Proposition
4
Le don eucharistique
L’Eucharistie
est un don qui naît de l’amour du Père, de
l’obéissance filiale de Jésus poussée
jusqu’au sacrifice de la croix rendu présent pour
nous dans le sacrement, par la puissance de l’Esprit Saint
qui, appelé sur les dons par la prière de l’Eglise,
les transforme en Corps et Sang de Jésus. Dans l’Eucharistie
se révèle pleinement le mystère de l’amour
de Dieu pour l’humanité et s’accomplit Son
dessein de salut sous le signe d’une gratuité absolue,
qui répond seulement à Ses promesses, accomplies
au-delà de toute mesure.
L’Eglise accueille, adore, célèbre ce don
avec une obéissance anxieuse et fidèle, sans s’arroger
aucun pouvoir de disponibilité, autres que ceux que Jésus
lui a confiés afin que le rite sacramentel s’exerce
dans l’histoire.
Au pied de la Croix la très sainte Vierge adhère
pleinement au don sacrificiel du Sauveur. Par sa conception
immaculée et la plénitude de grâces reçues,
Marie inaugure la participation de l’Eglise au sacrifice
du Rédempteur.
Les fidèles « ont le droit de recevoir abondamment
des pasteurs sacrés les biens spirituels de l’Eglise,
surtout les aides de la Parole de Dieu et des sacrements »
(LG 37; cf. CIC can. 213; CCEO can. 16), lorsque le droit ne
l’interdit pas.
A ce droit correspond le devoir des pasteurs de faire tous les
efforts possibles pour ne pas priver concrètement les
personnes de l’accès à l’Eucharistie,
en faisant preuve à cet égard d’une sollicitude
intelligente et d’une grande générosité.
Le Synode apprécie et remercie les prêtres qui,
même au prix de sacrifices parfois lourds et risqués,
assurent ce don de vie aux communautés chrétiennes
et leur enseignent à le célébrer dans la
vérité et la plénitude.
Proposition
5
Eucharistie et Eglise
La
relation entre l’Eucharistie et l’Eglise est comprise
dans la grande tradition chrétienne comme constitutive
de l’être et de l’agir de l’Eglise elle-même,
au point que l’antiquité chrétienne désignait
par les mêmes paroles Corpus Christi le corps né
de la Vierge Marie, le corps eucharistique et le corps ecclésial
du Christ.
Cette unité du corps se manifeste dans les communautés
chrétiennes et se renouvelle dans l’acte eucharistique
qui les unit et les différencie en Eglises particulières,
in quibus et ex quibus una et unica Ecclesia catholica existit
(LG 23). Le terme « catholique » exprime l’universalité
provenant de l’unité que l’Eucharistie, célébrée
dans toute Eglise, favorise et édifie. Les Eglises particulières
dans l’Eglise universelle ont ainsi, dans l’Eucharistie,
le devoir de rendre visible leur unité et leur diversité.
Ce lien d’amour fraternel laisse transparaître la
communion trinitaire. Les conciles et les synodes expriment
dans l’histoire cet aspect fraternel de l’Eglise.
De par cette dimension ecclésiale, l’Eucharistie
établit un fort lien d’unité de l’Eglise
catholique avec les Eglises orthodoxes, qui ont conservé
la nature authentique et intacte du mystère de l’Eucharistie.
Le caractère ecclésial de l’Eucharistie
pourrait également être un point privilégié
dans le dialogue avec les communautés nées de
la Réforme.
Proposition
6
L’adoration eucharistique
Le
Synode des Evêques, reconnaissant les multiples fruits
de l’adoration eucharistique dans la vie du peuple de
Dieu dans de si nombreuses parties du monde, encourage fortement
le maintien et la promotion, selon les traditions, aussi bien
de l’Eglise latine que des Eglises orientales, de cette
forme de prière, recommandée si souvent par le
vénérable serviteur de Dieu, le pape Jean-Paul
II. Il reconnaît que cette pratique naît de l’action
eucharistique – qui est en soi le plus grand acte d’adoration
de l’Eglise , qui permet aux fidèles de participer
pleinement, consciemment, activement et de manière fructueuse
au sacrifice du Christ selon le désir du Concile Vatican
II – et y reconduit. Ainsi vécue, l’adoration
eucharistique soutient les fidèles dans leur amour et
le service chrétien envers les autres et promeut une
plus grande sainteté personnelle et des communautés
chrétiennes. En ce sens, le renaissance de l’adoration
eucharistique, y compris parmi les jeunes, apparaît aujourd’hui
comme une caractéristique prometteuse de nombreuses communautés.
Pour cette raison, afin de favoriser la visite au Très
Saint Sacrement, veillons à ce que, dans la limite du
possible, les églises dans lesquelles est présent
le Saint Sacrement restent ouvertes . Que la pastorale aide
les communautés et les mouvements à connaître
la juste place de l’adoration eucharistique pour nourrir
une attitude d’émerveillement face au grand don
de la présence réelle du Christ. En ce sens, l’adoration
eucharistique est encouragée également dans l’itinéraire
de préparation à la première communion.
Pour promouvoir l’adoration, il convient de donner une
reconnaissance particulière aux instituts de vie consacrée
et aux associations de fidèles qui s’y consacrent
de façon spéciale et sous différentes formes,
les aidant afin que la dévotion eucharistique devienne
plus biblique, liturgique et missionnaire . ( article: Les heures
précieuses passées devant la Très Sainte
Eucharistie )
Eucharistie
et sacrements
Proposition
7
Eucharistie et sacrement de la réconciliation
L’amour
pour l’Eucharistie conduit à apprécier toujours
davantage le sacrement de la Réconciliation, dans lequel
la bonté miséricordieuse de Dieu permet un nouveau
commencement de la vie chrétienne et montre la relation
intrinsèque existant entre le baptême, le péché
et le sacrement de la Réconciliation. L’état
de grâce est nécessaire pour recevoir dignement
l’Eucharistie. L’évêque a la tâche,
d’une grande importance pastorale, de promouvoir dans
le diocèse une récupération décisive
de la pédagogie de la conversion qui naît de l’Eucharistie
et de favoriser pour cela la confession individuelle fréquente.
Les prêtres quant à eux, doivent se consacrer généreusement
à l’administration du sacrement de la pénitence.
Le Synode recommande vivement aux évêques de ne
pas permettre dans leurs diocèses le recours aux absolutions
collectives, sauf dans les situations objectivement exceptionnelles
établies par le Motu Proprio Misericordia Dei du pape
Jean-Paul II le 7 avril 2002. Que les évêques veillent
par ailleurs à ce qu’il y ait dans chaque église
des lieux adaptés aux confessions (cf. CIC 964 §
2). Il est recommandé à l’évêque
de nommer le pénitencier.
Dans cette perspective il faudrait également approfondir
les dimensions de la réconciliation déjà
présentes dans la célébration eucharistique
(cf. CCC 1436), en particulier le rite pénitentiel, afin
que l’on puisse y vivre de vrais moment de réconciliation.
Les célébrations pénitentielles non sacramentelles
mentionnées dans le rituel du sacrement de la Pénitence
et de la Réconciliation peuvent réveiller le sens
du péché et former un esprit de pénitence
et de communion dans les communautés chrétiennes,
préparant ainsi les cœurs à la célébration
du sacrement. Le renouveau de la spiritualité eucharistique
peut être l’occasion d’approfondir la compréhension
et la pratique des indulgences. Ce Synode rappelle que les évêques
et les curés peuvent demander à la Pénitencerie
Apostolique l’indulgence plénière pour célébrer
différentes événements et anniversaires.
