MON DIEU
ET
MON TOUT

© + Sr Denise Ermite

Série 25 - 22 pages

Les 7 paroles de la vierge Marie
auteur chamoine Goerge-Joseph
de Geuser

Chapitre VIII
Le Magnificat 3
Préparation
Troisième strophe 51-53
Deuxième raison de mon joyeux amour: La divine Providence
51-Fecit potentiam in brachio suo
.
Dispersit superbos mente cordis sui.

52-Deposuit potentes de sede, et exaltavit humiles.

53-Esurientes implevit bonis, et divites dimisit inanes.

51-Déployant la force de son bras,
Il disperse les superbes.

52-Il renverse les puissants de leur trône. Il élève les humbles.

53-Il comble de biens les affamés, renvoie les riches les mains vides.

Section 1

Ces trois grands attributs de Dieu qui resplendissent dans l’Incarnation, Marie se plaît à les voir éclater aussi dans le gouvernement du monde. Elle adore «la force toute-puissante de son bras »réalisant «avec une suavité et une sûreté et un sûreté incomparable, «tous les desseins, « suaviter et ferliter. » (1) Elle adore sa Sainteté «dispensant les orgueilleux » et « dépouillant les riches » impies. De son limpide regard de Vierge, éclairée en ce moment de lumières miraculeuse, la divine Mère scrute les siècles passés. Elle voit le superbe Lucifer et ses anges tombant du ciel, comme des étoiles détachées du firmament, et à jamais «privés du trône » qui leur était préparé ! Elle voit les orgueilleux de tous les âges, Pharaon, les rois de Chanaan, Saul, Nabuchodonosor, Antichocs, Aman et tant d’autres, « dispersés » et couverts de confusion ! En même temps, elle voit « le grand Dieu qui habite dans les hauteurs s’abaissant vers les petits, élevant aux cieux « l’humble » saint Michet et les Anges « affamés » d’amour, faisant triompher David de Goliath, et couronnant d’honneur Esther, Mardochée, Judith et tous les «doux et humble de cœur. »

L’histoire du passé illumine pour elle celle des siècles futurs ; l’avenir n’a plus de secrets à ses yeux. Marie contemple la divine Providence dirigeant, d’une main également puissante, également sainte, également miséricordieuse, tous les événements du monde, jusqu’à la consommation des âges. Elle voit tous les persécuteurs de l’Église, impuissants et confondus, redire tour à tour la parole de l’un d’eux : »Tu as vaincu, Galiléen, » et la barque de Pierre, toujours assaillie par la tempête, toujours sur le point de sombrer, et toujours triomphant de tous les orages : « Les portes de l’enfer ne prévaudront jamais contre elle ! »

Mais c’est l’heure présente surtout et la splendeur des temps messianiques qui excitent le saint enthousiasme de Marie. C’est bien maintenant que «le Seigneur a déployé la force de son bras » maintenant Dieu va « renverser le trône » de Satan, et « chasser » de son royaume usurpé «le prince de ce monde. » (2) Maintenant il « dépouiller » l’Israël, charnel, rassasié de « richesses » spirituelles et d’oracles divins si mal utilisés. Maintenant il va appeler à lui et «combler de bines » la Gentilité, si « pauvre » jusqu’ici, si dénuée de trésors spirituels et « mourant de faim! » Maintenant surtout, le Très-Haut va « l’élever, » et « l’humble » Vierge d’Israël, à la plus sublime des dignités, et ne faire la Mère de Dieu et la Reine du ciel et de la terre ! Maintenant, « de son pieds vainqueur, elle va écraser la tête du serpent ! » Maintenant, elle va nous donner, à nous ses « pauvres » enfants, toutes les richesses de Dieu en nous donnant Jésus ! A cette vue, enivrée d’un indicible amour et d’une joie débordante, Marie redit encore : » Magnificat anima mea Dominum, et exultavit spiritus meus in Deo salutari meo ! »

O ma Mère, en m’unissant à vos pensées, je veux comme vous, méditer avec amour le dogme de la Providence.

Oh ! si ma foi était plus vive, si je voyais mieux Dieu dirigeant d’une main toute-puissante tous les événements de ce monde, de telle sorte que « pas un cheveu ne tombe de mon front sans sa volonté expresse, » (3) comme Jésus-Christ lui-même me l’affirme, alors la patience, la résignation de la conformité au bon plaisir divin me seraient bien plus aisés ! Je redirais de bons cœur avec David : « Seigneur je ne murmurerais pas, car c’est vous qui l’avez fait. » (4) Et avec Madame Élisabeth au Temple, attendant chaque jour la charrette fatale qui devait la conduire à l’échafaud, je m’abandonnerai entre vos bras « Que m’arrivera-t-il aujourd’hui, ô mon Dieu ?... Je n’en sais rien ; mais ce qui je sais, c’est qu’il ne m’arrivera rien que vous n’avez réglé et voulue toute éternité ! Cela me suffit, j’adore vos desseins impénétrable, et je m’y soumets de tout cœur !...’ »

