Série 25 - 22 pages

Les 7 paroles de la vierge Marie
auteur chamoine Goerge-Joseph
de Geuser

Chapitre 1X

Le Magnificat 4

Préparation
Quatrième Strophe 54-55
Troisième raison de mon joyeux amour : Le don de Jésus

54-Suscepit Israël puerum suum, recordatus misericordiae suae.


55-Sicut locutus est ad patres nostros, principio et nunc et semper et in saecula saeculorum,

Gloria Patri et Filio, et Spiritui Sancto sicut erat in.Amen

54-Il relève Israël, son serviteur, il se souvient de son Amour,

55-Abraham et semini ejus in saecula. et de la promesse faite à nos pères, en faveur d' Abraham et de sa race à jamais.

. Gloire au Père et au Fils et au Saint-Esprit, comme il était au commencement, maintenant, et toujours, pour les siècles de siècles, Ainsi soit-il.

Ce qui achève de faire tressaillir d’amour et de joie sainte le cœur de Marie, c’est surtout le grand et ineffable mystère de Jésus ! Car « c’est ainsi que Dieu a aimé le monde ; Il lui a donnée son Fils unique ! » (1) Dans ce seul don, il a renfermé tous les dons ! Dans cette unique miséricorde, il a résumé tous se miséricordes ! Par cette magnifique Rédemption, il a surabondamment réalisé tous ses promesses !

« Suscepit Israel ! » Par le péché de nos premiers parents, notre race était tombée dans un abîme effroyable de maux ; et depuis la chute originelle, semblable à ce voyageur de l’évangile (Luc, X,) qui descendant de Jérusalem à Jéricho, avait été spolié et couvert de blessures, l’homme gisait misérablement dépouillé du royal vêtement de la grâce et blessé dans sa nature. » (2)

Ni le Sacerdoce d’Aaron, ni la Loi du lévite Moise n’avaient pu soulager sa misère ; mais le bon Samaritain, descendit du ciel, lava ses blessures, le confia à son Église.(3) C’est ainsi « qu’il avait relevé Israël en le prenant par la main, » selon le sens précis texte original, cette ineffable miséricorde, Dieu l’avait promise au monde sous les ombrages mêmes du Paradis terrestre : « Je mettrai des inimitiés entre toi et la Femme, avait-il dit au serpent, entre la race et la sienne ! Et un jour elle t’écrasera la tête ! (4)

A Abraham, son serviteur, il avait ajouté : « Je multiplierai ta race comme les étoiles du ciel et comme les grains de sable de la mer » Et toutes les nations seront bénies en ta race, parce que tu as obéi à ma voix. » (5) Plus tard, le Seigneur avait précisé cette promesse fait au « père » du peuple juif ; et par les prophètes, il avait annoncé qu’une « Vierge concevrait et enfanterait ; » (6) par elle « un enfant nous serait donnée et un fils nous naîtrai… » Et ce fils de l’homme serait aussi le Fils de Dieu : » Car son nom sera l’Admirable, le conseiller, le Père du siècle futur, le Prince de la paix. » (7) comme homme, «il naîtra à Bethléem ; » mais comme Dieu, «sa naissance est éternelle ! » (8) Dans son amour et « parce qu’il l’a ainsi voulu, il s’offrira pour nous ! Il sera blessé pour nos iniquités, brisé pour nos crimes, ses pieds et ses mains seront percés ! Et l’on pourra compter tous ses os. Mais nous serons guéris par ses meurtrissures et son sépulcre sera glorieux. Les nations l’adoreront et nous irons avec joie puiser la vie aux sources du Sauveur. » (9) Ces délicieuses promesses, Dieu semblait les avoir oubliées ; depuis plusieurs siècles, il n’avait plus daignée parler à son peuple, e t toute voix prophétique s’était tue en Israël ; mais maintenant « il s’est rappelé ses anciennes miséricordes ! » Et la sainte Vierge contemple en elle-même la magnifique réalisation des divins oracles !

