| L’eucharistie
et les Franciscains.
8
ans porter préjudice à aucun saint ni à aucun
Ordre religieux l’histoire nous permet d’affirmer
que le Poverello et son innombrable postérité se
sont distingués par une piété profonde envers
la sainte Eucharistie, chef d’œuvre de l’ Homme
-Dieu, source de grâce, joie suprême de nos âmes.
Entre
une multitude de faits qui illustrent cette page d’histoire,
rapportons-en quelques-uns (1)
Partie 1
Tous
connaissent la vénération dont le Séraphique
Père entourait le Tabernacle et la foi amoureuse qu’il
professait pour Jésus Hostie. Si François d’Assise
ne voulut pas être prêtre et préféra
demeurer diacre, c’est que, dans sa profonde humilité,
il se croyait indigne d’une si sublime fonction, d’une
dignité toute céleste. Le même motif lui faisait
vénérer les prêtres de la terre plus que les
anges du ciel. Il ne voulait pas considérer le péché
chez les prêtres indignes qu’il pouvait rencontrer
‘’ car , disait-il, ce sont eux qui nous administres
l’esprit et la vie.’’
Saint
François, nous apprennent les biographes, allait même
jusqu’à considérer comme un grand mépris
du Sacrement de ne pas entendre la messe chaque matin quand il
pouvait le faire facilement. Il communiait souvent et avec tant
de dévotion que les assistants en étaient profondément
édifiés. Il s’enflammait d’une ardeur
toute séraphique lorsqu’il pensait à ce Divin
Mystère et méditait l’ineffable charité
de l’Agneau Immaculé sans cesse immolé pour
nous. François si pauvre aurait voulu envoyer ses frères
par le monde distribuer des calices et des ciboires précieux
en tous les lieux ou le prix de notre Rédemption ‘’était
pas conservé avec assez de respect. Il s’employait
lui-même à balayer, à nettoyer et à
orner les églises; avec joie et dévotion il préparait
de ses mains les hosties pour les églises nécessiteuses.
Saint
François fut même un théologien de l’Eucharistie.
Nous trouvons dans ses opuscules des lettres écrites à
la louange du divin sacrement adressées l’une aux
clercs et l’autres aux peuples afin d’exciter pasteurs
et fidèles à une foi plus vive et à une piété
plus ardente. Dans son testament, l’amoureux Poverello rappelle
la salutation qu’il avait coutume d’adresser même
de loin , avec ses frères, au céleste Prisonnier
de nos tabernacles.Références-02
II
Avec
la même ardeur, l’amour eucharistique du Séraphique
Père survécut dans ses fils. On lit dans Wadding,
à l’année 1222, un fait intéressant.
Deux frères Convers, racontent les annales, se préparaient,
dans la matinée d’un jeudi saint, à recevoir
la sainte communion, quand le supérieur du couvent leur
demande d’aller à la quête, à leur retour,
l’office avait pris fin et les religieux était au
réfectoire. Affligés de ne pouvoir recevoir la communion
en ce jour mémorable, les frères quêteurs
s’en vont à la petite chapelle confier leur douleur
à Jésus. Mais voilà que s’ouvre la
porte du tabernacle et un jeune homme d’une ravissante beauté
en sort pour nourrir du pain des anges les bons religieux.
Qui
ne connaît au moins un trait de l’amour divin dont
brûlait le cœur d’ Antoine de Padoue pour l’auguste
sacrement? Qui n’a lu le récit des fameuses disputes
théologique qu’il soutint contre les hérétiques
et les juifs ces agresseurs sacrilèges de la présence
réelle du Christ dans l’Eucharistie, durant les années
de son fécond apostolat? N’est-ce pas ce thaumaturge
qui opéra, à Rimini , le célèbre miracle
de la mule affamé par un long jeûne et oublieuse
de l’appât pour adorer le Pain consacré?
