MON DIEU ET MON TOUT

© + Sr Denise Ermite

Janvier à Mai Série 1 Fleurs Franciscianes

INTRODUCTION

02 janvier Bienheureux Bentivolio De Bonis, prêtre (1182-1232) franciscain*Bienheureux Gérard Cagnoli, frère lai (1266-1345) franciscain * Triomphe de Saint Nom de Jésus
04 janvier Bienheureuse Angèle De Foligno, du Tiers -Ordre , veuve, pénitente et maîtresse de vie spirituelle ( 1248- 1309)
16 janvier Saints Bérard, Pierre, Othon, prêtres, Adjut et Accurse, f.con.o.f.m. premiers martyrs franciscains (1129)
19 janvier Bienheureux Thomas De Cori, prêtre (1655-1729) *..
Bienheureux Charles De Sezze, convers, o.f.m. *
Bienheureux Bernard De Corleone, cnovers des FF.Min.Capucins (1607-1667) *
28 janvier Bienheureux Odoric, prêtre(1285-1331) .. Bienheureux Roger De Todi(+1337) prêtre
Bienheureux Égide De Laurenzona, convers (1443-1518) *
29 janvier Saint François De Sales, évêques et prince de Genève, docteur de l'Église,
30 janvier Sainte Hyacinthe De Mariscotti, vierge, tertiaire régulier,(1585-1640) *
31 janvier Bienheureuse Louise Albertoni (1474-1533) *
Bienheureuse Paule Cambara-Costa (1505), du Tiers-Ordre, Veuves.

02 Jan. 1188-1232 Bienheureux Bentivolio De Bonis prêtre ( 1188-1232)

Ainsi lisons-nous au chapitre 42e des Fioretti. Parmi ces saints, saluons au commencement de l'année le bienheureux Bentivolio. Fils de Giraldo de Bonis, riche gentilhomme de San Séverino, et de Dona Albasia; il passa sa jeunesse dans l'innocence et la piété. Puis touché par la prédication d'un disciple de saint François, le Frère Paul de Spolète et attiré par son exemple, il renonça aux espérances du monde, alla trouver saint François et lui demanda de revêtir les livrées de la pauvreté. Son sacrifice fut par sa famille une source de bénédictions, car plusieurs suivirent son exemple : Deux de ses sœurs se firent Clarisses, deux de ses frères et quatre de ses neveux devinrent Frères mineurs.

Ordonné prêtre, brûlant de sauver les âmes, Bentivolio devint un apôtre infatigable; du haut de la chaire comme au tribunal de la pénitence, il versait sur les âmes les ardeurs de son amour divin.Un jour qu'il prêchait au peuple, une étoile apparut sur son front, et illumina toute sa personne, Dieu voulant ainsi rendre plus forte la parole de son serviteur. Un autre fait extraordinaire récompensa sa charité; on avait confié à ses soins un lépreux et, ayant été obligé de changer de couvent, il ne voulut point abandonner son malade. Il le chargea sur ses épaules, se mit ainsi en marche, au moment où l'aurore commençait à poindre, et selon le naïf récit du chroniqueur, il fit le voyage avec une telle rapidité, qu'un aigle n'aurait pu le suivre.

Le serviteur de Dieu fut aussi favorisé de communications célestes: on le vit souvent en extase, et élevé au -dessus de terre. Le curé de San Sévérino l'apercevant un jour, environné de lumière, en fut si frappé, qu'il embrassa la vie religieuse dans l'Ordre de Saint-François, et y vécut saintement sous le nom de Frère Massé.Le jour de Noël 1232 fut le dernier de sa vie terrestre. Il naquit au ciel en l'anniversaire même de la Nativité de son Seigneur. Son corps repose actuellement à San-Sévérino, en la chapelle de Notre-Dame des Lumières. Le Pape Pie IX a confirmé le culte qui lui fut toujours rendu. Tirer des Fleurs Franciscaines Vol.1 page 13à15 -

02 Jan. 1266-1345* Bienheureux Gérad Cagnoli(1266-1345)


Gérard Cagnoli naquit à Valence en Italie vers la fin du XIIIe siècle, de parents nobles et pieux. Fils unique à peine âgé de dix ans, il perdit son père. Sa mère restée veuve, traînait la vie pénible des malades, il la soigna avec assiduité et filiale piété pendant 14 ans. Après sa mort, il gravit rapidement les sentiers de la vertu; ayant résolu de dire adieu à son pays natal, de renoncer aux richesses et aux plaisirs du siècle, de rejeter toute alliance terrestre, pour s'élever plus librement vers Dieu et les choses célestes, il distribua aux indigents l'héritage paternel, et en pauvre pèlerin, visita les sanctuaires les plus vénérés de l'Italie. Après plusieurs pèlerinages, il arriva en Sicile; là, au pied du mont Etna, il s'établit dans un endroit solitaire, comme en un lieu de refuge pour mieux songer à son salut éternel, et pour y mener une vie plus pénitente encore, et toute consacrée à Dieu. Quelques années s'écoulèrent ainsi quand il parvint un écho de la renommée dont saint Louis, évêque de Toulouse et Frère Mineur, remplissait le monde chrétien.

