Vie de la Vierge Marie

Vie de Marie

Collection : Prière De L’Art
Éditeur : Desclée De Brouwer

Ce volume introduit par H.Herrmann, a paru sous le titre ‘’ Marienleben’’ aux éditions Herder, dans la collection « Bilderkereis » dirigée par H.Lutzeler

Vie De Marie

La « Vie de Marie » selon la Bible commence avec l’Annonciation de l’Ange à la virginale fiancé de Joseph. Puis elle relate beaucoup d’événements du commencement de la maternité, de Marie; ensuite, sautant plusieurs années, elle en arrière à la Mère de l’Enfant de douze ans venu au temple. De nouveau, elle se tait jusqu’aux Noces de Cana et jusqu’à cette énigmatique journée de Capharnaüm, ou les parents des Jésus, voulant soustraire le Seigneur à son activité publique, ont amené avec eux Marie qui, pourtant, ne dit rien. Sans parole, elle se tient au pied de la Croix; elle prie au milieu des Apôtres qui attendent avec foi la descente du Saint-Esprit. La « Vie de Maire » selon la foi commence avec à la naissance de l’Immaculée chez sa mère, sainte Anne, et elle reconnaît également la mort bienheureuse et le couronnement au ciel de la mère de Dieu, La CC selon l’art est la plus riche, car elle puise dans toutes les traditions, celles de l‘Écriture, celle de la foi, et celle des pieuses légendes, qui entourent les deux autres comme des plantes grimpantes.

En tête de notre petite « Vie de Marie » issue du domaine (1) de l’art, nous plaçons un fragment du célèbre tableau du Titien représentant la première montée au Temple de Marie, événement qui, en fait, ne nous est pas rapporté par la Bible. C’est un symbole éclairant du caractère qu’a revêtue dès le commencement de la vie de Marie, de son abandon total à la conduite divine. Devant la petite Marie de Titien, rayonnante et environnée de rayons, commence à luire le Fiat qui se tiendra ensuite, immense et exclusif, au-dessus de sa vie.

(2)Comme presque toues les représentations de la naissance de Marie, la scène d’une beauté majestueuse de Sainte-Marie-du-Transtévère respire une secrète intimité est le sécurité, quand on lui compare la pauvreté et l’abandon de la naissance du Sauveur. La mère, sainte Anne, est entourée de nombreuses servantes qui s’occupent d’elle et de l’enfant; elle-même, dans son repos plein de grâce et de noblesse, pressent peut-être quelque chose du secret de son enfant, vers qui viendra l’Ange porteur d’un message inouï.

Ensuite, l’Annonciation est la grande ouverture de cette vie au cours laquelle Marie deviendra « la Mère de la Foi » (3) Konrad Witz, avec qui le moyen âge a manifestement dépassé l’apogée de sa spiritualité, mais qui a trouvé un langage neuf et puissant, fait de formes précises de couleurs franchement contrastées,-- Korand Witz ne sait pas seulement donner au visage fermé de paysanne, mas ému par le message de l’Ange, de Marie une calme puissance, puissance qui vient d’en haut et qui est comme le reflet féminin de la puissance de l’ange au moment ou il s’acquitte de sa mission ; il sait aussi rendre éloquents les murs et les poutres, des dalles et les fenêtre; il fait jubiler les vêtements, dans une grande harmonie de vert, de route et de blanc, au sujet de la grâce qui vient de se manifester ici, et sur l’or mat des cheveux, il fait luire l’or surnaturelle de la prédestination.

Celle qui vient d’être ainsi comblée de grâce se hâte dans les montagnes vers sa cousin Élisabeth à qui, dans un âge avancé, vient d’être accordée la grâce miraculeuses de la conception, annoncé à Marie par l’Ange en signe de sa mission. Au moment de la charmante rencontre de deux mères, le témoignage de l’Esprit saint annonce par une salutation et un chant de louange l’incomparable félicité de Marie. C’est au cœur de cette félicité, pour (4) ainsi dire, là ou elle accomplit le passage vers la plus haute, à la plus consciente gravit, que le vieux maître catalan a pénétré, semble-t-il : Dans l’embrassement des deux femmes, dans les grands yeux de Marie, c’est un destin devins qui nous regarde.

