Chapitre
11 |
Le
Don de Science |
| Nous
vivons à l’Époque du savoir. Il est à
la disposition de tous ; son domaine, au moins dans la sphère
des connaissances terrestres, s’accroît avec une telle
rapidité que nous en sommes émerveillés.
Mais
le trésors que la science découvre ont été
déposé dans la nature par la Sagesse de Dieu,
pour que l’homme soit comblé des biens qui conviennent
à sa vie, qu’il en reconnaisse l’auteur et
Lui rendre grâce. Hélas ! l’apostrophe que
saint Paul adressait aux philosophes de son temps (1), est toujours
d’actualité : du spectacle de la nature, et de
la jouissance de biens créées, bien souvent l’homme
ne remonte pas jusqu’à Dieu.
S.S.piew XII disait en février 1941 : « Les hommes
d’aujourd’hui, éblouis et fasciné
en grande partie par l’éclatante splendeur du progrès
matériel en tous les domaines, sont devenus aveugles
et fermés à la Lumière. »
Constatation
pénible, mais qui nous porte à chercher au mieux
les moyens de nos en préserver.
Nous
connaissons les preuves de raison pour l’existence et
l’action divines : La Providence…, etc. Nous sommes
invités à voir en tout la trace de Dieu, son action,
sa grandeur, son immensité, sa toute-puissance, sa beauté…,
etc.
Le
Baptême nous a donné la Foi, qui est venue fortifier
notre raison ; mais cette Foi n’est pas assez utilisée
par une raison inférieur à sa tâche. En
plus, le désordre moral engendre chez beaucoup la faiblesse
d’esprit ; le cœur soumis aux passions désordonnées
n’obéit point à la tête ; l’attraction
du sensible annihile, ou presque, l’attrait de Dieu. Chacun
pour son compte connaît des tentations, comme celles éprouvées
par Jésus au désert. Pour résister comme
Lui, ne devons-nous pas avoir l’aide particulière
de l’Esprit -Saint ?
Références
: 1-
Saint Paul aux Romains, 1, 18 à 32 |
| 1-
L' Espérance et le Don de Science
|
La
tendance désordonnée de notre nature vers des
biens immédiats qui nous masquent le Bien suprême,
et nous détournent de lui, doit donc être combattue
pour laisser place à l’action bienfaisant de Dieu.
Si le Don de Crainte nous a surtout mis en garde contre notre
faiblesse, le Don de Science doit nous éclairer sur
l’illusion de la fausse science qui arrête notre
essor vers Dieu. La tendance aux biens immédiats doit
être surveillé, réglée, pour que
l’Espérance surnaturelle prenne toute sa force.
Car notre corps entraîne notre âme dans cette
attraction du sensible, si bien adaptée à notre
nature déchue. C’est moins, au début,
attrait raisonné qu’instinct de jouissance. Il
arrive trop souvent que cette attirance du créé,
accentué et déformée par le péché
originel et nos multiples péchés actuels engendre
une soif de possession difficilement contrôlable, et
avec laquelle compose lamentablement notre raison.
En
face de cette tendance que peut faire l’Espérance
? Vertu surnaturelle, infuse avec le baptême , elle
nous fait attendre, avec confiance, de la bonté et
de la fidélité de Dieu, le bonheur éternel
et les moyens nécessaires pour l’obtenir. Elle
voudrait donc diriger nos désirs vers l’invisible,
vers l’insensible, vers le surnaturelle l’infinie,
en payant son action sur une rectification de l’attrait
du crée, et du passager.
Le Don de Science va renforcer cette vertu. D’une par,
il démasque les erreurs de la tendance pécheresse
en faisant la clarté sur le néant de la créature,
sur l’instinct qu’exploite en nous la déduction
du plaisir immédiat, sur l’apparence trompeuse
de cet attrait qui ne satisfait un moment que pour nous laisser
plus altérés et plus avides. D’autre part,
la clarté du Divin de Science fera apprécier
le bien de la Grâce qu’offre Dieu dès cette
terre ; il en montrera la nécessité en fonction
du but éternel de notre vie ; il en découvrir
aussi l’appréciable facilité.
Voici comment le catéchisme de Marie nous présente
ce Don : Le Don de Science est une connaissance des choses
naturelles et des créatures, selon le rapport qu’elles
ont à Dieu, et la manière donc nous devons en
user pour sa gloire et notre sanctification. C’est en
ce sens qu’il fait entendre saint Paul quand il dit
que toutes choses tournent au bien de ceux qui aiment Dieu
(2).
Référence
: 2- Catéchisme, p. 75
|
| 2-
À l'école de notre guide nous apprenons que la
créature n'est rien |
| Faisons
confiance à Marie de l’Incarnation, car ses épreuves
et sa formation victorieuse par l‘Esprit-Saint l’ont
rendue plus attentive que d’autres à l’immense
incapacité que le péché originel a laissée
dans notre âme et notre corps. Son complet détachement
du créée donne plus de poids à ses conseils.
Et si elle mesure pour nous la profondeur de la misère
humaine, nous nous rappellerons que c’est de la hauteur
où l’ont portée ses maladies, ses humiliations,
et les croix de tout gendre. Son action a été victorieuse,
sa vie a été merveilleuse, parce qu’elle a
vu claire, et qu’elle a suivi la Lumière.
Marie
est jeune fille, l’ Esprit-Saint agit sur elle pour la
détacher du monde. Elle le constate ainsi : « l’Esprit
de retraite que me donna Notre-Seigneur me faisait quitter la
hantise (c’est-à-dire la fréquentation )
des personnes de mon âge qui traitaient de choses vaines
(3).»
Quelques
années se passent, elle est veuve ; l’enseignement
divin continue : « je souffrais puissamment dans le monde
que je voyait contraire à l’Esprit de mon Jésus,
et mon esprit ne pouvait comprendre qu les maximes du Fils de
Dieu fussent si peu suivies même de ceux qu’on appelait
bons chrétiens. Cela me faisait porter un martyre (4).»
Un jour , se trouvant dans une compagnie où l’on
disait quelque chose d’un peu trop libre, elle se retira.
Il lui semblait que son âme voulut se séparer de
son corps, « ne pouvant plus demeurer sur la terre parmi
tant d’immondices, qui lui étaient si horribles.
» (5).
Le
moment vient où elle va enter en religion ; elle semble
en pleine lumière de l’Esprit : « Mon âme
se voyait si élevée au dessus des créatures
que tout ce qu’il y a de riche et d’éclatant
dans le monde lui paraissait comme un petit point et une poussière
méprisable (6).»
Cette
évolution vers la grande liberté, Marie l’a
vécue en touchant du doigt les misérables petitesses
et l’opposition incessante de la nature humaine. «
Une grande Lumière, c’écrit-elle, me fit
voir le néant et l’impuissance des créatures
pour s’élever d’elles-mêmes à
Dieu, je vis ce néant de la créature si horrible
et si certain que je ne pouvais comprendre son fond (7)! »
« Tout ne me paraissait que boue et néant (8).
» « Je me regardais toujours comme un objet vil,
méprisable et indigne des miséricordes divines;
expérimentant sans cesse mon impuissance et la dépendance
où je devait être de cette bonté infinie
sans le secours de laquelle je me voyais en pouvoir subsister
un seul moment (9). » Même lorsqu’elle sera
unie à son Époux par le Mariage spirituel, «
elle gémira de se voir sujette à l’imperfection
et d’être obligée de porter une nature si
corruptible, encore que soit ce qui la fonde dans l’humilité
» (10).
