Deuxième Partie
Les
Dons du Saint-Esprit ( Étude particulière de
chaque Don )
« L’Esprit que Jésus a promis et qu’il
a donné ; à son Église, agit dans les
âmes par la médiation de ses dons…
C’est un travail qui réserve de rares joies spirituelles
que de rechercher les aspects, les modes, les effets de cette
action chez les saints (1) .»
Chanoine P. Blanchard.
Référence
:
Dans Spiritus, Pentecôte
1960
|
| Explication |
| Ces
Dons du Saint- Esprit, nous les étudions à peu près
dans l’ordre donnée par saint Augustin, qui nous
fait observer que « si le prophète Isaïe a commencé
par les plus élevés en parlant du Christ, notre
devoir est de suivre l’ordre inverse, puisque nous devons
nous élever, par degrés, des moindres et des plus
accessibles, aux plus parfaits qui nous rapprochent de l’infini
» (1).
Pour ne pas trop nous étendre, nous négligerons
volontairement l’aspect apostolique du Don, le charisme.
Nous n’y ferons allusion qu’en passant, particulièrement
pour les Dons de Force et de Conseil. Notre attention se portera
directement sur l’abondante et nécessaire participation
aux Dons de l’Esprit sans la Vie intérieur d’une
âme (2).
Au
Don de Crainte, nous lierons la Béatitude de la Pauvreté
; au Don de Piété, celle de la Douceur ; au Don
de Force, celles de la Justice ; au Don de Conseil, celle de
la Miséricorde ; au Don de Science, celle des Larmes
; au Don de l’Intelligence, celle de la Pureté
; et au Don de Sagesse, celles des Pacifiques, « qui font
la Paix ».
Références
:
1-
Saint Augustin, Sermon 3476, sur la Criante de Dieu
2- « Il faut distinguer deux sortes de Grâces :
la première qui unit l’homme à Dieu, c’est
la Grâce , gratum faciens, qui rend agréable à
Dieu : et la seconde qui fait qu’un homme en aide un autre
à revenir à Dieu. Cette dernière s’appelle
Grâce gratis data, donnée gratuitement, parce que
concédée à l’homme, elle dépasse
et la puissance de sa nature ses mérites personnels.
D’autre
part, elle n’est pas donnée pour que celui qui
la reçoit y trouve sa justification, mais pour qu’il
coopère à la justification d’un autre. C’est
à son sujet que l’Apôtre dit : « La
manifestation de l’Esprit est accordée à
chacun pour être utile » ( Saint Thomas, Ia, Iae,
III, art I ).
Bien que nos ne fassions pas ici œuvre savante, nous nous
permettons de signaler le magistral article de la Revue Thomiste,
juillet –septembre 1959 : M.M, Philipon, les Dons du Saint-Esprit
chez saint Thomas, p. 451-482 |
| |
| Chapitre
7 |
| Le
Don de Crainte |
Sans
attribuer d’importance à une hiérarchie
des Dons, débutons par le Don de crainte, d’autant
plus que cela paraît plus conforme à la mentalité
de notre vénérable.
Voici, en effet, comment elle parle de ce Don dans son catéchisme
: « Le Don de Crainte est une tendresse de conscience
qui nous retient et nous empêche de commettre aucun
péché, ni de rien faire qui soit désagréable
à Dieu. Cette Crainte n’est pas inquiété,
ni scrupuleuse, parce que le Saint-Esprit qui la donne est
ennemi de trouble, mais elle est douce et tranquille, parce
qu’elle regarde Dieu non comme juge, mais comme Père.
Elle est Crainte parce qu’elle fait craindre le péché
; mais elle est en quelque façon Amour, parce qu’elle
aime Dieu et craint de lui déplaire. »
Marie nous indique bien que la Crainte inspirée par
l’Esprit rejoint L’Amour ; mais en appuyant comme
elle le fait sur le péché, elle semble prendre
à son compte l’adage connu : « Initium
saplentiae, timor Domini- la Crainte du Seigneur est le commencement
de la Sagesse » ( Psaume III ).
À
considérer la vie toute ordinaire du chrétien
nous savons qu’elle doit être modérée,
réglée, tout d’abord par la Vertu cardinale
de tempérance, et que cette Vertu elle-même est
aidée, dans son travail de base, par la pudeur et l’honnêteté,
la sobriété et la chasteté, la décence
et la modestie. C’est le stade des efforts de la raison
éclairée par la foi, de la volonté appuyées
sur la grâce. A ce niveau la criante servile inspirée
par la pensée des châtiments du péché
sera utile comme moyen de défense contre les assauts
de la nature (1).
Mais
nous devons ici dépasser ce stade et considérer
une crainte toute influencée par le Don de l’Esprit.
Référence
:
1- de Smet, Notre vie surnaturelle I, p. 335
|
| 1-
Le Don de Crainte et le péché |
L’
enseignement catéchistique de Marie trouve son complet
et son illustration dans ses état d’âme.
Ainsi elle écrit dès le début de sa Vie
mystique : « Lors, est un moment , les yeux de mon esprit
furent ouverts, et toutes les fautes et imperfections que
j’avais commisses depuis que je suis au monde me furent
représentées en gros et en détail, avec
une distinction, et une clarté plus certaines que toutes
certitudes humaines… La vue du péché,
pour petit qu’il pusse être, est horrible et épouvantable.
Et encore, la vue d’un Dieu fait homme versant son sang
pour expier le péché, la conscience que l’on
est personnellement coupable, voilà qui consomme et
anéantit l’âme (2). »
L’impression
reçue dû être bien forte pour qu’elle
dise ,vers la fin de sa vie, que depuis au quarante ans elle
a répété, un nombre infini de fois, ce
verset du psalmiste : « Qui connaît ses péchés
? Seigneur, purifiez-moi de ceux qui me sont cachés
(3). »
Le
Don de Crainte adonc ce résultat d’écarter
les nuages intérieurs qui empêche de voir la
malice du péché et la souffrance de Dieu ; il
détermine une contrition de jour en jour plus parfaite.
