Préface
De
ce qu'il faut observer en ces exercices de l'amour de Jésus
:
1
- De l'oraison et de la manière de la faire :
2- De la voie proposée en ces exercices
De
ce qu'il faut observer en ces exercices de l'amour de Jésus
:
L’oraison mentale est la porte
par laquelle il faut enter dans la lumière des vérités
qui nos sont proposées pour vivre spirituellement.
Ces vérités ne d’apprennent point avec
pleine clarté en une autre école.
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L’esprit
humain, borné aux choses sensibles, a besoin d’un
remède qui le purifie et d’une aide qui l’élève
: l’oraison fait l’un et l’autre, nous détachant
de la terre et pourtant nos pensées à Dieu.
Avant donc d’entreprendre l’exercice de cet amour
que Jésus nous demande après nous avoir Lui-même
si ardemment aimés, il faut commencer par l’oraison
mentale. Et pour cela, à Son exemple, nous devons nous
retirer à l’écart, considérant
que c’était toujours au haut des montagnes qu’Il
riait son Père. La retraite est nécessaire en
cette occasion, et nous devons nous éloigner non seulement
du monde, mais de nous-mêmes ; les passions sont importunes,
les hommes pervers et inconstants, un moment de repos et de
plaisir est la vieille d’une infinités de peines
et d’amertumes : le moyen de se recueillir, de parler
à Dieu avec attention et respect, chargé de
soucis, agités de pensées, tourmentés
de désirs, partagés d’affections ? Et
le moyen qu’Il nous écoute, dans le bruit, le
tumulte et le désordre ? Dieu aime naturellement la
paix ; et parce que l’amour la conserve. Il ne nous
recommande rien tant que lui ; la prière donc ne marche
jamais l’amour et la paix. Or l’amour est profane
qui rampe sur la terre, et la paix ne se trouve que sur les
hautes montagnes, qui touchent le ciel et ont la pointe au-dessus
des vents et des orages. Partant, pour prier utilement, deux
choses sont nécessaires : s’écarter du
monde et s’attacher à Dieu : ce qu’Isaïe
appelle la cime des montagnes, et qui est, pour parler clair,
la perfection des saints.
Cette union est un fruit de sainteté, cette rupture
un acte de courage : celui qui abandonne le monde se suscite
autant d’ennemis que la sainteté a d’obstacles.
Il faut être généreux pour rompre ceux-ci
et triompher de ceux-là. D’où il suit
que l’oraison n’est pas un simple élan
d’esprit, ni de légers, et stériles transports,
mais un char de feu divinement ardent, qui nous enlève
par l’inspiration et le zèle : l’inspiration
éclaire l’esprit, le zèle échauffe
la volonté, et notre cœur devient un brûlant
encensoir, tellement que l’oraison mentale est une entrée
dans la lice de la vie spirituelle est un signal au combat
que nous livrent les ennemis de notre bonheur et qui doit
dissiper les ténèbres dans nos vices et notre
amour-propre tenaient note âme enveloppée.
C’est pourquoi il importe à celui qui veut enter
dans la carrière de la perfection chrétienne
de savoir non seulement ce qu’est l’oraison, mais
encore de quelle façon on doit s’y prendre, puisque
de celle-ci dépendent sa perfection, son mérite
et son fruit.
Afin donc de rendre facile ce qui suit, et de ne laisser rien
que soit à supposer au lecteur désireux de purifier
de ces exercices (et d’autant que les viandes mal assaisonnées
et digérées, nuisent les plus qu’elles
ne servent, et que la lecture des bonnes choses est l’aliment
de l’esprit ), j’ai voulu toucher sommairement
à cette matière en cette préface, que
je divisera en deux parties : da la première nous traiterons
de l’oraison mentale et des moyens de la bien faire
; dans la seconde nous verrons comment il faut procéder
en ces exercices et pratiquer les saintes leçons que
Jésus enseigne en l’écoule de Son amour.
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| 1
- De l'oraison et de la manière de la faire : |
Il
y a deux points à considérer en l’oraison
mentale : l’action de toutes les puissances (1) de l’âme,
et la manière de les faire œuvrer.
Quant
a premier point : l‘âme commence son oraison par
la préparation (que d’autres appellent «prélude
») laquelle est une action de la volonté de l’entendement,
de l’imagination, et de toutes les puissances ensemble.