« Suscepit Israël ! Il la relevé Israël ! » Israël, c’est l’Église ! L’Église avec son petit noyau de Juifs fidèles, lui donnant ses Apôtres, ses premiers martyrs et ces admirables chrétiens, « n’ayant qu’un cœur et qu’une âme ! » Mais aussi c’est l’Église avec ses merveilleuses conquêtes au sein de la Gentilité ! O sainte Église » que êtes tentes sont elles que tes pavillons sont magnifique ! O vraie Jérusalem, lève-toi dans l’allégresse, jette les yeux autour de toi, et considère tous ceux qui accourent vers toi, ces enfants qui t’arrivent des lointaines régions, ces filles, qui te naissent de tous côté ! » (10)

« Suscepit Isarel ! » Cet Israël, C’est toi aussi, ô mon âme ! Car toi aussi, comme l’Église, tu es « le royaume de Dieu ! » Et Jésus t’estime autant qu’un monde ! Pour mon âme, Jésus a versé tout son sang, et pour mon « salut, il sacrifierait des peuples entiers et bouleverserait les nations ! (11)

« Suscepit Isarel ! » Ici le regard de la Vierge s’assombrit et son cœur saigne à la pensée de l’Israël charnel et déicide. En châtiment de son crime et parce que, nouveau Caïn, il a immolé le véritable Abel, il ira, jusqu’à la consommation des siècles, errant sur tous les chemins de l’exil, mais à la fin des âges, Dieu de nouveau réalisera la prophétie de Maire ! De nouveau, il se souviendra des promesses faites en son nom par ses prophètes ; » Il relèvera Israël ; il lui tendra la main, lui ouvrira les yeux ! Et ce Jésus béni que les Juifs ont crucifié, par une nouvelle et très insigne miséricorde, il leur donnera de le reconnaitre, de l’adorer et de le bénir !...

Ainsi Dieu manifestera » à jamais » sa tendresse paternelle pour son peuple. Car ici par une dernière proph.tie, la Vierge annonce que la saint Église subsistera jusqu’à la fin des siècles, « in saecula ! » Et cette suprême parole est un cri de filiale confiance dans la providence de dieu sur ses enfants et comme l’annonce de cet oracle de Jésus : L’enfer ne prévaudra jamais !- Non proevalebunt ! »

O Marie, vous dont la sublime mission est de donner Jésus, aidez-moi, je vous e prie, à connaître Jésus, à aimer Jésus, à ne vivre que pour Jésus !...Que Jésus soit la lumière de mon intelligence, la passion de mon cœur, l’âme de mon âme et l’inspiration de toutes mes œuvres ! Que je ne cesse de méditer ses doctrines, d’étudier son Évangile, d’écouter ses leçons, de contempler ses exemples, d’imiter ses vertus, de me nourrir de la grâce de ses sacrements et spécialement de sa divine Eucharistie, pour charmer le Cœur de Jésus, je veux aimer Marie, sa tendre Mère. Mais pour charmer le Cœur de Marie, je veux aimer son divin Fils, O Jésus, ô Marie ! Soyez toujours, sur terre comme au ciel, mes seules amours !

Enfin, ö Mère, qu’à votre exemple, je me plaise à contempler l’admirable fidélité de Dieu à tenir ses promesses ; Il avait promis au monde un Sauveur ; et il le lui a donnée « sicut locutus est ! » Pareillement il a promis d’être toujours avec l’Église » et de la prendre invincible, désormais je me ris des vains efforts de l’enfer : «Non proevalebunt » (12) Car le Seigneur gardera son serment « sicut locutus est ! »

Il a promis d’exaucer toujours la prière bien faite ; (13) peut-être lui plaira-t-il d’exercer ma foi! Peu m’importe ! Il tiendra sa parle « sicut locutus est. » Il a promis de magnifiques récompense à ceux qui souffrent pour son amour ! (14) Le martyre est bien long, bien douloureux, mais les yeux au ciel, j’attends avec confiance « sicut locutus est. »

Et avec Marie, plein de reconnaissance et pour de don Jésus et pour la fidélité du Seigneur, je redis de toute mon âme mon joyeux refrain : « Magnificat anima mea Dominum, et exultavit spiritus meus in Deo salutari meo ! »

Conclusion

Au ciel seulement il nous sera donné de comprendre toutes les beautés du « Magnificat. » ce « Bréviaire de la sainte Vierge, » ce « Cantique des cantiques, » et «la plus magnifique des poésies. »

Ici-bas nos ne pouvons que balbutier en commentant des paroles inspirées. Nous en saurions en décrie les splendeurs ; à peine pouvons-nous les entrevoir.