Un
jour, Marie entend cette parole : « Si tu avais une
perle ou une pierre précieuse, et que l’on vint
à la souiller, seras-tu contente (4) ? Une autre fois,
elle se voit en face de l’enfer : « La Divine
Miséricorde, par un écoulement secret de son
Esprit, excita la partie supérieur de mon être
à vouloir y être précipitée, non
pour lui déplaire, mais pour que la Divine Justice
fut satisfaite dans le châtiment éternel de mon
indignité (5).»
Pressé
par l’Esprit, elle veut réparer à tout
prix. Et ce sont des mortifications qu’elle ne trouve
jamais assez fortes et assez nombreuses : cilices, jeûnes,
amertumes dans les aliments, disciplines, coucher sur la dure…,
etc. Elle se lamente sur son impuissance : « Qui est-ce
qui me donnera des larmes de sang pour pleurer toutes les
impureté que j’ai commises conte la pureté
du Divin Esprit ? Oh ! qu’il y a des châtiments
que justement je dois porter (6) ! »
Références
:
2- Témoignage, p. 13
3- Lettres, II, p. 338, PS, XVII, 13
4- Témoignage, p. 31
5- Témoignage, p. 226
6- Témoignage, p. 229-230
|
| 2-
Le Don et la marche vers la perfection |
La
lutte est donc engagée,. L’Esprit va la conduire.
Il insiste sur les efforts de la Vertu. Il exige toujours plus.
Maire l’appelle : « Censeur inexorable et jaloux,
ennemi des remises et des récidives (7). » Elle
nous confie : « Il me fallait le suivre en tout, autrement
j’eusse eu dans mon intérieur un reproche qui n’est
pas croyable. Il voulait de moi une pureté et que je
ne connaissait pas, non plus que la fin pour laquelle il la
voulait (8) .»
Quel
prix doit-elle donc y mettre ?
Pour se rendre digne de son guide divin, elle expérimente,
bien avant son entrée en religion « les grands
et infinis trésors cachés dans les conseils
évangéliques,,, surtout ceux de la pauvreté,
de la chasteté et de l’obéissance…
» (9) « Plus tard, elle se sent pressée
à s’engager par vœu de chercher la plus
grande gloire de Dieu… spécialement sur les points
suivants : ne pas s’excuser, éviter les paroles
plaintives et exagérées, ne rien dire à
sa louange, fuir la jalousie, mortifier certains petit appétits
et pentes naturelles en tout ce qui se pourrait ( 10). »
Et
ce n’est plus seulement le péché, mais
la vie naturelle elle-même qui doit céder devant
l’Esprit, « elle expérimente que, dans
le centre de l’âme qui est la demeure de Dieu,
rien de souillé n’y peut compatir …(11).
» Néanmoins il y a de certaines exhalaisons de
l’impureté spirituelle dans lesquelles se trouvent
petites malices et petites gauchissements, qui voudraient
faire un subtil mélange avec ce qui est de l’Esprit
de Dieu, et tâchent de s’insinuer dans cette demeure
… (12).»
Références
:
7-
Témoignage, p. 235
8- Témoignage, p. 11
9- Témoignage, p. 44
10- Témoignage, p. 240-241
11- « N’y est compatible, n’y peut coexister
.»
12- Témoignage, p. 236
|
| 3-
Merveilleuse ascension de Marie |
Dans
son treizième « état d’oraison »,
Marie a brossé de ses expériences un splendide
tableau. Nous ne pouvons que le résumer ; mais, dans
sa sèche concision, il projette encore une belle lumière
sur l’action du Don de Crainte dans les âmes saintes.
«
Je dirais donc que Dieu ayant créé l’âme
raisonnable avec la liberté, lui a donné des
puissances pour opérer son salut par la Grâce
; et la divine Bonté fait fondre dans l’âme
des torrents de lumière, des feux et des ardeurs, par
une abondance d’Esprit où l’âme reste
passive,…
«
Ce Divin Esprit, qui veut posséder son domaine, commence
à attaquer la partie sensible de l’âme
et à lui faire souffrir des privations extrêmement
crucifiantes, la nature ne veut pas quitter son fort ; mais
elle expérimente que tous choses lui sont déniées,
et que son partage est la captivité où elle
se trouve, cette partie sensitive est sur le rien, et a un
entier dégoût des créatures ; elle est
sous les lois de l’Esprit et laisse la partie supérieure
jouir en paix de ses biens, qu’elle possède à
son exclusion. Celle-ci est dans un contentement très
véritable de se voir ainsi délivrée de
ce qui lui nuisait le plus…
«
Mais l’Esprit de Dieu qui veut tout pour lui, voyant
que l’entendement, quelque épuré qu’il
puisse être, même toujours quelque chose du sien
et de son propre agir dans les opérations divines,
ce qui, dans cet état n’est une pureté
notable, tout d’un coup pour l’arrête et
le rend entièrement incapable de ses opérations
ordinaires. Et la volonté, qui, pour avoir été
ravie en Dieu, n’a plus besoin de l’entendement
pour formenter son feu, est comme une reine qui jouit de son
divin Époux…
«
Des années se passent. Ce Divin Esprit, source inépuisable
et de toute pureté veut encore triompher de la volonté
qui, à ses divines motions, même le son propre
agir ; il veut, comme jaloux, être maître absolu.
L’amoureuse activité qui liait la volonté
et la concentrait dans son unique et souverain Bien est arrêtée
; et la volonté enfin mise au rang de l’entendement…
«
Voilà l’état de victime où l’
Esprit-Saint réduit les âme pour prendre en elles
ses délices (13). »
Références
:
13-
Témoignage, p. 266 et suivant.
|
| 4-
La Béatitude de la Pauvreté |
«
Bienheureux les pauvres en esprit, car le royaume des cieux
est pour eux (14). » Cette Béatitude est selon
la définition de saint Thomas, l’acte de Vertu
fortifiée par le Don de Crainte.
