MON DIEU
ET
MON TOUT

© + Sr Denise Ermite

Série 25 - 22 pages

Les 7 paroles de la vierge Marie
auteur chamoine Goerge-Joseph de Geuser

Chapitre VIII

Paroles de l'Ancien Testament mise sur les lèvres de la Très Sainte Vierge

Préparation
Saint Jean Chrysostome, après avoir longuement médité les vertus du grand Apôtre, s’écriait dans son enthousiasme : « Le cœur de Paul…mais c’est le Cœur de Jésus ! Cor Pauli, Cor Christi ! »

Cette parole est surtout vraie de la sainte Vierge : «Cor Mariae, Cor Christi ; » Et cette bonne Mère peut nous dire bine plus justement que le Docteur des nations : « Soyez mes imitateurs comme je le suis de Jésus-Christ. » (O Cor, IV, 16.) Aussi l’Église, saintement insatiable de pénétrer les merveilles de ce Cœur Immaculé, ne s’est pas contentée des sept paroles de Marie a prononcé et qui déjà nos en dévoilent si bien les vertus ; elle a recueillie dans l’Ancien Testament des paroles inspirées qui lui ont paru exprimer parfaitement les sentiments de la très saint Vierge, et elle les présente aux pieuses méditations de ses enfants.

C’est avec un profond respect que nous devons les recevoir, car l’Église est l’épouse bien-aimée de Jésus-Christ. Toujours assistée par l’Esprit-Saint, elle est «la colonne de la vérité » (1) et son enseignement est infaillible.

La voix de l’Épouse est toujours douce au cœur de l’Époux : mais parfois elle se fait plus délicieuse et plus puissante : tel est le langage de l’Église, quand dans sa liturgie sainte, elle loue et bénit le Seigneur. Dans ce « ministère public » l’Église fait écho » l’hymne éternel que Dieu se chante à lui-même dans le secret de sa vie, en exprimant toutes ses perfections dans son Verbe et le souffle de son amour. » (02) Pour que ce concert de la créature soit plus digne du Créateur, le Fils de Dieu est descendu sur terre ; et il est venu mêler sa voix à celle de ses frères ; à son tour l’Esprit-Saint vient « prier dans nos cœurs avec des gémissements inénarrables. » Et non content de ce secours individuel, il assiste l’Église ; dans « cet office divin, » il la préserve infailliblement de toutes erreurs, au moins à certaines conditions. De là, la sentence promulguée par les Docteurs : « Lex orandi, lex credendi ; » ce qui nous est imposé comme objet de prière liturgique, nous est aussi imposé comme objet de foi. (03) Or, pour nous les rendre plus vénérables ; c’est dans ce trésor une l’Église a inséré les paroles de L’Ancien Testament nous révélant les pensées du Cœur Immaculé de Marie.

Est-ce tout ? Pas encore : ces divines paroles ont été parfois inspirées par l’Esprit de Dieu lui-même, comme traduisant exactement les sentiments de la sainte Vierge. Tous les chrétiens, le savent : dans la Bible, outre le sens littéral, exprimé naturellement par les paroles des écrivains sacrés, il y a souvent un sens spirituel et mystique, voulu de Dieu et renfermant sa pensée mystérieuse et ses dessins cachés. Ainsi, par exemple, le Cantique des Cantiques célèbre, dans un sens littéral, l’union de Jésus-Christ et de l’Église ; et en même temps, au sens spirituel, il exalte l’union de Jésus-Christ et de la sainte Vierge. « Cette dernière application, » dit M. Lesêtre, a été faite par plusieurs Pères, et particulièrement saint Ambroise, Rupert, Denise le Chartreux, saint Bernard, etc, L’Église l’autorise en se servant elle-même d’un grand nombre de textes du Cantique, dans les offices de la sainte Vierge. C’est à bon droit qu’elle ait ainsi, car Marie résume en elle les qualités de l’Épouse bien-aimée et de plus, elle est un membre de l’Église tellement éminent en sainteté qu’elle peut en être considérer comme la personnification la plus parfaite. » (Dict. Biblique.) (04) Quand le sens spirituel est bien attesté par la Tradition, c’est donc Dieu lui-même qui nous révèle les pensées de la sainte Vierge.