Désirant appartenir à un Ordre où fleurissaient d'aussi belles vertus, il quitta sa retraite et demanda à entrer au couvent de Randacium, près de Messine. Là, soumis à ses supérieurs, il s'adonna aux plus humbles travaux. On raconte qu'un jour, en une fête solennelle, comme il était chargé du repas et que malgré l'heure avancée il n'était point encore au travail, on le trouva en prières à la chapelle. On l'envoie, en hâte, à la cuisine; or à peine y est-il entré qu'un jeune homme d'une céleste beauté apparaît et l'aide à tout préparer, et au dire des invités jamais aliments plus délicieux ne furent servis.

Peu de temps après, au couvent de Palerme, les supérieurs confièrent au Frère Gérard la charge délicate de portier. Là encore il fit rayonner autour de lui, sur les religieux et les séculiers, la pieuse influence de ses paroles et de ses exemples. Durant cette période de sa vie, il se contentait d'une seule tunique, portait un rude cilice et marchait toujours pieds nus. Très peu de chose suffisait à sa nourriture, son sommeil était court et encore le prenait-il étendu sur des planches. Pour dompter son corps et le soumettre à l'âme, il le flagellait durement.

Enflammé d'une surnaturelle charité, il se rendait fort souvent à la cellule de saint Louis. Là, devant l'image du pieux évêque, il était ravi en extase ou perdu dans sa contemplation des choses divines, le visage resplendissant d'une céleste clarté. A cette époque le roi Pierre régnait en Sicile; son épouse Élisabeth, déjà mère de sept filles, se désolait de n'avoir pas de fils qui put hériter du royaume. Le serviteur de Dieu, touché de compassion et divinement inspiré, se rendit auprès de la reine, la consola et lui prédit qu'elle aurait bientôt un fils, à qui on donnerait le nom de Louis. L'événement vint justifier la prédiction.

Dans le courant de l'année 1345, Frère Gérard, alors âgé de 79 ans, après avoir passé trente-six ans en religion, fut atteint par la maladie qui devait l'emporter; il eut à soutenir de rudes combats que lui livra l'ennemi du genre humain et à lutter contre bien des tentations dont il fut assailli; il en sortit vainqueur. La Bienheureuse Vierge lui apparut pour le réconforter. Elle lui adressa de douces paroles et lui annonça que l'heure de sa mort était proche. On était au vendredi, le dimanche suivant, 29 décembre, Frère Gérard quittait, dans une paix profonde, cette terre d'exil pour la céleste patrie. Le 13 mais 1908, Pie X a confirmé le culte de ce Bienheureux. Tirer Fleurs Franciscaines Vol.1.p. 15 à18

2 Jan. +-1530 Triomphe du Saint Nom de Jésus

La propagation de la dévotion au Saint Nom de Jésus est une gloire de l'Ordre franciscain. Saint François d'Assise en fut un ardent promoteur et ses fils imitèrent sa dévotion, la propagèrent, la défendirent parfois contre les attaques dont elle fut l'objet, et finalement la firent triompher si glorieusement qu'en 1530, la fête de " triomphe du Saint Nom de Jésus " fut établie dans l'Ordre séraphique, et plus tard, en 1721, la fête du Saint Nom de Jésus fut célébrée dans l'Église universelle. Si le nom d'un ami est agréable à entendre et à prononcer, faut-il s'étonner si saint François, l’amant passionné du Christ, ait senti la puissance et l'amabilité du Nom sacré de cet Ami divin.