Le Synode encourage une catéchèse renouvelée
sur les indulgences. ( articles: L’importance actuelle
du lien entre Eucharistie et Pénitence et La confession
individuelle des péchés )
Proposition
8
Eucharistie et sacrement du mariage
Dans
l’Eucharistie s’exprime l’amour de Jésus
Christ qui aime l’Eglise comme son épouse, jusqu’à
donner Sa vie pour elle. L’Eucharistie corrobore inlassablement
l’unité et l’amour indissoluble de tout mariage
chrétien.
Nous voulons faire sentir notre proximité spirituelle
particulière à tous ceux qui ont fondé
leur famille sur le sacrement du mariage. Le Synode reconnaît
la mission unique de la femme dans la famille et dans la société
et encourage les conjoints afin que, bien intégrés
dans leur paroisse et parfois insérés dans de
petites communautés, mouvements et associations ecclésiaux,
ils accomplissent des cheminements de spiritualité matrimoniale
nourrie par l’Eucharistie.
La sanctification du dimanche se fait également dans
la vie familiale. Pour cette raison la famille, comme «
Eglise domestique » doit être considérée
comme un domaine fondamental par la communauté chrétienne.
C’est la famille qui initie les enfants à la foi
ecclésiale et à la liturgie, surtout à
la Messe. ( articles: Les divorcés remariés et
la communion eucharistique et L'évangile de la famille
et de la vie )
Proposition
9
Eucharistie et polygamie
La
nature du mariage exige que l’homme soit lié de
manière définitive à une seule femme et
inversement. Dans ce contexte, il convient d’aider les
polygames qui s’ouvrent à la foi chrétienne
à intégrer leur projet humain dans la nouveauté
et la radicalité du message du Christ. En tant que catéchumènes,
le Christ les rejoint dans leur situation spécifique
et les appelle aux renoncements et aux ruptures nécessaires
à la communion, qu’un jour ils pourront célébrer
à travers plusieurs sacrements, surtout à travers
l’Eucharistie.
L’Eglise les accompagnera entre temps avec
une pastorale empreinte de douceur et de fermeté.
Proposition
10
Modalité des Assemblées dominicales dans l’attente
d’un prêtre
Dans
les pays dans lesquels la pénurie de prêtres et
les grandes distances rendent pratiquement impossible la participation
à l’Eucharistie dominicale, il est important que
les communautés chrétiennes se rassemblent pour
louer le Seigneur et faire mémoire du Jour qui Lui est
consacré en communion avec l’Evêque, avec
toute l’Eglise particulière et l’Eglise universelle.
Il est également très important de préciser
la nature de l’engagement des fidèles à
participer à ces assemblées dominicales. Que
l’on veille à ce que la liturgie de la Parole organisée
avec le soutien d’un diacre ou d’un responsable
de la communauté auquel ce ministère a été
légalement confié par l’autorité
compétente, se déroule selon un rite spécifique
approuvé à cet effet. Pour ne pas priver les fidèles
trop longtemps de la communion eucharistique, les prêtres
s’efforceront de visiter fréquemment ces communautés.
Il incombe aux évêques et aux Conférences
épiscopales de réglementer la possibilité
de distribuer la communion. Il faudra éviter toute confusion
entre célébration de la Messe et assemblée
dominicale dans l’attente d’un prêtre. Pour
cette raison on ne se lassera pas d’encourager les fidèles
à se rendre, dans la mesure du possible, là où
la Messe est célébrée. Que les Conférences
épiscopales veillent à mettre à disposition
du matériel approprié expliquant le sens de la
célébration de la Parole de Dieu avec la distribution
de la communion, et les principes qui la réglementent.
Proposition
11
Pénurie de prêtres
La
caractère central de l’Eucharistie pour la vie
de l’Eglise fait ressentir avec une souffrance aiguë
le grave problème du manque de prêtres dans certaines
parties du monde. De nombreux fidèles sont ainsi privés
du Pain de vie. Pour répondre à la faim eucharistique
du peuple de Dieu qui, souvent doit se passer de la célébration
eucharistique pendant une longue période, il est nécessaire
de recourir à des initiatives pastorales efficaces. Dans
ce contexte les Pères synodaux ont affirmé l’importance
du don inestimable du célibat eucharistique dans la pratique
de l’Eglise latine. En faisant référence
au Magistère, en particulier au Concile Vatican II et
au magistère des derniers souverains pontifes, les Pères
ont demandé que soient expliquées de façon
adéquate aux fidèles les raisons de la relation
entre le célibat et l’ordination sacerdotale, dans
le respect total de la tradition des Eglises orientales. Certains
ont évoqué les « viri probati », mais
cette hypothèse a été jugée comme
voie à ne pas emprunter.
Il faut par ailleurs tenir compte du fait que pour offrir le
don eucharistique à tous les fidèles, la qualité
chrétienne de la communauté et sa force d’attraction
ont un poids décisif. Il s’agit en particulier
:
- d’encourager les pasteurs à promouvoir les vocations
sacerdotales ; à les découvrir et à en
devenir les « annonciateurs », en commençant
déjà avec les enfants, et en prenant soin des
« servants de messe » ; ( dans la rubrique servants
d'Eucharistie: Il faut privilégier le soin des servants
d'autel )
- de ne pas avoir peur de proposer aux jeunes
la radicalité de l’engagement à la suite
du Christ ;
- de sensibiliser les familles qui dans certains cas sont indifférentes,
voire même contraires ;
- d’entretenir la prière pour les vocations dans
toutes les communautés et dans tous les domaines de l’Eglise
;
- de veiller – cela à l’attention des évêques
– en associant également les familles religieuses
et en respectant leur charisme propre, à une distribution
plus équitable des prêtres et de demander au clergé
lui-même une grande disponibilité pour servir l’Eglise
là où le besoin existe, même au prix de
quelque sacrifice.
Proposition
12
Pastorale des vocations
Comme
réponse au devoir urgent de l’Eglise d’offrir
le don de l’Eucharistie de façon habituelle à
tous les fidèles, et étant donnée la pénurie
de prêtres en différents lieux, notre regard se
tourne vers le Seigneur et nous lui demandons avec insistance
d’envoyer des ouvriers à Sa moisson.
De notre côté nous proposons de renforcer la pastorale
des vocations et la dimension vocationnelle de toute la pastorale,
spécialement de la pastorale de la jeunesse et de la
famille. Nous demandons pour cela :
- de constituer des groupes de servants de messe et de leur
fournir l’accompagnement spirituel ;
- de diffuser l’adoration eucharistique pour les vocations,
dans les paroisses, dans les collèges et dans les mouvements
ecclésiaux ;
- d’encourager les curés et tous les prêtres
à l’accompagnement spirituel et à la formation
des jeunes, en les invitant à suivre le Christ dans le
sacerdoce, par leur témoignage ; - d’organiser,
selon les possibilités, un centre des vocations ou un
petit séminaire dans les Eglises particulières.
Nous, évêques et prêtres, voulons nous engager
personnellement dans ce type de pastorale, en donnant un exemple
d’enthousiasme et de piété.
Catéchèses
et mystagogie
Proposition
13
La séquence des sacrements de l’initiation chrétienne
Le
lien étroit existant entre le baptême, la confirmation
et l’eucharistie n’est pas suffisamment perçu.
