Ce livre est d'une facture assez particulière : il est en majeure partie copié, ou traduit, de divers auteurs franciscains. Ce n'est pourtant pas une simple anthologie : les textes s'y succèdent suivant une certaine ligne qui leur confère une unité, malgré les différences de manière parfois piquantes d'un auteur à l'autre.
Voici d'ailleurs son histoire : maintes fois, au cours d'excursions à travers la littérature franciscaine, mon attention avait été retenue par la saveur très particulière, la simplicité, la vigueur, l'accent de piété vécue de certains petits ouvrages à peu près tombés dans l'oubli. Ils me parurent dignes d'une réédition; mais des raisons commerciales, m'assurait-on, rendent actuellement difficile la publication de minces brochures. Restait la ressource de les réunir en un volume. Or, en les classant, je me rendis compte qu'à les disposer dans un certain ordre, quitte à y ajouter quelques extraits d'ouvrages plus considérables et à relier le tout par un bref commentaire, on arriverait à un ensemble cohérent, qui donnerait une idée, incomplète sans doute mais assez exacte, et puisée aux sources, de la spiritualité franciscaine, et constituerait au demeurant un traité pratique de vie spirituelle assurément utile à ceux qui cherchent Dieu. C'est ce que j'ai tâché de réaliser ici.
Parmi les opuscules reproduits, plusieurs sont inédits en français, d'autres sont pratiquement ignorés. Certains sont de petits chefs-d'oeuvre par la densité de la pensée et la ferveur de la dévotion. Quelques-uns sont célèbres ou l'ont été, mais mon choix s'est porté de préférence sur les inconnus, qui d'ailleurs ne sont pas toujours les moins beaux. Ce sont ces perles que j'offre au lecteur; je n'y ai mis que la monture.
Pour garder à ce volume des proportions raisonnables, il a fallu consentir des sacrifices : je me suis vu contraint de supprimer maintes citations qui me semblaient importantes pour l'exposé de la doctrine : celle-ci en pourra paraître tronquée par endroits. Dans les textes trop longs, j'ai dû faire des coupures; certains extraits de Rubéric, de Saluces, de Philothée et de J. d'Argentan sont plutôt ce qu'on appellerait aujourd'hui des « condensés ». Mais en général la traduction s'est appliquée à serrer le texte d'aussi près que possible. Celui-ci est donné intégralement pour les opuscules suffisamment courts, tels ceux du bienheureux Richer, de Bourcelli, David d'Augsbourg, Jacopone et Roger de Provence. Quant aux ouvrages plus étendus, on en trouvera tantôt toute une partie d'affilée, sauf parfois quelques suppressions, tantôt un ou plusieurs passages carac téristiques.
Pour ne pas couper la ligne des idées, les notices sur les auteurs cités ont été reportées à la fin du livre. Les chiffres placés après les noms d'auteurs renvoient aux numéros correspondants de l'appendice. Les notes au bas des pages sont toutes du traducteur.