MON DIEU
ET
MON TOUT

© + Sr Denise Ermite

Série 15- 9 pages

Menu-Giotto auteur P. Michel-Florisoone

Dans la nouvelle section qui s'appelle Série à-venir-En-construction seul la page menu est faite, quand la série sera faite vous trouverez ceci mais soyez patience cela peut aller jusqu'à 2010 avant que je termine toutes les séries. Merci
Achevé d'imprimer sur les presses de la technique du livre, Le 15 juillet 1950, en la fête du Saint-Sépulcre, pour le compte des éditions franciscaines à Paris.

Dépôts légal no 140, troisième trimestre 1950

Nihil Obstat

Parisiis die 2a Iulii 1950
in festo Visitationis B.M.V.
Fr, Christianus Eugène o.f.m. Cens. Dep.

auteur Michel Florisoone
Conservateur au Musée du Louvre

Gitto

Éditions Franciscaines 9, rue Marie -Rose - Paris (14)
Imprimatur

Lutetioe Parisiorum die 4a Iulii 1950
Infesto B. Raymundi Lulli
Petrus Brot Vic.Gen.
Introduction :
 Saint François d'Assise et le renouveau artistique. 
Saint François d’Assise et le renouveau artistique.

En provoquant dans sa forme la plus courtoise ‘inter- fraternité de chaque élément du crée et en réconciliant chacun individuellement par la vertu d’amour avec le Créateur, saint François d’Assise a donné licence à des temps nouveaux d’apparaître et de s’épanouir. Considérée sous le regard franciscains. ‘époque qui commence alors fondra ses particularités successives dans le développement de la civilisation appelée moderne, seconde stade l‘ère chrétienne. Aujourd’hui que la cohésion franciscaine semble bien s’être séparée, l’unité des six siècles passés s’avère, malgré de braves mais provisoires failles et malgré une évolution où le sens du divin a été parfois submergé par la double extension orgueilleuse de l’homme et de la matière, avoir été une construction d’une puissante homogénéité à certains moments d’une perfection qu’en nouvelle pénitence de dix siècles permettra seule peut-être de retrouver. Notre moyen âge actuel, comme on nomme parfois notre époque scientifique, se comparait, en effet, plus valablement du point de vue spirituel et plastique à ces âges obscures pré médiévaux où l’équilibre se cherchait confusément entre la matière, l’intelligence et la sensibilité sans le rapport du Christ. La crise du XVI e siècle ne fut qu’une sorte de guerre civil, qu’une dispute intestine à l’intérieur de la Chrétienté : nous en sommes arrivés aujourd’hui à la guerre étrangère, et Dieu est bien devenu, dans le néo-paganisme où est ramené la civilisation, un étranger par qui il faudra bien-être vaincue.

La personnalité de saint François d’Assise doit être placée `a l’orée des temps nouveau, comme de colonnes ou des pyramides, marquent, à la sortie d’une forêt, l’accès au parc. Là, chaque arbre, chaque place, chaque fleur, chaque pierre se dégage de l’ensemble naturel dans une autonomie qui se règle sans doute selon le pan général, mais qui possède une valeur propre. De la collectivité médiévale, saint François a tiré l’individu, sans le soustraire cependant à la loi commune et en acceptant de l’y laisser soumis. La création s’est morcelée en chose crées, en être crées, e t l’humanité en l’hommes, les uns à côté des autres, mais dans une telle dépendance de la charité que le bloc reconstitué par ce ciment en a été comme trempé et s’est resserré, plus compact et plus ferme. Sur les fondations de la société collectiviste d’alors, il a élevé le principe de l’individualisme , on par le moyen d’une rébellion, mais par l’opération d’un amour qui était trop total pour se contenter d’un vague embrasement. Sa passion pour la symphonie de l’univers exigeait qu’il entendit chaque note vibrer dans sa particulière intensité en même temps qu’elle jouait dans le concert orchestré, les conséquences de cette mutation ont été déterminantes pour l’art comme pour le sentiment religieux et pour l’avenir de la société ; elles ont sensibilités le monde. C’est dire que le monde a été mis à la disposition de ce moyen d’expression dont le mobile et le but sont ensemble, plus que pour aucune autre, sensibilité : la peinture. La réalité y acquerra la reconnaissance des ses droits, à la représentation mystique ; elle supplantera le symbole, l’image naturelle sera désormais le truchement légitime de dogme.

