MON DIEU
ET
MON TOUT

© + Sr Denise Ermite

Série 25 - 22 pages

Les 7 paroles de la vierge Marie
auteur chamoine Goerge-Joseph de Geuser

Appendice E

Notre-Dame du Très Saint-Sacrement

Préparation
C’est au premier mai 1868, à Saint Maurice, (01) que le Vénérable Père Eymard, ouvrant les exercices du mois de Mare, termina une chaleureuse exhortation par ces paroles : « Eh bien nos honoreront la sainte Vierge sous le vocable de Notre-Dame de Très Saint-Sacrement. Ainsi, disons avec confiance et amour : Notre-Dame de Très Saint-Sacrement, mère et modèle des adorateurs, priez pour nous qui avons recoures à vous. » (02)

Le Père était radieux, sa parole émue : son cœur débordait d’allégresse, il venait de payer à Marie une dette de reconnaissance. Comme il aimait à le redire : « C’était le nom nouveau d’une chose fort ancienne. » Plus tard, l’Église devant sanctionner cette appellation, en accordant de riches et nombreuses indulgences à ceux qui salueraient ainsi la divine Mère de Dieu.

En effet, ce titre exprime très bien la part de Marie dans l’économie eucharistique et qui peut se résumer en deux propositions :

1- C’est elle d’abord qui, après nous avoir donnée Jésus, nous a obtenu, mérité et préparé l’adorable sacrement de nos autels.

2- C’est elle ensuite qui, après avoir procuré l’Eucharistie au monde, a été chargée de ramener le monde à l’Eucharistie, pour le régénérer, le sauver et le rendre heureux.

Section 1-Marie procure l'Eucharistie au monde (03)
A vrai dire, pour démontrer cette thèse, il nous suffirait de rappeler la doctrine commune des Théologiens saluant la sainte Vierge comme la Trésorière et la Dispensatrice de toutes les grâces. « Si tout nous vient par Marie, l’Eucharistie, qui est la grâce des grâces, et donc aussi le fruit de sa méditation. » (P. Tesnière. »)

À la rigueur cette seul affirmation pourrait suffire ; mais notre piété filiale aime à pénétrer plus à fond le rôle de notre Mère dans le mystère eucharistique ; et ce rôle nous le résumons en quatre mots : Elle nous donne Jésus, et elle nous a obtenu, mérité et préparé l’Eucharistie.

Section 2- Marie nous a donné Jésus.
Sans son virginal consentement, le mode n’aurait jamais eu le Sauveur, et partant, jamais d’Eucharistie, c’est ce que l’Église ne cesse de célébrer dans l’Office de la Fête-Dieu et les hymnes au Saint-Sacrement :

« Ave, verum corpus natum de Maria Virgine. »
Qui natus es de Virgine… »
Nobis natus, nobis datus
Ex intactâ Virgine… »

Oui, en vérité, « le Corps adorable de Notre-Seigneur, réellement présent dans l’Eucharistie, est le même corps qui a été formé du sang très pur de Marie, nourri de sa substance et de son lait virginal’. » c’est pour cela que saint Augutin disait : « Caro Jesu, caro est Mariae. » Et il ajoutait : «Le Sauveur nous donne cette chair de Marie comme l’aliment de notre salut ! » (04) A ce titre déjà, c’est à la sainte Vierge que nous devons l’Eucharistie, et cette pensée ravissait les Saints : » La chair que Jésus prit de Marie, dit saint Anselme, chaque jour, à la messe, l’Église nous la donne en nourriture. »

Dans ses Notes spirituelles, saint Ignace raconte qu’un jour, au moment de la consécration, Notre-Dame lui montra «que sa chair était dans la chair de son Fils, et cette pensée le plongea dans un ineffable ravissement (05)

De là, le P. Machault, aussi savant que pieux, tire cette conclusion : « que l’Eucharistie est la relique de Marie la plus authentique et la plus précieuse que la terre possède. » En effet, le Saint-Esprit lui-même nous apprend que les enfants sont « les reliques de leurs parents. »-« Sunt reliquae homini pacifio, Reliquiae impiorum intribunt. » (Ps. XXXVI-37-38.)

La sainte Hostie est donc, dit le P. Tesnière, « comme une relique vivante et animée qui me donne toute ensemble le Fils et la Mère, Jésus et Marie. »

Section 3- Marie nous a obtenu l'Eucharistie.
Dieu désire infiniment plus nous enrichir de ses trésors que nous ne désirons les recevoir, Cependant il pose d’ordinaire, comme condition à ses libéralités, qu’on le lui demande avec instances. Ainsi, pour nous arracher à l’enfer, il nous promet un sauveur. Mais, pendant des milliers d’années, les Prophètes, les Patriarches, les Justes de la Loi ancienne l’appelleront de tous leurs vœux : « Rorate coeli ! »

Notre-Seigneur veut donner à la Samaritaine sa grâce divine. Mais tout d’abord, il excite en elle le désir de «cette eau qui jaillit jusque dans la vie éternelle, » et lui-même met sur ses lèvres cette ardent prière ; « Seigneur donnez-moi cette eau ! »

Ainsi encore il annonce l’Eucharistie, et il exalte «ce Pain du ciel, bien supérieur à la manne et qui préserve de la mort ceux qui s’en nourriront. » Et les disciples alors lui disent : « Seigneur, donnez-nous toujours de ce pain ! »

Mais de même que tous les prières des anciens justes restaient impuissantes, et qu’il fallait les brûlantes supplications de Marie pour faire descendre du ciel le Rédempteur, de même, pour L’Eucharistie, ce n’est pas la prière des Capharnaites, mais celle de la Vierge qui nous l’a obtenue.

Toute sa vie, Marie n’a cessé de demander ce trésor par excellence. Déjà au Temple, quand elle entendait les Prophètes annoncer «le froment des élus,…le vin qui ferait germer les vierges,… les sacrifices pur qui devait s’offrir à jamais du couchant au levant,… ce pain du ciel qui renfermait en lui toutes les délices,… » Marie, éclairée de clartés divines, entrevoyait un monde de merveilles qui provoquait ses désirs et ses prières.

