MON DIEU ET MON TOUT

© + Sr Denise Ermite

Neuvaine en l'honneur Saint Joseph de Cupertino
À tous les candidats aux divers examens :
À tous les fidèles.

Neuvaine en l’honneur de Saint Joseph de Cupertino

(1603 –1663 )
Prêtre de l’Ordre des frères Mineurs Conventuels :
Titulaire de la paroisse Saint-Joseph de Mékinac
( Diocèse des Trois-Rivières, Canada _.
Par Le R.P. Germain –Marie o.f.m.
Vice-Postulateur

Imprimerie franciscaine Missionnaire
Québec 1924

Nihil obslat :
Quebeci,die 29 januarii 1924
Infesto S. Francis Salesii
Patroni scriptorum catholicorum et chardigeri franciscalis :
Fr. Zeno,o.f.m. cens cvap.

Imprimi potest:
Quebeci, etc, ut supra :
Fr. Joannes –Josephus, o.f.m. Com. Prov.

Nihil obstat : Arthurus Lapointe.pter.
Imprimatur : 7 april 19024
+ L.-N. Cardinalis Bégin arch. Québecen.

Évêché des Trois-Rivière, le 11 janvier 1924.

Révérend Père Germain-Marie,o.f.m.,
Vice-Postulateur, Québec

Mon Révérend Père

Je vous félicite de l’heureuse et pieuse idée que vous avez eue de proposer une prière à Saint Joseph de Cupertino, en faveur des candidats aux examens.
Vous vous êtes souvenue que j’ai moi-même, au début de mon épiscopat, érigé, dan mon diocèse, une paroisse sous le vocable de cet illustre Saint ; et vous me demandez, à ce titre, de bénir votre entreprise, et d’enrichir votre neuvaine de 50 jours d’indulgences : ce que je fais volontiers.

Je me réjouis, mon révérend Père, de voir répandre par votre zèle, une dévotion, que j’ai en haute estime ; aussi, de concert et à la suite des nombreux et hauts dignitaires qui se sont déjà prononcés favorablement, j’approuve de tout cœur ce patronat de Saint-Joseph de Cupertino en faveur des examinés, et j’estime que vous rendez un immense service à la jeunesse étudiante, en l’orientant comme vous faites vers ce puissant protecteur.

Je vais de vœux enfin pour que, par le moyen de votre belle prière, cette dévotion se répande partout, et attire, en augmentant la foi dans les cœurs, les plus abondantes bénédictions divines sur les individus et la société.

Veuillez me croire, mon révérend Père,
Votre bien dévoué en N.S.,
+ F.-X., Ev. De Trois-Rivières..


Table des matières.

Lettre de S.G.Mgr. Cloutier, évêque des Trois-Rivières
Avant-Propos
Chap. I - Qu’est-ce que saint Joseph de Cupertino
Chap .II – Pourquoi revendiquer en faveur de saint Joseph de Cupertino le patronage des examinées

Chap. III – Comment faire la neuvaine

Premier jour La Prudence
Deuxième jour La Force
Troisième jour La Justice
Quatrième jour La Tempérance
Cinquième jour L’emploi du temps
Sixième jour La Pureté
Septième jour La Foi
Huitième jour L’Espérance
Neuvième jour La Charité

Chap. IV Prières pour une neuvaine
Litanies de la Sainte Vierge
Prières de la Messe


Séminaire de Québec, 1er mai 1924
Révérend Père Germain-Marie, o.f.m. Québec

Mon révérend Père

Votre piété si éclairée vous a suggéré la très louable inspiration de faire connaître aux jeunes étudiants la puissance particulière que Dieu accordé à saint Joseph de Cupertino pour le succès des examens

L’exemple de ce Saint proclama hautement l’efficacité de la double action humaine et divine, combinée vers un même but. Aussi votre Neuvaine rendra à nos élèves un service signalé, en leur rappelant que, si le travail est la première condition du succès, le secours du Ciel en est la seconde, tout aussi importante que la première, Nisi Dominus oedificaverit domum, in vanun laboraverunt qui oedificant eam. ‘’ Si le Seigneur ne bâtit la demeure : en vain travaillent ceux qui l’édifient.’’ (Psaume cxxvi,1).

Je vous prie d’agréer, mon révérend Père, avec l’expression de ma gratitude, l’assurance de mon respectueux dévouement.

C.N.Gariépy,Ptre,P.A.
Recteur de Laval..

Déclaration de l’Auteur

‘’ Stable en la foi catholique, toujours aux pieds de la Sainte Église de Rome,’’ à qui je soumets pour toujours ma vie et mes écrits ; ‘’ Je promets obéissance au Pape Honorius III et à ses Successeurs canoniquement élus.’’

Texte de la Bénédiction que donnait saint Joseph de Cupertino et que nous souhaitons aux lecteurs, et surtout aux propagateurs de la Neuvaine :

Potentia Patris, Sapeintian Filii, Virtus Spirtus Sancti defendat te a b omni malo. Amen

Que la Puissance du Père, la Sagesse du Fils, la vertu du Saint Esprit vous préservent de tout mal. Amen

Ave + Maria

Avant-Propos

Encore plus fréquemment que dans les siècles passés, les générations actuelles sont soumise, dans toutes les nations du monde, aux périlleux danger des examens écrits ou oraux, Presque aucune situation ou aucun avancement dans les carrières, ne peuvent être obtenus sans cette épreuve préliminaire.

Il y a des examens sur tous les degrés de l’échelle sociale ! À peine l’enfant sait-il lire et écrire, il lui faut se présenter à des examinateurs ou inspecteurs.

Et si un jeune homme ou une jeune fille veulent embrasser une carrière libérale ou autres, il doivent passer par le crible d’un jury.

Tous les ans, durant la plus belle période de l’existence, il faut vivre face à face avec ce cauchemar redouté !

Dans les vastes régions de l’air, sous les ondes des mers, comme sur terre et sous les eaux des fleuves : partout, pilotes d’aéroplanes ou de navires, théologiens, l’artistes, musiciens, médecins, pharmaciens, avocats, juges ou notaires, militaires, professeurs, infirmier, électriciens, commandants de sous-marins.. que sais-je .. Contre-maîtres de manufactures ou chauffeurs de fournaise, n’ont dû et ne doivent leurs situations et leur gagne-pain qu’aux examens satisfaisants.

Évidemment, sans conteste, la société a droit d’être protégé contre les promotions injustes des paresseux, des inhabiles et des nuisibles.

Cependant les examens ont quelques chose d’aléatoires : un très docte candidat peut être victime d’une timidité enfantine ; un défaut de mémoire ou un excès de fatigue, après une longue et consciencieuse préparation, réduisent parfois les bons élèves-eux-mêmes au plus lamentable des échecs. Par conte, il y a des personnes peu studieuses favorisées du sort ; on leur demande une des rares questions dont elles possèdent parfaitement la réponse ; puis ‘audaces fortunas juvat,’’ a dit le poète : ‘’ maints audacieux sont couronnés de succès ..!

Candidats ou candidates de toutes sorte, quels que soient vos examens et épreuves, consolez-vous !

