Mgr. Remi-J-De-Roo-
Les Ermites de St-Jean-Baptiste de Vancouver du Canada.
 

Les Ermites de St-Jean-Baptiste de Vancouver du Canada.

Photo de Mgr  Remi-J-De-Roo

Le 2 février 1965, dans un site beau et solitaire de l’île Vancouver (Canada), a été fondée officiellement une colonie d’ermites ; comme la vie érémitique n’est pas prise en considérations par le droit canonique actuellement en vigueur dans l’Église latine la nouvelle institution a été érigée ad experimentum en «pieuse union». Son acte d’érection comme les statuts de la colonie anachorétique ont été approuvés par l’ordinaire du lieu, Mgr Rémi J. De Roo, évêque de Victoria. Les membres de cette communauté ont adopté la dénomination de «Ermite de saint Jean-Baptiste». Toute notre source d’information nous est fournie par un exemplaire polycopié des lois devant régir la nouvelle association Statues of the Hermits of St, Joseph the Baptiste.

Il n’y a rien de si intéressant, pour quiconque voit avec sympathie ce réveil de l’idéal érémitique, que de parcourir ce document. Notons d’emblée qu’i n’a rien de commun avec les règlements minutieux et interminables propres à nos ordres ou congrégations religieuses. Il ne contient que treize articles, brefs pour la plupart. Son rédacteur cela saute aux yeux est un homme aux idées claires, possédant une bonne connaissance théorique et pratique de la vie monastique et, surtout, un but concret et bien définie. Il sait que ce qu’il veut. La brièveté des statuts est bien justifiée par une observation préliminaire : «La vie érémitique est, par essence, personnelle. Il appartient à chacun de la mener selon sa grâce et conformément à ses besoins légitimes. Elle ne doit être soumise à des règles communes et précieuses que la mesure où un regroupement tel que le notre le comporte par lui-même.»

Dans le Manuel (1) , dont nous allons parler sans tarder, nous lisons ces lignes, pleins de bons sens : «Il importe donc, si nous voulons rester fidèles à cette formule initiale, de nous tenir en garde contre la tendance innée chez les Occidentaux à tout réglementer, uniformiser, organiser et centraliser. Le système communautaire ou cénobitique a, certes, ses avantages ; ils sont grands et incontestables. Mais notre vocation est autre. A vouloir concilier vie solitaire et vie communautaire, nous risquerions de ne pratiquer comme il faut ni l’un ni l’autre, et de ne plus correspondre adéquatement aux desseins de Dieu. Si l’érémitisme est une fonction nécessaire dans le Corps mystique, nous devons tenir à le pratiquer en toute vérité et sincérité Dieu attend de nous cette intransigeance. »

L’article premier définit ainsi la triple fin de l’association :

Le but de notre association est triple :

1- Nous placer sous le contrôle et la responsabilité d’un Père spirituel, et par là nous mettre en garde contre les errements et les illusions de la volonté propre :

2- Nous permette de nous entraider spirituellement et matériellement, sans cependant aller jusqu’à créer une organisation communautaire proprement dite :

3- Défendre notre vocation, à la fois contre notre instabilité naturelle et contre d’éventuelles ingérences de personnes peu aptes à comprendre notre genre de vie.

En un mot, comme on le voit, les ermites n’ont pas d’autre but, en se regroupant, que de sauvegarder la solitude qui les définit et que de trouver des conditions aussi favorable que possible pour répondre à leur vocation particulière dans l’Église, «Individuellement, nous ne voulons pas autre chose qu’ être pleinement et exclusivement ermites, et donc de vouer notre vie toute entière à Dieu dans la méditation de sa Parole, la prière, la mortification et l’apaisement progressif de tous nos désirs terrestres, l’attente et le désir de la vie céleste, l’amour fidèle de la sainte Église, le zèle du salut des hommes dans le respect absolue de notre vocation contemplative et solitaire. Au-dessus de tous, nous plaçons la foi au Seigneur Jésus et le culte de son amour, l’obéissance à son Évangile et au Père qui l’a envoyé, la docilité à son Saint-Esprit » ( Statuts, article 2 ).

Les ermites ne veulent d’aucune façon constituer une communauté proprement dite et encore moins une congrégation religieuse ( art,3),

Cela implique que le Père spirituel, lequel peut être indifféremment clerc ou laïc, n’es pas revêtu du caractère canonique propre au supérieur monastique ; son autorité est purement morale ; responsable de la colonie aux yeux des autorités ecclésiastiques il préside normalement, en qualité de primus inter pares ( art.4.)

Les réunions des ermites, ceux-ci, véritable anachorètes, n’ont pas à célébrer d’offices religieux en commun, excepté la liturgie du Mercredi des Cendres et du triduum, excepté la liturgie du Mercredi des Cendres et du triduum sacrum ( art 5.) ; il n’y a pas de caisse commune, sauf pour les dépenses de la colonie ( art.6)

Et pas non plus d’habit distinctif absolument uniforme ; ceux qui désirent porter l’habit peuvent choisir à volonté étoffe ou la couleur, seule la coupe doit être la même la pour tous ( art. 8).

