| Série
25 - 22 pages |
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Les
7 paroles de la vierge Marie |
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| Chapitre
VII |
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Le Magnificat suite 2 |
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Préparation
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Section
1- Marie étudiant son propre Coeur. |
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D’après les Docteurs, tout le secret de la sainteté est renfermé dans le double connaissance de Dieu de nous-mêmes ; (1) c’est ainsi que la sainte Vierge a sanctifié son cœur : D’un premier regard abaissé sur elle-même, elle sonde l’abîme de son néant, et elle se complaît dans cette pensée, comme dans un hommage à la vérité et à la justice. Mais en même temps qu’elle mesure toute sa misère, elle contemple aussi les divines miséricordes : «Le Seigneur a jeté les yeux sur ma bassesse. » Or quand Dieu daigne jeter les yeux sur notre néant, ce premier regard, symbole d’amour et de bienfaisance, nous appelle à l’existence ; et si, comblés des divines libéralités, nous restons humblement pénétrés et de la majesté du Créateur et de la petitesse de la créature, alors, Dieu multiplie ses largesses et s’abaissant sur nous, il nous élève jusqu’à la grandeur. Jamais personne s’est humilié comme Marie, aussi jamais personne n’a été glorifiés comme elle ; «Respexit humilitatem ancillae suae ! » (2) Éclairée de lumières prophétiques, Marie contemple en ce moment cette gloire incomparable dont le Seigneur va la couronner. Elle vient de publier son néant. Avec une humilité plus admirable encore, elle annonce, en en renvoyant à Dieu tout l’honneur, que «désormais toutes les générations la diront bienheureuse !... » Arrêtons-nous un instant devant cette merveilleuse prophétie, qui, à elle seule, suffirait à démontrer la divinité du Christianisme : Car d’un côté elle nous est attestée par un récit contemporain dont l’authenticité et la véracité sont hors de pair ; et d’autre part, se peut-il une prophétie à la fois plus humainement irréalisable et plus magnifiquement réalisée ? Ainsi donc, tandis que la Rome impériale éblouissant le monde de sa gloire, tandis que mile célébrités, orateurs illustres, poètes de génie, grands hommes d’État entouraient de leurs acclamations le char triomphal d’Auguste , bien loin de toues ces grandeurs humaines, dans un pays méprisé, au sein d’une bourgade obscure, l’humble compagne d’un charpentier de village, annonce à une de ses cousines qu’à cause du fils qui va lui naître, «toutes les générations et tous les siècles la proclameront bienheureuse ! » Eh bien ! Ce rêve insensé que pas un conquérant n’a osé formuler, même dans l’ivresse de la victoire, est devenue une éclatante et incontestable réalité. Oui, toutes les générations, tous les siècles se sont unis dans un même concert pour chanter la gloire de la «Bienheureuse » Mère de Dieu. Tandis qu’au ciel saint Michel et les anges fidèles saluent Marie comme leur Reine bien-aimée, sur la terre, les Patriarches, les Prophètes, les Justes de l’ancienne Loi appellent sa venue ; les Apôtres, les martyrs, les Docteurs chantent ses louanges ; les poètes lui dédient leurs chants, les architectes lui élèvent des cathédrales ; les potentats lui consacrent leurs royaumes. Chaque jour, des millions d’Ave Maria montent vers son trône ; chaque jour jusqu’à la fin des siècles l’Église ne cesse de redire le Magnificat, le chant de son humilité ; elle en fait le joyau de sa Liturgie, le plus bel ornement de ses offices, son hymne la plus aimée et la plus populaire. Oui vraiment, « beatam me dicent omnese genrationes. »Voilà comment Dieu réalise sa promesse » Celui qui s’abaisse, sera exalté ! » Ainsi Marie le comprend : par elle-même elle n’est que néant ; si elle possède d’admirable prérogatives elle les a toues reçues de Dieu, et Dieu seul doit en être béni. Et remarquez la délicatesse et la profondeur de ce sentiment dans son âme : déjà elle nous l’a dit : « Si toutes les générations vont la proclamer bienheureuse, c’est que Dieu a daigné jeter les yeux sur sa petitesse.