Et surtout si je comprenais mieux le Cœur de Dieu et sa tendresse paternelle, si je le voyais mieux, usant de sa Puissance, de sa Sagesse, de son Amour, pour tout faire, « tourner au bien de ses amis, tout, jusqu’à leurs chutes elles-mêmes »… (5) combien l’abandon me serait alors plus facile et plus délicieux ! Comme saint François de Sales sur le lac d’Annecy, pendant une effroyable tempête, je ressentirais une paix profonde au sein des orages de la vie, me sachant dans la main et sous la garde de « mon Père. » Et comme saint Félix de Cantalice, je le remercierais, non seulement de mes joies, mais de mes épreuves et de mes peines ; puisque c’est « mon Père » qui me les envoie par amour et paru mon bien ; « Merci, mon Dieu ! Deo gratias ! »

Dans ce filial abandon, que de sécurité, de sagesse et de sainteté ! » Dieu, disait le Vénérable P »Passerat, prend tant de soin d’une âme qui se jette entre ses bras qu’il semble oublier pour elle le reste de l’univers. » O Mère, aidez-moi à marcher dans cette voie royale et à redire sans cesse avec vous : » Mon âme, glorifie le Seigneur et que mon esprit tressaille d’allégresse en Dieu et en Jésus ! » Amen.

Références du texte
(1)- Sag., VIII.1., « Attingit (Saplentia) a fine usque ad finem fortiler, et disponit omnia suaviter. »

(2)- « Nunc princeps hujus mundi ejicietur foras. » Joan., XII, 31.

(3)-« Capillus de capite vestro non peribit. » Luc, XXI, 18

(4)- PSXXXVIII,40. « Obmutui et non aperui os meum, quoniam tu feciti. »

(5)-« Diligentibus Deum omnia cooperantur in bonum, (Rom.,VII, 28.) « etiam peccata, »(st Aug. Solil.,XXXIII.) Nos défaillances, en effet, nous inspirent plus d’humilité, plus de contrition, plus de défiance de nous, plus de confiance en Dieu et un plus grand esprit de prières, St Paul nous montre » cette sainte tristesse du mal commis enfantant, chez les Corinthiens, le zèle, l’horreur du péché, les sages précautions, la pénitence, la crainte de Dieu et les désirs de la sainteté- Quantam in vobis opratur sollicitudinem, sed defensionem, sed indignationeum, sed timorem, sed dessiderium, sed oemulationem, sed vindictam. » (III Cor, m, VII,) «Ce souvenir, dit St Ambroise, nous excite à réparer nos fautes en courant avec les d’ardeur dans le chemin du salut,- Qui sicubi corruerint, acriores ad currendum resurgent, ut non solum nullum attulisse detrimentum, aestimentur lapsus, sed etiam velocitatis incendia cumulasse videantur. » (Apolog. David)-«Il nous anime, dit Baruch, à faire pour la gloire de Dieu dix fois plus que nous n’avons fait contre elle.- Sicut fuit sensus vester ut erraretis a Deo, decies tantum iterum convertentes requiretis eum. » (IV, 28) « C’est ainsi, conclut saint Augustin, que nous faisons de nos vices comme des échelons pour nous élever à la vertu.- Vitia ipsa calcantes et de vitiis ipsis nobis scalam facientes. » ( Serm, LXXVI, de Temp.)

Prières «Le Salve Regina»
Selon Durand, (Rational des divins offices, Livre IV.) L’auteur du «Salve » serait Hermann Contratus, en 1040 ; et Dom, Baumer considère cette opinion comme certaine. D’autres, se ralliant à une vielle tradition de l’Église du Puy, l’attribuent à Adhémar, évêque de cette ville, mort en 1098 ; à la première Croisade. Quoiqu’il en soit, dès le XI siècle, cette antienne était chère à la piété chrétienne : Saint Anselme (1033-1109), lui i consacra une de ses plus belles méditations. L’Église emploie cette antienne de la Trinité à l’Avent, pour exalter la maternité spirituelle de Marie.


Un jour, saint Bernard entrait au chant de Salve, dans la cathédrale de Spire. Aux dernières paroles de cette prière, qui se terminait alors par « ostende, » le saint, enivré d’amour pour le Reine due Ciel, y ajouta en fléchissant trois fois les genoux : « O clemens, o pia, o dulcis Viergo Maria ! » (V. Benoit XIV, Traité des fêtes.)