Comme on le vit, le législateur a gardé le plus grand respect pour la liberté et la grâce spéciale de chacun ; il se montre parfaitement logique avec son idée de vocation érémitique conçue comme vocation strictement personnelle. Les obligations qu’il impose sont peu nombreuses et se justifient fort bien par les fins de l’association.

Voici les principales d’entres elles :

Chaque membre de la colonie doit observer un règlement particulier approuvé par le Père spirituel (art. 3) ; tous les six mois, il doit présente`a l’approbation du même Père spirituel un compte de ses gains et des ses dépenses (art.6) ; tous les ermites doivent se réunir en assemblée générale, au moins une fois par trimestres ; ils échangeront leurs observations sur la vie solitaire, entendront une conférence spirituelle, et prendront éventuellement une décision au sujet des affaires intéressant l’ensemble de la colonie.

Parmi celles dont le règlement exige un vote de toute l’assemblée se trouvent mentionnées les suivants :

1-l’admission des aspirants à la vie érémitique
2-l’explusion de solitaire dont la conduire ne donne pas satisfaction
3-la fixation des quote-parts exigées par les dépenses d’intérêt commun
4-la création d’une nouvelle colonie (art.9), cette question peut être soulevée de façon relativement fréquente puisque les groupements d’ermites ne peuvent dépasser l’effectif de douze (art.10)

Pour être admis dans la colonie es ermites de saint Jean-Baptiste, il suffit d’une année de probation dans un des ermitages (art. 9a). Cette disposition est, à notre avis, la seule qu’on puisse critiquer dans les statuts.

Certes, de nos jours, la majorité des vocations érémitiques se recrutent des monastères ; nombreux sont les anachorètes modernes qui ont passé de longues années sous la discipline cénobitique. Mais il y a des exceptions.

Et l’on peut se demander si des aspirants à la vie solitaire, n’ayant pas pratiqué auparavant la vie commune dans une monastère, possèdent la préparation ascétique nécessaire et ont atteint la maturité spirituelle indispensable à un étant de vie qui exige, à défaut de la perfection, du moins un haut niveau de vertu et une bonne expérience du combat spirituel. Une année de probation dans l’un des ermitages parait insuffisante, sauf peut-être pour s’assurer de la résistance du sujet à la solitude. De toute façon il es certain que la vénérable et antique tradition monastique est opposée à cette façon d’agir un peu sommaire. Les Pères, comme chacun sait, se sont obstinés à maintenir opportune et importune le principe que personne ne devait mener la vie de solitaire sans avoir passé d’abord par l’école du coenobium. Ils étaient convaincus que, pour déraciner les vices et implanter les vertus conditions de base indispensable à toute vie spirituelle saint et progressive, rien ne vaut la pratique de la vie communie sous l’obéissance d’un supérieur et avec l’aide de quels frères.

Citons à l’appui saint Jérôme, par exemple , qui écrit dans sa célèbre lettre à Rustiucs : «Il n’y a pas d’art qui s’apprenne sans maître (,,,) tu ne dois pas t’en remette à ton libre arbitre, mais au contraire, il faut que tu habites un monastère, sous la discipline d’un seul Père et en compagnie de nombreux frères. À l’école de l’un, tu apprendras l’humilité ; à celle de l’autre, la patience ; tel t’enseignera le silence ; tel autre la bonté du cœur. Tu ne feras pas ce qu’on te plaît ; tu mangeras ce qu’on te sert ; tu possèderas ce qu’on te donne ; tu n’auras les habits qu’on te mettra ; tu fera le travail qu’on t’aura indiqué » (Ep.125, 15) saint Benoît parle comme d’une vérité indiscutée, du fait que les ermites ont été l’objet d’une «longue probation dans un monastère», où «se formant avec l’aide de nombres frères, ils on appris à combatte le démon» ( Regula 1) C’est pour des raisons semblables que le vénérable Abbé de Montserat, Gracia de Cisneros, voulant redonner vie au village d’ermites poche de son monastère, imposait aux aspirants un apprentissage ascétique dans le croître cete épreuve durait jusqu’à ce que le supérieur jugeât le sujet assez mûr pour s’installer dans un ermitage (2). A l’imitation des anciennes laures de Palestine, ne serait-il pas bon que les colonies érémitiques modernes possèdent, comme dépendance, un petit coenobium où l’on formerait les futurs solitaires qui auraient besoin de ce préparation ?


Le « Manuel » et ses caractéristiques principales


Comme on peut le lire dans la «note préliminaire» des statuts, ceux-ci doivent être complétés, par un «Manuel de vie érémitique», composé pour l’instruction des solitaires.

Les statuts donnent à la colonie sa structure juridique.

Le Manuel fournit la base doctrinale et les directives ascétiques.