- Ecce enim ex hoc… » Mais cette affirmation en lui suffit pas, elle craint de n’être pas passez comprise et elle insiste : Oui, si tous les siècles doivent la louer. » C’est qu’il a fait en elle de grandes choses, Celui qui est tout-puissant, -Quia fecit mihi magna qui potens est ! » Voilà bien la véritable humilité ; fille de Lumière et saintement passionnée par la vérité et la justice, elle ne cache pas ce que nous sommes ; mais elle renvoie sans en garder la moindre parcelle, la gloire de ses dons à Celui qui nous atout donnée. En même temps, admirez en Marie la merveilleuse union de l’humilité et de la reconnaissance : être reconnaissant, c’est reconnaître les bienfaits qu’on a reçus. Marie les publie à tout l’univers et à tous les siècles » «Oui, le Seigneur a regardé ma bassesse et il a fait de grandes choses en moi ! » Ces «grandes choses, » Élisabeth vient de les célébrer, et Marie les contemple en ce moment avec une indicible gratitude. C‘est sa merveille prédestination ! C’est son Immaculée Conception ! C’est sa Virginité et sa Maternité divine avec tous les trésors qui en sont l’apanage ! C’est l’Incarnation du Verbe et la Rédemption du monde : Oui vraiment « fecit mihi magna qui Potens est ! » O Marie, inspirez-moi votre filiale reconnaissance ! Moi aussi j’ai reçu de mon Dieu tant de bienfaits ! Et la reconnaissance est une fleur si belle ne germant qu’en de nobles cœurs ! Elle est si sanctifiante et attire de si abondants effusions de grâces ! Elle éloigne si bien du péché, la suprême ingratitude ! Elle charme si délicieusement le Cœur de Jésus ! Car lui-même s’est fait «Eucharistie, » c’est-à-dire l’action de grâces, «pour être le remerciement de la créature envers le Créateur ! Un jour, raconte l’Évangile, après avoir guéri dix lépreux, n’en voyant qu’un seul venir le remercier, le Sauveur le bénissait ; mais en constatant l’ingratitude des ses compagnons, il ajoutait plein de tristesse : « Et les neuf fautes où sont-ils ? » (3) O Marie, je ne veux plus contrister votre divine Fils et me ranger parmi les ingrats ; mais avec vous je lui chanterai à jamais un incessant Magnificat ! En même temps, associez-moi à votre humilité et videz mon cœur de l’orgueil maudit. Le néant usurpant la gloire due au Créateur, n’est-ce pas un mensonge exécrable, un vol sacrilège, une sorte d’idolâtrie provoquant la colère du Dieu de vérité et de justice ? Voilà pourquoi dit Bède le vénérable, «Celui qui refuse de s’humilité ne peut être sauvé ! » (4) au contraire, rien n’appelle les bénédictions divines comme l’humilité «c’est par elle, dit saint Bernard, que la Vierge a mérité de concevoir le Verbe,- Humililate concepit ;»- «O merveilleuse humilité reprendre saint Augustin elle a enfanté un Dieu, rendue la vie aux hommes, renouvelé les cieux, purifié le monde, ouvert le paradis et sauvé les âmes ! » (5) Enfin ô Marie, puisqu’au témoignage de l’Esprit-Saint parlant par votre bouche » toute génération doit vous louer, «refuser de chanter vos louanges, c’est donc s’exclure des générations saintes qui seules vivent devant Dieu, c’est pourquoi je vous supplie de m’obtenir une filiale dévotion pour vous et la grâce de ne jamais cesser de vous bénir et de vous invoquer. Amen ! (6) |
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Section
2- Marie étudiant le Coeur de Dieu ! |
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Rien
ne dispose une âme à s’élever vers le Seigneur
comme l’humilité et la reconnaissance : si de moi-même
je ne puis rien, je dois donc me réfugier en Dieu ! si j’ai
tout reçu de sa bonté, je dois donc le chanter et le bénir
! Voilà par quels degrés Marie se hausse à l’amour
pour du Très Haut. Elle contemple sa suprême excellence
et ses perfections adorables. Mais parmi tous les amabilités
infinies, elle se plaît surtout à considérer sa
Puissance, sa Sainteté et sa Miséricorde, parce qu’elles
éclatent, avec une splendeur incomparable, dans le grand mystère
de l’Incarnation, opéré dans son sein. Sous une
forme orientale qui déroute un peu la clarté de notre
langue française, ce sont là les trois attributs que la
sainte Vierge exalte à la fin de cette strophe ;
«Oui,
il a fait en moi de grandes chose, Parmi toutes «les grandes choses » que le Tout-Puissant a faites, la plus sublime, à coup sur, c’est l’Incarnation ; et le Magnificat est vraiment l’action de grâces chantée pour ce bienfait au nom de l’humanité, par l’organe, de Marie, sa fleur la plus exquise ! Quelle puissance n’a-t-il pas s fallu pour unir dans une seule personne la Majesté de Dieu et la basses de l’homme, la souveraine indépendance et la servitude, la force qui peut tout et la faiblesse qui ne peut rein ! Quelle puissance, pour unir au Verbe notre nature sans altérer la sienne, et « la forme d’esclave » sans déroger » à la forme de Dieu ! » Quelle puissance enfin pour rapetisser jusqu’à nous l’Être divin, sans qu’il soit moins grand, le dépouiller sans l’appauvrir, l’abaisser sans le faire déchoir et rendre Dieu visible sans le rendre moins adorable ! C’est là vraiment, Seigneur, le triomphe de votre Toute-Puissance, ou plutôt c’est «votre œuvre » par excellence, celle que chantait votre Prophète et devant laquelle tous vos ouvrages ne sont rien (7) C’est aussi le triomphe de votre sainteté ! Parce vous êtes infiniment bon, voua avez pour le mal une aversion infinie ; mais nul part mieux que dans ce mystère, vous n’avez manifesté votre sainteté et la haine que vous portez au péché, cette lèpre est si hideuse à vos yeux que même en votre Fils bien-aimé vous l’avez regardée avec horreur ; et repoussant loin de vous l’innocent Agneau qui s’en était chargé, vous l’avez livré aux fouets, aux épines, aux crachats, aux dérisions, à la croix. O Dieu, que vous êtes saint ! Comme vous détestez le péché ! Et combien ne dois-je pas le détester moi-même ! Car « si vous avez ainsi traité votre Fils, comment me traiterez-vous, moi, pécheur par nature et par malice ? » (8) Après nous avoir détournés du mal, vous nous élevez jusqu’au bien suprême : vous nous montrez en Jésus le modèle idéal de toutes sainteté ; et par Jésus vous la communiques à tous vos prédestinés ! Enfin
