Cardinal Lorenzo Baldisseri
Développer la synodalité à tous les niveaux dans l’Église cardinal Lorenzo Baldisseri. Pour le bien de l’humanité, explique le P. François
 
Développer la synodalité à tous les niveaux dans l’Église cardinal Lorenzo Baldisseri.
Pour le bien de l’humanité, explique le P. François

Anita Bourdin-Rome, 19 octobre 2015

A l’occasion du  50e anniversaire de l’institution des synodes, le pape François encourage à améliorer la « synodalité » à tous les niveaux dans l’Église, sur l’horizon du bien de l’humanité.

Le pape Paul VI a en effet réintroduit dans l’Église catholique cette forme ancienne de concertation au début de la dernière session du Concile Vatican II, le 15 septembre 1965, dans son motu proprio Apostolica Sollicitudo.

Une commémoration de ce 50e anniversaire a eu lieu dans la matinée de samedi, 17 octobre, au Vatican, dans la salle Paul VI.

La cérémonie a été introduite par le Secrétaire général du synode, le cardinal Lorenzo Baldisseri.
La conférence commémorative a été présentée par le cardinal Christoph Schönborn, archevêque de Vienne, président de la Conférence des évêques d’Autriche.
Elle a été suivie par les allocutions de cinq représentants des cinq continents, dont le patriarche Sako pour l’Asie et les Églises orientales catholiques.
Le pape François a conclu la rencontre : le texte en français devrait être publié sous peu par la Secrétairerie d’État, indique le P. Federico Lombardi. 

Pour l’Église du IIIe millénaire

Pour le pape, « le Synode constitue un des héritages les plus précieux » de Vatican II. Il voulait en proposer aux évêques l’esprit et la méthode. Et il peut sans cesse être « amélioré », selon l’expression de saint Jean-Paul II lui-même.

« Le monde dans lequel nous vivons, et que nous sommes appelés à aimer et à servir même dans ses contradictions, exige de l’Église le renforcement des synergies dans tous les champs de sa mission », fait observer le pape, d’où l’importance de ce « chemin de la synodalité » pour l’Église du troisième millénaire.

Répondre à l’appel du Christ lui-même

Ensuite, pour le pape François, le synode est une réponse au Christ qui demande aux baptisés de marcher ensemble : laïcs, pasteurs, évêque de Rome.

Le pape cite ce passage d’Evangelii Gaudium : « En vertu du Baptême reçu, chaque membre du Peuple de Dieu est devenu disciple missionnaire (cf. Mt 28, 19). Chaque baptisé, quelle que soit sa fonction dans l’Église et le niveau d’instruction de sa foi, est un sujet actif de l’évangélisation, et il serait inadéquat de penser à un schéma d’évangélisation utilisé pour des acteurs qualifiés, où le reste du peuple fidèle serait seulement destiné à bénéficier de leurs actions » (n. 120).

Le pape décline cette notion de « synodalité », à partir du peuple de Dieu, de tous les baptisés. Il invite à cette ecclésiologie qui fait confiance au sensus fidei du Peuple de Dieu pour participer au discernement des « nouvelles voies que le Seigneur ouvre à l’Église ».

D’où, l’importance pour le pape, d’avoir consulté les diocèses à propos de la famille, entre les deux synodes : « Comment aurait-il été possible de parler de la famille sans interpeller les familles, en écoutant leurs joies et leurs espoirs, leurs douleurs et leurs angoisses ? »

Ecouter ce que l’Esprit dit aux Églises

Le pape François revient à cette notion biblique qui parcourt tout l’Ancien Testament : l’appel à l’écoute. Ecoute de Dieu et écoute mutuelle : une Église « synodale » est une Église qui « écoute » : « C’est une écoute réciproque où chacun a quelque chose à apprendre. Peuple fidèle, collège épiscopal, évêque de Rome : l’un à l’écoute des autres, et tous à l’écoute de l’Esprit Saint, de "l’Esprit de vérité" (Jn 14, 17), pour connaître ce qu’Il dit « aux Églises" (Ap 2, 7). »

Il insiste sur cette écoute à l’intérieur de la synodalité : « Une Église synodale est une Église de l’écoute, de la conscience qu’écouter, c’est plus qu’entendre », et ceci est valable « à tous les niveaux de la vie de l’Église ». 

