M. Grégor Puppinck Directeur de l'ECLJ

Un «Manuel sur les Principes directeurs 'Extrême pauvreté et droits de l'homme'»
M.-jean_tonglet Les principes de l’ONU dans un langage accessible

 

Un «Manuel sur les Principes directeurs 'Extrême pauvreté et droits de l'homme'»M.-jean_tonglet

M.-jean_tonglet Les principes de l’ONU dans un langage accessible

Un « Manuel sur les Principes directeurs Extrême pauvreté et droits de l'homme » a été présenté en la Salle de Presse du Saint Siège, ce jeudi 17 décembre 2015, notamment par M. Jean Tonglet, Délégué du Mouvement International ATD Quart Monde en Italie et auprès du Saint Siège.

Ce Manuel a pour objectif, explique-t-il, de «traduire dans un langage accessible à tous le langage parfois un peu compliqué d'un document émanant d'une organisation internationale comme l'ONU ».

Jean Tonglet explique « le chemin parcouru pour obtenir l'adoption de ces principes directeurs en septembre 2012 par le Conseil des Droits de l'homme de l'ONU, un chemin long, difficile, qui a mobilisé beaucoup d'énergie ».

Voici le texte que Jean Tonglet a bien voulu communiquer aux lecteurs de Zenit.


Intervention de Jean Tonglet

Avant de que soient présentés les Principes directeurs sur extrême pauvreté et droits de l'homme et le Manuel qui fait l'objet de cette conférence de presse, je voudrais faire un saut en arrière pour expliquer le chemin parcouru pour obtenir l'adoption de ces principes directeurs en septembre 2012 par le Conseil des Droits de l'homme de l'ONU, un chemin long, difficile, qui a mobilisé beaucoup d'énergie.

Pour ne pas remonter trop en arrière, je commencerai en 1982. Le 15 mai 1982, le Mouvement ATD Quart Monde (www.atd-quartmonde.org ) fête le 25ème anniversaire de sa création à Bruxelles. Son fondateur le père Joseph Wresinski (www.joseph-wresinski.org) place ce rassemblement sous le signe des droits de l'homme. “Pleins droits pour tous les hommes”, est le slogan retenu. Une pétition est lancée pour demander aux organisations internationales et aux gouvernements de reconnaitre la grande pauvreté, la misère, comme une violation des droits de l'homme, au même titre que l'esclavage ou l’apartheid.

En 1984, le père Joseph Wresinski est reçu par le Secrétaire général de l'ONU de l'époque, Javier Pérez de Cuellar. Il lui remet les 250.000 signatures recueillies. Ils examinent ensemble la manière de donner suite à leur rencontre et conviennent qu'un des interlocuteurs avec qui le Mouvement doit entrer en lien est le Centre des Droits de l'Homme de l'ONU à Genève, l'actuel Haut Commissariat aux Droits de l'Homme ( www.ohchr.org ).

Des premiers contacts sont pris dans les mois qui suivent.

Le 11 février 1987, le Conseil économique et social français (http://www.lecese.fr/ ) adopte le rapport  Grande pauvreté et précarité économique et sociale présentè par le père Wresinski (  http://www.joseph-wresinski.org/Grande-pauvrete-et-precarite.html ). Ce rapport contient entre autre une définition de la grande pauvreté en termes de droits de l'homme: "La précarité est l’absence d’une ou plusieurs des sécurités, notamment celle de l’emploi, permettant aux personnes et familles d’assumer leurs obligations professionnelles, familiales et sociales, et de jouir de leurs droits fondamentaux. L’insécurité qui en résulte peut être plus ou moins étendue et avoir des conséquences plus ou moins graves et définitives. Elle conduit à la grande pauvreté quand elle affecte plusieurs domaines de l’existence, qu’elle devient persistante, qu’elle compromet les chances de réassumer des responsabilités et de reconquérir ses droits par soi-même, dans un avenir prévisible". 

