Série 9- 8 pages
La voie d'Amour auteur P.Séverin Rubéric récollet

Préface

De ce qu'il faut observer en ces exercices de l'amour de Jésus :
1 - De l'oraison et de la manière de la faire :
2- De la voie proposée en ces exercices

De ce qu'il faut observer en ces exercices de l'amour de Jésus :
L’oraison mentale est la porte par laquelle il faut enter dans la lumière des vérités qui nos sont proposées pour vivre spirituellement. Ces vérités ne d’apprennent point avec pleine clarté en une autre école.

L’esprit humain, borné aux choses sensibles, a besoin d’un remède qui le purifie et d’une aide qui l’élève : l’oraison fait l’un et l’autre, nous détachant de la terre et pourtant nos pensées à Dieu.

Avant donc d’entreprendre l’exercice de cet amour que Jésus nous demande après nous avoir Lui-même si ardemment aimés, il faut commencer par l’oraison mentale. Et pour cela, à Son exemple, nous devons nous retirer à l’écart, considérant que c’était toujours au haut des montagnes qu’Il riait son Père. La retraite est nécessaire en cette occasion, et nous devons nous éloigner non seulement du monde, mais de nous-mêmes ; les passions sont importunes, les hommes pervers et inconstants, un moment de repos et de plaisir est la vieille d’une infinités de peines et d’amertumes : le moyen de se recueillir, de parler à Dieu avec attention et respect, chargé de soucis, agités de pensées, tourmentés de désirs, partagés d’affections ? Et le moyen qu’Il nous écoute, dans le bruit, le tumulte et le désordre ? Dieu aime naturellement la paix ; et parce que l’amour la conserve. Il ne nous recommande rien tant que lui ; la prière donc ne marche jamais l’amour et la paix. Or l’amour est profane qui rampe sur la terre, et la paix ne se trouve que sur les hautes montagnes, qui touchent le ciel et ont la pointe au-dessus des vents et des orages. Partant, pour prier utilement, deux choses sont nécessaires : s’écarter du monde et s’attacher à Dieu : ce qu’Isaïe appelle la cime des montagnes, et qui est, pour parler clair, la perfection des saints.

Cette union est un fruit de sainteté, cette rupture un acte de courage : celui qui abandonne le monde se suscite autant d’ennemis que la sainteté a d’obstacles. Il faut être généreux pour rompre ceux-ci et triompher de ceux-là. D’où il suit que l’oraison n’est pas un simple élan d’esprit, ni de légers, et stériles transports, mais un char de feu divinement ardent, qui nous enlève par l’inspiration et le zèle : l’inspiration éclaire l’esprit, le zèle échauffe la volonté, et notre cœur devient un brûlant encensoir, tellement que l’oraison mentale est une entrée dans la lice de la vie spirituelle est un signal au combat que nous livrent les ennemis de notre bonheur et qui doit dissiper les ténèbres dans nos vices et notre amour-propre tenaient note âme enveloppée.

C’est pourquoi il importe à celui qui veut enter dans la carrière de la perfection chrétienne de savoir non seulement ce qu’est l’oraison, mais encore de quelle façon on doit s’y prendre, puisque de celle-ci dépendent sa perfection, son mérite et son fruit.

Afin donc de rendre facile ce qui suit, et de ne laisser rien que soit à supposer au lecteur désireux de purifier de ces exercices (et d’autant que les viandes mal assaisonnées et digérées, nuisent les plus qu’elles ne servent, et que la lecture des bonnes choses est l’aliment de l’esprit ), j’ai voulu toucher sommairement à cette matière en cette préface, que je divisera en deux parties : da la première nous traiterons de l’oraison mentale et des moyens de la bien faire ; dans la seconde nous verrons comment il faut procéder en ces exercices et pratiquer les saintes leçons que Jésus enseigne en l’écoule de Son amour.

 1 - De l'oraison et de la manière de la faire : 
Il y a deux points à considérer en l’oraison mentale : l’action de toutes les puissances (1) de l’âme, et la manière de les faire œuvrer.