Mais
comment comprendre ici le mot Pauvreté » ? Ce
n’est pas simplement la vertu qui exclut l’attache
aux seuls biens matériels : la Pauvreté béatifiée
écarte tout le créé.
Il
s’agit en elle d’abnégation parfait, de
détachement complet, d’humilité aussi
bien que de pureté, de mort à soi. Cette Pauvreté
spirituelle établit l’âme dans une liberté
inconnue du chrétien ordinaire. L’âme n’est
plus alourdie par l’attirance des appétits du
corps et le poids des passions ;elle se dégage des
jouissances intellectuelles et jusque des consolations spirituelles
: elle est légère dans son ascension vers Dieu.
Pour
apprécier cette Béatitude en notre Vénérable,
rien en vaut son propre langage : « Dans la pauvreté
d’esprit, mon âme concevait des choses si hautes
et si divines que tous les royaumes du monde, et tout ce que
peut tomber sous les sens et dans la conception de l’esprit
humain ne lui paraissait que boue et le néant, que
ce qui est le moins et le rien des choses. Elle en était
si ravie et si charmée que si ç’eut été
une chose qui puisse s’acheter par la vie et qu’elle
en eût un million, elle eut tout donné pour l’avoir
(15). »
Références
:
14- Saint Matthieu, V, 3
15- Témoignage, p. 44
|
| 5-
Un « Fruit » de l’Esprit : La Tempérance
|
Nous
avons signalé au début de ce chapitre l’action
de base de la vertu de tempérance ; constations combien
« l’agir» , de l’Esprit, sanctifiant
et sublimant les efforts de Marie, en ont fait mûrir le
fruit. Deux formes de la tempérance se présentent
à nous : l’humilité et la chasteté.
Cette dernière, désirée dès l’enfance,
apporter à l’âme sa paix profonde, son bonheur
intime, quand Marie peut enfin en formuler le vœu, puis
quand l’Esprit la prépare à l’union
divine qui réclame l’absence de tout autre amour,
enfin lorsque cette chasteté se fond dans l’adhésion
complète à son Jésus.
Quand à l’humilité. Elle est pour Marie
source de joie indicible, dans son rôle de « bonne
à tout faire », puis dans l’apprentissage
de la vie religieuse, et chaque fois qu’ensuite, la règle
la déposant de la charge de supérieure toujours
redoutée, la rendra à la liberté du rôle
de sujette. |
|
Chapitre
8 |
Le
Don de Piété |
| «
Le Don de Piété, nous dit Marie de l’Incarnation,
est une promptitude de cœur et d’esprit, et même
de corps, à tout ce qui peut glorifier Dieu, particulièrement
en ce qu regarde son culte dans les pratiques de la religions,
comme sont les adorations, les sacrifices, les communions…,
et d’autres semblables, qui montrent que le cœur est
piqué de dévotion et gagée à Dieu
(1). » Quel
est le moyen initial pour exprimer nos devoirs envers Dieu ?
L’Église nous dit que c’est la mise ne œuvre
de la vertu cardinale de justice qui agit ici par une de ses
filiales : la Vertu de religion.
Mais si nous dépassons ces premiers devoirs imposés
par la justice, nous trouvons dans l’Évangile,
la loi d’Amour. E t la situation créée par
l’amour, saint Jean nos l’expose ainsi : «
Voyez et comprenez jusqu’où va l’amour que
vous a voué le Père, il va jusqu’à
nous donner le nom de fils de Dieu, jusqu’à faire
de nous le soyons vraiment (2), » Saint Pierre écrit
: « Dieu nous fait entrer réellement en participation
de sa nature (3). » Et saint Paul : « L’Esprit
lui-même atteste, d’accord avec notre esprit, que
nos sommes enfants de Dieu (4). »
Si
la Vertu de religion devait dans le premier cas, en raison de
notre faiblesse, se heurter, à de grades difficultés
et nécessiter déjà un secours spéciale
de Dieu, que dire de la situation nouvelle ? C’est tout
un autre programme qui s’offre à notre vie. Il
ne s’agit plus simplement d’écarter les obstacles
à la marche vers Dieu, et de réalise les devoirs
de la créature dans son rôle de servantes, il s’agit
de vivre aussi intensément que possible l’état
surnaturel qu’a crée l’amour et que nous
a révélé la Foi. C’est précisément
l’œuvre du Don de Piété.
Références
:
1-
Catéchisme, p. 75
2-I saint Jean, III,1.
3- II saint Pierre, I,4
4- Saint Paul aux Romains, VIII,16 |
1-Avec
Dieu et les Saints |
| Les
Relations de Marie ne sont en définitive que le développement
de ce thème : « Comment je suis entrée et
ai vécu dans la famille de Dieu ! » Religieuse
à Tours, en France, elle fut « illustrée,
un jour, de la vue des Trois Personnes de la Très Sainte
Trinité, en même temps qu’elle était
« impressionnée » de ces paroles du Suradorable
Verbe Incarné : « Si quelqu’un m’aime,
mon Père l’aimera, nous viendrons à lui,
et nous ferons une demeure chez lui (5). » Cette impression
nous dit-elle, portant les effets de la promesse de ses divines
paroles, et la Très Sainte Trinité, en son Unité,
s’appropria mon âme qu’elle avait rendue capable
de sa divine impression et de son divin commerce » (6).
Références
: 5-
D’après saint Jean, XIV, 23... 6- Témoignage,
p. 141 |
a-
Avec l'Esprit |
| Pour
le travail qu’exprime la parole de l’Évangile,
le Père et le Fils ont envoyé l’Esprit. C’est
pour l’ensemble de l’humanité, l’effet
des Mystères de L’Incarnation et de la Pentecôte.
