie d’aller derrière Jésus. Je vois ici les séminaristes. Je vous dis quelque chose : si vous n’avez pas Jésus au centre, retardez votre ordination. Si vous n’êtes pas sûrs que Jésus est le centre de votre vie, attendez un peu plus de temps, pour être sûrs. Parce que sinon, vous allez commencer un chemin et vous ne savez pas comment cela se terminera.

C’est le premier témoignage : que l’on voit que Jésus est le centre. Le centre, ce ne sont pas les bavardages ni l’ambition d’avoir tel poste ou tel autre, ni l’argent – l’argent, je veux en parler après – mais le centre doit être Jésus. Comment puis-je être sûr d’aller toujours avec Jésus ? Il y a sa Mère qui nous conduit à lui. Un prêtre, un religieux, une religieuse qui n’aime pas la Sainte Vierge, qui ne prie pas la Sainte Vierge, je dirais même qui ne prie pas le chapelet, s’il ne veut pas la Mère, la Mère ne lui donnera pas son Fils.

Le cardinal m’a offert un livre de saint Alphonse Marie de Liguori, je ne sais pas si c’est « La gloire de Marie »… Ce que j’aime dans ce livre, c’est de lire les histoires de la Vierge Marie qu’il y a à la fin de chaque chapitre : on y voit comment la Vierge Marie nous conduit toujours à Jésus. Elle est Mère, le cœur de l’être de la Vierge Marie est d’être Mère, de porter Jésus. Et le père Rupnik, qui fait des peintures et des mosaïques très belles et très artistiques, m’a offert une icône de la Vierge Marie avec Jésus devant elle. Jésus et les mains de la Sainte Vierge sont positionnés de telle sorte que Jésus descend et il tient de sa main le manteau de la Vierge pour ne pas tomber. C’est elle qui a fait descendre Jésus parmi nous : c’est elle qui nous donne Jésus. Pour témoigner de Jésus, et pour aller derrière Jésus, une bonne aide, c’est sa Mère : c’est elle qui nous donne Jésus. C’est un des témoignages.

Un autre témoignage est l’esprit de pauvreté ; aussi pour les prêtres qui ne font pas vœu de pauvreté, mais qui doivent avoir l’esprit de pauvreté. Quand l’affairisme entre dans l’Église, que ce soit chez les prêtre ou chez les religieux, ce n’est pas beau. Je me souviens d’une grande religieuse, une femme douée, une grande économe qui faisait bien son métier. Elle craignait Dieu, mais elle avait le cœur attaché à l’argent et inconsciemment, elle sélectionnait les personnes en fonction de l’argent qu’elles avaient. « Je préfère celui-ci, il a beaucoup d’argent ». Elle était économe d’un collège important et elle a fait de grands travaux, une grande dame, mais on voyait cette limite qu’elle avait et la dernière humiliation que cette femme ait eue a été publique. Elle avait soixante-dix ans, plus ou moins, elle était dans une salle des professeurs, pendant une pause des classes, elle prenait un café, elle a eu une syncope et elle est tombée. On lui donnait des gifles pour qu’elle reprenne connaissance mais elle ne se réveillait pas. Un professeur a dit : « Mais mets-lui un billet de ‘pesos’ et on verra si cela la fait réagir ». La pauvre, elle était déjà morte, mais c’est la dernière parole qui a été dite d’elle quand on ne savait pas encore si elle était morte ou pas. Ce n’est pas un beau témoignage.

Les consacrés – que ce soit des prêtres, des sœurs ou des religieux – ne doivent jamais être affairistes. Mais l’esprit de pauvreté n’est pas un esprit de misère. Un prêtre qui n’a pas fait vœu de pauvreté peut avoir des économies, mais d’une manière honnête et aussi raisonnable. Mais quand il a cette avidité et qu’il se met dans les affaires… Que de scandales dans l’Église et quel manque de liberté pour de l’argent : « Cette personne, je devrais lui dire ses quatre vérités, mais je ne peux pas parce que c’est un grand bienfaiteur » ! Les grands bienfaiteurs mènent la vie qu’ils veulent et je n’ai pas la liberté de le leur dire parce que je suis attaché à l’argent qu’ils me donnent. Vous comprenez que la pauvreté est importante, l’esprit de pauvreté, comme le dit la première des béatitudes : « Bienheureux les pauvres en esprit ». Comme je l’ai dit, un prêtre peut avoir ses économies, mais pas son cœur là-bas, et que ce soit des économies raisonnables. Quand il y a de l’argent au milieu, on fait des différences entre les personnes ; c’est pourquoi je vous demande à tous d’examiner votre conscience : quelle est ma vie de pauvreté, ce qui me vient aussi des petites choses ? Et c’est cela le second témoignage.

