SAINT PASCAL BAYLON LE SAINT DE L' EUCHARISTIE

Saint Pascal Baylon franciscain le saint de l'Eucharistie 1

Collection ‘, Pax et Bonum’’ Section Hagiographique.

SAINT PASCAL BAYLON FRANCISCAIN Le Saint de l’Eucharistie

Traduit de l’italien par le P. Barthélemy Héroux o.f.m.

Librairie Saint François Montréal , Canada 1928

Avec l’autorisation Père René Bacon o.f.m. Pour Mme Denise Christiaenssens o.f.s.erm.

Pour son site franciscain http://MonDieuEtMonTout.com Au service de ses frères et sœurs franciscaines dans le monde. 28-01-2000

· Table des matières

· Lettre apostolique ‘’ Providentissimus Deus’’.
· Aux lecteurs
· Préface

· Chapitre 1 :

· L’EUCHARISTIE ET LES FRANCISCAINS.

· Saint François
· Premier Ordre Franciscain :

Saint Antoine de Padoue, saint Bonaventure; les bienheureux Conrad d’Offida et Jean Duns Scot; Jacques de Strepa, Mathieu d’Agrigente; Bienvenu de Bubbio, François de Fabriano et Pierre de Moliano; saints Bernardin de Sienne; Jacques de la Marche et Jean de Capuistran; les bienheureux Bernardin de Feltre, Albert de Sarteano et Chérubin de Spolète; le P. Joseph de Ferno; saint Laurent de Brindes; saint Léonard de Port Maurice; les bienheureux Charles de Sèze, Diégo de Cadix et Bonaventure de Barcelone; saints et bienheureux ; apologistes et martyrs.

· Deuxième Ordre Franciscain :

· Sainte Claire; Sainte Colette de Corbie et Catherine de Bologne ; les bienheureuses Jeanne de la Croix et Eustochium de Messine; sainte Véronique Juliani; les bienheureuses Madeleine Martinengo et Crescence Hoss; la vénérable Isabelle Gherzi

· Troisième Ordre Franciscain :

· Saint Louis et sainte Élisabeth; saintes Roses de Viterbe, Viridiane et Zita; la bienheureuse Jeanne de Signa; sainte Marguerite de Cortone; la bienheureuse Angèle de Foligno

· Chapitre II

· LE PRÉDESTINE DE L’EUCHARISTIE.

· Naissance et enfance de saint Pascal Baylon
2- Traits de jeunesse
3- Appels de la vocation franciscaine et années d’attente. Amour de l’Eucharistie; apparition d’un ostensoir porté par les anges.

· Chapitre III

· LE SERAPHIN DE L’EUCHARISTIE

· Entrée chez les Franciscains de Loreto et premières années.
· Piété extraordinaire envers l’Eucharistie
3- Saint Pascal en voyage
4- Sa vertu éprouvée; sa ferveur eucharistie; son humilité
5- Amant de Jésus et de Marie
6- L’ami des pauvres; un trait de sa libéralité;il soulage les corps et les âmes.

· Chapitre IV

· L’APÔTRE DE L’EUCHARISTIE

· 1-Son zèle à répandre le culte eucharistique
· 2-Un trait de sa ferveur apostolique
· 3-Son voyage en France; départ; difficultés de la route
4- Attaques et persécutions des hérétiques
5-Retour et apostolat en Espagne

Léon XIII, Pape

Pour perpétuelle mémoire.


Le Dieu de toute providence, en organisant le monde d’une main forte et douce à la fois, a entouré l’Église d’une sollicitude toutes spéciale. Aux heures les plus critiques, Il tire pour elle, de la difficulté même du temps, des consolations inespérées, car fait maintes fois contesté, peut être remarqué plus nettement que jamais dans les circonstances que traversent actuellement la religion et la société. Alors, en effet, que les ennemis de l’ordre commun, se ce montrant de jour en jour plus audacieux, s’efforcent, par des attaques quotidiennes, s’efforcent, par des attaques très vigoureuses, d’anéantir la foi chrétienne et de bouleverser la société toute entière, la bonté divine se plaît à opposer comme une digne puissante à ces flots soulevés, d’admirables manifestation de piété.

Cela est clairement prouvé par l’ extension qu’à prise la dévotion au Sacré Cœur de Jésus; par l’ardeur avec laquelle, dans tout l’univers, on travaille à promouvoir le culte de Marie; par les honneurs dont est l’objet l’illustre Époux de la Mère de Dieu; par les réunions diverses organisées par les catholiques pour défendre leur foi; enfin, par un grand nombre d’institutions que l’on fonde ou auxquelles on donne un nouvel essor et qui tendent à la gloire de Dieu ou à l’accroissement de la charité mutuelle des chrétiens.

Bien que toutes ces manifestations procurent à notre cœur une joie bine douce, Nous pensons que la grâce la plus signalée qui nous a été accordée par Dieu, c’est le progrès de la dévotion envers le Sacrement de l’Eucharistie permis les fidèles, à la suite des célèbres Congrès tenus à cette fin dans ces derniers temps. Ainsi que nous l’avons déclaré ailleurs, pour animer les catholiques à professer vaillamment leur foi et à pratique les vertus qui conviennent aux chrétiens, aucun moyen n’est plus efficace que de nourrir et d’augmenter la piété des peuples envers ce gage ineffable d’amour, lien de la paix et de l’unité.

Comme le sujet est très important et Nous teint fort à cœur, après avoir souvent loué les Congrès et les Associations eucharistiques, mû par l’espoir de les voir produire des fruits plus abondants, Nous jugeons maintenant utile de leur assigner un Patron Céleste , choisi entre les saints qui on été embrasés d’un plus ardent amour envers le très Saint Sacrement de l’Eucharistie.

Or, parmi les saints dont la piété à l’égard de ce sublime mystère a paru se manifester avec une ferveur plus ardente, PASCAL BALYON tient le premier rang. Doué d’un goût très profond pour les choses célestes après avoir saintement passé sa jeunesse à la garde de son troupeau, il embrassa une vie plus sévère dans l’Ordre des Frères Mineurs de la stricte observance, et par la contemplation habituelle de l’auguste mystères, il parvint à une connaissance plus parfaite de ce Sacrement d’amour. Cet homme, dépourvu de notions et d’aptitudes littéraires, devint capable de donner des réponses sur les dogmes les plus difficiles et d’écrie même des livres de piété. Il professa ouvertement en face des hérétiques la vérité de l’Eucharistie, ce qui lui attira des graves persécutions, émule du martyr Tharcisius, il fut menacé plusieurs fois de la mort. Enfin, l’affectueuse ardeurs de sa piété parut se prolonger au delà de sa vie mortelle. On dit, en effet, que, pendant son service funèbre, étendue dans son cercueil, Pascal ouvrit deux fois les yeux, au moment des deux élévations.

Nous croyons que les Associations catholiques dont Nous parlions ne sauraient être confiées à un meilleur patronage. C’est pourquoi, de même que Nous recommandons la jeunesse studieuse à saint Thomas d’ Aquin, les associations charitables à saint Vincent de Paul, les malades et ceux qui s’occupent de les soulager à saint Camille de Lellis et à saint Jean de Dieu; de même, espérant que Notre décision favorisa l’intérêt et le bien de la chrétienté, Nous déclarons et nous constituons, de notre autorité suprême, et en vertu des présentes lettres, SAINT PASCAL BAYLON PATRON SPÉCIAL des congrès et de toues les associations qui ont pour objet la divine Eucharistie, tant que celles qui ont tété constituées jusqu ‘à ce jour et de celles qui le seront dan l’avenir,

Mous formons des vœux pleins d’espoir pour que les exemples et le patronage de ce grand Saint aient pour fruit l’augmentation du nombre de ceux qui, parmi les fidèles, consacrent chaque jour leur zèle, leurs projets, leur amour, au Christ Sauveur.

