La dévotion Saint-Esprit-partie-2- P. A.Poisson. C.S.SP.
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Les Dons du Saint-Esprit et leurs explications
     
Chap. 07
Le Don de Crainte
1- Le Don de Crainte et le péché
2- Le Don et la marche vers la perfection
3- Merveilleuse ascension de Marie
4- La Béatitude de la Pauvreté
5- Un « Fruit » de l’Esprit : La Tempérance

 
Chap. 09
Le Don de Force
La formation de l’âme
Le courage chrétien
Les entreprises
La Béatitude de la Justice
Un « Fruit » de l’Esprit : La Patience

Chap. 08
Le Don de Piété
Avec Dieu et les Saints
Le Don de Piété et le prière
Le Don et le Corps mystique
La Béatitude de la Douceur
Un « Fruit » de l’Esprit : La Bonté

 
Chap. 10
Le Don de Conseil
La direction de l’ Esprit-Saint
La direction de l’Église
L’ âme de Conseil
La Béatitude de la Miséricorde
Un « Fruit » de l’Esprit : la Fidélité

  Deuxième Partie

Les Dons du Saint-Esprit ( Étude particulière de chaque Don )

« L’Esprit que Jésus a promis et qu’il a donné ; à son Église, agit dans les âmes par la médiation de ses dons…

C’est un travail qui réserve de rares joies spirituelles que de rechercher les aspects, les modes, les effets de cette action chez les saints (1) .»
Chanoine P. Blanchard.

Référence :
Dans Spiritus, Pentecôte 1960

 Explication

Ces Dons du Saint- Esprit, nous les étudions à peu près dans l’ordre donnée par saint Augustin, qui nous fait observer que « si le prophète Isaïe a commencé par les plus élevés en parlant du Christ, notre devoir est de suivre l’ordre inverse, puisque nous devons nous élever, par degrés, des moindres et des plus accessibles, aux plus parfaits qui nous rapprochent de l’infini » (1).

Pour ne pas trop nous étendre, nous négligerons volontairement l’aspect apostolique du Don, le charisme. Nous n’y ferons allusion qu’en passant, particulièrement pour les Dons de Force et de Conseil. Notre attention se portera directement sur l’abondante et nécessaire participation aux Dons de l’Esprit sans la Vie intérieur d’une âme (2).

Au Don de Crainte, nous lierons la Béatitude de la Pauvreté ; au Don de Piété, celle de la Douceur ; au Don de Force, celles de la Justice ; au Don de Conseil, celle de la Miséricorde ; au Don de Science, celle des Larmes ; au Don de l’Intelligence, celle de la Pureté ; et au Don de Sagesse, celles des Pacifiques, « qui font la Paix ».

Références :

1- Saint Augustin, Sermon 3476, sur la Criante de Dieu
2- « Il faut distinguer deux sortes de Grâces : la première qui unit l’homme à Dieu, c’est la Grâce , gratum faciens, qui rend agréable à Dieu : et la seconde qui fait qu’un homme en aide un autre à revenir à Dieu. Cette dernière s’appelle Grâce gratis data, donnée gratuitement, parce que concédée à l’homme, elle dépasse et la puissance de sa nature ses mérites personnels.

D’autre part, elle n’est pas donnée pour que celui qui la reçoit y trouve sa justification, mais pour qu’il coopère à la justification d’un autre. C’est à son sujet que l’Apôtre dit : « La manifestation de l’Esprit est accordée à chacun pour être utile » ( Saint Thomas, Ia, Iae, III, art I ).
Bien que nos ne fassions pas ici œuvre savante, nous nous permettons de signaler le magistral article de la Revue Thomiste, juillet –septembre 1959 : M.M, Philipon, les Dons du Saint-Esprit chez saint Thomas, p. 451-482

 

 Chapitre 7
Le Don de Crainte

Sans attribuer d’importance à une hiérarchie des Dons, débutons par le Don de crainte, d’autant plus que cela paraît plus conforme à la mentalité de notre vénérable.

Voici, en effet, comment elle parle de ce Don dans son catéchisme : « Le Don de Crainte est une tendresse de conscience qui nous retient et nous empêche de commettre aucun péché, ni de rien faire qui soit désagréable à Dieu. Cette Crainte n’est pas inquiété, ni scrupuleuse, parce que le Saint-Esprit qui la donne est ennemi de trouble, mais elle est douce et tranquille, parce qu’elle regarde Dieu non comme juge, mais comme Père. Elle est Crainte parce qu’elle fait craindre le péché ; mais elle est en quelque façon Amour, parce qu’elle aime Dieu et craint de lui déplaire. »

Marie nous indique bien que la Crainte inspirée par l’Esprit rejoint L’Amour ; mais en appuyant comme elle le fait sur le péché, elle semble prendre à son compte l’adage connu : « Initium saplentiae, timor Domini- la Crainte du Seigneur est le commencement de la Sagesse » ( Psaume III ).

À considérer la vie toute ordinaire du chrétien nous savons qu’elle doit être modérée, réglée, tout d’abord par la Vertu cardinale de tempérance, et que cette Vertu elle-même est aidée, dans son travail de base, par la pudeur et l’honnêteté, la sobriété et la chasteté, la décence et la modestie. C’est le stade des efforts de la raison éclairée par la foi, de la volonté appuyées sur la grâce. A ce niveau la criante servile inspirée par la pensée des châtiments du péché sera utile comme moyen de défense contre les assauts de la nature (1).

Mais nous devons ici dépasser ce stade et considérer une crainte toute influencée par le Don de l’Esprit.