L’ouvrage se présente comme un livret de petit format (15 «10 cm), avec 40 pages, imprimé hors-commerce aux États-Unis, en novembre 1964. Son titre complet est : a Manuel for Hermits, For the Use of the Hermits of StJohn the Baptist.

Le manuel ne porte pas le nom d’ auteur. Mais tous ceux qui sont au courant du mouvement érémitique actuel savent parfaitement qu’il est l’œuvre de Dom Jacques Winandy ; cet ancien Abbé de Clairvaux est la personnalité la plus marquante de ce nouveau printemps que connaît la vie solitaire. Don Winandy, «Père spirituel» et fondateur de la colonie asise en l’île de Vancouver, s’est déjà fait connaître par différents travaux sur le sujet (3) ; il est également l’auteur des statuts dont nous avons parlé, comme on peut le conclure facilement en confrontant ceux-ci avec différents passages du manuel.

Malgré ses dimensions réduites, il faut contenir que la Manuel, imprimé en caractère très petits, contient une masse impressionnante de données doctrinales, théoriques et pratiques. Et l’on doit dire en toute justice que la clarté, la densité et la solidité de l’ensemble sont tour à fait digne de la réputation de l’auteur et y mettent un fleuron de plus.

Dans cette brève présentation que nous faisons de l’opuscule, il serait hors de propos de donner une étude minutieuse des sources utilisées par Don Winandy ou, pour mieux dire, des influences qu’il a peut-être subies. Contentons-nous de signaler que son texte est émaillé de citations bibliques, prises avant tour dans le Nouveau Testament et en particulier dans saint Paul, Don Winandy renforce ainsi les conclusions tirées par le P.Paulus Gordan dans son article sur Paul «instructeur des moines» (4). On peut, sans forcer, dire que le Manuel déborde des sève scripturaire. L’influence de la tradition monastique, entre autres de la règle de saint Benoît, est moins apparente, encore que certaine et profonde. (5)

Un texte qui s’impose : «Sors de ton pays, quitte ta parenté et la maison de ton père, et va dans le pays, que je t’indiquerai» (Gn 12, 1), sert d’exergue aux paragraphies qui, en guise d’introduction, définssent la vraie nature de la vocation érémitique. Nous reviendrons plus loin sur ces lignes nettes et qui font choc. Mais, avant de reproduite et d’examiner les passages le plus remarquables d’un opuscule de haute tenue, il est utile d’indiquer le plan d’ensemble, tel que le donne la table des matières.

1- La mort au onde et à soi-même :

A- La séparation du monde et la stabilité
b- La continence volontaire
c- pauvreté et travail
d- l’ascèse corporelle
e- l’Obéissance

2- La vie selon l’esprit dans le Christ Jésus :

a- la vie sacramentelle
b- La parole de dieu, lumière et vie
c- la prière continuelle
d- l’image de Dieu restaurée

3- Société de solidaires

Ce sont les deux premières parties qui sont les plus substantielles et les plus brillants. Don Winanddy y expose une doctrine ascétique et mystique, concise mais étonnamment complète, à l’usage es ermites. La troisième partie est avant tout un développement es idées qui, sous une forme abrégée, ont fourni «la note préliminaire» des statuts de la colonie (6).


La vocation érémitique.


Une des réalités définies avec le plus de netteté dans le Manuel, est la nature de la vocation anachorétique.

Qu’est-ce qu’un ermite ?

Quelqu’un a qui «n’a pas d’autres propos que d’habiter seul avec lui-même (7), pour vivre à Dieu seul» ( p.4) Certes, en se réfugiant au désert, il ne se désintéresse pas des autres hommes : il embrasse, dans sa prière, toute l’humanité. Il exerce également, «au plus haut degré. L’apostolat du témoignage» car il rappelle «par la seul leçon de son existence la primauté du spirituel et la grandeur du Dieu trois fois saint». Mais ni l’intercessions nie le témoignage ne peuvent être considérées comme des fins de son genre de vie particulier. Sa vie est d’être «avec Dieu, pour Dieu et dans la paix de Dieu» (p.4)

L’érémitisme est la vie au désert, la solitude, l’éloignement du bruit de ce mode, «l’Ermite n’a de contact avec les autres que ceux qu’imposent la nécessité ou la charité » (p.7) . En principe, «le meilleur service que ermite puisse rendre à l’Église et à l’humanité est de demeurer dans sa cellule, vaquant à Dieu dans le silence de la prière et l’humilité du renoncement» ( p.24).

Le fait qu’on se retire dans la solitude d’un ermitage n’implique ni misanthropie, ni égoïsme, ni désir d’une vie tranquille. Celui qui ferait son choix pour de tels motifs ne serait pas vraiment ermite. La vraie vie solitaire au sein de l’Église du Christ n’admet aucune transaction avec les idées noires et le goût du confort. Elle est à l’opposé de l’égoïsme, de la paresse, de l’idéal bucolique et décontractée. Tout au contraire, ses deux aspect essentiels, l’un négatif, l’autre positif, son incompatibles avec les dispositions de ce genre.