Donné à Rome, auprès de Saint- Pierre, sous l’anneau du Pêcheur, le vingt-huit novembre mil huit cent, quatre-vingt-dix-sept, la vingtième années de Notre Pontificat.Léon XIII, PAPE

Aux Lecteurs de l’édition Franciscaine

Dans la lettre du 28 mai 1928, le R.P. Victorin Facchinetti autorisait la ‘’ Collection Pax et Bonum’’ à traduire en français et à publier son petit ouvrage sur saint Pascal.

Cette traduction préparée avec soin par le R.P.Barthélemy est présentée à nos lecteurs,

Après de la apostolique Léon XIII, déclarant saint Pascal, Patron des Congrès Eucharistiques, et une préface de l’ Auteur, suit une étude historique de ‘’ L’ Eucharistie et saint François’.

Nos Tertiaires verront avec plaisir, passer sous leurs regards, les saints des trois Ordres Franciscains dévoués au Très Saint Sacrement.

Ils liront avec intérêt la vie du ‘’ Prédestiné de l’Eucharistie’’, l’existence dans le cloître franciscain du ‘’ Séraphin de l’Eucharistie’, et ils admireront les zèle de’’ l’Apôtre de l’Eucharistie’’.

Dans le dernier chapitre, ..l’ Eucharistie et nous’’. Ils tireront quelques conclusions pratique et trouveront dans les notes, des renseignements sur ‘’ les indulgences et Eucharistie’’.

Comme cette monographie est publiée à l’occasion du Congrès de Sydney et en prévision de celui de Carthage, une vue d’ensemble de l’œuvre des Congrès Eucharistiques pourra servir à orienter la dévotion eucharistique de nos lecteurs.

Si tous les fils de l’Église ont le devoir d’écouter avec respect la voix du Pape, qui, plus que les Frères Mineurs, les Clarisses et les tertiaires Franciscains, doivent suivre avec plus de soumission les directions pontificales?

Aussi, à l’approche du vingt-neuvième congrès eucharistique international, feront-ils preuve de sens catholique en s’intéressant, au moins par la prière, à ce nouveau triomphe de notre Roi bien-aimé.

L’esprit de saint François ne président-il pas à ce mouvement eucharistique? Si Mademoiselle Tamisier inspire ces manifestations, les frères tertiaires Philibert et Paul Féron-Vrau s’en montrent les premiers organisateurs.

Depuis 1880, nous comptons dix confrères eucharistiques internationaux, en France : Lille, Avignon, Toulouse, Paris, Reims, Paray-le-Monial, Lourdes (deux fois), Angers, Angoulême, cinq en Belgique Liège, Anvers, Bruxelles, Namur, tournai.

La Suisse vit un congrès à Fribourgs, l’Asie Mineure à Jérusalem, L’Italie, à Rome, Lorraine à Metz, L’Angleterre, à Londres, l’Allemagne à Cologne, le Canada à Montréal, l’Espagne à Madrid, l’Autriche à Vienne, l’Ile de Malte, la Hollande à Amsterdam, les Etats-Unis d’Amérique à Chicago. Cette procession du Très Saint Sacrement, après avoir parcouru plusieurs pays d’Europe, à développé son cortège majestueux en Asie et en Amérique.

Le prochain congrès , en septembre 1928 , abordera au quatrième contient en Australie, à Sydney, tandis que l’an 1930 verra le triomphe du Christ-Roi dans l’hostie, sur la terre africaine, à Carthage.

La Royauté de Jésus-Hostie s’affirme ainsi sur les cinq continents.

Le congrès de Chicago a contemplé le légat pontifica,l l’Illustrissime cardinal, Bonzano, PEROTECTEUR DE L’ORDRES DES FRERES-MINEURS. En Australie, le CARDINAL PROTECTEUR DU MEME ORDRE, l’Illustrissime Cardinal Cerretti, représentera le Souverain Pontife S.S. Pier XI, glorieusement régnant.

Les progrès du catholicisme en Australasie s’avèrent plus constants encore après un siècle de liberté religieuse et d’apostolat, l’Église se réjouit d’y posséder onze cents mille fidèles sous la conduite de 28 évêques.

Les Frères–Mineurs exercent le saint ministère en Australie depuis 1860; mais leur zèle apostolique avait rayonnée aux îles Salomon en 1500, à Sumatra, Java, Bornéo en 1550, et îles Philippines dès 1576.

C’est donc sur la plus grande île du monde, dans ce continent océanique, que se déploiera la splendeur du vingt neuvième (29) congrès eucharistique international,

Dans ces mêmes régions un siècle à peine plus tôt, régnaient la barbarie et les ténèbres du paganisme.

Aujourd’hui, la hiérarchie est établie et l’Eucharistie, centre de la religion, de la liturgie, et du culte catholique, attirera sur les plages australiennes, des cardinaux, des évêques, des prêtres, des religieux, des fidèles de la catholicité toute entière.
Triomphe magnifique de la pénétrations chrétiennes emprise mystérieuse de notre Roi pacifique sur les esprits et sur les cœurs.

Puisse cette terre australienne, toute irradiée des splendeurs de l’Hostie, devenir la base d’un immense ébranlement de foi donc les ondes lumineuses aillent porter la lumière et la vérité dans toutes ces îles innombrables de la Polynésie.

Pour nous, Enfants de saint François sous les auspices de notre illustre saint Pascal patron des congrès eucharistiques, prions pour le succès de ces manifestations grandioses, par la foie et par l’amour, ces deux yeux de l’âme, pénétrons les sens intime des congrès, perçons le voile eucharistique pour y voir Jésus vivant, pur y entendre son Cœur palpitant d’ amour. Par la foi et par l’amour, ces deux bras de l’âme, sachons étreindre le Dieu de l‘Hostie.

Par notre vie foncièrement chrétienne, à base de foi et de charité, préparons dan nos cours, au Dieu de l‘ Eucharistie, un triomphe permanent !

P. Jean-Joseph. O.F.M.
Directeur de la collection.’’ PAX ET Bonum’’.

Préface

Par la lettre apostolique '' Providentissimus Deus''

d
u 28 novembre 1897, Léon XIII, immortel par sa sagesse profonde et ses entreprises sublimes, assignait un patron aux Congrès et aux Associations Eucharistiques déjà si féconds parmi les peuples. Pour raviver la piété chrétienne envers ''cet admirable gage d'amour, à la fois lien de paix et école d'humilité, l'auguste Pontife choisissait pour Patron celui des saints qui fut le plus enflammé d'amour pour le très Saint Sacrement de l'autel. L'espoir du Vicaire de Jésus-Christ état de voir, sous ce céleste patronage, le mouvement eucharistique produire des fruits plus abondants.

'' De tous les saints, disait le Souverain Pontife, dont la piété à l'égard de ce sublime mystère sembla se manifester avec une ferveur plus ardente, PASCAL BAYLON tien le premier rang. La nature l' avait doué d'un attrait prononcé pour les choses spirituelles. Après une jeunesse saintement passées à la garde des troupeaux, il embrassa une vie plus sévère dans l'Ordre des Frères Mineurs. La contemplation assidue du Banquet Eucharistique le fit progresser merveilleusement dans la connaissance de ce Divin Mystère, si bien que cet homme sans lettre et sans culture pouvait discourir sur des dogmes les plus élevés de la foi et même écrire des pages remplies de science. En professant publique sa foi au Mystère de l'Eucharistie en présence des hérétiques, il mérita de souffrir insulte et persécution. Émule du martyr Tharcisius, il fut plusieurs fois menacé de la mort. Enfin, jusqu'à dans la tombe, il sembla conserver sa
piété profonde envers la sainte Eucharistie. On vit même, durant ses funérailles, étendue dans son cercueil, ouvrir les yeux pour adorer les espèces sacramentelles, au montent de l'élévation.