Référence :
1- de Smet, Notre vie surnaturelle I, p. 335

1- Le Don de Crainte et le péché

L’ enseignement catéchistique de Marie trouve son complet et son illustration dans ses état d’âme. Ainsi elle écrit dès le début de sa Vie mystique : « Lors, est un moment , les yeux de mon esprit furent ouverts, et toutes les fautes et imperfections que j’avais commisses depuis que je suis au monde me furent représentées en gros et en détail, avec une distinction, et une clarté plus certaines que toutes certitudes humaines… La vue du péché, pour petit qu’il pusse être, est horrible et épouvantable. Et encore, la vue d’un Dieu fait homme versant son sang pour expier le péché, la conscience que l’on est personnellement coupable, voilà qui consomme et anéantit l’âme (2). »

L’impression reçue dû être bien forte pour qu’elle dise ,vers la fin de sa vie, que depuis au quarante ans elle a répété, un nombre infini de fois, ce verset du psalmiste : « Qui connaît ses péchés ? Seigneur, purifiez-moi de ceux qui me sont cachés (3). »

Le Don de Crainte adonc ce résultat d’écarter les nuages intérieurs qui empêche de voir la malice du péché et la souffrance de Dieu ; il détermine une contrition de jour en jour plus parfaite.

Un jour, Marie entend cette parole : « Si tu avais une perle ou une pierre précieuse, et que l’on vint à la souiller, seras-tu contente (4) ? Une autre fois, elle se voit en face de l’enfer : « La Divine Miséricorde, par un écoulement secret de son Esprit, excita la partie supérieur de mon être à vouloir y être précipitée, non pour lui déplaire, mais pour que la Divine Justice fut satisfaite dans le châtiment éternel de mon indignité (5).»

Pressé par l’Esprit, elle veut réparer à tout prix. Et ce sont des mortifications qu’elle ne trouve jamais assez fortes et assez nombreuses : cilices, jeûnes, amertumes dans les aliments, disciplines, coucher sur la dure…, etc. Elle se lamente sur son impuissance : « Qui est-ce qui me donnera des larmes de sang pour pleurer toutes les impureté que j’ai commises conte la pureté du Divin Esprit ? Oh ! qu’il y a des châtiments que justement je dois porter (6) ! »

Références :

2- Témoignage, p. 13
3- Lettres, II, p. 338, PS, XVII, 13
4- Témoignage, p. 31
5- Témoignage, p. 226
6- Témoignage, p. 229-230

2- Le Don et la marche vers la perfection
La lutte est donc engagée,. L’Esprit va la conduire. Il insiste sur les efforts de la Vertu. Il exige toujours plus. Maire l’appelle : « Censeur inexorable et jaloux, ennemi des remises et des récidives (7). » Elle nous confie : « Il me fallait le suivre en tout, autrement j’eusse eu dans mon intérieur un reproche qui n’est pas croyable. Il voulait de moi une pureté et que je ne connaissait pas, non plus que la fin pour laquelle il la voulait (8) .»

Quel prix doit-elle donc y mettre ?

Pour se rendre digne de son guide divin, elle expérimente, bien avant son entrée en religion « les grands et infinis trésors cachés dans les conseils évangéliques,,, surtout ceux de la pauvreté, de la chasteté et de l’obéissance… » (9) « Plus tard, elle se sent pressée à s’engager par vœu de chercher la plus grande gloire de Dieu… spécialement sur les points suivants : ne pas s’excuser, éviter les paroles plaintives et exagérées, ne rien dire à sa louange, fuir la jalousie, mortifier certains petit appétits et pentes naturelles en tout ce qui se pourrait ( 10). »

Et ce n’est plus seulement le péché, mais la vie naturelle elle-même qui doit céder devant l’Esprit, « elle expérimente que, dans le centre de l’âme qui est la demeure de Dieu, rien de souillé n’y peut compatir …(11). » Néanmoins il y a de certaines exhalaisons de l’impureté spirituelle dans lesquelles se trouvent petites malices et petites gauchissements, qui voudraient faire un subtil mélange avec ce qui est de l’Esprit de Dieu, et tâchent de s’insinuer dans cette demeure … (12).»

Références :

7- Témoignage, p. 235
8- Témoignage, p. 11
9- Témoignage, p. 44
10- Témoignage, p. 240-241
11- « N’y est compatible, n’y peut coexister .»
12- Témoignage, p. 236

3- Merveilleuse ascension de Marie
Dans son treizième « état d’oraison », Marie a brossé de ses expériences un splendide tableau. Nous ne pouvons que le résumer ; mais, dans sa sèche concision, il projette encore une belle lumière sur l’action du Don de Crainte dans les âmes saintes.

« Je dirais donc que Dieu ayant créé l’âme raisonnable avec la liberté, lui a donné des puissances pour opérer son salut par la Grâce ; et la divine Bonté fait fondre dans l’âme des torrents de lumière, des feux et des ardeurs, par une abondance d’Esprit où l’âme reste passive,…

« Ce Divin Esprit, qui veut posséder son domaine, commence à attaquer la partie sensible de l’âme et à lui faire souffrir des privations extrêmement crucifiantes, la nature ne veut pas quitter son fort ; mais elle expérimente que tous choses lui sont déniées, et que son partage est la captivité où elle se trouve, cette partie sensitive est sur le rien, et a un entier dégoût des créatures ; elle est sous les lois de l’Esprit et laisse la partie supérieure jouir en paix de ses biens, qu’elle possède à son exclusion. Celle-ci est dans un contentement très véritable de se voir ainsi délivrée de ce qui lui nuisait le plus…

« Mais l’Esprit de Dieu qui veut tout pour lui, voyant que l’entendement, quelque épuré qu’il puisse être, même toujours quelque chose du sien et de son propre agir dans les opérations divines, ce qui, dans cet état n’est une pureté notable, tout d’un coup pour l’arrête et le rend entièrement incapable de ses opérations ordinaires. Et la volonté, qui, pour avoir été ravie en Dieu, n’a plus besoin de l’entendement pour formenter son feu, est comme une reine qui jouit de son divin Époux…

« Des années se passent. Ce Divin Esprit, source inépuisable et de toute pureté veut encore triompher de la volonté qui, à ses divines motions, même le son propre agir ; il veut, comme jaloux, être maître absolu. L’amoureuse activité qui liait la volonté et la concentrait dans son unique et souverain Bien est arrêtée ; et la volonté enfin mise au rang de l’entendement…

« Voilà l’état de victime où l’ Esprit-Saint réduit les âme pour prendre en elles ses délices (13). »

Références :

13- Témoignage, p. 266 et suivant.