Quant a premier point : l‘âme commence son oraison par la préparation (que d’autres appellent «prélude ») laquelle est une action de la volonté de l’entendement, de l’imagination, et de toutes les puissances ensemble. Action de la volonté, par l’intention droite et pour qu’elle forme de faire son oraison pour la seule fin de plaire de Dieu, et par le mouvement qu’elle imprime à toutes les puissances de l’ âme, les forçant à se retirer du dehors au-dedans, à se ramasser et hausser en Dieu pour se mettre en la présence de Sa divine Majesté action de l’entendement, qui se retirer et s’abstrait de quelque pensée que ce soit pour s’applique à Dieu seul ; action de l’imagination, que mortifier toutes les divagations et fantaisies dont elle est la source, pour ne s’occuper plus que de la présence de Dieu et du sujet pris comme matière de la méditation ; enfin, action de toutes les puissances ensemble, qui, adorant Dieu, abaissent tout l’âme dans la connaissance de Sa grandeur et de Sa majesté, et s’appliquent au sujet de la méditation, préparé d’avance, et eu la mémoire rappelle.

Après la réparation, l’âme entre dans l’oraison par méditation et discours, actions que l’entendement produit pour découvrir les vérités divines et en retirer des lumières. Elle la continu par les affections, qui sont des actes de la volonté échauffée par la vertu du discours et des lumières qui ont pénétré l’entendement ; elle la poursuit par une ferme résolution de fuir le mal te de faire le bien ; enfin elle la termine, par de mutules colloque avec Notre-Seigneur, quelquefois écoutant avec attention, tantôt louant la grandeur, la bonté, l’amour, et autres perfections de Dieu, d’autres fois Lui représentant ses misères, ses nécessités, et Lui demandant de les combler.

Le second point le plus important, concernant l’oraison mentale, est la manière d’y appliquer ses puissances. C’est parce que cette manière leur fait défaut que plusieurs, qui semblent faire oraison, en réalité n’en font point (quoiqu’ils en observent toutes les parties et actions), ce qui se reconnait à ceci : que, malgré l’oraison, leur intérieur ne change point, mais demeure toujours impur et obscur.

Cette manière tien le milieu entre deux erreurs, desquelles il se faut soigneusement garder. La première gît en ce que l’on n’emploie pas fidèlement ses puissances mais qu’on les tient lâchement oisive et quiètes, sans coopérer ; l’action de la grâce ; et ce, sous prétexte qu’il faut attendre que Dieu fasse tout en nous, et que c’est de Dieu, sans notre intervention, que nous devons recevoir toutes nos dispositions intérieures.

Cette pensée (lorsqu’il ne s’agit point d’âmes avancées, entrainées par Dieu qui leur fait voir intimement, Lui-même ou par l’avis de leur père spirituel, que leur devoir est de se tenir passive plutôt que d’agir vers Lui) est dangereuse, et cache presque toujours une tromperie de l’ennemi.

La seconde erreur ne consiste point à ne pas mettre en action ses puissances, mais à les vouloirs exercer uniquement par soi-même, et comme de soi, sans les mettre sous la dépendance de la grâce et de la lumière de Dieu.

Ce n’est point par le manque d’agir que l’on se trompe ici, mais par le trop agir, en prétendant faire opérer notre propre nature, notre propre esprit, notre propre lumière, notre propre volonté, notre propre amour au delà de la grâce, sans son concours et hors de bornes qu’elle nous trace.

La juste mesure qui nous gardera de cette double erreur, est d’employer utilement touts les puissances de son âme en l’oraison, les mettant toutes, au commencement de cet exercice, sous la dépendance de la volonté de Dieu, dans le but de ne les employer que comme la Majesté divine le voudra, et sous l’action de la grâce, pour faire cette divin action de l’oraison par son propre principe, qui est la grâce même. C’est ici, en cette œuvre divin de l’oraison mentale, la plus noble de tous celles que la créature raisonnable puise faire en cette vie, hors de dire la saint Messe (qui est au-dessus de toute exception), qu‘il fait réduire en pratique le principe de la grâce, que la foi nous fait croire être nécessaire à nos actions si nous le voulons faire chrétiennement et divinement. Et donc si nous voulons rendre cette admirable action de l’oraison ( qui est un familier colloque avec Dieu ) fructueuse pour notre vie spirituelle, il nous y faut faire concourir la grâce et comme principe, et comme cause principale, car la nature ici ne peut rien ni ne fait reine d’utile se elle n’est servante de la grâce comme un instrument soumis à sa motion, et si nous entendement ne se met sous la lumière de la foi, pour voir à cette clarté divine les vérités qui servent de matière à la méditation, y entrant comme dans une écoule.

