P. Léon Chancerel .o.f.m. Le pélerin d'Assise

1 L'Appel-Franciscain

  (Attention les textes sont retapés de la manière qu'ils ont été écrits dans le livre)
 

Alla Fresca ! Alla Fresca !
Alla Fresca ! Alla Fresca !

Qui veut de l’eau fraîche où laver son âme ? Qui veut de l’eau fraîche où calmer sa soif ?

Alla Fresca ! Alla Fresca !

Voici l’eau pure, bonnes gens. Qui descendit de la Montagne.

Voici l’eau pure qui jaillit. Bonne gens, du Sépulcre vide.

Voici l’eau d’éternelle vie. Dans les outres de saint François.

Alla Fresca ! Alla Fresca !

Je ne le vends pas, je la donne.

Alla Fresca ! Alla Fresca !

Voici la paix en Jésus- Christ.

L'Allouette

Notre sœur l’alouette prote capuchon comme nous, comme nous vêtue aux couleurs de la terre.

Une gorgée d’eau à la source, un grain de blé sur le chemin.

Et voyez mes bien-aimés, voyez monter l’oiseau chanteur si haut et si sonore
que les travailleurs des champs interrompent leur tâche et vers le ciel lèvent les yeux.

Comme elle, chantons pour l’amour de Dieu Am e n

L'Angélus de l'aube


Avant toute chose, dès d’aube, fais sonnet la cloche, petit fières, afin que l’Angélus descende en cette chambre d’insomnie, au ventre même de la ville.

Une goute sonore, puis deux, puis trois. Puis l’averse bénie.

O rafraîchissante ondée des cloches matinales, Angélique promesse éclose au chevet du malade.

 


Le moine, le berger et le chien


Entre Berger. Il y a place pour toi dans la grotte du Solitaire.
Le moine, le berger et le chien veilleront tous trois auprès du feu, tandis que dorment les brebis.

Merci, Berger. Bien volontiers, je boirai à ta gourde un peu du vin de la vallée.
Il déliera ma vieille langue et fera flamber dan son cœur la sainte ivresse du Bon Dieu.

Et dans la douce nuit où l’on entend chanter les astres, je te dirais, Berger, comment saint François, notre père, réconcilia le loup avec le chien, comment il pêchait les oiseaux, l’entretien qu’il eut avec un poison du lac de Trasimène, et comment sur la Sainte Montagne un faucon lui ventait sonner matines.

Et si la nostalgie de ta vallée te faire triste, Berger, bien vite, alors, je te dirai le beau verger du Paradis, où nous irons, si Dieu le veut, danser en compagnie des anges :

Le Moine, le Berger, le Chien.

Notre frère Crapule

« Un soldo, signore. Un soldo, Singorio moi ! »

Oui, je te le donnerai, ton sou. O douloureux frère Crapule.

Mais d’abord, voici ma main. Pour guider ton pas qui s’égare.

En mon lit, viens coucher ta gale. Et mon lit, apporte tes poux.

Pose ton front sur mon épaule. Après que tu auras vomi.

Ferme les yeux, ronfle, repose. Je prierai pour toi, cependant.

Et pour ton réveil, ô mon frère. Sur la table voici la nappe.
La plus fine d’entre les toiles. Que, pour l’autel, Claire broda.

Voici du pain, du vin et du fromage. Voici du lait crémeux, si tu préfères.
Des œufs pondus du jour et des noix fraîches. Et toutes les choses très bonne.
Qui poussent en terre d’Ombrie. Pour les pauvres de Jésus-Christ.

Assieds-toi, Mange, Crapule. Et, pendant que tu mangeras.
Jésus te dira par ma voix. Les mots qui conseillent et sauvent.

Et ta haine, alors, ô mon frère. En bel amour, peut-être bien.
De par la Sainte Charité. De par la Noble Humilité.
Et la très douce Obéissance. Et bel amour, peut-être bien.
Et bel amour, sera changée.

« TOUT ÊTRE QUI VA VERS SON FRÈRE QU’IL
SOIT REÇU AVEC BONTÉ, DIT LA PRIME DE L’ORDRE. »


Conseil à un petit frère mineur qui lisait trop les grands mystiques.


Ne t’attarde pas, mon ami. A converser avec les anges.
J’en ais, mon fils qui s’égarèrent. Dans les jardins clos de l’extase.

Des pleurs séchés, des plaies pansées : Va ! Le plus sûr chemin de Dieu.
C’est par les œuvres qu’il chemine.

C’est dans l’Évangile vécu. Que l’on voit le plus sûrement.
Le reflet du divin Visage :

Dans la besogne fraternelle. Humblement acceptée, et faite.
Pleinement et d’un cœur soumis.