Quelques jours plus tard, le 20 février, pour la première fois, le père Joseph Wresinski est invité à prendre la parole devant la Commission des droits de l'homme. Il souligne le fait que les plus pauvres révèlent le caractère indivisible et interdépendant des droits de l'homme et demande à la Commission d'étudier le lien entre extrême pauvreté et droits de l'homme.

Le 17 octobre de la même année, lors d'un grand rassemblement public à Paris, sur le Parvis des Libertés et des Droits de l'homme, place du Trocadéro à Paris, là même ou fut adoptée la Déclaration universelle de 1948, le père Joseph inaugure une dalle à l'honneur des victimes de la misère qui proclame que: “Là où les hommes sont condamnés à la misère, les droits de l'homme sont violés. S'unir pour les faire respecter est un devoir sacré”.

Le père Wresinski décède le 14 février 1988 alors qu'il devait prendre à nouveau la parole devant la Commission des droits de l'homme de l'ONU quelques semaines plus tard.

Un diplomate argentin, Leandro Despouy, chef de la délégation de son pays à la Commission des Droits e l'homme, recueille l'héritage et accepte à la demande du Mouvement ATD Quart Monde de déposer un projet de résolution. Les clivages Est Ouest ( droits économiques et sociaux versus droits civils et politiques) et Nord Sud (droits de l'homme versus droit au développement) sont tels que la résolution a toutes les chances d’être rejetée. Despouy la retire et se promet de revenir à la charge un an plus tard en cherchant des appuis et parrainages. Il les trouvera notamment auprès de la France, et singulièrement du chef de la délégation française en 1989, l'Ambassadeur Stéphane Hessel, dont il est opportun de rappeler que jeune diplomate il fut un des collaborateurs de René Cassin, auteur principal de la Déclaration universelle.  Rappelons-nous ici du préambule de la Déclaration qui proclame que"l’avènement d’un monde où les êtres humains seront libres de parler et de croire, libérés de la terreur et de la misère, a été proclamé comme la plus haute aspiration de l’homme". 

La résolution est adoptée par consensus. Et chaque année, une nouvelle résolution sera présentée et adoptée. Cela permettra la nomination d'experts chargés de travaux préparatoires et d'études de faisabilité, puis d'un rapporteur spécial, Leandro Despouy, qui y travaillera pendant 6 ans et dont le rapport final sera adopté en 1996. D'autres experts et rapporteurs prendront le relais dont Mme Magadelena Sepulveda, du Chili qui s’attellera à la rédaction des fameux principes directeurs qui seront adoptés en septembre 2012 par le Conseil des Droits de l'Homme.

A l'occasion du rapport Despouy (https://fr.wikisource.org/wiki/Le_rapport_Despouy_sur_les_droits_de_l'homme_et_l'extr%C3%AAme_pauvret%C3%A9) , la définition Wresinski de la grande pauvreté, celle du CES français, est reprise par la communauté internationale.

On ne sera donc pas surpris de l'entendre reprise presque mot pour mot en 2009 par le Cardinal Bergoglio, Archevêque de Buenos Aires. (https://www.youtube.com/watch?v=4MiZkb0s3Tk )

Comme le rapport Despouy, les principes directeurs ( http://www.ohchr.org/FR/Issues/Poverty/Pages/DGPIntroduction.aspx ) ont été préparés et rédigés selon une méthode participative, associant les populations concernées par des séminaires, des interviews, des rencontres interpersonnelles, écrivant sous leur dictée, s'efforçant de recueillir non pas simplement des témoignages pour illustrer le rapport mais des analyses et des propositions enracinées dans leur expérience de vie.

Une fois les principes directeurs adoptés, avec Franciscans International, et selon la même méthodologie, nous nous sommes attelés à la préparation du Manuel qui va maintenant vous être présenté pour traduire dans un langage accessible à tous le langage parfois un peu compliqué d'un document émanant d'une organisation internationale comme l'ONU.

© Jean Tonglet

 
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