Professeur Eric de Rus

"La formation de la personne chez Edith Stein", aux Bernardins Eric de Rus présente le thème et le déroulement de cette journée d'étude organisée à Paris.

 
"La formation de la personne chez Edith Stein", aux Bernardins -Eric de Rus présente le thème et le déroulement de cette journée d'étude organisée à Paris.

Eric de Rus-Paris, 30 septembre 2015

« La formation de la personne chez Edith Stein », c’est le thème d’une journée d’étude organisée dimanche prochain, 4 octobre (8h45-17h30) au Petit amphithéâtre du Collège des Bernardins.

Eric de Rus, professeur agrégé de philosophie, enseignant au centre pédagogique Madeleine Daniélou (Rueil-Malmaison) et associé au groupe de recherche « Éthique et personnalisme » de la faculté de philosophie de l'institut catholique de Toulouse, y participera : il en parle en avant-première aux lecteurs de Zenit.

Zenit — Eric de Rus, que signifie une « journée d’étude » ?

Eric de Rus — Cette journée proposée par le Collège des Bernardins s’inscrit dans le cadre d’un travail initié depuis plusieurs années par madame Sophie Binggeli, professeur dans cette institution (École Cathédrale, Faculté Notre-Dame). Celle-ci a suscité, avec sœur Cécile Rastoin, o.c.d, prieure du Carmel de Montmartre, un Groupe de recherche steinien qui rassemble des personnes d’horizons divers. Ces personnes se retrouvent plusieurs fois par an à Paris, dans un climat amical et studieux, pour travailler ensemble les différents aspects de la pensée d’Edith Stein. La conviction de fond qui les unit est simple : la pensée et le témoignage de vie d’Edith Stein peuvent nous aider à réfléchir aux défis philosophiques, théologiques, et tout simplement humains que notre époque nous adresse. Edith Stein fut une femme de son temps, philosophe, pédagogue, mystique, engagée dans le service de la personne contre toutes les formes de négation de la dignité humaine (notamment l’idéologie nazie). La fécondité de son héritage est loin d’être épuisée. En tant que figure de sainteté, elle est une amie sur le chemin de l’amour de Dieu ; comme co-patronne de l’Europe, elle est témoin de la possibilité du dialogue entre les hommes et les cultures. Plus largement, elle est pour chacun une sœur en humanité.

Conjointement à ce Groupe de recherche steinien, madame Sophie Binggeli a souhaité proposer une journée d’étude annuelle au Collège des Bernardins sous la forme de conférences et de tables rondes. De manière très pédagogique, chaque auditeur y reçoit un dossier comportant notamment des textes d’Edith Stein choisis par les différents intervenants. C’est donc un moment d’étude et d’échange.

Cette année, le thème retenu est celui de la formation de la personne humaine : pourquoi ?

Eric de Rus —Nous avons retenu ce thème essentiel parce qu’il représente un enjeu central de civilisation. En effet, la formation de la personne engage le devenir même de l’être humain, de l’humanité. À une époque où les totalitarismes déchirent l’Europe, Edith Stein s’intéresse à cette thématique et la met en œuvre à travers son travail d’enseignante et sa réflexion anthropologique. Portée par l’amour de la vérité, Edith Stein peut nous aider à renouveler de manière féconde et concrète la réflexion sur la personne humaine et sur sa formation.

Quel sera le programme de cette journée et qui sont les intervenants ?

Eric de Rus — Le programme de cette journée propose différents angles d’approche de cette thématique.

Madame Bénédicte Bouillot, professeur au Centre Sèvres et auteur d’une thèse, Le noyau de l’âme selon Edith Stein (récemment publiée aux éditions Hermann), abordera la formation comme responsabilité à l’égard de soi-même et libre réponse à un appel intérieur.

Madame Sophie Binggeli dont la thèse portait sur Le féminisme chez Edith Stein (Parole et Silence, 2010) s’attachera plus spécifiquement à la question des professions féminines et à la vocation de la femme.

Francesco Alfieri, professeur à l’université pontificale du Latran et auteur de nombreuses études sur Edith Stein (dont le remarquable ouvrage Die Rezeption Edith Steins. Internationale Edith-Stein-Bibliographie 1942-2012, Echter Verlag, 2012) traitera de la formation sous l’angle de la dimension communautaire de la pensée d’Edith Stein et sa portée éthique. D’ailleurs, la veille, le même Francesco Alfieri interviendra auprès du Groupe de recherche sur l’état actuel des recherches steiniennes au plan international ainsi que sur l’influence de Duns Scot sur la pensée d’Edith Stein.

Pour ma part, j’ouvrirai cette journée d’étude par une présentation d’ensemble de la formation de la personne selon Edith Stein. À partir de certaines données anthropologiques fondamentales, je suivrai le déploiement du processus de formation de la personne humaine tel qu’Edith Stein nous permet de l’envisager.

C’est un thème qui vous est cher comme en témoignent plusieurs de vos publications. Dans la plus récente, La vision éducative d’Edith Stein (Salvator, 2014), vous qualifiez l’éducation de « geste anthropologique intégral » : pourquoi cette image poétique du geste, qui évoque l’art de la danse ? 

Eric de Rus —Si la question de la personne humaine est l’axe central de la pensée d’Edith Stein, je considère que sa réflexion éducative en est la mise en œuvre exemplaire. Sa conception de la formation de la personne c’est son anthropologie en acte. La raison en est simple : comment se mettre au service du déploiement de la personne humaine en l’absence d’une certaine vision de l’homme ? La vision éducative d’Edith Stein assume tous les aspects de la personne humaine – corps, âme, esprit – en tenant compte de sa dimension individuelle et communautaire, ainsi que de sa destination naturelle et surnaturelle. Cette vision nous donne de contempler la beauté d’une « humanité accomplie, pure expression de la nature libérée et transfigurée par la force de la grâce ».

Pourquoi parler d’un geste au sujet de l’éducation ? Un geste, c’est tout simplement et essentiellement la vie manifestée dans la chair d’une existence humaine. Telle est l’éducation : le déploiement d’une humanité, la vivante épiphanie du mystère de la personne sous les traits d’une existence unique. Pour le chrétien que je suis, l’image du geste renferme tout le mystère de l’Incarnation. La Vie prend corps : quel abîme de contemplation ! La Vierge Marie me plonge dans ce mystère. Aucun cœur humain n’est entré comme le sien dans le cœur de la Vie. Elle s’est laissée entièrement épouser par la Vie divine au point de lui donner corps. En Jésus est le Geste parfait, la plénitude de la Vie faite chair.

Propos recueillis par Anita Bourdin

 
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