Mais
ils ne furent pas moins dévots envers l’Eucharistie,
ces serviteurs de Dieu que sont, le docteur séraphique,
saint Bonaventure, qui avec une flamme céleste écrivit
ou mieux chanta , dans ses nombreux écrits, les gloires
de Jésus –Hostie; les bienheureux Jean de l’Averne
et Conrad d’ Offida. Celui-là était si souvent
ravie en extase quand il célébrait la messe, qu’un
jour il mérita de voir, sous la forme d’étincelles
enflammées, un grand nombre d’âmes du purgatoire
monter joyeusement vers le ciel. Le bienheureux Conrad d’Offida,
hésitant à s’approcher de la table sainte,
vit Notre Seigneur debout sur l’autel l’appeler à
Lui. En fin le bienheureux Jean Duns Scot, qui s’acquit
une gloire immortelle dans le défense du privilège
de l‘Immaculée Conception de Marie, ne fut pas moins
admirable dans ses expositions du mystère de l’Eucharistie
et dans sa victorieuse réfutation des objections proposées
contre ce Sacrement pour les plus hardis rationalistes anciens
et modernes.
L’histoire
nous montre à une époque ultérieur les radieuses
figures du bienheureux Jacques de Strepa, instituteur, en Pologne,
de l’adoration perpétuelle; du bienheureux Mathieu
d’Agrigente, prédicateur fameux et évêque
irréprochable, ce dernier s’enflammait du feu des
chérubins quand il parlait du sacrement de l’Eucharistie.
Après sa mort, il se leva dans son cercueil pour adorer,
une dernière fois, le pain des Anges, comme son frère
d’Espagne saint Pascal Baylon; du bienheureux Bienvenue
de Gubbio qui mérita de contempler le Divin Enfant sous
les espèces eucharistiques du bienheureux François
de Fabriano qui, plus d’une fois, à la fin de la
messe de Requiem, entendit les anges et les âmes délivrées
du purgatoire par ses prières, répondre Amen ; enfin
du bienheureux Pierre de Molliano qui, sur le point de mourir,
voulut être transporté à l’église
ou il reçut, auprès du tabernacle, le viatique de
la vie éternelle, Mais voici les saints réformateur
de l’Ordre Franciscain, Bernardin de Sienne, Jean de Capistran
et Jacques de la Marche. Apôtre de l’Observance en
Italie, ils entraînent les foules dans les voies du bien
et les maîtrisent e n leur parlant des prodiges de l’Eucharistie
si étroite met unis à la douceur, à la puissance
et à la gloire du nom de Jésus. Les bienheureux
Bernardin de Feltre, Albert de Sartiano et Chérubin de
Spolète fondent diverses oeuvres pieuses afin de propager
et d’intensifier le culte de Jésus-Hostie.
Qui
ne connaît ce miracles vivant que fut saint Laurent de Brindes
? sans les douceurs de l’Extase, il lui fallait six, neuf
et même dix heures pour célébrer le saint
sacrifice car ses yeux devenaient deux fontaines de larmes. Souvent
à la consécration, l’enfant Jésus lui
apparaissait resplendissant de gloire.
Aux
XVII et XVIII siècles , avec les bienheureux Charles de
Sèze, Diego de Cadix et Bonaventure de Barcelone, nous
voyons apparaître saint Léonard de Port Maurice,
l’apôtre de la dévotion au Chemin de la croix,
à la sainte Vierge et à la sainte messe, Il parlait
de Jésus au très saint Sacrement avec tant d’onction
que ses auditeurs éteint contraints de verser des larmes
abondantes.
Il
est un prodige bien connu dont le bienheureux Charles de Sèze
est le bénéficiaire. Un jour qu’il assistait
à la sainte messe dans une église de Rome, un rayon
lumineux s’échappa de l’hostie consacrée
et lui transperça le cœur.
Le
bienheureux Diégo répétait souvent qu’
il ne serait en paix qu’ au jour ou l’univers serait
dévoué au saint Sacrement de l’autel. Ce trait
suffit pour nous montre sonardente dévotion envers l’auguste
mystère.Le miracle suivant fut opéré en faveur
du bienheureux Bonaventure. Alors qu’il n’avait pas
la force de s’approcher de la sainte communion, tant il
se croyait indigne, une hostie s’échappa des mains
du prêtre et vint se poser sur les lèvres de l’humble
serviteur de Dieu.
Nous pourrions encore citer la dévotion eucharistique des
bienheureux Saintes de Montefabrone, Sébastien de l’Apparition,
Egide-Marie de Naples, André Hibernon, et des saints Pacifique
de Saint-Severino, Jean-Joseph de la Croix et Joseph de Cupertino
qui tous ont connu les extases en recevant la Communion, en célébrant
le saint sacrifice de la messe ou en y assistant.