Dans toutes les images des époques suivantes de la vie de Marie, ce n’est plus Marie qui est le centre, c’est Jésus. Sans doute est-ce à elle qu’il appartient d’abords, et d’innombrables images de Madones ont cherché à rendre l’intimité de cette Mère et de cet Enfant. Mais plus images contiennent de foi, plus Marie ‘ montre’’ son Enfant; elle devient témoin et prophétesse du salut qui, par cet Enfant, descend sur tout l’univers.

Ainsi, la tablette d’ivoire de la naissance du Christ (5) à Cologne est caractérisée par le grand geste de Marie, allongée, montre la crèche au-dessus d’elle ; Maire a une expression de très profond recueillement et de très profonde émotion, mais dans un sens presque impersonnel; elle est plus un témoignage qu’un témoin du salut. La Naissance du Christ de Hans Baldung Grien a transformé (6) en grâce la sévérité du vieil ivoire; cependant, chez lui aussi, la lumière répandue sur Marie n’est que le reflet de la lumière qui vient de l’Enfant.

D’accord avec l’Écriture, l’Adoration des Mages (7) d’Aldorfer, animée et colorée, est avant tout hommage rendu à l’Enfant, et non à la Mère, qui ne veut être que le Trône du Roi vers lequel des étrangers sont venus en pèlerinage de leurs pays lointains. Mais l’effacement Marie est si joyeusement consenti que c’est précisément en voyant plus grand qu’elle reposer sur son sein que la pureté et la grandeur de son propre être rayonnent dans tout l’éclat du mystère capté par les arceaux de pierre pleins de chuchotements, par le feuillage murmurant, par le flottement des nuages, mystère qui semble planer dans le ciel illuminé d’étoiles.

Tandis que l’art présente encore volontiers la Vierge de Bethléem dans sa délicatesse de jeune fille, il fait apparaître Marie, lors de la Présentation du Temple, dans la pleine maturité de femme, comme une mère déjà marquée par la vocation de son Fils. Ainsi la voir Roger (8) de la Pasture, tandis qu’elle accueille dans la clarté sévère et réservée la prophétie de Siméon. Le lien, unique en son genre, qui unit le destin de cette Mère et de cet Enfant dans le plan divin du salut, les détache tous deux (9) dans la peinture de Giotto, de leur entourage, et les sépare de Joseph et des autres qui tous n’appariassent qu’en fleur qualité d’accompagnateurs engagés au service de Dieu, car la Mère, qui se tient, recueillie, sur l’âne docile, et L’Enfant qui, dans un geste d’un merveilleux élan, cherche son refuge auprès d’elle, semblent enveloppés dans une protection divine toute particulière. Le Repos pendant la (10) Fuite en Égypte d’Isembrant est d’un délicieux abandon et plein d’une perfection mélodique propre aux Néerlandais à une époque ou tout paysage contemplé avec amour était encore pour eux transparent comme le vêtement changeant de celui qui a créé la terre et l’a de nouveau (11) sanctifiée par son Incarnation, La scène ou Mère de Dieu, heureuse et sereine, reposer avec son Enfant, si on la détache des circonstances de la Fuite, est à l’Origine de beaucoup d’images de Madones.

Avec Jésus retrouvé au Temple commencent dans la vie de Marie ces scènes dans lesquelles Marie est préparée par la douleur à l’heure ou elle devra se tenir au pied de la Croix sans la vaillance de sa foi. Elle devra toujours avantage croître dans cette foi qui lui est demandée et qui à ce moment annonce ses exigences. La vieille image du Code d’Egbert, si pleine d’expression, fait (12) apparaître quelque chose de la manière dont, Marie s’en remet à une foi plus forte que son trouble. Même aux noces de Cana, le Seigneur renvoie sa Mère au Père céleste qui a fixé du Fils l’heure de l’action. Ici, Marie n’est plus déconcertée ni incompréhensive comme au Temple, mais elle accompagne, ainsi que le (13) montre le rétable de Vreden par la prodigieuse union des feux figures, d’un regard confiant le geste de bénédiction de son Fils; ses mains levées n’expriment pas seulement la surprise, mais en même temps elles adorent celui qui pour la première fois manifeste sa gloire. C’est de la séparation pleine de foi d’avec son Fils que parle, jusque dans l’Étreinte elle-même, l’émouvante petite image que le Livre de la Passion de Sainte-Cunégonde consacre, dans (14) le style vibrant du haut moyen âge, à la rencontre de Marie et de l’Homme de Douleur couvert de blessures.