" Quand le nom de Jésus venait sur ses lèvres, nous dit le Docteur séraphique, sa voix alors s'altérait, et il ne pouvait passer outre; on eut dit qu'il eut entendu une musique intérieure dont il aurait voulu ressaisir les notes. "--" Il en faisait le sujet quotidien de ses conférences, et les Frères savaient par expérience combien ce nom était doux et suave dans les conversations du saint homme, de quel amour et de quelle bénignité il pénétrait ses discours…

Du cœur du père, l'amour du nom de Jésus descendra doucement dans le cœur de fils qui travailleront à rendre cette dévotion populaire à l'aide des prodiges qu'ils lui feront produire. " L'un des premiers échos vient de la bouche même de saint Bonaventure qui écrivit un opuscule : De Laude melliflui Nominis Jesus : De la glorification du très doux Nom de Jésus. Mais il fallut attendre jusqu'au commencement du XV siècle pour que la dévotion prit un essor plus grande et qu’elle se répandit sur les populations comme un flot bienfaisant, et, c'est à saint Bernardin de Sienne que devait revenir l'honneur d'en être le grand propagateur

Réformateur des peuples et des cloîtres, Bernardin de Sienne n'avait pas compté sur les ressources humaines, mais comme le Prince des apôtres, il se servait du Nom de Jésus de Nazareth, disait-il, élevé au-dessus de tout nom; nom triomphal, joie des anges, allégresse des justes, effroi de l'enfer, en vous repose toute espérance de pardon, de grâce et de gloire; Nom très doux, de vous nous viennent la rémission des péchés et le renouvellement de la vie;vous remplissez nos âmes de délices divines, vous en éloignez les pensées vaines; Nom gracieux, par vous la profondeur des miracles se révèle à nos regards, nos cœurs s'enflamment du céleste amour, ils deviennent forts dans les combats et échappent à tout péril… " Voulant traduire à l'extérieur les sentiments de son âme, il engagea ses auditeurs à inscrire sur les monuments publics ce nom béni. Il avait adopté un monogramme formé des trois lettres J.H.S. ce qui signifiait :Jesus Hominum Salvator Jésus Sauveur des Hommes. Il le fit peindre sur des petites tablettes, entouré d'une couronne rayonnante, invita ses auditeurs à se les procurer, pour les porter sur eux, comme lui-même le faisait et pour se prosterner devant cette pieuse image en rendant gloire au Christ Jésus. Mais l'épreuve allait venir. Son zèle à attaquer l'erreur, à arrêter les efforts de certains novateurs, et à prémunir les foules contre les enseignements de ceux qui voulaient les séduire, lui ait créé des ennemis.

Bernardin, dont on ne pouvait attaquer la vie toute sainte, se vit attaqué dans sa doctrine ; on l'accusa d'hérésie auprès de Pape Martin V à cause de la manière dont il propageait le culte du nom de Jésus. Il était à craindre, disait-on, que les populations ne vissent dans la tablette une sorte d'amulette et ne fussent exposées à offrir leurs adorations aux lettres du nom de Jésus et non au Sauveur lui-même. Le Pape, jugeant les faits graves, prit les plaintes en considération et cita brusquement devant lui l'humble franciscain, qu'il n'avait pas eu jusqu'à alors l'occasion de connaître, absorbé qu'Il était par des préoccupations importantes.

Pendant que les écrits et les sermons du saint étaient déférés à l'examen, on lui interdit de quitter ROME, DE REMONTER EN CHAIRE ET D'EXPOSER SES TABLETTES; EN VRAI FILS DE L'Obéissance, Bernardin se soumit sans trouble ni impatience. Cependant les Mineurs de l'Observance, émus du danger que courait leur illustre Frère, députèrent plusieurs des leurs à Rome, pour l'assister. Au nombre de ces auxiliaires était saint Jean de Capistran, le plus grand de ses disciples. Aux portes de la ville, ignorant sans doute la défense du Pape relative au Nom de Jésus, il fait porter les tablettes en guise d'étendard, puis s'avance à travers les rues, au milieu d'une foule qui grossit d'instant en instant, et qui, entraînée par son attitude, chante avec lui les louanges du Nom divin,,, Il arrive ainsi au Vatican ; Le Pape touché de la foi de ce bon peuple, et du noble dévouement de Frère Jean de Capistran, le reçoit avec la faveur et l'autorise à prendre la parole dans le débat.