En premier lieu, «elle est faite de renoncement ; renoncement au monde, au péché, à soi-même».

Son aspect positif consiste en la recherche de Dieu.

Chacun de ces deux éléments «est fonction de l’autre : on ne renonce que pour mieux trouver Dieu, et la recherche de Dieu est seule capable de donner son sens vrai au renoncement» (p.4), «L’ermite ne va au désert que pour se placer directement dans le rayonnement du foyer divin» (p. 5) ; il se sépare de toute et de tous pour «se donner complètement à Dieu». «La prise de possession de nos vies par Dieu, notre conformation au Christ Jésus, ou plutôt le Christ lui-même vivant en nous l’espérance de la gloire future ( cf. 1,27), c’est à cela que nous sommes appelés et c’est ce que nous sommes venus chercher au désert» ( p.33)

 

Le renoncement

Comme nous venons de le voir, la vie érémitique est d’abord un vide que l’on parvient à faire à force de renoncement et qu’on remplit par la suite, grâce à une application constante et enthousiaste à la recherche de Dieu.

De tous les dessaisissements de l’ermite, le plus fondamental est évidemment le renoncement au mariage.

«Le célibat est l’État normal de quiconque veut être tout à Dieu… renoncer au mariage, c’est se rendre volontairement solitaire, ( uovayòc)» (p8). Don Winandy insiste avec raison sur les motifs surnaturels de ce renoncement ; sa seule explication valable est l’amour de Dieu ; son seul objet est de se donner au Christ avec un amour parfait ; Ce serait une illusion de croire que nous pratiquons la continence volontaire si nous étions, en fait, rien d’autre que de pieux misogynes, effrayés par le sexe ; et encore plus si nous avons la crainte ses soucis de la vie conjugale et familiale te le désir de fuir ses responsabilités.

À propos d’un autre des grands renoncements, la pauvreté, le Manuel contient deux pages pleines de points de vue intéressants. Son fondement est l‘exemple et la volonté du Christ qui «a conseillé à ses disciples de vivre en pauvres» (p9). Mais pauvreté n’est pas synonyme de misère. Le Seigneur, tout en étant pauvre, on vécut pas comme un miséreux. Voici comment se formule l’idéal érémitique :

Ce que nous voulons, c’est ce que saint Paul appelle «la piété contente du nécessaire » ( ! Tim. 6,6) : une grandes simplicité de vie, réduisant ses besoins au minimum dans l’habitation, la nourrire, le vêtement, et rejetant tout superflu. Nous éviterons aussi de tomber dans une prévoyance excessive qui nous ferait accumuler l’argent sans raison. Nous ne chercherons pas la facilité pour elle-même, et nous nous garderons d’en faire un prétexte pour nous procurer tout ce qu’il y a plus «pratique». Nous écarterons dans tout ce qu’il pourrait vous faire. Nous aimerons les pauvres et le leur montrerons en subvenant à leurs besoins dans la mesure du possible, Nous désirerons, enfin, être du nombre de ceux qui renoncent à tout sur la terre pour tout acquérir le ciel )p.10_

Il significatif que l’on traite de la pauvreté et du travail sous un seul article. Ces deux aspects de la vie solitaire, selon Don Winandy, sont étroitement liés. L’auteur fait preuve ici d’un esprit à la fois très antique et très moderne. La pauvreté, nous dit-il, inclut à nécessité de gagner son pain. Et il cite à l’appui la référence scripturaire qui s’impose : en accord avec une ferme tradition héritée de saint Paul, l’ermite doit pratiquer le travail manuel et se remettre sans cesse en mémoire les textes les plus importants de la doctrine paulinienne sur ce point ( 1 Th4, 10-12; 2th3,10-12 )

Le jeûne privation de nourriture, l’abstinence, privation d’aliment a carnés et les veilles privations de sommeil, sont les trois grands moyens traditionnels de l’ascétisme corporel chrétien.

«Parce qu’ils sont traditionnels et remontent, croit-on, aux Apôtres, ces moyens rendement une grâce qu’il ne faut pas espérer trouver en aucune autre pratique inventée postérieurement l’ait-elle été par un saint» ( p.13) Don Winandy présente avec des détails assez abondants ces pratiques de mortification qu’il recommande vivement, tout en prenant la précaution de signaler qu’ «il importe de les embrase spontanément, par conviction personnel ou du moins désir sincère de partager la foi de nos Pères`a ce sujet ; et il faut en régler la mesure en plein accord avec le Père spirituel» (pp.13-13), Il rappelle également que tout l’ascétisme du moine n’est qu’un moyen mis au service de l’amour, et que sa fin unique consiste à «avoir le cœur libre paru le donner tout à Dieu» ( p.17), I ll ne manque pas de citer le texte de saint Paul (Rm 143-17) : «Le Royaume de Dieu n’est pas affaire de nourriture ou de boisson, mais de justice, paix et joie dans l’Esprit-Sain» (p.17).

