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avec la prière préparatoire.
La cène De 19h à 20h
Ô Jésus, te voilà rendu au Cénacle en compagnie
de tes disciples bien-aimés, et tu te mets à table avec
eux. Combien de douceur et d'affabilité ne montres-tu pas alors
que tu t'apprêtes à prendre de la nourriture matérielle
pour la dernière fois! Tout est Amour en toi! Ici, tu répares
nos péchés de gourmandise. Et, par ta Prière, tu
sanctifies la nourriture.
Jésus, ton Regard doux et pénétrant semble scruter
chacun de tes apôtres. Et pendant que tu prends ta nourriture,
ton Coeur est transpercé de voir tes apôtres faibles et
mous, surtout le perfide Judas, qui a déjà un pied dans
l'enfer. Dans le fond de ton Coeur, tu te dis avec amertume: «Quelle
est l'utilité de mon Sang? Voilà qu'une âme à
laquelle j'ai fait tant de bien, est perdue!» Et de tes Yeux étincelants
de Lumière et d'Amour, tu le regardes, comme si tu voulais lui
faire prendre conscience du grand mal qu'il est sur le point de commettre.
Mais ta Charité suprême te fait supporter cette Souffrance,
et tu t'abstiens de la manifester à tes apôtres. Et tandis
que tu t'affliges à cause de Judas, ton Coeur s'emplit de joie
à voir à ta gauche ton disciple bien-aimé, Jean;
tellement que, ne pouvant plus contenir ton débordement d'Amour,
l'attirant doucement vers toi, tu lui fais poser la tête sur ton
Coeur, lui faisant éprouver d'avance le Paradis.
Et à cette heure solennelle, deux de tes disciples représentent
deux mondes: celui des réprouvés et celui des élus;
le monde des réprouvés, représenté par Judas,
qui a déjà l'enfer au coeur, et le monde des élus,
représenté par Jean, qui se repose sur ton Coeur dans
la joie. Ô mon doux Bien, moi aussi je me mets tout près
de toi et, avec ton disciple bien-aimé, je veux appuyer ma tête
fatiguée sur ton Coeur adorable. Et je te prie de me faire sentir,
même sur cette terre, les délices du Ciel; que cette terre
soit ciel pour moi, enivrée par les douces harmonies de ton Coeur.
Mais en cet instant, je sens en toi de douloureux Battements de Coeur;
c'est à cause des âmes perdues! Ô Jésus, de
grâce, ne permets pas que de nouvelles âmes se perdent;
fais que les pulsations de ton Coeur, résonnant dans ces âmes,
leur fassent entendre les pulsations de la vie dans le Ciel, comme les
entendit ton disciple bien-aimé Jean. Qu'attirées par
la suavité et la douceur de ton Amour, elles cèdent devant
toi!
Ô Jésus, tandis que ma tête est posée sur
ton Coeur, donne-moi, à moi aussi, la nourriture, comme tu la
donnas aux apôtres: la nourriture de l'Amour, celle de tes Paroles,
celle de ta Divine Volonté. Ô mon Jésus, donne-moi
toujours cette nourriture que tu désires tellement me donner,
pour que ta Vie m'habite de plus en plus. Mon doux Bien, je vois que
la nourriture terrestre que tu prends avec tes disciples est tirée
d'un agneau. C'est l'agneau figuratif. Et comme en cet agneau il ne
reste pas d'humeur vitale à cause de la force du feu, ainsi toi,
l'Agneau mystique, tu vas, par la force de l'Amour, te consumer tout
entier pour les créatures; tu ne garderas même pas une
goutte de Sang pour toi-même: tu le verseras tout entier par Amour
pour nous.
Ô Jésus, il n'y a rien de ce que tu fais qui ne rappelle
ta Passion douloureuse, celle-ci étant toujours présente
à ton Esprit et à ton Coeur. Par cela tu m'enseignes que
si, moi aussi, j'avais toujours présente à l'esprit et
au coeur ta sainte Passion, tu ne me refuserais jamais la nourriture
de ton Amour.
Ô mon Jésus, à chacun de tes Actes tu me portes
dans ta Pensée. Que ta Passion soit toujours présente
à mon esprit et à mon coeur; qu'elle habite mes regards,
mes pas et mes peines, afin que, où que je sois, je perçoive
toujours ta sainte Présence en moi. Amen.
Réflexions
et pratiques
Avant de
prendre notre nourriture, unissons nos intentions à celles de
notre aimable Jésus en nous imaginant que notre bouche est la
sienne. Ce faisant, non seulement la Vie de Jésus s'accroîtra
en nous, mais nous donnerons au Père la gloire, la louange, l'amour,
les remerciements, la réparation qui lui sont dus de la part
des créatures, comme le bon Jésus savait le faire lorsqu'il
prenait sa nourriture.
Imaginons-nous également être à table avec Jésus
et de tantôt le regarder, tantôt le prier de partager une
bouchée avec nous, tantôt donner un baiser à la
frange de son manteau, tantôt contempler le mouvement de ses Lèvres,
de ses Yeux célestes, tantôt noter la pâleur subite
de son beau Visage quand il voit tant d'ingratitude chez les humains.
Tout rempli d'Amour, Jésus parlait de sa Passion durant le repas.
De même nous, quand nous prenons notre repas, sachons parfois
arrêter notre réflexion sur la manière dont nous
pratiquons les Heures de la Passion. Les anges sont suspendus à
nos lèvres pour recueillir nos prières, nos réparations,
et les porter devant le Père pour amoindrir sa juste indignation
à cause des nombreuses offenses qu'il reçoit des créatures,
tout comme ils portaient vers le Père les Prières de Jésus
quand il était sur la terre. Tandis qu'il mangeait, Jésus
était bouleversé par la perte de Judas, et en lui il voyait
toutes les âmes qui allaient se perdre. Comme la perte des âmes
est la plus grande de ses Souffrances, il attira Jean vers lui pour
en obtenir du soulagement. À l'instar de Jean, sachons être
aux côtés de Jésus, le plaignant dans ses Souffrances,
compatissant avec lui, lui donnant du repos dans notre coeur, nous identifiant
à lui. Ainsi nous entendrons les Battements de son Coeur tourmenté
par la perte des âmes. Offrons-lui nos battements de coeur pour
panser les Blessures de son Coeur. Et dans ces Blessures, plaçons
les âmes qui courent à leur perte, pour qu'elles y trouvent
la conversion et le salut.
Chaque Battement de Coeur de Jésus est un «je t'aime»
se répercutant dans tous les battements de coeur des créatures,
lesquels battements il voudrait tous voir enfermés dans son Coeur
comme autant de «je t'aime» lui venant des créatures.
Mais beaucoup refusent de donner ces «je t'aime» à
Jésus et, par suite, ses propres Battements de Coeur sont comme
oppressés. Prions Jésus de ponctuer nos battements de
coeur de ses «je t'aime», afin que notre vie devienne toute
enflammée d'amour pour lui. Immergeons-nous totalement en lui
pour qu'il nous fasse ressentir ses «je t'aime». Ils sont
tellement immenses qu'ils remplissent le Ciel et la terre, qu'ils circulent
chez les saints et qu'ils descendent au purgatoire. Toutes les créatures
en sont touchées; même les éléments en ressentent
les effets. La première Parole que Jésus a dite sur la
Croix en fut une de pardon, pour excuser toutes les âmes devant
le Père, afin que sa Justice se change en Miséricorde.
À l'exemple de Jésus, excusons les pécheurs auprès
du Père, afin qu'étant attendri par nos excuses, il ne
permette pas qu'une seule âme se perde. Unissons-nous à
Jésus pour faire la sentinelle auprès des âmes,
afin qu'aucune ne pèche. Et nous le ferons s'émouvoir
en acceptant et lui offrant de bon coeur tout ce qu'il dispose en nous:
froids, duretés, obscurité, oppressions, tentations, distractions,
calomnies, maladies et autres, afin de le dédommager des offenses
que lui font les créatures.
Ce n'est pas seulement par des marques d'Amour que Jésus se manifeste
aux âmes, mais souvent, quand il ressent le froid des créatures,
il fait ressentir à notre âme ce froid; et si nous l'acceptons,
Jésus se sent dédommagé des froideurs des créatures,
et notre souffrance devient une sentinelle d'amour auprès d'elles.