Le troisième témoignage – et je parle en général ici, pour les religieux, pour les consacrés et aussi pour les prêtres diocésains – c’est la miséricorde. Nous avons oublié les œuvres de miséricorde. Je voudrais demander – je ne le ferai pas, mais j’aurais envie de le faire – demander de dire quelles sont les œuvres de miséricorde corporelles et celles spirituelles. Combien d’entre nous les ont oubliées ! Quand vous rentrez chez vous, prenez le catéchisme et souvenez-vous de ces œuvres de miséricorde qui sont les œuvres que pratiquent les petites vieilles et les gens simples dans les banlieues, dans les paroisses, parce que suivre Jésus, marcher derrière Jésus, c’est simple. Voici un exemple que je donne toujours. Dans les grandes villes, des villes encore chrétiennes – je pense au diocèse que j’avais avant, mais je crois qu’au moins à Rome c’est la même chose, à Naples je ne sais pas, mais à Rome, certainement – il y a des enfants baptisés qui ne savent pas faire le signe de Croix. Et où est l’œuvre de miséricorde pour leur enseigner dans ce cas-là ? « Je t’enseigne comment faire le signe de la foi ». C’est seulement un exemple. Mais il faut reprendre les œuvres de miséricorde, qu’elles soient corporelles ou spirituelles. Si j’ai, près de chez moi, une personne qui est malade et que je voudrais aller lui rendre visite, mais mon temps libre correspond au moment du journal télévisé, et qu’entre le journal télévisé et faire une œuvre de miséricorde, je choisis le journal télévisé, cela ne va pas.

À propos de journal télévisé, je reviens à l’esprit de pauvreté. Dans le diocèse que j’avais avant, il y avait un collège tenu par des sœurs, un bon collège, elles travaillaient beaucoup. Dans la maison où elles habitaient à l’intérieur du collège, il y avait une partie qui était l’appartement des sœurs ; la maison où elles habitaient était un peu vieille et il était nécessaire de la refaire, et elles l’on bien refaite, trop bien et luxueuse : elles ont mis dans chaque salle une télévision. À l’heure du journal télévisé, tu ne trouvais pas une sœur dans le collège… Ce sont les choses qui nous poussent vers l’esprit du monde et ici, voici l’autre chose que je voudrais dire : le danger de la mondanité. Vivre de façon mondaine. Vivre avec l’esprit du monde que Jésus ne voulait pas ! Pensez à la prière sacerdotale de Jésus quand il priait le Père : « Je ne prie pas pour que tu les retires du monde, mais pour que tu les gardes du Mauvais » (Jn 17,15). La mondanité va contre le témoignage, tandis que l’esprit de prière est un témoignage qui se voit : on voit qui sont l’homme et la femme consacrés qui prient, de même que celui qui prie formellement, mais pas avec son cœur. Ce sont des témoignages que les gens voient. Tu as parlé du manque de vocations, mais le témoignage est une des choses qui attirent les vocations : « Je veux être comme ce prêtre, je veux être comme cette sœur ». Le témoignage de vie. Une vie commode, une vie mondaine ne nous aide pas. Le vicaire pour le clergé a souligné le problème, le fait – je l’appelle problème – de la fraternité sacerdotale. C’est valable aussi pour la vie consacrée. La vie, qu’elle soit de communauté dans la vie consacrée ou au presbytère, dans la vie de diocèse qui est le charisme propre des prêtres diocésains, au presbytère autour de l’évêque. Vivre cette « fraternité » n’est pas facile, ni dans un couvent, dans la vie consacrée, ni au presbytère. Le diable nous tente toujours avec des jalousies, des envies, des luttes internes, des antipathies, des sympathies, toutes ces choses qui ne nous aident pas à créer une vraie fraternité et ainsi nous donnons un témoignage de division entre nous.