Au jour de l’Annonciation, ces lumières deviennent mille fois plus pénétrantes. Alors aussi, dit Isidore Glabas, évêque de Thessalonique, «la sainte Vierge avant goûté ; elle-même et d’une manière ineffable les délices de l’union divine, a voulu que ses enfants n’en fussent point sevrés. Elle a supplié son Fils de nous préparera le festin Eucharistique, où nos âmes trouvent le remède à leurs blessures et l’avant-goût de leur éternelle félicité.

Cette prière, dieu ne pouvait le rejet ; celle qui demandait méritait d’être exaucée ; de lui-même n’avait pas de plus ardent désir que de réaliser de dessein. Et voilà les motifs de l’étonnant mystère qui s’est accompli. Humbles mortels, nos commuions à la charité de Dieu que la toute Immaculée a tissée et dont elle a revêtue le Sauveur. » On trouvera dans la Revue de « L’Eucharistie. » (Février 1911, p. 33,) le texte intégral de ce pieux passage que nous n’avons pu que résumer ici.

Plus tard, à Cana, quand Marie s’asseyait au festin es noces, ne songeait-elle pas aux Noces spirituelles de son Fils avec la nature humaines ? Beaucoup l’ont pensé ; ils ont vu dan le changement e l’au en vin, un miracle figuratif, comme celui de la multiplication des paix. Ils ont cru lorsque la Vierge disait à son fils : « Vinum non habent, » elle lui adressait une humble supplication de hâté le jour béni, où il donnerait aux hommes le vin délicieux qui devait charmer le festin de leur vie.

« Ils n’ont point de vin, dit saint Bernard. Nous ne parlons pas du vin qui engendre la luxure ; nous cherchons le vin dont le prophète a dit qu’il fait germer les vierges, vous en êtes l’échanson, ö Marie…dites pour nous à votre Fils « Ils n’ont point de vin. » Le calice de ce vin qu’il est beau ! Il enivre, il réchauffe, il enflamme ; il remplit de courage, il réjouit le cœur de l’homme. Voilà le vin que nous espérons de vous et par vous. (6)

« Si tout cela ne suffisait pas à établir la connaissance que Marie dut avoir longtemps à l’avance de l’Eucharistie, il faudrait au moins admettre qu’elle crut à la fameuse promesse de Capharnaüm, et qu’elle en comprit tout la portée : » Je suis le pain de vie. La nourriture que je donnerai pour la vie du monde, c’est ma chair. » Oui, Marie connut ; parce qu’elle connut, elle désira, elle pria ; et nous le dirons après Salazar, le P. de Machault, le P. Bernardin de Paris, etc ce fut à sa prière, ce fut en vue de Marie, ce fut pour elle surtout, que Jésus institua l’Eucharistie. » (P. Tesnière.)

Section 4- Marie nous a mérité l'Eucharistie.
En ce sens qu’elle puissamment incliné le Cœur de Jésus à nous donner ce trésor. Le saint Concile de Trente (Sess. XIII, ch. II) nous donne huit raison de l’Institution de l’Eucharistie. Toutes, sauf une, relative au péché, conviennent à Marie à bien plus de titres qu’à nous. (07)

Jésus, dit le Concile, veut « répandre à profusion les largesses de son amour ; » mais, qui en est plus digne que Marie ? Qui saurait mieux en profiter ?

Il nous donne ce sacrement comme « un mémorial de toutes ses merveilles ; » mais avant tout c’est elle qui y a coopéré d’une manière si admirable.

Il veut que, par l’Eucharistie » nous annoncions sa mort « mais celle qui s’est immolée ave lui, sur le Calvaire, s’immolera mieux que tout autre avec lui au Saint Autel.

Son Corps est « un pain vivant qui doit donner la vie » aux chrétiens : mais quel cœur est mieux disposé que celui de Marie pour recevoir cette vie divine dans sa plénitude ?

L’Eucharistie est le « signe de l’union ; » mais est-il une créature qui lui soit plus étroitement unie que sa Mère ?

Elle est «le gage de la gloire future, le ferment de la résurrection ; « mais Marie doit ressusciter en corps et en âme et c’est d’elle surtout qu’il est vrai de dire : « Celui qui me mange, je le ressusciterai dans ma gloire »

Enfin Jésus veut ce sacrement, parce qu’il met « ses délices à être avec nous ; » mais ne trouve-t-il pas dans le cœur de Marie un paradis mille fois plus délicieux que dans ses anges et dans ses saints ? Un jour, Notre-Seigneur disait à sainte Thérèse : « Si je n’avais déjà préparé mon ciel, je le créerais pour toi » » Mais c’est surtout à sa Mère qu’il aime à redire : « C’est pour vous que j’ai institué l’Eucharistie. »

Voilà pourquoi saint Grégoire de Nysse appelle ce sacrement «le mystère de la Vierge. »-«Le Verbe s’est incarné, dit saint Bernardin, plus pour Marie que pour le genre humain tout entier.- Plus venit pro ipsa redimenda, quam pro omni alia creatura. » (08)