Après ces considérations générales, ouvrons pieusement nos Livres sacrés ; et pour mettre un peu d’ordre dans nos citations, classons-les d’après les diverses phases de la vie admirable de la divine Mère, depuis sa prédestination éternelle jusqu’à sa mort et sa glorieuse Assomption.

Section 1-Sur sa Prédestination éternelle

Avant d’écouter la sainte Vierge bénir le Seigneur de ses desseins d’amour sur elle, rappelons-nous les enseignements des Docteurs et pénétrons dans les pensées de l’admirable Trinité, autant que cela est possible à des pauvres intelligences créées.

De toute éternité, Dieu béatitude et charité infinies, décrète la création des anges et des hommes, afin des les associer à son bonheur. Pour que leur couronne leur soit plus chère et plus glorieuse, (01) il décide qu’elle sera le prix non seulement des divines libéralités, mais de leur libre coopération. Et parce que tout est présent à ses yeux, dès lors il prévoit la chute de Lucifer et le péché d’Adam. Dans les insondables conseils de sa Providence, il abandonne l’ange à son mal déchirée et il se propose de sauver l’homme par l’Incarnation.

Oui, « c’est ainsi que dieu a aimé le monde. Il lui a donné son Fils unique ! » Ce Fils, «splendeur de sa gloire et vivante image de sa substance,» (02) se fera donc « Fils de l’homme ! » Et comme la femme avait été l’instrument de la déchéance, Dieu décide qu’une femme aussi sera l’instrument de la réhabilitation. Sans doute, il aurait peu incarné son Fils sans lui donner une mère, le créant homme parfait comme Adam. Mais cet Homme-Dieu n’eût pas appartenu à notre race, dès lors, ce n’est pas de la race pécheresse que serait sorti celui qui devait, en son nom, payer la dette du péché. Jésus eût été un étranger pour nous. Dieu rejette ce plan comme moins conforme à sa Justice et son amour. Il décide que le Sauveur naîtra de notre famille et, par une conséquence nécessaire, qu’il aura une mère. Voilà ; comme Marie appartient à l’ordre de l’union hypostatique et comment l’Homme-Dieu et la vierge-Mère ont été prédestinés ensemble «par un seul et même décret » selon l’enseignement de la Bulle Ineffabilis, « uno eodemque decreto ! »

Ainsi donc de toute éternité, Dieu prédestine le Verbe Incarné et sa Mère, pour être, au sommet de l’échelle des êtres, « les premiers-nés » de son amour. (03) C’est pour eux qu’il fera jaillir du néant tous les mondes : le ciel et la terre seront leur palais ; tous les êtres, principalement les anges et les hommes, seront leurs sujets, leur cortège et leur cour. De toute éternité à Trinité Sainte contemple avec délices, non seulement le Verbe Incarné, mais Celle qui lui est unie indissolublement ; et les trois divines Personne se complaisent dans la pensée des dons ineffables qu’elles prodigueront à l’envie de cette vierge admirable et dans le ravissement de son cœur, Dieu la salue «comme un beau lis entre les épines. Sicut, lilium inter spinas, sic amica mea inter filias ! » (04)

Maintenant, écoutons l’Action de grâces de Marie:

Deux livres sacrés : Les Proverbes(VIII) et L’Ecclésiastique,(XXIV) (05)nous font apparaître dans une magnifique prosopopée, la Sagesse sous les traits d’une Reine toute belle et toue sainte, pleine de gloire et de richesses. Au témoignage des Docteurs, cette Reine, c’est la Sagesse Incréée que fonde et gouverne le monde « avec nombre, poids et mesures.(06) »