La force donnée par la foi à la Mère de Dieu au pied de la Croix était si grande que beaucoup d’artistes n’ont pas pris à la lettre le témoignage de l’Écriture, qui la représente se tenant debout fermement, mais ils l’ont montrée le plus souvent à l’apogée de la douleur, effondrée ou dans un bienfaisant évanouissement. Mais dans la Crucifixion de Cranach, qui frémit dOrages surnaturels, (15) nous la trouvons debout, se tordant les mains et ne laissant pas son regard se détourner de son Fils sur la Croix pour écouter les consolations de saint Jean; elle est pleine d’une douleur inépuisable, mais inébranlable dans sa foi en lui.
(16) La Marie de la Déposition de Croix de Duccio di Buoninsegna n’est pas, elle non plus, brisé; une surnaturelle suavité, une fermeté s’expriment dans le geste dont elle reçoit le corps glissant vers elle, sa main droite soutenant et caressant la tête tout à la fois. A l’opposé, la figure de Marie, qui s’effondre, mas la puissante Déposition de (17) de Croix de Roger de la Pasture nous apparaît bouleversante: avec la vie de son Fils, c’est le plus intime de sa propre vie qui semble s’échapper, et c’est presque la même pâleur de mort qui marque son visage et le corps (18) du Crucifié. Chez l’Espagnol Liuis Borrassa, l’amertume de Roger et la grâce de Duccio paraissent résumés dans la magnifique austérité de l’abandon à la douleur, et dans âpreté empreinte de grandeur espagnole. Mais le même(19) Altdorfer, dont le pinceau fit naître la magique Adoration, nous montre dans sa Mise au Tombeau une Marie si désespérée dans sa volonté de repousser toute consolation qu’en regard de cette extase douloureuse toute compassion humaine doit demeurer muette.

La tradition, d’une voix unanime, nous affirme que le Seigneur est apparu à sa Mère le matin de Pâques, afin de lui expliquer, comme aux disciples d’Emmaüs, qu’il avait dû souffrir afin d’entrer dans sa gloire. Le tableau de (20) Roger nous rappelle celui de la Présentation du Temple et de sa Prophétie de Siméon. C’est la même femme, là comme ici, mais elle est plus âgée, elle est marquée du coup d’épée qui lui a percé le cœur, son visage est sillonné de larmes; avec un effroi joyeux, elle lève mains, dans un geste d’adoration et de réserve; ce geste n’a pas la même signification que celui de Marie-Madeleine.

Marie est prête à partir de ce moment- et elle l’eût été même si cette scène n’avait pas eu lieu- à prendre rang parmi les membres pleins de foi, de la jeune Église, à ne rien demander pour elle de particulier. Cependant, dans presque touts les images de la Pentecôte, par exemple dans le Psautier d’Hermann de Thuringe, Marie au (21) milieu des Apôtres, comme eux dans l’attente et comme eux comblée, semble être leur véritable centre.

Aussi la légende et l’art ont vu volontiers sa mort bienheureuse au milieu de la troupe des Apôtres. L’image imposante et animée de Hugo van der Goes montre tous (22) les Apôtres, et chaque visage est à lui seul un univers et une histoire; mais l’univers le plus grandioses et l’histoire la plus sublime se reflètent dans le visage de Marie, qui à peine encore présente dans son corps, se soulèves son Sauveur et son Fils qui vient à sa rencontre avec le chœur des Anges; Le privilège unique lui est alors conféré d’être accueillie au ciel par son Fils, à l’instant même ou son corps transfiguré vient de s’endormir. (23) Le mystère de son Assomption se trouve contenue dans l’Ivoire de Saint-Gall avec une mesure merveilleuse, dans des allusions très délicates et d’autant plus persuasives.

La vie de Marie s’accomplit dans le couronnement au ciel. La pure musique du Couronnement de Starsbourg (24) merveilleux pendant de la Mort de Marie, d’une beauté insurpassable, de la même cathédrale, conclut par la réunion céleste de la Mère couronnée et du Fils qui la couronne, le pèlerinage, de celle dont la vie, dès ses premiers commencements, fut pur abandon et qui porte maintenant la prière (25) la couronne de la vie éternelle.