Si vous vous étonnes d’en tendre la Vierge d’Israël trouver de tels accents, ne l’oubliez pas : le Verbe de Dieu repose dans son cœur. De là, comme de son « trône d’ivoire. » Jésus, l’artiste divin, fait vibrer l’âme de Marie comme une harpe d’or. L’Évangile vient de nous dire qu’Élisabeth « était remplie de l’Esprit-Saint » en célébrant les grandeurs de la sainte Vierge. Mais il se garde bien d’employer ici une expression semblable : Elle aurait présenté, disent les Commentateurs, une sorte d’inconvenance, dire de celle qui était pleine de Dieu et en qui la plénitude de la divinité habitait corporellement.» (15).

L’Église se plaît à donner comme conclusion, au chant du Magnificat, sa doxologie habituelle : « Gloire au Père, et au fils et au Saint-Esprit ! » Pénétrons-nous de cette pensée qui reflète si bien celle de la très sainte Vierge.

O adorable Trinité, pour vous louer dignement, il me faudrait et des Adorations infinies comme vos perfections, et des Actions de grâces infinies comme le don que vous m’avez fait de vous-même, et des Expirations infinies comme la divine excellence que nous avons offensées, et des Prières infinies comme les trésors que je vous demande. Mais comment vous offrir de tels hommages ?

Je consacre à votre gloire tout ce que j’ai et tout ce que je suis ! Et c’est trop peu.

Je vous offre tous les louanges des saintes et des Anges pendant l’éternité ! Et c’est trop peu encore.

Je vous offre le cœur de Marie avec tout son amour ! Et quelque soit et parfait qu’il soit, c’est toujours trop peu.

Dieu soit béni ! Jésus m’est donné ! Avec Lui, en Lui et par Lui, je puis vous offrir une gloire sans mesure et digne de vous ! Vous-même, Ö Père, vous avez dit : « Je mets toutes mes complaisances dans ce cher Fils ! »

Toutefois parce que son adoration s’exerce par une nature créée, elle n’est pas de tous points infinie ; et la seul louange pleinement digne de vous, c’est celle que vous vous rendrez à vous-même » dès l’éternité, et maintenant et toujours, et dans tous les siècles des siècles ! » C’est cette gloire essentielles, nécessaire et absolument infinie eu nous vous offrons ! (16) c’est en elle que nous nous complaisons avec la délicieuse espérance qu’un jour, par votre miséricorde, nous entrons en participation de votre gloire et de votre bonheur éternel. Ainsi soit-il

Références-du texte

(01)- Joan, III.16. »Sic Deus dilexit mundum, ut Filium suum unigenitum daret. »

(02)- « Spoliatus ab indebitis et vulneratus in naturalitbus » Parole célèbre du Vénérable Bède, commentée par st Thomas, 1, 2e, q. 85, ant !.(03)-Saint Jean Chrys. ( Cat, aurea « Homo jacebat destitutus salutis auxilio, confossus vulneribus delictorumè ; cul nec sacerdos Aaron transiens sacrificio potuit profuisse ; nec etiam ejsu frater Moyses levita per legem potuit subvenire » »(04)- Gen, III,15. » Inimiclias ponam inter te et Mulierem, et semen tuum et semen illius : Ipsa conteret caput tuum. »(05)- Gen, XVII, « Statuam pactunm meum inter me et te, et inter semen tuum post te in generationibus suis, foedere sempiterno, ut sim Deus tuus et seminis tui post te. » ET XXII(06)- Isaïe, VII, 14, » Ecce Virgo concipiet et pariet Filium » »(07)- Isaïe, IX, 6, « Parvulus natus est nobis, et filius datus est nobis…et vocabitur nomen ejus Admirabilis, Consiliarius, Deus, Fortis, Pater futuri soeculi, Princeps pacis. »(08)- Michée, V, 2 « Et tu, Bethleem, parvulus es in millibus Juda : ex te mihi egredietur qui sit dominator in Isarel. et egressus ejus ab initio, a diebus aeternitatis. »(09)- Isaie, LIII. «Oblatus est quias ipse voulut…Vulneratus et propter iniquitates nostras, attritus est propter scelera nostra… Et livore ejus sanati summs… » etc. Isaïe, XI, 10. « Ipsum gentes deprecabuntur, et erit speculchrum ejus glorisum… » XII, 3, « Haurietis aquas in gaudio de fontibus Salvatoris.,(10)- Num., XXIV, 5. « Quam pulchra tabernacula, Jacob, et tentoria tua, Israël ! » Isaïe, LX, ! «Surge, illuminare, Jerusalem… Leva in circuitu oculos tuos, et vide : Omnes isti congregati sunt, vulneratst tibi : filii tui de longe venient, et filiae tuae de latere surgent »
(11)-Isaïe, XLIII, 4. Ego dilexi te, et dabo homines pro te, et populos tuos pro animâ tuâ. »(12) – Matth, XXVIII, 20. »Ecce ego vobiscum sum usque ad consummationem saeculi. » Matth., XVI, 18. « Portae inferi non praevalebunt adversus eam. »(13)- Matth., XXI,22 « Omnia quaecumque petierilis in oraatione credentes, accipietis. »(14)- Matth. V. 10. « Beati, qui persecutionem patiuntur propter justitiam : quoniam ipsorum est regnum coelorum. »(15)- Jansénius et Tolet

