MON DIEU
ET
MON TOUT

© + Sr Denise Ermite

La voie d'Amour auteur P.Séverin Rubéric récollet

   Divers Avis


À ceux qui doivent faire les Exercices et aux Directeurs qui doivent les donner.
1- Comment il faut commencer les Exercices.
2- Division et distribution des Exercices.
3- Qu’il faut avoir un directeur, qu’il doit être, et qu’il s’y faut fidèlement se soumettre.
4- De la conduite du directeur selon la diversité des âme

 Divers Avis
À ceux qui doivent faire les Exercices et aux Directeurs qui doivent les donner.
1- Comment il faut commencer les Exercices.
Après que le Directeur aura expliqué et fait lire attentivement la préface à ses « exercisants « leur en ayant donné le sens et l’intelligence, et les ayant amenés è se recueillir sur les points qu’elle développe il faut qu’il fasse trois choses :

La première, qu’il leur donne une méditation d’entrées aux Exercices pour les inviter à un fervent désire de les faire solidement et entièrement. Ce désir sera basé sur trois fortes considérations :
1- se prendra dans la grande nécessité qu’a un chacun, d’entrer en soi-même, et de se réformer en la retraite spirituelle ;
2- des fruits immenses qui se tirent des Exercices quand ils sont bien faits ;
3- de l’exemple de la retraite de Notre-Seigneur qu’il faut adorer et honorer par la nôtre, et de celle de saint François et dans ses autres saints, qu’il faut imiter pour se sauver et parvenir à la sainteté. Car celle-ci ne s’acquiert que par la retraite et l’oraison mentale, moyens par les quels ils y dont eux-mêmes parvenus.

La seconde chose que doit faire le Directeur, c’est de leur faire bien expressément dresser leur intention de faire les Exercices pour plaire à Dieu, se convertir à Lui, et apprendre Sa sainte Volonté.

La troisième, c’est de leur donner la distribution du temps, avec les petites règles pour bien disposer toutes les actions qu’ils doivent faire pendant les jours des Exercices.

2- Division et distribution des Exercices.
Ces Exercices comprennent deux espèces de méditations, que nous appellerons, les unes « Méditations fondamentales », les autres « Étapes » de l’âme.

Les Étapes, au nombre de douze représente, en la sainte Magdeleine, toutes les phases de à la vie spirituelle, et tout ce que les âmes en doivent connaitre : les vérités dont il est besoin qu’elles y prennent lumière, les sentiments et affections qu’elles y doivent former, les résolutions quelles doivent prendre, et les pratiques de mortifications de vertu auxquelles il faut qu’elles s’appliquent en chacun d’elles.

Les autres premières, qui se rapportent à la vie purgative traitent de la conversion et de l’abnégation ; les quatre suivantes (vie illuminative), des vertus et de leurs degrés ; les quatre dernières (vie unitive), des approches et de la adhésion à Dieu, toutefois, à cause de la double union et adhésion, la seconde des quatre dernières est divisée en deux parties.

Les méditations fondamentales précèdent, celles des Étapes auxquelles elles servent en quelque sorte de base ; l’âme y puisera la lumière pour pénétrer convenablement les vérités qui sont les fondements et principes de la vie d’amour et d’abnégation qui lui est proposée.

Les premières méditations fondamentales sont destinées à imprimer dans l’âme les quatre premières vérités dont il se faut imprégner pour enter dans la Voie d’Amour ; une méditation accessoire expose les quatre fins dernières de l’homme, objets de la crainte de l’âme, qui est incitée de cette matière à se convertir à Dieu, les deux suivantes servent de principes et fondement à la vie des vertus, et es eu dernières à la vie d’union. Enfin, il y a en cinq qui traitent des vertus principales de Jésus et nous enseignent comment nous les devons pratiquer nous-mêmes ; elles peuvent nous servir de modèle pour méditer sur les autres vertus donc nous verrons marqués les actions du Sauveur. (1)