Action de la volonté, par l’intention droite
et pour qu’elle forme de faire son oraison pour la seule
fin de plaire de Dieu, et par le mouvement qu’elle imprime
à toutes les puissances de l’ âme, les
forçant à se retirer du dehors au-dedans, à
se ramasser et hausser en Dieu pour se mettre en la présence
de Sa divine Majesté action de l’entendement,
qui se retirer et s’abstrait de quelque pensée
que ce soit pour s’applique à Dieu seul ; action
de l’imagination, que mortifier toutes les divagations
et fantaisies dont elle est la source, pour ne s’occuper
plus que de la présence de Dieu et du sujet pris comme
matière de la méditation ; enfin, action de
toutes les puissances ensemble, qui, adorant Dieu, abaissent
tout l’âme dans la connaissance de Sa grandeur
et de Sa majesté, et s’appliquent au sujet de
la méditation, préparé d’avance,
et eu la mémoire rappelle.
Après
la réparation, l’âme entre dans l’oraison
par méditation et discours, actions que l’entendement
produit pour découvrir les vérités divines
et en retirer des lumières. Elle la continu par les
affections, qui sont des actes de la volonté échauffée
par la vertu du discours et des lumières qui ont pénétré
l’entendement ; elle la poursuit par une ferme résolution
de fuir le mal te de faire le bien ; enfin elle la termine,
par de mutules colloque avec Notre-Seigneur, quelquefois écoutant
avec attention, tantôt louant la grandeur, la bonté,
l’amour, et autres perfections de Dieu, d’autres
fois Lui représentant ses misères, ses nécessités,
et Lui demandant de les combler.
Le second point le plus important, concernant l’oraison
mentale, est la manière d’y appliquer ses puissances.
C’est parce que cette manière leur fait défaut
que plusieurs, qui semblent faire oraison, en réalité
n’en font point (quoiqu’ils en observent toutes
les parties et actions), ce qui se reconnait à ceci
: que, malgré l’oraison, leur intérieur
ne change point, mais demeure toujours impur et obscur.
Cette
manière tien le milieu entre deux erreurs, desquelles
il se faut soigneusement garder. La première gît
en ce que l’on n’emploie pas fidèlement
ses puissances mais qu’on les tient lâchement
oisive et quiètes, sans coopérer ; l’action
de la grâce ; et ce, sous prétexte qu’il
faut attendre que Dieu fasse tout en nous, et que c’est
de Dieu, sans notre intervention, que nous devons recevoir
toutes nos dispositions intérieures.
Cette
pensée (lorsqu’il ne s’agit point d’âmes
avancées, entrainées par Dieu qui leur fait
voir intimement, Lui-même ou par l’avis de leur
père spirituel, que leur devoir est de se tenir passive
plutôt que d’agir vers Lui) est dangereuse, et
cache presque toujours une tromperie de l’ennemi.
La seconde
erreur ne consiste point à ne pas mettre en action
ses puissances, mais à les vouloirs exercer uniquement
par soi-même, et comme de soi, sans les mettre sous
la dépendance de la grâce et de la lumière
de Dieu.
Ce n’est
point par le manque d’agir que l’on se trompe
ici, mais par le trop agir, en prétendant faire opérer
notre propre nature, notre propre esprit, notre propre lumière,
notre propre volonté, notre propre amour au delà
de la grâce, sans son concours et hors de bornes qu’elle
nous trace.
La juste mesure qui nous gardera de cette double erreur, est
d’employer utilement touts les puissances de son âme
en l’oraison, les mettant toutes, au commencement de
cet exercice, sous la dépendance de la volonté
de Dieu, dans le but de ne les employer que comme la Majesté
divine le voudra, et sous l’action de la grâce,
pour faire cette divin action de l’oraison par son propre
principe, qui est la grâce même. C’est ici,
en cette œuvre divin de l’oraison mentale, la plus
noble de tous celles que la créature raisonnable puise
faire en cette vie, hors de dire la saint Messe (qui est au-dessus
de toute exception), qu‘il fait réduire en pratique
le principe de la grâce, que la foi nous fait croire
être nécessaire à nos actions si nous
le voulons faire chrétiennement et divinement. Et donc
si nous voulons rendre cette admirable action de l’oraison
( qui est un familier colloque avec Dieu ) fructueuse pour
notre vie spirituelle, il nous y faut faire concourir la grâce
et comme principe, et comme cause principale, car la nature
ici ne peut rien ni ne fait reine d’utile se elle n’est
servante de la grâce comme un instrument soumis à
sa motion, et si nous entendement ne se met sous la lumière
de la foi, pour voir à cette clarté divine les
vérités qui servent de matière à
la méditation, y entrant comme dans une écoule.