(16)- St François de Sales : Amour de Dieu, LV, ch.XII : «De même qu’étant dans une chambre, nous ne recevons pas la lumière selon la grandeur de la clarté du soleil, mais selon la grandeur de la fenêtre ; de même les actions humaines du Sauveur ne sont pas infinies, bien qu’elles soient d’infinie valeur ; car encore qu’une personne infinie les fasse, elle ne les fait pas toutefois selon l’étendue de son infinité, mais selon la grandeur finie de son humanité… Alors nous exclamons ; «Gloire au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit ! » Et afin que l’on sache que ce n’est pas la gloire des louanges créées que nous souhaitons à Dieu par cet élan, mais la gloire essentielle et éternelle qu’il a en lui-même… nous ajoutons : « Ainsi qu’il l’avait au commencement, et maintenant, et toujours, et dans les siècles des siècles ! »

Prières «Le Stabat Mater Dolorosa»

Le peuple chrétien a toujours aimée à méditer les souffrances de la très sainte Vierge. De tous les martyrs, c’est le plus long, le plus douloureux, le plus héroïquement saint, le plus magnifiquement fécond, après celui de son divin Fils. Pour le célébrer, dès le XVe siècle, on établie en divers endroits, une fête qui fut appelée tantôt Notre-Dame de Pitié, tantôt la Passion de Notre-Dame, ou encore Notre-Dame de la Pâmoison. Enfin le 22 août 1727, le Pape Clément XIII l’inscrit solennellement dans la Liturgie sous le nom de « Fête des septs Douleurs de la Bienheureuse Vierge Marie. »

Voici le Stabat que l’Église nous y fait lire. « Rien de plus touchant, dit Ozanam, ( Poètes franciscain, p.169) que cette complainte si triste, dont les strophes monotones tombent comme des larmes ; si douce, qu’on y reconnaît bien une douleur toute divine et consolée par les anges ;si simple enfin dans son latin populaire, et que les femmes et les enfants en comprennent la moitié par les mots ; l’autre moitié par le chant et par le cœur. » cette séquence, attribuée est vraisemblablement de Jacopone de Todi, mort en 1306 (1) et qui est l’auteur du Stabat de la Crèche, « composé sur les mêmes mesures et sur les mêmes rimes ; tellement qu’on pourrait douter, dit Ozanam, lequel fut le premier du chant de douleur ou du chant d’allégresse. (2)

Le Stabat est enrichi d’une indulgence de 100 jours, chaque fois (Bér. I, 197)

Stabat mater dolorosa

Debout, la Mère des douleurs,

Stabat mater dolorosa
Juxta crucem lacrimosa
dum pendebat Filius.

Cuius animam gementem,
contristatam et dolentem,
pertransivit gladius.

O quam tristis et afflicta
fuit illa benedicta
Mater Unigeniti.

Quae moerebat et dolebat,
Pia Mater cum videbat
Nati poenas incliti.

Quis est homo qui non fleret,
Matrem Christi si videret
in tanto supplicio?