C’est aussi la Sagesse Incarnée, le verbe fait chair. Mais en même temps, c’est la sainte Vierge : car Dieu s’est si merveilleusement reflété en elle, comme dans un miroir, qu’il en a fait la copie parfaite de l’image vivante de sa Sagesse ; elle est ainsi, comme le chate l’Église, «Le Siège de la Sagesse, Sedes Sapientiae. » Mais elle en est aussi la « mère » puisqu’elle enfanté Jésus, la Sagesse Incarnée. (07) A tous ces titres, c’est à bon droit que la sainte Liturgie l’identifie avec la Sagesse elle-même. Or voici comme Marie, figurée sous les traits, prélude au Magnificat qu’elle doit chanter un jour. Dans L’Ecclésiastiques d’abord :
« Dès le commencement et avant tous les siècles, j’ai été crée
Et je ne cesserai pas d’être jusqu’à l’éternité…
Je suis sortie de la bouche du Très-Haut,
Et comme une nuée je couvris la terre,
J’habitai sur les hauteurs les plus élevés,
Et mon trône était sur une colonne de nuée. »

Et dans les Proverbes, développant la même pensée ;
« Jéhovah m’a possédée au commencement de ses voies,
Avant ses œuvres les plus anciennes.
J’ai été fondée dès l’éternité,
Dès le commencement, avant l’origine de la terre »
IL n’y a avait point abîmes que je fus formée,
Pont de sources chargées d’eau.
Avant que les montagnes fussent affermies
Avant les collines, j’étais enfantée ;
Lorsqu’il n’avait encore fait ni la terre, ni les plaines,
Ni les premiers éléments de la poussière du globe ;
Lorsqu’il disposa les cieux, j’étais là ;
Lorsqu’il traça un cercle à la surface de l’abîme,
Lorsque, affermit les nuages en haut,
Et qu’il dompta les sources de l’abîme,
Lorsqu’il fixa une limite à la mer,
Pour que les eaux n’en franchisses les bords,
Lorsqu’il posa les fondement de la terre,
J’étais à l’œuvre auprès de lui,
Me réjouissant chaque jour
Et jouant sans cesse en sa présence,
Jouant sur le globe de la terre,
Et trouvant mes délices parmi les enfants des hommes. »

L’Église a fait de cette action de grâces de la Vierge l’épitre de l’Immaculée Conception.

Après avoir félicité Marie de ses grandeurs je ferai ici un retour sur moi-même, et je remercierai, avec ma Mère, le Seigneur de ses bontés pour moi, Oui, moi, pauvre être indigne créature, je puis dire en vérité, comme la saint Vierge : de toute éternité, Dieu a pensé à moi, et m’a infiniment aimé c’est lui-même qui me l’affirme : « Je t’ai aimé d’un amour éternel ! »-« Avant tous les siècles, j’étais » dans son Cœur et «à jamais je vivrai près de Lui ! » de tout éternité, la sainte Trinité s’est complu dans la préoccupation des trésors dont elle m’enrichirait, malgré mes ingratitudes ; et «quand le Seigneur, formait les éléments du globe, les abîmes, les mots, et les fleurs, j’étais là »devant ses yeux ; il m’a donné à moi aussi le ciel et la terre pour palais, et il a tout crée pour moi : « Omnia porter electos ! » Et surtout il m’a intimement uni, par les liens les plus sacrés et les plus doux, au Roi et à la Reine de l’univers ; Jésus est mon frère et mon Sauveur ! Marie est mon Avocate et ma Mère ! O mon âme, bénis ton Seigneur, et que tout ce qui est en moi glorifie son saint Nom ! Benedic, anima mea, Dominum !... »

Section 2- Paroles de la Sainte Vierge sur son Immaculée Conception
Ainsi prédestinée paru être Mère du Verbe, il convenait que Marie fût tout Immaculée, il fallait au Père céleste, pour l’associer à la génération de son Fils unique, une créature plus pure que les Chérubins et les Séraphins ; Dieu le Fils se devait d’enrichir sa Mère de tous ses trésors est surtout de la préserve de toute souillure ; enfin le Esprit-Saint ne pouvait choisir pour épouse qu’une personne parfaitement sainte., Voilà pourquoi Dieu mit : des inimitiés éternelles entre cette Femme privilégiée et le démon, dont elle devait écraser la tête « Pourquoi Marie fut « pleine de grâce » dès sa Conception et « bénie entre toutes les femmes ; « pourquoi enfin le Seigneur se plaisir à la saluer en lui disant »-« Vous êtes toute belle, ô ma bien-aimée, et il n’y a point de tache en vous. »_Cant, IV.7)

Écoutons maintenant la Sainte Vierge chanter sa reconnaissance pour cette grâce ineffable en se servant des paroles e David (Ps, XXIX, 2,) et d’Isaïe, (LX !’10’) L’Église a fait de ce chant de gratitude, l’Introït de la fête du 8 décembre.