D'autres fois, Jésus ressent dans son Coeur la dureté
de coeur des créatures, et ne pouvant se contenir, il vient s'épancher
chez nous; son Coeur touche le nôtre, lui faisant part de sa Peine.
Et nous, faisant nôtre cette Peine, nous mettons notre souffrance
autour du coeur du pécheur pour dissoudre sa dureté et
le ramener à Dieu.
Jésus, mon Bien, tu souffres tant à cause de la perte
des âmes! Alors, moi, par compassion, je mets à ta disposition
tout mon être; je veux prendre sur moi tes Peines et les peines
des pécheurs, et ainsi je te soulagerai, et je placerai le pécheur
tout près de ton Coeur.
Ô mon Jésus, fais en sorte que tout mon être brûle
d'amour pour toi et pour les créatures, afin que je puisse être
un soulagement continu pour tes amertumes! (Terminer avec la prière
de remerciements.)
Commencer
avec la prière préparatoire.
Le
lavement des pieds La Cène Eucharistique
De 20h à 21h :
Mon
doux Jésus, alors que se termine la cène légale,
je vois que tu te lèves de table et, qu'avec tes apôtres,
tu fais la prière de remerciements au Père, réparant
ainsi nos manques de remerciements relativement aux nombreux moyens
que Dieu met à notre disposition pour l'entretien de notre vie
corporelle. Ô Jésus, en tout ce que tu fais ou ce que tu
vois, tu as toujours aux Lèvres des Prières d'action de
grâce pour le Père. Et moi, à ton exemple, je veux
en toutes choses te dire: «merci, pour moi et pour tous».
Par cela, je veux réparer nos manques de reconnaissance.
Ô mon Bien, ton Amour n'a pas de répit: je vois que tu
fais asseoir de nouveau tes apôtres, que tu prends une bassine
d'eau, que tu te ceins d'une serviette blanche et que tu te prosternes
à leurs pieds dans un Acte si humble qu'il attire sur toi les
regards de tout le Ciel qui deviennent extatiques; les apôtres
eux-mêmes en sont abasourdis. Mais dis-moi, mon Amour, que veux-tu,
qu'entends-tu montrer par cet Acte si humble?
En fait, prosterné devant tes apôtres comme un pauvre mendiant,
tu leur dis en ton Coeur: «Je vous demande votre âme et
je vous tends des pièges d'Amour pour vous attirer à moi;
je veux, au moyen de cette eau mêlée à mes Larmes,
vous purifier de toute imperfection et vous préparer à
me recevoir dans le Grand Sacrement. Cet Acte de purification me tient
tellement à coeur que je ne veux le confier ni aux anges, ni
à ma chère Maman; je veux moi-même purifier votre
âme pour la disposer à recevoir la Sainte Communion.
«Et je veux réparer les oeuvres saintes et en particulier
l'administration des sacrements faites dans un esprit de vanité
plutôt que dans l'humilité et le désintéressement.
Ah! combien d'oeuvres bonnes m'atteignent plus pour m'attrister que
pour me plaire, plus pour me donner la mort que pour accroître
la vie! Voilà les offenses qui m'attristent le plus! Ô
âmes, voyez toutes ces offenses qu'on me fait et réparez
au moyen de mes propres Réparations pour consoler mon Coeur si
abreuvé d'amertume!»
Ô Jésus affligé, inonde-moi de ta Vie pour que je
puisse réparer tant d'offenses. Je veux entrer dans les cachettes
les plus intimes de ton Coeur, et réparer à l'aide de
ton propre Coeur les offenses que tu reçois de ceux qui te sont
les plus chers. Je veux, ô mon Jésus, te suivre en toutes
choses, et avec toi aller chez toutes les âmes qui vont te recevoir
dans l'Eucharistie, entrer dans leur coeur et, au moyen de tes Larmes
mêlées à l'eau avec laquelle tu laves les pieds
de tes apôtres, laver ces âmes, purifier leur coeur, afin
que quand elles te recevront, tu trouves en elles ton ravissement.
Ô doux Jésus, pendant que tu laves les pieds de tes apôtres,
je vois qu'une autre Souffrance affecte ton Coeur. Ces apôtres
représentent tous les futurs fils de l'Église, et n'étant
pas encore parfaits, ils représentent la série de tous
les maux qui existeront dans l'Église. En l'un sont symbolisées
les faiblesses; en l'autre les duperies; en celui-ci les hypocrisies;
en un autre l'amour démesuré pour les intérêts
terrestres; en saint Pierre le manquement aux résolutions et
toutes les offenses des chefs ecclésiastiques; en saint Jean
(qui lui aussi s'endormit dans le Jardin, après avoir dormi sur
ton Coeur, et qui s'est ensuite enfui) les fragilités de ceux
qui te sont le plus fidèles; en Judas les apostats et toute la
série des graves offenses commises par eux.
Tu t'arrêtes aux pieds de chaque apôtre et tu pleures, tu
pries, tu répares chacune de ces offenses, tu obtiens par tes
Prières force et aide pour tous. Mon Jésus, je m'unis
à toi, je fais miennes tes Prières, tes Réparations.
Je veux être toujours à tes côtés pour partager
tes Peines et mêler mes larmes aux tiennes. Et je te vois, ô
mon Amour, aux pieds de Judas. J'entends ta Respiration haletante et
je vois que non seulement tu pleures, mais que tu sanglotes. En lavant
ses pieds, tu les baises, tu les serres sur ton Coeur et, suffoqué
par tes Larmes, tu le regardes et lui dis dans ton Coeur: «Mon
fils, de grâce, je te prie par la voix de mes Larmes, ne va pas
en enfer, donne-moi ton âme; je te le demande prosterné
à tes pieds! Dis-moi ce que tu veux! Qu'exiges-tu? Je te donnerai
tout, pourvu que tu ne te perdes pas! De grâce, épargne-moi
cette douleur, à moi, ton Dieu!» Et tu recommences à
presser ses pieds sur ton Coeur. Voyant sa dureté, ton Coeur
suffoque et tu es près de t'évanouir.
Ô mon Coeur et ma Vie, permets-moi de te soutenir de mes bras;
je vois que tu utilises des stratagèmes amoureux avec les pécheurs
obstinés. Je te prie de me permettre de parcourir avec toi toute
la terre, pour donner à ces pécheurs tes Larmes pour les
amollir, tes Baisers et tes Étreintes d'Amour pour les enchaîner
à toi de sorte qu'ils ne puissent plus te fuir. Ainsi cela te
dédommagera de la Douleur que tu souffres à cause de la
perte de Judas.
Mon Jésus, ma Joie et mon Délice, je vois que ton Amour
court et court vite: tu te lèves et, dans la désolation
qui t'habite, anxieux, tu t'approches de la table où sont déjà
préparés le pain et le vin pour la consécration.
Je vois que ta Personne divine revêt un aspect tendre et affectueux
jamais vu auparavant, tes Yeux sont fulgurants de Lumière plus
que s'ils étaient des soleils, ton Visage est rose et resplendissant,
tes Lèvres sourient et brillent d'Amour, tes Mains sont créatrices,
tous tes Membres ont une attitude de Créateur.
Mon Amour, je te vois tout transformé. Ta Divinité semble
déborder ton Humanité. Jésus, mon Coeur et ma Vie,
ton aspect, jamais vu auparavant, attire l'attention de tous. Les apôtres
sont pris par un doux enchantement et osent à peine respirer.
Ta douce Maman accourt en esprit au pied de la Sainte Table, pour admirer
ce miracle de ton Amour, les anges descendent du Ciel et semblent se
demander entre eux: «Qu'est-ce que c'est? Qu'est-ce que c'est?
Ce sont de vraies folies d'Amour, de vrais excès d'Amour: un
Dieu qui crée, non pas le Ciel ou la terre, mais lui-même,
à partir de la matière corruptible d'un peu de pain, d'un
peu de vin ! »
Ô Amour insatiable, tandis que tes apôtres sont tous autour
de toi, je vois que tu prends le pain entre tes Mains, que tu l'offres
au Père, et j'entends ta Voix remplie de douceur qui dit: «Père
Saint, qu'on te rende grâce à toi qui exauces toujours
ton Fils. Père Saint, coopère avec moi. Toi, un jour,
tu m'envoyas du Ciel sur la terre pour que je m'incarne dans le sein
d'une vierge pour sauver nos enfants; maintenant permets-moi de m'incarner
dans chaque hostie pour achever le salut de ces créatures et
être la Vie de chacune.