«Solitude, silence pauvret, continence, jeûne, abstinence, vieilles, austérités de vie : autant de sacrifices offerts`a Dieu pour l’honorer comme un Père et reconnaître son souverain domaine sur tous choses. Plus que tous ces renoncements, cependant, Dieu a pour agréable celui de notre volonté propre» ( P.18). Allons-nous trouver étonnant que Don Winandy insiste sur la valeur chrétienne de l‘Obéissance à une époque comme la nôtre qui en autant besoin ? Contrairement à ce qui peut arriver à un ermite vivant isolé, celui qui est membre d’une colonie comparable à celle qu’a fondée l’auteur du Manuel rencontre mille occasion de pratiquer l’obéissance religieuse, s’il observe avec scrupules les règles du groupent, son règlement particulier approuvé par le Père spirituel, les directive sous les ordres que celui-ci lui donne, ou également des décisions prise légitimement par l’assemblées des ermites. C‘est ainsi qu’il pourra réaliser son plus cher désert qui doit être «de se renoncer entièrement lui-même pour suivre de toute près le Christ Jésus» (p.21)


La vie dans le Christ


Le Seigneur revit avec un relief incomparable dans chaque page du Manuel de vie érémitique. C’est cet amour passionné pour Jésus qui est, à notre avis, la meilleure garantie de ce remarquable «directorium». Mais c’est au début de la deuxième partie que nous pouvons lire cette émouvante déclaration : … disciples du Christ, nous ne voulons connaître que lui ; et notre propre personne, nos vertus vraies ou supposées, nos mérites, les avatars en notre vie intérieur, nous paraissent peu de chose et peu digne d’intérêt, à côté, de la personne et du mystère du Christ Jésus, vrai Dieu et vrai homme. Fils bien-aimé du Père et son Envoyé, en qui nous avons tous les trésors de la sagesse et de la science (Col 2,3), la rédemption, la rémission des péchés (Col, 1, 14), car il est devenu pour nous «sagesse, justice, sanctification et rédemption». (1 Col1,30). C’est lui qui nous a choisis. C’est son amour qui nous appelés. Notre vie ne doit plus être, désormais, qu’une docilité, une disponibilité, une réponse. Aussi se fondera-t-elle tout entière sur la foi, tandis que l’espérance la tiendra tendue en avant, vers le jour où le Christ, notre vie, se manifestera, et nous avons avec lui, dans la gloire ( Col 3,4 ), et que la charité de Dieu répandue ans nos cœurs par l’Esprit- Saint ( Rm 5, 5) nous apprendra à ne plus vivre pour nous-mêmes, mais pour celui qui est mort et ressuscité pour nous (2 Co 5.15) (pp.23-24).

Comme tout chrétien, l’ermite s’unit à Jésus-Christ et en lui à tout son Corps mystique par le moyen des sacrements. A ce pont de vue, l’Eucharistie occupe a sa vie une place privilégiée : «L’ ermite prêtre la célèbre, non pour la simple satisfaction de sa piété personne, mais comme ministre de l’Église et pour le salut de toute l’Église ; l’Ermite non prêtre y participe tous les jours, si possible, comme à un mystère d’union et d’unité» ( p 25). Par le sacrement de la pénitence l’anachorète se purifie de ses péchés et renouvelle en son âme les sentiments de contrition, componction, pénitence et réparation : éléments de la crainte de Dieu qui communiquent à sa vie «une gravité et un sérieux qui n’entament en rien sa joie intiment et la paix habituelle de son âme» ( 26), l’onction des malades aura pour lui toute sa belle signification : «Le Christ prenant en pitié nos infirmités et les guérissant s’il le veut » (p. 26).

Finalement, pour ce qui est du sacrement, de l’Ordre, le solitaire doit garder à l’esprit plusieurs considérations :

L’ancienne tradition n’était pas favorable à cette promotion. Elle y voyait un danger d’ élèvement, et la désirer lui semblait un manque d’humilité. A cette considération, il faut ajouter que le sacerdoce est un ministère ordonné, de soi, à s’exercer activement au service de l’Église. Là où ce service est déjà assuré, comme c’est le cas dans une Thébaide comme la notre, l’ordination d’un nouveau sujet ne peut se justifier qu’en raison d’un appel divin sérieusement reconnu comme tel. Elle exige, bien entendu, l’observation de tous les conditions posées par l’Église ; ce qui normalement, doit tirer l’ermite hors par l’Église ; ce qui, normalement, doit tirer l’ermite hors de sa vocation propre pour de longues années (p.26).


La conclusion s'impose


En principe, donc, chacun préférera se rappeler qu’il participe déjà, par le simple fait de son baptême, â un sacerdoce royal (1 p.2,9 ; Apoc.1,6), et que l’eucharistie est vraiment célébré par entière communauté des croyants, bien que le prêtre seul ait le pouvoir de la consacrer en son nom (p. 27)

Cela est net : ce n’est pas le ministère sacerdotal, qui doit remplir le vice que les grands renoncements ont fait dans la vie du solitaire, mais, comme on l’a dit, la recherche de Dieu. Celle-ci s’accomplit surtout par un effort constant et quotidien a pour assimiler la sainte Écriture, faute de place, nous ne pouvons reproduire ici les belles pensées et les conseils pratiques que contient le Manuel sur la lecture chrétienne de la Bible.