Pour moi, le signe qu’il n’y a pas de fraternité, que ce soit dans le presbytère ou dans les communautés religieuses, c’est quand il y a des commérages. Et je me permets d’employer cette expressions : le terrorisme des commérages, parce que celui qui s’adonne au commérage est un terroriste qui lance une bombe et qui détruit en restant dehors. Si au moins il faisait le kamikaze ! En revanche, il détruit les autres. Les commérages détruisent et sont le signe qu’il n’y a pas de fraternité. Quand on rencontre un prêtre qui a des points de vue différents, parce qu’il doit y avoir des différences, c’est normal, c’est chrétien, mais ces différences doivent se manifester en ayant le courage de les dire en face. Si j’ai quelque chose à dire à l’évêque, je vais voir l’évêque et je peux aussi lui dire : « Mais vous êtes antipathique », et l’évêque doit avoir le courage de ne pas se venger. C’est cela la fraternité ! Ou quand tu as quelque chose contre une personne et au lieu d’aller le lui dire, tu le dis à quelqu’un d’autre. Il y a des problèmes dans la vie religieuse comme dans la vie sacerdotale, qu’il faut aborder, mais seulement en tête à tête. Si ce n’est pas possible – parce que parfois ce n’est pas possible – tu le dis à quelqu’un d’autre qui peut faire l’intermédiaire. Mais on ne peut pas parler contre quelqu’un parce que les commérages sont un terrorisme de la fraternité diocésaine, de la fraternité sacerdotale, des communautés religieuses.

Et puis, à propos de témoignages, la joie. La joie de ma vie est pleine, la joie d’avoir fait le bon choix, la joie parce que je vois tous les jours que le Seigneur m’est fidèle. La joie est de voir que le Seigneur est toujours fidèle. Quand je ne suis pas fidèle au Seigneur, je vais au sacrement de la réconciliation. Les consacrés ou les prêtres ennuyeux, avec de l’amertume dans le cœur, tristes, ont quelque chose qui ne va pas et il faut qu’ils aillent voir un bon conseiller spirituel, un ami, pour lui dire : « Je ne sais pas ce qui se passe dans ma vie ». Quand il n’y a pas la joie, il y a quelque chose qui ne va pas. Le flair dont parlait l’archevêque aujourd’hui, nous dit qu’il manque quelque chose. Sans joie, tu n’attires pas au Seigneur et à l’Évangile.

Voilà les témoignages. Je voudrais finir avec trois choses.

> Premièrement, l’adoration. « Tu pries ? – Oui, je prie. Je demande, je rends grâce, je loue le Seigneur. – Mais tu adores le Seigneur ? » Nous avons perdu le sens de l’adoration de Dieu : il faut reprendre l’adoration de Dieu.

Deuxièmement : Tu ne peux pas aimer Jésus sans aimer son épouse. L’amour de l’Église. Nous avons connu beaucoup de prêtres qui aimaient l’Église et cela se voyait qu’ils l’aimaient.

Troisièmement, et c’est important, le zèle apostolique, c’est-à-dire la mission. L’amour de l’Église te pousse à la faire connaître, à sortir de toi-même pour sortir prêcher la Révélation de Jésus, mais il te pousse aussi à sortir de toi-même pour aller à l’autre transcendance, c’est-à-dire à l’adoration.

Dans le contexte de la mission, je crois que l’Église doit cheminer un peu plus, se convertir un peu plus, parce que l’Église n’est pas une ONG, mais c’est l’épouse du Christ qui a le plus grand trésor : Jésus. Et sa mission, sa raison d’exister, c’est justement cela : évangéliser, c’est-à-dire apporter Jésus. Adoration, amour de l’Église et mission. C’est ce qui m’est venu spontanément.

Traduction de Zenit, Constance Roques

 
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