Nous
pourrions rappeler quelques –uns des Apologistes Franciscains
qui, dans tous les siècles et sous tous les cieux, ont
écrit des opuscules et des volumes pour défendre
ou glorifier l’Eucharistie et dont les noms et les oeuvres
ont été réunis dans l’ouvrage du P.
Mariotti o.f.m.
Nous
pourrions parler de nos martyrs qui à Gorcum, en Hollande,
furent victimes de la barbarie des Calvinistes ou qui, en en Angleterre,
au temps de Henri VIII, préférèrent comme
le bienheureux Jean Forest, être brûlés vifs
plutôt que de renier leur croyance à la présence
réelle de Jésus dans l’Eucharistie.Qu’il
me soit cependant permis de présenter quelques-unes des
plus belles figures, auréolées des splendeurs eucharistique,
que renferment le deuxième et le troisième Ordresfranciscains.
III
Au
premier rang, brille cette Vierge d’Assise, aînée
de la famille spirituelle du Poverello et mystique petite plante
de son grand cœur : Claire Scifi, Comme son Père Séraphique,
Claire reconnaissait dans l’Eucharistie le résumé
de tous les mystères de la vie du Christ et le centre de
son amour; dans cette conviction, elle préférait
méditer devant le tabernacle qu’elle ne quittait
jamais sans avoir le cœur embrasé. Par des exhortations,
des prières et des larmes, elle s’efforçait
de communiquer à ses sœurs la flamme de son amour
pour l’Époux des âmes virginales.
Malade
et contrainte à demeurer immobile sur un lit de douleur,
elle trouvait des forces pour filer du lin et confectionner des
corporaux, des bourses et d’autres objets nécessaires
au service des autels.
Un
épisode de la vie de la Sainte, recueilli par l’histoire
et immortalisé par l’art, est demeuré célèbre
: C’est la fuite des Sarrasins., il se précipitèrent
au bas des murs deSaint-Damien à la vue de l’Hostie
sainte contenue dans un riche ostensoir que soutenant les mains
pure de la Vierge du Seigneur.Dans la suite des âges, nous
trouvons sainte te Colette de Corbie dont la vie amoureuse n’est
qu’une extase eucharistique; sainte Catherine de Bologne
qui aimait passer des nuits entières en adoration devant
le Tabernacle; les bienheureuses Jeanne de la Croix ( espagnol)
et Eustochium de Messine, éprises d’un amour extraordinaire
pour Jésus-Hostie.
Plus
tard, sainte Véronique Juliani et la bienheureuse Madeleine
Martinengo nous laissèrent dans leurs écrits, des
souvenirs impérissables de leur piété eucharistique.
La bienheureuse Crescence Hoss mérita souvent d’être
communiée par les anges. Et la vénérable
Marie Isabelle Gherzi demeure célèbre par ses oraisons
jaculatoires qu’elle avait coutume de lancer du Divin Prisonnier
comme autant de traits d’amour :
‘’
O mon riche Trésor,
O mon doux Soutien’
O mon vrai Consolateur,O mon doux Tourment,
Ma vie, mon Roi ‘’ !
IV
Parmi
les fils du Tiers Ordre de saint François, mentionnons
au moins les patrons des Tertiaires. Saint Louis, roi de France,
entendait chaque matin la sainte Messe dans une prière
extatique et s’ agenouillait humblement au pied de l’autel
chaque fois qu’il avait la joie et l’honneur de recevoir
le Roi des Rois. Sainte Élisabeth de Hongrie trouva dans
le Pain Eucharistique, le secret d’une force merveilleuse,
Elle devint un modèle de résignation chrétienne,
au milieu des plus grands mécomptes et des plus profondes
humiliations.
Rappelons
le souvenir de la petite Rose de Viterbe qui fut, parmi ses concitoyens,
l’apôtre des plus nobles idées religieuses
et patriotiques. Elle réussit, en se nourrissant chaque
jour de la Chair et du Sang du Christ, à se maintenir pure
et angélique au milieu de la corruption et à délivrer
sa patrie d’un joug tyrannique.