En résumé, il nous dit que l’écriture forme un tout dans lequel il est nécessaire de pénétrer en se servant des moyens que nous offre l’exégèse moderne, en tenant compte des enseignements de l’Église et en nous confiants, surtout, aux lumières que Dieu même doit nous envoyer. Mais, évidemment, la lectio divina admet, à côté de la Bible, celles «grands écrivains spirituels et des vies des saints» ; celles-ci convenant surtout aux débutants. Entre tous ces livres, on doit donner la préférence et cette recommandation est plein de sens à ceux qui ont dirigée l’enseignement, et l’expérience des Pères des déserts d’Orient : comme, par exemple, les apophtegmes, la vie saint Antoine, l’Histoire des moines en Égypte qui est encore attribuée à Rufin ! les conférences de Cassien, le Père spirituel de Jean Moschus, l’Échelle sainte de Saint Jean Claimaque. «Quant à l’étude proprement dite de la théologie et des sciences qui s’y rattachent, elle devra toujours occuper une certaine place, plus ou moins grande suivant les goûts et les aptitudes de chacun» ( pp.28-29)

Mais seul la Bible est par excellence le livre de l’anachorète.

Si Dieu nous parle dans l’Écriture, nous parlons à Dieu dans la prière. Le Manuel ne manque pas de citer cette belle formule des Pères (p.27) et Don Winandy consacre à une question aussi importante que la prière dans la spiritualité monastique plusieurs paragraphes d’un grand intérêt. Leur titre est tout un programme : La prière continuelle ( pp.29-33) Dès la première ligne et sans ambages, les ermites du XX siècle. Se voient proposer le même idéale que Cassien proposait à ceux du Ve siècle, l’auteur cite la célèbre phrase des Conférences (9,2) : «La fin que se propose le moine, toute la perfection de son cœur, réside dans la continuité d’une prière ininterrompue».(p.29). Mais, soucieux de fonder sa doctrine sur l’Écriture, il ajout aussitôt que «Cassien n’était en cela qu’un écho de Évangile (Lc 18,1) et de saint Paul ( 1 Th 5, 17)».

La nécessité de la prière ; le silence et le recueillement ; l’ambiance de prière ;

La prière vocale «pratiqué dans la mesure convenable» qui n’est pas en désaccord avec une «oraison vraiment intérieur» » ;

La prière liturgique, moyen pour l’ermite de s’unir à la prière de l’Église, et à ses intentions ; «la prière de Jésus » des Orientaux à la dévotion occidentale au chapelet, prière comparable à la précédente : tels sont , entre autres, les points traités dans ces pages. Mais la vérité qu’elles cherchent d’abord à inculquer, c’est que la prière est bien plus qu’un «exercice» fermé et isolé sur lui-même. Elle doit être l’expression et la prescription de toute la vie, elle n’est pour, vraie, sincère, sans plage, que si elle traduit l’ardeur d’une âme avide d’être toute à Dieu et ramant toutes ses pensées surtout ses désires, toutes ses activités à cette fin unique (p.30) Quand au reste, personne ne peut douter que l’ermitage constitue «le lieu idéal de la prière, le terrain où elle jaillit spontanément avec le plus de pureté, de force, de continuité de simplicité» (p.30).

Parlant de la lecture «de la parole de Dieu, lumière et vie», Don Winandy avait écrit : «Il y a dans la lecture de l’Écriture, dans la lection divina, comme l’appelle saint Benoît, une grâce quasi sacramentelle. Comme l’Eucharistie, comme la prière, comme la solitude et le silence, comme les divers renoncements inscrits dans la tradition apostolique, elle transforme insensiblement l’être tout entier et le divinise progressivement » (p.28 ) Ici, en terminant sa description de la vie dans le Christ Jésus, il parle de la «restauration de l’image de Dieu» comme fin ultime, et dès ici-bas de la vie érémitique. Mais, en réalité, il renonce à traiter lui-même le sujet : au bout de quelques lignes, il laisse la parole au Nouveau Testament, se contentant de transcrire les Béatitudes ( Mt 5, 3-10) et trois passages des épîtres pauliniennes tant de fois citées ( col 3.1-4 ; 1 Col 13,4-8;ga 5, 22-25). Et il ajoute :

Aux heures où nous sentirons notre courage faiblir, notre ferveur s’attiédir, nos espoirs de progrès près de s’écrouler, relisons ces pages admirables dans lesquelles la Sagesse divine a décrit l’œuvre qu’elle entend réaliser en ceux qui répondent à son appel. Elle s seront l’aliment de notre foi, le gage de notre espérance, la joie de notre charité (p.35)


Nova et vetera


Pendant que nous lisions et que nous analysions le Manuel, une phrase de l’Évangile nous revenait sans cesse à l’esprit, c’est celle que cite saint Benoît quant il parle de la science spirituelle de l’Abbé ( Regula 64) : «Qu’il soit expert en la doctrine d royaume des cieux pour qu’il sache et possède de quoi tirer du neuf et de l’ancien » (Mt.13,52).