Références
:
3-
Témoignage, p. 5
4- Témoignage, p. 11
5-Témoignage, p. 116
6-Témoignage, p. 111
7- Témoignage, p. 41
8- Témoignage, p. 44
9- Témoignage, p.75
10- Témoignage, p.318 |
3-
À l'école de notre guide nous sommes portés
vers Dieu |
| Le
Don de Sciences s’unit au Don de Crainte pour former une
mentalité forte de détachement, de liberté
intérieur, d préparation à l’enseignement
divin. La
réserve de nos forces pour la science spirituelle de
plus en plus profonde en nous rendra pas inférieures
à la tâche demandée ici-bas par Dieu, car
,nous affirme Marie, « si nous nous trouvons engagés
dans les affaires temporelles, Celui qui dirige intérieurement
nous met dans la pensée ce qui c’est à dire
ou à faire » (11), « Plus on s’approche
de Dieu, plus on voit clair dans les affaires temporelles, et
; à la faveur de ce flambeau, on les fait plus parfaitement
(12).»
Il est bien révélateur ce passage des relatons
de Marie : Je reconnaissais Dieu dans toutes les créatures
et dans toutes les fins pour lesquelles Il les avait créées,
mais spirituellement et par un rayon, épuré de
la matière…J’avais une connaissance infuse
de la nature de chaque chose; et mon âme se fondait en
louange et ne actions de grâce (13) ! » Rien d’étonnant
que Marie comprenne si bien le psaume Les cieux chantent la
gloire de Dieu (14), et qu’elle nous en dise son admiration.
Références
11- Témoignage, p.320
12- Témoignage, p.298
13- Témoignage, p. 32
14- Ps. XLVIII,2 |
4- La Béatitude des Larmes et le Don de Science
|
«
Bienheureux ceux qui pleurent car ils seront consolés
(15). »
Peut-être est-il bon d’avertir le lecteur qu’il
n’est pas question ici du Don des larmes exceptionnel
et extra-ordinaire. Nous restons dans les cadres de la vie
spirituelle ordinaire, offerte à toutes les âmes
généreuses. La Béatitude que nos citons
est l’acte du Don de Science. Le fidèle éclairé
de ce Don gémit et pleure par la force des rasions
que nous avons déjà montrées en action
: misère de la créature, impuissance de l’âme,
résistance des hommes à l’action de Dieu…,
etc.
La vaillante Marie qui a montré une si grande force
d’âme au moment de sa séparation d’avec
son fils, nous donne plusieurs fois le spectrale de cette
surnaturelle tristesse. Elle se plaint à Notre-Seigneur
de ce que « les personnes du monde s’entretiennent
de choses frivoles et de tous oublient leur Dieu » (16
). « Elle est dans un entier dégoût des
créatures (17). » « Le fait de se voir
sujette à l’imperfection la fait gémir
(18). » « Sortant d’une compagnie mauvaise,
elle fait des cris, de grands soupirs et des plaintes redoublées
à Notre-Seigneur (19). »
Références
:
15-
Matthieu, v.4,
16- Témoignage, p.57
17- Témoignage, p. 266
18- Témoignage, p. 318
|
5-
Un «Fruit » de l'Esprit : la Paix |
| Nous
aurions pu cueillir ce fruit dès le Don de Crainte, en
nous basant sur cette belle pensée de Marie : « cette
Crainte est une fermentation de Paix, Paix qui vient de l’acquiescement
aux peines, souffrances et croix, qu’on reçoit comme
des châtiments, d’un bon Père qui corrige amoureusement
son enfant, lequel, ensuite de son châtiment, va se jeter
dan son sein (20). » Cueillons
ici cette Paix, à la clarté du Don de Science,
Nous voyons de notre Marie, dans sa vie entière, écarter
victorieusement appréhensions et inquiétudes,
pour se tenir clame et souriant dans les différents états,
où il plait à Esprit de la conduire.
Clame et souriante, c’est la caractéristique du
portrait de notre Vénérable : une âme de
Paix.
Elle se plaint dan une lettre à son fils : « Les
embarras des affaires, les distractions des créatures,
les croix, et les peines, les maladies ne saurait oublier ce
fond qui est la demeure de Dieu (21).»
Références
:-19-Témoignage,
p. 116-20-Témoignage, p. 273-21- Lettres , II, p.319
Voir aussi -Témoignage, p. 47-48 |
Chapitre
12 |
Le
Don d’Intelligence |
Si
beau et si puissant qu’apparaisse le Don de Science, l‘âme
est heureuse d’enter dans un domaine nouveau et renforcer
la connaissance de Dieu acquise des créatures, par celle,
bien plus claire et plus tendue, reçue de Dieu Lui-même.
C’est le domaine de la de la révélation
dans lequel l’âme, assoiffée de Dieu, pourra
assouvir son besoin de vérité infinie, toujours
plus belle, plus profonde, aux horizon qui se reculent sans
cesse.
Dieu nous a parlé Lui-Même. Ainsi début
l’Épître aux Hébreux : « Bien
des fois et de bien des manières Dieu avait parlé
à nos pères par les prophètes. En ces
temps qui sont les derniers, Il nous a parlé par son
Fils, qu’IL a établie héritier de toutes
choses et par qui Il a crée les mondes (1). »
«Et
Dieu nous parle toujours par son Église. La tradition,
transmise de génération en génération,
les Écrits des docteurs, les Enseignement de la Hiérarchie
apportent des éléments de vérité
sur le Dieu réel, vivant et personnel. Un en trois
Personnes, sur la Vie en nous, ici-bas et au ciel…,
etc. »
Les
premières page de ce modeste essai ont présenté
quelques aperçus de cet enseignement divine. La trinité,
l’ Homme-Dieu, l’Esprit Sanctificateur on tété
envisagé au point de vue restreint qui est elle nôtre,
suffisant d’ailleurs pour faire comprendre la richesse
nouvelle proposée ici à nos âmes.
Références
:-1-Saint
Paul aux Hébreux., I, 1-3
|
1-
La Foi et le Don D'Intelligence |
La
Vertu que viendra renfoncer le Don d’Intelligence st
la Foi, C’est ici son domaine propre. Le Don de science
concernait des notions initialement fournies par la raison.
Tour ce que nous demanderont désormais à l’orgueilleuse
et exigeante raison sera de reconnaître que rien n’y
heurte sa soif de logique, bien que l’évidence
lui échappe. Le domaine de la Foi transcende celui
de la raison.
Comment celle-ci pourrait-elle supposer que le Dieu qui nous
a crées, et que tous doivent reconnaître, est
en trois Personnes ? que la seconde Personne de cette Trinité,
le Verbe s’est fait Homme et est mort pour nous ? que
la troisième Personne, l’Esprit Sanctificateur,
est sans cesse à l’œuvre pour utiliser à
notre profit les mérites infinies de l’unique
et tout puissant sacrifice ?
La Foi est la Vertu surnaturelle qui nous dispose, avec l’aide
de Dieu , à admettre fermement, comme vraie tout ce
que Dieu a révélé, voici, en général,
les obligations de l’homme : « De nécessité
de moyen, quiconque est maître de sa raison est tenue
de croire qu’il y a un Dieu, et que ce Dieu récompensera
le bien et punira le mal. Ajoutons qu’il doit aussi
croire que Dieu est Un en trois Personnes et qu’il s’est
incarné pour nous… »
Les âmes fervents désirent donner à la
Foi le plus possible d’ampleur, de profondeur, et de
vitalité. C’est sur ce chemin que le Don d’Intelligence
vient les aider, et, les trouvant de plus en plus souples,
les entraîner.