Section 5- Enfin Marie nous a préparé l'Eucharistie.
C’est elle en effet qui, dans l’incarnation, nous a préparé ce divin aliment. Dans son commentaire sur les Psaumes, (In ps. XXXIII, Sermo 1.n.6,) saint Augustin cite la parole de saint Jean : « Le Verbe était Dieu, » et il ajoute : « Voilà la nourriture éternelle des anges ! …mais quel homme pourrait la manger come eux ? Où est le cœur capable de la prendre ? Il fallait donc que cet aliment devînt un lait pour être propre à nourrir les enfants que nous sommes. Mais à qui convient-il de convertir en lait en une nourriture solide ? C’est la fonction propre de la mère. Elle s’incarne le pain, par un travail mystérieux, elle en fait du lait, et de ce lait elle alimente un enfant ? » N’est pas là, remarque le P. Terrien, (IV, 44.) L’image fidèle de ce que Marie fait pour nous ? Comme les anges, nous sommes fils de Dieu ; et pour entretenir en nous la vie divine, nous avons besoin d’un aliment divin, spirituel et invisible. Le Pain des Anges est trop substantiel pour notre faiblesse, Marie l’a fait chair et sang pour qu’il pût nous être servi dans le mystère eucharistique ; et par elle, l’homme se nourrit du Pain céleste : «Panem angelorum manducavit homo. »- « O Vierge, lui dit saint Augustin, (Serm.de Annunt., allaitez votre Fils, nourrissez notre pain :-Lacta, ö Virgo, panem nostrum ! Cet enfant qui repose entre vos bras et que vous pressez sur votre sein, vous savez qu’il sera notre pain. Il est encore trop tendre, il doit avoir sa maturité pour nous servir de nourriture. Donnez-lui la mamelle afin qu’il croisse. Pensez qu’en allaitant et nourrissant votre Fils, vous allaitez et nourrissez tous les fidèles, dont il doit être un jour, dans l’Eucharistie, le lait et la nourriture ! » (09)

« Aussi, dit saint Jean Damascène, (Serm, XLV) le lait de la Vierge se change en chair du Sauveur, et c’est de ce lait lui-même, n’en doutez pas, que vous recevez au saint Autel. » (10) On rencontre qu’un jour la sainte Vierge permit à saint Bernard de s’approche de son sein et de savoure d’une manière mystérieuse le lait de ses mamelles, Marie est plus magnifique encore pour les chrétiens : «Le lait divin qu’elle leur présent c’est Dieu lui-même changé en lait pour notre faiblesse. » (P. Tesnière.)

C’est donc à bon droit que sainte Épiphane, ( Hom. 5, de laudibus M.) salue la sainte Vierge « comme un champ non cultivé de main d’homme, et qui a reçu la semence du Verbe…et comme un four sur naturel qui a livré au monde le Pain de vie, tout brûlant du feu de la divinité.»-« Elle est, dit à son tour Richard de Saint –Victor, la nourrice de l’Église, une Bethléem spirituelle, le grenier d’où est tiré le froment des élus. » (11)
-« Elle est, ajoute Georges de Nicomédie, la Table qui porte la vie et le pain qui nourrit le âmes d’une ambroisie céleste. » (12) «Elle est, dit saint Jean Damascène, la vigne sacrée, plantée de la main de Dieu, et qui donne au monde le raisin et le nectar de la vie éternelle ! » etc… Et saint Pierre Damien conclut : « Quelles actions de grâces devons-nous rendre à Marie pour un si grand bienfait ! Oui, c’est le vrai Corps du Christ, engendré dans son sein que nous recevons à l’autel ; c’est le vrai Sang du Christ, puisez dans ses veines, que nous buvons dans l’Eucharistie !... c’est Marie qui nous a préparé dans ses chastes entrailles la chair immaculée qui nourrir nos âmes !... Eve a mangé un fruit, qui nous a donné la mort ; la sainte Vierge nous en présente au autre qui nous conduite à la vie ! » (13)

Cette préparation de l’Eucharistie commencée dans l’Incarnation, Marie l’acheva sur le Calvaire. Il fallait en effet que le « Froment des élus » fût broyé, pour devenir notre aliment, moulu dans les tourments, passé au double feu de la douleur et de l’amour ; il faillait que le « fruit de la vigne » fût foulé au pressoir de la Passion. C’est ce que les Prophètes avaient annoncé. (14) C’est de que Notre-Seigneur disait à ses apôtres au moment même où il instituait l’Eucharistie : Ceci est mon Corps qui va être broyé pour vous ; ceci est mon Sang qui va être répandu pour vous. » (15)

Or, au jour de la suprême immolation, Marie assiste son divin Fils, elle souscrit à ses douleurs excessives, elle coopère avec lui au grand sacrifice qui doit sauver le monde. » A cette heure suprême, dit le P. Terrien. (IV, 43,)

Marie savait eu la victime offerte alors d’une manière sanglante, serait immolé mystiquement jusqu’à la fin des siècles et deviendrait l’alimente des Fidèles ; en s’associant à l’oblation de Jésus-Christ sur la croix, elle en voulait expressément la conséquence naturelle, c’est-à-dire le Sacrifice Eucharistique et la Communion. »

O Marie, Notre-Dame de Très Saint-Sacrement, quelles dignes actions de grâces pourrons-nous jamais vous offrir ? Car en vérité, c’est à Vous, après Jésus, que nous devons la divine Eucharistie ! Oh ! Merci de nous avoir obtenus par vos prières cet ineffable trésor ! Merci de nous l’avoir mérité par vos vertus ! Merci de nous l’avoir préparé au jour de l’Annonciation et surtout au Vendredi-Saint. Merci ! Car en nous donnant Jésus, vous nous avez donné tous les biens ! « Cum illo omni nobis donavit. » (Rom. VIII, 32.)

Section 6- Marie attire le monde à l'Eucharistie.
O Mère, n’est-ce pas là le suprême désir de votre Cœur ? Vous aimez tant votre Jésus ! Quelle n’est pas votre douleur, quand vous voyez votre divin Fils délaissé dans son tabernacle solitaire ; quand vous le contemplez renouvelant dans une église déserte le sacrifice du Calvaire ; quand personne ne vient à la Table Sainte répondre à ses touchants appels !

Mais lorsque de nombreux adorateur se presses au pied de ses autels s’unissent à son immolation, et viennent au Banquet sacré se nourrir de sa Chair et de son Sang, alors, ô Maire, qui saurait dire la joie de votre âme ?