« Je me réjouirais en Jéhovah,
Et mon cœur sera ravi d’allégresse en mon Dieu,
Parce qu’il m’a revêtue du vêtement de salut,
Et il m’a couvert du manteau de la justice,
Comme le fiancé orne sa tête d’un diadème,
Comme la mariée se pare de ses joyaux. » (Isaïe, LXI »)
« Je t’exalte, Jéhovah, car tu m’as relevée,
Tu n’ans pas réjoui mes ennemis à mon sujet. » (Ps. XXIX »)

Que Dieu est bon ! Ici encore je puis mettre sur mes lèvres l’action de grâce de Marie. Sans doute, « j’ai été conçu dans l’iniquité ; » mais avec quelle miséricorde Dieu m’a lavé dans le sang de son Fils ! Après m’avoir purifié du péché, il m’a revêtu, moi aussi, au saint baptême, de la robe du salut, en me donnant la grâce, OH ! Oui, « gaudens gaudebo in Dominio ! »et avec ma Mère, je puis ajouter ; « O mon âme, bénis ton Seigneur » (Ps, CIII.) « Venez tous, et je vous raconterai tout ce que Dieu a fait pour moi. » (Ps.LXV.) »Le Très-Haut a sanctifié son tabernacle, et désormais il réside en moi : je ne serais point ébranlé. » ( PS. XLV, 5 et 6.)

Section 3- Sur sa Virginité et sa Maternité

Au ciel seulement, nous pourrons comprendre la splendeur de ces deux privilèges, les liens sacrés qu’ils établissent entre Jésus et Marie, l’amour mutuel de ces deux cœurs et les ineffables relations qui les unissent. Cependant, pour nous donner une lointaine idée de ces merveilles l’Église a interrogé le Cantique des Cantiques (8) qui chante l’union du Christ et de sa Mère, et elle nous a donné l’épitre du la Visitation.

La Vierge chante d’abord les abaissements du Verbe qui, pour s’unir à notre nature, a franchi «comme un géant » tous les obstacles, et a voulu descendre « du ciel dans une étable du trône de sa gloire dans une pauvre crèche, du sein de son Père dans celui d’une humble créature « (St Alphonse.)

« Le voici qui vient,
Bondissant sur els montages,
Franchissement les collines !... »
Elle le contemple ensuite s’incarnant dans ses chastes entrailles :
« Celui qui m’a créée repose dans mon tabernacle… (Eccli, XXIV,8.)

« Le voici, il vient derrière notre mur,
Il regarde par le treillis.
Mon bien-aimé prend la parole, il me dit :
Je suis le lis des vallées ;
Comme un lis au milieu des épines.
Telle est ma bien-aimée parmi les jeunes. (Cant., II.)

Elle lui dit alors son chaste et tendre amour et elle termine par cette conclusion qui résume tout : » Mon bien-aimé est tout à moi, et je suis tout à mon bien-aimé. »

Comme toujours, je puis m’approprier les paroles de ma mère, car Jésus s’est abaissé jusqu’à moi, et pour descendre en mon cœur, « il a franchi des montagnes » et il s’est fait Eucharistie ! Il m’aime moi aussi d’un amour infini et il s’est donnée lui-même avec tous ses trésors. «Dilexit me, et tradidit semet-ipsum pro me. » Oui vraiment, « mon bien-aimé est tout à moi. » Hélas ! puis-je dire avec Marie : « Et moi je suis tout à lui, et go illi ! »

Section 4- Enfin sa Maternité spirituelle

La maternité divine et la maternité spirituelle sont intiment liées ensemble : Marie n’a été élue Mère de Dieu que pour sauver les pécheurs et les enfants à la vie ; elle n’est devenu Mère des hommes qu’en leur donnant la grâce avec l’Auteur même de la grâce. Nous ne formons avec Jésus qu’un même Corps mystiques ; ayant enfanté le chef, la divine Mère devait nécessairement enfanter les membres. Écoutons-la, célébrant elle-même ce double mystère avec les paroles de l’Ecclésiastique. (Chapitre XXIV,) dont l’Église a fait le capitule de la fête de la maternité.