La divine Providence qui veille sur les cheveux de nos têtes, n’a pas laisse vos angoisses sans protecteur, vos efforts sans espérance, vos dangers sans secours .’’ Le très–Haut qui a fait produire à la terre les médicaments que l’homme sensé ne rejette pas ( Ecclésiastique, XXXVIII,4) vous présente en ce jour saint Joseph de Cupertino, frères Mineurs Conventuel, comme patron pour tous vos examens.’’

Et en l’Invoquant, vous n’oublierez pas de suivre la grande maxime du Christ Jésus, la Suprême et Divine Sagesses ‘’ cherchez d’abord le royaume de Dieu et sa justice, et toute le reste vous sera donnée par surcroît … ( Mathieu VI,33)

Saint Joseph de Cupertino l’exige comme condition préalable : il veut que vous ayez l’intention droit de plaire à Dieu dans vos études, dans vos désirs de succès, dans votre position future.

Il veut bien vous patronner ; mais que vos âmes soient en état de grâce : sinon il vous dura comme autrefois à un jeune homme de mœurs peu régulière ‘’ Va te laver la figure, tu as le visage couvert d’encre ; .. écho de Jérémie, le prophète d’Israël, s’écriant : ‘’ Leur visage est noir comme du char bon … ( Lamentations, IV,8)

En second lieu; croyez bien qu’il n’entend pas, par son crédit auprès de la Vierge Marie, Dispensatrice de tout don venant du Seigneur, qu’il n’entend pas dis je, favoriser la paresse ou l’inaction, la présomption ou l’orgueil. Vous lui dites dans sa prière ‘’ malgré mes veilles nombreuses et prolongées, malgré mon travail infatigable, malgré les ressources ingénieuses auxquelles j’ai recours ‘’ cela la signifie ; .. d’un côté , ô Bon Saint, j’ai voulu travailler mes examens comme si vous ne pouviez pas m’aider et me couronner de succès ; de l’autre j’ai confiance en Vous, comme si je n’avais rien fait ; ‘’ ainsi seulement’’ celui là sera on couronné qui aura légitimement combattu (IIRTimontée, II,5.)

Et enfin pour être agréable à ce Saint, vous, et tous vos frères, les chrétiens, recommandez-lui par dessus tous les autres examens, les deux terrifiantes séances par lesquelles nous seront tous obligés de passer, en présence du Juge le plus Majestueux, le plus Puissant comme le plus Impartial et Clairvoyant qui soit : le Jugement particulier après notre dernier soupir et à la fin des siècles, en présence de l’Universalité des humains au grand complet, le Jugement général ‘’ car il faut que tous nous soyons présentés devant le tribunal du Christ, afin que chacun reçoive ce qui est dû à son corps, selon ce qu’il a fait, soit le bien, soit le mal (II Corinthiens, v,10)

Quels examens, ceux-là ! Surtout, quel Inspecteur ! ( Ecclésiastique, II,31.)

La neuvaine ci-jointe est donc offerte à toutes les âmes.

Elle comprend la réponse à quatre questions :

1-Qu’est-ce que Saint Joseph de Cupertino?

2- Pourquoi revendiquer en sa faveur le patronage des examinés ?

3- Comment faire la neuvaine?

4- Quelles prières réciter ?

‘’ Ne scriban vanum duc, pia Virgo, manum..

Chapitre I

Qu’est-ce que saint Joseph de Cupertino

Ce Saint naquit de parent pieux (1) à Copertino, ville du territoire de Salente, au diocèse de Noardo (2) l’an du salut 1603. Prévenue de l’amour de Dieu, il y passa en grande simplicité et innocence de mœurs les années de l’enfance et de l’adolescence. La Vierge Mère de Dieu l’ayant délivré d’un opiniâtre et cruelle maladie patiemment supportée, il se donna tout entier à la pratique de la piété et des vertus, Dieu l’appelait à une vie supérieure, et pour s’unir plus intimement à lui, Joseph résolut de donner son nom à l’Ordre séraphique. Après a divers incidents, ses désirs furent enfin exaucés au Couvent de la Grotella des Mineurs Conventuels. (3)

D’abord rangé parmi les frères lais pour son ignorantes des lettres, une déposition d’en –haut le fit ensuite admettre au nombre des Clercs. Après ses Vœux solennels on l’éleva au sacerdoce, et ce fut pour lui le point de départ d’une vie plus parfaite encore. Brisant dès lors toues les attaches du monde et se dépouillant pour ainsi dire du nécessaire même, il affligea son corps par les cilices, les chaînes, les disciplines, car tous les genres de châtiments et de tourments, tandis qu’il nourrissait assidûment son esprit des saintes douceurs de la prière dans la plus haute contemplation. Aussi la divine charité, qui, dès le plus jeune âge était déjà répandue dans son cœur, prenait-elle en lui chaque jour d’admirables et tout extraordinaires accroissements. L’ardeur de son très grand amour parut spécialement dans les très suaves extases qui l’emportaient verts Dieu et les ravissements prodigieux qui lui étaient ordinaires. Choses admirable ! Si prononcée que fût l’extase, la seule obéissance le rappelait à lui aussitôt. Il se distinguait en effet par son zèle pour la pratique de cette vertu, ayant comme de dire ‘’ qu’elle le menait et le ramenait comme un aveugle, et qu’il eût préféré mourir plutôt que de ne pas obéir. »

La pauvreté du Patriarche Séraphique l’avait pour imitateur si fidèle que, près de mourir, il put en toute vérité déclarer à son Supérieur qu’il n’avait rien à résigner comme font d’autres religieux. Mort donc au monde comme à lui-même, il manifestait dans sa chair la vie du Seigneur Jésus, Lui qui sentait en quelques-uns la honteuse odeur du vice impur, exhalait de son corps un parfum miraculeux ; c’est le signe de cette pureté resplendissante que, malgré les efforts prolongés de l’esprit immonde pour l’obscurcir, il avait conservé dans une tache : Opposant à la violence des assauts une garde étroite de ses sens, une macération continuelle de son corps. Mais cette victoire, il la devait encore à la particulière protection de la très pure Vierge Marie, qu’il avait coutume d’appeler sa Mère, qu’il entourait en effet comme une très douce Mère de sa vénération et des plus tendres sentiments de son cœur. Combien grand n’était pas son désir de la voir aussi vénérée par d’autre d’autres, pour qu’avec son patronage, comme il disait, ils trouvassent tous les biens! Cette sollicitude du Bienheureux provenait de sa très ardente charité pour le prochain ; le zèle des âmes qui le pressait lui faisait chercher par tous les moyens à procurer le salut de toues, Sa charité s’étendait aussi au besoins des pauvres, des malades, des affligés de toutes sortes, qu’il soulageait autant qu’il était en lui. Il n’en excluait pas ceux qui le poursuivaient de reproches, d’injures, d’outrages de tout genre ; il les supportait avec cette même patience, cette même douceur, cette même affabilité joyeuse qu’on vit briller en lui au milieu des vicissitudes infinies de ces changements de résidence que lui imposèrent les Supérieurs d l’Ordre ou la sainte Inquisition. Nous seulement les peuples, mais aussi les princes admiraient son éminente sainteté, ses dons surnaturels ; telle était cependant son humilité, que s’estimant un grand pécheur.