Il est par conséquent opportun d’expliquer que
nous sommes baptisés et confirmés en relation
à l’Eucharistie. Il convient donc de favoriser
une meilleure intégration du lien entre les trois sacrements
de l’initiation chrétienne dans la célébration
de chacun de ces sacrements, quel que soit l’ordre chronologique
ou l’âge de la confirmation et de la première
communion. Un approfondissement théologique et pastoral
de la confirmation pourrait en ce sens être de grande
valeur. Tout cela aurait par ailleurs une valeur positive dans
le dialogue œcuménique.
L’âge approprié pour la confirmation pourrait
être repensé. Il faudrait également voir
si dans l’Eglise latine la séquence baptême,
confirmation, première communion doit être observée
uniquement pour les adultes ou également pour les enfants.
La tradition latine, qui se différencie de la tradition
orientale en ce qui concerne la séparation de la célébration
de la confirmation et de celle du baptême, possède
son droit propre et sa charge propre. Par ailleurs, les différences
entre les deux traditions ne sont pas de nature dogmatique.
Les deux traditions donnent en réalité une réponse
pratique différente à la situation identique du
grand nombre de baptêmes d’enfants.
Proposition
14
Eucharistie, catéchèses et formation
L’Eucharistie,
mysterium fidei, inscrit dans l’alliance de Dieu avec
Son peuple, est la source d’inspiration de toute proposition
de formation pastorale. Celle-ci doit manifester l’Eucharistie
dans sa relation intime avec tous les autres sacrements, en
conduisant les hommes et les femmes de notre temps vers une
vie nouvelle dans le Christ.
A cet effet il faudra développer des itinéraires
catéchuménaux bien inculturés, dans lesquels
la présentation du contenu doctrinal, l’introduction
à la vie spirituelle et morale et l’engagement
social trouveront leur place.
Tout le peuple de Dieu – les évêques et les
curés selon leur responsabilité spécifique
– doit s’engager dans cette formation permanente
promue dans chaque Eglise particulière, spécialement
les fidèles engagés dans les paroisses et les
communautés, comme les catéchistes et les évangélisateurs.
Une formation solide sera donnée en particulier aux séminaristes
sur les fondements théologiques, liturgiques, pastoraux
d’une authentique spiritualité eucharistique. Ceux-ci
doivent comprendre au mieux le sens de toute règle liturgique.
Les paroisses et les petites communautés qui en font
partie doivent être des écoles de mystagogie eucharistique.
Dans ce contexte on cherchera la coopération des communautés
de vie consacrée, des mouvements et des groupes qui revalorisent,
selon leurs propres charismes, la formation chrétienne.
Dans le cadre de la nouvelle évangélisation nous
reconnaissons le besoin de développer des nouvelles formes
de catéchèses adaptées aux diverses situations
et cultures. Dans ce contexte, le Catéchisme de l’Eglise
catholique et les récents enseignements du magistère
devront être des références privilégiées.
( NDLR: Le Catéchisme et le compendium dans la rubrique:
TEXTES DU VATICAN du site Eucharistie Sacrement de la Miséricorde)
Proposition
15
Famille et initiation aux sacrements
Il
convient d’associer la famille chrétienne à
l’initiation sacramentelle des enfants. Il ne faut pas
limiter sans raison l’accès des enfants à
la table eucharistique. La première communion, notamment,
est un pas très important pour une vie engagée
sur les voies de la sainteté, emplie de charité,
de joie et de paix. Toute famille, soutenue par la paroisse,
les prêtres, les personnes consacrées, des collaborateurs
laïcs et, de façon spéciale, par l’école
catholique, doit favoriser un processus d’éducation
à l’Eucharistie.
L’Eglise, famille de Dieu, grandit et se nourrit à
la table de la Parole de Dieu et du corps et du sang du Christ.
La célébration de l’Eucharistie doit promouvoir
toujours davantage à tous les niveaux la prise de conscience
et la réalisation d’une « Eglise famille
» à travers la solidarité, les relations
familiales et la communion entre tous les membres de la communauté.
Proposition
16
Catéchèse mystagogique
La
tradition la plus ancienne de l’Eglise rappelle que le
cheminement chrétien, sans négliger l’intelligence
systématique des contenus de la foi, est une expérience
qui naît de l’annonce, qui s’approfondit dans
la catéchèse et trouve sa source et son sommet
dans la célébration liturgique. Foi et sacrements
sont deux aspects complémentaires de l’activité
sanctificatrice de l’Eglise. Suscitée par l’annonce
de la Parole de Dieu, la foi est nourrit et grandit dans la
rencontre de grâce avec le Seigneur ressuscité
dans les sacrements. La foi s’exprime dans le rite et
le rite renforce et fortifie la foi.
De là l’exigence d’un itinéraire mystagogique
à vivre dans la communauté et avec son aide et
qui se base sur trois éléments essentiels : l’interprétation
des rites à la lumière des événements
bibliques conformément à la tradition de l’Eglise
; la valorisation des signes sacramentaux ; la signification
des rites en vue de l’engagement chrétien dans
la vie. Il serait souhaitable de développer la méthode
mystagogique surtout avec les enfants de la Première
Communion et avec les confirmands. ( article: Si notre liturgie
est belle, elle sera respectée et aimée. )
Proposition
17
Compendium sur l’Eucharistie
Les
bureaux compétents du Saint-Siège et/ou les Conférences
épiscopales devraient envisager l’élaboration
d’un projet de Compendium eucharistique ou d’un
instrument d’aide pastorale qui regrouperait à
la fois des éléments liturgiques, doctrinaux,
catéchistiques et liés à la dévotion
sur l’Eucharistie, pour aider à développer
la foi et la piété eucharistique.
Ce Compendium pourrait proposer le meilleur de l’enseignement
patristique, l’expérience de l’Eglise latine
et des Eglises orientales et des prières de dévotion.
Il devrait comporter une catéchèse appropriée
sur la nature et sur la structure des prières eucharistiques.
Deuxième
partie
La
participation du peuple de Dieu à la célébration
eucharistique.
La structure de la célébration eucharistique.
Proposition
18
La Parole de Dieu dans la célébration eucharistique
Des
deux tables de la Parole de Dieu et du Corps du Christ l’Eglise
reçoit et offre aux fidèles le pain de vie, en
particulier dans la sainte liturgie. La parole de Dieu, comme
tout le mystère eucharistique, n’est accessible
que dans la foi. Il convient par conséquent que les lectures
soient proclamées avec soin, si possible par des lecteurs
confirmés. Il convient de donner sa juste valeur à
la liturgie de la Parole dans la célébration eucharistique.
Il existe un lien intrinsèque entre la Parole de Dieu
et l’Eucharistie. Dans l’Eucharistie, le Verbe fait
chair se donne à nous comme nourriture spirituelle. La
foi naît en écoutant la Parole de Dieu (cf. Rm
10,17).
Pour apprécier, célébrer et mieux vivre
l’Eucharistie, une profonde connaissance des Saints Ecritures
proclamées est nécessaire. « Ignorer les
Ecritures, c’est ignorer le Christ » (cf. DV 25).
Il faut aider le fidèle à apprécier les
trésors des Ecritures dans le lectionnaire, en développant
l’apostolat biblique, en encourageant des groupes paroissiaux
à préparer la messe du dimanche à travers
une étude priante des lectures et des pratiques liturgiques
comme le silence ou éventuellement quelques brèves
paroles d’introduction qui favorisent une meilleure compréhension.