Don Winandy a composé un directorium de la vie érémitique dans lequel s’allient admirablement l’enthousiasme et la sérénité; l’ audace et la prudence; le respect dû à la liberté et la rigueur lorsqu’elle s’impose à une foi sans limites en la Parole de Dieu et une juste idée des réalités terrestres avec leur valeur et leurs limites ; une estime totale de la solitude érémitique et un sens ecclésiale très profond. La «discrétion» est la grande vertu monastique mais il ne faut pas donner au terme le sens vulgaire et affaiblie de «modération», voire même de mitigation et d’esprit de compromis ; il faut le prendre dans son sens original et vigoureux de discernement dans la l’appréciation des valeurs relatives, de coup d’œil faisant voir dans chaque cas la meilleure solution d‘esprit critique dans le choix des moyens et dans leur subordination à une fin donnée. Eh bien, la discrétion, «mère des vertus( 8) », brille à chaque page de cet opuscule, que nous n’hésitons pas à qualifier de joyau de la littérature monastique contemporaine.

Mais ce qui peut-être soulève chez un lecteur attentif le plus d’admiration. C’est l’art avec lequel l’auteur est arrivé incontestablement à rajeunir une institution si vieille et même si anachronique, comme beaucoup peut le penser, de la vie solitaire, en cette seconde moitié du XX siècle, où la vie sociale devient de plus en grégaire ; c’est l’habilité avec laquelle il a su donner un air de jeunesse et une allure moderne aux vieux thèmes qui inspiraient la spiritualité du monachisme primitif ; l’adresse avec laquelle il a revalorisé des pratiques d’ascétiquement traditionnelles et tombées dans l’oublie.

Nova et vetera. Dom Winandy est un disciple fidèle de la tradition érémitique la plus ancienne, mais il n’est pas un fanatique qui prétendrait l’imposer sans rien y changer. Son propos n’est pas de revenir au IV siècle, mais de transplanter dans le XX siècle tous les éléments valides de l’érémitisme primitif`ou, si l’on préfère, d’adapter l’érémitisme antique au monde actuel, en corrigent et en améliorant tout ce qu’il a d’amendable et de perfectible. Homme et notre temps, il est au courant des conquêtes récentes de l’ exégèse biblique des acquisitions de la recherche patristique et monastique, des progrès de la théologie, etc. Il apprécie et il utilise tous les éléments nouveaux. Il l tient même compte explicitement des exigences de l’hygiène moderne et des normes de la médecine actuelle.

L’ermite, écrit-il aura le goût de l’ordre, de la propreté, du travail bien fait.

La malpropreté corporelle, la négligence dans le vêtements, n’ont pu passer pour vertu, à certaine époque et dans certain milieux, que parce qu’elles constituaient une réaction, d’ailleurs mal entendue, contre une civilisation déchéance, dans laquelle les soins du corps et la toilette avaient pris une place excessive.

A notre époque, elles seraient un non-sens, et c’est justement qu’elles seraient blâmées.( p.12)

Et pour ce qui a trait à la nourriture :

«Un tel régime doit resté équilibré, contenir assez de protéines pour pouvoirs, à la perpétuelle reconstruction de l’organisme, il le sera aisément si l’on consomme régulièrement du pain de froment complet, ou du blé sous autre forme, ou encore du fromage, des oeufs, etc. modération des légumineuses : haricots, pois, lentilles etc,. Les fruits devraient y prédominier, et il est conseillé de mangers les légumes crus, autant ue possible, plutôt que cuits. Il va de même de l’huile ou des graisses végétales, qu’il ne faut pas faire cuire, mais ajoutée crues aux aliments.» (p.15). Et ailleurs encore : «On veillera à ne pas abuser de sel et des condiment trop excitants. On aura soin surtout en bien mâcher la nourriture » ( P. 15) certes, tout ceci peut paraître étrange à des lecteurs ne s’attend pas à voir un auteur spirituel s’attarder à des tels détails, mais, comme nous en avertit Don Winandy : «Tous les maîtres de l’ascèse, pourtant, ont reconnu l’importance d’une alimentation saine et pleinement adaptée à la vie contemplative. Notre corps et notre âme ne font qu’un, ce qui nuit à l’un fait du tort à l’autre» ( pp.15-16) Et il ajoute ces lignes dont il faut se pénétrer :

Pour vivre selon l’esprit, dans la proximité de Dieu, dans la paix du ciel, pour garder la lucidité du jugement, la pureté des pensées et des sentiments, il faut donner au corps une nourriture que ne l’alourdisse pas (cf Lc. 21-34 ) et n’encrasse pas l’organisme, une nourriture qui n’excite pas le passion, la nervosité, le besoin de changement et l’agitation (p.16)