Les
saintes Véridiane et Zita de Lucca et la bienheureuse Jeanne
de Signa, pauvres et humbles servantes, atteignirent les plus
hauts sommets de la perfection en se confiantentièrement
au Dieu de nos tabernacles
Sainte
Marguerite de Cortone puisa dans la communion fréquente,
l’énergie nécessaire à sa transformation
et à son ascension continuelle dans les voies de ’expiation
et du sacrifice. Cette pieuse pratique imprima la sublime Pénitente,
surnommée la Madeleine de l’Ordre Franciscain, le
caractère de sa sanctification.
Nous
pouvons en dire autant de la bienheureuse Angèle de Foligno
qui méditait ordinairement la Passion de Jésus au
pied du tabernacle. Éclairée prodigieusement dans
ses extases, elle a rédigé un petit traité’
‘’ Unions et consolations reçues dans le très
saint Sacrement de l’autel’’, Véritable
poème ou elle chante les joies intime goûtées
dans ses méditations eucharistiques.
Que
d’autres fleurs encore nous pourrons cueillir dans le jardin
franciscain! Lys de pureté, violettes d’humilité,
roses aux parfums d’amour, germèrent à la
fois sous la lumières et la chaleur du Divin Soleil de
nos tabernacles! Le merveilleux arôme de leur vertus embauma
les peuples de tous les âges. Tels apparaissent la bienheureuse
Delphine avec son virginal époux saint Elzéar, les
saintes Jeanne d’Arc, Angèle de Merci, Marie-Françoise,
Brigitte, François-Romaine, saints Joseph Labre et Jean-Marie
Vianney, le bienheureuse Benoît Cottolengo et le vénérable
Don Bosco. Ce sont autant de figures célestes qui nous
sont chères et dont la vie eucharistique mériterait
d’êtrelonguement racontée.
Mais
le plan de cet ouvrage ne me le permet pas, non plus que le désir
impatient de présenter aux lecteurs la physionomie de l’humble
franciscain qui mérita, aprèsavoir été
le plus fidèle représentant de l’esprit eucharistique
dans l’Ordre de saint François d’être
proclamé patron spécial de toutes les Œuvres
Eucharistiques
CHAPITRE
II
Le
prédestiné de l’Eucharistie
1
C’est
ainsi que je salut le gracieux enfant né à Torre
Hermosa, en Espagne, le 16 mai 1540, jour de la Pâque de
la Pentecôte, comme on dit dans le pays(1)
Cette
coïncidence inspira ses pieux parents, Martin Baylon et Isabelle
Jubero, de lui donner au baptême le nom de Pascal, la vie
de l’enfant devait réaliser cet heureux présage
en étant une pâques continuelle avec le Seigneur.
Bientôt
il révéla les dons précieux dont l’Esprit-
Saint avait comblé son âme, Son amour précoce
pour Jésus-Hostie surtout se manifesta de très bonne
heure.Un jour Donna Isabelle emmena l’enfant à l’Église.
Il était si jeune qu’ il ne pouvait pas marcher seul.
Qui expliqua à cet angelet la présence Jésus
dans le tabernacle? Nul ne saurait le dire. Mais en regardant
fixement la porte du tabernacle, le petit Pascal manifestait sa
satisfaction dans un sourire angélique et de lui-même,
il faisait lesigne de la croix.
Depuis
ce moment, l’enfant se sentit attiré par une force
mystérieuse vers la maison de Dieu. Désormais il
en avait appris le chemin et peu de temps après se traînant
plus que marchant, il retourna à l’église.
Sa mère inquiète de son absence, le rechercha partout.
Elle le trouva enfin à l’église sur le degrés
de l’autel prosterné dans une adoration extatique.
Que de fois cette scène se répéta! Ni caresse,
ni menace, ni promesse ne pouvaient empêcher le petit Pascal
d’aller tenir compagnie au Prisonnier d’amour . Mais
quand il eut l’âge de raison, il comprit que le devoir
d’un bon enfant est d’être soumis à ses
parentes. ‘’ Plein de respect pour son père
et sa mère, disent ses biographes, il ne leur désobéit
plus.’’
A
sept ans, on lui confia la garde du troupeau. Voyons-le s’adonner
à son office avec le sérieux d’un homme et
veiller avec sollicitude sur les brefs confiées à
sa vigilance. Au milieu de sa vie de berge, dans sa solitude des
champs, il se livrait avec amour à la piété
et se consacrait volontiers à la prière et à
la méditation. Une seule chose lui faisaitde la peine :
c’ était de ne pouvoir visiter souvent Jésus-Hostie,
L’église était trop éloignée.