Le peuple de Dieu doit par ailleurs être éduqué
à travers une catéchèse fondée sur
la Parole de Dieu. Aimer, lire, étudier, méditer
et prier la Parole de Dieu est un fruit précieux de la
pratique de la lectio divina, des groupes d’étude
et de prière bibliques en famille et dans les petites
communautés ecclésiales.
La Parole de Dieu doit être vénérée
et honorée (cf. DV 21), en particulier les Evangiles,
comme signe de la présence du Verbe incarné dans
l’assemblée des fidèles (cf. IL 46), précisément
à cause du lien intrinsèque entre la liturgie
de la Parole et la liturgie eucharistique.
La prière des fidèles doit trouver une expression
qui la relie mieux à la Parole de Dieu, aux besoins de
l’assemblée, et plus largement à ceux de
l’humanité tout entière. ( Article: La Sainte
Ecriture dans la Vie de l’Eglise )
Proposition
19
L’homélie
La
meilleure catéchèse sur l’Eucharistie est
l’Eucharistie elle-même, bien célébrée.
On demande pour cela aux ministres ordonnés de considérer
la célébration comme leur principal devoir. Ils
doivent en particulier préparer l’homélie
avec soin, en se basant sur une connaissance appropriée
des Saintes Ecritures. L’homélie doit mettre la
Parole de Dieu proclamée dans la célébration
en relation étroite avec la célébration
sacramentale (cf. SC 52) et avec la vie de la communauté,
afin que la Parole de Dieu soit réellement le soutien
et la vie de l’Eglise (DV 21) et se transforme en nourriture
pour la prière et pour la vie quotidienne.
L’homélie basée sur les enseignements des
Pères de l’Eglise, est une vraie mystagogie, c’est-à-dire
une vraie initiation aux mystères célébrés
et vécus.
La possibilité de recourir, en partant du lectionnaire
triennal, à des homélies « thématiques
» qui, tout au long de l’année liturgique,
puissent traiter les grands thèmes de la foi chrétienne
: le Credo, le Notre Père, les parties de la messe, les
dix commandements et autres thèmes, a également
été suggérée. Ces homélies
thématiques correspondront à ce qui a été
reproposé, de manière autorisée, par le
Magistère de l’Eglise dans les quatre « piliers
» du Catéchisme de l’Eglise catholique et
dans le récent Compendium. Il a également été
proposé, à cet effet, d’élaborer
une aide pastorale basée sur le lectionnaire triennal,
qui lie la proclamation des Ecritures aux doctrines de la foi
qui en sont issues.
Proposition
20
L’offrande du travail humain
Le
pain et le vin, fruits de la terre et du travail de l’homme,
que nous mettons sur l’autel comme expression de l’offrande
de la vie de la famille humaine, signifient que toute la création
est assumée par le Christ pour être transformée
dans son amour récapitulateur et être présentée
au Père. Il convient de mettre toujours plus en évidence
comment la dignité du travail des hommes et des femmes
du monde entier est intimement unie au sacrifice rédempteur
du Christ Seigneur à travers la célébration
eucharistique.
Proposition
21
Acclamations durant la prière eucharistique
Les
prières eucharistiques pourraient être enrichies
d’acclamations, pas seulement après la consécration,
mais à d’autres moments également, comme
il est prévu dans les prières eucharistiques pour
les célébrations avec les enfants et comme cela
se fait dans différents pays.
Proposition
22
Epiclèse
Etant
donné que la lex orandi exprime la lex credendi, il est
essentiel de vivre et d’approfondir la foi dans l’Eucharistie
à partir de la prière avec laquelle l’Eglise
la célèbre depuis toujours, c’est-à-dire
la prière eucharistique.
En particulier, la spiritualité eucharistique gagne à
reconnaître l’importance de l’Esprit Saint
qui transforme les oblats et fait que la communauté tout
entière devienne toujours davantage corps du Christ.
Le Synode souhaiterait que le lien entre l’épiclèse
et le récit de l’institution apparaisse plus clairement.
Il deviendrait ainsi plus évident que toute la vie des
fidèles est, dans l’Esprit Saint et le sacrifice
du Christ, une offrande spirituelle agréable au Père.
Dans ce contexte le Synode souligne la nécessité
que soit mieux précisée la nature des différentes
significations exprimées dans la formule : « L’Eglise
fait l’Eucharistie et l’Eucharistie fait l’Eglise
».
Proposition
23
Le signe de paix
Le
salut de paix au cours de la messe est un signe expressif, de
grande valeur et de grande profondeur (cf. Jn 14, 27). Toutefois,
dans certains cas, il prend un poids qui peut devenir problématique,
lorsqu’il se prolonge trop ou suscite même de la
confusion précisément avant de recevoir la communion.
Il serait peut-être utile d’envisager de placer
le signe de paix à un autre moment de la célébration,
en tenant compte également d’habitudes anciennes
et vénérables.
Proposition
24
Ite missa est
Pour
rendre plus explicite le rapport entre Eucharistie et mission,
qui est au cœur de ce Synode, il conviendrait de préparer
de nouvelles formules de conclusion (bénédictions
solennelles, prières sur le peuple ou autre) qui soulignent
la mission dans le monde des fidèles qui ont participé
à l’Eucharistie. (article: L’Eucharistie
et l’annonce missionnaire )
Ars
celebrandi.
Proposition
25
La dignité de la célébration
Ceux
qui participent à l’Eucharistie sont appelés
à vivre la célébration avec la certitude
d’être le peuple de Dieu, le sacerdoce royal, la
nation sainte (cf. 1P 2, 4-5.9). Chacun d’eux y exprime
sa vocation chrétienne spécifique. Ceux qui parmi
eux ont reçu un ministère ordonné l’exercent
selon leur rang : l’évêque, les prêtres
et les diacres. Le rôle des diacres et le service rendu
par les lecteurs et les acolytes méritent en particulier
une plus grande attention.
Que les évêques surtout, en tant que modérateurs
de la vie liturgique, encouragent une digne célébration
des sacrements dans leur diocèse, qu’ils corrigent
les abus et proposent le culte de l’église cathédrale
comme exemple.
Ce Synode renouvelle son appréciation pour le soin que
les prêtres accordent au fait de célébrer
la liturgie de façon digne, « attente ac devote
», pour le plus grand bénéfice du peuple
de Dieu. Ils démontrent ainsi l’importance de la
foi, de la sainteté, de l’esprit de sacrifice et
de la prière personnelle pour célébrer
l’Eucharistie. Il convient d’éviter l’excès
d’interventions qui peut conduire à une manipulation
de la messe, comme par exemple lorsqu’on remplace les
textes liturgiques par d’autres textes, ou lorsqu’on
donne à la célébration une connotation
non liturgique.
Une authentique action liturgique exprime le caractère
sacré du mystère eucharistique. Ce caractère
sacré devrait apparaître dans les paroles et les
actions du prêtre célébrant, tandis qu’il
intercède auprès de Dieu le Père aussi
bien avec les fidèles que pour eux. Comme toutes les
expressions artistiques le chant doit également être
en profonde harmonie avec la liturgie, participer efficacement
à son but, c’est-à-dire exprimer la foi,
la prière, l’émerveillement, l’amour
envers Jésus présent dans l’Eucharistie.
Il convient de souligner la valeur, l’importance et la
nécessité d’observer les règles liturgiques.