C'est pourquoi, conclut le Pontife, Nous ne croyons pas que les Associations Catholiques dont Nous parlons, puissent être mises sous une plus puissante protection. De même que Nous avons commis la jeunesse studieuse à la garde de saint Thomas d' Aquin, les associations de charité à la garde de saInt Vincent de Paul et les malades avec leurs infirmiers à la garde de Saint Camille de Lellis et de saint Jean de Dieu , ainsi, dans l'assurance que Notre décision sera l'origine de nombreux fruits spirituels pour la Chrétienté, par les présentes lettres et de Notre suprême autorité, Nous déclarons et constituons SAINT PASCAL BAYLON, patron spécial des Congrès Eucharistiques et de toutes les Associations, présentes ou futures, qui ont pour objet la sainte Eucharistie, Nous espérons grandement que les exemples et le patronage de Saint augmenteront toujours en plus en plus le nombre des fidèles qui, par leur zèle et leur s conseils font aimer le Sauveur Jésus, principe unique et suprême de tout salut. Ces lettres vaudront à perpétuité…''

Si le Saint Père Léon XIII, par un document aussi solennel, a voulu élever à cet insigne honneur un simple frère convers franciscain et lui accorder la préférence sur les autres saints, n'est-il pas évident que la dévotion eucharistique de saint Pascal fut, comme le Pontife l'esquisse rapidement , sa dévotion préférée et marqua sa sanctification d'un cachet particulier ?

Mais qui connaît la vie de saint Pascal, ne fut-ce que dans sa piété envers la Sainte Eucharistie? Bien pue de fidèles, je crois, même, parmi les plus fervents amis du Dieu de nos Tabernacles. La cause est due sans doute à la rareté des biographies du Saint( 1).La biographie de cet amoureux pèlerin mérite assurément d'être connue puisque sa vie et ses vertus, aussi bien que son zèle à défendre le culte Eucharistique, on tété proposés à tous les fidèles, par l'immortel Pontife, comme modèle et comme idéal, Pourquoi alors ne pas parler de saint Pascal dans les grandes réunions régionales ou mondiales comme celle qui aura lieu à Rome, en mai prochain? (2)

Le but de cet opuscule est de mieux faire connaître aux fidèles adorateurs du très Saint Sacrement, la dévotion profonde, ardente, séraphique du céleste Patron des Congrès Eucharistiques envers le sublime mystère.

Les aperçus simples et rapides que voici sont de nature à faire resplendir, sans toute sa gloire, le SAINT DE L'EUCHARISTIE, vrai séraphin en présence du Dieu de nos tabernacles, Dans l'Ordre Franciscain, saint Pascal fut le plus grand continuateur de ce culte eucharistique fait de foi et d'amour, de délicatesse et d' enthousiasme qui, né avec le Poverello d'Assise, atteignit les plus merveilleux développement chez ses Enfants! P. vittorino Facchinetti ( 3) Franciscain
Références-01

Chapitre 1

L’eucharistie et les Franciscains.

8 ans porter préjudice à aucun saint ni à aucun Ordre religieux l’histoire nous permet d’affirmer que le Poverello et son innombrable postérité se sont distingués par une piété profonde envers la sainte Eucharistie, chef d’œuvre de l’ Homme -Dieu, source de grâce, joie suprême de nos âmes.

Entre une multitude de faits qui illustrent cette page d’histoire, rapportons-en quelques-uns (1)


Partie 1

Tous connaissent la vénération dont le Séraphique Père entourait le Tabernacle et la foi amoureuse qu’il professait pour Jésus Hostie. Si François d’Assise ne voulut pas être prêtre et préféra demeurer diacre, c’est que, dans sa profonde humilité, il se croyait indigne d’une si sublime fonction, d’une dignité toute céleste. Le même motif lui faisait vénérer les prêtres de la terre plus que les anges du ciel. Il ne voulait pas considérer le péché chez les prêtres indignes qu’il pouvait rencontrer ‘’ car , disait-il, ce sont eux qui nous administres l’esprit et la vie.’’

Saint François, nous apprennent les biographes, allait même jusqu’à considérer comme un grand mépris du Sacrement de ne pas entendre la messe chaque matin quand il pouvait le faire facilement. Il communiait souvent et avec tant de dévotion que les assistants en étaient profondément édifiés. Il s’enflammait d’une ardeur toute séraphique lorsqu’il pensait à ce Divin Mystère et méditait l’ineffable charité de l’Agneau Immaculé sans cesse immolé pour nous. François si pauvre aurait voulu envoyer ses frères par le monde distribuer des calices et des ciboires précieux en tous les lieux ou le prix de notre Rédemption ‘’était pas conservé avec assez de respect. Il s’employait lui-même à balayer, à nettoyer et à orner les églises; avec joie et dévotion il préparait de ses mains les hosties pour les églises nécessiteuses.

Saint François fut même un théologien de l’Eucharistie. Nous trouvons dans ses opuscules des lettres écrites à la louange du divin sacrement adressées l’une aux clercs et l’autres aux peuples afin d’exciter pasteurs et fidèles à une foi plus vive et à une piété plus ardente. Dans son testament, l’amoureux Poverello rappelle la salutation qu’il avait coutume d’adresser même de loin , avec ses frères, au céleste Prisonnier de nos tabernacles.Références-02

II

Avec la même ardeur, l’amour eucharistique du Séraphique Père survécut dans ses fils. On lit dans Wadding, à l’année 1222, un fait intéressant. Deux frères Convers, racontent les annales, se préparaient, dans la matinée d’un jeudi saint, à recevoir la sainte communion, quand le supérieur du couvent leur demande d’aller à la quête, à leur retour, l’office avait pris fin et les religieux était au réfectoire. Affligés de ne pouvoir recevoir la communion en ce jour mémorable, les frères quêteurs s’en vont à la petite chapelle confier leur douleur à Jésus. Mais voilà que s’ouvre la porte du tabernacle et un jeune homme d’une ravissante beauté en sort pour nourrir du pain des anges les bons religieux.

Qui ne connaît au moins un trait de l’amour divin dont brûlait le cœur d’ Antoine de Padoue pour l’auguste sacrement? Qui n’a lu le récit des fameuses disputes théologique qu’il soutint contre les hérétiques et les juifs ces agresseurs sacrilèges de la présence réelle du Christ dans l’Eucharistie, durant les années de son fécond apostolat? N’est-ce pas ce thaumaturge qui opéra, à Rimini , le célèbre miracle de la mule affamé par un long jeûne et oublieuse de l’appât pour adorer le Pain consacré?

Mais ils ne furent pas moins dévots envers l’Eucharistie, ces serviteurs de Dieu que sont, le docteur séraphique, saint Bonaventure, qui avec une flamme céleste écrivit ou mieux chanta , dans ses nombreux écrits, les gloires de Jésus –Hostie; les bienheureux Jean de l’Averne et Conrad d’ Offida. Celui-là était si souvent ravie en extase quand il célébrait la messe, qu’un jour il mérita de voir, sous la forme d’étincelles enflammées, un grand nombre d’âmes du purgatoire monter joyeusement vers le ciel. Le bienheureux Conrad d’Offida, hésitant à s’approcher de la table sainte, vit Notre Seigneur debout sur l’autel l’appeler à Lui. En fin le bienheureux Jean Duns Scot, qui s’acquit une gloire immortelle dans le défense du privilège de l‘Immaculée Conception de Marie, ne fut pas moins admirable dans ses expositions du mystère de l’Eucharistie et dans sa victorieuse réfutation des objections proposées contre ce Sacrement pour les plus hardis rationalistes anciens et modernes.