Références -1

3- Qu’il faut avoir un directeur, qu’il doit être, et qu’il s’y faut fidèlement se soumettre.
Celui qui se gouverne soi-même, est régi par un fol et conduit par un aveugle, dit le dévot saint Bernard. Il n’est aucun homme, si docte soit-il, si sublime en théologie, si élevé en contemplation, si prudent, si clairvoyant, si averti des choses d’autrui, qui n’ait besoin de direction de conduite. Chacun est aveugle en sa propre cause. Plus nous pensons pouvoir nos suffire à nous-mêmes et nous gouverner sans les secours d’autrui, plus ce secours nous est nécessaire, Dieu n’a jamais accoutumé d’attirer les âmes à Soi dans la vie surnaturelle, sans la conduite d’un Père et Maître spirituel, si ce n’est celles que Sa divine Majesté, après une voie tout à fait extraordinaire, pousse dans quelque vaste solitude, hors de la société des hommes. Saint Paul, ayant été si divinement et admirablement appelé de Dieu, est renvoyé à Ananie. Ayant reçu la révélation d’en haut, il s’adresse et recourt aux apôtres. C’est signe que nous sommes conduits par un mauvais esprit qui veut nous perdre, lorsque nous rejetons ou méprisons cette voie ordinaire, qui est d’avoir un Directeur.

A quoi est nécessaire le Directeur :

Premièrement, à nous faire suivre la volonté de Dieu et tous nos exercices et mouvements, tant intérieurs, qu’extérieurs, tant que nous suivons la volonté comme régente de la nôtre, nous sommes assurés de ne point faire notre volonté première et en cette abnégation de notre propre vouloir, nous sommes assurés de faire la volonté de Dieu ; dès lors, étant ainsi gouvernés par notre directeur, nous devons être certains d’être gouvernés par Dieu même.

Deuxièmement, pour nous ôter les taies des yeux, nous délivrer de notre propre jugement, nous donner lumière sur notre voie et sur l’esprit qui nous pousse.

Troisièmement, pour régler notre vie et la tempérer, nous gardant à la fois d’un trop grande rigueur et de trop de liberté et de relâchement ; pour résoudre nos doutes, apaiser nos scrupules, adoucir nos amertumes et dégouts en la vie spirituelle, nous relever de nos chutes, nous encourager en nos pusillanimités, nous fortifier en nos tentations, nous modérer en nos passions, et nous entretenir toujours dans le chemin de la mortification.

Quatrièmement, pour apprendre par son entremise que notre vie est bonne, que notre vie est agréable à Dieu, que nous marchons droit, que nos aspirations, mouvements, affections, desseins, résolutions et entreprises sont de Dieu.

Quel doit être le Directeur ?

Nos supérieurs sont de droit nos directeurs pour conduire et réagir nos âmes, desquelles ils rendront compte ; partant, si nous voulons être bons religieux, il nous faut nécessairement avoir la disposition d’ouvrir noter cœur au supérieur (quand il vaudra prendre la peine de la connaître) et de suivre sa direction intérieure quand lui-même nous voudra gouverner en la vie spirituel (1). Cette disposition n’est pas de conseil mais de nécessité pour être bon religieux et tendre à la perfection ( ce que j’entend, sans prétendre qu’on soit obligé de se confesser au supérieur, car on peut bien se manifester en toutes les autres choses sans qu’il soit absolument nécessaire de lui découvrir ses péchés). Quand le supérieur lui-même n’en veut prendre la charge, nous nous choisirons un Directeur (de même quand il est question de faire les Exercices) parmi ceux qui nous seront proposé par lui. Nous aurons soin, parmi plusieurs, de prendre celui qui fera plus d’état des choses spirituelles, qui se montrera rigoureux à nous mortifier et à nous faire vivre dans l’abnégation de nous-mêmes ; et si nous n’en rencontrons sur l’heure de semblable, du moins aurons-nous l’intention de le choisir tel, aussitôt qu’il nous sera donnée de le trouver. Quant à notre confesseur, quel qu’il soit, nous lui rendrons autant que possible tout respect, soumission et obéissance.