Dans le fait spécial de la vie surnaturelle de Marie, c’est
le Don, l’envoie par son Époux divine, de son Esprit,
qui va la rendre digne du Mariage spirituel et de l’Union
transformante. L’Esprit va enrichir son âme et adapter
ses facultés sur le modèle de Jésus.
Note moniale le reconnaît et nous le révèle
: « J’expérimente que c’est le Saint-Esprit
que milieu au Père et du Fils. Je me trouve fréquemment
lui disant : « Divin Esprit, dirigez-moi dans les voies
de mon Divin Époux (7).»
Références
: 7-
Témoignage, p. 272 |
B-
Avec le Fils |
| Par
l’Esprit , nous sommes donc en contact et union intime de
pensée et de vie avec notre Frère Divin.. Ne nous
étonnons pas d’entendre notre guide unir, dans son
langage, Jésus et l’Esprit. « L’esprit
qui m’agissait m’unit à ce divin et très
adorable cœur de mon Jésus, en sorte que je ne respirais
que par Lui, expérimentant sans cesse de nouvelles infusion
de Grâces dans ce Divin Cœur et dans l’Esprit
de mon Jésus (8). » C’est
le Mystère d`jà signalé de l‘action
à la fois conjointe et distincte, des divines personnes,
dans la conjointe et distincte, des divines Personnes. Dans
la vie de notre vénérable, cette union du Christ,
au Références Verbe Incarné, au Chef du
Corps Mystique, ainsi introduite et fortifiée par Esprit,
va centrer de pus en plus sa tendance et ses aspirations sur
Lui, adhérer au Christ par la foi et l’amour devient
la plus grande préoccupation de sa vie. A la lumière
et da la force de l’Esprit, elle n’a vécu
que du Christ Jésus; elle a compris que toute en elle
L’Intéressait, Lui ; et , qu’en retour, une
vie chrétienne profonde ne pouvait être vécue
que pour Lui.
Références
: 8- Témoignage, p. 193
|
C-
Vers le Père |
| Marie
a aussi approfondit la parole de l’Évangile : «
Personne ne vient au Père que par moi (9).» Sa conviction
est fait que par Lui, avec Lui, et en Lui, Verbe de Dieu, son
âme entrera dans l’intimité du Père.
Ainsi, pour ne citer qu’un passage : « Elle sait que
son Époux est au sein du Père Éternel, où
se repose et ses repas sont dans l’amour mutuel de Père
à Fils, et de Fils à Père, et leur plaisir,
cette Spiration d’amour, Dieu, le Saint-Esprit (10) .»
De quoi transformer et embaumer toute la vie d’épreuve
de notre pauvre terre ! Références
: 9- Saint Jean, XIV, 6 -----10- Témoignage, P. 67 |
D- Avec les Saints |
| La
vie de l’enfant de Dieu dans l’intimité de
son Père ne doit-elle pas provoquer des relations d’amitié
avec les Bienheureux ? Sans
trop s’étonner, on admire et on envier la douce
familiarité de Marie de L’Incarnation avec la Vierge
qui la baise par trois fois dans la vison du Canada ; tandis
que son âme déborde d,une tendre dévotion
pour saint Joseph, ont la place est marquée auprès
de la Vierge dans la fondation de Québec.
Quand aux Saints Anges, qui ne se plaira à lire le récit
de cette journée d’intimité dont elle a
joui, avec les Chérubins brillants de la lumière
de Dieu, avec les Séraphins à qui elle mendie
leur amour, avec les Trônes en qui lut apparaît
que Dieu vers sa Pureté (11).
Références
11- Témoignage, P. 179-182
|
2-Le
Don de Piété et le prière |
| L’âme
que travaille le Don de Piété sera une âme
de prière, puisque saint Paul nous dit que la véritable
prière est celle que l’ Esprit-Saint formule en nous
(120.
C’est le spectacle que nous offre Marie dans les années
qui précèdent son départ pour le Canada.
Elle multiplie ses prières au Père Éternel
et s,en explique ainsi : « J’avais une certitude
que la Divine Majesté agréerait mes insistances,
que je ne faisait que parla motion de Saint-Esprit (13).
C’est
le spectacle de l’intérieur de son âme dans
l’ordinaire de sa vie d’amour qu’elle nos
révèle : « Le Saint-Esprit faisait chanter
à mon âme un épithalame continuel de la
façon et manière qui lui plaisait. Ce langage
tout céleste…, vient des embrasements du Verbe
adorable et de l’âme qui, dans les baisers de sa
divine bouche est remplie de son Esprit (14). »
Qu’il
s’agisse de prières de demande ou de la pure adoration,
toute la vie de Marie est là. Il en fut ainsi puisque
nous voyons Marie écrire à une dame, en 1648 :
« Au commencement que Dieu me fait l’honneur de
m’appeler et de me toucher le cour, je lui parlais sans
cesse … (15). »
Références
12- Saint Paul aux Romains , VIII, 15
13- Témoignage, P. 197
14- Témoignage, P. 86, Extraits d’un épithalame
de Marie Incarnation : » Ah! Ah! Amour, Amour, combien
sont doux vos charmes et vos aimables liaisons ! ah ! que vos
êtes un doux Amour ! vous nous bouchez les yeux, Vous
nous désolez les sens, Vous nous rendes comme insensé…
je sais ce que je ferai : je m’en vais me lancer vers
Vous, en contre-échange de ce que Vous faites à
mon âme … Ah ! Vous serez mon esclave : Je Vous
aurai à souhait, Ah! mon Tout, qu’est-ce que je
veux de Vous ? Je veux l’Amour, et ne veux que l’Amour.