«
Le Don d’Entendement, de pénétration ou
d’Intelligences est, d’après le catéchisme
de Marie, une lumière surnaturelle qui nous découvre
et nous fait pénétrer les vérités
du ciel, les saints mystères, et quelque fois les écritures
Saintes avec une merveilleuse facilité. De là
vient qu’il y a des personnes simples qui ont des connaissances
surnaturelles que Dieu ne donne pas aux plus savants docteurs
qui ne recherche la vérité que par le travail
de l’étude et par l’effort d’un esprit
naturel (2). »
L’expérience
de Marie vient renforcer l’enseignement de son lire.
Elle nous dit alors : « Pour tout ce qui regarde les
Saints Mystères de la Foi, l’âme les possède
par une Science infuse de l’ Esprit-Saint qui la dirige,
mais avec tant de certitude et si peu d’obscurité
qu’elle peut dire : « O mon Dieu, je n’ai
plus la foi ; il me semble qu vous avez tiré le rideau
(3). »
Pour donner à l’Étude de notre modèle
le plus de portée possible, nous toucherons successivement
à différents matières de cette classe
divine : La Sainte Écriture, l’enseignement de
l’Église, la liturgie, l’oraison.
Références
:-2-
Catéchisme, p.74-3- Témoignage, p. 266
|
2-
La Sainte Écriture |
Marie
a vécu de la Sainte Écriture. N’a-t-elle
pas, à une époque, reçu d’un de ses
directeurs, le conseil de ne lire autre chose ? Elle aime les
Psaume, elle aime l’Évangile et tout ce qui a rapport
au Sacré Verbe incarné et l’excellent Sermon
sur la Montagne, et celui de la Cène , qui sont, nous
dit-elle, « la force et le bastion des âmes à
qui Dieu fait présent de son Esprit » (4). Son
langage, par moments, était pétri de citations
« en sorte qu’elle avait la réputation de
ne parler que par sentences.. C’étaient des passages
de l’Écritures Sainte qui, sans raison, étaient
ajustés à ses réponses » (5).
On a rappelé au chapitre, du Don de Science l’enseignement
que lui donna l’Esprit au sujet de psaume. Les cieux
chantent la gloire de Dieu, un autre jour elle s’arrête
dans sa prière devant le verset Si Dieu n’édifie
pas la maison, et « soudain, dit-elle, me fut mis dans
l’esprit une grande lumière qui m’en donna
l’Intelligence » (6), elle précise dans
son treizième état d’oraison : «
Les lumières que j’avais de l’Écriture
Sainte engendraient en moi une Foi si vive qu’il me
semblait que j’eusse passé par les flammes pour
ces vérités, car c’étaient des
clartés qui portaient leur certitude et leur efficacité..
toutes ces vues m’étaient donnés sans
aucune étude de ma part, mais à la façon
que les éclairs précèdent le tonnerres
(7). »
Références
:
4-
Témoignage, p. 292
5- Témoignage, p. 188
6- Témoignage, p. 41
7- Témoignage, p. 254- voir aussi p. 188-189
|
3-
La Prédication de la parole de Dieu |
| À
l’école de l’Esprit de Dieu, il ne peut être
fait de distinction entre l’enseignement de la Sainte Écriture
et celui de la Hiérarchie. L’Esprit, qui a inspiré
l’Écriture, inspire aussi l’Église.
Marie
de l’Incarnation ressemble comme une sœur à
Marie de Béthanie assise aux pieds du Sauveur et buvant
se paroles sur l’« Unique nécessaire »,
Écoutons-la : « Lorsque j’entendais la parole
de Dieu, il me semblait que mon cœur était un vase
dans lequel cette divine parole découlait comme une liqueur.
C’est l’Esprit de Dieu, présent en cette
divine parole, qui produisait cet effet dans mon âme…
Dieu me donnait de grandes lumières dans cette assiduité
d’entendre cette sainte parole, et mon cœur en était
embrasé jour et nuit (8). »
Cette confidence se rapporte au début de la vie de piété
de Marie. Que dire de la période où cet enseignement
de l’Esprit fut adapté à sa seule âme
par ses directeurs !
Références : 8- Témoignage,
p.8-9
|
| 4-
La Liturgie |
| L’organisation
de la prière publique, le culte divin réglé,
adapté aux diverse circonstances de la vie par l’Église,
voilà encore un moyen qu’elle emploie l’Esprit
de Dieu pour toucher et instruire les âmes.
Dès sa jeunesse, Marie de l’Incarnation fut mis
à cette école, « Les cérémonies
attiraient puissamment son esprit, capable de concevoir les
signification, elle y voyait la sainteté et la majesté
de l’Église. Et cela augmentait sa Foi et la liait
à Notre-Seigneur d’une façon toute extraordinaire.
Plus elle avançait en connaissances et plus elle avait
de touches et d’amour pour ces saintes cérémonies
(9).»
Entrée ensuite en religion, « elle est conquise
par le offices ; et aux fêtes de l’Église,
son âme se plaisait dans les mystères de la Rédemption,
qu’elle retrouvait riches en Foi par les lumières
que l’Esprit de leur communiquait sur chacune de leur
circonstances » (10).
La
formation de Marie dans l’adhérence et l’adhésion
du Christ l’a singulièrement portée à
profiter de cette école de la Liturgie. Elle jouit vraiment
des mystères que chaque fête lui rappelle. A lire
ses Relations, « elle nous fait revivre le Mystère
de Jésus au Temple quand son propre enfant a fait une
fugue ; et elle nous invite à partager le triomphe de
la Vierge au jour de l’Assomption, alors qu’elle
a une forte inspiration de recourir à cette divine Mère
pour la gloire de son Divin Fils » (11).
Références
:-9- Témoignage, p.10-10- Témoignage, p.269-11-
Témoignage, p.248 |
5-
L’Oraison |
| N’est-ce
pas normal de nous arrêter un instant à la prière
mentale ? Le Don de Sagesse nous la montrera dan tout son amoureux
développement, mais le Don d’Intelligence y a sa
place. Savoir
Dieu et les choses de Dieu, augmenter la pénétration
de l’intelligence déjà disposée par
la Foi, vivre intensément de cette connaissance, nous
ne pouvons négliger de le signaler.
Notre
Vénérable a nourri son esprit de l’oraison
avant même, comme bien d’autres amis de Dieu, d’en
avoir connu le nom. Ses contacts avec le Bien-Aimé l’ont
enrichie au-delà de toute expression.
E
si, pendant deux ans, livrée à son inexpérience,
elle ne savait y faire, une fois dirigée elle se reprit
bien vite.
Plus tard, une des formes de son apostolat auprès de
se compagnes fut de initier, de les éclairer, et de les
soutenir dans les relations directs avec l’Instructeur
Divin. |
6-
La Béatitude de la Pureté |
| Bienheureux
les cœurs purs, car ils verront Dieu (12), L’Acte du
Don d’Intelligence est la Pureté du cœur : Pureté
envisagée non seulement au point de vue Chasteté,
mais en opposition à toutes les habitudes mauvaises. Nous
rejoignons l’ascension d’âme que l’étude
du Don de Crante a ébauchée : l’âme
se libère, l’âme se vide de tout le créée.
La pureté parfaite, c’est la pauvreté spirituelle
; rien ne s’oppose plus à ce que la Vie de Dieu pénètre
l’âme.
Les cœurs purs verront Dieu. Il ne peut être vus
dans être possédé! Il ne peut être
possédé sans posséder Lui-même !
De cette splendeur, le ciel est l’expression complète,
mais la terre peut et doit en connaître une certaine réalisation.
Dieu est Vérité. Il attire notre Intelligence
et en assouvit la soif par des connaissances déjà
entrevue au Don de Piété. Nous restons dans la
pénombre de la Foi, mais sur un plan qui donne d’un
façon indicible tout savoir humaine.
Bienheureux les cœur purs ! C’est la seul condition
posée. Point n’est besoin de livres et de longues
études : de la Pureté, la plus grande pureté
possible !