Il priait Dieu instamment d’éloigner de lui les grâces extraordinaires, et suppliait les hommes de jeter son corps après son trépas en un lieu ou sa mémoire fût entièrement effacée. Mais Dieu exalte les humbles : Il avait durant la vie comblée son serviteur, l’enrichissant de la sagesse du ciel, de l’esprit de prophétie et de discernement des cours, de la puissance des miracles, de tous les dons ; Il rendit aussi sa mort précieuse et son sépulcre glorieux, Joseph mourut aux temps et lieu qu’il avait auparavant prédits, en la soixante et unième année de son âge, à Osimon dans la Marche d’Acône. Ses miracles, continuant après sa mort de le mettre en lumière, Benoît XIV l’inscrit dans les fastes des Bienheureux ; Clément XIII dans ceux des Saints ; Clément XIV, qui était du même Ordre, en étendit l’Office et la Messe à toute l’Église.(4)

Saint Joseph de Cupertino n’est pas un inconnu sur les bords du Saint-Laurent. Lors de la Révolution française de 1793, des émigrants y apportèrent des reliques insignes de ce Saint. En 1897, le recteur de l’Université Laval de Québec, Mgr. J.C.K.-Laflamme, de docte mémoire, alla à Auteuil près Paris, et dota le sanctuaire de saint Joseph de Cupertino de quelques-unes de ses reliques.

D’autres part grâce aux bienveillantes recherches de Mgr. Am. Gosselin, P.A., ex-Recteur, et archidiacre de Québec, je puis affirmer que l’Université Québécoise possédait :

1- une parcelle d’un aube dont saint Joseph s’eset servi, L’authentique est donné sous les armes et le sceau du Cardinal Ranuzzi en 1790.

2- une parcelle de sa chair, authentiquée le 17septembre 1769, au couvent des Saints Apôtres, à Rome, par le Ministre général des Conventuels, le Rme Père Dominique-André Rossi, de Pésaro.

3- Cette même Université garde actuellement dans l’un de ses grands reliquaires, ‘’ des parcelles d’os, cheveux et vêtement ‘’ de notre Saint. En 1900, S.E. le Cardinal Bégin les a reconnues comme authentiques, et les a scellés du sceau de l’Archidiocèse.

Voilà pour les reliques.

Il y a plus. En 1899, Sa Grandeur Mgr.F.-X.Cloutier érigeait dans la pittoresque et forestière vallée de la Mékinac, affluent du Saint –Maurice au nord du Comté de Champlain, une paroisse sous le vocable de l’Illustre Conventuel. C’est la seule, à ma connaissance, en terre canadienne. Que ces pages aillent jusqu’en cette région, et avivent chez ses habitants la plus filiale et complète confiance envers leur puissant Titulaire !!!Référence- 1-

Chapitre II
Pourquoi revendiquer en faveur de saint Joseph de Cupertino le patronage des examinés ?
Que mon lecteur ne s’y méprenne point ici. Seule notre Mère la Sainte Église a autorité pour choisir parmi les célestes habitants de la Jérusalem d’en-Haut, celui ou celle qu’elle juge digne d’être honoré d’une manière spéciale pour l’une ou l’autre catégorie de fidèles : soit en vue de certaines nécessités, soit en faveur d’une ouvre d’apostolat, d’enseignement, ou de charité, et elle se base toujours, en décernant le titre glorieux de ‘’ patron ou protecteur,’’ sur des faits incontestables et de grande valeur : prouvant que Dieu Lui –même aime à Se faire honorer de cette manière en l’un ou l’autre de ses saints, à qui Il a départi Lui-même les dons les plus variés, Ainsi Notre- Dame de Lorette a le titre de Patronne des aviateurs, saint Jean Chrysostome est patron des orateurs sacrés et prédicateurs, saint Vincent de Paul celui des oeuvres de charité, saint François Xavier, S.J. celui de la Propagation de la foi, saint Ignace, S.J. celui des Exercices spirituels ; saint Thomas d’Aquin O.P. a le patronat des écoles, et saint Pascal Baylon O.F.M. celui des Congrès et Œuvres Eucharistiques ; saint Camille de Lellis doit protéger les charitables infirmiers, et saint Léonard de Port-Maurice O.F.M. doit faire de même pour les missionnaires en pays catholiques.

Par contre, la Vierge-Martyre sainte Apolline est invoquée contre un mal terrible frayeur des jeunes comme des vieux le mal de dents. Son cruel martyre en ses mâchoires en fut la cause. Et bien que l’ Église n’ait pas confirmé de sa sanction officielle ce culte précieux ; cependant nous voyons le sait Évêque de Genève, François de Sale, recourir avec succès à l’intercession de cette vierge d’Alexandrie ; tout comme le même saint Antoine de Padoue, o.f.m., une puissance spéciale pour faire retrouver les choses perdues.

Saint Joseph de Cupertino est depuis longtemps invoqué, avec la plus merveilleuse efficacité, pour le succès des examens. A Naples, à Auteuil près Paris, et ailleurs avec l’approbation des Évêques, on lui rend des hommages considérables dans ce but.

Pourquoi me direz-vous ?

Peu de saints, même le Bienheureux Curé d’Ars, eurent des études aussi pénibles que lui.

Petit écolier, au son de l ‘orgue ou du chant, il tombait en extase ; son livre lui échappait des mains ; il restait immobile, la bouche entr’ouvert, l’œil fixé au ciel : et ses camarades le surnommèrent ‘’ la bouche béante ‘’ : alors Joseph ne savait pas les leçons et .. le maître n’en devait pas être très satisfait.

Chez les Pères Capucins, ou il entra après sa première sortie de chez les Conventuels, on le congédia comme ‘’ manquant d’esprit, d’aptitudes, et de santé même pour les travaux manuels ; ses extases l’exposant aux maladresses les plus humiliantes.’’

Et enfin reçu de nouveau chez les Conventuels en juin 1625 en qualité de ‘’ clerc,’’ on ne voulut pas l’admettre au sacerdoce : car il réussissait à peine à énoncer correctement quelques syllabes, à lire assez mal et à écrire plus mal encore !

Mais la douce Vierge Marie, le Siège de la Sagesse, le Secours des chrétiens, la Mère de la divine Lumière, veillait sur son cher client Joseph ; envers et contre tout. Elle le voulait prêtre de Jésus son divin Fils, et le fit ordonner ; voici comment.

L’évêque de Nardo, Jérôme de Franchis, connaissait le frère Joseph et avait une haute opinion de sa sainteté. Sans à difficulté il lui conféra les Ordres mineurs le 3 janvier 1627, et le sous-diaconat le 27 février suivant. Il était même tout disposé de le promouvoir au Diaconat lorsqu’un de ses familiers lui rappela la nécessité de l’examen canonique préalable.

Joseph dut se présenter.

Plein de confiance en la Divine Providence, et intérieurement assuré de la spéciale assistance de Marie, il comparut devant le Prélat, qui prie le Saint Évangile. Ouvrir au hasard, et tomber sur le les verset 27-28 du chapitre XI de saint Luc. ‘’ une femme élevant la voix du milieu de la foule dit ( à Jésus) : Bienheureuse les entrailles qui Vous ont porté, et le sein qu Vous a nourri,’’ Mais Jésus lui dit : ‘’ Oui, certainement ; mais bien plus heureux ceux qui écoutent la paroles de Dieu et la mettent en pratique.’’ Il demanda alors à Joseph de commenter ce passage.