Quis non posset contristari,
Christi Matrem contemplari
dolentem cum Filio?

Pro peccatis suae gentis
vidit Iesum in tormentis
et flagellis subditum.

Vidit suum dulcem natum
moriendo desolatum,
dum emisit spiritum.

Eia Mater, fons amoris,
me sentire vim doloris
fac, ut tecum lugeam.

Fac ut ardeat cor meum
in amando Christum Deum,
ut sibi complaceam.

Sancta mater, istud agas,
crucifixi fige plagas
cordi meo valide.

Tui nati vulnerati,
tam dignati pro me pati,
poenas mecum divide.

Fac me tecum pie flere,
crucifixo condolere,
donec ego vixero.

Iuxta crucem tecum stare,
et me tibi sociare
in planctu desidero.

Virgo virginum praeclara,
mihi iam non sis amara:
fac me tecum plangere.

Fac ut portem Christi mortem,
passionis fac consortem,
et plagas recolere.

Fac me plagis vulnerari,
fac me cruce inebriari,
et cruore Filii.

Flammis ne urar succensus
per te Virgo, sim defensus
in die judicii

Christe, cum sit hinc exire,
da per matrem me venire
ad palmam victoriae.

Quando corpus morietur,
fac ut animae donetur
Paradisi gloria.

Amen! In sempiterna saecula. Amen.

Debout, la Mère des douleurs,
Près de la croix était en larmes,
Quand son Fils pendait au bois.

Alors, son âme gémissante,
Toute triste et toute dolente,
Un glaive le transperça.

Qu'elle était triste, anéantie,
La femme entre toutes bénie,
La Mère du Fils de Dieu !

Dans le chagrin qui la poignait,
Cette tendre Mère pleurait
Son Fils mourant sous ses yeux.

Quel homme sans verser de pleurs
Verrait la Mère du Seigneur
Endurer si grand supplice ?

Qui pourrait dans l'indifférence
Contempler en cette souffrance
La Mère auprès de son Fils ?

Pour toutes les fautes humaines,
Elle vit Jésus dans la peine
Et sous les fouets meurtri.

Elle vit l'Enfant bien-aimé
Mourir tout seul, abandonné,
Et soudain rendre l'esprit.

Ô Mère, source de tendresse,
Fais-moi sentir grande tristesse
Pour que je pleure avec toi.

Fais que mon âme soit de feu
Dans l'amour du Seigneur mon Dieu :
Que je lui plaise avec toi.

Mère sainte, daigne imprimer
Les plaies de Jésus crucifié
En mon cœur très fortement.

Pour moi, ton Fils voulut mourir,
Aussi donne-moi de souffrir
Une part de ses tourments.

Donne-moi de pleurer en toute vérité,
Comme toi près du crucifié,
Tant que je vivrai !

Je désire auprès de la croix
Me tenir, debout avec toi,
Dans ta plainte et ta souffrance.

Vierge des vierges, toute pure,
Ne sois pas envers moi trop dure,
Fais que je pleure avec toi.

Du Christ fais-moi porter la mort,
Revivre le douloureux sort
Et les plaies, au fond de moi.

Fais que ses propres plaies me blessent,
Que la croix me donne l'ivresse
Du sang versé par ton Fils.

Je crains les flammes éternelles;
O Vierge, assure ma tutelle
A l'heure de la justice.

Ô Christ, à l'heure de partir,
Puisse ta Mère me conduire
À la palme des vainqueurs.

À l'heure où mon corps va mourir,
À mon âme, fais obtenir
La gloire du paradis. R.P.Clair s.j.

Stabat Mater Speciosa Stabat de la Crèche
 

Stabat Mater speciosa
Juxta foenum gaudiosa
Dum iacebat parvulus

Cujus animam gementem
Laetabundam et ferventem
Pertransivit iubilus

O quam laeta et beata
Fuit illa immaculata
Mater Unigeniti!

Quae gaudebat et ridebat,
Exultabat cum videbat
Nati partum inclyti

Quis est qui non gauderet,
Christi Matrem si videret
In tanto solattio?

Quis non posset collaetari,
Christi Matrem contemplari
Ludentem cum Filio?

Sancta Mater, istud agas,
Crucifix fige plagas
Cordi meo valide.