Après avoir chanté, comme nous venons de le voir, l’Incarnation du Verbe : » Celui qui m’a créée repose dans mon tabernacle, » Celui qui Ma créée reposer dans mon tabernacle, « La Vierge ajoute ; »Et il m’a dit : Habitez en Jacob, ; ayez votre héritage en Israël ; Jetez vos racines dans mes élus. »

Voilà la maternité spirituelle : Dieu donne à Maie comme enfants tous les hommes, mais spécialement les élus. Il faut lire dans le «Traité de la vraie dévotion, » les pages si pieuses où, commentant ce passage, le Bienheureux de Montfort exalte la dévotion à la Reine du ciel comme le gage le plus assuré de salut ; car Marie sauve tous ceux qui l’aiment. « Habitez en Jacob, » c’est-à-dire, faites vote demeure de prédilection dans les prédestinés, figurés par ce patriarche. « Ayez Israël pour héritage. » Dieu le Père a donné à son Fils toutes les nations en héritage, tous les hommes bonnes et mauvais, mais vous, ô marie, vous êtes spécialement la mère des élus dont Israël est l’image. Enfin « jetez dans mes saints les racines » de vos vertus, afin que, croissant chaque jour en mérite et en grâce, ils assurent le bonheur éternel

Et comment Marie dépose-t-elle au cœur des élus la sainteté ? Elle le fait d’abord en nous donnant dans l’Évangile une parole maternelle qui résume admirablement ses plus chers désirs et nos meilleurs intérêts : « Écoutez bien Jésus, et faites tout ce qu’il vous dira. » Mais l’Église met encore sur ses lèvres les leçons de la Sagesse, (dans l’épître de L’Immaculée Conception » )

« Et maintenant, mes enfants, écoutez-moi :
Heureux ceux qui gardent mes voies.
Soyez sages, recueillez mes instructions
Et ne les rejets pas ;
Heureux celui qui m’écoute
Et qui vieille chaque jour à ma porte.
Celui qui me trouve, a trouvé la vie.
Et il obtient la faveur de Jéhovah.
Mais celui qui m’offense blesse son âme ;
Tous ceux qui me haïssent aiment la mort.»
(Prov., VIII, 32-36.)

Tout le chapitre développe ces délicieux enseignements : oui, « Marie aime ceux qui l’aiment ; elle enrichit ses enfants et les comble de ses trésors. » Comme le déclare le livre de l’Ecclésiastique (XXIV) : «En elle est toute la grâce de bien penser et de bien vivre, - gratia omnis viae et veritatis,- en elle est toute notre espérance d’arriver à la vie de la grâce et à la sainteté,-omnis spes vitae et virtutis.- «Celui qui l’écoute ne sera pas confondu, et ceux qui agissent par elle ne pécheront point » Magnifique confirmation de la doctrine si adhère aux Saints et aux Docteurs et que le Bienheureux Grignion de Montfort résume en ces mots : «Oui, la dévotion à la très sainte Vierge est nécessaire au salut. Oui, celui-là compromet sont salut qui n’aime pas Marie. Mais au contraire, c’est une marque infaillible de prédestination de lui être entièrement et véritablement dévot.» ( Traité p. 26.)

Références- des textes.