L’histoire nous montre à une époque ultérieur les radieuses figures du bienheureux Jacques de Strepa, instituteur, en Pologne, de l’adoration perpétuelle; du bienheureux Mathieu d’Agrigente, prédicateur fameux et évêque irréprochable, ce dernier s’enflammait du feu des chérubins quand il parlait du sacrement de l’Eucharistie. Après sa mort, il se leva dans son cercueil pour adorer, une dernière fois, le pain des Anges, comme son frère d’Espagne saint Pascal Baylon; du bienheureux Bienvenue de Gubbio qui mérita de contempler le Divin Enfant sous les espèces eucharistiques du bienheureux François de Fabriano qui, plus d’une fois, à la fin de la messe de Requiem, entendit les anges et les âmes délivrées du purgatoire par ses prières, répondre Amen ; enfin du bienheureux Pierre de Molliano qui, sur le point de mourir, voulut être transporté à l’église ou il reçut, auprès du tabernacle, le viatique de la vie éternelle, Mais voici les saints réformateur de l’Ordre Franciscain, Bernardin de Sienne, Jean de Capistran et Jacques de la Marche. Apôtre de l’Observance en Italie, ils entraînent les foules dans les voies du bien et les maîtrisent e n leur parlant des prodiges de l’Eucharistie si étroite met unis à la douceur, à la puissance et à la gloire du nom de Jésus. Les bienheureux Bernardin de Feltre, Albert de Sartiano et Chérubin de Spolète fondent diverses oeuvres pieuses afin de propager et d’intensifier le culte de Jésus-Hostie.

Qui ne connaît ce miracles vivant que fut saint Laurent de Brindes ? sans les douceurs de l’Extase, il lui fallait six, neuf et même dix heures pour célébrer le saint sacrifice car ses yeux devenaient deux fontaines de larmes. Souvent à la consécration, l’enfant Jésus lui apparaissait resplendissant de gloire.

Aux XVII et XVIII siècles , avec les bienheureux Charles de Sèze, Diego de Cadix et Bonaventure de Barcelone, nous voyons apparaître saint Léonard de Port Maurice, l’apôtre de la dévotion au Chemin de la croix, à la sainte Vierge et à la sainte messe, Il parlait de Jésus au très saint Sacrement avec tant d’onction que ses auditeurs éteint contraints de verser des larmes abondantes.

Il est un prodige bien connu dont le bienheureux Charles de Sèze est le bénéficiaire. Un jour qu’il assistait à la sainte messe dans une église de Rome, un rayon lumineux s’échappa de l’hostie consacrée et lui transperça le cœur.

Le bienheureux Diégo répétait souvent qu’ il ne serait en paix qu’ au jour ou l’univers serait dévoué au saint Sacrement de l’autel. Ce trait suffit pour nous montre sonardente dévotion envers l’auguste mystère.Le miracle suivant fut opéré en faveur du bienheureux Bonaventure. Alors qu’il n’avait pas la force de s’approcher de la sainte communion, tant il se croyait indigne, une hostie s’échappa des mains du prêtre et vint se poser sur les lèvres de l’humble serviteur de Dieu.

Nous pourrions encore citer la dévotion eucharistique des bienheureux Saintes de Montefabrone, Sébastien de l’Apparition, Egide-Marie de Naples, André Hibernon, et des saints Pacifique de Saint-Severino, Jean-Joseph de la Croix et Joseph de Cupertino qui tous ont connu les extases en recevant la Communion, en célébrant le saint sacrifice de la messe ou en y assistant.

Nous pourrions rappeler quelques –uns des Apologistes Franciscains qui, dans tous les siècles et sous tous les cieux, ont écrit des opuscules et des volumes pour défendre ou glorifier l’Eucharistie et dont les noms et les oeuvres ont été réunis dans l’ouvrage du P. Mariotti o.f.m.

Nous pourrions parler de nos martyrs qui à Gorcum, en Hollande, furent victimes de la barbarie des Calvinistes ou qui, en en Angleterre, au temps de Henri VIII, préférèrent comme le bienheureux Jean Forest, être brûlés vifs plutôt que de renier leur croyance à la présence réelle de Jésus dans l’Eucharistie.Qu’il me soit cependant permis de présenter quelques-unes des plus belles figures, auréolées des splendeurs eucharistique, que renferment le deuxième et le troisième Ordresfranciscains.

III

Au premier rang, brille cette Vierge d’Assise, aînée de la famille spirituelle du Poverello et mystique petite plante de son grand cœur : Claire Scifi, Comme son Père Séraphique, Claire reconnaissait dans l’Eucharistie le résumé de tous les mystères de la vie du Christ et le centre de son amour; dans cette conviction, elle préférait méditer devant le tabernacle qu’elle ne quittait jamais sans avoir le cœur embrasé. Par des exhortations, des prières et des larmes, elle s’efforçait de communiquer à ses sœurs la flamme de son amour pour l’Époux des âmes virginales.

Malade et contrainte à demeurer immobile sur un lit de douleur, elle trouvait des forces pour filer du lin et confectionner des corporaux, des bourses et d’autres objets nécessaires au service des autels.

Un épisode de la vie de la Sainte, recueilli par l’histoire et immortalisé par l’art, est demeuré célèbre : C’est la fuite des Sarrasins., il se précipitèrent au bas des murs deSaint-Damien à la vue de l’Hostie sainte contenue dans un riche ostensoir que soutenant les mains pure de la Vierge du Seigneur.Dans la suite des âges, nous trouvons sainte te Colette de Corbie dont la vie amoureuse n’est qu’une extase eucharistique; sainte Catherine de Bologne qui aimait passer des nuits entières en adoration devant le Tabernacle; les bienheureuses Jeanne de la Croix ( espagnol) et Eustochium de Messine, éprises d’un amour extraordinaire pour Jésus-Hostie.

Plus tard, sainte Véronique Juliani et la bienheureuse Madeleine Martinengo nous laissèrent dans leurs écrits, des souvenirs impérissables de leur piété eucharistique. La bienheureuse Crescence Hoss mérita souvent d’être communiée par les anges. Et la vénérable Marie Isabelle Gherzi demeure célèbre par ses oraisons jaculatoires qu’elle avait coutume de lancer du Divin Prisonnier comme autant de traits d’amour :

‘’ O mon riche Trésor,
O mon doux Soutien’
O mon vrai Consolateur,O mon doux Tourment,
Ma vie, mon Roi ‘’ !

 IV

Parmi les fils du Tiers Ordre de saint François, mentionnons au moins les patrons des Tertiaires. Saint Louis, roi de France, entendait chaque matin la sainte Messe dans une prière extatique et s’ agenouillait humblement au pied de l’autel chaque fois qu’il avait la joie et l’honneur de recevoir le Roi des Rois. Sainte Élisabeth de Hongrie trouva dans le Pain Eucharistique, le secret d’une force merveilleuse, Elle devint un modèle de résignation chrétienne, au milieu des plus grands mécomptes et des plus profondes humiliations.

Rappelons le souvenir de la petite Rose de Viterbe qui fut, parmi ses concitoyens, l’apôtre des plus nobles idées religieuses et patriotiques. Elle réussit, en se nourrissant chaque jour de la Chair et du Sang du Christ, à se maintenir pure et angélique au milieu de la corruption et à délivrer sa patrie d’un joug tyrannique.

Les saintes Véridiane et Zita de Lucca et la bienheureuse Jeanne de Signa, pauvres et humbles servantes, atteignirent les plus hauts sommets de la perfection en se confiantentièrement au Dieu de nos tabernacles

Sainte Marguerite de Cortone puisa dans la communion fréquente, l’énergie nécessaire à sa transformation et à son ascension continuelle dans les voies de ’expiation et du sacrifice. Cette pieuse pratique imprima la sublime Pénitente, surnommée la Madeleine de l’Ordre Franciscain, le caractère de sa sanctification.

Nous pouvons en dire autant de la bienheureuse Angèle de Foligno qui méditait ordinairement la Passion de Jésus au pied du tabernacle. Éclairée prodigieusement dans ses extases, elle a rédigé un petit traité’ ‘’ Unions et consolations reçues dans le très saint Sacrement de l’autel’’, Véritable poème ou elle chante les joies intime goûtées dans ses méditations eucharistiques.