»
15- Lettres , I..380 |
Le
Don et le Corps mystique |
| Vivre
de l’Esprit, c’est aussi pratiquement éclairer
par une vive Foi, animer d’un Amour surnaturel, nos relations
avec la famille de Dieu sur la terre, membres de Hiérarchie
ou simple fidèles.
Le Souverain Pontife, les Évêques, les Directeurs
et Supérieurs, tous ceux qui ont autorité, c’est
Dieu. De là cette confiance aveugle de la jeune Maire
à ses confesseurs, et plus tard, en des circonstances
bien délicates, de la fondatrice à l’Évêque
de Québec. De même, les hommes, tous les hommes,
c’es la grande famille de Dieu. Nous voyons Marie s’épancher
« en actions de grâces de ce qu’il avait plus
à Notre-Seigneur de la faire naître de parents
chrétiens, et de ce qu’Il l’avait appelée
à la vocation de« fille de l’Église
» (16). Et nous voyons bientôt chez elle cet Amour
du Corps Mystique prendre un caractère d’universalité,
s’étendant à toutes les âmes pour
lesquelles son Époux Divin a versé son sang sur
le Calvaire.
Références
:
16- Témoignage, p.10 |
La
Béatitude de la Douceur |
| La
douceur qui est ici béatifiée, n’est-ce pas
celle qui déborde du Cœur de Jésus, humble
et doux ? Rien d’étonnant, alors, que cet Époux
divin en ait doté, et abondamment, sa fidèle épouse.
Ne dit-elle pas, dans son quatrième état d’oraison,
qu’elle « avait eu jusque-là, en jouissant
de la présence ( de l’Humanité Sainte ),
l’expérience de sa douceur ? » ( 17).
C’est de Jésus qu’elle apprit à «
s’exercer en la Douceur d’esprit », «
sans quoi, dit-elle, ma nature eût fait bien des échappées
» (18).
De
cette Béatitude provient sa grande Paix « la paix
savoureuse féconde » qui va l’accompagner
dans toutes les préparatifs de son départ et dans
son action apostolique (19).
Et
le résultat de cette Béatitude, « ils posséderont
la terre », trouve en la vie de Marie une application
saisissante, étant donnés les obstacles rencontrés
et les merveilleux résultats de cette première
expérience des femmes missionnaires.
Références
:
17-
Témoignage, p.27
18- Témoignage, p.51
19- Témoignage, p.195 |
Un
« Fruit » de l’Esprit : La Bonté |
| Sous
l’influence du Don de Piété et de la Béatitude
de la Douceur, les âmes chrétiennes se remplissent
de Bonté. Que
le magnifique exemple nous donne sur ce point notre Vénérable
! Et L’Esprit n’a pas attendu le Canada et le contact
méritoire avec les Indiennes pour en doter sa disciple.
La
plus délicate bonté apparaît dans la servante
qui vit : « au milieu des serviteurs des charretiers,
des crocheteurs , dont elle faisait les offices en cachette,
qu’elle traitait comme ses enfants (20) , qu’elle
réduisait où elle voulait, avec qui elle s’allait
mettre pour leur faire éviter les paroles sales, leur
parler des jugements, de Dieu et les préparer pratiquement
à la confession » (21).
Elle
cueille, dans sa bonté, la joie suprême de se sacrifier
à toutes les âmes, filles de Dieu.
Références
: 20- Témoignage, P. 25-40….21- Témoignage,
P. 55-88 |
Chapitre
9 |
Le
Don de Force |
La
Vertu de Force est celle qui détermine l’homme
à accepter les dangers, les souffrances et même
la mort avec courage et fermeté. Elle règle les
passions de crainte et de hardiesse. Par elle s’accomplissent
les oeuvres grandes et difficiles; par elle les contrariétés
sont patiemment supportées.
La théologie morale lui unira les Vertus de magnanimité
qui voit grand sans témérité ; de générosité
qui évite la mesquinerie; de patience qui modère
la tristesse; et de constance qui persiste dans la lutte ou
le support.
Nul doute que la vie chrétienne, pour être bien
vécue, ne réclame à la fois la vertu
de Force et le Don correspondant : La vertu, parce quels obstacles
sont le pain quotidien ; le Don, en raison du but élevé
qui doit être visé, soit dans la formation de
la personne, soit dans son action extérieure pour la
gloire de Dieu.
«
Le Don de Force, nos dit la catéchisme de Marie, est
une vigueur spirituelle et un courage surnaturel que le Saint-Esprit
donne pour accomplir ses volontés, et pour surmonter
tous les obstacles, qui se présentent dans son service
et dans l’ouvrage de notre salut, soit de la part des
hommes, soit de la part des démons, soit enfin de la
part de notre passion et de notre cupidité, qui sont
les plus grands empêchements de notre salut et de notre
perfection (1).»
Nous
regardons la petite fille qui se donne à Dieu à
sept ans, et voici que résonnent à nos oreilles
les paroles de saint Paul affirmant l’existence et le
travail de l’Esprit : « Infirma mundi elegit Deus,
eut confundat fortia » ce que l’on peut traduire
: « En face de l’apparente force du monde, Dieu
pose l’impuissance victorieuse des siens (2). »
Référence
: 1- Catéchisme, p. 75…2- Saint Paul aux Cor.
I, i, 27
|
| 1-
La formation de l’âme |
Le
Don de Force servira d’abord à la formation de
l’âme. Cela doit être : même si l’on
ne veut apprécier que l’œuvre extérieur,
il faut bien que l’instrument soit adapté à
sa tâche. D’ailleurs, en bien des cas, le seul contact
de la sainteté suffit à impressionner, d’abord
par l’étonnement, puis par l’admiration…
et l’imitation.