4- La Béatitude de la Pauvreté

« Bienheureux les pauvres en esprit, car le royaume des cieux est pour eux (14). » Cette Béatitude est selon la définition de saint Thomas, l’acte de Vertu fortifiée par le Don de Crainte.

Mais comment comprendre ici le mot Pauvreté » ? Ce n’est pas simplement la vertu qui exclut l’attache aux seuls biens matériels : la Pauvreté béatifiée écarte tout le créé.

Il s’agit en elle d’abnégation parfait, de détachement complet, d’humilité aussi bien que de pureté, de mort à soi. Cette Pauvreté spirituelle établit l’âme dans une liberté inconnue du chrétien ordinaire. L’âme n’est plus alourdie par l’attirance des appétits du corps et le poids des passions ;elle se dégage des jouissances intellectuelles et jusque des consolations spirituelles : elle est légère dans son ascension vers Dieu.

Pour apprécier cette Béatitude en notre Vénérable, rien en vaut son propre langage : « Dans la pauvreté d’esprit, mon âme concevait des choses si hautes et si divines que tous les royaumes du monde, et tout ce que peut tomber sous les sens et dans la conception de l’esprit humain ne lui paraissait que boue et le néant, que ce qui est le moins et le rien des choses. Elle en était si ravie et si charmée que si ç’eut été une chose qui puisse s’acheter par la vie et qu’elle en eût un million, elle eut tout donné pour l’avoir (15). »

Références :
14- Saint Matthieu, V, 3
15- Témoignage, p. 44

5- Un « Fruit » de l’Esprit : La Tempérance

Nous avons signalé au début de ce chapitre l’action de base de la vertu de tempérance ; constations combien « l’agir» , de l’Esprit, sanctifiant et sublimant les efforts de Marie, en ont fait mûrir le fruit. Deux formes de la tempérance se présentent à nous : l’humilité et la chasteté.

Cette dernière, désirée dès l’enfance, apporter à l’âme sa paix profonde, son bonheur intime, quand Marie peut enfin en formuler le vœu, puis quand l’Esprit la prépare à l’union divine qui réclame l’absence de tout autre amour, enfin lorsque cette chasteté se fond dans l’adhésion complète à son Jésus.

Quand à l’humilité. Elle est pour Marie source de joie indicible, dans son rôle de « bonne à tout faire », puis dans l’apprentissage de la vie religieuse, et chaque fois qu’ensuite, la règle la déposant de la charge de supérieure toujours redoutée, la rendra à la liberté du rôle de sujette.

Chapitre 8
Le Don de Piété
« Le Don de Piété, nous dit Marie de l’Incarnation, est une promptitude de cœur et d’esprit, et même de corps, à tout ce qui peut glorifier Dieu, particulièrement en ce qu regarde son culte dans les pratiques de la religions, comme sont les adorations, les sacrifices, les communions…, et d’autres semblables, qui montrent que le cœur est piqué de dévotion et gagée à Dieu (1). »

Quel est le moyen initial pour exprimer nos devoirs envers Dieu ? L’Église nous dit que c’est la mise ne œuvre de la vertu cardinale de justice qui agit ici par une de ses filiales : la Vertu de religion.

Mais si nous dépassons ces premiers devoirs imposés par la justice, nous trouvons dans l’Évangile, la loi d’Amour. E t la situation créée par l’amour, saint Jean nos l’expose ainsi : « Voyez et comprenez jusqu’où va l’amour que vous a voué le Père, il va jusqu’à nous donner le nom de fils de Dieu, jusqu’à faire de nous le soyons vraiment (2), » Saint Pierre écrit : « Dieu nous fait entrer réellement en participation de sa nature (3). » Et saint Paul : « L’Esprit lui-même atteste, d’accord avec notre esprit, que nos sommes enfants de Dieu (4). »

Si la Vertu de religion devait dans le premier cas, en raison de notre faiblesse, se heurter, à de grades difficultés et nécessiter déjà un secours spéciale de Dieu, que dire de la situation nouvelle ? C’est tout un autre programme qui s’offre à notre vie. Il ne s’agit plus simplement d’écarter les obstacles à la marche vers Dieu, et de réalise les devoirs de la créature dans son rôle de servantes, il s’agit de vivre aussi intensément que possible l’état surnaturel qu’a crée l’amour et que nous a révélé la Foi. C’est précisément l’œuvre du Don de Piété.

Références :

1- Catéchisme, p. 75
2-I saint Jean, III,1.
3- II saint Pierre, I,4
4- Saint Paul aux Romains, VIII,16

1-Avec Dieu et les Saints

Les Relations de Marie ne sont en définitive que le développement de ce thème : « Comment je suis entrée et ai vécu dans la famille de Dieu ! » Religieuse à Tours, en France, elle fut « illustrée, un jour, de la vue des Trois Personnes de la Très Sainte Trinité, en même temps qu’elle était « impressionnée » de ces paroles du Suradorable Verbe Incarné : « Si quelqu’un m’aime, mon Père l’aimera, nous viendrons à lui, et nous ferons une demeure chez lui (5). » Cette impression nous dit-elle, portant les effets de la promesse de ses divines paroles, et la Très Sainte Trinité, en son Unité, s’appropria mon âme qu’elle avait rendue capable de sa divine impression et de son divin commerce » (6).