Sans négliger le grand exemple de la Renaissance française du XIII e siècle qui avait retrouvé, pour elle-même et la première, la plastique grecque et dont le père du « petit François » avait dû rapporter dans sa maison d’Assise, au retour de ses voyages, le merveilleux écho, on peut dire , non pas seulement comme l’a indiqué Thode (1) , que le petit Pauvre avant introduit dans la civilisation les ferments de la Renaissance, mais qu’il portait en lui les éléments d’une vie renouvelée, avec les moyens des s’en servir et quasi avec les moyens de s‘en défendre.

D’aucuns ont peu prétendre que saint François n’avait exercé sur les arts aucune influence : il n’est peu-être cependant aucune activité sociale qui en révèle mieux que la peinture la transformation du comportement humain et l’altitude générale qui le singularisera pendant les siècles prochains, du XIV au XIX . Et sans doute notre peinture depuis la révolution de 1911, et plus encore celle née en 1941, « abstraite, », « non figurative », « subjective », témoignent-elles le plus visiblement de la perte de cet état, qui fut un état de grâce. Louis Dimier, certainement, a eu raison quand, dans son ouvrage-pamphlet sur l’église et l’Art (2), il déclarait ne pas voir « comment la seule ardeur de sentiment chrétien, qui n’était pas nouvelle, peut suffi à rapprendre le dessin À un monde d’artisans qui l’ignoraient depuis dix siècles », et quand il oppose le principe de pauvreté et le luxe de l’art. Mais, outre que l’art n’est pas un luxe en soi et que le procès des arts n’es t pas incompatible avec la poursuite de la pénitence ( on en citerait maints exemples ), c’est vouloir fausser avec quelque ridicule le problème que de l’envisager ainsi, Saint François n’invente rien, ni le dessin, ni la peinture, ni le sentiment chrétien, ni la pauvreté, ni l a chasteté, ni l’obéissance, ni la mortification, ni l’amour, mais son rôle fut d’annoncer de nouvelles relations entre le naturel et le surnaturel, d’accorder la médiation et l’action d’intégrer le sentiment religieux dans le mouvement. A l’art qui cherchait son expression populaire, c’était donner la vie terrestre, et l’art entendit ce « lève-toi et marche » qui ne lui était peut-être pas spécialement adresse, mais qui lui était destiné autant qu’au reste du monde. C’est donc assurément aussi exagéré et aussi faux de proclamer avec grandiloquence, comme l’a fait Renan, que saint François a fut le père de d’art italien », que denier toute influence de sa part sur la peinture occidentale. Mais il est juste de dire que la peinture a reconnue dans l’œuvre du Petit Pauvre d’Assise, en en transposant les effets dans son domaine propre, des vertus dont elle s’est servie pour changer sa route. Ce n’est pas que l’art byzantin, la plus haute expression plastique de la religion, n’aurait pu pousser encore des rejetons : à Venise qui résistera toujours à la formule francisco-giottesque, il avait encore de baux jours et il ne se rendra qu’à l’art nordique ; la nouvelle vague de byzantinisme qui, depuis 1204, traversait l’Italie rencontrait, à Pise notamment, une revivification passionnée ; l’art de Syrie et de Cappadoce apportait à la formule byzantine une fraîcheur naïve, et une figuration réaliste ; le Latium acceptait l’invasion. Mais saint François répondant à d’obscur et puissants besoins humains donne conscience du temps, et la peinture dont la mission était de conduire l’homme à la Divinité devait aspirer à rejoindre l’homme maintenant qu’elle s’était tant imprégnée de Dieu, fille de saint François, elle l’est comme tout au IVe siècle, mais par une adoption ascendante volontaire, par vœu ; et à cause de ses particularités foncières, elle a affirmé sa filiation avec plus d’insistance que les autres productions humaines. L’exemple de la pauvreté l’a enrichie par que la pauvreté contient de les deux vertus essentielles, et contradictoires, et ont l’équilibre provoquera les hauts moments de l’art moderne; l’acceptation humble des données naturelles et le dépouillement de la matière par quoi on se rend disponible à l’accueil de la force spirituelle. Giotto le comprit si bien que c’est à lui que l’on doit pour une grand part l’expansion du franciscanisme en lui conférant une forme historique et monumentale.