N’est-ce pas ce qu’offre à nos yeux quand
nous considérons ce qu’on peu appeler la période
de formation de notre Vénérable ? Quelle force
a été nécessaire à cette personne
pour s’adapter à des situations aussi difficiles
que sa domesticité au milieu d’ouvriers assez
frustes, qui en vinrent pour elle à une véritable
vénération ? De qu’elle force eut-elle
besoin au temps où la direction extérieure spirituelle,
celle du prêtre, lui manquait ? Cette Force remplissait
son âme : L’ Esprit-Saint était là.
|
2-
Le courage chrétien |
Apprécions
la conduite de Marie dans sa vocation, Notre Vénérable
a été mariée. Devenue veuve deux ans
après, elle entend l’appel de Dieu, qui renouvelle
sa sollicitation d’autrefois à la vie religieuse.
Que faire ? car elle a un enfant qui réclame ses soins
? Une dizaine d’années vont se passer, pendant
lesquelles la sollicitation divine va se faire de plus en
plus pressente. La réponse de Marie sera une décision
aussi héroïque que celle de sainte Jeanne de Chantal
qui passa sur le corps de son fils. Et même, ici, le
cœur de la mère n’en fut pas quitte par
un acte.
Plusieurs circonstances le déchirèrent encore.
C’est l’enfant qui vient crier à la porte
du monastère : « Rendez-moi ma mère. Je
veux ma mère ! » Ce sont des religieuses qui
pleurent de compassions, tandis que d’autres lui disent
qu’elle est bien cruelle… C’est le diable
qui veut lui persuader que c’est par égoïsme
qu’elle est entrée en religion…, etc. (3)
La souffrance physique la trouve aussi courageuse. Aux prise
avec la maladie, elle écrit à son fils : «
Cette longue maladie ne m’a point ennuyée, le
Divin Esprit de mon Époux ne me permettant pas de souhaiter
un moment de relâche à mes souffrances ; mais
plutôt me mettant dans le disposition de les endurer
jusqu’au jour de jugement(4). » Dans une autre
circonstance, elle confie à sa plume cette confidence
: « Mon Cher Amour, je ne suis pas lasse de souffrir
; non ! Je ne suis pas lasse 5 ! »
Références
:
3- Témoignage, p. 129 et suiv.
4- Témoignage, p. 314
5- Témoignage, p. 156
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3-
Les entreprises |
Marie
est moniale et mystique, et nos la savons jetée par Dieu
en plein action ; nos n’avons donc que le choix des situations
où le Don de Force s’impose.
Mairie par de France » En mettant le pied sur la chaloupe,
il me sembla, dit-elle, entrer en paradis, puisque je faisais
le premier pas qui me mettait en état de risque ma
vie pour l’amour de Celui qui me l’avait données
(6). » et pendant trente-quatre ans, elle se dépensera
dans toutes les domaines de l’activé que comporte
sa vocation.
Quand, en 1650, son monastère de Québec, sera
incendié, elle dévoilera ainsi son âme
: « Je ne ressentis pas un moment de tristesse, de peine,
d’ingratitude ; je me sentais intimement unie à
l’Esprit qui faisait cela. Mon esprit et mon cœur
lui disaient sans cesse : « Vous avez fait cela, mon
Chaste Époux, soyez-en béni (7). »
Elle
bénira encore le Bon Dieu, dix-sept ans plus tard,
en confiant à son fils les misères du moment
: « … je devrais garder le lit ; cependant je
n’arrête pas un moment. Je suis la prière
levée et la dernière couchée ; et il
est rare que je prenne du repose. J’assiste à
toutes les observances. J’écris continuellement
des lettres et des mémoires pour nos affaires de France…
» « Remerciez Dieu des assistances qu’il
me donne (8). »
Elle
a soixante ans quand elle donne ainsi l’exemple à
ses sœurs. A cette époque, elle a appris plusieurs
langues ; elle a composé un gros livre algonquin rempli
d’histoire saintes, un dictionnaire algonquin à
l’alphabet français, un autre à l’alphabet
algonquin,
un dictionnaire et un catéchisme iroquois . Mulierem
fortem quis inveniet ? Procul et de ultimis finibus pretium
ejus (9) !
Références
:
6-
Témoignage, p. 214
7- Témoignage, p. 258
8- Lettres, II, P. 344
9- Prov. XXX, 10
|
La
Béatitude de la Justice |
«
Bienheureux ceux qui sont affamés et assoiffés
de les Justice, car ils seront rassasiés (10).»
Vouloir
la justice, c’est vouloir à réalisation
des droits de Dieu, c’est se mettre complètement
à sa disposition pour écarter les obstacles
en nous et autour de nous, c’est accepter dans les moindres
détails la divine volonté.
Elle
était vraiment affamée et assoiffée de
la Justice cette moniale qui, poussée par l’Esprit,
osait prier ainsi : « O Père, que tarez-vous
? Il y a si longtemps que mon Bien-Aimé a répandu
son sang… Vous garderez votre parle…, car vous
Lui avez promis toutes les nations.. » Elle voyait la
justice de son côté, et l’Esprit lui faisait
dire : « Cela est juste que mon divin Époux soit
le Maître (11).»
Dans
cette conviction, maire a prié ; dans cette conviction,
elle agi. Au moment de s’embarquer pour le Canada, elle
expérimentait que l’Esprit possédait son
âme et lui donnait des motions conformes à l’acte
qu’elle allait faire. Vraie Béatitude, qui la
fait s’écrier : « O Dieu ! qui pourrait
dire ce qui se passe en cet abandon de tout moi-même.
Je ne saurais l’exprimer (12). »
Références
:
10- Saint Matthieu, V, 6
11- Témoignage, p.189-190
12- Témoignage, p.213
|
Un
« Fruit » de l’Esprit : La Patience |
| Saint
Paul dit aux Colossiens : « La puissance de Dieu vous
fortifiera pour la pratique de la Patience (13). »
Notre
Vénérable a joui de ce « Fruit » au
long des épreuves qui ont marqué son ascension
d’amour.