Que d’autres fleurs encore nous pourrons cueillir dans le jardin franciscain! Lys de pureté, violettes d’humilité, roses aux parfums d’amour, germèrent à la fois sous la lumières et la chaleur du Divin Soleil de nos tabernacles! Le merveilleux arôme de leur vertus embauma les peuples de tous les âges. Tels apparaissent la bienheureuse Delphine avec son virginal époux saint Elzéar, les saintes Jeanne d’Arc, Angèle de Merci, Marie-Françoise, Brigitte, François-Romaine, saints Joseph Labre et Jean-Marie Vianney, le bienheureuse Benoît Cottolengo et le vénérable Don Bosco. Ce sont autant de figures célestes qui nous sont chères et dont la vie eucharistique mériterait d’êtrelonguement racontée.

Mais le plan de cet ouvrage ne me le permet pas, non plus que le désir impatient de présenter aux lecteurs la physionomie de l’humble franciscain qui mérita, aprèsavoir été le plus fidèle représentant de l’esprit eucharistique dans l’Ordre de saint François d’être proclamé patron spécial de toutes les Œuvres Eucharistiques

 CHAPITRE II

Le prédestiné de l’Eucharistie

1

C’est ainsi que je salut le gracieux enfant né à Torre Hermosa, en Espagne, le 16 mai 1540, jour de la Pâque de la Pentecôte, comme on dit dans le pays(1)

Cette coïncidence inspira ses pieux parents, Martin Baylon et Isabelle Jubero, de lui donner au baptême le nom de Pascal, la vie de l’enfant devait réaliser cet heureux présage en étant une pâques continuelle avec le Seigneur.

Bientôt il révéla les dons précieux dont l’Esprit- Saint avait comblé son âme, Son amour précoce pour Jésus-Hostie surtout se manifesta de très bonne heure.Un jour Donna Isabelle emmena l’enfant à l’Église. Il était si jeune qu’ il ne pouvait pas marcher seul. Qui expliqua à cet angelet la présence Jésus dans le tabernacle? Nul ne saurait le dire. Mais en regardant fixement la porte du tabernacle, le petit Pascal manifestait sa satisfaction dans un sourire angélique et de lui-même, il faisait lesigne de la croix.

Depuis ce moment, l’enfant se sentit attiré par une force mystérieuse vers la maison de Dieu. Désormais il en avait appris le chemin et peu de temps après se traînant plus que marchant, il retourna à l’église. Sa mère inquiète de son absence, le rechercha partout. Elle le trouva enfin à l’église sur le degrés de l’autel prosterné dans une adoration extatique. Que de fois cette scène se répéta! Ni caresse, ni menace, ni promesse ne pouvaient empêcher le petit Pascal d’aller tenir compagnie au Prisonnier d’amour . Mais quand il eut l’âge de raison, il comprit que le devoir d’un bon enfant est d’être soumis à ses parentes. ‘’ Plein de respect pour son père et sa mère, disent ses biographes, il ne leur désobéit plus.’’

A sept ans, on lui confia la garde du troupeau. Voyons-le s’adonner à son office avec le sérieux d’un homme et veiller avec sollicitude sur les brefs confiées à sa vigilance. Au milieu de sa vie de berge, dans sa solitude des champs, il se livrait avec amour à la piété et se consacrait volontiers à la prière et à la méditation. Une seule chose lui faisaitde la peine : c’ était de ne pouvoir visiter souvent Jésus-Hostie, L’église était trop éloignée.

Pour se consoler, il conduisait paître son troupeau auprès d’une petit chapelle de la Vierge. Quand il fut contraint de s’en en éloigner pour chercher des pâturagesplus abondants, il grava l’image de la Madonne sur sa houlette et la surmonta d’une croix. Ce sera l’autel devant lequel le candide berger s’agenouillera pour réciter ses fervents prières.

C’est ainsi que se développaient les germes des plus belles vertus déposés en son âme avec la grâce du baptême. S’il ne pouvait satisfaire son désir de fréquenter assidûment la Table Eucharistique et de visiter chaque jour Jésus dans son tabernacle, sa piété y suppléait. La pureté, l’humilité, la charité, la foi, la justice, le courage et l’amour de la pauvreté, du renoncement et du sacrifice jetaient en même temps de profondes racines dans son âme. Le désir de la solitude, l’aspiration vers la cloître franciscain croissaient de jour en jour et mûrissaient dans son cœur. Références-03

 II

A un âge bien jeune, saint Pascal peut observer de près l’habit des Franciscains, il comptait parmi ses cousins, un enfant du nom de François. Des l’âge de sept ans, ses parents selon une pieuse coutume de la catholique Espagne l’habillèrent en franciscain afin de lui assurer la protection de son séraphique Patron, le jeun François tomba malade et son cousin vint lui rendre visite. Pascal fut vite attiré vers la bure inoccupée qu’il revêtit avec bonheur. Mais au moment du départ, quand il fallut abandonner l’habit, Pascal s’y refusa, Il voulait devenir franciscain cet habit lui appartenant, disait-il.

On le supplia Il continua de défendre ses droits à la bure des Fils de saint François. On le menaça, mais en vain. Ce ne fut que sur le commandement exprès de sa mère qu’il consentit à se dépouiller des livrées de la pauvreté. Il ne les rendit pas sans les baigner de ses pleurs, ni sans manifester son attachement pour ce saint habit.

Au autre jours, Pascal vit un Franciscain cheminer pieds nus. Aussitôt il veut l’imiter et parcourt une longue distance sans aucune protection pour ses pieds.

III

Quelques années plus tard, Martin Gracia, chef des bergers, très riche et sans enfants, qui avait remarqué la vertu du pieux jeune homme, lui proposa de l’adopter comme fils et de le constituer héritier des ses bines. Mais Pascal l’en remercia, déclarant qu’il avant résolut d’abandonner le monde et e se consacrer à Dieu en épousant Dame Pauvreté à l’imitation de Saint François.

Le jeune homme parlait souvent de sa vocation franciscaine à son ami de cœur, Jean Apparizio, Il lui demandait de prier Dieu afin qu’Il daignât lui manifester sa sainte volonté.

La prière des pieux jeunes gens fut bientôt exaucée, un matin Pascal priait, selon son habitude, devant le tabernacle, Saint François et sainte Claire lui apparurent et l’exhortèrent à ne pas abandonner ses desseins et à marcher courageusement sur leurs traces. ‘’ Ils révélèrent en même temps qu jeune homme, dit la chronique, des choses qu’il ne voulait jamais confier à personne et lui annoncèrent la visite prochaine d’autres Franciscaine, ce qui arriva. ‘’ Nous savons que les deux Saints de l’Eucharistie ne quittèrent pas le jeune sans l’avoir raffermi dans sa piété envers le saint Sacrement et sans avoir enflammé son cœur d’une plus grand amour pour Jésus-Hostie. La tradition veut même qu’ils l’aient revêtu des livrés séraphiques que son ami Apparizio découvrit un jour sous son manteau.

A l’heure marquée par la Providence, Pascal dit adieu à ses parents et à ses amis, renonça à l’héritage familial, s’éloigna de son village et s’en alla vers le royaume de Valence ou il entra chez les Franciscains de la Province Saint-Jean-Baptiste, encore parfumée des vertus de saint Pierre d’Alcantara. Arrivé à la porte du Couvent de Monteforte, l’humble jeune homme n’eu pas le courage de demander son admission aux religieux car il se croyant trop indigne pour être reçu dans leur Ordre. Il résolut de se mieux préparer à la vie religieuse en devant de nouveau berger. Il exerça son modeste emploi aux environ d’un ermitage et d’un sanctuaire dédié à la Vierge de Lorette et sous la dépendance des Franciscains.

Durant ces quatre années de probandat volontaire, alors qu’il fut probablement membre du Tiers Ordre , sa vie est admirable, Il était le modèle de ses compagnons et faisait l’édification des Religieux.