Cette comparaison vous fera entendre la manière de mettre vos puissances sous l’action de la grâce et de la lumière divines, afin que vous remplissiez parfaitement votre office d’écolier, office auquel il vous faut soumettre si vous voulez apprendre de Dieu (qui est l’unique maître de notre âme et la seule qui nous puisse enseigner intérieurement) les vérités divines qu’il nous a révélées. Il ne faut point que notre esprit se serve à soi-même de maître en l’oraison, et qu’il regarde les matières et vérités qui font l’objet de l’oraison comme humaines, pénétrables par la seul lumière naturelle, ou par une science acquise, ou par nos propres discours et méditations, mais comme divines et supérieurs à sa capacité naturelle, admettant ne les pouvoir connaître que par la lumière de la foi, par la clarté divine infuse en l’âme par les méditations et discours conduits par cette même lumière de la foi. Cette façon d’apprendre les vérités comme dans une école en laquelle Dieu est le maître et notre entendement le disciple, où Dieu est le conducteur et notre entendement l’aveugle qui se laisse mener, captif et lié des liens de la foi et de l’autorité de Dieu, fait que les vérités se font sentir à la volonté. Disons en passant que la volonté, de sa part aussi, doit être toute soumise à la grâce, ne voulant formier ni entretenir aucun désir, mouvement ou sentiment que sous la conduite de la lumière sacrée, par laquelle le Maître divine de cette divine école nous enseigne Sa sainte volonté c’est alors que ces vérités font une grande impression en notre âme lorsqu’elle est ainsi soumise, et toute posée sous la dépendance de la grâce qu’elles y opèrent d’admirables changements, y demeurent, et y laissent de très efficaces dispositions. C’est pourquoi, quand en la préparation de l’oraison l’âme s’applique à la matière qui doit en faire l’objet, il ne faut pas qu’elle se forme par l’imagination quelque image d’une forme commune, ainsi l’entendement se doit porter et tourner comme vers une vérité toute divine et céleste, supérieure à la lumière naturelle et enseignée par la foi.

Celui qui voudra connaître plus amplement cette manière de faire dépendre expressément son oraison mentale de la lumière divine et de la grâce, qu’il lise la pratique que nous avons dressées au livre de l’Introduction à la pratique des actes intérieurs pour enseigner à faire toutes nos actions par le mouvement de la grâce, et non de la nature (2).

Afin que l’âme suive bien cette méthode et s’entretienne durant l’oraison devant Notre-Seigneur, comme une autre Magdeleine, en cet état et office de disciple et d’écolière, il faut que parfois ( quand elle se verra détourée par de longs discours superflus, fruits de son propre esprit ) le renouvelle cette dépendance à l’égard de la divine lumière, cette soumission à la céleste maîtrise de son Maître, et cette sujétion aux mouvements, sentiments et affections de la sainte grâce, et que parfois aussi elle s’applique, par vraie attention, à l’écouter si son divine Docteur ne lui voudra rien dire ou enseigner.

D’autres fois elle L’Interrogera comme un disciple son âme, afin d’apprendre quelque chose qu’elle ne sait pas ; le plus souvent elle prendra parmi, les paroles de l’Écriture celles qui lui enseignent la vérité divine sur la matière qu’elle médite, et les savourera comme prononcées en son intérieur, paru elle seule par son divine Précepteur.

Ces enseignements mériteraient un plus long discours, mais il n’entre dans mon dessein que de donner ici une brève forme d’oraison mentale pour servie aux exercices. Au reste l’âme prendre plus de lumières sur cette manière d’oraison (qui ne contient rien d’extraordinaire) par la pratique qu’elle en fera, que par tous les préceptes et enseignements qu’on lui en saurait donner.