La célébration eucharistique doit respecter la
sobriété et la fidélité au rite
voulu par l’Eglise, avec le sens du sacré qui aide
à vivre la rencontre avec Dieu et avec les aspects concrets
qui favorisent cette rencontre (harmonie du rite, des vêtements
liturgiques, des ornements et du lieu sacré). Il sera
important que les prêtres et les responsables de la pastorale
liturgique fassent connaître les ouvrages liturgiques
en vigueur (missel, lectionnaire) et les règles qui s’y
rattachent. Pour conduire les fidèles au mystère
célébré, une catéchèse préalable
qui favorise leur participation active empreinte de piété
authentique, est nécessaire. Que les ministres favorisent
cette pleine participation par la proclamation des textes, et
recommandent des temps de silence, des gestes et des attitudes
appropriés. ( article: Le peuple catholique sait-il vraiment
ce qu’est l’Eucharistie? )
Proposition
26
Inculturation et célébration
En
vue d’une participation plus efficace des fidèles
à l’Eucharistie, le Synode souhaite la promotion
d’une plus grande inculturation dans le cadre de la célébration
eucharistique, tenant compte des possibilités d’adaptation
offertes par l’Istitutio generalis du Missel Romain, des
critères fixés par la IVème Instruction
de la Congrégation pour le culte divin en vue d’une
juste application des constitutions conciliaires sur la liturgie
de 1994, et des directives exprimées dans les Exhortations
post-synodales Ecclesia in Africa, Ecclesia in Asia, Ecclesia
in Oceania, Ecclesia in America. A cette fin, les conférences
épiscopales assument la pleine responsabilité
de développer l’inculturation en favorisant un
juste équilibre entre critères et directives déjà
publiés, et les nouvelles adaptations.
Proposition
27
L’art au service de la célébration eucharistique
Dans
l’histoire de la célébration de la messe
et de l’adoration eucharistique, l’art sacré
revêt une fonction de grande importance dans ses diverses
expressions à commencer par l’architecture. En
effet, celle-ci transpose la signification spirituelle des rites
de l’Eglise dans des formes compréhensibles et
concrètes, qui illuminent la conscience, touchent le
coeur et forment la volonté. En outre, l’étude
de l’histoire de l’architecture liturgique et de
manière plus générale de l’art sacré,
de la part des laïcs, des séminaristes et surtout
des prêtres, est en mesure d’éclairer la
réflexion théologique, d’enrichir la catéchèse
et de redonner ce goût au langage symbolique qui facilite
la mystagogie sacramentelle. Enfin, une connaissance approfondie
des formes que l’art a su produire tout au long des siècles
peut aider ceux qui sont appelés à collaborer
avec les architectes et les artistes à organiser de manière
adaptée, au service de la vie eucharistique des communautés
d’aujourd’hui, aussi bien les lieux de célébrations
que les programmations iconographiques. En cas de conflits entre
l’aspect artistique et l’organisation de la célébration,
la priorité sera donnée aux besoins liturgiques
de la célébration selon la réforme approuvée
par l’Eglise.
Proposition
28
Le tabernacle et son emplacement
En
conformité avec l’Introduction générale
du Missel Romain (cf. n.314), le Synode rappelle que le tabernacle
conservant le Très Saint Sacrement doit être situé,
dans l’Eglise, dans un emplacement digne, important, bien
visible, bien représenté artistiquement et adapté
à la prière. L’évêque sera
consulté à cette fin.
Proposition
29
Eucharistie et moyens de communication sociale
Les moyens de communications sociale, y compris
Internet, sont utiles à ceux qui ne peuvent pas participer
à la Messe, pour des raisons d’âge ou de
santé par exemple. Ils peuvent en outre toucher des baptisés
qui se sont éloignés et même des non croyants.
Lorsqu’on utilise les moyens de communication, il est
important de célébrer l’Eucharistie dans
des lieux dignes, appropriés et bien préparés.
Il est rappelé que dans des situations normales, pour
accomplir le commandement, la présence physique à
la célébration de l’Eucharistie est nécessaire,
et que suivre le rite à travers les moyens de communications
ne suffit pas. En effet, le langage de l’image est représentation
et ne correspond pas à la réalité elle-même.
La liturgie doit être empreinte de piété
et inviter à la prière, parce que le mystère
pascal est célébré. Les règles liturgiques
de l’Eglise sont toujours observées, les signes
sacrés mis en valeur, une attention est portée
à l’aspect artistique du lieu, aux objets et aux
vêtements liturgiques. Il faut faire en sorte que le chant
et la musique correspondent au mystère célébré
et au temps liturgique.
Actuosa
participatio
Proposition
30
Dies Domini
Comme
fruit de l’année de l’Eucharistie, le Synode
recommande vivement de réaliser des efforts significatifs
pour mettre en valeur et vivre le Jour du Seigneur dans toute
l’Eglise. Il est nécessaire de réaffirmer
le caractère central du Dimanche et de la célébration
de l’Eucharistie dominicale dans les diverses communautés
du diocèse, en particulier dans les paroisses (cf. SC
42). Le Dimanche est véritablement le jour ou l’on
célèbre avec les autres le Christ ressuscité,
jour saint et consacré au Créateur, jour de repos
et de disponibilité. La célébration eucharistique
du Dimanche est une grâce humanisante pour la personne
individuelle et la famille parce qu’elle nourrit l’identité
chrétienne au contact du Christ ressuscité. Le
devoir d’y participer est donc triple : à l’égard
de Dieu, à l’égard de soi même et
à l’égard de la communauté. Il est
proposé d’aider les fidèles à considérer
comme paradigmatique l’expérience de la communauté
primitive et celle des générations des premiers
siècles. Il est donné aux chrétiens l’opportunité,
à travers la catéchèse et la prédication,
de méditer sur le jour du Christ comme jour de la résurrection
du Seigneur et, précisément à cause de
cela, comme fête de la libération, jour donné
pour goûter les bienfaits du Royaume de Dieu, jour de
la joie de la rencontre avec le Vivant présent parmi
nous.
Nous souhaitons donc que le Jour du Seigneur devienne également
le jour des chrétiens, un jour respecté par la
société tout entière par le repos du travail.
Nous souhaitons qu’avec les célébrations
eucharistiques du dimanche soient organisées des manifestations
propres aux communautés chrétiennes, des rencontres
de type amical, l’éducation à la foi pour
les enfants, les jeunes et les adultes, des pèlerinages,
des œuvres de charité et divers temps de prière.
Même si le samedi soir appartient déjà au
Dimanche (premières vêpres), et qu’il est
permis d’accomplir ses obligations dominicales en assistant
à la messe anticipée, il est nécessaire
de rappeler que le Dimanche est le jour qui doit être
sanctifié, afin qu’il ne soit pas « vide
de Dieu ». ( documents: rubrique, JOUR DU SEIGNEUR et
en particulier la LETTRE APOSTOLIQUE - DIES DOMINI, qui na pas
pris une ride)
Proposition
31
La Parole de Dieu dans la prière chrétienne
La
célébration eucharistique est la célébration
centrale de l’Eglise mais, pour la vie spirituelle d’une
communauté, les célébrations de la Parole
de Dieu sont également très importantes.
Ces célébrations offrent à la communauté
la possibilité d’approfondir la Parole de Dieu.
Il est également possible d’utiliser les formes
d’approche de la Parole de Dieu qui se sont révélées
valides dans l’expérience catéchétique
et pastorale, comme le dialogue, le silence ou d’autres
éléments créatifs comme les gestes et la
musique. Il faudrait par ailleurs recommander aux communautés
les formes confirmées par la tradition, de la Liturgie
des Heures, notamment les Laudes, les Vêpres, Complies,
ainsi que les célébrations des veillées.