Elle écrit à propos d’une croix, en son
cinquième état d’oraison : « Il me
fallait avoir la vue continuelle sur moi-même…,
et il ne me souvient point de m’être impatientée,
quelque peine qu’on me fit, durant tout le temps que Notre-Seigneur
me fit porter cette croix (14).»
Dan l’attente de la vie religieuse, on la voit presser
Dieu de la lui accorder ; et elle entend en son cœur cette
parole amoureuse ; « Attends, attends, aies patiences.
»
«
Alors, dit-elle, je ne faisais point d’autre recherche
que d’attendre les moment de son exécution (15).
»
Références
:
13- Saint Paul aux Col. 1, 11
14- Témoignage, p. 51
15- Témoignage, p.115, Voir aussi Témoignage,
p. 41 |
Chapitre
10
|
|
Avec
le Don de Force, le Don de Conseil vient rendre possible la
monte de l’âme. Il indique la route, S. S. Pie XIII
priait, ainsi, le14 mai 1942 : « O Esprit-Saint, faites
voir à tous ceux qui portent au front le nom du Christ
le sentier augustes de la vérité, qui seul conduit
au salut. »
La vertu cardinal qui dirige nos pas est le Prudence. Elle
réfléchit, elle juge, elle décide. Elle
est au centre de notre âme dans notre conscience, et
toutes les vertus lui obéissance.
Par l’exercice de la prudence s’acquiert la facilité
à trouver la décision convenable, la facilité
aussi pour éclairer, par les principes généraux,
les cas particulier, et pour remarquer les exceptions qu’imposent
les circonstances. Lourde tâche, vraiment, et que l’expérience
nous révèle souvent au-dessus de nos forces,
si grande est la complexité des puissances, bonnes
et mauvaise, intérieures et extérieurs, qui
s’affronte dans notre vie !
Que trouvons-nous dans nos décisions ? Bien souvent,
une précipitation mêlé de présomption,
un défaut d’attention qui révèle
la faiblesse de notre nature ; à moins que ce ne soit
la nonchalance, une préoccupation troublante, l’inconstance
ou le souci exagéré et fiévreux d’une
décision favorable ? Que sais-je ?
Écoutons
notre conseillère : « Les âmes pusillanimes
font de lourdes fautes : choisissant l’état de
vie qui semble devoir les exempter de telles ou telles souffrances,
elles quittent celui où la divine Majesté voulait
Se servir d’elles. Cela L’oblige de les laisser
entre les mains de leur conseil, puisqu’elles aiment
mieux suivre leur route que la sienne (1).»
Et voici ce que nous enseigne son catéchisme : «
Le Don de Conseil est une lumière qui nous fait voir
ce que nous devons faire pour plaire à Dieu, surtout
quand les secours humains nous manquent et qui , d plusieurs
moyens, nous découvre ceux que nous devons choisir.
Encore que l’ Esprit-Saint, pour l’ordinaire,
on cette lumière dans les choses qui regardent la gloire
de Dieu et notre salut, il la donne néanmoins aux jutes
dans la conduite même des choses humaines, à
cause de la droiture de leurs intentions (2).»
Références
: 1- Lettres, II, p. 530… 2- Catéchisme, p. 75
|
La
direction de l’ Esprit-Saint
|
La
direction de l’ Esprit-Saint peut utilise le simple effort
de la Vertu de prudence ou apporter la puissance du Don de Conseil,
tout dépend de la fidélité de l’âme.
Et n’oublions pas que cette action divine est toujours
à pied d’œuvre.
Alors suivons l’avis de notre Vénérable
: « L’Esprit de Jésus persuade, convainc,
et attire si doucement qu’il n’est pas possible
de lui en refuser. Une douce persuasion est son langage ;
et la réponse de l’âme de se laisser emporter
amoureusement (3).»
Mais l’âme a peur de l’inconnue, peur aussi
de perdre son initiative, elle a tendance a résister.
Notre guide insiste, en sermonnant son fils : « Vous
serez toujours dans l’embarras des affaires conformes
à votre état. Si vous êtes fidèle,
l’ Esprit-Saint vous donnera le don de conseil pour
tout ce qu’il commettra à vos soins, de sorte
que vous ne pourrez rien vouloir que ce qu’il vous fera
vouloir, ni faire que ce qu’il vous fera faire (4).
»
Rien n’est plus convaincant que l’exemple de Marie
elle-même quand l’Esprit la pousse vers sa double
vocation, religieuse, et missionnaire, entrer en communauté
et aller au Canada. Elle avait trente ans. « Il plut
à la divine Majesté de me donner connaissance
que le temps était venu d’entrer en religion,
une voix intérieur me poursuivait partout qui me disait
: « Vite, vite, il est temps, il n’y a plus à
tarder ; il ne fait plus bon dans le monde pour toi (5). »
Ne novembre 1638, elle écrit à Mme de La Peltrie,
avec qui elle ira au Canada : « Il y a cinq ans que
j’attends l’occasion d’obéir aux
semonces pressantes qu e m’en fait le Saint-Esprit (6).
»
C’est donc bien vrai : le Saint-Esprit, et notre devoir
est d’ouvrir notre âme.
Références
:
3-
Témoignage, p. 292
4- Lettres II, p. 257
5- Lettres II, p. 408
6- Lettres I, p. 50
|
La
direction de l’Église
|
| La
direction du prêtre doit, d’une façon ordinaire,
doubler et contrôler celle de Saint-Esprit, tout en lu laissant
l’initiative. Marie
en informe son fils : « Un père spirituel est comme
un ange visible que Dieu nous donne pour nous diriger dans ses
voies, et qui fait visiblement à notre âme ce que
fait notre Bon Age d’une manière invisible (7).»