Mairie a cultivé la pureté jusqu’à
Héroïsme. Le tribunal de la sainte Église
l’a proclamé quand, en 1911, il lui a décerné
le titre de Vénérable. L’abnégation
a été sa règle habituel dans la voie des
conseils évangéliques ; aussi son instruction
par l’ Esprit-Saint a-t-elle été très
poussée. Quel beau spectacle nous présentent les
pages des Relations où nous voyons l’Époux
divin instruisant son épouse. Elle le reconnaît
elle-même dans sa méditation : « Vous êtes
mon Maître, car c’est Vous qui instruisez mon esprit
et le remplissez de vos lumières (13). »
Références
:-12- Matthieu, v. 8-13- Retraite de 1836, 6e jour. |
| 7-Un
Fruit de l’Esprit : La Joie |
| Quelle
Joie ? La Joie profonde ressentie par l’âme qui vit
sa Foi. C’est l’enseignement se saint Thomas : «
Au Don d’Intelligence répond comme fruit propre,
la Foi, c’est-à-dire la certitude de Foi ; mais,
comme fruit extrême, à l’Intelligence répond
la Joie, qui se rattache à la volonté (14 ).»
C’est
ce qui ressort des expressions enthousiastes de notre Vénérable,
et très tôt dans sa vie mystique, puisque voici
deux citations des premières pages du Témoignage
: « Je n’ai pas la foi, ô mon grand Dieu,
puisque Vous me montrez vos biens et la vérité
que Vous êtes…. En une manière que me fait
tout voir… (15).»
«
Mon Dieu, je pense que je n’ai plus la foi, je connais
au-delà de tout ce qu’elle m’enseigne (16)
!».
Références : 14-
Saint Thomas , Iia, Iiae, q 8, art, 8. -15 - Témoignage,
p, 19-16-
Témoignage, p, 49
|
Chapitre
13 |
Le
Don de Sagesse |
| Le
Don d’Intelligence, avec sa Béatitude de la Pureté,
nous a montré l’âme soumise aux rayons pénétrantes
de la vérité divine. La pénétration
en est d’autant plus profonde et plus prolongée que
la Pureté est plus compète, la pauvreté spirituelle
plus absolue, l’âme détachée de tout,
morte à elle-même.
Avec le Don de Sagesse, l’âme nous apparaît,
non seulement absorbant cette vérité divine, mais
en vivant dans la perfection d’une Foi qui permet à
l’amour de prendre toute sa Force. Pour s’entendre
normalement d’un état supérieur, une page
de Marie de l’Incarnation n’en semble pas moins
jeter son éclat sur la transition du Don d’Intelligence
au Don de Sagesse, dans une vie surnaturelle plus comme que
la sienne.
«
Je distingue ce qui est purement Lumière, ou Lumière
et Amour tout ensemble, de ce qui est purement Amour : à
savoir, de cet Amour qui, par un trait de Dieu, tout à
coup ravit l’âme, les lumières qui sont pour
informer l’âme et l’établir dans les
vérités divines sont tellement accomplies dans
le sujet et la matière proposée, que l’âme,
étant contente, ne peut vouloir davantage, ni la curiosité
trouver place en elle. Ce que j’appelle « purement
Amour », c’est lorsque Dieu, tout d’un coup
Se laisse posséder à l’âme dans une
communication très intime : elle ne souhaite que jouir
; et ce lui est assez de savoir, par une science expérimentale
d’Amour, qu’IL est en elle et avec elle, et qu’IL
est Dieu (1) .»
Croire
pour aimer ! Nous passons à cette ineffable Charité,
vertu parfaite, couronnement de toutes les autres, et à
qui tous les Dons servent de piédestal.
Référence
: 1- Témoignage p. 67 |
1-
Notions sur l’Amour de Dieu |
| L’Amour,
considéré en général, est le mouvement
intérieur qui nous porte vers l’objet de notre affection.
Cet objet sera, selon les cas, ou charnel, ou sensuel, ou sensible,
ou spirituel. C’est cet amour dans ses trois premières
formes qu nous avons dénoncé en constatant le besoin
des Dons de Crainte et de Science. L’attrait existait, puissant,
tyrannique, vers bien crée, qu’une connaissance incomplète
avait laissé au premier la plan de l’âme. La
connaissance était erronée, désordonnée,
mais le contact établie par elle s’était révélé
producteur d’une jouissance, éveilleur d’un
amour, où momentanément toute la force de l’être
se concentrait, le corps entraînant l’âme.
Réveillée
par la Foi, ordonnée par l’Espérance vers
le bien suprême, l’âme se trouve en f ace
de Dieu. A la Charité d’agir.
La Charité est la vertu surnaturelle, par laquelle nous
aimons Dieu comme notre Bien suprême. La théologie
morale nos dira qu’il faut faire des actes de Charité,
que c’est souvent de nécessité de précepte,
que ce peut être de nécessité de moyen pur
la Justification. Comme pour les autres Vertus, écartons
les fautes possibles, établissons-nous sur le plan d’une
Vie fervente. Marquons comment nous pouvons et devons aimer
Dieu.
La
leçon de l’Évangile, leçon primordiale,
c’est que Dieu seul compte, et que l’homme tout
entier doit tendre vers Lui : « vous aimera le Seigneur,
votre Dieu, de tout votre cœur, de toute votre âme,
de toutes vos forces… (2). » Pour remplir ce devoir,
l’âme doit se dégager de tout ce qui le contrecarre
: il lui faut tout transformer en Amour.
Comment
réaliser ce programme surhumain ? La Vertu où
nous avons montré la raison assistée de la grâce
sera-t-elle capable de gravir cette montagne d’Amour ?
Les difficultés de l’entreprise son extrêmes
: la nécessité des Dons s’impose. Et c’est
dans le sens même de cette Charité que va s’exercer
le Don de Sagesse, qui réalisera le contact réclamé
par l’Amour.
Ouvrons
une dernière fois le catéchisme de Marie. «
Le don de Sagesse est une connaissance lumineuse et savoureuse
tout ensemble des choses de Dieu, qui nous en donne le goût
et nous y fait trouver du plaisir. Ce Don est le caractère
des prédestinés, parce qu’il dispose tellement
le cœur, qu’il prend plus de goût et de plaisir
dans les vérités divines et dans le plus petite
degré de Grâces et de Vertu, que dans toutes les
créatures.(3).»
Références
:-2-
Matthieu, XXII, 37-3- Catéchisme, p. 74 |
| 2-
Le Don de Sagesse et l’Oraison |
| Goûter
Dieu, ce sera l’occupation ineffable du ciel, où
l’âme, dans la Lumière de Gloire, participera
à la Vie trinitaire. Ce doit être aussi, à
la Lumière tamisée de la Foi, la jouissance de plus
de plus profonde des âmes saintes durant le séjour
terrestre.
L’école d’Amour où notre âme
se nourrit des vérités divines et prend l’habitude
de se donner à Dieu, de n’être en contact
qu’avec Lui, c’est l’oraison. Le peu que nous
en avons dit dans les pages consacrées du Don d’Intelligence
nous a montré l’âme éclairée
par la Foi, mais cette Science de Dieu ne peut rester théorique,
elle doit être une Science d‘Amour, une Science
de Vie.
Si, dans les débuts, à cause de l’emprise
de la vie sensible, le travail du raisonnement est pour beaucoup
obligatoire, afin de fixer l’attention sur une vérité
surnaturelle et d’établie un contact passage avec
Dieu, peu à peu, l’Esprit facilitant le travail,
l’âme reproduit plus souvent ce contact et le prolonge.
La méditation devient affection ; l’affection elle-même
se simplifie de plus en plus.