Références : 5- D’après saint Jean, XIV, 23... 6- Témoignage, p. 141

a- Avec l'Esprit
Pour le travail qu’exprime la parole de l’Évangile, le Père et le Fils ont envoyé l’Esprit. C’est pour l’ensemble de l’humanité, l’effet des Mystères de L’Incarnation et de la Pentecôte. Dans le fait spécial de la vie surnaturelle de Marie, c’est le Don, l’envoie par son Époux divine, de son Esprit, qui va la rendre digne du Mariage spirituel et de l’Union transformante. L’Esprit va enrichir son âme et adapter ses facultés sur le modèle de Jésus.

Note moniale le reconnaît et nous le révèle : « J’expérimente que c’est le Saint-Esprit que milieu au Père et du Fils. Je me trouve fréquemment lui disant : « Divin Esprit, dirigez-moi dans les voies de mon Divin Époux (7).»

Références : 7- Témoignage, p. 272

B- Avec le Fils
Par l’Esprit , nous sommes donc en contact et union intime de pensée et de vie avec notre Frère Divin.. Ne nous étonnons pas d’entendre notre guide unir, dans son langage, Jésus et l’Esprit. « L’esprit qui m’agissait m’unit à ce divin et très adorable cœur de mon Jésus, en sorte que je ne respirais que par Lui, expérimentant sans cesse de nouvelles infusion de Grâces dans ce Divin Cœur et dans l’Esprit de mon Jésus (8). »

C’est le Mystère d`jà signalé de l‘action à la fois conjointe et distincte, des divines personnes, dans la conjointe et distincte, des divines Personnes. Dans la vie de notre vénérable, cette union du Christ, au Références Verbe Incarné, au Chef du Corps Mystique, ainsi introduite et fortifiée par Esprit, va centrer de pus en plus sa tendance et ses aspirations sur Lui, adhérer au Christ par la foi et l’amour devient la plus grande préoccupation de sa vie. A la lumière et da la force de l’Esprit, elle n’a vécu que du Christ Jésus; elle a compris que toute en elle L’Intéressait, Lui ; et , qu’en retour, une vie chrétienne profonde ne pouvait être vécue que pour Lui.

Références : 8- Témoignage, p. 193

C- Vers le Père
Marie a aussi approfondit la parole de l’Évangile : « Personne ne vient au Père que par moi (9).» Sa conviction est fait que par Lui, avec Lui, et en Lui, Verbe de Dieu, son âme entrera dans l’intimité du Père. Ainsi, pour ne citer qu’un passage : « Elle sait que son Époux est au sein du Père Éternel, où se repose et ses repas sont dans l’amour mutuel de Père à Fils, et de Fils à Père, et leur plaisir, cette Spiration d’amour, Dieu, le Saint-Esprit (10) .» De quoi transformer et embaumer toute la vie d’épreuve de notre pauvre terre !

Références : 9- Saint Jean, XIV, 6 -----10- Témoignage, P. 67

D- Avec les Saints
La vie de l’enfant de Dieu dans l’intimité de son Père ne doit-elle pas provoquer des relations d’amitié avec les Bienheureux ?

Sans trop s’étonner, on admire et on envier la douce familiarité de Marie de L’Incarnation avec la Vierge qui la baise par trois fois dans la vison du Canada ; tandis que son âme déborde d,une tendre dévotion pour saint Joseph, ont la place est marquée auprès de la Vierge dans la fondation de Québec.

Quand aux Saints Anges, qui ne se plaira à lire le récit de cette journée d’intimité dont elle a joui, avec les Chérubins brillants de la lumière de Dieu, avec les Séraphins à qui elle mendie leur amour, avec les Trônes en qui lut apparaît que Dieu vers sa Pureté (11).


Références
11- Témoignage, P. 179-18
2

2-Le Don de Piété et le prière
L’âme que travaille le Don de Piété sera une âme de prière, puisque saint Paul nous dit que la véritable prière est celle que l’ Esprit-Saint formule en nous (120.

C’est le spectacle que nous offre Marie dans les années qui précèdent son départ pour le Canada. Elle multiplie ses prières au Père Éternel et s,en explique ainsi : « J’avais une certitude que la Divine Majesté agréerait mes insistances, que je ne faisait que parla motion de Saint-Esprit (13).

C’est le spectacle de l’intérieur de son âme dans l’ordinaire de sa vie d’amour qu’elle nos révèle : « Le Saint-Esprit faisait chanter à mon âme un épithalame continuel de la façon et manière qui lui plaisait. Ce langage tout céleste…, vient des embrasements du Verbe adorable et de l’âme qui, dans les baisers de sa divine bouche est remplie de son Esprit (14). »

Qu’il s’agisse de prières de demande ou de la pure adoration, toute la vie de Marie est là. Il en fut ainsi puisque nous voyons Marie écrire à une dame, en 1648 : « Au commencement que Dieu me fait l’honneur de m’appeler et de me toucher le cour, je lui parlais sans cesse … (15). »

Références

12- Saint Paul aux Romains , VIII, 15
13- Témoignage, P. 197
14- Témoignage, P. 86, Extraits d’un épithalame de Marie Incarnation : » Ah! Ah! Amour, Amour, combien sont doux vos charmes et vos aimables liaisons ! ah ! que vos êtes un doux Amour ! vous nous bouchez les yeux, Vous nous désolez les sens, Vous nous rendes comme insensé… je sais ce que je ferai : je m’en vais me lancer vers Vous, en contre-échange de ce que Vous faites à mon âme … Ah ! Vous serez mon esclave : Je Vous aurai à souhait, Ah! mon Tout, qu’est-ce que je veux de Vous ? Je veux l’Amour, et ne veux que l’Amour. »
15- Lettres , I..380

Le Don et le Corps mystique
Vivre de l’Esprit, c’est aussi pratiquement éclairer par une vive Foi, animer d’un Amour surnaturel, nos relations avec la famille de Dieu sur la terre, membres de Hiérarchie ou simple fidèles.