Le Saint esquissa un sourire, et laissa couler de son cœur embrasé par l’Esprit –Saint encore plus que de ses lèvres, des paroles dignes d’un Maître en sacrée théologie.

En conséquence Joseph fut fait Diacre le 20 mars 1627. Le sacerdoce lui fut donné à Bogiardo, dans le cap d’Otrante, le 4 mars 1628 par Mgr. J.B.Deti, évêque de Castro, ( actuellement Acquapendente, près Rome) prélat sévère et redouté de tous les ordinands. Les premiers interrogés ayant tous admirablement répondu : Joseph et des derniers furent dispensés de toute question par l’Évêque très satisfait.

C’est donc l’examen précédent le diaconat de notre Saint, qui lui a valu d’attirer les cœurs et la piété de ceux qui doivent affronter les dangers de la candidature.

Chapitre III
Comment faire la neuvaine ?
Toute prière doit être attentive, humble, confiante et persévérante, si on veut que le Seigneur l’accueille favorablement : ’’demandez et vous recevez... ! ( Jean XV, 224)

Jamais la prière accompagnée de ces quatre qualités et faite avec une intention droite, n’est repoussés : surtout si elle passe par les mains maternelles de la Très Sainte Vierge Marie, qui embaument tout qu’elles touchent.

Cependant Dieu se réserve dans son Amour paternel pour nous, et selon les secrets très miséricordieux de son infinie Sagesse, soit d’en différer l’effet désiré, soit de replacer l’objet de nos requêtes par un bienfait meilleur.

Mais Il accorde toujours les vrais biens surnaturels, si on n’est pas défiant ou présomptueux à son égard. Aussi saint Joseph de Curpertino avait raison de dire : ‘’ confiez-vous en Dieu et priez-Le toujours. Qui obtient, a le bien d’avoir reçu ; qui n’obtient pas a le bien d’avoir demandé. C’est ainsi que chacun revient chargé des richesses du Seigneur.’’

Quant aux dons temporels, suivez la divine maxime : ‘’cherchez d’abord le royaume de Dieu : et le reste vous sera donné par surcroît.’’

C’est en vue d’obéir à cette sentence infaillible,, que nous plaçons sous forme de dialogue entre saint Joseph de Cupertino et son client en neuvaine, d’abord quelques bonnes pensées sur neuf vertus nécessaires aux candidats, ainsi que maints avis d’ordre pratique, pour la réussite de leurs examens : n’oubliant pas l’adage : ‘’ aide-toi, et le Ciel t’aidera.’’

Le retraitant méditera donc ces lignes à forme simple et familière. Puissent-elles être pour lui le fils conducteur qui lui facilitera l’exercice d’une supplication mieux préparée, plus intense, plus recueillie, qui n’en sera que plus agréable au Très-Haut !

Premier jour
La Prudence ‘’ Estote prudentes : Soyez prudents.’’ ( S. S. Mathieu, X,16.)

Saint Joseph

Avant de m’entretenir avec vous, mon cher client, des vertus théologales qui unissent les âmes à Dieu, L’honorent spécialement et font de vous le vrai chrétien puis un élu ; je veux vous parler des vertus cardinales, qui semblables aux gonds sur lesquels s’appuient et roulent les portes de votre demeure paternelle tel est le sens du mont ‘’ cardinal’’ règlent et dirigent la vie morale, et font de vous un ‘’ homme’’ dans le sens élevé, noble , en favorisant l’acquisition, l’exercice, les fruits de tous les autres vertus. En vain l’architecte construit-il une maison, si les fondations ne sont pas solides : de là le mot de Notre Seigneur. : ‘’ il ressemble à un sot qui bâtit sur le sable : les pluies viennent, les inondations arrivent, les vents soufflent, fondent sur l’édifice…, et il y a une ruine considérable.’’ ( Mathieu, VII, 27,26.)

Le client.

Merci de vos bonnes paroles, j’ai bien compris, et j’ai hâte de savoir quelle est la première base, le premier gond de ma vie morale.

Saint Joseph

C’est la prudence. Son office consiste à prévoir, à parer à toutes les éventualités, à veiller sur l’ensemble de votre vie comme sur ses détails, sur l’accomplissent de chacun de vos devoirs, de vos pensées, désirs, paroles, actions, sur la valeur et les résultats de vos actes cachés ou publics. C’est elle qui de ses deux yeux vigilants surveille toute chose et toute personne, pour en savoir la valeur, les conséquences surnaturelles ou naturelles : profits ou pertes. Le docteur séraphique , mon frère ne religion, saint Bonaventure o.f.m. Cardinal –Évêque d’Albano, dit d’elle ‘’ qu’elle éclaire sur la connaissance de nos devoirs, nous dirige dans leur accomplissement soit vis-à-vis de Dieu, de l’Église, de la société, du prochain, des événements, de nous-mêmes. Elle nous instruit sur la ligne de conduite à suivre, sur la manière de nous laisser diriger par l’autorité, sur la façon de traiter sagement chaque personne et chaque chose. Elle nous apprend l’art des préséances : nous faisant préférer le vrai aux faux, le bien au mauvais, le certain,, le certain au douteux, l’honnête au scabreux, le divin à l’humain, l’utile à l’agréable, le nécessaire à l’utile, le surnaturel au terrestre, l’éternel au passager. Elle nous incline donc à ne négliger aucun moyen, aucun labeur aucun sacrifice, s’il fait atteindre un but noble, précieux, éternel, tel qu’est l’amour de Dieu et le salut. ‘’ Voyez : en mer lorsqu’un navire est sur le point de sombrer, pour l’alléger on jette à la mer toutes les marchandises même les plus précieuse ; c’est une perte, c’est vrai, mais elle devient un gain puisqu’elle préserve le navire du naufrage et ses passager de la mort ; tandis que toutes les marchandises, si elles occasionnent le coulage du bâtiment, sont perdue quand même, et les vies humaines avec elles. C’est elle enfin qui vous apprend la science de vous défier des partisans du monde, qui sont des aveugles, dont la fausse sagesse est l’ennemie de Jésus la divine Sagesse et la vraie Lumière. Elle vous inspira le sage défiance de vous-même, de votre science, de vote vertu ; elle vous conseillera de consulter les plus âgés ou doctes ou saints que vous, elle vous empêchera de parler ou agir en cas d’agitation, de trouble, de joies ou douleurs trop vives, surtout lorsqu’il s’agit d’affaires sérieuses : elle vous dictera de beaucoup prier, consulter, réfléchir surtout dans l’affaire capitale de votre vocation.

Le client .

Comme le sage roi Salomon avait donc raison, dans sa jeunesse, de s’écrier ‘’ je me suis appliqué de tout mon cœur à connaître la prudence !.. ( Ecclésiastique, 1,17.)

Saint Joseph

Demandez cette science et sa pratique ainsi que la prévoyance, la circonstance et l’art des précautions à la Vierge très prudente, en récitant ses litanies. ( voir page 61)

Deuxième Jour
La Force ‘’Confortamini et viriliter agite : Prenez courage et agissez virilement.’’ ( 1 Macabées, II,64.)
Saint Joseph

Sœur la prudence, la vertu de force se définit par son office, qui est de nous soutenir au milieu des labeurs, des fatigues, des épreuves, des douleurs, et de nous faire supporter tel le chêne sous l’orage tentations et difficultés sans fléchir. La force doit donc être votre compagne inséparable, mon cher client, soit que vous deviez souffrir, soit qu’il vous faille agir, soit pour résiste au mal, cruel ou charmeur, soit pour pratiquer le bien.