Notre Vénérable ne sera passe peine, pour nos
offrir l’application de ces principes. Depuis longtemps
elle entendait une voix intérieure, quand l’Esprit
mit sur son chemin un prêtre qui put la comprendre. Quel
changement alors dans sa conduite ! Elle avait tellement expérimenté
« qu’une âme qui n’a point de directeur
peut difficilement éviter les pièges de l’ennemi..;
et que, quand de les éviterait, elle serait incapable
de faire aucun progrès, dans la vie spirituelle »
(8).
Non pas que Marie perde, dans l’obéissance, son
éminente personnalité, mais elle aime, à
faire contrôler ses actes (9). Dans la situation exceptionnelle
où Dieu la plaçait, qu’elle tranquillité
! « Dès que j’eus commencé d’ouvrir
mon cœur à ce bon Père, écrit-elle
du Père de la Haye, toutes mes peines se dissipèrent
comme qui m’eût déliée d’une
captivité (10). » Même langage, plus tard,
à Québec, à propos du Père Lallemant
: « Dieu me donna un si grande ouverture de cœur
pour ce saint homme que mes croix perdirent beaucoup de leur
pesanteur. Et mon âme se sent liée à ce
grand serviteur de Dieu pour suivre les voies divines (11).
»
Et elle en vient « par un mouvement et une forte inspiration
du Saint-Esprit, à faire un vœux particulier d’obéissance
au R.P. Supérieur des missions, à cette fin d’être
conduite dans toute ce qu’il lui plairait d’exiger
d’elle » (12). Le résultat de cette direction
fut la liberté, de son âme et la possibilité
d’utiliser tous ses moyens pour l’accomplissent
des désirs immenses que sa magnanimité a acceptés
de l’Esprit.
Références
:
7- Lettres, II, P. 480
8- Lettres, II, P. 481
9- Témoignage, p. 320
10- Témoignage, p. 174
11- Lettres, II, p. 100
12- Témoignage, p. 223 |
L’
âme de Conseil
|
| Comme
plusieurs saintes éminents, tout en étant, pour
ce qui la regarde, humblement soumise à ses directeurs,
Maire de L’Incarnation, saura comprendre, deviner les âmes
et trouver les paroles que leur était réclame ;
ou plutôt, l’Esprit de Conseil se servira de son intermédiaire,
elle s’en rend compte, puisqu’elle écrit un
jour à sa nièce : « C’est Dieu, ma chère
fille, qui me meut à vous parler de la sorte, et je ne
puis faire autrement (13) .» Ses
lettres à son fils sont des merveilles de direction,
où se succèdent, suivant les circonstances, conseil
de prudence, pour les relations avec les hommes, et lumineux
principes pour les rapports les en plus intimes avec Dieu. Nous
en avons cité quelques passages, en voici encore : «
Pourquoi avez-vous tant de répugnance d’aller demeurer
dans votre pays? C’est là une imperfection. Il
faut y voler, si Dieu le veut ainsi. Ce n’est pas que
je ne vous excuse sur les grands embarras que vous me dites
qu’il faut essayer, mais le Don de Force vous y attend
si Dieu vous y veut (14). »
Au
Canada, elle devient, en maintes occasions, la conseillère
écouté des plus hautes autorités. Ses écrits
nous la montre attentive, prête à donner un avis
quand les responsables s’affolent. « J’ai
vue, plus d’une fois, former des desseins de nous renvoyer
en France …. ; il nous fallut livrer des combats pour
résister à des bonnes têtes, don la force
et la prudence ( toute humaine _ semblaient devoir l’emporter…
Et nous voilà encore ici… Dieu a fait avouer à
ceux qui avaient conclu à notre retour, qu’il nous
veut au Canada (15). »
Références
:
13-
Lettres, II, p. 506
14- Lettres, II, p. 258
15- Lettres, I, p. 429 |
La
Béatitude de la Miséricorde
|
| «
Bienheureux les miséricordieux, car il leur sera fait miséricorde
(16).» telle est la béatitude que les théologiens
considèrent comme l’acte du Don de Conseil.
S’il est vrai, comme a dit saint prêtre que «
la plupart des âmes se perdent par le découragement
» (17), qu’il est beau l’apostolat de ceux
et de celles qui, penchés sur les misères humaines,
soutiennent et soutiennent encore, encouragent toujours.
Ainsi a fait Marie, la miséricordieuse. Elle avait puisé
cette Miséricorde, avec la douceur et l’humilité,
dans le Cœur de Jésus. Elle aurait voulut avoir
une voix puissante pour se faite entendre du monde, entier :
« J’embrasais en esprit des troupes d’âmes
qui ne connaissaient pas mon Époux, et je volais le concentrer
dans le très précieux Sang de cet adorable Sauveur
(18.»
L’Évangile nous dit qu’aux miséricordieux
« il sera fait miséricorde ». C’est
la récompense de Dieu. Plus la charité découle
de l’âme de Conseil sur ses sœurs de misère,
plus le Dieu de charité accentue en elle son emprise.
De là, pour Marie une bienheureuse familiarité
qui dépasse tout l’humain et qu’elle ne peut
exprimer.
Références
:
16-
Matt. V.7
17- Libermann, Lettres , III, p. 290
18- Témoignage, p. 191 |
Un
« Fruit » de l’Esprit : la Fidélité |
| Dans
l’obéissance continuelle à la direction de
l’Esprit, l’âme fervente l’acquiert de
plus en plus.
Maire de Incarnation, modèle de fidélité,
la souhaite à tous. Elle étudie en ce termes l’état
d’âme d’une Sœur : « Il faut que
sa vertu surmonte la raison humaine… Elle n’aura
pas de repos jusqu’à ce qu’elle se rende…
Elle ne laisse pas d’être bonne religieuse, mais
elle serait tout autre si elle prenait l’esprit que Dieu
demande d’elle (19). »
On
peut lire entre les lignes de cette direction, si nuancée
et si ferme, toute la délectation qu’à procurée
à Marie sa méritoire Fidélité.
Références
:
19- Lettres, II, p. 481 |
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