Au jour fixé, les accusateurs exposent leurs griefs au Souverain Pontife. Leur attaque est subtile et passionnée. Bernardin et Jean de Capistran répondent, renversent victorieusement toutes les objections, et réduisent à néant, les arguments de leurs adversaires. Alors le Souverain Pontife se lève et se prononce en faveur de Bernardin; il l'exhorte à poursuivre son apostolat si fécond, à enseigner aux peuples le respect et l'amour du Nom de Jésus, à offrir enfin sans crainte, aux regards de tous, l'image de ce nom béni. Il ordonne, en outre, afin de rendre la préparation plus éclatante, que des prières solennelles et une grande processions aient lieu, avec le concours de tout le clergé, en l'honneur du Nom de Jésus, dont les lettres sont, dès lors, partout écrites sur les portes des églises et des maisons. Martin V mourut et fut remplacé par Eugène IV. Bientôt les ennemis de Bernardin relevèrent la tête et recommencèrent les attaques, cette fois à l'insu du Pape. Des poursuites s'instruisirent et le jugement fut confié au cardinal Jean de Casanova ; mais instruit de ces menées secrètes par un ambassadeur spécial envoyé par les Siennois, Eugène IV interposa son autorité par une bulle du 7 janvier 1432, et arrêta les poursuites. Ce fut là le triomphe définitif au Nom adorable de Jésus. Tirer des Fleurs Franciscaines Vol. 18-

04-janvier Bienheureuse Angèle De Foligno, du Tiers -Ordre , veuve, pénitente et maîtresse de vie spirituelle ( 1248- 1309)


Au temps où la ville de Cortone admirait la vie pénitente et embrasée d'amour de Dieu de sainte Marguerite, celle de Foligno contemplait les mêmes merveilles de la grâce dans une âme non moins illustre, celle de la bienheureuse Angèle. Ces deux grandes saintes seront à jamais de gloire de l'Ordre séraphique en même temps que des exemples de la prodigieuse miséricorde du Père céleste pour les pécheurs qui reviennent à lui. C'est la bienheureuse Angèle elle-même qui dicta à son confesseur, le Père Arnaud, ce que nous savons de sa vie.

Née dans une famille riche, mariée et entourée d'enfants, elle se rendit coupable de graves péchés, qui, dit-elle, la couvraient de honte, ce qui fait supposer qu'elle fut infidèle à la foi conjugale. Agitée de remords, elle essaya de se convertir, mais n'eut pas le courage de faire l'aveu de sa triste vie au tribunal de la pénitence et ajouta à ses fautes passées celle d'une confession sacrilège et d'une communion indigne; alors, presque au désespoir elle s'adressa à saint François d'Assise, mort depuis une cinquantaine d'années et qui était presque son compatriote (Foligno n'est qu'à trois lieues d'Assise). lui demandant de lui faire rencontrer le confesseur qu'il lui fallait et à qui elle pourrait parler pour décharger son âme.

Le saint lui apparut la nuit et lui dit : " Ma sœur, si tu m'avais appelé plus tôt, je serais déjà venu à ton aide ", et lui inspira la pensée de se rendre à l'église de Saint-Félicien, ce qu'elle fit dès le matin. Un Frère Mineur prêchait dans ladite église, et c'est à lui qu'elle s'adressa, le sermon terminé. " Je fis, dit-elle, l'aveu de mes fautes, et j'en reçus l'absolution, mais je n'en ressentis pas d'amour; seules l'amertume, la honte et la douleur m'écrasaient; vide de consolation, et remplie de tristesse, je persévérai néanmoins dans la pénitence et m'efforçais de satisfaire la justice divine. "Dieu qui la voulait pour lui seul, l'aida à se détacher de tout : en très peu de temps, la mort lui enleva sa mère, son mari et ses enfants; elle se dépouilla de ses richesses qu'elle distribua aux pauvres, puis elle fit le pèlerinage de Rome et d'Assise pour demander à saint Pierre et à saint François la grâce d'un complet détachement.



Arrivée près de cette dernière ville, elle entendit dans son âme une voix qui lui disait : " tu vas prier mon serviteur François pour obtenir son intercession; il m'a beaucoup aimé et j'ai beaucoup fait en lui, mais si d'autres personnes m'aimaient plus que lui, je ferais encore davantage en elles. " Et la même voix divine se plaignait de la rareté des vrais fidèles, de ceux qui mettent leur vie en accord avec leur foi. " J'aime, gémissait-elle, d'un amour immense, l'âme qui m'aime sans mensonge, et si je rencontrais dans une âme un amour parfait, elle recevrait de moi de plus grandes grâces encore, que les saints des temps passés par le moyen desquels je fis les prodiges que l'on rencontre maintenant. Or voici la société que le Dieu très haut, dans sa sagesse , donna en ce monde à son Fils bien- aimé; d'abord la pauvreté parfaire, continuelle; absolue; ensuite l'opprobre parfait, continuel, absolu; enfin, la douleur parfaite, continuelle, absolue. Telle fut la société que le Christ choisit sur la terre pour nous montrer ce qu'il faut aimer, choisir et porter jusqu'à la mort. En tant qu'homme, c'est par cette route qu'il est monté au ciel ; telle est la route de l'âme vers Dieu, et il n'y a pas d'autre voie droite. Il est convenable et bon que la route choisie par la tête soit la route choisie par les membres, et que la société élue par la tête soit élue par les membres. C'est ce testament d'opprobre et de douleur qu'elle légua, en leur recommandant, la charité mutuelle à toutes les âmes qu'elle avait dirigées; puis après avoir entrevu une dernière fois la vie intime de la glorieuse Trinité elle murmura; " Oh! Toute créature est en défaut, l'intelligence des anges ne suffit pas… pour comprendre " .