Les introductions aux Psaumes et les lectures de l’Office
peuvent aider à approfondir l’expérience
de la venue du Christ et de l’économie du salut,
qui peut à son tour enrichir la compréhension
du mystère eucharistique.
Il est important que la personne qui anime ces célébrations
n’ait pas seulement une bonne formation théologique,
mais qu’elle puisse également conduire au cœur
de la Parole de Dieu, à partir de sa propre expérience
spirituelle.
Proposition
32
La célébration eucharistique en petits groupes
Les
Messes célébrées pour des petits groupes
doivent favoriser une participation plus consciente, active
et fructueuse à l’Eucharistie. Les critères
suivants ont été proposés :
- Les petits groupes doivent servir à unifier la communauté
paroissiale, et non à la fragmenter ;
- Ils doivent respecter les exigences des différentes
catégories de fidèles, pour favoriser la participation
fructueuse de l’assemblée tout entière;
- Ils doivent être guidés par des directives claires
et précises ;
- Ils doivent tenir compte du fait que, dans la mesure du possible,
il convient de préserver l’unité de la famille.
Proposition
33
Le prêtre et les ministères liturgiques
Il
convient de clarifier les tâches du prêtre et celles
qui sont liées à d’autres ministères
liturgiques.
Le vrai sujet qui agit dans la liturgie est le Christ ressuscité
et glorifié dans l’Esprit Saint. Mais le Christ
inclut l’Eglise dans son action et dans le don de lui-même.
Le prêtre est celui qui préside, de manière
irremplaçable, la célébration eucharistique
tout entière, du salut initial à la bénédiction
finale ; car, dans la célébration liturgique,
le prêtre, en vertu de son ordination, représente
Jésus Christ, chef de l’Eglise, et à sa
manière, également l’Eglise elle-même.
En éduquant les fidèles à l’écoute
de la Parole de Dieu, à la louange et à la prière,
le diacre peut inculquer l’amour pour l’Eucharistie.
Les laïcs ont toujours apporté leur collaboration
au service liturgique notamment dans la célébration
de l’Eucharistie. Avec le Concile Vatican II (cf. AA 24)
et la réforme liturgique qui a suivi, on a fait davantage
appel à cette collaboration (cf. IGMR 25.1.2004, nn.
103-107). L’Eglise se reflète dans ces ministères
comme unité dans la diversité et une forme de
l’« actuosa participatio » des fidèles
s’y exprime de manière représentative. Ces
ministères doivent être introduits selon leur fonction
spécifique et selon les exigences réelles de la
communauté qui célèbre. Les laïcs
chargés de ces services liturgiques doivent être
choisis avec soin, bien préparés et accompagnés
par une formation permanente. Ils doivent être nommés
pour une période donnée. Ces personnes doivent
être connues de la communauté qui doit leur être
reconnaissante. Les principes et les règles liturgiques
servent à orienter clairement vers l’économie
du salut, la « communio » et l’unité
de l’Eglise. ( articles: FIDELES LAICS )
Proposition
34
Le respect à l’égard de la sainte Eucharistie
Devant
l’Hostie consacrée il convient d’observer
la pratique de la génuflexion ou d’autres gestes
d’adoration selon les différentes cultures. On
rappelle l’importance de s’agenouiller lors des
moments les plus importants de la prière eucharistique,
en signe d’adoration et de louange au Seigneur présent
dans l’Eucharistie. On encourage par ailleurs l’action
de grâce après la communion, également par
un temps de silence.
Proposition
35
Recevoir la Communion
Dans
notre société pluraliste et multiculturelle il
convient que la signification de la Communion soit expliquée
également à des personnes non baptisées
ou qui appartiennent à des Eglises ou des communautés
non catholiques, assistant par exemple à la messe à
l’occasion d’un baptême, d’une confirmation,
d’une première communion, d’un mariage, d’un
enterrement. Dans de nombreuses métropoles et de nombreuses
villes, surtout d’art, il n’est pas rare que des
visiteurs d’autres religions et confessions et des non
croyants assistent à l’Eucharistie.
Il convient d’expliquer à ces personnes, avec délicatesse
mais de manière claire, que le fait qu’il ne soit
pas admis à la sainte communion n’est pas le signe
d’un manque d’estime à leur égard.
Les fidèles catholiques qui, de façon permanente
ou occasionnelle, ne remplissent pas les conditions requises,
doivent également prendre conscience du fait que la célébration
de la Messe reste valide et significative même sans la
participation personnelle à la communion sacramentelle.
Personne ne doit craindre de susciter une impression négative
s’il ne communie pas. Dans certaines situations on recommande
une célébration de la Parole de Dieu à
la place de la Messe. Que les pasteurs d’âmes aient
à cœur de conduire le plus grand nombre d’hommes
possibles au Christ, qui les appelle tous à Lui –
et pas seulement dans la sainte Communion – afin qu’ils
aient la vie éternelle.
Proposition
36
L’utilisation du latin dans les célébrations
liturgiques
Dans
la célébration de l’Eucharistie au cours
des rencontres internationales, toujours plus fréquentes
aujourd’hui, pour mieux exprimer l’unité
et l’universalité de l’Eglise, on propose
:
- de suggérer que la (con)célébration de
la messe soit en latin (à l’exception des lectures,
de l’homélie et de la prière des fidèles).
De même, que soient récitées en latin les
prières de la tradition de l’Eglise et éventuellement
que soient exécutés des cantiques du chant grégorien
;
- de recommander que les prêtres soient préparés,
dès le séminaire, à comprendre et célébrer
la messe en latin, ainsi qu’à utiliser des prières
latines et à savoir valoriser le chant grégorien
; de ne pas négliger la possibilité d’éduquer
les fidèles eux-mêmes dans ce sens.
Proposition
37
Les grandes concélébrations
Les pères synodaux reconnaissent la grande
valeur des concélébrations, notamment celles présidées
par l’évêque et ses prêtres, les diacres
et les fidèles. On demande, cependant, aux organismes
compétents de mieux étudier la pratique de la
concélébration lorsque le nombre des célébrants
est très élevé.
Troisième
partie
La
mission du peuple de Dieu nourri de l’Eucharistie
Eucharistie et communauté chrétienne
Proposition
38
Reconnaissance pour les prêtres, les diacres et les autres
ministres et collaborateurs liturgiques
L’Assemblée
synodale exprime sa profonde reconnaissance, son appréciation
et son encouragement aux prêtres, en particulier aux prêtres
« fidei donum », ministres de l’Eucharistie,
qui avec compétence et un généreux don
de soi édifient la communauté avec l’annonce
de la Parole de Dieu et du pain de la vie. On recommande vivement
aux prêtres la célébration quotidienne de
la messe, même s’il n’y a pas de participation
de fidèles.
Le Synode remercie de même les diacres permanents qui
collaborent avec les prêtres à l’œuvre
d’évangélisation à travers la proclamation
de la Parole de Dieu et la distribution de la communion. Il
conviendrait de promouvoir ce ministère selon les indications
du Concile. De même, il est important de remercier les
ministres institués, les personnes consacrées,
hommes et femmes, les ministres extraordinaires de la communion,
les catéchistes et autres collaborateurs, qui aident
à préparer et célébrer l’Eucharistie
et la distribuent avec dignité, en particulier les animateurs
qui transmettent la Parole de Dieu et distribuent la communion
lors des célébrations communautaires dans l’attente
de prêtre. Les pères synodaux apprécient
beaucoup le témoignage des fidèles chrétiens
qui participent fréquemment à la célébration
eucharistique en semaine, surtout ceux qui doivent faire face
à des difficultés importantes liées à
leur âge et aux distances.