Le Souverain Pontife, les Évêques, les Directeurs et Supérieurs, tous ceux qui ont autorité, c’est Dieu. De là cette confiance aveugle de la jeune Maire à ses confesseurs, et plus tard, en des circonstances bien délicates, de la fondatrice à l’Évêque de Québec. De même, les hommes, tous les hommes, c’es la grande famille de Dieu. Nous voyons Marie s’épancher « en actions de grâces de ce qu’il avait plus à Notre-Seigneur de la faire naître de parents chrétiens, et de ce qu’Il l’avait appelée à la vocation de« fille de l’Église » (16). Et nous voyons bientôt chez elle cet Amour du Corps Mystique prendre un caractère d’universalité, s’étendant à toutes les âmes pour lesquelles son Époux Divin a versé son sang sur le Calvaire.

Références :
16- Témoignage, p.10

La Béatitude de la Douceur
La douceur qui est ici béatifiée, n’est-ce pas celle qui déborde du Cœur de Jésus, humble et doux ? Rien d’étonnant, alors, que cet Époux divin en ait doté, et abondamment, sa fidèle épouse.

Ne dit-elle pas, dans son quatrième état d’oraison, qu’elle « avait eu jusque-là, en jouissant de la présence ( de l’Humanité Sainte ), l’expérience de sa douceur ? » ( 17).

C’est de Jésus qu’elle apprit à « s’exercer en la Douceur d’esprit », « sans quoi, dit-elle, ma nature eût fait bien des échappées » (18).

De cette Béatitude provient sa grande Paix « la paix savoureuse féconde » qui va l’accompagner dans toutes les préparatifs de son départ et dans son action apostolique (19).

Et le résultat de cette Béatitude, « ils posséderont la terre », trouve en la vie de Marie une application saisissante, étant donnés les obstacles rencontrés et les merveilleux résultats de cette première expérience des femmes missionnaires.

Références :

17- Témoignage, p.27
18- Témoignage, p.51
19- Témoignage, p.195

Un « Fruit » de l’Esprit : La Bonté
Sous l’influence du Don de Piété et de la Béatitude de la Douceur, les âmes chrétiennes se remplissent de Bonté.

Que le magnifique exemple nous donne sur ce point notre Vénérable ! Et L’Esprit n’a pas attendu le Canada et le contact méritoire avec les Indiennes pour en doter sa disciple.

La plus délicate bonté apparaît dans la servante qui vit : « au milieu des serviteurs des charretiers, des crocheteurs , dont elle faisait les offices en cachette, qu’elle traitait comme ses enfants (20) , qu’elle réduisait où elle voulait, avec qui elle s’allait mettre pour leur faire éviter les paroles sales, leur parler des jugements, de Dieu et les préparer pratiquement à la confession » (21).

Elle cueille, dans sa bonté, la joie suprême de se sacrifier à toutes les âmes, filles de Dieu.

Références : 20- Témoignage, P. 25-40….21- Témoignage, P. 55-88

Chapitre 9
Le Don de Force
La Vertu de Force est celle qui détermine l’homme à accepter les dangers, les souffrances et même la mort avec courage et fermeté. Elle règle les passions de crainte et de hardiesse. Par elle s’accomplissent les oeuvres grandes et difficiles; par elle les contrariétés sont patiemment supportées.

La théologie morale lui unira les Vertus de magnanimité qui voit grand sans témérité ; de générosité qui évite la mesquinerie; de patience qui modère la tristesse; et de constance qui persiste dans la lutte ou le support.

Nul doute que la vie chrétienne, pour être bien vécue, ne réclame à la fois la vertu de Force et le Don correspondant : La vertu, parce quels obstacles sont le pain quotidien ; le Don, en raison du but élevé qui doit être visé, soit dans la formation de la personne, soit dans son action extérieure pour la gloire de Dieu.

« Le Don de Force, nos dit la catéchisme de Marie, est une vigueur spirituelle et un courage surnaturel que le Saint-Esprit donne pour accomplir ses volontés, et pour surmonter tous les obstacles, qui se présentent dans son service et dans l’ouvrage de notre salut, soit de la part des hommes, soit de la part des démons, soit enfin de la part de notre passion et de notre cupidité, qui sont les plus grands empêchements de notre salut et de notre perfection (1).»

Nous regardons la petite fille qui se donne à Dieu à sept ans, et voici que résonnent à nos oreilles les paroles de saint Paul affirmant l’existence et le travail de l’Esprit : « Infirma mundi elegit Deus, eut confundat fortia » ce que l’on peut traduire : « En face de l’apparente force du monde, Dieu pose l’impuissance victorieuse des siens (2). »

Référence : 1- Catéchisme, p. 75…2- Saint Paul aux Cor. I, i, 27

1- La formation de l’âme
Le Don de Force servira d’abord à la formation de l’âme. Cela doit être : même si l’on ne veut apprécier que l’œuvre extérieur, il faut bien que l’instrument soit adapté à sa tâche. D’ailleurs, en bien des cas, le seul contact de la sainteté suffit à impressionner, d’abord par l’étonnement, puis par l’admiration… et l’imitation.