Le Client

Vous croyez, cher Saint, qu’avant trente ou quarante ans, j’ai besoin de cette vertu ?
Mais je suis jeune, j’ai un sang généreux, des nerfs d’acier, une bonne santé tout me sourit ; et je me joue au milieu des difficultés, qui du reste sont bien rare pour moi. Ayant de la facilité et de la mémoire, ne reculant même pas au besoin devant un petit mensonge, je me tire toujours bien d’affaire.

Saint Joseph

Il n’en sera pas toujours de même, cher client. Vous avez malgré votre jeune âge besoin de cultiver la vertu de force. Vous avez dès vos études les plus l’élémentaires le devoir d’obéir à vos parents, et à vos maître ; tel l’enfant Jésus à Nazareth. Vous devez étudier, consciencieusement vos leçons, faire vos devoirs, retenir les explications données, réfléchir sur les principes de chaque matière, en tirer les conclusions logiques, bien caser dans les cellules de votre jeune cerveau chaque science proportionnée à votre âge, et vous habituer à la réflexion. N’imites pas le perroquet qui répète sans comprendre ce qu’il entend, ni le lièvre de la fable qui perdit son concours, malgré le peu d’empressement de sa concurrente ..la tortue’’, aux pas lents. Or le travail consciencieux requiert de vous bien des sacrifices et demande de la force de caractère. Puis, l’obéissance n’est pas toujours agréable : elle suppose, le support des personnes, elle exige l’humilité c’est -à-dire du ‘’ grand moi,’’ qui est parfois un géant comme Goliath, chez maints jeunes gens ou jeunes filles, trop gâtées , trop habitués à faire leurs volontés par leurs propres parents. Puis la loi chrétienne est une vie le discipline militaire en vue du ciel. Saint Paul l’appelle ainsi Job ‘’ une milice;’’ il a dit : ‘’ soi bon soldat du Christ Jésus (II Timothée 11,3). Or peut-être peut-on être soldant sans force, sans énergie, sans virilité ?

Le client

Et quels fruits retirerais-je de tant de privations ?
A ce prix la vie doit être insupportable ?

Saint Joseph

Au contraire. Bon gré, mal gré, il faut pâtir sur terre, au lieu de souffrir avec mérite ici-bas et avec gloire au ciel !, vous seriez un lâche, un peureux qui était tout, une cire molle sans consistance ; et le démon par ses supports et le monde feront de vous leur esclave. Les hommes vous mépriseront, et vous serez inutile à tous et à tout. Par contre le fort sait se vaincre, sait n’avoir peur de rien, du moment qu’il se fie en grâce de Dieu et sollicite comme il faut sa témérité ni présomption ni défiance son paternel secoure. Armé de ce bouclier, qui le protège contre les traits de ses ennemis ( et ils sont vairés et nombreux! ), il sait faire tout son devoir, comme Dieu le veut ; il sait vaincre des passions et caprices ; il sait repousser leurs appâts charmeurs, mais empoisonnés ; il sait tremper sans faiblir ses lèvres au calice de la douleur ; il sait payer de sa personne pour l’utilité de l’Église, de l’État, de sa famille, des bonnes œuvres. Bref, c’est un homme ‘’vir’’;’’ et animé de l’esprit de foi, c’est un ‘’ bon soldat du Christ Jésus’’

Le client
Bien rare sont ces vaillants ?

Saint Joseph.

Peu importe le sort des autres. Soyez ce brave, soyez ce travailleur, soyez cet indomptable. Et pour suivre mes conseils, dès à présent, invoquez de tout cœur la Femme forte par excellence. Celle qu’a a plus souffert ici-bas et qui, Oh ! mon sublime… tandis que son Jésus mourait sur la croix, était près de Lui debout… Stabat ! ( Litanies, page 61).

  Troisième Jours

La justice. ‘’ Indulti loricam justitix : Revêtus de la cuirasse de la justice. ( Éphésiens, VI’14.)

Saint Joseph.

Mon cher client, je vais aujourd’hui vous rappeler un mot de saint Augustin : « L’homme est une volonté.’’ La volonté, voilà donc la grosse roue du char, voilà la pièce maîtresse en vous. Comme le reste, elle a reçu sa blessure, son venin, du péché d’Adam : C’est la malice, perverse inclination qui consisTe à ne pas aimer le bien et à chercher le mal, à se porter d’instinct vers l’intérêt personnel, aux dépends de Dieu, du prochain et de leurs droits respectifs.

Le client.

Bon Saint, quel est son remède.

Saint Joseph

Pour aider la volonté et aussi la rectifier, l’affermir autant que possible, en lui disant rendre à Dieu ce qu est à Dieu et à César ce qui est à César, la vertu cardinale de justice est là.

Le client


Alors elle est plus vaste dans ses fonctions que je ne pensais. Je ne taxais d’injustice, avant de vous entendre aujourd’hui, que les seuls voleurs et les personnes qui détruisent les biens ou qui violent les droits d’autrui, sans même en devenir plus riches.

Saint Joseph

Oui, La justice, a dit saint Thomas d’Aquin , c’est ‘’ une disposition constante et habituelle de la volonté qui nous presse d’accorder à chacun son droit.’’ Et mon contemporain Bossuet ajoutait,’’ elle demande pour se soutenir un esprit ferme et vigoureux, qui ne puisse être ébranlé par la complaisance ( ni la flatterie) ni l’intérêt ( argent ou honneurs ou positions ou promesses ou menaces), ni aucune autre faiblesse humaine.’’

Avez-vous bien compris le mont capital : ‘’ à chacun son droit.’’

Le client

Voulez-vous, bon Saint, entrer dans le détail

Saint Joseph

Bien volontiers. Vous devez à Dieu, à vos supérieurs, à vos égaux, et à vos supérieures ( lorsque vous en aurez) certaines dettes.

À Dieu, la Très Auguste Trinité, à chacune des Adorables Personnes, le Père, le Fils, le Saint Esprit, vous devez le tribut constant de la pénitence qui répare les injures et les droits du Seigneur, sinon vous périrez. Donc injustice carde si vous vivez sans componction du cœur et exercices de pénitences. Vous Leur devez aussi les hommages sincères et profonds que la religion, en tant que vertu, réclame à son tour. La religion vous demande les actes du culte extérieur accomplis avec un cœur filial et affectueux : elle réclame aussi le tribut de excellent de l’amour : car ‘’ tu aimeras le Seigneur de tout ton cœur, de tout ton esprit, de toutes tes forces, corps et âme.’’ Dettes quasi infinies je dirais ; et on reste toujours en dessous, hélas, de leurs exigences sacrées !

Ces mêmes dettes vous les devez à Jésus-Christ Notre Seigneur, soit que vous l’envisagiez au tabernacle, à la Messe, à la Communion, ou dans ses mystères : à Noël, durant la Passion, à la droite de son Père Céleste.

Et votre livre de comptes comprend encore, cher client, une multitude d’autres créances dues à la société du ciel et de la terre.