Proposition
39
Spiritualité eucharistique et vie quotidienne
Les
fidèles chrétiens ont besoin d’une meilleure
compréhension des relations entre l’Eucharistie
et la vie quotidienne. La spiritualité eucharistique
n’est pas seulement la participation à la messe
et la dévotion au Très Saint Sacrement. Celle-ci
engage la vie tout entière.
Nous encourageons surtout les fidèles laïcs à
continuer à rechercher un sens plus profond de l’Eucharistie
dans leur vie et à avoir faim de Dieu. Nous demandons
aux théologiens laïcs de faire part de leur expérience
de la vie quotidienne vécue dans un esprit eucharistique.
Nous encourageons spécialement les familles à
s’inspirer de l’Eucharistie et à y puiser
la vie. De cette manière elles participent à la
transformation de leur milieu social à travers le témoignage
de leur vie personnelle et l’exercice de leur vocation
baptismale qui les engage à porter la Bonne Nouvelle
à leur prochain. Dans ce contexte, resplendit le témoignage
prophétique des personnes consacrées hommes et
femmes, qui trouvent dans la célébration de l’Eucharistie
et dans l’Adoration la force de suivre le Christ de manière
radicale, dans l’obéissance, la chasteté
et la pauvreté. La vie consacrée y trouve la source
de la contemplation, la lumière pour l’action apostolique
et missionnaire, le sens ultime de son engagement auprès
des pauvres et des exclus et le gage des réalités
du Royaume.
Proposition
40
Les divorcés remariés et l’Eucharistie
En
continuité avec les nombreuses déclarations du
Magistère de l’Eglise et partageant la douloureuse
préoccupation exprimée par de nombreux pères,
le Synode des évêques rappelle l’importance
d’une attitude et d’une action pastorale d’attention
et d’accueil envers les fidèles divorcés
et remariés.
Selon la Tradition de l’Eglise catholique, ceux-ci ne
peuvent être admis à la communion, étant
donné qu’ils se trouvent dans une situation objectivement
contraire à la Parole du Seigneur qui a ramené
le mariage à la valeur originelle de l’indissolubilité
(cf. CEC 1640), dont témoigne son don sponsal sur la
croix duquel les baptisés sont rendus participants à
travers la grâce du sacrement. Les divorcés remariés
appartiennent toutefois à l’Eglise, qui les accueille
et les suit avec une attention spéciale afin qu’ils
cultivent un style de vie chrétien à travers la
participation à la messe, même s’ils ne reçoivent
pas la communion, l’écoute de la Parole de Dieu,
l’adoration eucharistique, la prière, la participation
à la vie communautaire, le dialogue confiant avec un
prêtre ou un maître de vie spirituelle, l’engagement
à vivre la charité, les œuvres de pénitence,
l’engagement éducatif envers les enfants. Si la
nullité du lien matrimonial n’est pas reconnue
et que l’on fournit des conditions objectives qui rendent
la coexistence irréversible, l’Eglise les encourage
à vivre leur relation selon les exigences de la loi de
Dieu, en la transformant en une amitié loyale et solidaire;
ils pourront ainsi s’approcher à nouveau de la
table eucharistique, avec les attentions prévues par
la pratique ecclésiale expérimentée, mais
que l’on évite de bénir ces relations afin
de ne pas engendrer de confusions parmi les fidèles concernant
la valeur du mariage.
Dans
le même temps le synode souhaite que tous les efforts
possibles soient mis en oeuvre aussi bien pour assurer le caractère
pastoral, la présence et l’activité correcte
et pleine de sollicitude des tribunaux ecclésiastiques
pour les causes de nullité du mariage (cf Dignitas connubii),
que pour approfondir davantage les éléments essentiels
en ce qui concerne la validité du mariage, tenant également
compte des problèmes venant d’un contexte de profonde
transformation anthropologique de notre temps, par lequel les
fidèles eux-mêmes risquent d’être conditionnés,
en particulier à cause d’un manque de formation
chrétienne solide.
Le synode estime que, dans tous les cas, une grande attention
doit être accordée à la formation de ceux
qui se préparent au mariage et qu’il convient de
s’assurer au préalable qu’ils partagent réellement
les convictions et les engagements indispensables pour la validité
du sacrement du mariage, et demande aux évêques
et aux curés le courage d’un sérieux discernement
pour éviter que des élans émotifs ou des
raisons superficielles conduisent ceux qui se préparent
au mariage à assumer une grande responsabilité
pour eux-mêmes, pour l’Eglise et pour la société,
qu’ils ne pourront ensuite honorer.
Proposition
41
L’admission des fidèles non catholiques à
la communion
Sur
la base de la communion de tous les chrétiens, que le
Baptême unique rend déjà efficace, même
si c’est encore de manière incomplète, la
séparation à la table du Seigneur est vécue
à juste titre comme un fait douloureux. Aussi bien au
sein de l’Eglise catholique que de la part de nos frères
et sœurs non catholiques, la demande urgente de la possibilité
de communion eucharistique entre les chrétiens catholiques
et les autres est donc présentée très fréquemment.
Il faut éclaircir le fait que l’Eucharistie ne
désigne et ne réalise pas seulement notre communion
personnelle avec Jésus Christ, mais surtout la pleine
« communio » de l’Eglise. Nous demandons par
conséquent que les chrétiens non catholiques comprennent
et respectent le fait que pour nous, selon toute la tradition
biblique établie, la communion eucharistique et la communion
ecclésiale sont intimement liées et que par conséquent
la communion eucharistique avec les chrétiens non catholiques
n’est généralement pas possible. Plus encore,
la concélébration œcuménique est exclue.
Il faudrait de même éclaircir le fait que en vue
du salut personnel l’admission de chrétiens non
catholiques à l’Eucharistie, au sacrement de la
Pénitence et à l’Onction des malades, dans
des situations déterminées, à des conditions
précises, est possible et même recommandée
(UR 8, 15 ; Directoire œcuménique 129-131; CdC 844
§ 3 et 4; CCEO 671 §4; Lettre encyclique Ut unum sint
46; Lettre encyclique Ecclesia de Eucaristia 46). Le synode
insiste pour que les conditions présentées dans
le Catéchisme de l’Eglise catholique (1398-1401)
et dans son Compendium (293) soient observées.
L’Eucharistie
pour le monde
Proposition
42
Eucharistie et mission
Les
fidèles sont invités à prendre conscience
qu’une Eglise véritablement eucharistique est une
Eglise missionnaire. De fait, l’Eucharistie est source
de mission. Dans l’Eucharistie nous devenons toujours
davantage disciples du Christ, écoutant la Parole de
Dieu qui nous conduit à une rencontre communautaire avec
le Seigneur à travers la célébration du
mémorial de sa mort et de sa résurrection et à
travers la communion sacramentelle avec Lui. Cette rencontre
eucharistique se réalise dans l’Esprit Saint qui
nous transforme et nous sanctifie. Elle réveille chez
le disciple la ferme volonté d’annoncer aux autres,
avec audace, ce qu’il a écouté et vécu,
pour les conduire eux aussi à cette même rencontre
avec le Christ. Le disciple, envoyé par l’Eglise,
s’ouvre ainsi à une mission sans frontière.
Tout en remerciant l’ensemble des missionnaires chrétiens
oeuvrant dans le monde, nous rappelons la nécessité
de reconnaître le Christ comme l’unique sauveur.