N’est-ce pas ce qu’offre à nos yeux quand nous considérons ce qu’on peu appeler la période de formation de notre Vénérable ? Quelle force a été nécessaire à cette personne pour s’adapter à des situations aussi difficiles que sa domesticité au milieu d’ouvriers assez frustes, qui en vinrent pour elle à une véritable vénération ? De qu’elle force eut-elle besoin au temps où la direction extérieure spirituelle, celle du prêtre, lui manquait ? Cette Force remplissait son âme : L’ Esprit-Saint était là.

2- Le courage chrétien
Apprécions la conduite de Marie dans sa vocation, Notre Vénérable a été mariée. Devenue veuve deux ans après, elle entend l’appel de Dieu, qui renouvelle sa sollicitation d’autrefois à la vie religieuse. Que faire ? car elle a un enfant qui réclame ses soins ? Une dizaine d’années vont se passer, pendant lesquelles la sollicitation divine va se faire de plus en plus pressente. La réponse de Marie sera une décision aussi héroïque que celle de sainte Jeanne de Chantal qui passa sur le corps de son fils. Et même, ici, le cœur de la mère n’en fut pas quitte par un acte.

Plusieurs circonstances le déchirèrent encore. C’est l’enfant qui vient crier à la porte du monastère : « Rendez-moi ma mère. Je veux ma mère ! » Ce sont des religieuses qui pleurent de compassions, tandis que d’autres lui disent qu’elle est bien cruelle… C’est le diable qui veut lui persuader que c’est par égoïsme qu’elle est entrée en religion…, etc. (3)

La souffrance physique la trouve aussi courageuse. Aux prise avec la maladie, elle écrit à son fils : « Cette longue maladie ne m’a point ennuyée, le Divin Esprit de mon Époux ne me permettant pas de souhaiter un moment de relâche à mes souffrances ; mais plutôt me mettant dans le disposition de les endurer jusqu’au jour de jugement(4). » Dans une autre circonstance, elle confie à sa plume cette confidence : « Mon Cher Amour, je ne suis pas lasse de souffrir ; non ! Je ne suis pas lasse 5 ! »

Références :
3- Témoignage, p. 129 et suiv.
4- Témoignage, p. 314
5- Témoignage, p. 156

3- Les entreprises
Marie est moniale et mystique, et nos la savons jetée par Dieu en plein action ; nos n’avons donc que le choix des situations où le Don de Force s’impose.

Mairie par de France » En mettant le pied sur la chaloupe, il me sembla, dit-elle, entrer en paradis, puisque je faisais le premier pas qui me mettait en état de risque ma vie pour l’amour de Celui qui me l’avait données (6). » et pendant trente-quatre ans, elle se dépensera dans toutes les domaines de l’activé que comporte sa vocation.

Quand, en 1650, son monastère de Québec, sera incendié, elle dévoilera ainsi son âme : « Je ne ressentis pas un moment de tristesse, de peine, d’ingratitude ; je me sentais intimement unie à l’Esprit qui faisait cela. Mon esprit et mon cœur lui disaient sans cesse : « Vous avez fait cela, mon Chaste Époux, soyez-en béni (7). »

Elle bénira encore le Bon Dieu, dix-sept ans plus tard, en confiant à son fils les misères du moment : « … je devrais garder le lit ; cependant je n’arrête pas un moment. Je suis la prière levée et la dernière couchée ; et il est rare que je prenne du repose. J’assiste à toutes les observances. J’écris continuellement des lettres et des mémoires pour nos affaires de France… » « Remerciez Dieu des assistances qu’il me donne (8). »

Elle a soixante ans quand elle donne ainsi l’exemple à ses sœurs. A cette époque, elle a appris plusieurs langues ; elle a composé un gros livre algonquin rempli d’histoire saintes, un dictionnaire algonquin à l’alphabet français, un autre à l’alphabet algonquin, un dictionnaire et un catéchisme iroquois . Mulierem fortem quis inveniet ? Procul et de ultimis finibus pretium ejus (9) !

Références :

6- Témoignage, p. 214
7- Témoignage, p. 258
8- Lettres, II, P. 344
9- Prov. XXX, 10

La Béatitude de la Justice
« Bienheureux ceux qui sont affamés et assoiffés de les Justice, car ils seront rassasiés (10).»

Vouloir la justice, c’est vouloir à réalisation des droits de Dieu, c’est se mettre complètement à sa disposition pour écarter les obstacles en nous et autour de nous, c’est accepter dans les moindres détails la divine volonté.

Elle était vraiment affamée et assoiffée de la Justice cette moniale qui, poussée par l’Esprit, osait prier ainsi : « O Père, que tarez-vous ? Il y a si longtemps que mon Bien-Aimé a répandu son sang… Vous garderez votre parle…, car vous Lui avez promis toutes les nations.. » Elle voyait la justice de son côté, et l’Esprit lui faisait dire : « Cela est juste que mon divin Époux soit le Maître (11).»

Dans cette conviction, maire a prié ; dans cette conviction, elle agi. Au moment de s’embarquer pour le Canada, elle expérimentait que l’Esprit possédait son âme et lui donnait des motions conformes à l’acte qu’elle allait faire. Vraie Béatitude, qui la fait s’écrier : « O Dieu ! qui pourrait dire ce qui se passe en cet abandon de tout moi-même. Je ne saurais l’exprimer (12). »

Références :
10- Saint Matthieu, V, 6
11- Témoignage, p.189-190
12- Témoignage, p.213

Un « Fruit » de l’Esprit : La Patience
Saint Paul dit aux Colossiens : « La puissance de Dieu vous fortifiera pour la pratique de la Patience (13). »

Notre Vénérable a joui de ce « Fruit » au long des épreuves qui ont marqué son ascension d’amour.