Vous êtes heureuse parce que Jésus est honoré ! Heureuse aussi parce que vous nous aimez si tendrement ! Et vous le saviez, Jésus est la source de tous les biens ! Aller à Jésus, c’est pour nous la vie, la sainteté le bonheur. Et voilà pourquoi, jamais sur terre, nous ne pourrons comprendre combien vous avez faim et soif de nous attirer à Eucharistie.

Ce rôle sacré, la très sainte Vierge le remplit trois manières, par ses exemples, par ses conseils, par son assistance et les grâces qu’elle nous obtient.

Section 7- Par ses exemples.
Marie est le Modèle de notre vie eucharistique à un double titre. Elle l’est d’abord, et d’une façon suréminente, par ses sublimes relations avec Notre-Seigneur dans l’Incarnation. Cette ineffable union de Jésus-Christ, et de la Vierge est le type et l’exemplaire de l’union de Jésus-Christ et de l’âme chrétienne dans le double mystère de la Grâce et de la Communion. L’Eucharistie est le complément et l’extension de l’Incarnation ; et nous avons entendue plus haut Isidore de Thessalonique nous le dire : « C’est après avoir goûté le délice de l’union divine, que la sainte Vierge, convoitant pour nous un bonheur analogue, a demandé pour ses enfants l’institution de l’Eucharistie ! »Voilà pourquoi Marie serait toujours notre modèle, alors même qu’elle serait morte avec son divin Fils sur le Calvaire. Toujours au pied du Tabernacle, nous devrions chercher à imiter les adorations de Maire à Bethléem, en Égypte et à Nazareth ! Toujours à la sainte Messe, nous devrions nous unir à Marie, au pied de la Croix ! Toujours en communiant, nous devrions contempler Marie recevant en elle le Fils de Dieu, au jour béni de L’Annonciation ! et jamais nous ne saurions assez méditer cet ineffable modèle !

Mais pour notre édification, Dieu a voulu qu’après l’Ascension de son divin Fils, la très sainte Vierge fût toute sanctifiées par l‘Eucharistie. Et si l’on admet avec Surez et beaucoup d’auteurs, que Marie vécut jusqu’à l’âge de soixante-douze ans, c’est donc pendant vingt-quatre années que dans la maison de saint Jean, Marie assista à la messe du grand Apôtre, communia de sa main et passa les jours et les nuits en adoration au pied du Tabernacle !...

« On n’en saurait douter, dit Canisius, pendant ces vingt-quatre années, la vie de la sainte Vierge fut une continuelle et incessante contemplation, - jugis et continua contemplatio. » (16) Près de son Fils, voilé sous les espèces, elle revivait les jours passés : à Noel, elle l’adorait dans la Crèche eucharistique, comme autrefois à Bethléem ; puis, avec l’Église, elle honorait pour tour à tour sa vie caché, sa vie publique, sa vie souffrante. A Pâques, elle le contemplait dans l’Hostie, ressuscité et plein de gloire. Mais en même temps, les mystères eucharistiques la plongeait en d’ineffables ravissements, et jamais sur terre, nous ne saurions comprendre avec quelle foi, quelle vive espérance, quelle brûlante charité, quelle profonde religion, Marie offrait à Dieu les grands devoir du christianisme : l’Adoration, l’Action de grâces, la Réparation et l’Impétration !

Chaque matin, Marie assistait à la messe de saint Jean. Alors toue la scène du Calvaire se ranimait devant elle ; elle redisait son « Fiat ; » elle offrait son Jésus ; elle s’immolait avec Lui ! Et, sachant les trésors infinis que nos méritait la mort de son Fils, elle puisait à pleines mains, pour elle, pour l’Église, pour tous ses enfants, pour chacun d’eux en particulier, dans ces « sources du Sauveurs ; »- « Haurietis in gaudio de fontibus Salvatoris. » (Is, XII, 3)

Puis elle communiait, et comme au 25 mars, le Verbe descendait dans son Tabernacle ! Ici arrêtons-nous devant un double mystères, également incompréhensible, le mystère des vertus sublimes que la Vierge offrait à son Bien-Aimé, et le mystère des grâces miraculeuses que Notre-Seigneur répandait à profusion dans l’âme de sa Mère ! De pieux et graves auteurs ont essayé d’entrevoir quelque chose de ces merveilles ; ils ont pensé, avec Alexandre de Halès, que souvent Jésus se montrait à elle sous les saintes espèces ; - avec le P. Faber et beaucoup d’autres, qu’il «demeurait toujours présent dans son cœur sous les espèces du Sacrement, miraculeusement conservées dans leur intégrité, d’une communion à l’autre. » Enfin ils ont cru, avec Suarez et saint François de Sales, que le sommeil même n’entravait pas la contemplation et la prière de la sainte Vierge. Évidement aucun prodige ne saurait étonner quand il s’agit d’une sainteté aussi prodigieuse. Mais laissons au Seigneur le soin de nous découvrir un jour, dans la Patrie, toutes les divines prodigalités dont il s’est plu d’enrichir sa très sainte Mère !

Section 8- Par ses conseils.
Copie toujours fidèle de son Jésus qui nous a enseigné d’abord par ses exemples, puis par ses leçons : « Coepit facere et docere : » Marie n’est pas seulement notre Modèle, elle et aussi notre sage conseillère, et elle nous appelle à l’Eucharistie avec un zèle apostolique mille fois plus ardent que celui des Paul et des François-Xavier. Nos Saints Livres nous présentent une magnifique prosopopée de la Sagesse pressant les hommes d’entrer dans le chemin « de la vie et de la sainteté. » Or, la sainte Église, dans sas Liturgie, nous affirme que, sous les traits de cette Reine, c’est la sainte Vierge elle-même qui a parle à ses enfants. Comme elle nous y invite elle-même, écoutons avec un respect filial, ses instructions maternelles : « Mes enfants, c’est à vous que ma voie s’adresse ; c’est vers vous que je pousse ce cri de mon cœur.- Écoutez-moi !... Je possède la richesse, la gloire, la magnificence et la vertu Jésus) le fruit béni de mon sien est plus précieux que l’or et les pierres précieuses et plus pur que l’argent émondé. » Ici, cette divine Reine ajout qu’elle « a préparé pour nous une table magnifique, » - L’Eucharistie,-« et qu’elle a envoyé de toutes parts des messagers pour y inviter les hommes. »