Un écho aux paroles prononcées par le pape lors de la veillée de prière pour le synode, le 4 octobre 2014 : « Nous demandons tout d’abord à l’Esprit Saint pour les Pères synodaux, le don de l’écoute : écoute de Dieu jusqu’à entendre avec Lui le cri du peuple ; écoute du peuple, jusqu’à y respirer la volonté à laquelle Dieu nous appelle. » Une écoute qui « culmine » dans celle de « l’évêque de Rome appelé à se prononcer comme "Pasteur et Docteur de tous les chrétiens" », non à partir de ses convictions personnelles mais comme témoin suprême de la fides totius Ecclesiae, « garant de l’obéissance et de la conformité de l’Église à la volonté de Dieu, à l’Évangile du Christ et à la Tradition de l’Église », comme il le disait dans son discours du 18 octobre 2014.

Unité, liberté, service

Le synode agit avec Pierre et sous l’autorité de Pierre (cum Petro et sub Petro) : le pape explique que ce n’est pas une « limitation de la liberté » mais une « garantie d’unité ». Il évoque le terme de « communion hiérarchique » employée par Vatican II : « Les évêques sont liés à l’évêque de Rome par le lien de la communion épiscopale (cum Petro) et ils sont en même temps hiérarchiquement soumis à lui comme Tête du collège (sub Petro) ».

Ils sont liés aussi par le même appel : servir. Certes, Pierre est le « roc » qui a  pour mission de « confirmer ses frères dans la foi ».

Il exprime cette vision de l’Église sous la forme d’une « pyramide renversée où le sommet se trouve sous la base » : « C’est pour cela que ceux qui exercent l’autorité s’appellent "ministres", parce que, selon la signification originaire du mot, il sont les plus petits de tous. C’est en servant le Peuple de Dieu, que chaque évêque devient, pour la portion du troupeau qui lui est confié, vicarius Christi, vicaire de ce Jésus qui s’est penché pour laver les pieds des apôtres (cf. Jn 13,1-15). Et, sur le même horizon, le Successeur de Pierre n’est pas autre chose que le servus servorum Dei. Ne l’oublions jamais ! »

Comme le pape allait y insister le lendemain, dans son homélie de la messe de canonisation, exercer l’autorité, c’est servir : « Pour les disciples de Jésus, hier, aujourd’hui et toujours, l’unique autorité est l’autorité du service, l’unique pouvoir est le pouvoir de la croix. »

L’horizon de l’humanité

Le pape rappelle l’importance des synodes diocésains dans les Églises particulières : c’est le « premier niveau » de l’exercice de la synodalité.

Le deuxième niveau, que le pape invite à « réaliser encore davantage » c’est celui des provinces et des régions ecclésiastiques. En affirmant en quelque sorte le principe de subsidiarité : « Il n’est pas opportun que le Pape se substitue aux épiscopats locaux dans le discernement de toutes les problématiques présentes sur leur territoire. » Il prône dans ce sens une forme de décentralisation.

Puis il y a la synodalité de l’Église universelle, manifestée par les synodes des évêques réintroduits par Paul VI dans l’Église catholique. Il souligne l’importance de cette dimension au niveau œcuménique.

Le pape François évoque « la nécessité et l’urgence de penser à une conversion de la papauté », en citant à ce propos Jean-Paul II qui souhaitait « trouver une forme d’exercice de la primauté qui, tout en ne renonçant en rien à l’essentiel de sa mission, s’ouvre à une situation nouvelle ».

Plus encore, le pape évoque le rapport entre l’Église synodale au niveau universel et ce qu’il appelle la « famille des Nations » : « En tant qu’Église qui "marche ensemble" avec les hommes, participe aux tourments de l’histoire, nous cultivons le rêve que la redécouverte de la dignité inviolable des peuples et de la fonction de service de l’autorité pourront aider aussi la société civile à s’édifier dans la justice et dans la fraternité, en générant un monde plus beau et plus digne de l’homme pour les générations qui viendront après nous. »

Un élargissement de l’horizon à la fraternité pour l’humanité d’aujourd’hui et de demain : cela finalement aussi est l’enjeu de l’exercice de la synodalité dans l’Église à tous les niveaux.

 
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