(01)_ I Tim, III,15. « Ecclesia, columna et fermamentum veritatis »

(02)_ Dom Gréa. La liturgie, p.4

(03)_ La sainte Liturgie, remarque encore les Docteurs est véritablement divine-1-par son objet, puisque son but est de louer Dieu ;-2 par son principe, c’est la grâce d’en haut qui nous aide à prier surnaturellement ;-3- par sa forme, car, dit saint Augustin, «pour nous permette de le louer dignement, Dieu a daigné se louer lui-même. Ut bene ab hominibus laudetur Deus, laudavit se ipse Deus. »

(04)_ Suarewz, de myst. Christi ; disp.1, sect,1, « Totum Canticorum librum, non solum per accommodationem, sed etiam in sensu altquo a Spiritu sancto intento, vierginem paraecinere, omnes fere Patres, qui illum interpretantur, intelligunt. »

(05)_ « Magis gloriosum est homini, dit saint Thomas, (in sent, lll, d,20, q,1,) quia, quodquis meretur, quodammodo ex se habet, in quantum illud merurt. »

(06)_ Hébr, I, 3, « Qui, cum sit splendor gloriae et fugura substantiae ejus. »

(07)_ Col., I. 45 « Imago dei invisibilis, primogenitus omnis creaturae. »

(08)_ Cant., II, 2 et IV, 7. »Tota pulchra es, amica mea, et macula non est in te.»

(09)_ Le livre des Proverbes, écrit par Salomon, (sauf les deux derniers chapitres, ajoutés sous Ezéchias, roi de Juda, ainsi que l’atteste le prologue deux chapitre XXV,) est un manuel de règles morales ayant pour but de rendre l’homme meilleur ; « C’est l’enseignement donnée par la sagesse pour rendre l’homme sage. » (Marie.-Dict. biblique.) Le Livre de Ecclésiastique, écrit «par Jésus, fils de Sirach, de Jérusalem, » comme l’auteur de déclare au Chapitre, L, 29, a été composé en hébreu classique, environ 280 ans avant Notre-Seigneur, peu après la mort du Grand-Prêtre Simon, et il a été traduit en grec, sous le règne de Ptolémée III, ( 2127-222,) par le petit –fils de l’auteur, » Le titre d’Ecclésiastique, que les Latins donnent à cet ouvrage, dit Don Clamet, marque l’usage que l’on se faisait en le lisant dans les assemblé des religieuses et dans l’Église. »

(10)_ Sag., XI 21. « In mesurâ, numero et poudere disposuisti. »

(11)_ V. Corn, a Lap, InEccli.c. XXIV, prologue, « Sicut filius ejus est Sapientia incarnata, ita ipsa est sapientia illum gignens et incarnans. Adde : Ipsa Christi, qui est aeterna sapientia, Illustrissimum est membrum… Insuper ipsa est mater et causa omnis sapientiae … et sicut de Christo ait Paulus. (ICor., I, 20.) Quod factus est nobis, sapientia, justita et sanctificatio, sic, Christus concessit suae matri, ut causalier fieret nobis sapientia, justitia et sancificatio… » etc


(12)_ Le « Cantique des Cantiques. » ainsi appelé suivant une tournure hébraïque, pour désigner un cantique plus excellent que les autres, est un livre sacré, composé par Salomon, sous l’inspiration de l’Esprit-Saint. Son interprétation a donnée lieu à trois systèmes, historiques, mystiques et allégoriques.-1- l’interprétation historique- Quelques hérétiques, suivis plus tard par beaucoup de protestants, ont imaginé que le Cantique n’était qu’un épithalame célébrant l’union de Salomon avec la fille du roi d’Égypte, ou avec la Sulamite. Toute la tradition juive et chrétienne proteste contre cette opinion absolument insoutenable.-2- l’interprétation mystique.- Jansénius de Gand, Calmet et Bossuet out vu dans le Cantique un double sens littéral et mystique : le sens littéral-célébrerait le mariage de Salomon le sens mystique, l’union de Jésus-Christ et de l’Église. Cette interprétation ne mérite pas la même réprobation que la précédente, mais elle est complètement abandonnée, comme également contraire à la Tradition et à la raison.-3- l’interprétation -allégorique- C’est la seule acceptable. Voici commet l’expose Origène, et tous les Pères parlent comme lui : « Ce livre doit être entendu dans le sens spirituel : il dépeint l’union de l’Église avec Jésus-Christ, sous le nom d’épouse et d’époux…Par l’époux, il faut entendre le Christ, et l’Église est l’épouse sans tache et sans ride. »

Prières « Les Trois Ave»
Au troisième chapitre du présent ouvrage, nos avons montré le Bienheureux Égidius faisant sortir de terre trois lis miraculeux en l’honneur de Marie et de sa virginité sans tache, avant, pendant et après son enfantement. Ce gracieux prodige est l’image de la pieuse dévotion que chaque jour, soir et matin, fait jaillir de nos cœurs Trois Avec pour exalter ce glorieux privilège de notre Mère.