Puis elle nous adresse ce touchant appel : « Venez, mangez mon pain et buvez le vin que j’ai mêlé pour vous !... » En el prenant « cesses d’être faibles, et, forts d’une nouvelle vie, marchez dans les voies de la prudence ! » (Prov. VIII, 5 ; IX, 5-6.) Et a Livre de l’Ecclésiastique, (XXIV,) elle nous redit encore : « Venez à moi vous tous qui m’aimez, mangez et rasassiez-vous de mes fruits ; l’héritage que je vous donnerai est plus doux que le miel » Que de fois aussi dans la vie des Saintes, nous voyons cette divine Mère conduire ses enfants ; une sainteté éminente en leur recommandant une ardent dévotion à l’Eucharistie. De là, cet axiome si cher à la piété chrétienne ; « Ad Jesum per Mariam ! » Tout à Jésus par Marie ! Tout à Marie pour Jésus ! »

Section 9- Par ses secours
Que la sainte Vierge ait reçu de Notre-Seigneur la dispensation de toutes les grâces eucharistiques, c’est là une conséquence nécessaire de la doctrine des Saints saluant Marie comme la Trésorière et la Dispensatrice de toutes les grâces. Rappelons ici, avec le P. Tesnière, une des principales raisons sur lesquelles les Docteurs établissent cette vérité. Le suprême désir du Verbe, nous disent-ils, était de récupérer la gloire de Dieu et le salut du monde. Or, c’est en recevant de Marie son humanité sainte qu’il a pu réaliser tous ses vœux. De là, les Saints ne craignent pas de conclure, avec George de Nicomédie et saint Méthodius, que Jésus-Christ et devenu le débiteur de sa Mère : « Euge, euge, qui debitorem habes filium qui omnibus mutuatur ! » Et il ajoute : «Nous devons tous à Dieu ; mais Dieu même est votre débiteur. (17) Et payer sa dette, Jésus-Christ a confié à Marie la dispensation de toutes les grâces qu’il nous a acquises par son Sang.

De même pour glorifier Dieu et sauver le monde, le Verbe Incarné était pressé d’un immense désir d’instituer l’Eucharistie : « Desiderio desideravi hoc pascha manducare vobiscum ! » Par là il voulait nous donner la vie : « Ego veni ut vitam habeant, et panis quem ego dabo caro mea est pro mundi vita ! » par la enfin il trouvait ses délices : « Deliciae meae esse cum filiis hominum ! » Or, tout cela Jésus-Christ ne pouvait le faire que par la chair qu’il tient de Marie. Ici encore, par conséquent, le Sauveur est débiteur de sa Mère et pour acquitter sa dette, il se devait de la constituer Dame et Maîtresse de toutes les grâces eucharistiques. « Per ipsam exivit, dit le bienheureux Albert le Grand, quidquid gratiae creatum vel increatum in hunc mundum venit aut venturum fuit. » (18)

Concluons de là qu’après nous avoir obtenu, mérité et préparé le don de L’Eucharistie, Marie dispense encore aux Chrétiens la grâce de participer chaque jour à ce divin Sacrement : «La libéralité de Marie ne s’épuise pas, dit le P. de Machault, elle s’étend au temps présent et demeure la même tous les jours dans un exercice continuel. La Messe et la Communion, qui se renouvellent sans cesse, sont comme les distributions de ses largesses et comme les munificences journalières de cette Reine magnifique. »

Autre conséquence : Puisque Marie nous attire chaque jour à la Messe, à la Communion et à l’adoration de Jésus au Tabernacle, « c’est à elle, remarque justement le P. Tesnière, qu’il faut demander toutes les grâces qui concernent ces actes suréminents de notre vie chrétienne. » Oui, en vérité, ne cessons de demander à Notre-Dame du Très Saint-Sacrement qu’elle nous obtienne l’amour de l’Eucharistie et toutes les vertus nécessaires pour bien profiter de ce trésor, spécialement la foi, l’espérance et la charité, ces trois admirables vertus théologales, base et couronnement de notre vie spirituelle. « Je suis, nous dit la sainte Vierge elle-même, je suis la mère du bel amour, de la sainte espérance, et de la foi. » (Ecclésiastique, XXIV, 24)

Marie est «mère de la foi » d’abord parce que la foi a été le principe de tous ses grandeurs, de sa béatitude : « Beata quae crdidisti.» Elle a cru d’une foi sublime et héroïque, à la nouvelle la plus inouïe ; et en récompense, elle a reçu le glorieux privilège de susciter la foi aux cœurs de tous les élus : » Personne, lui dit saint Germain de Constantinople, personne n’est rempli de la connaissance de Dieu que par vous. » (19)

Elle est encore « Mère de foi, » remarque Léon XIII, « parce qu’ayant enfanté l’auteur de notre foi, elle a mérité par là même d’enfanter cette vertu dans tous les chrétiens. » (Encycl. « adjutricem populi » (5 sept. 1895.)