Elle écrit à propos d’une croix, en son cinquième état d’oraison : « Il me fallait avoir la vue continuelle sur moi-même…, et il ne me souvient point de m’être impatientée, quelque peine qu’on me fit, durant tout le temps que Notre-Seigneur me fit porter cette croix (14).»

Dan l’attente de la vie religieuse, on la voit presser Dieu de la lui accorder ; et elle entend en son cœur cette parole amoureuse ; « Attends, attends, aies patiences. »

« Alors, dit-elle, je ne faisais point d’autre recherche que d’attendre les moment de son exécution (15). »

Références :
13- Saint Paul aux Col. 1, 11
14- Témoignage, p. 51
15- Témoignage, p.115, Voir aussi Témoignage, p. 41

Chapitre 10

Le Don de Conseil

Avec le Don de Force, le Don de Conseil vient rendre possible la monte de l’âme. Il indique la route, S. S. Pie XIII priait, ainsi, le14 mai 1942 : « O Esprit-Saint, faites voir à tous ceux qui portent au front le nom du Christ le sentier augustes de la vérité, qui seul conduit au salut. »

La vertu cardinal qui dirige nos pas est le Prudence. Elle réfléchit, elle juge, elle décide. Elle est au centre de notre âme dans notre conscience, et toutes les vertus lui obéissance.

Par l’exercice de la prudence s’acquiert la facilité à trouver la décision convenable, la facilité aussi pour éclairer, par les principes généraux, les cas particulier, et pour remarquer les exceptions qu’imposent les circonstances. Lourde tâche, vraiment, et que l’expérience nous révèle souvent au-dessus de nos forces, si grande est la complexité des puissances, bonnes et mauvaise, intérieures et extérieurs, qui s’affronte dans notre vie !

Que trouvons-nous dans nos décisions ? Bien souvent, une précipitation mêlé de présomption, un défaut d’attention qui révèle la faiblesse de notre nature ; à moins que ce ne soit la nonchalance, une préoccupation troublante, l’inconstance ou le souci exagéré et fiévreux d’une décision favorable ? Que sais-je ?

Écoutons notre conseillère : « Les âmes pusillanimes font de lourdes fautes : choisissant l’état de vie qui semble devoir les exempter de telles ou telles souffrances, elles quittent celui où la divine Majesté voulait Se servir d’elles. Cela L’oblige de les laisser entre les mains de leur conseil, puisqu’elles aiment mieux suivre leur route que la sienne (1).»

Et voici ce que nous enseigne son catéchisme : « Le Don de Conseil est une lumière qui nous fait voir ce que nous devons faire pour plaire à Dieu, surtout quand les secours humains nous manquent et qui , d plusieurs moyens, nous découvre ceux que nous devons choisir. Encore que l’ Esprit-Saint, pour l’ordinaire, on cette lumière dans les choses qui regardent la gloire de Dieu et notre salut, il la donne néanmoins aux jutes dans la conduite même des choses humaines, à cause de la droiture de leurs intentions (2).»

Références : 1- Lettres, II, p. 530… 2- Catéchisme, p. 75

La direction de l’ Esprit-Saint
La direction de l’ Esprit-Saint peut utilise le simple effort de la Vertu de prudence ou apporter la puissance du Don de Conseil, tout dépend de la fidélité de l’âme. Et n’oublions pas que cette action divine est toujours à pied d’œuvre.

Alors suivons l’avis de notre Vénérable : « L’Esprit de Jésus persuade, convainc, et attire si doucement qu’il n’est pas possible de lui en refuser. Une douce persuasion est son langage ; et la réponse de l’âme de se laisser emporter amoureusement (3).»

Mais l’âme a peur de l’inconnue, peur aussi de perdre son initiative, elle a tendance a résister. Notre guide insiste, en sermonnant son fils : « Vous serez toujours dans l’embarras des affaires conformes à votre état. Si vous êtes fidèle, l’ Esprit-Saint vous donnera le don de conseil pour tout ce qu’il commettra à vos soins, de sorte que vous ne pourrez rien vouloir que ce qu’il vous fera vouloir, ni faire que ce qu’il vous fera faire (4). »

Rien n’est plus convaincant que l’exemple de Marie elle-même quand l’Esprit la pousse vers sa double vocation, religieuse, et missionnaire, entrer en communauté et aller au Canada. Elle avait trente ans. « Il plut à la divine Majesté de me donner connaissance que le temps était venu d’entrer en religion, une voix intérieur me poursuivait partout qui me disait : « Vite, vite, il est temps, il n’y a plus à tarder ; il ne fait plus bon dans le monde pour toi (5). » Ne novembre 1638, elle écrit à Mme de La Peltrie, avec qui elle ira au Canada : « Il y a cinq ans que j’attends l’occasion d’obéir aux semonces pressantes qu e m’en fait le Saint-Esprit (6). »

C’est donc bien vrai : le Saint-Esprit, et notre devoir est d’ouvrir notre âme.

Références :

3- Témoignage, p. 292
4- Lettres II, p. 257
5- Lettres II, p. 408
6- Lettres I, p. 50

La direction de l’Église
La direction du prêtre doit, d’une façon ordinaire, doubler et contrôler celle de Saint-Esprit, tout en lu laissant l’initiative.

Marie en informe son fils : « Un père spirituel est comme un ange visible que Dieu nous donne pour nous diriger dans ses voies, et qui fait visiblement à notre âme ce que fait notre Bon Age d’une manière invisible (7).»