«Vois, ô Père, que peu d'heures me restent sur cette
terre. Qui aura le coeur de laisser mes enfants orphelins et seuls?
Ils sont nombreux leurs ennemis, elles sont épaisses les ténèbres
qui les couvrent, elle est grande leur faiblesse. Qui les aidera? Que
moi je reste dans chaque hostie pour être la Vie de chacun, pour
être leur Lumière, leur Force, leur Aide! Autrement, où
iront-ils? Qui les guidera? Nos Oeuvres sont éternelles et mon
Amour est incommensurable. Je ne puis, ni ne veux, laisser mes enfants
seuls.» Le Père s'émeut à ces propos tendres
et affectueux, il descend du Ciel, il est là sur la Table Sacrée,
avec le Saint-Esprit; les deux sont avec toi, ô Jésus.
Et toi, d'une Voix majestueuse et émouvante, tu prononces les
paroles de la consécration. Et sans te laisser toi-même,
tu te crées toi-même sous forme sacramentelle dans ce pain
et ce vin. Et puis, après t'être communié, tu communies
tes apôtres et ta céleste Maman, qui ne pouvait pas rester
sans te recevoir.
Ô Jésus, les Cieux s'inclinent, tous te font un acte d'adoration
dans ton nouvel état d'annihilation. Doux Jésus, ton Amour
est content et satisfait, et je vois sur cet autel, dans tes Mains,
toutes les hosties consacrées qui se perpétueront jusqu'à
la fin des siècles. Mais dans tant et tant d'hosties, ta douloureuse
Passion est déployée, car beaucoup de créatures
répondront aux excès de ton Amour par des excès
d'ingratitude et d'énormes délits! Et moi je veux me trouver
toujours avec toi, dans chaque tabernacle, dans chaque ciboire et dans
chaque hostie consacrée qui existera jusqu'à la fin du
monde, pour t'offrir mes actes d'amour et mes actes de réparation
pour les offenses que tu recevras.
Ô Jésus, je te contemple dans la sainte hostie, et comme
si j'y voyais ton adorable Personne, je baise ton Front majestueux;
mais en te donnant ce baiser, je sens les élancements des épines.
Ô mon Jésus, dans cette hostie sainte, combien de créatures
ne t'épargnent pas les épines: elles se rendent devant
toi, et au lieu de te donner l'hommage de leurs bonnes pensées,
elles te donnent leurs pensées mauvaises. Et toi, de nouveau,
tu baisses la tête comme durant ta Passion et tu reçois
et tolères les épines de ces pensées mauvaises.
Ô mon Amour, je m'approche de toi, pour partager tes Peines; je
mets toutes mes pensées dans ton Intelligence pour repousser
ces épines qui t'attristent tant. Que chacune de mes pensées
défile dans chacune des tiennes pour te faire réparation
pour chaque pensée mauvaise, et ainsi consoler ton Intelligence
affligée.
Jésus, mon Bien, je baise tes beaux Yeux. Je vois ton Regard
amoureux tourné vers ceux qui vont à ta sainte Présence,
et ton Regard est anxieux de recevoir leur regard d'amour. Mais combien
viennent devant toi, et au lieu de te regarder et de te chercher, ils
regardent des choses qui les distraient et ainsi ils te privent du plaisir
que tu éprouves dans l'échange de regards d'amour! Toi,
tu souffres, et moi, en te donnant des baisers, je sens mes lèvres
baignées de tes Larmes. Mon Jésus, ne pleure pas, je veux
mettre mes yeux dans les tiens pour partager tes Peines et pleurer avec
toi. Et, voulant réparer les regards distraits des créatures,
je garde mon regard toujours fixé sur toi.
Jésus,
mon Amour, je baise tes Oreilles infiniment saintes. Je te vois attentif
à écouter ce que veulent de toi les créatures,
afin de les consoler. Mais celles-ci font parvenir à tes Oreilles
des prières mal récitées, remplies de méfiance,
des prières faites par habitude; et ton Ouïe, dans cette
hostie sainte, est importunée plus que durant ta Passion même.
Ô mon Jésus, je veux prendre toutes les harmonies du Ciel
et les diriger vers tes Oreilles pour réparer. Et je veux mettre
mes oreilles dans les tiennes, non seulement pour partager tes Peines,
mais pour t'offrir mon acte continu de réparation et te consoler.
Jésus, ma Vie, je baise ton Visage infiniment saint; je le vois
ensanglanté, livide et gonflé. Des créatures, ô
Jésus, viennent devant cette sainte hostie, et par leurs positions
indécentes et leurs conversations mauvaises, il semble qu'elles
te giflent et te crachent dessus au lieu de te faire honneur. Et toi,
c'est en toute paix et avec patience que tu les reçois et que
tu supportes tout, comme durant ta Passion!
Ô Jésus, je veux mettre mon visage près du tien,
non seulement pour te donner des baisers et recevoir avec toi les insultes
qui te viennent des créatures, mais pour partager toutes tes
Peines. Et, de mes mains, je veux te caresser, t'enlever les crachats
et te presser sur mon coeur. Je veux faire de tout mon être de
nombreux, extrêmement petits morceaux, et les mettre devant toi
comme autant d'âmes qui t'adorent. Et je veux que tous mes mouvements
soient changés en prostrations pour réparer les déshonneurs
qui te viennent des créatures.
Mon Jésus, je baise ta Bouche infiniment sainte. Je vois que
lorsque tu descends dans le coeur des créatures sous la forme
sacramentelle, tu es obligé de te poser sur beaucoup de langues
mordantes, impures, mauvaises. Oh! comme tu en es attristé! Tu
te sens comme intoxiqué par ces langues, et c'est pire quand
tu descends dans leurs coeurs! Ô Jésus, si c'était
possible, je voudrais me retrouver dans la bouche de chaque créature,
pour changer en louanges toutes les offenses que tu reçois d'elles
de cette manière!
Mon Bien, je baise ta Tête infiniment sainte. Je la vois fatiguée,
épuisée et toute occupée à tes Activités
d'Amour. Dis-moi, que fais-tu? Et tu me réponds: «Mon enfant,
dans cette hostie, je travaille du matin au soir, fabriquant des chaînes
d'Amour; et quand les âmes viennent chez moi, je les enchaîne
à mon Coeur. Mais sais-tu ce que plusieurs me font? Beaucoup,
à coups d'efforts, se dégagent et mettent mes chaînes
d'Amour en pièces; et comme ces chaînes sont liées
à mon Coeur, j'en suis torturé et je tombe dans le délire.
De plus, quand elles brisent mes chaînes, ces âmes réduisent
à rien mon intense Activité, car elles recherchent les
chaînes des créatures. Et cela, elles le font même
en ma Présence, se servant de moi pour parvenir à leurs
fins. Cela m'attriste tant que ça me donne une fièvre
violente qui me fait m'évanouir et délirer.»
Comme je te plains, ô Jésus! Ton Amour est mis au pilori!
Et moi, pour te dédommager, je te prie d'enchaîner mon
coeur avec ces chaînes brisées par les créatures,
pour pouvoir te donner à leur place un retour d'amour. Mon Jésus,
mon divin Archer, je baise ta Poitrine. Le feu qu'elle contient est
si grand que pour donner un peu d'épanchements à tes flammes
et te donner un peu de répit dans ton travail, tu te mets à
jouer avec les âmes qui viennent à toi, leur décochant
des flèches d'Amour qui sortent de ta Poitrine. Ton jeu consiste
à fabriquer des flèches, des dards, des traits; et quand
ils frappent les âmes, tu jubiles. Mais beaucoup, ô Jésus,
les repoussent et t'envoient en échange des flèches de
froideur, des dards de tiédeur et des traits d'ingratitude. Et
tu en es tellement affligé que tu pleures amèrement! Ô
Jésus, voici ma poitrine prête à recevoir non seulement
les flèches qui me sont destinées, mais encore celles
que repoussent les autres âmes; ainsi tu ne seras plus vaincu
dans ton jeu d'Amour. Et ainsi, je réparerai les froideurs, les
tiédeurs et les ingratitudes que tu reçois de ces âmes.