En 1239, le bienheureux Jourdain de Saxe, qui avait été élu général des Dominicains en 12122, ordonna de chanter cette antienne tous les soirs, après Complies, pour mettre fin aux vexations diabolique dont souffrait le couvent de Saint Jacques à Paris. Le peuple s’associa à cet acte : « Allons à Salve. » disait-on. Plus tard, on dit : «Allons au Salut. » Et le monde désigna dès lors tous les exercices religieux qui avaient lieu le soir. (Sem, relig. D’Arras, 12897, p. 472.) On trouvera au IVe volume des Litanies, par le P. De Miechow, p. 9 et 10, divers miracles obtenus par la récitation de cette prière.

Salve, Regina, mater misericordiae : vita, dulcedo et spes nostra, salve.

Ad te clamamus, exsules filii Evae.

Ad te suspiramus, gementes et flentes in hac lacrimarum valle.

Eja ergo, advocata nostra, illos tuos misericordes oculos ad nos converte.

Et Jesum, benedictum fructum ventris tui, nobis post hoc exilium ostende.

O clemens, o pia, o dulcis Virgo Maria !

V.Ora pro nobis sancta Dei Genitrix
R- Undigni efficiamur promissionibus Christi

Salut, ô Reine, Mère de Miséricorde, notre vie, notre douceur, et notre espérance,salut.

Vers vous nous élevons nos cris, pauvres exilés, malheureux enfants d'Eve.

Vers vous nous soupirons, gémissant et pleurant dans cette vallée de larmes.

De grâce donc,ô notre Avocate, tournez vers nous vos regards miséricordieux.

Et, après cet exil, montrez-nous Jésus, le fruit béni de vos entrailles.

Ô clémente, ô miséricordieuse, ô douce Vierge Marie.

V. Priez pour nous, sainte Mère de Dieu.
R. Afin que nous devenions dignes des promesses de Jésus-christ

Prions.

Dieu tout-puissant et éternel, qui par les coopérations du Saint-Esprit, avez préparé le corps et l’âme de la glorieuse Vierge Mère Marie, pour qu’elle méritât de devenir la digne demeure de votre Fils, faites que celle dont nous célébrons la mémoire avec joie, nous délivre, par sa pieuse Intercession, des maux présents et de la mort éternelle. Par le même Jésus-Christ Notre-Seigneur. Ainsi soit-il.

L’ordre des pages sont placées l’une derrière l'autre ;
tel que dans le livre et non pas en ordre alphabétique suivre les chiffres.

 

Titre

auteur
l'Abbé G. Degeuser

Les 7 Paroles de Très Vierge Marie
01
Avant-Propos-Chanoine-Georges-Joseph-Degeuser.html
12
6ieme-Parole-Chanoine-Georges-Joseph-Degeuser.html
02
Aimons-la-Vierge-Meditons-Chanoine-Georges-Joseph-Degeuser.html
13
7ieme-Parole-Chanoine-Georges-Joseph-Degeuser.html
03
Considerations-Chanoine-Georges-Joseph-Degeuser.html
14
 Paroles-mises-sur-les-levres-Ste-Vierge-Chanoine-Georges-Joseph-Degeuser.html
04
1iere-Parole-Chanoine-Georges-Joseph-Degeuser.html
15
Consacrons-nous-a-Marie-Chanoine-Georges-Joseph-Degeuser.html
05
2ieme-Parole-Chanoine-Georges-Joseph-Degeuser.html
16
A-quel-moment-de-sa-vie-Marie-Chanoine-Georges-Joseph-Degeuser.html
06
3ieme-Parole-Chanoine-Georges-Joseph-Degeuser.html
17
 A-quel-moment-St-Jean-Baptiste-Chanoine-Georges-Joseph-Degeuser.html
07
4ieme-Parole-Chanoine-Georges-Joseph-Degeuser.html
18
Pour-quelles-raisons-plut-il-a-Dieu-Chanoine-Georges-Joseph-Degeuser.html
08
Magnificat2-Connaissance-de-Dieu-sois-meme-Chanoine-Georges-Joseph-Degeuser.html
19
Magnificat-ecole-de-reconnaissance-Chanoine-Georges-Joseph-Degeuser.html
09
Magnificat3-La-providence-Chanoine-Georges-Joseph-Degeuser.html
20
Notre-Dame-du-Tres-Saint-Sacrement-Chanoine-Georges-Joseph-Degeuser.html
10
Magnificat4-Le don-de-Jesus-Chanoine-Georges-Joseph-Degeuser.html
21
Sur-le-Saint-Esclavage-Chanoine-Georges-Joseph-Degeuser.html
11
5ieme-Parole-Chanoine-Georges-Joseph-Degeuser.html
22
Prieres-indulgences-Chanoine-Georges-Joseph-Degeuser.html

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