Notre Vénérable ne sera passe peine, pour nos offrir l’application de ces principes. Depuis longtemps elle entendait une voix intérieure, quand l’Esprit mit sur son chemin un prêtre qui put la comprendre. Quel changement alors dans sa conduite ! Elle avait tellement expérimenté « qu’une âme qui n’a point de directeur peut difficilement éviter les pièges de l’ennemi..; et que, quand de les éviterait, elle serait incapable de faire aucun progrès, dans la vie spirituelle » (8).

Non pas que Marie perde, dans l’obéissance, son éminente personnalité, mais elle aime, à faire contrôler ses actes (9). Dans la situation exceptionnelle où Dieu la plaçait, qu’elle tranquillité ! « Dès que j’eus commencé d’ouvrir mon cœur à ce bon Père, écrit-elle du Père de la Haye, toutes mes peines se dissipèrent comme qui m’eût déliée d’une captivité (10). » Même langage, plus tard, à Québec, à propos du Père Lallemant : « Dieu me donna un si grande ouverture de cœur pour ce saint homme que mes croix perdirent beaucoup de leur pesanteur. Et mon âme se sent liée à ce grand serviteur de Dieu pour suivre les voies divines (11). »

Et elle en vient « par un mouvement et une forte inspiration du Saint-Esprit, à faire un vœux particulier d’obéissance au R.P. Supérieur des missions, à cette fin d’être conduite dans toute ce qu’il lui plairait d’exiger d’elle » (12). Le résultat de cette direction fut la liberté, de son âme et la possibilité d’utiliser tous ses moyens pour l’accomplissent des désirs immenses que sa magnanimité a acceptés de l’Esprit.

Références :
7- Lettres, II, P. 480
8- Lettres, II, P. 481
9- Témoignage, p. 320
10- Témoignage, p. 174
11- Lettres, II, p. 100
12- Témoignage, p. 223

L’ âme de Conseil
Comme plusieurs saintes éminents, tout en étant, pour ce qui la regarde, humblement soumise à ses directeurs, Maire de L’Incarnation, saura comprendre, deviner les âmes et trouver les paroles que leur était réclame ; ou plutôt, l’Esprit de Conseil se servira de son intermédiaire, elle s’en rend compte, puisqu’elle écrit un jour à sa nièce : « C’est Dieu, ma chère fille, qui me meut à vous parler de la sorte, et je ne puis faire autrement (13) .»

Ses lettres à son fils sont des merveilles de direction, où se succèdent, suivant les circonstances, conseil de prudence, pour les relations avec les hommes, et lumineux principes pour les rapports les en plus intimes avec Dieu. Nous en avons cité quelques passages, en voici encore : « Pourquoi avez-vous tant de répugnance d’aller demeurer dans votre pays? C’est là une imperfection. Il faut y voler, si Dieu le veut ainsi. Ce n’est pas que je ne vous excuse sur les grands embarras que vous me dites qu’il faut essayer, mais le Don de Force vous y attend si Dieu vous y veut (14). »

Au Canada, elle devient, en maintes occasions, la conseillère écouté des plus hautes autorités. Ses écrits nous la montre attentive, prête à donner un avis quand les responsables s’affolent. « J’ai vue, plus d’une fois, former des desseins de nous renvoyer en France …. ; il nous fallut livrer des combats pour résister à des bonnes têtes, don la force et la prudence ( toute humaine _ semblaient devoir l’emporter… Et nous voilà encore ici… Dieu a fait avouer à ceux qui avaient conclu à notre retour, qu’il nous veut au Canada (15). »

Références :

13- Lettres, II, p. 506
14- Lettres, II, p. 258
15- Lettres, I, p. 429

La Béatitude de la Miséricorde
« Bienheureux les miséricordieux, car il leur sera fait miséricorde (16).» telle est la béatitude que les théologiens considèrent comme l’acte du Don de Conseil.

S’il est vrai, comme a dit saint prêtre que « la plupart des âmes se perdent par le découragement » (17), qu’il est beau l’apostolat de ceux et de celles qui, penchés sur les misères humaines, soutiennent et soutiennent encore, encouragent toujours.

Ainsi a fait Marie, la miséricordieuse. Elle avait puisé cette Miséricorde, avec la douceur et l’humilité, dans le Cœur de Jésus. Elle aurait voulut avoir une voix puissante pour se faite entendre du monde, entier : « J’embrasais en esprit des troupes d’âmes qui ne connaissaient pas mon Époux, et je volais le concentrer dans le très précieux Sang de cet adorable Sauveur (18.»

L’Évangile nous dit qu’aux miséricordieux « il sera fait miséricorde ». C’est la récompense de Dieu. Plus la charité découle de l’âme de Conseil sur ses sœurs de misère, plus le Dieu de charité accentue en elle son emprise. De là, pour Marie une bienheureuse familiarité qui dépasse tout l’humain et qu’elle ne peut exprimer.

Références :

16- Matt. V.7
17- Libermann, Lettres , III, p. 290
18- Témoignage, p. 191

Un « Fruit » de l’Esprit : la Fidélité
Dans l’obéissance continuelle à la direction de l’Esprit, l’âme fervente l’acquiert de plus en plus.

Maire de Incarnation, modèle de fidélité, la souhaite à tous. Elle étudie en ce termes l’état d’âme d’une Sœur : « Il faut que sa vertu surmonte la raison humaine… Elle n’aura pas de repos jusqu’à ce qu’elle se rende… Elle ne laisse pas d’être bonne religieuse, mais elle serait tout autre si elle prenait l’esprit que Dieu demande d’elle (19). »

On peut lire entre les lignes de cette direction, si nuancée et si ferme, toute la délectation qu’à procurée à Marie sa méritoire Fidélité.

Références :
19- Lettres, II, p. 481

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