Nous avons transcrit les lignes qui précèdent pour montrer que le directorium des ermites s’abaisse parfois à des détails fort concrets, mais pour refaire voir, aussi, avec quel art il utilise et combien des éléments anciens et nouveaux, nova et vetera. N’est-ce pas la méthode à employer pour l’aggiornamento monastique ? On prétend parfois faire passer, grâces à l’étiquette aggiornamento, ce qui est, purement et simplement, du laxisme, de la mondialisation, de l’abandon. Parfois aussi, on essaie de moderniser l’institution monastique en détruisant ses éléments essentielles et en créant de novelles formes de vie plus ou moins religieuses, qui peuvent avoir tous les vertus qu’on voudra, mais n’ont guère de rapport avec la monachisme, s’ils en ont, Dom Winandy, au contraire, pour avoir respecté la nature propre de l’érémitisme, ainsi que ses traits caractéristiques dans le domaine ascétique, et mystique, pour avoir su, en même temps, lui incorporer les éléments nouveaux qui le perfectionnent et l’enrichissent, a réalisé une adaptation authentique de la vie solitaire à l’homme de notre temps.
©Gracia M. Colombas ,m.b.

Références :

1- Cet article a paru dans Yermo, mars 1965, pp. 317-333. Nous remercions l’auteur et la rédaction de la revue de nous avoir autorisé à le reproduire en français ( traduction du P. Pons. o.s.b. : adaptation du P. Gozier o.ds.b. ).
Depuis la parution de cet article es espagnol (1965) une éditons française du Manuel a été ronéotype ( 42 p., 20,rx11), elle sera prochainement en vente à la libraire Sainte Marie, 5 rue de la Source, 75 Pris-16 e. Les référence citées ici renvoient à cette édition et non à l’édition en anglais.

En 1966, il y a eu quelques amendements aux statuts sur des points de détails et ad experimentum.

Sur le renouveau érémitique, on pourra consulter La lettre de Ligué (no.121, janvier 1967) les ermites pages de P.F.Anson. partir au désert, vingt siècles d’érémitiques ( Traduction de Sr. Jean Marie o.p. ), Éd, du Cf, Paris 1967 et les ouvrages de Don Le Saux, ermite en Inde ( N.D.R.I.)

2- Cf. G.M. Colombas, Un reformador benedictino en tiempo de los Reyes Catolicos : Gracia Jiénez de Cisneros, Abad de Montserrat,1955 p.121

3- On peut citer : Plaidoyer pour l’érémitisme ( sous le pseudonyme de Théophile Reclus ), dans La Vie Spirituelle, août-septembre 1952, pp.230-242 ; J, Winandy, Pour un statuts canoniques des ermites, dans Supplément de La vie Spirituelle no.50,3e trim1959, pp.351+-355 ; L’Idée de la fuite du monde, dans Le Message des Moines à notre temps. Paris 1958,pp95-104

4- Paulus als Lebrer der Monche, dans Erbe aund Auftrag no.36,1960 pp.163-168

5- Un lecteur familier de la question ne pourra manque de remarquer tout au long des pages qui suivront. Par exemple , signalons les thèmes de la « milice spirituelle » et de l’apatheia; du diptyque pauvreté-travail (pp.9-12) ; de la trilogie jeûne abstinence veilles (pp.14-17) ;ext. Tout le livret est imprégnée de la spiritualité propre au monarchisme primitif. Il convient de faire remarquer que les seules lectures spirituelles, recommandées explicitement en dehors de la Bible, sont comme on va le voir, les sources les plus importantes sur la vie et la pensée des premiers ermites (p.28). Néanmoins, les citations directs de saint Antoine d’Evagre le Pontique, de Cassien, de saint Benoît et de saint Grégoire le Grand sont en nombre limité.

6- La troisième partie : Société de solitaires-beaucoup plus brève- précise en quel sens il faut entendre cette expression : « Notre groupement, en un mot, n’a pas été voulu pour lui-même, à cause du bien propre de la vie communautaire. Il n’emprunte à celle-ci que ce qui peut conter à renforcer et à aider la solitude individuelle et laisse de côté tout ce qui risquerait de la mitiger ou de la diminuer. » Notons également que, d’après les statuts (art 4.) « Le Père spirituel est nommé ; par l’ordinaire du lieu après consultations des ermites au scrutin secret ». Ce point peut faire a contestation . On pourra, en effet, s’étonner de voir tout autant un Père spirituel élu a vote majoritaire que de le voir imposé par un évêque. La paternité spirituelle proprement dite ne semble pas devoir faire l’objet de semblables réglementations.

7- Cette formule, comme chacun sait, est de saint Grégoire le Grand, Dialogue2,3 : dans la solitude de sa grotte, à Subiaco, saint Benoît « habitavit secum ».

8- Saint Benoît, Regula 64. Cf. Cassien, Conférences 2,4

 
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