C’est d’abord la Très Sainte Vierge Marie : Elle est votre Bienfaitrice incessante, votre Impératrice, votre vraie mère spirituelle : oui, oh! oui; c’est là ‘’ Carissima Mamma, la très chère Maman ‘’ comme je l’appelais autrefois dans ma douce langue italienne.

C’est votre Ange gardien, votre céleste et puissant compagnon de vie, et puis vos père et mère, vous aïeux, vos frères et sœurs, vos consanguins, pour qui la justice réclame respectivement : obéissance, respect, assistance, affection.

Ajoutez votre patrie terrestre, qui est l’extension de votre famille : Jésus fut bon citoyen ; faites honneurs à votre pays, et donnez-lui jusqu’au sang de vos veines pour défendre ses droits, ses gloires, ses terres, sa langue!

Et la Sainte Église catholique, votre mère, qui vous engendra au jour de votre baptême, et son chef suprême le Pape, et Monseigneur votre Évêque, de vos prêtes, et ceux qui vous donnent le pain de la divine parole et des sacrements : à eux tous, chacun en son rage, votre amour de fils soumis, votre indéfectible attachement, votre docilité et votre générosité : bien plus, preux, vous ne refuserez pas de les défendre contre la lâches et contre tout ennemi complice de Satan. Arrière le respect humain, honte aux bras croisés!

Vous respecterez vos professeurs, vos maîtres, vos supérieurs temporels : saint Paul flétri la conduite de ceux qui n’obéissent que sous l’œil qui les observe ‘’ ad oculum servientes.’’ ( Éphésiens, VI.9)

Vous respecterez toue dignité, vous obéirez à toute autorité légitime même civile et temporelle : ‘’ rendez à César ce qui est à César.’’

N’imitez pas les sans-cœur qui oublient leurs bienfaiteurs. Vous serez droits, vrais, affables, équitables envers vos égaux : respectant leur âme, leur réputation, leur honneur, leurs biens matérielles. Fuyez la peste de la ruse, du jugement téméraire, de la duplicité, de la fausse balance. ( Proverbes, XI,1) : Ne soyez jamais une occasion même éloignée de péché pour personne, même la plus petite : pour tous, ‘’ soyez la bonne odeur de Jésus-Christ’’ (II Corinthiens, II,15)

Et lorsque la Providence vous établira sur d’autres homes, quel que soit votre emploi ou positon vous faciliterez leur respect et obéissance à votre égard, en vous consacrant à leur utilité et service, gardant scrupuleusement la justice distributive et les contrats légitimes.

Le client

Merci, cher Saint. Oui je désire être le bon soldat revêtu sans cesse de la cuirasse de la justice.

Saint Joseph.

Invoquez maintenant de tout cœur Marie, le miroir de toute justice, en récitant finalement ses litanies.

Quatrième jour
La tempérance‘’ Qui mel multum comedit non est ci bonum.’’Il n’est pas bon de manger beaucoup de miel. ( Proverbe, XXXV,27.)

Saint Joseph

Un jour, je rencontrai la sœur Claire et lui demandai de vouloir bien aller dans la famille Giuli quêter un peu de miel pour les religieux de mon couvent. Elle fit ponctuellement la commission. Survenant là même, je touchai le pot de miel; soudain il déborda, et l’on dut vite chercher un autre vase pour recueillir la miraculeux fluide qui se multipliait sous mes mains. Ainsi je rendis fidèlement aux Giuli le bon miel qu’ils nous avaient donné par charité.

Le client

Sans doute, cher Patron, vous avez aujourd’hui quelque bon miel à faire couler de vos lèvres, car j’ai lu ‘’ met sub lingua eius : il y en a qui ont du miel sous leurs langues… Vous êtes du nombre, car vous êtes face à face au ciel avec le Seigneur, dont David disait ‘’ que vos paroles sont douces à mon palais ; elles surpassent même le suave miel ! ‘’ (Psaume CXVIII,103)

Saint Joseph

C’est vrai, toute parole de Dieu l’emporte sur miels et nectars de la terre, Aujourd’hui je veux vous parler de la vertu cardinale de tempérance ; prêtez-moi votre attention, car elle vous apprendra à user modérément de tout plaisir permis si bien symbolisé par le précieux travail de la diligente abeille.

Le client

Comment cela, bon Saint

Saint Joseph

Vous le savez, l’âme humaine a quatre puissances, qui se ressentent toutes des lamentables blessures du péché d’Adam. La raison, souvent déraisonnable, a besoin d’être guérie et affermie par la vertu de prudence ; la volonté par la justice ; l’envie de se mettre en colère doit attendre sa guérison de la force, quant à la soif ardente des plaisirs, elle doit l’être par la tempérance.

Voyez-vous, cher client, vous êtes né pour le bonheur, vous y aspirez de toutes vos forces, vous trépignez d’en imprégner les moelles elles-mêmes de vos os : il n’est pas nécessaire d’avoir dix-huit ans pour s’en rendre compte. Mais sur la terre pleine félicité n’existe pas ; il vous faut pour la goûter, le parais ou les élus ‘’ seront enivrés de l’abondance de la maison de Dieu et abreuvés du torrent de ses délices, car en Lui est la fontaine de la Vie… (Psaume XXXV,9.)

Or cette attente irrite les hommes. De là vient que lassés de ce délai, beaucoup d’imprudents trompés par les exemples, doctrines, lectures et conversations des mondains sacrifient la réalité pour l’ombre, et ne volant pas de la vraie paix promise au chrétien docile de l’Évangile, veulent tromper les lèvres assoiffées à la soupe des voluptés terrestres ; coupe mielleuse sur les bords, mais pleine en réalité d’un fiel empoissonné.

Le client

Pourquoi donc alors avons-nous des tendances si violents pour le plaisir sous toutes ses formes, si nous ne pouvons pas les satisfaire : n’entends-je pas souvent mes camarades s’écrier ‘’ Il faut que jeunesse passe…’’ …’’ prenons à profusion le vin et les parfums, et ne laissons pas passer les fleurs de la saison : couronnons-nous de roses avant qu’elles se fanent, venez donc, profitons des biens présents, hâtons-nous de jouir des choses créées.. ( Sagesses, II, 7-8-6.)

Saint Joseph

Ces paroles sont celles de l’impie. Sachez-le, cher client, tout plaisir n’est pas coupable. Mais Dieu a créé les satisfactions légitimes pour servir de moyen d’observe sa loi facilement : telle la goutte d’huile que le mécanicien verse dans sa machine, afin de l’aider, à mieux fonctionner, à ne pas se rouiller, ni détériore. La machine n’est pas faite pour l’huile, mais c’est l’huile qui est faite pour la machine. Que diriez-vous d’un de vos camarades qui n’aurait pour but ici-bas que de boire et manger.

La tempérance est la grande et sage modératrice : elle enseigne à garder en tout le poids, l’ordre, la mesure, à fuir tout excès : le trop, et le trop peu. Bref, elle fait les pondérés ! Ah ! qu’ils sont rares les vertueusement équilibrés, qui savent garder le juste milieu, en dehors duquel on ne voit fleurir ni science, ni art, ni sainteté, ni même la bonne santé corporelle.

Le client

J’ai compris, cher Patron, votre pensée. Veillez m’en détailler la pratique.