Dans la prunelle du lépreux. Quand tu le laves et l’ambrasses.
En pleurant ses maux avec lui.

Ne t’attarde pas, mon ami. A converser avec les anges.
Car il arrive très souvent.

Quel le Malin pipe les moines à ce jeu.


Petite promenade de santé



Viens donc, homme d’orgueil. Viens donc te promener un peu dans le jardin qui est à l’extrémité de la ville, au bout de l’allée de cyprès.

Salue en passant le gardien. S’il ronfle la nuit, ses ronflements, n’ont jamais réveillés ceux qu’il garde. Salue-le par deux fois, et tu ne veux pas lui devoir le salut qu’on ne peut rendre, dont il saluera demain ton carrosse.

Interroge le dessous des dalles. Songe au-dedans de ces barques dernières ensablées pour l’éternité.

Même port à tous les navires. Qu’ils soient de chêne ou de sapin.

Et ceux qui furent des hommes et qui n’ont plus langue ni lèvres, d’hier, d’aujourd’hui, de demain, ils te répondront par ma voix : Style moderne, néo-gothique ou Renaissance,
Colonne tronquée ou chapelle, place ombragée ou plein midi.

Lit de sciure ou de satin à capitons, couronnes de fleurs ou en perles, ou pas de couronne du tout, qu’est-ce que tu veux, mon bel ami, que ça nous fasse !

O vif, épris de toi-même, tel nous sommes, tel tu seras.
O vain désir de posséder, vois quel grouillement nos possède.
Gare à ta graisse faisandée : «Les plus gras sont premiers mangés.»

O vif, alors qu’il en est temps, tournée vers les choses divines par delà le corps périssable, o vif, pénètre-toi d’amour. Seul survit ce qu’on ne voit pas.

Songe à l’oiseau qui bat de l’aile entre les parois de ta chair. Afin qu’à ton heure dernière il puisse montrer droitement aux jardins de pure lumière, en très haute cité de paix.

Bien fol celui qui ne prévoit a toutes vies commune fin o boues,
ne t’enorgueillis pas. Poussière, ne te glorifie point.

 

La poubelle de miséricorde


Voici la poche aux immondice,
Voici la besace aux cloportes,
Voici le vide-tout des âmes.

Drelin ! Drelin !
Voici la poubelle qui passe.

Va, mon frère, va, jette en moi tout cela que ton âme recèle et qui empoissonne ta vie. Délivre-toi. Confesse-toi. Jette ceci et puis cela. Ceci sur quoi sont les vers du remords. Cela qui, seulement d’y songer, vous fait lever le cœur. Et ceci, encore plein de mouche, et qu’on ne sait pas quel bout prendre. Et cela, tout gluant, qu’il faut ramasser avec une éponge.

Gratte bien le sol et les parois, et tous les coins promènent ta lanterne. Vas-y loyalement de ton balai. Détruis bien tous les larves et tous les œuvres de pourriture.

Va, pauvre homme, va sans crainte. Je ferme les yeux. Vois : je ne te regarde même pas.
Nous sommes seuls devant Dieu. Et en a vu bien d’autres !

Jette, jette en moi, dans la poubelle. Dieu brûlera tout cela que loin de toi j’emporte. Et il ne faut plus à présent que tu y songes. Il ne faut pas songer à rien d’autre qu’à se réjouir à cause es belles fleurs que tu feras pousser, mon frère, dans l’enclos déblayé, raclé, lavé et pardonné, que tu feras pousser, mon fils, au doux soleil de la Miséricorde.

Allez, mon fils, aller en paix. Homme, sois délivré de ton passé.

Drelin ! Drelin !
Voici la poubelle qui passe.

A qui le tour ?
Voici la poubelle qui passe.

Drelin ! Drelin !

A qui le tour ?
Débarrassez-vous de tout ce qui vous gêne…

Drelin ! Drelin !
Absolvo te

Action de grâce

Je t’ai bu, ô Jésus. Je t’ai bu et mangé.

Je marche en chantant d’amour dans la campagne. Je cours, je cris, je ris, je pleure, je suis ivre.
Je ne sui plus que danse et chant dans la lumière.

La joie ! La joie ! La joie !

La plénitude de la joie !

Art poétique
Lors, saint François prit deux bâtons. Lors, saint François, prit deux bâtons.
(Fais chanter, ô mon frère, ta cithare vers Dieu.)

Comme une viole, il appuie l’un sur son épaule. Et de l’autre, comme d’un archet, il le racle en mesure.
(Soulage le corps du malade par un beau chant joyeux.)

Balbutiant des cris d’amour. Qui n’ont de sens que pour l’amour.
Parmi les fleurs du beau jardin. Le crissement éperdu des cigales.
Et la frénésie du printemps..