Pour
se consoler, il conduisait paître son troupeau auprès
d’une petit chapelle de la Vierge. Quand il fut contraint
de s’en en éloigner pour chercher des pâturagesplus
abondants, il grava l’image de la Madonne sur sa houlette
et la surmonta d’une croix. Ce sera l’autel devant
lequel le candide berger s’agenouillera pour réciter
ses fervents prières.
C’est
ainsi que se développaient les germes des plus belles vertus
déposés en son âme avec la grâce du
baptême. S’il ne pouvait satisfaire son désir
de fréquenter assidûment la Table Eucharistique et
de visiter chaque jour Jésus dans son tabernacle, sa piété
y suppléait. La pureté, l’humilité,
la charité, la foi, la justice, le courage et l’amour
de la pauvreté, du renoncement et du sacrifice jetaient
en même temps de profondes racines dans son âme. Le
désir de la solitude, l’aspiration vers la cloître
franciscain croissaient de jour en jour et mûrissaient dans
son cœur. Références-03
II
A
un âge bien jeune, saint Pascal peut observer de près
l’habit des Franciscains, il comptait parmi ses cousins,
un enfant du nom de François. Des l’âge de
sept ans, ses parents selon une pieuse coutume de la catholique
Espagne l’habillèrent en franciscain afin de lui
assurer la protection de son séraphique Patron, le jeun
François tomba malade et son cousin vint lui rendre visite.
Pascal fut vite attiré vers la bure inoccupée qu’il
revêtit avec bonheur. Mais au moment du départ, quand
il fallut abandonner l’habit, Pascal s’y refusa, Il
voulait devenir franciscain cet habit lui appartenant, disait-il.
On
le supplia Il continua de défendre ses droits à
la bure des Fils de saint François. On le menaça,
mais en vain. Ce ne fut que sur le commandement exprès
de sa mère qu’il consentit à se dépouiller
des livrées de la pauvreté. Il ne les rendit pas
sans les baigner de ses pleurs, ni sans manifester son attachement
pour ce saint habit.
Au
autre jours, Pascal vit un Franciscain cheminer pieds nus. Aussitôt
il veut l’imiter et parcourt une longue distance sans aucune
protection pour ses pieds.
III
Quelques
années plus tard, Martin Gracia, chef des bergers, très
riche et sans enfants, qui avait remarqué la vertu du pieux
jeune homme, lui proposa de l’adopter comme fils et de le
constituer héritier des ses bines. Mais Pascal l’en
remercia, déclarant qu’il avant résolut d’abandonner
le monde et e se consacrer à Dieu en épousant Dame
Pauvreté à l’imitation de Saint François.
Le
jeune homme parlait souvent de sa vocation franciscaine à
son ami de cœur, Jean Apparizio, Il lui demandait de prier
Dieu afin qu’Il daignât lui manifester sa sainte volonté.
La
prière des pieux jeunes gens fut bientôt exaucée,
un matin Pascal priait, selon son habitude, devant le tabernacle,
Saint François et sainte Claire lui apparurent et l’exhortèrent
à ne pas abandonner ses desseins et à marcher courageusement
sur leurs traces. ‘’ Ils révélèrent
en même temps qu jeune homme, dit la chronique, des choses
qu’il ne voulait jamais confier à personne et lui
annoncèrent la visite prochaine d’autres Franciscaine,
ce qui arriva. ‘’ Nous savons que les deux Saints
de l’Eucharistie ne quittèrent pas le jeune sans
l’avoir raffermi dans sa piété envers le saint
Sacrement et sans avoir enflammé son cœur d’une
plus grand amour pour Jésus-Hostie. La tradition veut même
qu’ils l’aient revêtu des livrés séraphiques
que son ami Apparizio découvrit un jour sous son manteau.
A
l’heure marquée par la Providence, Pascal dit adieu
à ses parents et à ses amis, renonça à
l’héritage familial, s’éloigna de son
village et s’en alla vers le royaume de Valence ou il entra
chez les Franciscains de la Province Saint-Jean-Baptiste, encore
parfumée des vertus de saint Pierre d’Alcantara.