Saint Joseph

Dieu est le grand modèle de tempérance. Voyez ses œuvres, rien n’excède, rien ne manque ; à regarder le total, rien n’est plus grand ni plus petit qu’il ne faut. Copiez donc le Seigneur par amour, et vous serez tempérant.

La tempérance vous apprend à user des aliments, breuvages et autres choses utiles à votre position et état, selon la raison éclairée par la foi.

La tempérance doit régler votre intérieur : elle stimule les routiniers et paresseux : retient les audacieux ; excite les faibles et en fait des chênes ; assouplit les intraitables, et les prend flexibles comme le roseau, elle tempère les feux des ardents et des audacieux et des irascibles ; elle échauffe doucement les timides, les égoïstes et les glacés, elle corrige les vertus en les empêchant de devenir des vices par excès ou défaut. Au dehors, elle compose l’attitude, lui donnant la dignité et l’aisance, la gracieuse simplicité et la réserve; elle chasse l’emphase du langage et la vulgarité, elle rend sombre en paroles sans mutisme ni verbiage, contenue avec cordialité et affectueux avec discrétion, droit sans franchise brutale ou réticence hypocrite, gai sans bouffonnerie ou noire humeur. Elle modère selon la foi et la vertu les inclinations et les répulsions du caractère, ainsi que les inclinations du cœur. Elle vous veut savant mais selon vos moyens et la volonté de Dieu sur vous ; elle vous veut disciple de l’honneur, mais sans témérité, pose, artifice ou duplicité et orgueil, elle vous veut ‘’saint joyeux’’ mais n’excédant pas en parure, enjouement et expansion ‘ainsi vous copiez de loin, mais vous copierez la suave et noble attitude du Christ Jésus ‘ qui a bien fait toute chose.’’ ( Marc , VII,37) Dans ce but, récitez les litanies de la Vierge –Marie.

Cinquième Jour
L’emploie du temps ‘’ Pretium Sanguins est ; C’est le prix du Sang! ‘’ (S.Mathieu, XXVII, 6.)

Le Client

Me voici à la deuxième partie de ma neuvaine, et je sens le vif besoin de vous remercier des bonnes leçons bine pratiques que vous venez de me donner sur les quatre vertus cardinales. Mais, cher Saint, je serais désireux de vous entendre dire ce que vous pensez des beaucoup de personnes du monde qui ‘’ tuent le temps !’’

Saint Joseph

Ce que je pense Et bien, je vous avoue que c’est un crime !

Le client

Comment cela!

Saint Joseph

Il n’y a rien de plus bref et de plus précieux que le temps, quoiqu’en disent certain des mondains, pour qui biens des heures sont d’une longueur désespérante, et qui pourtant gaspillent leurs vies : aveuglés qu’ils sont par la ‘’ fascination de la bagatelle. ‘’ ( Sagesse, IV,12) connue parle le Saint Esprit.

Oui, cher client, la vie, même pour un centenaire, est courte ; elle se compose du passé qui n’est plus, d’un avenir qui n’est pas et ne sera peut-être jamais, et du moment présent qui tient plus du néant que de l’être, car il ressemble fort à la boule de neige qu’une main chaude fait fondre rapidement. Alors saint Paul dit juste : ‘’ tempus breve est (! Corinthiens, VII,29) : Vite, tout passe vite !’’

Et malgré sa rapidité au triple galop, le temps a une valeur éternelle, donc infinie en prix..

Le client

Comment expliquer qu’une chose si rapide soit d,une éternelle et infinie valeur, il y a contradiction,

Saint Joseph

Écoutez ma pensée : Les docteurs enseignent qu’il il n’existe aucun acte raisonnable et libre, un acte humane, qui n’ait pour effet soit d’ajouter aux mérites, soit d’aggraver la damnation de son auteur, selon qu’il est bon ou mauvais. Les damnés se tordent dans un éternel et stérile désespoir au milieu des flammes de l’enfer, car ils avouent avoir perdu leur temps, cause de leur sempiternelle réprobation. Et les saints, en particulier saint Bernardin de Sienne, o.f.m. mon frère en religion ont dit juste : ‘’ Le temps vaut autant que Dieu, ‘’ puisqu’on l’échange par le bon emploi chrétien, surnaturel, qu’on en fait, contre l’éternelle possession, vision, amour de la Très Béatifiante Trinité. Donc le temps a une valeur infinie malgré son effrayante rapidité. Il y a plus.

Le client

Complétez votre pensée, bon Saint, je vous prie.

Saint Joseph

Envisagée au point de vue de l’emploi qu’on doit eu faire l’après le plan du Créateur, votre vie doit se transformer en ligots d’or avec lesquels vous achèterez le paradis. Si vous vous souvenez que, c’est le Divin Crucifié du Calvaire qui vous a obtenu par ses infinies douleurs la grâce de mériter à chaque instant par le bon usage de ses grâces ‘’ fructifiant ainsi pour Dieu, ‘’ ( Romains, VII,4) ; concluez que chaque heure est une goutte du Précieux Sang : et vaut ce qu’elle a coûté à Jésus ; donc pretium Sanguinis est : c’est le prix du Sang d’un Dieu ; valeur infinie.

Le client

Oh! Si j’avais su!

Saint Joseph

Eh bien, ne gaspillez plus ce trésor. Évitez d’abord tout péché volontaire. Ensuite faites bien pour Dieu, par motif surnaturel, tout le bien qu’IL exige ou exigera de Vous, d’ici le repos éternel ; car on perd même son temps en faisant le bien : soit en négligeant son devoir d’état ; soit en faisant le bien que Dieu ne veut pas de nous ; soit en agissant pour la vanité, en produisant même des actes vertueux ; témoin les vierges folles de l’Évangile.

Le client

Alors comment bien faire le bien

Saint Joseph

Donnez-vous la peine de bien faire chaque chose, à temps, en ordre, posément, pour Dieu, même les plus petits devoirs. Ne croyez pas que la multiplicité des choses soit toujours exigée ; de veut l’erreur de sainte Marthe. Il n’est pas requis de faire des choses éclatantes ; beaucoup de saints, la T.S.Vierge Marie elle-même, n’en n’ont jamais fait, replissez minute par minutes votre devoir, tel que le Seigneur par lui-même, ou son Église, ou vos parents et supérieurs, vous le demandent ; faites cela avec humilités et amour de Dieu dans le cœur, exactitude dans le mode d’agir, persévérance dans l’exécution ; alors vous serez couronné après le jugement particulier, car vous aurez combattu légitimement.

Le client

C’est cette précieuse faveur que je vais de suite solliciter de ma céleste Mère, en Lui lançant du fond de mon cœur les supplications de ses litanies

6 ième jour
La pureté Qui diligit cordis munditiam, habebit amicum Regem’’ Qui aime la pureté du cœur, aura le Roi pour ami.’’ (Proverbes, XXVI,II)

Saint Joseph
En cette sixième journée de votre neuvaine, nous allons parler de la vertu angélique, de celle qui fait de ses clients sérieux les émules des Chérubins : la pureté. J’ai eu à ce sujet les plus farouches assauts de l’enfer durant ma vie terrestre ; et je puis vous dire avec connaissance pratique, que nul n’est exempt de combat sur ce point. La pureté n’est pas la froide insensibilité de la statue de marbre : elle ne peut être depuis le péché d’Adam l’absence de désirs et passions désordonnées. Elle est le lys au milieu des épines ; pour se protéger, vivre et s’épanouir, elle requiert des sacrifices constants, une prière persévérante, la mortification du cœur, des yeux, des affections, des lectures, des plaisirs de liqueurs et de la bonne chère ; elle ne se conserve qu’à l’ombre du virginal manteau de Marie, elle ne se nourrit que du sang de l’Agneau Jésus et de sa divine parole ; elle n’admet autour de soir rien et personne qui ne soit très bon.