Ô Jésus, je baise ta Main gauche et je veux ainsi réparer
pour tous les coups illicites ou blâmables donnés à
ta sainte Présence; et je te prie de me tenir toujours serré
sur ton Coeur! Gloire au Père, ...
Ô Jésus, je baise ta Main droite, et je veux par là
réparer tous les sacrilèges, surtout les messes mal célébrées!
Combien de fois, mon Amour, es-tu contraint de descendre du Ciel entre
des mains et dans des poitrines indignes, et bien que tu en as la nausée,
l'Amour te contraint d'y rester. Il y a même certains de tes ministres
qui, par leurs énormes délits et sacrilèges, renouvellent
ta Passion, renouvellent le déicide! Jésus, cela m'épouvante
rien que d'y penser! Tout comme durant ta Passion tu étais entre
les mains des Juifs déicides, tu es entre ces mains indignes,
toi, l'agnelet paisible, attendant de nouveau la mort. Mais tu attends
aussi leur conversion.
Ô Jésus, combien tu souffres! Tu voudrais bien une main
pleine d'amour pour te libérer de ces mains sanguinaires. Ô
Jésus, quand tu te trouveras dans de telles mains, je te prie
de m'appeler près de toi et, pour réparer, je te couvrirai
de la pureté des anges, je te parfumerai de tes Vertus pour calmer
la nausée que tu éprouves dans ces mains, et je t'offrirai
mon coeur comme abri et refuge. Tandis que tu seras en moi, je te prierai
pour les prêtres, afin que tous soient tes dignes ministres. Amen.
Gloire au Père, ...
Ô Jésus, je baise ton Pied gauche, et je veux ainsi réparer
pour ceux qui te reçoivent par habitude et sans les dispositions
requises. Gloire au Père, ...
Ô Jésus, je baise ton Pied droit et, ce faisant, je veux
réparer pour ceux qui te reçoivent en t'outrageant. De
grâce, je t'en prie, quand ils oseront faire cela, renouvelle
le miracle que tu fis pour Longin; comme tu l'as guéri et l'as
converti au toucher du Sang qui jaillit de ton Coeur transpercé
par sa lance, ainsi, à ton toucher sacramentel, convertis les
offenses en actes d'amour et les offenseurs en personnes repentantes!
Gloire au Père, ...
Ô Jésus, je baise ton Coeur infiniment doux, dans lequel
se déversent tant d'offenses; par mon geste, je veux tout réparer,
te donner de l'amour pour tous, et partager toutes tes Peines. Gloire
au Père, ...
Ô Archer céleste, si quelque offense échappe à
ma réparation, je te prie de m'emprisonner dans ton Coeur et
dans ta Volonté, afin que je répare tout. Je prierai ta
douce Maman de me garder toujours avec elle, afin que je répare
tout pour tous; nous t'embrasserons ensemble. Et en t'embrassant, nous
éloignerons de toi les vagues d'amertume que tu reçois
des créatures. Ô Jésus, rappelle-toi que moi aussi
je suis une pauvre âme pécheresse. De grâce renferme-moi
dans ton Coeur. Par tes chaînes d'Amour emprisonne-moi et attache
une à une mes pensées, mes affections et mes désirs;
enchaîne mes mains et mes pieds à ton Coeur, afin que je
n'aie d'autres mains et d'autres pieds que les tiens!
Mon
Amour, mon cachot sera ton Coeur, mes chaînes seront formées
de ton Amour, tes Flammes seront ma nourriture, ton Souffle sera le
mien, les grilles qui m'empêchent de sortir seront ta Volonté
infiniment sainte; et ainsi je ne verrai que des flammes, je ne toucherai
que du feu, qui, tandis qu'il me donnera la vie, me donnera aussi la
mort comme celle que tu subis dans la sainte hostie. Je te donnerai
ma vie, et ainsi, tandis que je serai prisonnière en toi, toi,
tu seras prisonnier en moi. Ceci n'est-il pas ton dessein dans ton incarcération
dans l'hostie, où tu veux être remis en liberté
par les âmes qui te reçoivent, retrouvant la vie en elles?
Et maintenant, bénis-moi et donne le Baiser mystique d'Amour
à mon âme, tandis que moi je reste serrée contre
toi en t'embrassant. Gloire au Père, ...
Mon doux Coeur, en instituant l'infiniment Saint Sacrement, tu as entrevu
les énormes ingratitudes et offenses des créatures. Mais
tu n'as pourtant pas reculé. Blessé et attristé,
tu veux tout noyer dans l'immensité de ton Amour. Tu instruis
tes apôtres et précises que ce que tu viens de faire, ils
doivent le faire eux aussi, leur donnant ainsi le pouvoir de consacrer.
Ainsi, tu leur confères le sacerdoce. Ô Jésus, c'est
à tous que tu penses, et c'est pour tous et pour tout que tu
répares.
La Cène terminée, tu prends avec toi les apôtres
et tu t'achemines vers le Jardin de Gethsémani, où va
commencer ta douloureuse Passion. Je te suivrai en toutes choses, ô
mon Jésus, pour te tenir fidèle compagnie. Et tandis que,
triste, tu avances vers le Jardin, moi, je veux réparer pour
ces âmes qui sont dissipées et distraites quand elles quittent
l'église, et je te prie de donner Lumière et Grâces
à ces âmes qui, pendant qu'elles pratiquent les choses
saintes, n'en reçoivent aucun profit
Réflexions
et pratiques
Jésus, caché dans l'hostie, embrasse tous les siècles
et donne Vie et Lumière à tous. Ainsi, en nous cachant
en Jésus, nous donnerons par nos prières et nos réparations
vie et lumière à tous, et même aux hérétiques
et aux infidèles, car Jésus n'exclut personne. Pour nous
rendre semblables à Jésus, nous devons tout cacher en
lui, c'est-à-dire nos pensées, nos regards, nos paroles,
nos émotions, nos affections, nos désirs, nos pas et nos
oeuvres. Nos prières également; il faut les cacher dans
les Prières de Jésus. Et comme, dans son Eucharistie,
Jésus embrasse tous les siècles, de même nous embrasserons
tous les siècles avec lui. Serrés contre lui, nous serons
la pensée de toute intelligence, la parole de toute langue, le
désir de tout coeur, les pas de tout pied, l'oeuvre de tout bras.
Ce faisant, nous détournerons du Coeur de Jésus le mal
que les créatures veulent lui faire, et nous le presserons de
donner à toutes les âmes salut, sainteté et amour.
Pour correspondre à celle de Jésus, notre vie doit être
en parfaite conformité avec la sienne. Notre âme doit par
l'intention se tenir dans tous les tabernacles du monde pour tenir compagnie
à Jésus et lui donner soulagement et réparation
continuels. Elle doit faire toutes ses actions dans cette intention.
Le premier tabernacle est en nous, en notre coeur. Il faut donc prêter
grande attention à tout ce que le bon Jésus veut faire
en nous.
Bien des fois, quand Jésus est dans notre coeur, il nous fait
ressentir le besoin de prier. Ah! c'est lui qui veut prier et qui nous
veut tout proches de lui, s'identifiant presque avec notre voix, nos
affections et notre coeur, pour que notre prière s'unifie à
la sienne! Pour faire honneur à la Prière de Jésus,
soyons attentifs à lui prêter tout notre être. Il
nous faut être attentifs à tous nos mouvements intérieurs,
parce que le bon Jésus tantôt nous fait souffrir, tantôt
nous veut en prière, tantôt nous met dans tel état
d'âme, tantôt dans tel autre, afin que toute sa Vie soit
répétée en nous.
Supposons que Jésus nous met dans l'occasion de faire preuve
de patience: il reçoit de la part des créatures des offenses
telles et si nombreuses qu'il se sent poussé à mettre
la main aux fléaux pour frapper les créatures. Et voilà
qu'il nous donne l'occasion de faire preuve de patience; nous devons
l'honorer en supportant tout avec paix, et notre patience arrachera
de ses Mains les fléaux que les autres créatures provoquent,
car par nous sera activée sa propre Patience. Comme il en va
de la patience, il en va aussi de toutes les autres vertus. Jésus,
dans le sacrement d'Amour, pratique toutes les vertus. Et c'est de lui
que nous puiserons la force morale, l'indulgence, la patience, la tolérance,
l'humilité, l'obéissance, etc.