l’Incarnation est encore le triomphe de votre Miséricorde
! Vous êtes l’offensé et c’est vous qui venez
réparer l’offense ! J’avais mérité
la mort et c’est vous qui venez la subir ! Et non seulement
vous m’avez pardonné et lavé dans votre sang,
mais vous m’en assurez : quels que soient le nombre et l’énormité
de mes crimes, vous me pardonnerez toujours, dès que j’ouvrirai
mon cœur au repentir, pour obtenir, malgré mes misères,
la divine Miséricorde, Dieu en me demande qu’une seul
chose, «la craindre » c,’est-à-dire l’aimer,
l’honorer, lui obéir : « timentibus, eum ! » |
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Références-textes-section
1-2 |
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| (1)- A
l’Exemple de Marie et des Saints, ne nous lassons pas de rechercher
cette double science si précieuse : »Qui êtes-vous,
Seigneur ? » Se plaisait à dire saint François d’Assisse.
Et saint Augustin : « Mon Dieu, faite que je vous connaisse et
que je me connaisse : Que je vous connaisse afin de vous adorer et de
vous chérir ! Que je me connaisse, afin de me mépriser
et de me haïr ! » « Domine Jesu, noverim me, noverim Te ; Nec aliquid cupiam nisi Te ; Oderim me et amen Te ; Omnia agam propter Te ; Humiliem me, exaltem Te ; Nihil cogitem nisi Te ; Voca me, ut videam Te ; Et in aeternum fruar Te. Amen. » ( Béringer, I,142) 2- Admirez l’énergie de cette expression : « Respexit humilitatem ancillae suae ! » Marie n’est pas seulement à ses yeux une « petite »servante, mais la « petitesse » est sa mature et sa condition, De là son étonnement qu’un Dieu si grand ait daigné regarder tant de bassesse, (V. Bible de Knabenbuaeer.) » Humilitas »ne désigne donc pas ici, comme quelques-uns l’ont pensée, la vertu d’humilité. A la vérité, c’est bien l’humilité de Marie qui a charmé le Cœur de Dieu Mais la véritable humilité s’ignore ; et parler de son humilité c’est en perdre tout le parfum. (3)- « Et novem ubi sunt ? » Luc. XVIII, 17.- Voir à la fin du volume, Appendice D, «Le magnificat, école de reconnaissance. » (4)- « Qui contemnit humiliari, non potest salvari » ( Gataurea St Thomas : in Luc,I,51.) (5)_ St Aug., Cat, aurea, Luc. I. 48 (6)- « Cum afflatu divino enuntiet se esse beatam dicendam ab omnibus generationibus, illi qui hanc laudem et denegant eo ipso jam non censentur inter illas generationes quae coram Deo vere vivere censentur. (Ps, LXXXVII,6, hébreu.) Qui enim inhonorat matrem contumeliam infert filio. (Bible de Cornély, In Luc, I, 48.) (7)- Habacuc.III, 2 « Domine, opus tuum… Notum facies ! » (8)- Luc,XXIII, 31. « Si in viridi ligno haec faciunt, in arido quid flet ? » (9)- Héb.II,17. « Debuit per omnia fratibus similari, ut misericors fieret. » |
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Prières
«Regina
coeli » |
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| Références-
prières |
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(1)- «La sainte Église garde à jamais le souvenir de cette espérance héroïque. C’est pour cela que, désirant consacrer à sa grande Reine un jour spécial, chaque semaine, elle lui a dédié pour toujours le samedi. » Dom Guérange, La Passion, p. 628 (2)- «Absque ullâ dubitatione credendum est Christum post ressurectionem primum omnium matri suae apparuisse. » Suarez, De Mysteriis Christ, disput, 49, sect, 1- v. aussi P.de la Broise, 192-197 (3)- Nous devons reconnaître que de graves auteurs assignent au « Regina coeli » une origine moins ancienne : il n’est entré officiellement dans la Liturgie Romaine, que vers 1521. Mais au XIII siècle, en 1248, il est en usage chez les Frères Mineurs ; et, d’après Don Martène, dans certains monastères bénédictin. Dès le XII siècle, on le rencontre dans l’antiphonaire de saint- Pierre. (V. Tohmais, IV, p.100, Batiffol, Wadding et Dom Baumer,) «Il est probable, dit C. Albin, qu’il date de Grégoire V, 966-999. » |
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L’ordre
des pages sont placées l’une derrière l'autre ; tel que dans le livre et non pas en ordre alphabétique suivre les chiffres. |
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