« Ceux-là tel un François d’Assise, a écrit Jacques Maritain (3) , perçoivent et savourent davantage la beauté des choses, qui savent qu’elles sortent d’une intelligence, et qui les rapportent à leur auteur » : saint François a tournée le regard intérieure resté pur vers l’extérieur sanctifié alors par le reflet d’âme qui baigne les apparences. Bâtisseur, trouvère, jongleur, saint François fut encore un poète populaire ; plus qu’un créateur de thèmes et une provocateur d’histoires naïves, il fut un constructeur de drames, car le discours aux petits oiseaux et les anecdotes délicieuse des Fioretti ne doivent pas prévaloir sur la tragédie du jeune bourgeois d’Assise, ni sur le drame du stigmatisé de l’Averne.

Giotto ne s’y est pas trompé. On peut même penser qu’il ne s’y est pas assez trompé, car déjà l’homme de Giotto annonce la trahison prochaine de l’homme du Quattrocento et sous le Saint tel qu’il le représente perce déjà le héros. Mais ce héros est sorti du Saint et il le restera, malgré tout, malgré ses crimes et les profanations qu’il commit au cours des siècles envers lui-même, marqué de ses signes.

Références

!- H.Thode, Franz Von Assis und die Anfange der Kunst der Renaissance Italien, Berlin 1885
2- Louis Dimier, « L'Église et l'art, Coll. « La Vie Chrétienne », Paris, édit. Grasset, 1935
3- Jacques Marian, Art et Scolastique, 3ième diton , Paris , « édit, Louis Rouart et Fils 1935

Chapitre 1 :
 La peinture franciscaine avant Gitto.
 
 Chapitre 2 :
 Apparition de Giotto. Le franciscanisme dans sa vie et dans son oeuvre. 
 
 Chapitre 3 :
 Les premières oeuvres de Gitto.
 
 Chapitre 4 : 
Le Cycle de saint François dans l'Église Supérieure d'Assise.
 
 Chapitre 5 : 
 Entre Assise et Padoue
 
Chapitre 6 : 
L'Arena de Padoue
Chapitre 7 : 
Itinéraire franciscain
Chapitre 8 : 
Apothéose du Poète
Chapitre 9 : 
Table des illustrations
L’ordre des pages sont placées l’une derrière l'autre ;
tel que dans le livre et non pas en ordre alphabétique suivre les chiffres.

 

Titre

auteur
P.Michel Florisoone ofm.

Giotto
  Menu-Giotto-P.Michel-Florisoone.html
01
St-Francois-et-le-renouveau.html
06
Entre- Assise-et-Padoue.html
02
La-peinture-franciscaine-avant-Giotto.html
07
Arena-de-Padoue.html
03
Appartion-de-Giotto-sa-vie-son-oeuvre.html
08
Itineraire-du-Poete.html
04
Les-premieres-oeuvres-de-Giotto.html
09
Apotheose-du-Poete.html
05
Le-Cycle-de-St-Francois-dans-Eglise.html
   

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