Le bon Jésus nous donne sa Chair en nourriture, et nous, en guise
d'aliment pour lui, donnons-lui notre amour, notre volonté, nos
désirs, nos pensées, nos affections. Ainsi nous rivaliserons
d'amour avec lui. Ne laissons entrer en nous rien qui ne soit de lui.
Ainsi, en tout ce que nous ferons, tout servira d'aliment à notre
bien-aimé Jésus. Notre faculté de penser doit alimenter
la Pensée divine. Ainsi, si nous pensons saintement, nous alimentons
la Pensée divine. De même, notre regard doit alimenter
le Regard divin. Nos paroles, nos émotions, nos affections, nos
désirs, nos pas, nos oeuvres, tout doit servir à alimenter
Jésus. Si nous alimentons Jésus de cette manière,
nous devons former l'intention d'alimenter aussi les créatures
en Jésus.
Ma douce Vie, quand tu viens en moi, fais en sorte que mes émotions,
mes désirs, mes affections, mes pensées, mes paroles,
subissent la puissance de la consécration sacramentelle, de sorte
qu'elles deviennent autant d'hosties pour te donner aux âmes.
(Terminer avec la prière de remerciements.)(Terminer avec
la prière de remerciements.
Commencer
avec la prière préparatoire.
Les
trois Heures de Gethsémani
L'Heure
Sainte est un exercice de dévotion demandé par Notre-Seigneur
Jésus-Christ lui-même à sainte Marguerite-Marie
Alacoque. Il consiste à s'unir spirituellement à Jésus
agonisant dans le Jardin des Oliviers pendant au moins une heure. Elle
correspond à cette plainte amoureuse que, comme le mentionne
l'Évangile, Notre-Seigneur fit aux trois apôtres, et plus
particulièrement à saint Pierre, quand il les trouva endormis
durant sa terrible Agonie de trois heures. Il leur a dit: «Ainsi,
vous n'avez pas eu la force de veiller une heure avec moi?» Les
âmes pieuses et les contemplatifs qui aiment les Souffrances de
Jésus, considèrent cette plainte comme si elle leur était
adressée et s'efforcent tous les jeudis soirs, en particulier
le jeudi avant le premier vendredi du mois, de passer au moins une heure
en compagnie de Jésus souffrant dans le jardin.
Ceux qui voudrait pratiquer cet exercice très pieux recommandé
par Notre-Seigneur Jésus-Christ à sainte Marguerite trouveront
ici, dans les trois Heures de Gethsémani, une matière
plus que suffisante pour stimuler leur compassion pour Jésus
souffrant et pour lui tenir compagnie avec amour pendant une heure,
durant laquelle les Grâces que l'âme s'attire sur elle-même
sont incalculables! Et compte tenu des multiples réparations
dont est riche ce texte, l'âme dévote non seulement sera
elle-même remplie de Grâces, mais elle obtiendra de grands
bienfaits pour toute l'Église.
Pour pratiquer cet exercice pieux selon la suggestion de l'auteure,
il sera utile de s'accorder une heure pour parcourir les trois Heures
de l'Agonie, c'est-à-dire les Heures s'étendant de 21h
à 22h, de 22h à 23h, et de 23h à minuit. Si on
n'en parcourait qu'une, cela prendrait trop peu de temps. On pourrait
n'en lire que deux, et méditer jusqu'à ce qu'une heure
se soit écoulée. Celui qui fait le pieux exercice de l'Heure
Sainte pourra commencer par l'oraison préparatoire que voici:
Oraison préparatoire à l'Heure Sainte
Ô Jésus, mon divin Rédempteur, daigne m'admettre
aux côtés de tes trois chers apôtres, pour assister
à ton Agonie dans le Jardin des Oliviers! Bien averti par le
doux reproche que tu fis à Pierre et aux deux autres qui dormaient,
je veux veiller une heure avec toi. Fais-moi ressentir au moins une
Blessure de ton Coeur agonisant, un Souffle de ta Respiration perturbée.
Je veux fixer mon regard sur ton divin Visage et le contempler quand
il pâlit, quand il s'émeut, quand il ressent une grande
angoisse, quand il s'incline jusqu'à terre!
Je vois, ô mon Jésus, ta divine Personne vaciller et tomber,
tantôt d'un côté, tantôt de l'autre, et je
te vois joindre les Mains. J'entends les gémissements d'Amour
et de Souffrance que tu élèves vers le Ciel! Ô mon
Jésus, agonisant dans ce sombre Jardin, pendant cette heure où
je te tiendrai compagnie, fais couler sur moi quelques gouttes du Sang
infiniment adorable qui s'écoule de tous tes Membres!
De grâce, ô mon bien-aimé Rédempteur, que
je boive au moins une gorgée de ton amer calice, que je ressente
quelques-unes des Peines de ton divin Coeur, et que je sente mon coeur
se briser par le repentir d'avoir offensé mon Seigneur qui, pour
moi, en est réduit à cette Agonie terrible!
Ô mon Jésus, donne-moi la Grâce de souffrir et de
pleurer avec toi pendant au moins une heure dans ce Jardin! Ô
Marie, Mère affligée, fais-moi ressentir la compassion
de ton Coeur transpercé envers Jésus agonisant. Amen.
Commencer
avec la prière préparatoire.
Première
Heure de l'Agonie dans le Jardin
De 21h à 22h :
Mon Jésus, c'est attiré par ton Amour que je viens te
tenir compagnie dans le Jardin. Tu appelles mon coeur blessé,
et moi j'accours en me disant: «D'où vient cette attirance
d'Amour que je ressens? Ah! peut-être que mon Jésus se
trouve dans un tel état d'amertume qu'il ressent le besoin de
ma compagnie!» Et je vole vers toi. Mais je tremble d'horreur
en entrant dans ce jardin à cause du froid et de l'obscurité
de la nuit. Le lent mouvement des feuilles, comme une voix plaintive,
m'annonce la peine, la tristesse et la mort de mon Jésus! Les
étoiles, par leur doux scintillement, comme des yeux qui pleurent,
sont toutes attentives à regarder. Faisant écho aux Larmes
de Jésus, elles me reprochent mes ingratitudes.
En tremblant et à tâtons, je cherche Jésus. Je l'appelle:
«Jésus, où es-tu? Tu m'attires à toi et tu
ne te laisses pas voir? Tu m'appelles et tu te caches? Tout est terreur
ici, tout est épouvante et silence profond!» Je tends l'oreille
et j'entends un Souffle pénible. C'est Jésus. Je viens
de le trouver. Mais quel changement terrible! Ce n'est plus le doux
Jésus de la Cène Eucharistique dont la Figure resplendissait
d'une beauté ravissante, mais un Jésus triste, d'une tristesse
si mortelle qu'elle le défigure! Il agonise. Et moi, je me sens
troublée en pensant que, peut-être, je n'entendrai plus
sa Voix! J'embrasse ses Pieds. Puis je me fais plus hardie, je m'approche
de ses Bras, je mets ma main sur son Front pour le soutenir et, à
voix basse, je lui dis: «Jésus, Jésus!» Et
lui, interpellé par ma voix, me regarde et me dit:
«Âme, tu es ici? Ah! je t'attendais. Car la tristesse qui
m'opprime le plus, c'est l'abandon total par tous! Je t'attendais pour
te rendre spectatrice de mes Peines et te faire partager le calice d'amertume
que sous peu mon Père céleste m'enverra par l'entremise
d'un ange. Nous le boirons ensemble. Ce ne sera pas un calice de réconfort,
mais d'intense amertume! Je ressens le besoin que quelque âme
aimante en boive au moins quelques gouttes. Par conséquent, je
t'ai appelée pour que tu partages mes Peines, et pour m'assurer
de ne pas demeurer seul, dans un total abandon!»
-- «Ah! oui, ô mon Jésus angoissé, nous boirons
ensemble le calice de tes Peines, et je ne te quitterai pas!»