Dés le début du XIII e siècle, saint Antoine de Padoue (1195-1248) était l’apôtre zélé de cette salutaire pratiqué et il parait bien qu’elle était fort ancienne dans l’Église. Peu après, la sainte Vierge daigna l’approuver elle-même : on lit en effet dans la vie de sainte Machtilde (1241-1298) que cette illustre abbesse suppliait depuis longtemps la très sainte Vierge de l’assister à l’heure de la mort « -« je le ferai certainement, » lui répondit un jour la Reine du Ciel ; mais toi de ton côté, tu me réciterais chaque jour trois Ave, pour honorer la Toute-Puissance du Père, la Sagesse du Fils et la Miséricorde du Saint-Esprit, qui m’ont comblée de tant de grâces »

Depuis lors, cette dévotion s’est beaucoup propagée, grâce surtout au zèle de plusieurs grand missionnaires, Saint Léonard de Port-Maurice (1976-1754) la recommandait sans cesse : » On ! S’écriait-il, quelle ravissante pratique de piété ! C’est un moyen très efficace d’assurer son salut. » A son exemple, saint Alphonse de Ligouri, (1693-1787) exhortait tous les chrétiens à réciter, soir et matin, ces trois Ave : «Ne nous lassons jamais, disait-il à ses religieux, d’inspirer à tous, aux dévots et aux prêcheurs, la dévotion à la divine Marie ; particulièrement en se recommandant à la bienheureuse Vierge, le matin et le soir, par trois Ave Maria, afin qu’elle les préserve du péché mortel. »

La merveilleuse efficacité de cette prière est attestée par des grâces sans nombre, guérisons, conversions, et surtout préservation du vice impur. On a publié des recueils et même une revue mensuelle : « Le Propagateur des trois Ave Marie » citant quantité de faits miraculeux. Aussi les Souverains Pontifes se sont-ils plus à encourager cette dévotion. Léon XIII a accordé 200 jours à tous ceux qui récitent trois Ave Maria avec cette oraison jaculatoire de saint Alphonse : «Marie, ma bonne Mère, préservez-moi aujourd’hui de tout péché mortel. »
Le soir, on peut dire : « Préservez-moi pendant cette nuit. (8février 1900) Pie X a daigné accorder la bénédiction apostolique à tous ceux qui observeraient cette pieuse pratique. (27 Septembre 1903)

Enfin, le 5 décembre 1904, le même saint Pontifie a accordé 300 jours d’indulgence à ceux qui diraient trois Ave Maria en ajoutant, à chacun d’eux, cette autre invocation de saint Alphonse : « Par votre Immaculée Conception, Marie, purifiez mon corps et sanctifiez mon âme. »

Aimons nos trois Ave Maria : récitons-les pieusement soir et matin ; et si chaque jour nous honorons ainsi «Notre-Dame des Trois Ave Maria (01) n’en doutons pas, cette tendre Mère nos obtiendra des grâces toutes-puissantes des sanctifications et particulièrement l’horreur du péché mortel » « O mon Dieu, plutôt mourir que de vous offenser volontairement. Potius mori quam foedari. (2)

Deux prières au Saint Coeur de Marie récitées chaque jour au grand séminaire de Cambrai
Matin
O Cœur Immaculée de Marie, cœur tout aimable de notre bonne Mère, obtenez-nous, par votre toute-puissante intercession, une inviolable pureté du corps, d’esprit et de cœur, afin que nous puissions avoir à la douce amitié du Roi de nos cœur, Jésus votre divin Fils. Ainsi soit-il
Soir
O Saint Cœur de Marie, Cœur percé d’un glaive de douleur, obtenez-nous un courage invincible au milieu des croix et des tribulations, et la grâce de travailler toujours, avec une nouvelle ardeur, à notre perfection et au salut des âmes pour la plus grande gloire du Cœur de Jésus. Ainsi soit-il
c
Références- prière
(01)_Titre approuvé par l’autorité épiscopale, Mgr. Mélison, évêque de Blois, a enrichi de 50 jours d’indulgence l’invocation ; « Notre-Dame des Trois Ave Maria, priez pour nous. »