Méditation
et affection sont des étapes pour lesquelles sera bien
utile le don de Sagesse ; combien plus dans la haute contemplation
à laquelle le Bon Dieu invite ses amis ! Et c’est
dans cette contemplation que se passe la plus grande partie
de la vie de notre Vénérable, on la sent passive,
« agie » par l’Esprit. Elle affirme que son
cœur parle sans cesse à Dieu, « poussé
qu’elle est par une puissance qui lui est supérieur
» (4).
Et Marie est de conduite par son Guide mystérieux vers
l’Union Transformante, l’Union d’Amour parfait.
Elle appuie sa montée sur ses heures d’oraison
où l’intimité s’exprime à l’aise;
elle va vit au milieu d’œuvres qui amplifient encore
cette union : le même état d’oraison remplit
le temps de solitude intime, anime les œuvres, et se nourrit
des deux.
Son expérience est si complète et si enrichissante
qu’elle peut l’exprimer ainsi à son fils
: « En cet état d’union et de commerce avec
Dieu dans la suprême partie de l’âme, on ne
perd point sa sainte présence, ni le divin commerce avec
Lui ; mais il faut faire cette distinction qu’il y a deux
manières de s’entretenir et de jouir. L’une
est que, quand on est dans un plein repos, l’union actuelle
reste le plus libre- non, qu’elle ne le soit toujours,
puisque c’est le Saint-Esprit, principe de la vraie liberté,
qui en est l’Auteur au lieu que dans les affaires extérieures,
une partie de l’âme est occupée au dehors.
La différence de ces deux sortes d’union et d’entretien
avec Dieu et que, quand on est actuellement occupé au
dehors, l’union est d’une simple regard vers son
divin objet, et on ne Lui parle que par petits moments…,
mais quand l’âme est en plein repos, alors elle
traite avec Dieu, comme un ami fait avec son ami (5). »
Bien
des passages des Relations et des Lettes décrivent cette
jouissance de goûter Dieu, citons-en encore un : «
Tout cela se fait passivement, tantôt par une tendances
vers l’objet aimé, puis par des gémissements
qui mettre l’âme en langueur ; tantôt par
une suspension qui la fait agoniser, puis par des transports
qui lui font oublier le respect de la Majesté ; ensuite
par un martyre d’Amour très pénible, et
pourtant très aimable ; après cela, par une privauté
toute suave et toute douce, et enfin, par un attrait qui l’oblige
à un retour conforme aux attaque de l’Époux.
Mais qui pourrait dénombre toutes les jeux sacrés
et les saints inventions du Divin Amour (6)? »
Références :-4-
Témoignage, p. 17-5- Lettes, II, p. 256-6- Témoignage,
p. 306 |
3-
La Béatitude des pacifiques |
| «
Bienheureux les artisans de la Paix, car ils seront appelés
« fils de Dieu » (7). L’acte
du Don de Sagesse, c’est la Pacification. Et il n’est
pas exagéré de donner à ce mot toute son
extension :Pacification de l’intelligence et de la volonté,
Pacification du cœur et des sens, Pacification de la personne
et de la société. L’âme affermie dans
son union à Dieu rayonne, la paix, et elle rayonne puissamment.
Le Don de Sagesse complète celui d’Intelligence,
et l’esprit est en Paix, : attaché par l’amour
à un certain aspect de la Vérité divine,
il n’a pas de fiévreuse curiosité. Le Don
de Sagesse complète des Dons de Force et de Conseil et
la volonté est en Paix : elle s’est donnée
dans l’amour, elle s’est muée en acceptation.
Le Don de Sagesse complète le Don de Piété
et le cœur est en Paix, il possède son Bien –Aimé,
l’amour tend à l’union. Le Don de Sagesse
complète des Dons de Science et de Crainte de Dieu et
les sens sont en Paix, : simple instruments d’une Vie
qui désormais les dépasse et les entraîne
vers le bonheur.
Cette
tranquillité de l‘ordre qu’elle goûte
dans la passivité devant Dieu, consciemment ou inconsciemment
l’âme sainte la fait ou la laisse déborder
sur les autres. C’est la douceur, c’est la maîtrise
de soi, c’est l’exemple et le conseil adaptés,
cesse l’influence de Dieu traversant l’âme…
De la pacifique Marie, une compagne a tracé ce portait
: « Elle était douce, affable, , respectueuse,
obligeante, prompt à servir, aisée à contenter
; elle avait des peines non pareilles à donner le moindre
refus à la faire le moindre confusion (8). »
Références
:7-
Matthieu, v.9 - 8- Témoignage, p. 332 |
4-
Un « Fruit » de l’Esprit : La Charité |
| Le
meilleur des « Fruits » est la Charité, Les
autres n’en sont que des aspects ou des fragments. Nous
l’avons présentée, cette charité, comme
la Reine que servent Vertus et Dons, Chantons-la avec Marie enrichie
du Don de Sagesse. «
J’étais dans ce grand abîme de feu, dans
ce Dieu-Charité ; et je n’y voyais ni fond ni limite…
Je sentais mon âme se lier de plus en plus à ce
Dieu-Charité ; et a force et la douceur se rencontraient
dans ce redoublement d’union … Je Le caressais à
mon aise. Il donnait tant d’accès à mon
âme qu’elle Lui disait, avec une humble hardiesse,
tout ce que l’amour pouvait lui suggérer…
comme je goûtais ce bonheur, j’entendis intérieurement,
par parole distincte, ce passage de saint Paul : « Caritas
numquam excidit », La Charité ne succombe jamais
(9).
Toute
transporté d’Amour, je pressais ce grand Dieu de
me faire la faveur de Lui être inviolablement unie…
(10). »
Références;
- 9-
Saint Paul aux Cor. XIII, - 10- Renaudin, Méditations,
passim. |
Partie
3 |
Coup
d’œil d’ensemble sur les relations entre
le Saint –Esprit et Maire de l’Incarnation.
Toutes les citations de cette partie étant extraites
du volume.
|
| Le
témoignage de Marie de l’Incarnation, nous marquons
simplement le numéro de la page entre parenthèse,
à la fin de chaque citation.
Jusqu’ici,
réalisant le titre d livre, nos avons illustré
les divers aspect de la dévotion au Saint-Esprit par
les dires et les faits de notre Vénérable.Il nous
semble que ce travail manquerait de fini sans une synthèse,
si brève soit-elle, de cette vie si fortement marquée
par l’Esprit. C’est ce que nos allons essayer de
faire. |
1-L’Esprit-
Saint à pied d’ oeuvre |
| Il
st tout d’abord intéressant de noter que cette action
de l’Esprit laisse franchement dans l’ombre celle
de l’Ange Gardien, à laquelle, avec raison, nous
pourrons penser. La vie de Marie de L’Incarnation ne ressemble
pas à celle d’une sainte Françoise Romaine
sans cesse en rapport avec son Ange. Les méthodes divines
sont diverses. Marie
s’en explique dans un passage sur les hiérarchies
angéliques : « Il me fit montré qu’encore
que la Divinité ait mis de la subordination dans les
Anges pour recevoir l’illumination les uns des autres…,
néanmoins, lorsqu’il lui plaisait, elle les illuminait
elle-même selon se desseins ; ce qu’elle faisait
aussi à quelques âmes choisies en ce monde ; et,
quoique je ne sois que boue et fange, mon âme avait le
vue et comme la certitude qu’elle était de ce nombre
» ( 63).
Quand à en comprendre la réalisation, rien ne
vaut la comparaison avec les rapports
qu’entretiennent Marie et le Verbe Incarné. Pour
celui-ci, il y a pour ainsi dire présentation de l’extérieur,
comme entre deux personnes humaines, Jésus est devant
elle, qui lui dit : « Voulez-vous être à
moi ? » ( p.1). Au contraire, la mystérieuse Personne
de l’ Esprit-Saint fait sentir sa présence immédiatement
dans l’intérieur. Dès sa jeunesse, Marie
se rendait compte que « l’Esprit de Dieu»
l’occupait intérieurement par une force et efficacité
secrètes » (p 3).