La confiance en notre Directeur doit être appuyée moins sur sa capacité, sa science, sa sagesse et sa vertu, que sur l’assurance que nous devons avoir que Dieu, selon l’ordre certain de Sa providence, gouverne notre âme par lui. C’est là une vérité très certaine, et c’est parce que nous ne la croyons pas ou que nous l’oublions, que nous vivons dans Directeur, ou que nous le quittons à la moindre difficulté, dédaignant ce qu’il nous dit, accusant sous peu de suffisance ou d’affection, plutôt que d’accepter comme de Dieu même ses décisions et ses conseils (à moins qu’il ne s’agisse d’une chose manifestement mauvais, imprudente ou contraire à plus grande perfection). C’est dans cette croyance, entière et perfection, qu’il faut se soumettre à son Directeur, lui manifestant tout son cœur. En cette manifestation, laquelle supposer toujours la confiance, il faut garder, par-dessus toutes choses, la sincérité et la vérité, ne disant rien d’inexact, soit par fausse humilité, soit par vaine gloire, pour lui donner bonne opinion de nous, mais lui manifestant avec toute grande simplicité tout le bien et le mal que nous voyons en nous-mêmes. Le mal se réduit à ces points : notre ignorance et nos obscurités sur les choses spirituelles ou sur les méditations qui nous sont données ; nos difficultés, de goûts, sécheresses, distractions, passions, inclinations mauvaise, habitudes dépravées, tentations. Le bien, à ceux-ci : lumière, affections, désirs de mortifications, sentiments, succès en l’oraison, mentale, résolutions, dévoltions particulières, exercices de vertu, et chose semblables. Il est bon de mettre toutes ces choses par écrit pour les lui dire, si l’on craint de s’en pouvoir souvenir.

De tout ce qui précède, il ressorte que celui qui fera les Exercices doit, s’il le peut, avoir un Directeur entendu en l’abnégation et en l’amour de Dieu, qui l’y introduise la manière qu’il faut, en familiarisant son esprit avec les vérités proposés en ces Exercices, lesquelles ne peuvent être que difficiles et obscures (quoique très claires en la lumière de la foi) à une âme qui es encore dans les ténèbres de ses vices et de son amour-propre.

Références -2
4- De la conduite du directeur selon la diversité des âmes.
De la conduite du Directeur selon la diversité des âmes.

Si au commencement l’âme ne peut avoir assez de clarté sur toutes les vérités proposées dans les méditations, il ne faut point, qu’elle s’en étonne ni se décourage, comme si ces vérités étaient trop hautes pour elle, mais qu’elle les reprenne souvent, s’exhortant et s’excitant à produire des actes de foi ; et, s’humiliant profondément, qu’elle mette souvent son esprit sous la divine lumière, qu’elle doit, continuellement demander à Dieu, afin d’entendre es divines vérités. A quoi il faut que le Directeur aide son bon escient, portant doucement le flambeau devant les âmes qui d’elles-mêmes sont obscures, encourageant, les pusillanimes et distribuant des Exercices selon les capacités et nécessités de chaque âme en particulier, comme une bonne mère qui partage la nourriture à ses enfants.

J’ai divisé chaque méditation parfois en trois, le plus souvent en quatre considérations. Celles-ci sont si abondantes en matières que chacune pourra d’ordinaire fournir à s’entretenir pendant une heure d’oraison mentale. Selon les esprits auxquels il a affaire, le Directeur appuiera d’ailleurs davantage sur l’une ou sur l’autre et choisira des considérations plus faciles et ou plus relevées. Il pourra aussi, avec des âmes trop faibles ou si le temps fait défaut, se borner aux deux premières parties, pour établir ces âmes en la criante de Dieu, l’horreur du péché, la haine de soi et l’amour de la vertu, qui sont les principaux effets qu’on doit poursuivre en ces Exercices. Enfin il doit surtout les initier à l’oraison, et leur apprendre à bien former toutes les actes intérieurs qui sont nécessaire, pour la faire avec fruit et pour progresser en la vie spirituelle.

Références -1
(1)- L’auteur donne aux méditations sur les «Étapes» le non de méditations principales, et, appelle les autres tantôt accessoires, tantôt fondamentales. Tout cela risque d’embrouiller le lecteur ; c’est pourquoi nous avons pris licence de modifier ces appellations d’une façon qui nous semble mieux sauvegarder la clarté et mieux indiquer la double progression de l’ouvrage : une série d’Étapes spirituelles, précédées chacune des méditations fondamentales qui lueur servent de base.
Références -2
(1) Ceci est à comprendre selon les nouvelles prescriptions du droit canon, qui interdisent au supérieur de s’immiscer d’eux-mêmes dans les affaires de conscience de leur inférieurs, tout en engageant d’autre part ceux-ci à leur ouvrir spontanément et filialement leur âme.
L’ordre des pages sont placées l’une derrière l'autre ;
tel que dans le livre et non pas en ordre alphabétique suivre les chiffres.

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