Dans l’éducation missionnaire, il convient de rappeler
par tous les moyens le caractère central de l’affirmation
de l’unicité. Ceci permettra d’éviter
de réduire à un aspect purement sociologique l’œuvre
décisive de promotion humaine impliquée dans l’évangélisation.
Les pères ont relevé les graves difficultés
inhérentes à la mission de ces communautés
chrétiennes qui vivent en situation de minorité
voire même dans des contextes privés de liberté
religieuse. L’Eucharistie est le centre propulseur de
l’action évangélisatrice
Proposition
43
Spiritualité eucharistique et sanctification du monde
L’Eucharistie
est à l’origine de toute forme de sainteté.
Pour développer une spiritualité eucharistique
profonde il est nécessaire que le peuple chrétien,
qui rend grâce à travers l’Eucharistie, ait
conscience de le faire au nom de la création tout entière,
en aspirant à la sanctification du monde et en y travaillant.
La vie chrétienne trouve son chemin dans la célébration
eucharistique : l’offrande de soi, la communion et la
solidarité sont des aspects de la « logiké
latreia » (cf. Rm 12, 1).
Encourager la participation quotidienne à la célébration
de la messe se révèle, dans les rites latins,
un moyen efficace pour développer cette spiritualité
au cœur de la vie familiale, professionnelle, sociale et
politique.
L’offrande quotidienne (enseignée par exemple par
l’Apostolat de la Prière pratiqué par des
millions de catholiques dans le monde entier) peut aider chacun
à devenir une « figure eucharistique » à
l’exemple de Marie, en unissant sa propre vie à
celle du Christ qui s’offre pour l’humanité.
Proposition
44
L’Eucharistie et les malades
Nous
considérons de première importance le fait de
favoriser la célébration eucharistique pour les
résurrection du Christ. L’Eucharistie, en tant
que sommet de la vie chrétienne, est revêtue d’une
signification spéciale liée à sa réception
comme Saint Viatique. Du fait qu’elle entrouvre au malade
la plénitude pascale on recommande d’en intensifier
la pratique.
On demande en particulier d’assurer la communion eucharistique
aux porteurs de handicap mental, baptisés et confirmés
: ceux-ci reçoivent la communion dans la foi de la famille
ou de la communauté qui les accompagne. L’impossibilité
de savoir quelle est la sensibilité effective propre
de certaines pathologies n’est pas une raison suffisante
pour ne pas leur offrir tous les soutiens malades, à
travers une catéchèse adéquate sur la participation
active à la passion, à la mort et à la
sacramentaux dont dispose l’Eglise. Il est important que
ceux qui souffrent d’un handicap puissent être reconnus
comme membres de l’Eglise à part entière
et qu’ils y trouvent leur juste place. Il est par ailleurs
souhaitable que soit aménagée dans les églises
une infrastructure leur facilitant la participation aux célébrations.
Proposition
45
L’Eucharistie et les migrants
En
remerciant tous ceux qui oeuvrent dans ce secteur, le synode
invite tous les évêques à étendre
leur sollicitude pastorale aux migrants. Ces fidèles
doivent être accueillis comme des membres du Corps du
Christ, quelle que soit leur race, leur statut ou leur condition,
notamment lors des célébrations eucharistiques.
La charité du Christ nous presse pour que les autres
Eglises locales et les instituts de vie consacrée aident
généreusement les diocèses qui accueillent
un grand nombre de migrants.
Qu’il soit par ailleurs accordé aux migrants de
rite oriental, dans la mesure du possible, d’être
assistés de leurs prêtres. Que le « Dies
orientalis » soit mis en place dans les séminaires
afin que les liturgies orientales soient mieux connues.
Proposition
46
La cohérence eucharistique des hommes politiques et législateurs
catholiques
Les
hommes politiques et les législateurs catholiques doivent
se sentir particulièrement interpellés, dans leur
conscience, bien formée, sur la grave responsabilité
sociale de présenter et de soutenir des lois iniques.
Il n’existe pas de cohérence eucharistique lorsque
l’on promeut des lois qui vont contre le bien intégral
de l’homme, contre la justice et le droit naturel. On
ne peut pas séparer la sphère privée et
la sphère publique, en s’opposant à la loi
de Dieu et à l’enseignement de l’Eglise,
et cela doit être considéré également
par rapport à la réalité eucharistique
(cf. 1 Co 11, 27-29). Qu’en appliquant cette directive
les évêques témoignent des vertus de force
et de prudence, en tenant compte des situations locales concrètes.
Proposition
47
L’Eucharistie et l’écologie
Que
les chrétiens, renforcés par le sacrement de l’Eucharistie,
s’engagent avec plus de décision à témoigner
de la présence de Dieu dans le monde. Que l’Eglise
encourage un changement de mentalité et de cœur,
qui favorise une relation harmonieuse et responsable de l’être
humain avec la création.
La contemplation et la reconnaissance pour le don de l’amour
de Dieu que constitue la création, peuvent représenter
un moyen d’évangélisation pour les personnes
d’aujourd’hui, dont les préoccupations écologiques
peuvent prendre une nouvelle signification religieuse à
travers la reconnaissance de l’appel de Dieu à
l’humanité à exercer un service responsable
envers Son œuvre de Créateur, conformément
à l’espérance chrétienne.
Cette
réflexion peut par ailleurs aider les chrétiens
à faire le lien entre la doctrine sur la création
et la doctrine sur la « création nouvelle »
inaugurée dans la résurrection du Christ, nouvel
Adam, qui a donné à l’Eglise la tâche
de préparer la transformation de la création en
« cieux nouveaux et terre nouvelle ». ( Eucharistie
et écologie : Un problème « éthique
et moral» )
Proposition
48
Dimension sociale de l’Eucharistie
Le
sacrifice du Christ est un mystère de libération
qui nous interpelle. C’est à travers l’engagement
à transformer les structures injustes pour rétablir
la dignité de l’homme, créé à
l’image et à la ressemblance de Dieu, que l’Eucharistie
devient dans la vie ce qu’elle signifie dans la célébration.
Ce mouvement dynamique s’ouvre aux dimensions du monde
: il met en question le processus de mondialisation qui souvent
creuse l’écart entre pays riches et pays pauvres
; dénonce les puissances politiques et économiques
qui dilapident les richesses de la terre ; rappelle les profondes
exigences de la justice distributive face aux inégalités
qui crient vers le ciel ; encourage les chrétiens à
s’engager et à intervenir dans la vie politique
et dans l’action sociale.
Les domaines qui suscitent des préoccupations particulières
sont la pandémie du SIDA, la drogue et l’alcoolisme.
Les détenus dans les prisons méritent une attention
pastorale particulière afin de pouvoir participer à
l’Eucharistie et recevoir la communion. Ceux qui participent
à l’Eucharistie doivent s’engager à
construire la paix dans le monde marqué par beaucoup
de violences et de guerres, et aujourd’hui en particulier,
par le terrorisme, la corruption économique et l’exploitation
sexuelle. Le rétablissement de la justice, la réconciliation
et le pardon sont des conditions pour construire une paix authentique.
Pour se former à la charité et à la justice,
les fidèles auront recours au Magistère social,
récemment reproposé dans le Compendium de la doctrine
sociale de l’Eglise.
Proposition
49
L’Eucharistie et la réconciliation de peuples en
conflit
L’Eucharistie
est un sacrement de communion entre frères qui acceptent
de se réconcilier dans le Christ, qui a fait des juifs
et des grecs un seul peuple, détruisant le mur de haine
|