Cette
comparaison vous fera entendre la manière de mettre
vos puissances sous l’action de la grâce et de
la lumière divines, afin que vous remplissiez parfaitement
votre office d’écolier, office auquel il vous
faut soumettre si vous voulez apprendre de Dieu (qui est l’unique
maître de notre âme et la seule qui nous puisse
enseigner intérieurement) les vérités
divines qu’il nous a révélées.
Il ne faut point que notre esprit se serve à soi-même
de maître en l’oraison, et qu’il regarde
les matières et vérités qui font l’objet
de l’oraison comme humaines, pénétrables
par la seul lumière naturelle, ou par une science acquise,
ou par nos propres discours et méditations, mais comme
divines et supérieurs à sa capacité naturelle,
admettant ne les pouvoir connaître que par la lumière
de la foi, par la clarté divine infuse en l’âme
par les méditations et discours conduits par cette
même lumière de la foi. Cette façon d’apprendre
les vérités comme dans une école en laquelle
Dieu est le maître et notre entendement le disciple,
où Dieu est le conducteur et notre entendement l’aveugle
qui se laisse mener, captif et lié des liens de la
foi et de l’autorité de Dieu, fait que les vérités
se font sentir à la volonté. Disons en passant
que la volonté, de sa part aussi, doit être toute
soumise à la grâce, ne voulant formier ni entretenir
aucun désir, mouvement ou sentiment que sous la conduite
de la lumière sacrée, par laquelle le Maître
divine de cette divine école nous enseigne Sa sainte
volonté c’est alors que ces vérités
font une grande impression en notre âme lorsqu’elle
est ainsi soumise, et toute posée sous la dépendance
de la grâce qu’elles y opèrent d’admirables
changements, y demeurent, et y laissent de très efficaces
dispositions. C’est pourquoi, quand en la préparation
de l’oraison l’âme s’applique à
la matière qui doit en faire l’objet, il ne faut
pas qu’elle se forme par l’imagination quelque
image d’une forme commune, ainsi l’entendement
se doit porter et tourner comme vers une vérité
toute divine et céleste, supérieure à
la lumière naturelle et enseignée par la foi.
Celui
qui voudra connaître plus amplement cette manière
de faire dépendre expressément son oraison mentale
de la lumière divine et de la grâce, qu’il
lise la pratique que nous avons dressées au livre de
l’Introduction à la pratique des actes intérieurs
pour enseigner à faire toutes nos actions par le mouvement
de la grâce, et non de la nature (2).
Afin que
l’âme suive bien cette méthode et s’entretienne
durant l’oraison devant Notre-Seigneur, comme une autre
Magdeleine, en cet état et office de disciple et d’écolière,
il faut que parfois ( quand elle se verra détourée
par de longs discours superflus, fruits de son propre esprit
) le renouvelle cette dépendance à l’égard
de la divine lumière, cette soumission à la
céleste maîtrise de son Maître, et cette
sujétion aux mouvements, sentiments et affections de
la sainte grâce, et que parfois aussi elle s’applique,
par vraie attention, à l’écouter si son
divine Docteur ne lui voudra rien dire ou enseigner.
D’autres
fois elle L’Interrogera comme un disciple son âme,
afin d’apprendre quelque chose qu’elle ne sait
pas ; le plus souvent elle prendra parmi, les paroles de l’Écriture
celles qui lui enseignent la vérité divine sur
la matière qu’elle médite, et les savourera
comme prononcées en son intérieur, paru elle
seule par son divine Précepteur.
Ces enseignements
mériteraient un plus long discours, mais il n’entre
dans mon dessein que de donner ici une brève forme
d’oraison mentale pour servie aux exercices. Au reste
l’âme prendre plus de lumières sur cette
manière d’oraison (qui ne contient rien d’extraordinaire)
par la pratique qu’elle en fera, que par tous les préceptes
et enseignements qu’on lui en saurait donner.