Et
elle expliquait un jour en vraie théologienne qui rend
compte d’une oraison sur les paroles de Jésus :
« Je suis la Vigne… » ce passage dit-elle
, me signifiai l’importance qu’il y a d’être
uni à notre Divine Vigne, le Sur adorable Verbe Incarné,
pour n’avoir de vie que par sa sève qui est son
Divin Esprit » ( p. 272 ).
L’Esprit -Saint est devenu la sève de la vie intérieure
de Marie. De là ces expressions semés un peu partout
:« Mon esprit était sans cesse lié à
cet Esprit » ( P 253). « Je sentais l’Esprit
de Dieu s’insinuer en moi» ( 38)…, et. «
Je me sentais portée par un autre Esprit que le mien…»
(p.37 ).
IL n’y a pas de doute : le Verbe Incarné l’a
confié spécialement à l’ Esprit-Saint
pour la rendre de plus en plus digne de lui, en la purifiant
et en l’ornant. |
2-L’Esprit-
Saint et la Purification de l’âme |
| Et
c’est tout de suite que l’ouvrier divin s’attelle
à sa tâche. IL d’agit d’abord de donner
à Marie une grande délicatesse de conscience en
la faisant profiter au mieux du sacrement de Pénitence.
« Dans les touches que l’Esprit de Dieu me donnait…
qu’il n’y avait rien de petit à ses yeux au
regard de l’imperfection et des petits péchés…
cela me faisait lui demander pardon de bon cœur, et avec
douleur » (p7). « Il me pressait que je me confessasse
de toutes mes enfances » ( p. 11) C’était
le travail du Don de Crainte.
Ce
travail fut accompli surtout par ce qu’elle appelle «
sa conversion ». Mais l’ Esprit-Saint se servira
encore de toutes les circonstances qui se présenteront
pour opérer le détachement nécessaire de
son âme, des créatures et d’elle-même.
Ainsi, il lui inspire toutes sortes d’exercices ( de mortification
) : et cette inspiration est si forte que son confesseur, averti,
les permet. « Il me faillait aller, dit-elle, où
l’inspiration me portait, autrement je n’eusse pu
vivre » (p.34). Elle est « entre les mains de l’Esprit
comme le fer entre les mains de forgeron, qui le met au feu,
le bat sur l’enclume, et lui fait faire autant de retours
qu’il est nécessaire à son dessein ( 35
).
C’est
par dix années dans le monde, de 1621 à 1631,
que l’ Esprit-Saint la détachera du monde, dans
un dévouement héroïque où l’oublie
de soi et l’humilité, la charité miséricordieuse
et le zèle le plus pour se donneront la main, tandis
que la pratique des conseils évangéliques s’imposera
à elle dans le vœu de chasteté en 1621, et
ceux de pauvreté et d’obéissance en 1624.
Les
pages consacrées au Don de Force ont relaté la
souffrance de la mère dans la séparation définitive
de son fils. Singulière épreuve !
Le travail de l’Esprit
va s’accentuer encore, s’approfondir dans l’âme
de la Religieuse, par des aridités et des tentations.
« C’étaient des tentations de blasphème,
de déshonnêteté, d’orgueil…,
Une insensibilité et une stupidité aux choses
spirituelles, un contresens et mon imagination contre l’agir
de mon prochain… »
«
Je souffrais et jour et nuit, et je ne croyais pas qu’il
y eût plus de faveur de Dieu pour moi» ( p. 152-154).
Comme
les voies de Dieu son mystérieuses ! Sa servante dut
passer par des souffrances intimes de désespoir. Elle
en venait à ne plus pouvoir s’appuyer sur ses supérieurs.
L ‘Esprit-Saint lui disait : « Cherche encore à
t’avilir et t’anéantire au fond où
tu ne pourrais atteindre ; sois plongée dan l’oublie
de toutes les créatures » (p. 167)
Virement aussi et ce lui faut plus sensible que toute le reste
des pensées contre Dieu : « Je me mettais dans
la pensée que c’était une folie de croire
qu’il y eut un Dieu, et que tout ce qu’on disait
de Lui étai des chimères » ( p.171 ).
On pensera peut-être que tout cela était préparation
pour son apostolat au Canada et que dans les trente-trois ans
de mission, elle n’eut qu’à en récolter
les fruits et les transformer, sans plus de compensation douloureuse.
Ce sera ne pas comprendre l’Amour miséricordieux
du Sauveur pour une âme privilégie et de son désir
de la voir avancer sans cesse sur la voie illimitée du
Don de Soi.
La réponse, c’est ce passage du onzième
état d’oraison : « J’eus une vue de
ce qui devait m’arriver en Canada… Je vis des croix
sans fins, abandon intérieur de a part de Dieu en u point
très crucifiant » ( 208 ). «… il y
avait un bâtiment, construit, au lieu de pierre, de personne
crucifiés » ( p. 209). Voilà ses trent-trois
années de Canada , avec les oppositions des hommes et
les expériences difficiles des œuvres, et les découragement
de ceux et celles qui eussent dû l’aider …
etc.
|
3-L’Esprit-
Saint et l’ornementation de l’âme
|
| Il
est plus facile de parler des souffrances des Saints que de leur
transformation en Dieu par l’influx de plus en plus puissant
de la Vie qu’apporte l ’Esprit-Saint. Cependant, par
une permission divine, Marie s’est décrite dans ses
différents états, et elle nous avertie elle-même
que sa plume est guidé par l’Esprit. Ce que beaucoup
de Saint ont caché, l’obéissance le lui a
fait révéler.
Il viendra peut-être à l’esprit de certains
lecteurs que le deux Personnes Divines susceptibles de mission,
Jésus et l’Esprit , se sont partagé le travail,
ce dernier préparent plutôt l’âme que
Jésus va orner. Il faut cependant garder le même
point de vue : L’ Esprit-Saint est dans l’âme
; même si, de l’extérieur pourrait ont dire,
Jésus intervient.
Au moment de sa conversion, Marie a vingt-ans, « je me
vis, dit-elle, toute plongée en du sang, et mon esprit
fut convaincu que ce sang était le sang du Fils de Dieu…»
(13). « Mon cœur se sentit ravi à soi-même
et chanté en l’Amour de celui qui lui avait fait
cette insigne miséricorde » ( p. 14) l’Amour
l’attire. « Toutes les puissances de (son) âme
ne voulaient et ne souhaitaient rien que d’être
dans Jésus, par l’Esprit de Jésus »
(p. 24)
La
voici favorisé du Don d’oraison et de la grâce
de la sainte présence de Jésus. Un jour Notre-Seigneur
lui dit : « Je t’épousera dans la Foi, je
t’épousera pour jamais » ( 37). Cette promesse
modifie ses dispositions. « Au lieu qu’auparavant
je sentais l’Esprit de Dieu avec tant de douceur s’insinuer
en moi, ce n’était plus ainsi,, je me sentais tirée
puissamment » ( 38).
En
a environ vingt-cinq ans, lorsqu’elle expérimente
la nouvelle familiarité du Sauveur, « qui, dit-elle,
s’empara de mon cœur et l’enchâssa dans
le sein » ( p. 54).
Elle
en a vingt-sept lors de son Mariage mystique avec le Verbe Éternel,
« extase amoureuse en la vue et l’amour de la Seconde
personne divine » (p.90). « Le Saint-Esprit qui
la possédait… la ravissait à soi et par
sa divine motion lui donnait une activité amoureuse qui
lui faisait chanter ses amours » (93).