(02)_Nous arrêterons ici nos études sur les Prières à la Très Sainte Vierge et nous les terminerons pas ces quelques réflexions.
1- Quant aux hymnes liturgique contenus dans le Bréviaire, à part celles du Commun, le « Quem pontus, » et le « Gloriosa, » qui sont du VI siècle, et vraisemblablement de Saint Fortunat, presque tous sont de facture moderne et d’auteurs anonymes, même les hymnes des Apparitions de Notre-Dame de Lourdes, composées en 1891, par un prélat consulteur de la Congrégation des Rites. C’est un usage de l’Église romaine de ne pas publier le nom des écrivains qui prêtent leur concours à la fonction des offices. Les hymnes de la fête du saint-Rosaire ont été parfois attribuées à Léon XIII, elles ont en réalité d’un dévot serviteur de Marie, Eustachius Siréna, qui les composa ver 2822, (Albin. .315.)

2- Quant aux hymnes extra-liturgiques, on en trouvera un choix très riche dans l’Année liturgique, de Dom Guéranger. On a aussi publié des hymnaires sur des sujets spéciaux, comme le Pietas sacerdotalis erga lmmaculatam Conceptionem, édité chez Desclée, en 1904, par le P. Henri Watrigant. s.j.

L’ordre des pages sont placées l’une derrière l'autre ;
tel que dans le livre et non pas en ordre alphabétique suivre les chiffres.

 

Titre

auteur
l'Abbé G. Degeuser

Les 7 Paroles de Très Vierge Marie
01
Avant-Propos-Chanoine-Georges-Joseph-Degeuser.html
12
6ieme-Parole-Chanoine-Georges-Joseph-Degeuser.html
02
Aimons-la-Vierge-Meditons-Chanoine-Georges-Joseph-Degeuser.html
13
7ieme-Parole-Chanoine-Georges-Joseph-Degeuser.html
03
Considerations-Chanoine-Georges-Joseph-Degeuser.html
14
 Paroles-mises-sur-les-levres-Ste-Vierge-Chanoine-Georges-Joseph-Degeuser.html
04
1iere-Parole-Chanoine-Georges-Joseph-Degeuser.html
15
Consacrons-nous-a-Marie-Chanoine-Georges-Joseph-Degeuser.html
05
2ieme-Parole-Chanoine-Georges-Joseph-Degeuser.html
16
A-quel-moment-de-sa-vie-Marie-Chanoine-Georges-Joseph-Degeuser.html
06
3ieme-Parole-Chanoine-Georges-Joseph-Degeuser.html
17
 A-quel-moment-St-Jean-Baptiste-Chanoine-Georges-Joseph-Degeuser.html
07
4ieme-Parole-Chanoine-Georges-Joseph-Degeuser.html
18
Pour-quelles-raisons-plut-il-a-Dieu-Chanoine-Georges-Joseph-Degeuser.html
08
Magnificat2-Connaissance-de-Dieu-sois-meme-Chanoine-Georges-Joseph-Degeuser.html
19
Magnificat-ecole-de-reconnaissance-Chanoine-Georges-Joseph-Degeuser.html
09
Magnificat3-La-providence-Chanoine-Georges-Joseph-Degeuser.html
20
Notre-Dame-du-Tres-Saint-Sacrement-Chanoine-Georges-Joseph-Degeuser.html
10
Magnificat4-Le don-de-Jesus-Chanoine-Georges-Joseph-Degeuser.html
21
Sur-le-Saint-Esclavage-Chanoine-Georges-Joseph-Degeuser.html
11
5ieme-Parole-Chanoine-Georges-Joseph-Degeuser.html
22
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