Elle l’est aussi, parce que c’est la joie et le partage des mères de montrer leurs enfants et d’en faire admirer la beauté et tel a été, tel est toujours le rôle de Marie. Elle a dévoilé Jésus à saint joseph, elle l’a présenté aux Bergers, elle l’a manifesté aux Mages ; elle l’a déposé sur les bras de Siméon, offert aux louange Anne la prophétesse .A Cana, les disciples de Jésus croyaient en lui, puisqu’ils étaient ses disciples mais leur foi était fiable et chancelante. C’est Marie, par le miracle qu’elle a obtenu, qui leur a mérité une fois si vive que l’Évangile a peu dire : » Et crediderunt in eum discipuli ejus. » - O Mère, ravivez ainsi la foi dans nos cœurs ! O « radieux ostensoir de Jésus, faites-nous bien connaître votre Fils, en attendant que vous nous le montriez à découvert dans les splendeurs des cieux ! «Et Jesum, benedictum fructum ventris tui, nobis post hoc exsilim ostende ! » (Salve Regina)

La sainte Vierge est encore « Mère de la foi » parce que rien en disposer un cœur à reconnaître les grandeurs de Jésus comme la foi aux grandeurs de Marie. En effet, si je crois que Jésus l’a aimée jusqu’a se faire son enfant est la prendre comme Mère, pourquoi ne croirais-je pas que, par une autre merveille d’amour moins étonnante, Jésus veut bien se donner aux hommes par la Communion ? – Croyant que la présence de Jésus a produit en Marie des miracles de sainteté, pourquoi n’admettrais-je pas tous les effets de la grâce de la Sainte Eucharistie ?

Aussi c’est un fait indéniable : la foi et l’amour de Jésus marche de pair avec la foi et l’amour de Marie. Le Protestantisme repousse la dévotion à la sainte Vierge ; il repousse de même l’Eucharistie. Les Grecs schismatiques gardent la foi à la « Panaghia, » « la Toute-Sainte. ; ils gardent aussi le Sacerdoce et la Messe. Les Ritualistes retrouvent la dévotion à Marie, et en même temps à l’Eucharistie. Et chez nous, là où la Vierge est plus aimé, là aussi Jésus est plus adoré ; Lourdes par exemple, n’est pas moins un pèlerinage à l’Eucharistie qu’à la Vierge Immaculée ; et le Fils et la Mère s’y renvoient tour à tour l’honneur des miracles journaliers qui s’y accomplissent. (20),

Enfin, Marie est » Mère de la foi, » parce qu’elle veille sur la foi de ses enfants, comme sur leur plus précieux trésor ; et comme le chate la Sainte Église dans l’office de la Purification, « seule, elle a écrasé toutes les hérésies ;- Cunctas haereses sola interemisti in universo mundo. » (21)

« Elle les a écrasées, dit Suarez, (de Mysteriis Christi, disp.XIX, sect.1) d’abord en enfantant Celui qui est «la Voie, la Vérité et la Vie, » et qui, par la splendeur de sa Lumière, dissipe la nuit de l’erreur ;- plus en instruisant les Apôtres qui ont éclairé le monde et en assistant les Docteurs et les défenseurs de l’Orthodoxie. »

C’est donc à bon droit que les Pères vous saluent, ö Marie, comme « le Siège de la Sagesse, la Maîtresse des Apôtres, la Mère des croyants, le Fondement de l’Église, la Colonne de la vérité.- C’est vous, lui dit Saint Cyrille d’Alexandrie, qui avez procuré à l’Église et affermi dans ses mains les sceptres de la foi ; par vous, les Apôtres ont prêché le salut aux nations ; par vous, la croix est adoré dans tout l’univers ! »

O divine Mère, donnez-nous, avec la pureté des mœurs, le don les plus précieux encore de la pureté des foi ; et pour nos préserver de toutes doctrine perverse, faites qu’avec un soin jamais, nous nous efforcions, selon le conseil de saint Ignace, de penser, parler, aimer, « avec le Christ et son Église ;- Sentire cum Christo et Ecclesiâ, » ne cessant de lever les yeux vers Rome, comme vers l’oracle infaillible qui dirime toute controverse : » Roma locuta est : causa finita est. »

Nous laissons à nos pieux lecteurs le soin de tirer des principes que nos avons exposés, de réflexions semblables à celles que nous venons de développer sur la foi, et de méditer sur toutes les grâces eucharistiques que la sainte Vierge se plaît à dispenser à ses enfants ; et nous terminerons cette étude, déjà bien longue, par une double remarque.

Section 10- Par ses secours- 1
Cette mission sacrée de Marie procurant l’Eucharistie aux âmes et attirant les âmes à l’Eucharistie, si nous y faisons attention, se retrouve très éclatante dans les diverses manifestations de la très sainte Vierge. A Lourdes, par exemple. « L’Immaculée Conception » commence d’abord à préparer à l’union eucharistique, Bernadette et ceux qui l’accompagnent. Elle les instruit ; elle leur apprend à prier, à bien faire le signe de la croix ; à réciter le chapelet ; elle leur prêche la pénitence. Quand les cœurs sont bien disposés, alors elle entre en pleine dans son rôle béni : « Allez dire aux prêtres que je veux qu’on m’élève ici une chapelle. » reconnaissez-vous ici la Reine très sage donc nous a parle le Livre des Proverbes ? « Elle se bâtit une maison… elle dresse la table ; » puis elle crie à ses enfants : « Venez, mangez mon Pain et buvez le Vin que je vous ai préparé ! » Voilà bien Marie offrant l’Eucharistie au monde.

La voici maintenant attirant le monde à l’Eucharistie : « Je veux qu’on vienne ici en procession. » Docile à cet appel, les foules s’ébranlent ; elles viennent d’abord à la Grotte e aux piscines acclamer la Vierge. Mais peu à peu, Marie dirige ses enfants vers Jésus. Les pèlerins organisent d’inoubliables processions, pendant que le saint Sacrement s’avance entre deux rangées de malades, la multitude redit, comme en Judée ; « Jésus, Fils de David, ayez piété de moi ! Seigneur, si vous le voulez, vous pouvez me guérir ! »

Et les miracles se multiplient : c’est Gabriel Gargan, lamentable épave humaine qu’on se préparait à ensevelir ; c’est Jeanne Tulasne, de Tours ; c’est Henriette Hauton et cent autres, tous guéris par la divine Hostie.

Est-ce tout ?- Non. L’Eucharistie, c’est d’abord la Présence réelle : impossible d’évaluer, même approximativement, le nombre des adorations diurnes, et nocturnes faites par les pèlerins de Lourdes.