Arrivé à la porte du Couvent de Monteforte, l’humble
jeune homme n’eu pas le courage de demander son admission
aux religieux car il se croyant trop indigne pour être reçu
dans leur Ordre. Il résolut de se mieux préparer
à la vie religieuse en devant de nouveau berger. Il exerça
son modeste emploi aux environ d’un ermitage et d’un
sanctuaire dédié à la Vierge de Lorette et
sous la dépendance des Franciscains.
Durant
ces quatre années de probandat volontaire, alors qu’il
fut probablement membre du Tiers Ordre , sa vie est admirable,
Il était le modèle de ses compagnons et faisait
l’édification des Religieux.
Pour
tempérer le feu divin dont se consumait son âme,
Pascal allait souvent au couvent de Loreto. Là il se confessait,
communiait et s’entretenait fraternellement avec les fils
du Poverello, ceux-ci prièrent à aimer le jeune
homme comme un frère tandis Pascal avait une profonde vénération
pour les Religieux.
C’était
surtout quand il pouvait assister à la sainte messe et
recevoir la communion, nous disent les biographes, que le pieux
jeune homme répandait son pâme dans d’amoureux
colloques avec Jésus-Hostie.
Son
nouveau maître connut vite l’attrait u jeune berger
pour la prière et son besoin de fréquenter le Dieu
des tabernacles. Il lui permit alors d’assister à
la messe non seulement le dimanche mais tous les jours de la sainte.
Quelle ne fut pas la joie de Pascal! Il demeurait prosterné
dans une contemplation extatique devant le tabernacle, suivait
avec une émotion profonde le drame du saint Sacrifice et,
avec un ineffable sentiment d’adoration, de foie et d’amour
communiait au Corps du Christ et à son Sang très
précieux, Seule la pensée du devoir pouvait l’arracher
à ses ravissements et l’éloigner de la petite
porte dorée qui cachait son Trésor.
Si Pascal était obligé de s’éloigner
du saint sacrement, Jésus –Hostie ne quittait pas
le jeune homme t et opérait d’étonnants prodiges
pur consoler cette âme de la vision de la présence
réelle.
Les
biographes sont unanimes à affirmer que plus le jeune homme
avançait en âge, plus aussi croissait son amour pour
l’Eucharistie. Cet amour de Jésus-Hostie sera le
cachet particulier de sa piété. Quand dans le lointain
il entendant la cloche appeler les fidèles à la
sainte Messe, s’il lui fallait garder son troupeau dans
la campagne, il s’unissait d’esprit au divin sacrifice
et l’élévation se prosternait en adoration.
Désolé de ne pouvoir, à la communion du prêtre,
s’approcher du banquet eucharistique comme les âmes
plus fortunées, il appelait son Seigneur avec ferveur,
le suppliait de venir dans son cœur, de se montrer à
son regard amoureux pour réjouir sa solitude, rassasier
sa faim et sa soif et réconforter son âme.
Un
jour ou Pascal, agenouillé dans la poussière, tenait
son regard élevé vers le ciel, il vit dans les airs
un chœur d’anges porter le saint Sacrement dans un
ostensoir d’or, il ne pouvait croire, dans son humilité;
qu’un tel prodige était opéré pour
lui seul, il invitait s les autres bergers à adorer la
sainte hostie; mais ses compagnons ne voyaient rien de la céleste
apparition. Ils n’apercevaient que la splendeur angélique
émanant de la compagnie divine de Pascal en adoration devant
le Saint des Saints.
L’art chrétien a popularisé ce grand prodige
et l’Église le chante dans sa liturgie. Si l’on
en croit une pieuse tradition, ce ne fut pas l’unique fois
ou le saint Sacrement daigna visiter le pieux berger.
Souvent,
aimons-nous à croire, Notre-Dame de lorette qui aimait
l’humble Saint dont elle était tant aimée,
N’envoya-t-elle pas ses anges lui porter la pain consacré
conversé avec un amour séraphique à l’ombre
du tabernacle chez les Franciscains du couvent voisin!
C’est
ainsi que l’Auteur de toute grâce régnait triomphalement
chez l’amant prédestiné de l‘Eucharistie.
En comblant son âme des bénédictions célestes,
le Divin Maître la préparait avec une prodigieuse
richesse à de grandes faveurs, aux noces mystiques de l’Agneau
Immaculé, dans la religion e l’humble Saint que l’Immortel
Dante qualifié de tout séraphin en ardeur. |