Rassuré par moi, Jésus entre dans une Agonie mortelle
et souffre des Peines intenses, jamais vues auparavant.
«Ô mon Jésus, mon Amour, dis-moi pourquoi tu es si
triste, si affligé, et seul dans ce jardin et en cette nuit?
C'est la dernière nuit de ta Vie mortelle! Et peu d'heures te
restent avant de commencer ta Passion! Ici, j'aurais cru trouver la
céleste Maman, Marie Madeleine pleine d'amour et les fidèles
apôtres; mais je te trouve seul et en proie à une tristesse
qui est pour toi plus qu'une mort cruelle, mais qui ne te fait pas mourir!
«Ô mon Bien et mon Tout, tu ne me réponds pas? Parle-moi.
On dirait que la tristesse qui t'opprime est si grande qu'elle t'a fait
perdre la parole. Ton Regard si investigateur et plein de Lumière
est triste. On dirait que tu cherches de l'aide et du réconfort.
Ton Visage pâle et tes Lèvres desséchées,
ta Personne divine qui tremble de la tête aux pieds, ton Coeur
qui bat très fort à la recherche d'âmes, manifestent
une angoisse telle qu'on dirait que d'un moment à l'autre tu
vas expirer. Tout me dit que tu te sens très seul et que tu recherches
ma compagnie.
«Me voici tout près de toi, ô Jésus. Et mon
coeur ne supporte pas de te voir prostré sur le sol. Je te prends
entre mes bras et te serre fort sur mon coeur. Une à une, je
veux compter tes angoisses et, une à une, les offenses qu'on
te fait, afin de te donner pour toutes du soulagement, des réparations
et de la compassion. Ô mon Jésus, tandis que je t'ai ici
et que je te serre dans mes bras, je vois que tes Souffrances s'accroissent.
Je sens, ô ma Vie, que circule dans tes Veines un feu; ton Sang
bouille dans tes Veines, et on dirait qu'il va les déchirer et
en sortir!
«Dis-moi, ô mon Amour, qu'as-tu? Je ne vois pas de fouets,
d'épines, de clous, ni de croix, et pourtant, alors que j'appuie
la tête sur ton Coeur, je ressens que des épines cruelles
le transpercent, que des fouets impitoyables n' épargnent aucune
parcelle de ta divine Personne, ni à l'intérieur ni à
l'extérieur. Je vois tes Mains raidies et contorsionnées
plus que par des clous. Dis-moi, ô mon doux Bien, qu'est-ce donc
qui a tant de pouvoir, même dans ton for intérieur, qui
te fait subir autant de tourments et de morts?»
Ah! il me semble que le doux Jésus entrouvre ses Lèvres
et me dit d'une Voix éteinte: «Fille, tu veux savoir ce
qui me tourmente plus que les bourreaux mêmes, et pourquoi les
tourments de ceux-ci ne seront rien comparés à ce que
je souffre actuellement? C'est l'Amour, l'Amour éternel qui,
voulant la suprématie en tout, me fait souffrir tout ensemble
et dans mes Fibres les plus profondes, ce que les bourreaux me feront
souffrir peu à peu dans ma Personne. Âme, c'est l'Amour
qui prédomine en moi; l'Amour est un clou pour moi, l'Amour est
un fouet pour moi, l'Amour est une couronne d'épines pour moi,
l'Amour est tout pour moi, l'Amour est ma Passion éternelle,
alors que ce que je souffre dans mon Humanité est temporaire.
Ah! mon enfant, entre dans mon Coeur, viens te perdre dans mon Amour!
Seulement dans mon Amour tu comprendras combien je souffre pour toi
et combien je t'aime, et ainsi tu apprendras à m'aimer et à
souffrir par amour!»
-- «Mon Jésus, puisque tu m'appelles dans ton Coeur pour
me faire voir ce que l'Amour te fait souffrir, alors j'y entre. Mais
que vois-je? Je vois les prodiges de l'Amour: ce n'est pas avec des
épines naturelles que l'Amour te couronne la Tête, mais
avec des épines de feu; ce n'est pas avec des fouets de cordes
qu'il tourmente ton Corps adorable, mais avec des fouets de feu; ce
n'est pas avec des clous de fer qu'il te perce les Mains et les Pieds,
mais avec des clous de feu. Tout ce qui te pénètre jusque
dans la moelle de tes Os est feu. Transformant toute ton Humanité
infiniment sainte en feu, l'Amour te donne des Peines indicibles et
mortelles, certainement plus que ta Passion elle-même, et il fait
de ton Sang un bain d'Amour pour toutes les âmes qui veulent se
laver de quelque tache que ce soit et acquérir le droit des fils
de l'Amour.
«Ô Amour infini, je me sens confuse devant ton Immensité
et je vois que, pour pouvoir entrer dans l'Amour et le comprendre, je
dois être tout amour! Mon Jésus, comme tu veux ma compagnie
et que tu veux que j'entre en toi, je te prie de me remplir complètement
d'Amour. Je te supplie, par conséquent, de couronner ma tête
et chacune de mes pensées de la couronne de l'Amour. Je t'implore,
ô Jésus, de me flageller avec les fouets de l'Amour. Mon
âme, mon corps, mes sentiments, mes désirs, mes affections,
que tout soit flagellé et scellé par l'Amour. Fais en
sorte, ô Amour infini, que tout en moi ne vive que par l'Amour.
Ô Jésus, centre de tout amour, je te supplie de me clouer
les mains et les pieds avec les clous de l'Amour, afin que je devienne
Amour, que je comprenne l'Amour. Que je sois vêtue par l'Amour,
nourrie par l'Amour! Que l'Amour me tienne toute clouée à
toi, et que rien, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur
de moi, ne me détache de l'Amour!»
Réflexions et pratiques
Abandonné par son Père, Jésus souffrit durant cette
heure un incendie d'Amour tel qu'il eut le pouvoir de détruire
tous les péchés imaginables et possibles, d'enflammer
de son Amour toutes les créatures, même de millions et
de millions de mondes, tous les réprouvés de l'enfer,
si seulement ils n'étaient pas éternellement obstinés
dans leur iniquité. Entrons en Jésus, pénétrons
dans ses Fibres les plus profondes, dans ses Pulsations enflammées,
dans son Intelligence embrasée, et emparons-nous de tout cet
Amour qui l'incendie. Puis nous plongeant dans sa Volonté, nous
y trouverons toutes les créatures. Touchant le coeur et l'intelligence
de chacune avec l'Amour de Jésus, avec ses Désirs, ses
Battements de Coeur et ses Pensées, formons Jésus en chacune.
Ensuite, présentons-lui toutes les créatures qui le portent
dans leur coeur et mettons-les autour de lui en lui disant: «Jésus,
je te présente toutes les créatures qui te possèdent
dans leur coeur, pour te donner du soulagement et du réconfort.
Je ne connais pas d'autre moyen pour soulager ton Coeur!» Ce faisant,
nous donnerons un vrai soulagement à Jésus, car il y a
tant de flammes qui le brûlent, qu'il nous dit et nous redit:
«Je suis calciné par l'Amour et il n'y a personne qui veut
mon Amour. De grâce, soulagez-moi, acceptez mon Amour et donnez-moi
de l'amour!»
Pour nous conformer en toute chose à Jésus, nous devons
rentrer en nous-mêmes et nous poser cette question: «En
tout ce que je fais, puis-je dire qu'il y a un flux continu d'Amour
qui circule entre Dieu et moi?» Notre vie est habitée par
un incessant flux d'Amour nous venant de Dieu. Quand nous pensons, il
y a ce flux d'Amour; quand nous agissons, il y a ce flux d'Amour; la
parole est Amour, les battements de notre coeur sont Amour. Nous recevons
tout de Dieu, mais nos actions courent-elles vers Dieu avec amour? Jésus
trouve-t-il en nous le doux enchantement de son Amour qui, à
travers nous, retourne vers lui, afin que, ravi par cet enchantement,
il surabonde d'un Amour encore plus grand pour nous? Si en tout ce que
nous faisons, notre amour pour Dieu n'est pas notre premier mobile d'action,
entrons en nous-mêmes et demandons-lui pardon de lui avoir fait
perdre le doux enchantement de notre retour d'amour.