L’Eucharistie, c’est ensuite le saint sacrifice : sur les cent autels des deux basiliques de Lourdes, plus de 50,000 messes sont annuellement célébrées.

Enfin, Eucharistie, c’est le Banquet céleste : chaque année on distribue à Lourdes, plus de six cent mille Communions ! Et que de pèlerins, de retour dans leurs foyers, continuent à communier et se font apôtres de la Communion fréquente !

O Mère, daignez, je vous en prie, remplir aussi pour mois votre belle mission : donnez-moi toujours l’Eucharistie : « Domina, da nobis semper Panem hunc ! » Mais en même temps, embrasez-moi d’un ardent amour pour Jésus-Hostie. Faites-moi bien comprendre que Lui seul peut me conduire à la Vie : ‘Domine, ad quem ibimus ? Verba vitae aeternae habes ! »

Section 11- Par ses secours- 2
C’est une vérité que les Saints ne se lassent pas de redire ; le rôle de Marie est de nous conduire à Jésus.

Mais les mystères de Notre-Seigneur sont variés et nombreux ; et tour chacun d’eux, nous devons recourir à la sainte Vierge, en nous appuyant sur le rôle admirable qu’elle même y a joué. Ainsi, par exemple, voulez-vous médités la naissance de Jésus à Bethléem ? Invoquez Marie enfantant son divine Fils. Ambitionnez-vous une tendre dévotion à la vie cachée de Jésus ? Priez Marie partageant sa solitude de Nazareth. Méditiez-vous la vie publique du sauver ? Unissez-vous à Marie suivant son divin Fils sans ses courses apostoliques. Voulez-vous compatir aux douleurs du Clavaire ? Recourez à Notre-Dame de Compassion. De même, désirez-vous une ardente dévotion à la divine Eucharistie ? Invoquez Notre-Dame du Notre-Dame de Très Saint-Sacrement.

C’est elle qui vous apprendra à adorer Jésus au Tabernacle, à assister pieusement à la sainte Messe, à vous approcher avec ferveur de la Table Sainte et à vous préparer à cette bienheureuse communion du ciel, communion sans ombre et sans voile, dont la durée est éternelle et la suavité infinie. (22)

Références des textes

(01)- Saint-Maurice, au diocèse de Versailles, (gare de Breuillet,) était le Noviciat des Pères du Très Saint-Sacrement, Le Vénérable P. Eymard avait fondé cette maison en 1866

(02)- Mois de N. D. du Très Saint-Sacrement, p. XXIII. Sur ce sujet, on consulter a avec fruit, de cet ouvrage du Ve, P. Eymard, avec l’appendice du P. Tesnière ;- le P. Terrien, IV, 42-55- Le P. Petitalot, II,r 0-79 ;-Nicolas, II, Noces de Cana-le P. Lépicier, Revue du Très Saint-Sacrement, avril et mai 1911, etc. On trouvera dans ces divers ouvrages tous les textes cillés ici sans référence spéciale.

(03)- Nous avons montré ace passage à plusieurs Docteurs en théologie, entre autres au R.P. C., S.J. dont la compétence est universellement reconnue, «si quelqu’un vous chicane pour cette expression : « Marie nous a procuré l’eucharistie. » demandez-lu : Qu’est-ce que l’Eucharistie ? C’est le Corps du Christ, nous dit l’Église, «Corpus Christi. » Et qui nous a donné le Corps du Christ ?- C’est Marie.- C’est donc elle aussi qui nous a donné L’Eucharistie. » Mr Le Chanoine E.P. Professeur à l’Université Catholique nous rappelait à son tour l’axiome de l’École : « Causa causae est causae causati.» Si nous devons Jésus à Marie, nous lui devons donc le divin sacrement que nous a donné Jésus. C’est ainsi que les Pères attribuent souvent à la Sainte Vierge les fruits de la Rédemption : « Elle a opéré le salut du monde ! » s’écrie saint Ambroise ; et l’Église n’est pas moins explicite en donnant à la Mère de Jésus des noms qui semble ne convenir qu’a son Fils : «Salve, Regina, vita, dulcedo et spes nostra, salve ! »

(04)-« Caro Jesu, caro Mariae :… et ipsam Maria carnem nobis manducandam dedit ad salutem. » (St Augustin, Super Psalm .XCVIII.)

(05)- Les physiologistes enseignent que le corps humain change tous les 7 ans et se renouvelle entièrement chair et os. De graves auteurs, avec Surez, tome XIX, q. XXVII : D.I. sec. II.) Quoiqu’il en soit de cette opinion, il est certain que le corps humain reste toujours identiquement le même, c’est pourquoi que les mères se plaisent à considérer leurs fils comme était «leur chair et leur sang.» et cela non seulement pendant les 7 premières années de la vie, mais à tout âge. Quand à Marie, elle peut avec d’autant plus de vérité saluer ainsi son divin Fils qu’elle ne partage avec personne l’honneur de l’avoir formé dans son sein et de sa substance.

(06)- St Bernard, Salve Regina., serm.III

(07)- Évidemment nous employons ici le mot « mériter » dans un sens large, comme les Saints ont dit de Marie qu’elle avant mérité l’incarnation. (V.Tract.de B.V.auctore H.D. p. 205.) «B.V. M. aliquo modo meruit Incarnationem, Communiter Theologi post St Thomas. »

(08)- Serm. de B.V.M., s.IV,III,c.

(09)- Serm. de Annunt.

(10)- Serm.XLV

(11)- De Laudibus B.M.L.I.c 24

(12)- Or, 6 in S. Deiparae ingressum.