Le client

Évidemment ce doit être bien difficile, bon Saint, de rester pur è à tel prix, cette vertu doit être d’une valeur inexprimable.

Saint Joseph

Avec la grâce de Dieu et la prudence chrétienne, cela devient aisé, car Dieu ne commande pas l’impossible, Mais en votre siècle, on est mou et imprudent à l’excès, les parents relâchent de leur surveillance, et Satan en profite.

Le client

Comme être prudent, bon Saint

Saint Joseph

Avez-vous déjà vu couchée par terre, au milieu des fleurs innocents d’un pré, la vipère à la tête aplatie, aux deux yeux perfides, somnolente en apparence, mais remplie d’un mortel venin ! Si un rouge-gorge a le malheur de fixer ses yeux là, il est perdu. La vue du serpent le fascine, l’épouvante et l’attire tout à la fois. Et voilà qu’en poussant des cris d’effroi, il voltige de branche en branche, descend de plus en plus mystérieusement attiré vers l’affreuse bête ; celle-ci lance son fascinateur regard, le rouge-gorge s’approche toujours en gémissant : il est enfin au milieu des pâquerettes et coquelicots champêtres. Se reposera-t-il enfin ! Une seconde… et d’un bond le monstre s’approche, ouvre la gueule et voilà l’oiseau téméraire englouti.

Le client

Quelle horreur ! Est-ce possible !

Saint Joseph

Voilà le sort qui attend ceux qui ne veulent pas, sous prétexte de sévérité outrée, suivre le régime des chastes, dont je parlais plus haut,.Vous serez ce rouge-gorge, si vous n’êtes pas prémuni contre un double sensualisme :

1- le sensualisme moral : mollesse du caractère que les parents et maîtres n’ont pas formé ou redressé; vie d’amusements prétendus à la monde ; Légèreté des livres qui ne sont pas toujours des plus mauvais affections déplacées, honnêtes mais non chrétiennes ; relations trop fréquentes ou trop libres entre jeunes gens et jeunes filles.
2- Le sensualisme physique : c’est-à-dire ne savoir jamais rien souffrir, ne vouloir se priver de rien : voilà le préambule du péché, voilà l’anémie préparant la tuberculose !

Le client

On va me prendre pour un moine ou une nomme, si je vis ainsi à l’écart des autres !

Saint Joseph

Laissez dire : il y a là pour vous une question de vie ou de mort pour votre existence sur terre et pour votre éternel avenir.

Le client

Comment cela, bon Saint

Saint Joseph

Sans chasteté pas d’amour de Dieu ‘’ Qui aime la pureté du cœur, aura le Roi pour ami’’ ( Proverbes, XXII,11)
Sans chasteté pas de respect de la société à votre égard : on n’estime ici-bas que ceux qui portent sur leurs traits l’honnêteté, la candeur et la pudeur. Sans chasteté pas de vraie vie. Oui, pas de vie intellectuelle pour vous, jeune étudiant, car l’intelligence n’est lucide que si le cœur est pur ; comment voulez-vous avoir le lambeau de la science dans un cerveau, foyer fumeux, qui ne recevrait comme aliment que des matières putrides ! L’impureté est homicide, l’intelligence est sa première victime, et le cœur en est la seconde. Le Saint Esprit a bien dit ‘’ vecordem juvenem le jeune sans cœur ‘’ ( Proverbe, VII,7) : pur, il aimait les siens, impur il est égoïste, dur ; Pourquoi ! il convoite, il n’aime plus. Il a l’instinct de la bête, il en a les appétits ‘’ vecordem, sans cœur’’ La volonté est la troisième victime : reine elle était, lorsqu’elle était pure, car sans liens honteux ; ne servant plus Dieu, elle ne règne plus sur les siens ; elle est esclave, elle a joug, elle a un chancre qui la dévore et qui ne dit jamais ‘’ c’est assez.’’

Le client

Désirant être élu au ciel à tout prix, ô bon Saint, aidez-moi à veiller sur mes yeux, sur mes oreilles, sur mes paroles, sur mon cœur, sur mes démarches, et sur mon entourage. Et la pureté aidant mon intelligence et conservant ma volonté, veuillez m’accorder le succès dans mon examen futur.

Saint Joseph

Adressez-vous maintenant à la Reine des Vierges, et récitez ses litanies.

Septième jour
La foi « Fortes in fide : Fermes dans la foi ‘’ (Ipierre,v.9.)

Saint Joseph

‘’ Je crois, je crois, je ne veux autre chose que la sainte foi…L’homme de foi peut ce qu’il veut, quand il ne veut que ce qu’il doit. Dieu ne peut mentir ; ses paroles sont vraies dans l’éternité ; et qui a la foi est le maître du monde.’’ Telles sont quelques-unes de mes paroles, lorsqu j’étais pèlerin et voyageur comme vous sur terre, la vallée des ombres et des larmes.

Le client

Cher Saint, c’est sans doute en rapport avec la vertu de foi, qu’eut lieu, en 1649, le célèbre miracle qui opéra la conversion du luthérien Jean-Frédéric sérénissime Due de Brunswick et Hanovre, dont la gravure, embellit la première page de mon opuscule de neuvaine.

Saint Joseph

Vous dites juste, Voici les faits, En 1649, Jean-Frédéric, époux d’Henriette de Bavière, âgé de 25 ans, faisait son tour d’Europe, il vint à Rome : puis attiré par le bruit de mes miracles, séjourna à Assise. Le Père Custode de la Basilique ( qui conserve encore le Corps de N.S.P.S.François) reçut une lettre confidentielle de pape Innocent X (1644-1655) lui demandant de mettre ce prince en relation avec moi. Un dimanche, à mon insu, il assista à ma messe, célébrée dans la chapelle retirée de l’ancien noviciat. Au moment de la fraction de la Saint Hostie, je poussai un grand cri, volai dans les airs et tombai en extase. Ce ne fut qu’avec bien des efforts que je pus rompre le Corps sacrait du Christ. Le prince fut frappé : il demanda la raison de ces événements au Père Custode, à qui je répondis ensuite : ‘’ Les personnes que vous m’avez envoyées ce matin ont le cœur dur, elles ne croient pas tout ce que croit notre Sainte Mère l’Église ; c’est pour ce motif que l’Agneau, devenu dur sous mes doigts, ne pouvait se fractionner.’’ Après des hésitations et des entretiens avec moi, le lundi suivant le Prince vient encore à ma messe. Au moment de l’élévation, parut sur la surface de l’Hostie une croix noire, qui fut aperçue de tous les assistants ; je fus élevé en l’air, me trouvant à une palme de hauteur au dessus du marche-pied de l’autel, et suivant L’Hostie dans les cieux. Jean-Frédéric se sentit alors fortement ébranlé mais résistait encore, Cependant ‘’ le chevreuil était