Nous laissons-nous travailler par les Mains divines comme ce fut le
cas pour l'Humanité de Jésus? Tout ce qui nous arrive,
sauf le péché, nous devons le considérer comme
une Activité divine intense en nous. Si telle n'est pas notre
attitude, nous refusons au Père la gloire qui lui est due, nous
mettons en fuite la Vie divine en nous, et nous perdons la sainteté.
Tout ce que nous ressentons en nous: inspirations, tribulations, grâces,
n'est rien d'autre que l'Activité intense de l'Amour en nous.
Voyons-nous les choses de cette manière? Donnons-nous à
Jésus la liberté de travailler en nous? Ou bien en prenant
tout ce qui nous arrive dans un sens humain, regardant tout comme indifférent,
repoussons-nous l'Activité intense de Dieu en nous, le contraignant
à se croiser les bras? Nous abandonnons-nous entre ses Bras comme
des morts pour recevoir tous les coups de pinceau que le Seigneur nous
donnera pour notre sanctification?
«Mon Amour et mon Tout, que ton Amour m'inonde de toute part et
brûle en moi tout ce qui n'est pas de toi. Fais en sorte que ce
qui est à moi accoure vers toi, pour que tu puisses brûler
tout ce qui pourrait attrister ton Coeur.»
(Terminer avec la prière de remerciements.)
Commencer
avec la prière préparatoire.
Deuxième
Heure de l'Agonie dans le Jardin
De 22h à 23h :
Ô mon Jésus, cela fait déjà une heure
que tu te trouves dans le Jardin; l'Amour a pris chez toi la suprématie,
te faisant souffrir en un seul coup ce que les bourreaux te feront souffrir
tout au long de ton amère Passion. L' Amour parvient même
à te faire souffrir ce que les bourreaux ne pourront pas te faire
souffrir, jusque dans les parties les plus profondes de ta Personne
divine! Mon Jésus, je vois que, même si tes pas sont vacillants,
tu veux marcher. Dis-moi, ô mon Bien, où veux-tu aller?
Ah! tu vas retrouver tes bien-aimés disciples. Je veux t'accompagner
pour te soutenir de mes bras si tu vacilles!
Et voici une autre amertume pour ton Coeur! Tes apôtres dorment.
Et toi, toujours compatissant, tu les appelles, tu les réveilles
et, avec un Amour paternel, tu les réprimandes, tu leur recommandes
de veiller et de prier. Puis tu retournes dans le Jardin.
Mais ton Coeur porte une autre Blessure. Dans cette Blessure, je vois,
ô mon Amour, toutes les blessures des âmes qui te sont consacrées
et qui, soit à cause de la tentation, soit par négligence,
au lieu de se serrer contre toi en veillant et en priant, se laissent
aller. Au lieu de faire des progrès dans l'amour et dans l'union
avec toi, somnolentes, elles s'attiédissent et reculent! Combien
je compatis avec toi ô Amoureux passionné, et je veux réparer
toutes leurs ingratitudes! Voilà le genre d'offenses qui attriste
le plus ton Coeur adorable. Elle est si grande, cette amertume qui t'opprime,
qu'elle te mène au délire. Ô Amour infini, ton Sang,
qui bouille dans tes Veines, vainc tout et oublie tout! Je te vois prosterné
par terre et en prière profonde. Tu t'offres, tu répares
et, au nom de tous, tu cherches à glorifier le Père.
Je me prosterne avec toi ô Jésus, et je veux faire ce que
tu fais. Mais que vois-je? Je te vois chargé de tous les péchés
du monde: nos misères, nos faiblesses, nos délits les
plus énormes, nos ingratitudes les plus noires, nos iniquités
les plus épouvantables, nos cruautés les plus atroces,
nos haines, nos massacres, nos blasphèmes, nos hérésies,
nos schismes, et tout l'abîme des bassesses humaines se présentent
devant toi, t'oppriment, t'écrasent, te blessent. Et toi, que
fais-tu? Ton Sang qui bouille dans tes Veines fait face à ces
offenses, tes Veines s'ouvrent et le Sang sort à l'extérieur,
il baigne tes vêtements, coule par terre: tu donnes ton Sang pour
ces offenses, ta Vie pour contrer la mort.
Ô Amour, à quel état je te vois réduit! Tu
expires! Ô mon Bien, ma douce Vie, de grâce, ne meurs pas!
Dégage ton Visage de cette terre baignée de ton Sang.
Viens dans mes bras, fais en sorte que moi, en t'embrassant, je meure
à ta place. Mais j'entends ta Voix moribonde dire: «Père,
si c'est possible, que s'écarte de moi ce calice; cependant,
non pas ma Volonté, mais la tienne.» C'est la deuxième
fois que j'entends ces mots de ta Bouche. Oh! comme les Accents de ta
Voix déchirent mon coeur!
Toutes les révoltes des créatures se présentent
devant toi et ce «fiat Voluntas tua» qui devrait être
le principe de vie de toute créature, tu le vois rejeté
par presque toutes. En conséquence, au lieu de trouver la vie,
elles trouvent la mort. Et toi, voulant donner la vie à toutes
et faire une Réparation solennelle au Père pour leurs
révoltes, tu répètes une troisième fois:
«Père, si c'est possible, que s'écarte de moi ce
calice. Ce calice, pour moi, est très amer; cependant, non pas
ma Volonté, mais la tienne.» Ô mon Bien, l'amertume
qui t'opprime est si grande que tu en es réduit à la dernière
extrémité: tu agonises, tu es sur le point de rendre le
dernier soupir!
Ô Jésus, mon Amour, pendant que tu es entre mes bras, je
veux m'unir à toi, réparer et compatir avec toi pour tous
les manquements qui se font contre ta Volonté infiniment sainte
et, en même temps, te prier pour qu'en toutes choses je fasse
toujours personnellement ta Volonté! Que ta Volonté soit
ma respiration, mon coeur, ma sensibilité, ma pensée,
ma vie, et mon triomphe à l'heure de ma mort. De grâce,
ô Jésus, ne meurs pas; où irai-je sans toi? À
qui vais-je m'adresser? Qui m'aidera? Tout sera fini pour moi! De grâce,
ne me laisse pas, garde-moi toujours avec toi. Qu'il n'arrive jamais,
ne fût-ce qu'un instant, que je sois séparée de
toi! Laisse-moi te soulager, réparer pour toi, compatir avec
toi à la place de tous, car je vois que tous les péchés,
quels qu'ils soient, t'écrasent!
Mon Amour, je baise ta Tête infiniment sainte. Mais que vois-je?
Je vois toutes les pensées mauvaises dont tu ressens l'horrible
laideur; chacune d'elles est une épine qui pique cruellement
ta Tête. Ô Jésus, les Juifs ne te mettront qu'une
seule couronne d'épines; mais combien de couronnes terribles
les pensées mauvaises de toutes les créatures mettent
sur ta Tête adorable! Jésus, je compatis avec toi! Je voudrais
te mettre autant de Couronnes de Gloire. Et pour te soulager et te donner
de la compassion pour tous, je t'offre les intelligences angéliques
et ta propre Intelligence.
Ô Jésus, je baise tes Yeux compatissants, et je vois en
eux tous les regards méchants des créatures qui font couler
sur ton Visage des Larmes de Sang. Je compatis avec toi! Je voudrais
soulager ta Vue en disposant devant toi toutes les délices visuelles
du Ciel et de la terre. Jésus, mon Bien, je baise tes Oreilles
infiniment saintes; mais qu'entends-je? J'entends en elles l'écho
d'horribles blasphèmes, de cris de vengeance et de malédictions.
Ô Amour insatiable, je compatis avec toi et je veux te consoler
en faisant résonner à tes Oreilles toutes les harmonies
du Ciel, la Voix exquise de ta chère Maman, les accents embrasés
de Marie Madeleine et de toutes les âmes aimantes.
Jésus, ma Vie, c'est un baiser fervent que je dépose sur
ton Visage, dont la beauté est sans pareille! Pourtant, ce Visage
que les anges contemplent avec ravissement, les créatures le
giflent et le souillent par des crachats. Mon Amour, quelle effronterie!
Je voudrais crier assez fort pour mettre ces créatures en fuite!