C’est
une réalisation du Don de la Sagesse.
Entre temps, l’intelligence de Marie s’enrichit
de connaissances indicibles sur la Vie trinitaire et le Mystère
de L’Incarnation ; sa vie affective, sublimé par
le Don de Piété, la met en relation intime avec
la T, Sainte Vierge, et Saint Joseph n’est les Hiérarchies
angéliques.
Maire a de vingt-huit à vingt-neufs ans. « Enfin,
écrit-elle, Notre-Seigneur m’ôta tous mes
grands transports et, depuis ce temps-là, mon âme
est demeurer dans son centre qui est Dieu,… elle est comme
au ciel dans lequel elle jouit de Dieu, et il lui serait impossible
d’exprimer ce qui se passe… » ( 110). État
stable d’union et de paix profonde, repose d’adhérence
( et d’adhésion ) aux douces impressions de l’Esprit
du Sacré Verbe Incarné ( P.137).
Les
années vont se suivre amenant des situations extérieurs
variable ; mais à l’intérieur l’union
devient de plus en plus intime : « Je demeurai sans pouvoir
faire aucun acte particulier, sinon pâtir cette application
amoureuse « (p. 181 )
Écoutons-la
décrire le bienfait de cet état : « il ne
se trouve plus là d’inquiétudes, plus d’efforts,
plus de désirs, mais une Paix profonde qui, par expérience,
est inaltérable : non que l’on devienne impeccable,
car ce serait une illusion de le présumer, mais l’on
jouit de la liberté des enfants de Dieu ave une douceur
et une tranquillité ineffable » ( .319).
|
4-La
réponse de Marie a l'action de l'Esprit |
| Cette
réponse, elle transparaît en filigrane dans l’évolution
marquée par les pages précédents ; la fidélité
de Marie était nécessaire, Dieu respecte la liberté
humane. Il est cependant utile au lecteur de centrer son attention
sur cette réponse.
Ceci nos reports à la mentalité décrite
au Don de Conseil ; renvoyons-là brièvement dans
ses deux formes : obéissance aveugle au directeur, abandon
à l’Esprit .
A)
Obéissance au directeur .
Deux
conseils sortis de la plume de notre Vénérable
prouveront suffisamment de sa conduite .
«
Lorsque Dieu appelle ( une âme ) à ce genre de
vie r intérieur, la correspondance est absolument requise,
avec l’abandon de tout soi-même, à la Divine
Providence, supposer encore la conduite d’un directeur,
dont elle dit suivre les ordres à l’aveugle, pourvue
que ce soit un homme de bien…J’ai voulu quelquefois
inculquer ce point à des novices…, et aussi à
des personnes séculières, ne voyant rien que les
pût disposer davantage à de grandes grâces,
et, enfin les faire avancer dans les voies de Dieu » (
p. 30).
Après
bien des expériences, à propos de la curiosité
si néfaste aux âmes qui ont tendance à devancer
l’Esprit, Maire reprend sa pensée : « Si
j’étais capable de donner conseil aux âmes
que Dieu appelle à la contemplation, ce serait de rendre
un compte fidèle au directeur de leur conscience de tout
ce qui s’y passe car la candeur épouse la curiosité
et l’unit à Dieu qui ne veut que des âmes
qui Lui ressemble pour leur faire porter ses saintes impressions
….» ( p. 138).
B)
Abandon à l’Esprit.
S’appuyant
sur une obéissance totale et aveugle à ses directeurs,
Marie s’est abandonnée à Esprit.
Toute sa vie est là, ainsi que la résume cette
petite phrase : « Il ne se passe pas un moment à
autre chose qu’à me laisser conduire par l’Esprit
( du Verbe Incarné), et à suivre sa pente ou à
pâtir son opération….( 279).
«
Suivre sa pente », c’est l’action de l’âme
fidèle dont la Vertu utilise la Grâce ; «
pâtir son opération», c’est la passivité
de la mystique. Dans l’un et l’autre cas, la fidèle
Marie a fait tant d’expériences qu’elle peut
parler, à la manière de sainte Thérèse,
en maîtresses de spiritualité : « Les âmes
qui se donnent tout de bon à Dieu par la vie intérieur,
doivent se laisser conduire par un abandon totale d’elles-mêmes
à ce souverain Esprit qui seul fait des Saints, selon
sa très adorable Volonté » ( p.299).
Rappelons-nous,
dans l’exposé du Don de Crainte, la page (trop
résumée ) de la merveilleuse ascension de notre
Vénérable.
Pour maintenir sa fidélité à son divin
Épouse, elle s’est « attachées au
conducteur divin par le vœu du plus parfait » ( 283)
Le résultat en a été « un état
de victime » continuel, qui en diverse manières
me va consommant par son Esprit-Saint » (p. 263 ).
État
d’abandon , était de victime ! « Le plus
intime de mon expérience, conclut-elle, n’a pas
été en ma puissance, … Plus on vieillit,
plus on est incapable d’en écrire, par ce que la
Vie spirituelle simplifie l’âme dans un Amour consommatif,
en sorte qu’on ne trouve plus de termes pour en parler
…» ( p.277)
|
5-La
fin d’une belle vie |
Même
dans l’appréciation des hommes qui jugent plus
en hommes qu’en chrétiens, ce fut une belle Vie,
une Vie de magnanimité et de puissance, une Vie d’héroïsme.
La fin répondit-elle à ses années d’action
?
Pour répondre à cette question, à la
lumière du point de vue qui nous a dirigés jusqu’ici
et c’est le seul réel ! citons une page de Marie
. « Le Présent le plus sublime en tout est l’Esprit
du Sacré Verbe Incarné quand Il le donne d’une
façon sublime, comme Il le donne à quelques
âmes qui je connais de cette nouvelle église
du Canada, et comme il l’a donné à nos
Saints Martyrs, les Révérend Pères de
Brébeuf, Daniel, Jogues et Lallemand qui ont fait paraître,
par leur généraux courage, combien leur cœur
était remplie de cet Esprit …»
Les
Révérends Pères ont fini par le martyre.
C’était l’apothéose ! Mais les autres
qu’elle a connu et on finie comme elle dans l’ordinaire
silence de la maladie, masquant le Don complet.
Pour
comprendre, jetons une coup d’œil sur le récit
abrégé de sa mort par son cher fils, Dom Claude
Martin. En janvier 1672, elle reçoit une première
fois le viatique, « elle était dans une joie
indicible de s’unir à Dieu dans le divin Sacrement
et dans l’Espérance de Le posséder bientôt
à découvert. » Le lendemain, c’est
l’Extrême-Onction, quelle reçut «
avec de nouvelles joies qui pressentaient celles du Paradis
».
Trois
mois plus tard en avril, « elle reçut à
nouveau des deux sacrements avec une parfaite présence
de Esprit, mais non pas avec les mêmes ardeurs de s’aller
unir à Dieu… par sa prière, elle n’avait
demandé ni vie ni mort, mais seulement l’accomplissement
de la volonté de Dieu ; elle demeura jusqu’à
la fin dans cette indifférence comme une victime qui
attend avec patience l’exécution du sacrifice.
»
Ces trois mois n’ont-ils pas été une dernière
formation de l’Esprit pour remettre entre les mains
du « Bien-Aimé » l’épouse
qu’il désire, comme il la désire ?
Rien d’étonnant que sitôt « la consommation
de ce Mariage sacré » on vit luire sur son visage
une certaine Majesté « qui ne ressentait »
(1) plus une personne de la terre. Il semblait que son âme
communiquât déjà à son corps un
rayons de sa gloire ».
Cle aussi était une apothéose ! Triomphe de
l’action du Saint-Esprit.