(13)- Serm.45,in Nativ.B.V.M. 2,P.L.CVXLIV,743

(14)- Isaie LIII, (Attritus est propter scelra nostra. » et LXIII, 3 : «Torcular calvavi solus. »

(15)- Cornelius a Lapide, (In Matt. XXVI) « addit Lucas, ap, XXII, 19, « Hoc est corpus meum quod pro vobis datur, » id est mox dabitur in crucem et mortem. Paulus. I. cor.Xi, ait quod pro vobis tradetur, graece Klomenon, id est quod frangitar » » Et in I ad Cor. : » Frangitur » Id est paulo post fragetur et immolabitur in cruce, Ita S. Anselmus.etc »

(16)- Q.XXX. art. IV, sect.5…

(17)- S. Meth. Orat de B.M.V,-« Filius quasi exsolvens debitum, petitiones tuas implet. » St Georg. Nicom. Or de Sim et Anna

(18)- Cité dans la vie de M.Olier

(19)- Or.2. in Form.B.M.V.P.G.XCVIII.319

(20)- « La gloire spécialement réservée par la Providence au sanctuaire de Lourdes, c’est que, de toutes parts, la Vierge Marie y attire les peuples à Jésus, pour les mettre en adoration aux pieds de son divin Fils, fait se éclatant, que ce sanctuaire rayonne à la face de l’univers catholique, tout à fois comme le centre du culte marial et comme le trône le plus glorieux du mystère eucharistique. » Bref de Pie X, 25 Avril 1911

(21)-Cette magnifique acclamation est l’écho des enseignements des Pères : Sant Anathase. (serm. de Deipara,) appelle Marie « omnium haeresium interemptrix. » dit le pieux abbé Rupert, quae universam haereticorum pravitatem interemisti. » (Voir aussi Nicolas, IV, 75-128 ; Terrien, I,53.)

(22)- Permis les nombreuses questions que nous avons dû éliminer pour abréger notre travail, une des plus intéressantes est à coup sûr, l’étude des rapports intimes et profonds de la sainte Vierge avec le Sacerdoce ; d’où cet autre titre de Maire : « La Vierge prêtre, Virgo sacedos. »Le P. Grimal, après avoir constaté que ce terme approuvé par Pie IX, en 1873, est commun dans l’Église depuis le XVII siècle, observe justement qu’il ne saurait s’entendre au sens propre, qui ferait de Marie un vrai prêtre ; vocation et caractère, tout cela lui fait défaut. Oui il ajoute : «ce qui importe à notre piété, c’est de voir comment l’Incarnation fait de Marie la coopératrice de la Sainte Trinité dans la constitution du Sacerdoce éternel, la Mère de Jésus-Prêtre, la Mère ou la source de notre Sacerdoce ; comment au Temple et au Calvaire elle nous apparaît intentionnellement associée à la première oblation officielle et au sacerdoce final de notre Pontife ; comment dans ces trois mystères, Incarnation, Présentation, Compassion, elle est le modèle de notre Sacerdoce. » (p. 130.) On consultera sur cette question Grimal, S. M., «Le Sacerdoce est le Sacrifice ; » (126-140 ;) Lepin, « L’idée du sacrifice dans la religion chrétiennes ; » (244-270 ;)- Olier, ‘Vie intérieur de Marie ; »- B.J.Eudes, cœur admirable de Marie –Grou, «Intérieur de Marie.,» Van den Berghe, « Marie et le Sacerdoce. »

Le 16 avril 191, Mgr Delamaire, archevêque Coadjuteur de Cambrai, a érigé en la Basilique Métropolitaine de N.-D. de Grâce, la Confrérie de Marie, Reine du Clergé, pour appeler la bénédiction de la très sainte Vierge sur tous les prêtres et obtenir de nombreuses et saintes recrues pour le sacerdoce.

L’ordre des pages sont placées l’une derrière l'autre ;
tel que dans le livre et non pas en ordre alphabétique suivre les chiffres.

 

Titre

auteur
l'Abbé G. Degeuser

Les 7 Paroles de Très Vierge Marie
01
Avant-Propos-Chanoine-Georges-Joseph-Degeuser.html
12
6ieme-Parole-Chanoine-Georges-Joseph-Degeuser.html
02
Aimons-la-Vierge-Meditons-Chanoine-Georges-Joseph-Degeuser.html
13
7ieme-Parole-Chanoine-Georges-Joseph-Degeuser.html
03
Considerations-Chanoine-Georges-Joseph-Degeuser.html
14
 Paroles-mises-sur-les-levres-Ste-Vierge-Chanoine-Georges-Joseph-Degeuser.html
04
1iere-Parole-Chanoine-Georges-Joseph-Degeuser.html
15
Consacrons-nous-a-Marie-Chanoine-Georges-Joseph-Degeuser.html
05
2ieme-Parole-Chanoine-Georges-Joseph-Degeuser.html
16
A-quel-moment-de-sa-vie-Marie-Chanoine-Georges-Joseph-Degeuser.html
06
3ieme-Parole-Chanoine-Georges-Joseph-Degeuser.html
17
 A-quel-moment-St-Jean-Baptiste-Chanoine-Georges-Joseph-Degeuser.html
07
4ieme-Parole-Chanoine-Georges-Joseph-Degeuser.html
18
Pour-quelles-raisons-plut-il-a-Dieu-Chanoine-Georges-Joseph-Degeuser.html
08
Magnificat2-Connaissance-de-Dieu-sois-meme-Chanoine-Georges-Joseph-Degeuser.html
19
Magnificat-ecole-de-reconnaissance-Chanoine-Georges-Joseph-Degeuser.html
09
Magnificat3-La-providence-Chanoine-Georges-Joseph-Degeuser.html
20
Notre-Dame-du-Tres-Saint-Sacrement-Chanoine-Georges-Joseph-Degeuser.html
10
Magnificat4-Le don-de-Jesus-Chanoine-Georges-Joseph-Degeuser.html
21
Sur-le-Saint-Esclavage-Chanoine-Georges-Joseph-Degeuser.html
11
5ieme-Parole-Chanoine-Georges-Joseph-Degeuser.html
22
Prieres-indulgences-Chanoine-Georges-Joseph-Degeuser.html

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