Aux deux bâtons de saint François. Que toute musique s’accorde.

Le beau cheminement de la stricte observance l'amour de la très sainte Pauvreté
Si tu veux devenir parfait, ami, va, vends tout ce qui te possède, et le donne aux pauvres.

Et puis, marche.

Tu ne prendras rien pour la route. Nus, tes pieds, pour la poussière des chemins.
Tondu, ton chef, pour la morsure du soleil. Pour la caresse de la lune,
Pour le baptême de la pluie, et la confirmation du vent.

Choisis les plus humbles besognes.

Pour le rassasiement de l’âme, elles sont les plus efficaces.
Tu seras celui qui balaye et celui qui cure l’égout.

Et la récompense humaine de ces jours, qui sont les jours du pauvre dans les villes.
Elle sera de t’en aller, au temps de la moisson et des vendanges.

Louer tes bras durs.

Au maître heureux d’un beau terroir, pour te réjouir en la joie de la terre quand on l’accouche, en chantant, de son fruit.

Elle sera de t’asseoir avec les garçons et les filles devant la soupe chaude et devant le vin frais.
Et de leur chanter ton Seigneur et mangeant et buvant avec eux sous la lune et sous les étoiles.

Et la récompense divine tes jours, lorsque ton corps aura fini son enivrante et douloureuse tâche,
La récompense divine de tes jours, je ne puis, ami, te le dire.
Car devant elle, voici que s’évanouit de douceur, ses mes lèvres, toute parole d’homme.

Il n’y a pas de vocabulaire, ami qui ne recule devant elle. Il n’y a même pas de chant, ami, pour dire l’éternité de joie en l’ineffable, offerte à qui marcha sa vie dans le chemin de

TRÈS PURETRÈS SAINTE ET
TRÈS JOYEUSE PAUVRETÉ.

Le chant d'Assise 
O mes bien-aimés, soyez humbles. O mes bien-aimés soyez doux.
Ne vous inquiétez ni d’honneurs. Ni de dignité, ni de louages.
Fuyez las vanités. Toutes les vanités. Et dites-vous que le savoir des anges
Ne suffit même pas pour comprendre Ce qui de Dieu seul est compris

Ai m e z

Aimez et ne jugez pas.

Si vous voyez une homme pécher mortellement, Haïssez le péché, mais ne jugez pas l’homme.
Ne le méprisez pas. Ne méprisez personne. Car vous ne savez pas le jugements de Dieu.
Et tel semble damné qui est sauvé, peut-être. Et tel semble sauvé qui est déjà damné.
Vous en savez qui son ceux a qui Dieu tendra la main.


O vous tous, gens de la terre, qui cheminez si douloureusement. Ayez d’abord la Charité.
Aimez-vous les uns les autres. Consolez-vous els uns les autres.
Soutenez-vous les uns les autres. Fût-on brûlé d’amour à en mourir.
On n’aime pas encore assez. On n’aime jamais assez.

L’amour est tout qui est Dieu même.

Et que votre amour ne soit pas borné. Car le Seigneur, mon Dieu, n’admet.
Ni vous frontières ni vos murs.

Christ a dit : Tu ne tueras point. Je vous salue et vous bénis.

A Dieu, pour chacun d’entre vous, je demande. La grâce de France pour renoncer le mal.
La grâce de Sérénité dan l’oblation. La grâce de Joie dans l’épreuve.
Et que, par la vertu de la Croix acceptée. Par la parole et par le sang de Jésus-Christ.
La terre enfin soit délivrée du mal.

Ainsi soit-il ! Ainsi soit-il !

Ainsi, sur Assise endormie. Où le tombeau basilical si lourdement proclame.
Que son chant ne fut pas compris. L’âme du petit pauvre.
Chante inlassablement pour le salut des hommes.

ASSISE ! ASSISE ! ASSISE !

Capitale spirituelle du monde. Lieu de l’amour et de la joie et l’Évangile.

Luira-t-elle jamais cette aube. Où tous les vains orgueils.
Où tous les vains espoirs Viendront, pieds nus, vers saint François.
Faire leur amende honorable !

 
P. Léon Chancerel .o.f.m. Le pélerin d'Assise
Menu-Leon-Chancerel.o.f.m-Le-Pelerin-d-Assise.html
 
       

Pour lire les tweets du Pape François

cliquer sur ce logo

ou

Menu-Pape-Francois-L-Ensemble-des-tweets-du-jour.html


En tout temps vous pouvez revenir à la page Menu Principale
 
 
  index.html dchristiaenssens@hotmail.com  
 
Comme le papillon allez maintenant à vôtre tour porter la Bonne Nouvelle de Dieu et faire aussi connaître mon site merci beaucoup.