Table des reproductions

Karl Alber, Fribourg : 6.
Alinari, Florence : 2.9,16.
A. Borgas, Munster-en-Westphalie : 13
Fr. Hanfstaengl, Munich: 7-22-
Herder-Archiv: 17
Marburger Foto: 12,14,24,25.
Munich, Bayer. Staatsgemaldesammlungen: 8-10-15a.
Piper Drucke Verlags G.m.b.H,.:3,11,15b
 Schobinger & Sandherr, Saint-Gall: 23
A.Sschroll, Vienne: 4,18 ( d’après Zervos: L’Art Catalan).G. Schwarz, Berlin : 20
E.A. Seemann, Cologne: 1.
Stuttgart, Landesbibliiotheck:21
Vienne, Kunsthistorisches Museum: 19
Wolff & Tritschler, Francfort-sur-le-Main:5
1-( Frontispice) Présentation de Marie au Temple ( 1539) Ddétail Titien ( 1467-77-1576) Venise, Académie 2- Naissance de Marie. Pietro Cavallini (env. 1250-env. 1338) Rome, Sainte-Marie du Transtévère. Mosaïque de l’abside.
3- Annonciation. Konrad Witz (né env.1400-mort avant 1447). Nuremberg, Musée National Germanique. 4- Visitation de Marie, Détail d’un revêtement d’autel ( commencement XIIe siècle)Vich.Musée
5-Naissance du Christ. Ivoire( premier quart du XIIe siècle). Cologne, Musée Schnutgen
6- Naissance du Christ( 1512-1516) Détail Hans Baldung Grien (env. 1476-1545) Cathédrale de Fribourg-en-Brisgau, Maître-autel.

7- Adoration des Mages. Albrecht Altdorefer (env. 1538). Francfort-sur le-Main. Stadelsches Kunstinstitut.

8- Présentation, au Temple ( env. 1460) Détail Roger de la Pasture ( env. 1400-1464). Munich, Ancienne Pinacothèque. 

9- La Fuite en Égypte ( 1305-1307) Giotto ( env. 1266-1337) Padoue, Église de l’Arena.

10- Repos pendant de la Fuite en Égypte. Adrien Isenbrant ( mort en 1551) Munich, Ancienne Pinacothèque.

11- Marie et l’Enfant, Hans Memling (env., 1433-1494) Berlin, Musée

12- Jésus au Temple, Egbert-Codex ( env. 980) Trèves Bibliothèque Municipale 

13- Les Noces de Cana. Détail. Rétable de Vreden, travail anversois d’un maître inconnu ( deuxième quart du XVI siècle). Vreden en L' Église

14. Marie embrasse l’Homme de Douleur, Passion de Sainte- Cunégonde (1312-1314). Prague. Bibliothèque de l’Université. 

15- Marie au pied de la Croix. Crucifixion ( 1503); ensemble et détail Lucas Cranach le Vieux ( 1472-1553) Munich, Ancienne Pinacothèque.

16- Marie pendant la Déposition de Croix. Détail de la Maesta ( 1308-1311) Duccio di Buoninsegna ( env.1255-1319). Sienne, Musée de la Cathédrale. 
17- Déploration de Marie. Détail de la Déposition de Croix( env. 1435-1440) . Roger de la Pasture ( env. 1400-1464). Madrid, Musée du Prado.
18- Marie pendant la Déportation. Détail de l’autel de la mIsse au Tombeau ( 1410). LIuis Borrassa ( né env. 1366). Manrèse. Église principale. 
19- Mise au Tombeau ( 1518) Détail de la prédelle de l’autel de St, Florian, Albrecht Altdorfer ( env. 1480-1538). Vienne, Musée d’Histoire de l’Art
20- Le Ressuscité apparaît à sa Mère, Aile d’un autel de la Vierge, Atelier de Roger de la Pasture ( env.1400-1464). Berlin. Musée 
21- La Pentecôte. Miniature du Psautier du Landgrave Hermann de Thuringe
( commencement XIII siècle). Stuttgart, Bibliothèque
22- Mort de Marie ( env. 1480-1482) Hugo van der Goes ( env.1440-1482). Bruges, Musée Communal.
23- Assomption de Marie. Détail d’un ivoire de la reliure du manuscrit de Tutilo ( IX-X siècles). Saint-Gall, Stiftsbibliiothek
24- Couronnement de Marie. Détail ( env.1230). Cathédrale de Strasbourg. Panneau du portail méridional du transept.
25- Marie couronnée. Détail du Maître-autel de Sankt Wolfgang ( achevé en ( 1481). Michael Pacher ( env. 1435-1498).
Regardez le travail des mains crispées devant la douleur de ne pouvoir rien faire pour soulager Jésus, la compension de Jean face à Jésus et de Marie donc il va la prendre avec lui pour le reste de sa vie.

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