Référence:1

2- De la voie proposée en ces exercices

 L’amour de Dieu (qui opère mortification, abnégation, et pratique des vertus) est la voie la plus courte, la plus facile, la plus efficace et la plus forte pour pousser avec le plus de promptitude et de la douceur une âme vers la perfection. Je dois : un amour qui opère, pour rejeter l’abus et deux qui veulent s’établir d’eux-mêmes et dès le début au somment de la contemplation (laquelle ne s’exerce parfaitement que dans les âmes pures et détachées), et prétendent se mettre, par les seules spéculations de leurs esprit, en état de recevoir de Dieu je ne sais quel amour passif, tel que celui qu’Il imprime par des actes secrets dans les cœurs déifiés, pour les faire entrer dans une participation très intime de Sa lumière et de Sa bonté. Non, ce n’est point ainsi qu’il faut enter dans cette voie d’amour, mais par l’action, par l’exercice de toute mortification et toute vertu, car la divine charité qu’on prendre pour compagne et escorte de toute sa vie, est le principe qui anime toutes les vertus, comme nous l’enseigne l’apôtre saint Paul, parlant de la foi, laquelle, dit-il, doit opérer par la charité.
Cette vie d’amour et de charité est la plus excellente de toutes, selon que nous l’enseigne le même apôtre.

Les novices et apprentis en la vie spirituelle doivent commencer par elle, toute la justice chrétienne n’a que charité, dit saint Augustin, apprenons de ce docteur que le commencement de cette justice en ceux qui se sont convertis à Dieu, est un début de charité ; que le progrès en ceux qui cheminent en la voie de perfection, est un accroissement de charité ; et la perfection de la justice en ceux qui sont parvenus au somment, un accomplissement de cette même divine charité. Ailleurs il dit encre que toutes les vertus chrétiennes doivent être définies par la charité ce que saint Chrysostome exprime fort clairement par ces paroles : La charité, dit-il, est le principe et la fin de toutes les vertus, c’est elle qui en est la racine, le fondement et le sommet. La définition brève de la vertu (dit saint Augustin) en un mot, c’est qu’elle est l’ordre de l’amour ; et saint Paul nous, enseigne que c’est la fin et la plénitude de toute la loi. Il est donc besoin qu’en accomplissant les commandements de Dieu et en exerçant les vertus, nous regardions toujours à cette fin de la charité divine, laquelle dit mouvoir notre esprit et nos puissances, en faute de quoi la vie en apparence la plus vertueuse et la plus parfaite sera vide de mérite.

C’est pourquoi dès l’entrée en cette divine, course de la vie spirituelle, il faut choisir la charité et l’amour de Dieu pour maître et pédagogue, qui nous pousse à toutes nos actions. Il faut se proposer pour motif perpétuel de toutes mortifications, abnégations est vertus, l’objet de la sacro-saint charité, qui est la tout admirable.

Le mouvement de l’amour de Dieu doit précéder autant que possible toutes nos actions et tous les mouvements de notre cœur.

Comme l’âme commence sa conversion en l’acte de contrition, par la vertu, la force et le motif divin de l’amour de Dieu, animant la pénitence par la forme (3) et le mouvement de l’amour divin ; ainsi doit-elle continuer ce même train, se mortifiant, faisant abnégation de soi-même, et s’adonnant aux vertus par le motif du même amour, revêtant toutes ses actions vertueuses de cette même forme toute céleste et divine.

Il ne faut point craindre que la douceur de cet amour amollisse l’âme, en sorte qu’accoutumée à la suavité, elle ne veuille point goûter les aigreurs de la mortification et de l’abnégation de soi ; bien au contraire si cet amour est véritable, et non imaginaire, il a poussera incessamment à mourir à elle-même pour se rendre en toute semblable à son Bien-Aimé et s’approcher de Lui, tant s’en faut, en effet, que cette douceur de l’amour nous fasse abandonner la mortification ; c’est elle, au contraire, qui nous presse de l’entreprendre, nos faisant trouver doux le joug du Sauveur et garder jusqu’à Ses moindres commandements. Comme l’affirme saint Augustin, c’est elle qui fait manger et avaler à l’âme le pain amer du renoncement à elle-même.