Pour tempérer le feu divin dont se consumait son âme, Pascal allait souvent au couvent de Loreto. Là il se confessait, communiait et s’entretenait fraternellement avec les fils du Poverello, ceux-ci prièrent à aimer le jeune homme comme un frère tandis Pascal avait une profonde vénération pour les Religieux.

C’était surtout quand il pouvait assister à la sainte messe et recevoir la communion, nous disent les biographes, que le pieux jeune homme répandait son pâme dans d’amoureux colloques avec Jésus-Hostie.

Son nouveau maître connut vite l’attrait u jeune berger pour la prière et son besoin de fréquenter le Dieu des tabernacles. Il lui permit alors d’assister à la messe non seulement le dimanche mais tous les jours de la sainte. Quelle ne fut pas la joie de Pascal! Il demeurait prosterné dans une contemplation extatique devant le tabernacle, suivait avec une émotion profonde le drame du saint Sacrifice et, avec un ineffable sentiment d’adoration, de foie et d’amour communiait au Corps du Christ et à son Sang très précieux, Seule la pensée du devoir pouvait l’arracher à ses ravissements et l’éloigner de la petite porte dorée qui cachait son Trésor.

Si Pascal était obligé de s’éloigner du saint sacrement, Jésus –Hostie ne quittait pas le jeune homme t et opérait d’étonnants prodiges pur consoler cette âme de la vision de la présence réelle.

Les biographes sont unanimes à affirmer que plus le jeune homme avançait en âge, plus aussi croissait son amour pour l’Eucharistie. Cet amour de Jésus-Hostie sera le cachet particulier de sa piété. Quand dans le lointain il entendant la cloche appeler les fidèles à la sainte Messe, s’il lui fallait garder son troupeau dans la campagne, il s’unissait d’esprit au divin sacrifice et l’élévation se prosternait en adoration.


Désolé de ne pouvoir, à la communion du prêtre, s’approcher du banquet eucharistique comme les âmes plus fortunées, il appelait son Seigneur avec ferveur, le suppliait de venir dans son cœur, de se montrer à son regard amoureux pour réjouir sa solitude, rassasier sa faim et sa soif et réconforter son âme.

Un jour ou Pascal, agenouillé dans la poussière, tenait son regard élevé vers le ciel, il vit dans les airs un chœur d’anges porter le saint Sacrement dans un ostensoir d’or, il ne pouvait croire, dans son humilité; qu’un tel prodige était opéré pour lui seul, il invitait s les autres bergers à adorer la sainte hostie; mais ses compagnons ne voyaient rien de la céleste apparition. Ils n’apercevaient que la splendeur angélique émanant de la compagnie divine de Pascal en adoration devant le Saint des Saints.

L’art chrétien a popularisé ce grand prodige et l’Église le chante dans sa liturgie. Si l’on en croit une pieuse tradition, ce ne fut pas l’unique fois ou le saint Sacrement daigna visiter le pieux berger.

Souvent, aimons-nous à croire, Notre-Dame de lorette qui aimait l’humble Saint dont elle était tant aimée, N’envoya-t-elle pas ses anges lui porter la pain consacré conversé avec un amour séraphique à l’ombre du tabernacle chez les Franciscains du couvent voisin!

C’est ainsi que l’Auteur de toute grâce régnait triomphalement chez l’amant prédestiné de l‘Eucharistie. En comblant son âme des bénédictions célestes, le Divin Maître la préparait avec une prodigieuse richesse à de grandes faveurs, aux noces mystiques de l’Agneau Immaculé, dans la religion e l’humble Saint que l’Immortel Dante qualifié de tout séraphin en ardeur.

Chapitre III

Le Séraphin de l’Eucharistie

Le 2 février 1564 en la purification de Marie, notre Bienheureux qui atteignait ses vingt-quatre ans, recevait l’habit du Poverello s’Assise au Couvent de Loreto. Il conservait son nom de Pascal.

On devine comment il passa l’année de son noviciat. La pratique des vertus ou il excellait déjà, était sa vie quotidienne. Mais il voulait avant tout accomplir la volonté de ses supérieurs q’il considérait comme celle de Dieu , Ses condisciples en étaient grandement édifiés. Tous affirment que le jeune novice possédait les vertus d’un religieux parfait tandis qu la réputation de sa sainteté franchissait le cloître. Après l’année de probation, à sa grande joie, il fut admis à la profession religieuse dans une cérémonie intime.

Nous n’insisterons pas sur les huit années ou il demeura au service de ses frères au couvent de Loreto, occupé à l’office de quêteur ou de cuisiner, nous n’en dirons pas davantage de ses admirables exemples, des miracles qu’il a opérés et de l’apostolat qu’il a exercé. Le but de la présente monographie n’est pas de présente tout la vie du grand Parton des Congrès Eucharistiques, mais de rappeler seulement quelques trains caractéristiques de piété envers Jésus-Hostie.

II

Si la piété de Pascal était profonde, son amour tendre et ardent;si son culte pour le Dieu des tabernacles était enthousiaste, lorsqu’il vivait encore au milieu des distractions et des périls du monde, on peut se faire quelque idée de l’accroissement de sa foi et de son ardeur séraphique après son entrée dans l’Ordre Franciscain.

Il n’était pas prêtre. Il ne pouvait pas éprouver l’ineffable bonheur de faire renaître entre ses mains consacrées, sous le voile mystique des espèces sacramentelles, le Fils de la Vierge Mère; il ne pouvait pas distribuer le pain de vie aux âmes affamées, ou l’exposer à l’adoration des fidèles. Mais rien ne l’empêchait d’aller aussi souvent que possible au pied du tabernacle ou il conversait longuement avec le Divin Prisonnier d’Amour.

Les biographies nous disent même que Pascal avait obtenu de ses supérieurs, l’autorisation de passer à l’église le temps des récréations de la communauté.

Par un jour de grand froid, le Gardien du Couvent, dans sa sollicitude pour ses sujets, fit prendre la récréation à la cuisine. Désireux de pourvoir au bien-être de notre Saint, il lui ordonna de se chauffer avec ses frères. Pascal obéit promptement. Mais peu après, Jésus, du fond de son tabernacles, l’attira avec tant de force que le pauvre religieux ne savait comment résister à l’attrait divin. Pour se distraire, il commença à marcher, mais en vain. Sous l’impulsion de plus en plus puissante, il soupirait, gémissait et pleurerait, dans l’angoisse ou le retenait l’obéissance, loin de son Trésor, Deux religieux s’interposent mais ils sont trop faibles, le Gardien intervient alors pour dire au Saint : ‘’ Frère Pascal, demeurez avec nous’’ !

A ce commandement, Pascal, obéit, Il s’arrêta sur place mais tomba comme foudroyé. Ses frères durant le relever et le transporter ans sa cellule pour il demeura longtemps dans l’assoupissement de l’extase. On aurait dit son cœur blessé par un dard d’amour ! Le prédestiné de l’ Eucharistie en était devenue le Séraphin.

III

Du Couvent de Loreto, notre Saint fut envoyé en 1573 à celui de Xatiba et peu après à celui de Valence.