Référence
: 1-On dirait aujourd’hui « qui n’évoquait
plus », « qui ne rappelait plus ».
|
Épilogue |
Aujourd’hui
L’Esprit- Saint et nous |
1-
Notre dévotion au Saint- Esprit |
La
vénérable Marie de l’Incarnation réclame
de nous plus qu’une sincère admiration pour la
magnifique réussite de sa vie. Avec beaucoup de Saints,
elle s’impose comme modèle. Et sa correspondance
à l’action profonde et habituelle de L’Esprit
appelle la nôtre .
Cette correspondance ne gênera en rien l’emprise
nécessaire de nos diverses occupations, comme le prouvent
les situations successives de l’employée et de
la mère, de la moniale et de l’apôtre.,
Elle s’avère, au contraire, comme une obligation,
car rien, ni dans le hasard des circonstances, ni dans le
jeu des forces de notre personnalité, ne peut nous
assurer une réussite semblable à la sienne.
La vie nous dépasse dans son but et dans ses moyens.
Le but, c’est Dieu, est qui nous devons aller, sans
quoi notre vie n’aurait pas de sens. Le moyen de ne
peut être que proportionné au but, et c’est
encore Dieu.
À
l’imitation lointaine de la transcendante union, en
Notre-Seigneur Jésus, de l’Humanité et
de la Divinité, chacun de nos peut concevoir une intime
coopération entre son âme et le Saint-Esprit,
le « Don du Dieu Très-Haut » ( Altissimi
Donum Dei ). Qui vient habiter en elle et partager sa vie
(1)
Plus
nos réfléchissons à cette présence
d’amitié et de coopération de l’Esprit,
plus nous sommes à même de la comprendre et de
la développer. Nous ne laisserons pas inutiles les
inspirations de l’Esprit ; nous écarterons tous
les obstacles à ses Dons.
Référence
: 1- Étudiant la prière, le R.P.A.hamman, o.f.m.
écrit : « L’Esprit demeure premier, mais
traverses et pénètre tout l’être
qu’il habite. Si bien que l’Apôtre peut
attribuer indifféremment la prière à
nous qui prions dans l’Esprit ( Rom, VIII,15 ), on a
l’Esprit qui prie en nous » Gal. IV.6 ). –
A. Hamman, La prière. Le Nouv. Test, P. 268
|
2-
Avec la Sainte Vierge |
Pour
établir et fortifier notre conviction réfléchissons
aux paroles d’un des grands serviteurs de la Mère
de Dieu qui est aussi notre Mère, saint Louis Grignion
de Montfort.
A
Maire a produit avec le Saint-Esprit la plus grande chose
qui ait été et qui sera à jamais, qui
est un Homme-Dieu ; et elle produira conséquemment
les plus grandes choses qui seront dans les derniers temps…
Quand le Saint-Esprit, son Époux, l’a trouvée
dans une âme, il y vole, il y entre pleinement, il se
communique à cette âme abondamment, et autant
qu’elle donne place à son Époux.
Qui veut avoir en soi l’opération du Saint-Esprit
doit avoir son épouse fidèle et inséparable,
la divine Marie … (2). »
Si nous estimons à bon droit que le monde moderne,
par une disposition spéciale de la Providence, a de
plus en plus les yeux tournés vers l’Immaculée
et que la dévotion mariale, a vraiment conquis les
âmes, il n’est pas téméraire d’affirmer
que le moment vient où la dévotion à
l’ Esprit-Saint prendra sa place central dans la conception
de toute vie chrétienne, individuelle et sociale. Il
ne sera plus « Le Dieu inconnu » (3).
Références
:
(2) Traité de la vraie dévotion , Ier partie,
chap. 1, art, 2, et II partie, chap. II, art,5.
(3) Le Vénérable Libermann a chérit :
« Marie doit conduire en nos l’ Esprit-Saint ,
afin que nous soyons, comme elle, comblés de la surabondance
des sainteté . » ( Doc. XIII,p. 716 )
|
3-
Avec L'Église |
Le
14 mai 1942, au milieu des douleurs de la deuxième guerre
mondiale, Notre Saint-Père le Pape Pie XII adressait
à l’ Esprit-Saint cette confiante supplication
:
«
Descendez, ô Esprit-Créateur. Oui vous êtes
déjà descendu ; vous êtes avec nous…
répondez d’en-haut une telle plénitude
de vos Dons que tous, Pasteur et Troupeau, rayonnent dans
le monde la Lumière de leur Foi, le Fondement et l’
appui de leur espérance, la Force de leur amour…A
Que par vous, Esprit Consolateur, reviennent vivifiantes la
résignation qui calme et la Force de la Confiance.
Soyez
le Père des orphelins, le Défenseur des veuves,
le Soutien des abandonnés, le Refuge pour les pécheurs,
l’Aide pour les mourants …» (4)
Ce recours à l’ Esprit-Saint , du Père
commun de fidèles, n’est pas l’expression
uniquement passagère d’un besoin pressant, c’est
une application émouvante d’une ligne de conduite
qui s’impose à tous et toujours, « Priez
l’ Esprit-Saint » nous dit constamment l’Église,
« vous avez besoin de Lumière et de Force ; priez
l’ Esprit-Saint ! »
Chaque
fois que l’Église elle-même, en sa Hiérarchie,
veut prendre de nouvelles décisions, elles, adresse
à l’ Esprit-Saint : « Veni , Creator Spiritus
» Venez, Esprit Créateur, cette prière,
elle la veut aussi sur le lèves de chacun de ses fils,
non seulement aux jours des grandes épreuves, mais
dans le petit effort quotidien : « Veni, Sancte Spiritus,
reple tuorum corda fidelium, et tui amoris in eis igem accende
» Venez, Esprit-Saint, remplissez les cœurs de
vos fidèles et allumez en eux la flamme de votre amour.
Nous l’avons vu : en vraie fille de l’Église,
Marie de Incarnation a vécu, comme elle, et profondément,
de cette intimité avec le Saint-Esprit, l’Esprit
du Divin Amour. Imitons-la.
Référence
: 4- Actes de .S.S.Pie XII, Ed. Bonne Presse, t,IV,p. 138-139
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4-
Prière pour demander les Dons du Saint-Esprit |
| O
Jésus, qui, avant votre passion, avez promis à vos
apôtres de leur envoyez le SAINT-ESPRIT, daignez faire descende
en nous aussi ce divin PARACLET… Venez
en nous ESPRIT de la Crainte du Seigneur ; faites eu nos redoutions
de contrister notre Père céleste…
Venez
en nous ESPRIT de Piété, remplissez nos cœurs
de la tendresse la plus filiale pour Dieu…
Venez en nous ESPRIT de Force, donnez-nous le courage de supporter
avec patience les épreuves de la vie …
Venez en nous ESPRIT de Conseil, accordez-nous la grâce
de discerner, dans les occasions difficiles, la volonté
de Dieu…
Venez en nous ESPRIT de Science, éclairez-nous sur la
vanité des chose du mondes…
Venez en nous ESPRIT d’intelligence; que vote divine Lumière
nous fasse pénétrer les vérités
de la religion…
Venez en nous ESPRIT de Sagesse ; faite qu nous goûtions
la suavité des choses divines…
GORIE
AU PERE QUI NOUS ACRÉÉES,
AUFILS QUNOSU A RACHETÉS
AUSAIT-ESPRIT QUI NOUS A DANCTIGIÉS….
L’Archiconfrérie du Saint-Esprit, a son siège
mondial à Paris, dans la maison mère des Pères
du Saint-Esprit, 30 rue Lhomond et son siège canadien
dans la Maison provinciale des du Saint-Esprit 3136 Le Boulevard,
Montréal, 6 | |