Je compatis avec toi et pour réparer ces insultes je me tourne
vers la Très Sainte Trinité pour demander les Baisers
du Père et du Saint-Esprit, les Caresses divines de leurs Mains
créatrices. Je m'adresse aussi à ta Maman céleste,
afin qu'elle me donne ses Baisers, les Caresses de ses Mains maternelles,
ses Adorations profondes, et je t'offre tout cela en réparation
des offenses qui sont faites à ton Visage infiniment beau et
saint! Mon doux Bien, je baise ta Bouche infiniment douce, remplie d'amertume
par les horribles blasphèmes, par la nausée que te donnent
les ivresses et la gourmandise, par les conversations obscènes,
par les prières mal faites, par les enseignements pernicieux,
par tout le mal que fait l'homme au moyen de sa langue. Jésus,
je compatis avec toi et je veux enlever l'amertume de ta Bouche en t'offrant
toutes les louanges angéliques et le bon usage que font de leur
langue tant de saints chrétiens.
Mon Amour opprimé, je baise ton Cou. Je le vois chargé
de cordes et de chaînes à cause des attachements coupables
des créatures. Je compatis avec toi et pour te soulager, je t'offre
l'union indissoluble des trois Personnes divines. Et moi, me fondant
au milieu de cette union, je te tends les bras. Et formant de douces
chaînes d'amour autour de ton Cou, j'éloigne de toi les
cordes des attachements coupables qui te font suffoquer, tandis que
je te serre fort contre mon coeur. Force divine, je baise tes Épaules
infiniment saintes. Je les vois lacérées, leur Chair presque
arrachée par morceaux à cause des scandales et des mauvais
exemples des créatures. Je compatis avec toi et pour te soulager
je t'offre tes exemples infiniment saints, ceux de la Reine Maman, et
ceux de tous les saints. Et moi, ô mon Jésus, faisant courir
mes baisers sur chacune de tes Plaies, j'y enferme les âmes qui,
à la suite de scandales, ont été arrachées
à ton Coeur, pour ainsi remettre en état les Chairs de
ta sainte Humanité.
Mon Jésus angoissé, je baise ta Poitrine que je vois blessée
par les froideurs et les tiédeurs des créatures, leur
manque de réciprocité et leurs ingratitudes. Je compatis
avec toi et pour te soulager je t'offre la parfaite correspondance d'Amour
des trois Personnes divines. Et moi, ô mon Jésus, en me
plongeant dans ton Amour, je veux te faire un abri pour te protéger
des nouveaux coups que les créatures te porteront par leurs péchés.
Et je veux blesser ces créatures par ton Amour, afin qu'elles
n'osent plus t'offenser. Je veux verser ton propre Amour sur ta divine
Poitrine pour la soulager et la guérir.
Mon Jésus, je baise tes Mains créatrices. Je vois toutes
les actions mauvaises des créatures qui, comme autant de clous,
transpercent tes Mains infiniment saintes, si bien que ce n'est pas
par trois clous, comme sur la Croix, que tu es transpercé, mais
par autant de clous qu'il y a d'oeuvres mauvaises faites par les créatures.
Je compatis avec toi et pour te soulager je t'offre toutes les oeuvres
saintes des martyrs, leur courage à donner leur sang et leur
vie par amour pour toi. En somme, je veux, ô mon Jésus,
t'offrir toutes les bonnes oeuvres des créatures pour t'enlever
les nombreux clous que constituent leurs oeuvres mauvaises.
Ô Jésus, je baise tes Pieds infiniment saints, infatigables
dans la recherche des âmes. En eux, tu renfermes tous les pas
des créatures. Mais tu sens que beaucoup te fuient et tu voudrais
les retenir. À chacun de leurs mauvais pas, tu te sens mettre
un clou. Et tu veux te servir de leurs propres clous pour les clouer
à ton Amour. La Souffrance que tu ressens et l'effort que tu
fais pour les clouer à ton Amour sont si grands que tu en tremble
mon Dieu et mon Bien, je compatis avec toi et pour te consoler
je t'offre les pas des bons religieux et des âmes fidèles
qui risquent leur vie pour sauver les âmes.
Ô Jésus, je baise ton Coeur! Tu continues à agoniser,
non pas tant à cause de ce que te feront souffrir les Juifs,
mais à cause de la douleur que te donnent les offenses de toutes
les créatures. Durant ces Heures, tu veux que je donne la suprématie
à l'Amour; la deuxième place à tous les péchés
pour lesquels tu expies, répares, glorifies le Père et
apaises la Justice divine; la troisième place aux Juifs qui te
feront souffrir ta Passion. Ainsi tu nous montres que la Passion que
te feront souffrir les Juifs ne sera rien d'autre que le reflet de la
double Passion extrêmement amère que te font souffrir l'Amour
et les péchés. Et c'est pourquoi je vois dans ton Coeur,
toutes trois concentrées, la lance de l'Amour, la lance du péché,
et la lance des Juifs. Et ton Coeur amoureux souffre des convulsions
violentes, des impatiences d'Amour, des Désirs qui te consument,
des Pulsations embrasées qui voudraient enflammer tous les coeurs.
Et tu ressens dans ton Coeur la Souffrance que te procurent les créatures
qui, par leurs désirs mauvais, leurs affections et leurs émotions
désordonnées, cherchent d'autres amours que le tien.
Jésus, combien tu souffres! Je te vois t'évanouir, submergé
par les vagues de nos iniquités! Je compatis avec toi et je veux
adoucir l'amertume de ton Coeur triplement transpercé, en t'offrant
les douceurs éternelles, l'Amour exquis de ta chère Maman
et celui de tous ceux qui t'aiment vraiment.
Et maintenant, ô mon Jésus, fais en sorte que ce soit de
ton Coeur que mon propre coeur tire sa vie, afin qu'il ne vive que de
ton seul Amour. Et en toute offense que tu recevras, fais que je sois
toujours prête à t'offrir soulagement, réconfort,
réparation, actes d'amour, sans interruption.
Réflexions et pratiques
Pendant
sa deuxième Heure d'Agonie dans le Jardin, tous les péchés
de tous les temps se sont présentés devant Jésus.
Il a pris sur lui-même tous ces péchés pour donner
au Père Gloire et Réparation complètes. Il éprouva
dans son Coeur tous nos états d'âme sans jamais cesser
de prier. Et nous, dans nos divers états d'âme -- froideurs,
duretés, tentations --, est-ce que nous savons prier sans cesse?
Sommes-nous constants dans la prière? Savons-nous rester avec
courage aux pieds de Jésus, lui donner tout ce que nous souffrons
afin qu'il retrouve en nous sa propre Humanité? L' Humanité
de Jésus, que faisait-elle? Elle glorifiait son Père,
elle expiait, elle priait pour le salut des âmes. Et nous, en
tout ce que nous faisons, portons-nous ces trois intentions?
Mon Jésus, pour compatir avec toi et pour te soulager de l'accablement
total dans lequel tu te trouves, je m'élève jusqu'au Ciel
et je fais mienne ta propre Divinité et, en te la présentant,
je veux réparer toutes les offenses des créatures. Je
t'offre ta Beauté pour te consoler de la laideur du péché,
ta Sainteté pour te consoler de l'horreur de toutes ces âmes
qui te font éprouver le dégoût parce qu'elles sont
mortes à la Grâce, ta Paix pour te consoler des discordes
et des révoltes de toutes les créatures, tes Harmonies
pour dédommager ton Ouïe des propos mauvais des créatures.
Mon Jésus, je veux t'offrir autant d'Actes divins réparateurs
qu'il y a d'offenses qui t'attaquent comme si elles voulaient te donner
la mort. Je veux projeter ta Divinité sur toutes les créatures,
afin que, à ton Contact divin, elles n'osent plus t'offenser.
C'est seulement ainsi, ô Jésus, que je pourrai compatir
avec toi pour toutes les offenses que tu reçois des créatures.
Ô ma douce Vie, que mes prières et mes peines s'élèvent
toujours vers le Ciel pour faire pleuvoir sur toutes les créatures
ta Lumière et absorber en moi ta propre Vie. (Terminer avec la
prière de remerciements.)
Commencer
avec la prière préparatoire.
Troisième
Heure de l'Agonie dans le Jardin
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