Son compagnon de voyage nous a laissé un journal qui nous révèle la conduite de Pascal hors du Couvent. Dans ces quelques lignes sa dévotion pour l’Eucharistie nous apparaît bine profonde : ‘’ L’édification que m’a donnée frère Pascal lors de notre voyage de Xatiba, est ineffable dans son âme. Chemin faisant, il me parlait de Dieu d’une manière si extraordinaire que son amour brûlant enflammait mon cœur. La dévotion au saint Sacrement et à la sainte Vierge formaient les caractères distinctifs de sa piété. Souvent, il me faisait réciter l’office de la saint Vierge, ou nous nous agenouillions sous un arbre pour réciter la station du Saint Sacrement. Sin nous entrions dans quelque paroisse dont l’église conserve la saint réserve, la première attention de mon saint compagnon était de s’y rendre pour adorer l’Eucharistie. Après avoir rendu l’hommage de ses adorations et de sa piété au Dieu du tabernacles, Pascal se présentait au curé pour lui demander humblement la permission de quêter dans la paroisse…’’’

IV
La vertu de notre Bienheureux, en particulier sa patience et son humilité, fut souvent soumise à de dures épreuves par ses nouveaux supérieurs, comme en font foi les anciens biographes. Mais, en se nourrissant du Pain des Forts, il trouvait une énergie si puissante que chaque fois, il sortait du creuset l’âme plus brillante des splendeurs divines. C’est ce que l’on constate chez Pascal au retour de son voyage en France dont nous parlerons bientôt. L’obéissance l’envoya alors au Couvent d’ Almansa ou il mit la dernière main à l’œuvre de sa perfection séraphique.

Sa piété était fondée sur une foi inébranlable qui ne fléchit jamais sous aucune épreuve. Elle allait croisant admirablement de jour en jour.

Les images pieuses excitaient chez notre Saint une grande ferveur, passait-il devant l’image de Notre Seigneur ou de sa sainte Mère, il faisait une génuflexion profonde, même à son retour de la quête alors que fatigué il ployait sous la besace. Toutes les cérémonies de l’Église formaient pour le pieux religieux des heures d’allégresse, il s’y préparait avec ferveur et y assistait avec joie. Avant d’entrer à l’Église, il se recueillait; sur le point d’en sortir, les mains jointes ou tendues vers la prison de son Jésus, il regardait fixément le tabernacle.

Ses biographes nous disent que, le jeudi saint, l’amant de l’Eucharistie prolongeait ses adorations pendant cinq ou six heures. Il semblait une statue extasié dans une longue prostration aux pieds de la Divine Hostie. Mais la Fête-Dieu occasionnait encore plus , chez Pascal, ces transports séraphiques qui témoignaient de son union avec le Bien – Aimé.

Au reste, cette union mystique de notre Saint était si parfaite qu’en tout lieu, il savait prier, méditer et converser avec son Seigneur, comme s’il fut près du tabernacle. Le réfectoire était pour lui comme une antichambre du Paradis. Le pain et le vin qu’il avait sous les yeux, lui rappelaient sans cesse le Banquet Eucharistique; son cœur et sa pensée étaient loin de la table matérielle, près de la quelle il était assis : ils s’étaient tournés vers Jésus-Hostie. Combien de fois ses frères le virent, quand il arrachait des légumes du potager ou bêchait la terre, s’arrêter soudain ravi dans une douce vision! Quand il distribuait le pain aux religieux, à table, que de fois aussi, nous le vit-on pas s’élever de terre, emporté dans la contemplation!

Le lieu préféré de Pascal était l’église le chœur, ou il venait s’agenouiller aussitôt que ses occupations lui laissaient quelques loisirs. On rapporte que s’il se présentait au Couvent quelque hôte auquel il était impossible de trouver un gîte. Pascal lui offrait incontinent sa cellule, tandis que, joyeux , il s’en allait passer la nuit au cœur en compagnie de son Seigneur tant aimée.

Oserait-on le croire ? Malgré une vie toute d’humilité, de charité, de mortification et d’ardent amour; malgré une confession quotidienne et une union intime avec Dieu, son respect de la Divine Eucharistie était si grand qu’il ne volait pas s’approcher trop fréquemment de la sainte table. Son humilité fut cependant vaincue et devint l’ esclave de son amour. Alors notre Saint cessa d’être un homme : il était un Séraphin, assidu au Banquet Eucharistique. Après la communion, Pascal ne pouvait pas toujours retenir ses larmes; souvent il se retirait pour cacher à ses frères l’ardeur de son amour.

V
Ami de Jésus, Pascal ne pouvait pas ne pas être l’ami de Marie et des pauvres de Dieu.

N’est-ce pas Marie qui, alors qu’il était jeune berger, l’avoir encouragé par ses maternelles visites et s’était constituée sa maîtresse spirituelle dans les campagnes d’Aragon? Il avait toujours correspondu fidèlement à ses largesses. Maintenant qu’il était devenue Franciscain, il considérait comme un devoir et un honneur de la vénérer et de défendre le privilège de sa Conception Immaculée.

Et Marie qui ne se laisse jamais vaincre en générosité par ses serviteurs, continuait de le protéger et de l’assister dans son culte au saint Sacrement.

A ses prières ordinaires, Pascal avait ajouté la pratique du Rosaire de Notre Seigneur qu’il récitait plusieurs fois le jour. Entendons le raconter à un frère l’origine de cette dévotion : ‘’ Le Rosaire ou psautier de notre très doux Jésus, fut enseigné à un religieux qui méditait sur le Rosaire de la Reine du ciel, ce privilégié vit la Vierge solliciter pour lui de son Fils, une grâce spéciale, le Divin Maître répondit à sa Mère Immaculée que le religieux devait Lui tresser une couronne d’invocations, en substituant Ave benignissime Jesu ‘’ Salut très doux Jésus’’ à l’Ave Maria, et le Pater à la salutation angélique’’. Il est facile de deviner que le pieux religieux favorisé de cette révélation est notre Saint lui-même comme pensent la plupart des auteurs, mais qu’il a voulu, dans son humilité, se dissimuler sous l’anonymat.

VI
L’amour dont se consumait de Séraphin de l’Eucharistie était si grand qu’il ne lui suffisait pas, comme au Séraphique Père saint François, de s’exprimer en chants de louange et de reconnaissance. Il lui fallait se répandre dans l’exercice de la charité envers le prochain. C’est pourquoi nous trouvons le grand ami d e Jésus-Hostie entouré, toujours et partout, d’autres amis du Divin Sauveur et de ses plus chers, nos frères les pauvres.

lci encore l’horizon est trop vaste pour qu’il nous soit permis d’entrer librement dans les détails de l’histoire. Force nous est de donner un bref aperçu.

La charité de Pascal Baylon pour les pauvres avait sa source dans sa piété eucharistique, et cette charité était illuminée et ardente comme chez tous les grands saints, comme chez saint François d’Assise en particulier, l’amoureux Poverello, le Patriarche des pauvres.

Pascal aimait les pauvres parce qu’il voyait incarné en eux un autre Christ et par suite ils étaient à ses yeux, une nouvelle Eucharistie! C’est pour ce motif qu’il mettait une attention et une délicatesse émouvantes à leur préparer des aliments et ne pouvait limité sa générosité à leur endroit.

Que de fois il eut recours au miracle pour soulager les misères corporelles ou spirituelles de ceux qui faisaient appel à sa charité!

Citons un seul de ces nombreux miracles le plus instructif, me semble-t-il, et le plus connu.

Alors que frère Pascal demeurait au Couvent de Valence ( ou il résida plusieurs fois ) il était très satisfait de ses emplois de portier et de dépensier : ils lui permettaient de faire des largesses à ses chers pauvres. Or il arriva un jour que les frères quêteurs avaient recueilli une quantité de pain suffisante pour deux jours. Le lendemain, Pascal vint les avertir que la provision était épuisée et qu’il faillait aller quêter d’autre pain pour la communauté. Est-ce possible, dit l’un des quêteurs étonnée? Nous en avons mendié hier une provision suffisante pur deux jours. Il droit certainement en rester encore. Sur ce, il court au réfectoire, cherche partout mais impossible de trouve le plus petit morceau de pain, un peu vexé de sa déconvenue il se dirige vers la porterie ou il trouve le bon frère Pascal distribuant abondamment le paix aux pauvres,’’ Voilà donc ou va tout le fruit de notre quête, s’écrie alors le religieux! Frère Pascal, accompagnez-moi! ‘’ et prenant la corbeille de pain, il se dirige suivi de l’humble portier, chez le Père Gardien afin de lui raconter le fait.