Référence:1
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| 2-
De la voie proposée en ces exercices |
L’amour
de Dieu (qui opère mortification, abnégation,
et pratique des vertus) est la voie la plus courte, la plus
facile, la plus efficace et la plus forte pour pousser avec
le plus de promptitude et de la douceur une âme vers
la perfection. Je dois : un amour qui opère, pour rejeter
l’abus et deux qui veulent s’établir d’eux-mêmes
et dès le début au somment de la contemplation
(laquelle ne s’exerce parfaitement que dans les âmes
pures et détachées), et prétendent se
mettre, par les seules spéculations de leurs esprit,
en état de recevoir de Dieu je ne sais quel amour passif,
tel que celui qu’Il imprime par des actes secrets dans
les cœurs déifiés, pour les faire entrer
dans une participation très intime de Sa lumière
et de Sa bonté. Non, ce n’est point ainsi qu’il
faut enter dans cette voie d’amour, mais par l’action,
par l’exercice de toute mortification et toute vertu,
car la divine charité qu’on prendre pour compagne
et escorte de toute sa vie, est le principe qui anime toutes
les vertus, comme nous l’enseigne l’apôtre
saint Paul, parlant de la foi, laquelle, dit-il, doit opérer
par la charité.
Cette vie d’amour et de charité est la plus excellente
de toutes, selon que nous l’enseigne le même apôtre.
Les novices
et apprentis en la vie spirituelle doivent commencer par elle,
toute la justice chrétienne n’a que charité,
dit saint Augustin, apprenons de ce docteur que le commencement
de cette justice en ceux qui se sont convertis à Dieu,
est un début de charité ; que le progrès
en ceux qui cheminent en la voie de perfection, est un accroissement
de charité ; et la perfection de la justice en ceux
qui sont parvenus au somment, un accomplissement de cette
même divine charité. Ailleurs il dit encre que
toutes les vertus chrétiennes doivent être définies
par la charité ce que saint Chrysostome exprime fort
clairement par ces paroles : La charité, dit-il, est
le principe et la fin de toutes les vertus, c’est elle
qui en est la racine, le fondement et le sommet. La définition
brève de la vertu (dit saint Augustin) en un mot, c’est
qu’elle est l’ordre de l’amour ; et saint
Paul nous, enseigne que c’est la fin et la plénitude
de toute la loi. Il est donc besoin qu’en accomplissant
les commandements de Dieu et en exerçant les vertus,
nous regardions toujours à cette fin de la charité
divine, laquelle dit mouvoir notre esprit et nos puissances,
en faute de quoi la vie en apparence la plus vertueuse et
la plus parfaite sera vide de mérite.
C’est
pourquoi dès l’entrée en cette divine,
course de la vie spirituelle, il faut choisir la charité
et l’amour de Dieu pour maître et pédagogue,
qui nous pousse à toutes nos actions. Il faut se proposer
pour motif perpétuel de toutes mortifications, abnégations
est vertus, l’objet de la sacro-saint charité,
qui est la tout admirable.
Le mouvement
de l’amour de Dieu doit précéder autant
que possible toutes nos actions et tous les mouvements de
notre cœur.
Comme
l’âme commence sa conversion en l’acte de
contrition, par la vertu, la force et le motif divin de l’amour
de Dieu, animant la pénitence par la forme (3) et le
mouvement de l’amour divin ; ainsi doit-elle continuer
ce même train, se mortifiant, faisant abnégation
de soi-même, et s’adonnant aux vertus par le motif
du même amour, revêtant toutes ses actions vertueuses
de cette même forme toute céleste et divine.
Il ne
faut point craindre que la douceur de cet amour amollisse
l’âme, en sorte qu’accoutumée à
la suavité, elle ne veuille point goûter les
aigreurs de la mortification et de l’abnégation
de soi ; bien au contraire si cet amour est véritable,
et non imaginaire, il a poussera incessamment à mourir
à elle-même pour se rendre en toute semblable
à son Bien-Aimé et s’approcher de Lui,
tant s’en faut, en effet, que cette douceur de l’amour
nous fasse abandonner la mortification ; c’est elle,
au contraire, qui nous presse de l’entreprendre, nos
faisant trouver doux le joug du Sauveur et garder jusqu’à
Ses moindres commandements. Comme l’affirme saint Augustin,
c’est elle qui fait manger et avaler à l’âme
le pain amer du renoncement à elle-même.