C’est la raison pour laquelle il faut prendre soigneusement garde d’accompagner toujours cet amour de Dieu de l’abnégation. En effet, il ne peut y avoir plus d’amour de Dieu en l’âme, qu’il n’y a en elle de mortification et d’abnégation. Union et séparation, disait un grand serviteur de Dieu : séparation de soi et de toutes choses par l’abnégation ; et union à Dieu par l’amour. Ce sont les deux points et les deux pôles sur lesquels l’âme doit rouler incessamment en la course spirituelle.

Et toute la vie de notre séraphique Père saint François, nous ne voyons que les amertumes de l’abnégation et du dépouillement d’un côté, et de l’autre la suavité des élancements divines.

Il commença par l’abnégation de ses biens, il continua par le dépouillement de toute soi-même, ne voyant rien et ne sentant autre chose que Dieu.

Sans aucun doute, amour et abnégations est la voie de saint François et des frères mineurs, qui ne sauraient guère trouver une autre chose dans leur règle. C’est la voie du divin Paul qui nous la signifie par des traits infinis d’abnégation et d’appauvrissement de soi-même relatés dans ses épîtres, et par les continuels élancements de l’amour de Dieu en lesquels il se jette quasi toujours. C’est la voie des saints les plus illustres, et qui ont laissé le plus d’exemples. Tous les religieux de saint François doivent se mettre sous cette règle et cheminer en cette voie que le Seigneur Jésus a marquée de Son Rang.

Les autres âmes dévotes qui aspirent à la perfection peuvent assurément faire de même.

C’est pourquoi, en nos Exercices nous portons l’âme du commencement jusqu’à la fin sur les deux ailes de l’amour de Dieu et de l’abnégation d’elle-même. Pour les rendre plus profitables, nous y avons proposé comme modèle la sainte pénitente et amoureuse Magdeleine, dont la vie a été écrite par les évangélistes, quasi tout exprès pour nous faire voir tous les pas que l’abnégation et l’amour de Dieu nous invitent à faire dans le chemin de la vie spirituelle, et pour nous représenter toutes les marches de cette divine montée. Nous l’avons fait pour plusieurs raison :

Premièrement pour montrer comment cette voie est excellente, puisque Jésus lui-même la personne d’une âme qui semble être Son chef-d’œuvre, et qu’Il a proposée en exemple à toutes les autres, nous invite à l’embrasser ;

Deuxièmement parce que cette vie et cette voie sont canonisées dans l’Écriture sainte ;

Troisièmement parce que, comme nous sommes ou avons été devant Dieu grands pécheurs ainsi qu’elle, nous devons aussi quitter le vice et nous en éloigner par abnégation et amour comme elle a fait ;

Quatrièmement parce que dans l’exemple de sainte Magdeleine, celui qui fait les Exercices ou qui chemine dans la carrière de la vie spirituelle, ne trouvera point seulement les matières et objets qu’on est accoutumé à présenter aux âmes pour leur faire abhorrer le péché et les porter à l’amour de la vertu ; mais encore les lumières et sentiments divines par lesquels Dieu meut ces âmes parmi des objets et matières, et aussi la manière qu’il faut que l’âme observe pour ouvrir son entendement aux lumières, et plier sa volonté aux sentiments et aux grâces de Dieu : c’est là une particularité de ces Exercices qu’il faut que chacun y remarque ;

Cinquièmement par ce que tout le progrès de note vie d’amour et d’abnégation apparaît avec beaucoup plus de clarté en la vie de saint Magdeleine qu’en celle d’aucun autre saint dont l’Écriture fasse mention.

Les religieux de saint François, en cette course spirituelle dans laquelle ils mettront leurs pieds sur les sacrés vestiges de notre sainte pénitente, pourront réduire la vie de leur très saint Père, pleine de mortification et d’amour, à celle de notre saint Magdeleine, qui a cela par-dessus, que sa vie et sa voie ont leur approbation authentiquée par l’Écriture sainte et leur louange dans la bouche de la Vérité même.

Référence: 2

Références-1
(1) Nous dirions aujourd’hui les facultés
.
(2) A défaut de ce livre, le lecteur verra cette méthode appliqué par l’auteur lui-même dans toute les méditations du présent ouvrage.
Références-2
(3) Il faut entendre ce mot dans son sens philosophique : ce qui «informe» une matière première, détermine un être, le constitue dans la perfection de son essence propre ; on dit dans ce sens que l’âme est la «forme» du corps

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