Tui nati vulnerati
Tam dignatipro me pati,
Poenas mecum divide.

Fac me tecum pie flere,
Crucifio condolere,
Donec ego vixero

Juxta crucem tecum stare,
Et me tibi sociare.
In planctu desidero

Virgo virginum praeclara,
Mihi jam non sis amara:
Fac me tecum plangere

Fac, utportem Christi mortem,
Passionis fac consortem,
Et plagas recolere.

Fac me plagis vulnerari,
Fac me Cruce inbriari,
Et cruore Filli.

Flammis ne urar succensus,
Per te, Virgo, sim defensus
In die judicii.

Christe, cum site hinc exire'
daper matrem me venire
Ad palman victoriae.

Quando corpus morietur,
Fac, ut animae donetur
Paradisi gloria

Auteur R.P. clair.sj.

Elle était là debout, la Mère gracieuse,
Se penchant sur la paille, et contemplait joyeuse
Son doux Enfant qui reposait.

Ineffable spectacle ! Il enivrait son âme ;
D’un rayon de bonheur, comme d’un train de flamme,
L’allégresse la traversait.

Oh ! Combien fut heureuse et d’ivresse comblée,
Combien du tressaillir la Mère immaculée
Du Fils unique de son Dieu !

Quel aimable sourire et quelle jouissance,
Quand il lui fut donnée de voir à sa naissance
Son Fils qu’on adore en tout lieu !

Des plus joyeux élans quoi pourrais se défendre,
Si du Christ il voyait la Mère toute tendre
Dans ce suave passe-temps ?

Qui ne partagerait sa touchante allégresse,
S’il la voyait avec l’enfant qu’elle caresse
Livrée à des jeux innocents ? auteur .
H. Bels

Sainte Mère, Imprimez-en-moi,
Du crucifié ; les blessures,
stigmates du divin Roi !

Donnez-moi par aux fruits amers
Des ses ineffables tortures
Et des maux pour moi soufferts.

Par amour avec vous pleurant,
Ah ! Puissé-je toute ma vie
Compatir au Dieu mourant !

Que debout au pied de la croix,
A ma Mère qui me convie
J’unisse mon cœur, ma voix !

O Vierge, des vierges l’honneur,
Soyez-moi douce et favorable :
Donnez-moi votre douleur.

Plein de la mort de Jésus-Christ
Que sur tous son corps adorable
Je lise l’amour écrit !

Des épines, des clous percé,
Que je m’enivre à chaque plaie,
De son Sang pour moi versé !

Sauvez-moi des feux éternels
Et du jugement qui m’effraie,
M’ouvrant vos bras maternels.

Jésus, ma course va finir…
Par votre Mère, à la victoire
Donnez-moi de parvenir.

Et quand le corps ne sera plus,
Octroyez à l’âme la gloire,
Au Paradis des Élus.
Ainsi soit-il

Auteur R.P. clair.sj.

Références-de la prière
(1) Issu de la noble famille des Benedetti, Jacopone fut d’abord fasciné par les séductions enivrantes de la jeunesse, du plaisir et des honneurs. Mais un jour, au milieu d’une fête brillante, sa pieuse compagne tomba victime d’un accident mortel. En voulant la secourir, il aperçut, sous ses riches vêtements, un rude cilice ; au même instant la morte rendit le dernier soupir, cette mort soudain, cette révélation de tants d’austérité au sein de l’opulence, la certitude d’être le seul coupable des péchés exposés sous ce cilice furent pour Jacopone comme un coud de foudre. Dès lors, il rêva plus que souffrances et d’humiliations ; peu après il alla frapper à la porte du cloitre et en 1278, il fut admis chez les Frères Mineurs.

Ozanam ajoute ; IL reçut un culte public et fut mis au nombre des bienheureux. En 1596, on lui élevant dans l’Église saint-Fortunat à Todi, un monument avec cette inscription : « Ce sont les os du Bienheureux Jacopone de Beneditti, de Todi, Frère Mineur, qui s’étant rendu insensé pour l’amour du Christ, trompa la monde et ravit le ciel.» Tout en tolérant ce culte l’Église ne l’a jamais officiellement ratifiée.

(2) Voici les six premières strophes du « Stabat Mater dolorosa.

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