C’est
la raison pour laquelle il faut prendre soigneusement garde
d’accompagner toujours cet amour de Dieu de l’abnégation.
En effet, il ne peut y avoir plus d’amour de Dieu en
l’âme, qu’il n’y a en elle de mortification
et d’abnégation. Union et séparation,
disait un grand serviteur de Dieu : séparation de soi
et de toutes choses par l’abnégation ; et union
à Dieu par l’amour. Ce sont les deux points et
les deux pôles sur lesquels l’âme doit rouler
incessamment en la course spirituelle.
Et toute
la vie de notre séraphique Père saint François,
nous ne voyons que les amertumes de l’abnégation
et du dépouillement d’un côté, et
de l’autre la suavité des élancements
divines.
Il commença
par l’abnégation de ses biens, il continua par
le dépouillement de toute soi-même, ne voyant
rien et ne sentant autre chose que Dieu.
Sans
aucun doute, amour et abnégations est la voie de saint
François et des frères mineurs, qui ne sauraient
guère trouver une autre chose dans leur règle.
C’est la voie du divin Paul qui nous la signifie par
des traits infinis d’abnégation et d’appauvrissement
de soi-même relatés dans ses épîtres,
et par les continuels élancements de l’amour
de Dieu en lesquels il se jette quasi toujours. C’est
la voie des saints les plus illustres, et qui ont laissé
le plus d’exemples. Tous les religieux de saint François
doivent se mettre sous cette règle et cheminer en cette
voie que le Seigneur Jésus a marquée de Son
Rang.
Les autres
âmes dévotes qui aspirent à la perfection
peuvent assurément faire de même.
C’est
pourquoi, en nos Exercices nous portons l’âme
du commencement jusqu’à la fin sur les deux ailes
de l’amour de Dieu et de l’abnégation d’elle-même.
Pour les rendre plus profitables, nous y avons proposé
comme modèle la sainte pénitente et amoureuse
Magdeleine, dont la vie a été écrite
par les évangélistes, quasi tout exprès
pour nous faire voir tous les pas que l’abnégation
et l’amour de Dieu nous invitent à faire dans
le chemin de la vie spirituelle, et pour nous représenter
toutes les marches de cette divine montée. Nous l’avons
fait pour plusieurs raison :
Premièrement
pour montrer comment cette voie est excellente, puisque Jésus
lui-même la personne d’une âme qui semble
être Son chef-d’œuvre, et qu’Il a proposée
en exemple à toutes les autres, nous invite à
l’embrasser ;
Deuxièmement
parce que cette vie et cette voie sont canonisées dans
l’Écriture sainte ;
Troisièmement
parce que, comme nous sommes ou avons été devant
Dieu grands pécheurs ainsi qu’elle, nous devons
aussi quitter le vice et nous en éloigner par abnégation
et amour comme elle a fait ;
Quatrièmement
parce que dans l’exemple de sainte Magdeleine, celui
qui fait les Exercices ou qui chemine dans la carrière
de la vie spirituelle, ne trouvera point seulement les matières
et objets qu’on est accoutumé à présenter
aux âmes pour leur faire abhorrer le péché
et les porter à l’amour de la vertu ; mais encore
les lumières et sentiments divines par lesquels Dieu
meut ces âmes parmi des objets et matières, et
aussi la manière qu’il faut que l’âme
observe pour ouvrir son entendement aux lumières, et
plier sa volonté aux sentiments et aux grâces
de Dieu : c’est là une particularité de
ces Exercices qu’il faut que chacun y remarque ;
Cinquièmement
par ce que tout le progrès de note vie d’amour
et d’abnégation apparaît avec beaucoup
plus de clarté en la vie de saint Magdeleine qu’en
celle d’aucun autre saint dont l’Écriture
fasse mention.
Les religieux
de saint François, en cette course spirituelle dans
laquelle ils mettront leurs pieds sur les sacrés vestiges
de notre sainte pénitente, pourront réduire
la vie de leur très saint Père, pleine de mortification
et d’amour, à celle de notre saint Magdeleine,
qui a cela par-dessus, que sa vie et sa voie ont leur approbation
authentiquée par l’Écriture sainte et
leur louange dans la bouche de la Vérité même.
Référence:
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