Le supérieur, homme de grande sagesse, qui appréciait fort les vertus du charitable frère, se contentant de dire au quêteur ennuyé : ‘’ Qu’y puis-je faire moi, si Pascal est un saint?’’

Notre Bienheureux avait suivi avec joie son accusateur, mas l’espoir de trouver une humiliation, mais devant pareille louage, il fut plus surpris que devant la plus verte semonce; et prenant son panier, il disparut précipitamment.

Dieu lui-même s’était chargé de justifier la charité de son Serviteur envers les pauvres. Entre les mains de Pascal, comme entre les mains des Apôtres au temps de Jésus, le pain se multiplia si prodigieusement qu’il suffit non seulement pour les pauvres accourus à la porte du Couvent, mais pour la Communauté, témoin ému d’un prodige incontestable.

La charité de notre Saint n’était pas seulement ardente et généreuse mai elle était aussi éclairée et sage, En distribuant le pain matériel aux affamés, il leur rompait le pain de la parole de Dieu, et enflammait les âmes d’amour pour Jésus –Hostie.

Cet apostolat nous amère à parler brièvement d’un autre aspect de la dévotion de saint Pascal Baylon envers le mystère de l’Eucharistie : son zèle pour la défense de la gloire de Jésus-Hostie et pour la diffusion de son culte.

CHAPITRE IV
L'Apôtre de l'Eucharistie

Saint Pascal Baylon ne pouvait contenir, dans une jouissance égoïste, sa flamme d’amour pour le Dieu des tabernacles. Ce feu divin était à la fois sa joie et son tourment`il éprouvait un impérieux besoin d’en communiquer quelques étincelle au prochain

Séraphin de l’Eucharistie, notre Saint devait infailliblement en devenir l’Apôtre comme nous le révèlent ses paroles, ses écrits et sa vie entière.

I

Saint Pascal ne laissait jamais s’échapper une occasion de parler de son grand Amour. Comme l’artiste, passionnée pour son idéal auquel il reporte tout, dont il parle sans cesse, qu’ il aime d’un amour exclusif, ainsi saint Pascal arrivait toujours dans ses conversations à aborder le sujet qui enivrait son esprit de joie et faisait battre son cœur d’enthousiasme.

Nous savons comment dans un voyage il entretint son compagnon, de discours remplis de l’amour de Dieu et du retour que nous devons lui rendre. Nous ajouterons, car tous les biographes l’affirme, que souvent des voyageurs en cheminant avec notre Saint, entendirent les paroles de feu de l’humble frère et oublièrent en sa compagnie la longueur du chemins, les heures et les fatigues du voyage. Sans son cloître, Pascal exerçait envers les pauvres son apostolat de lumière et d’amour qu’il avant commencé parmi les compagnons de sa vie de berger.

Mais c’est surtout chez ses frères qu’il déversait le trop plein de son amour, en leur disant ou plu^to en leur chantant l’excellence, la gloire et la fécondité du Mystère de l’Eucharistie. En 1576 plus encore alors qu’il fut nommée maître des novices au Couvent d’Almansa, il n’en tenait plus de joie ; il avait des âmes jeunes, simples et enthousiastes à former selon son idéal de vie eucharistique, en songeant aux sublimes leçons de cet humble frère passé maître en science mystique non après avoir étudié dans les livres humains mais après avoir puisé à la divine sagesse, qui ne désirerait pas avoir été du nombre de ces fortunés auditeurs ravis des discours de l’Apôtre de l’eucharistie?

Nommé supérieur à plusieurs reprises, il ne se servit de l’autorité que pour stimuler s ses sujets à progresser dans la vertu, le zèle de la régulière observance et surtout pour promouvoir le culte de foi et d’amour à Jésus –Hostie

Redevenue simple sujet, son Gardien lui donna l’ordre, un jour, de prêcher devant la communauté en préparation à la fête de Noël . Au dire des chroniqueurs c’est avec une sagesse divine et une onction céleste qu’il commenta les prophéties de l’Incarnation du Verbe et explique la généalogie de l ’Homme-Dieu.

Mais je ne puis supposer qu’en cette occasion il ait oublié de parler de l’Incarnation Eucharistie de Celui qui, après s’être fait Homme pour être plus près de nous, s’est constitué pain pour naître chaque jour dans nos cœurs et devenir l’aliment de nos âmes.

11
Pour simple qu’elle fut, l’éloquence de Pascal opérait des prodiges de transformations spirituelle et convertissait au Seigneur un grand nombre de pêcheurs.

Rappelons un fait emprunté au procès de Canonisation

Pascal accompagnait, un jour, un prédicateur fameux, le Père Barthélemy Pasteur, dans une de ses courses apostoliques. Le soir venu, les deux voyageurs demandèrent l’hospitalité à une des maison qui bordaient le chemin, le maître les reçut aimablement et commença à leur préparer le souper.

Pascal observait son hôte d’un regard rempli de compassion car le Seigneur lui avait révélé que cet homme avait commis un péché mortel dura le jour, le Saint en souffrait profondément, ne pouvait contenir sa c douleur, il lui dit avec bonté :’’’Mon frère, voici que Dieu vous a député son ministres ; pourquoi ne profitez-vous pas de sa venue pur purifier votre âme par une bonne confession ? Qui ait l’heure ou vous mourrez? Il faut donc mieux se tenir toujours prêt!’’

Mais l’hôte demeurerait insensible à l’exhortation, Pascal continua l’invitation avec tant d’instance que le père Barthélemy lui dit : ‘’ Je crains, frère, que vous finissez par importuner notre hôte et faire preuve de mauvaise éducation.’’

Cette remarque ne refroidit pas le zèle de notre Saint. Il continua, en priant sans doute, de conjurer ce chrétien à entendre son avis par amour pour Jésus-Hostie. La grâce de Dieu fit le reste. L’hôte s’agenouilla aux pieds du Père Barthélemy en lui déclarant; ‘’ Il faut que je me confesse, car je suis assuré que Dieu a révélé l'était de mon âme au frère Pascal. Je suis assuré aussi que, par ses mérites, j’obtiendrai le pardon de mon péché.’’

111
La meilleure occasion pour Pascal de manifester et de défendre sa foi et son amour envers Jésus-Hostie, fut son voyage en France alors remplie d’hérétiques calvinistes et luthériens, quand ses supérieurs le chargèrent d’une mission, il semble avoir fait ce voyage en 1576.

Devant faire parvenir une lettre très importante au Général de l’Ordre, Christophe de Chef Fontaines alors à Paris, le Provincial d’Espagne avait jeté les yeux sur notre Bienheureux. Il connaissait le courage de l’humble frère et le savait capable de surmonter les multiples obstacles pour le succès de la mission confiée. Pascal se montra prêt à accomplir sur le champ cet acte héroïque d’obéissance. Joyeux il partie aussitôt à pied, sans provision, sans préoccupation des difficultés et des périls de la route. Au delà des Pyrénées, il demande l’hospitalité au premier couvent franciscain qu’il rencontra en terre française. Les religieux crurent devoir le dissuader de poursuivre un voyage si dangereux qui le conduisait presque infailliblement à la mort. Désireux de pourvoir donner sa vie pur le Christ, Pascal ne voulut as entendre leurs raisons. Nous seulement il refusa de revenir sur ses pas mais il ne voulut pas échanger son habit franciscain contre l’habit séculier qui lui aurait permis de voyager avec plus de sécurité.

Pascal fut bientôt en butte aux injures et aux persécutions des hérétiques trop contents de rencontrer u papiste afin de déchargés sur lui leur haine contre le Pape et contre Rome, ils lui lancèrent des pierres, le frappèrent à coup de bâton, jetèrent sur lui de la fange et de la poussière et le poursuivirent de village en village sans égard pour son extrême fatigue. Un jour, leurs attaques furent si violents