Elle remit ensuite son âme et son esprit entre les mains du Père céleste et reçut de Dieu cette réponse : Ce qui fut imprimé durant ta vie sur ton cœur, il est impossible que tu ne le possèdes pas dans ta mort. Puis doucement, elle rendit son âme au Créateur; c'était le 3 janvier de l'an du Seigneur 1309, on chantait les premières vêpres de l'octave des Saints Innocents et le jour allait finir… L'Église à mis sa fête le 4 janvier.Tiré du Livre Les Fleurs Franciscaines Vol. 1 page 23 à la page31
Éditeur : Père Franciscain du Canada Montréal.

AUSSI: TIRER DU VOLUME ' LA VOIE DÉLIVRANCE"

Un autre jour j'étais en prière.. Je méditais avec une douleur profonde, absolument intérieure, sur la Passion . Je cherchais à mesurer, à peser mes crimes, puisque leur rédemption n'a pas coûté au Fils de Dieu seulement des prières ou seulement des larmes , mais la mort et quelle mort! Je tâchais de calculer ce que peut peser la damnation, puisque, pour soulever ce poids, il n'a fallu ni la mort d'une ange, ni celle d'une archange, mais celle du vrai Dieu!" Et je me plongeais dans la pensée de l'enfer et de ses tourments immenses, et de sa misère infinie, et de ses tortures, innombrables. Puis je tâchais de peser mon ingratitude. Pour le bienfait sans nom ni mesure, qu'est-ce que j'apporte en retour? Le péché. Le péché quotidien, l'oubli de la résurrection, le refus de coopérer.

La miséricorde de Dieu contemplée dans un abîme, dans l'autre mon injustice et ma démence, tout cela me conduisit à une espèce de sagesse. Dans cet état, j'eus la révélation des péchés de toutes espèces, et des tortures, et des supplices dont la Passion de Jésus nous a sauvés. J'étais dans la foule; maie telle fut la lumière de cette vision épouvantable,, que ce fut à peine si je pus m'empêcher de rugir au milieu des hommes. Jesus l'apparition du Christ crucifié. Il me montra comment il avait été suspendu à la croix, et comment l'homme qui se perd est sans excuse à jamais. Car le salut exige de l'homme ce que le médecin exige du malade; il vaut avouer son mal, et exécuter l'ordonnance. Il n'y pas de dépense à faire pour le traitement, il n'y a qu'à se montrer au médecin, faire les choses prescrites, et se garder des choses défendues. Mon âme eut alors l'intelligence de l'antidote qui réside dans le sang du Christ. L'antidote se distribue gratis, et n'exige qu'une disposition. Alors tous mes péchés furent étalés devant mon âme, et je reconnus dans chacun de mes membres une infirmité spirituelle.

Alors, conformément à ce que je venais d'apprendre, je m'efforçais d'étaler devant Dieu toutes les misères de mon âme et de mon corps, et je criai: " O Seigneur, mon Dieu, qui tenez dans vos mains ma guérison éternelle, puisque vous avez promis de me guérir si seulement j'étale devant vos yeux mes plaies, Seigneur, puisque je suis l'infirmité même ; puisqu'il n'y a pas en moi un atome qui ne soit une infection et une pourriture, du fond de mon abîme, j'étale devant vos yeux mes misères une à une, et tous les péchés de tous mes membres, et toutes les plaies de mon âme, et toutes les plaies de mon corps, alors, je comptai, je désignai chaque misère, et je dis : Seigneur miséricordieux, qui tenez dans vos mains ma guérison, regardez ma tête ; je l'ai couverte mille fois des insignes de l'orgueil; j’ai donné à mes cheveux, en les tordant, des formes contre nature et , disant cela, je ne dis pas tout. Seigneur, regarder mes misérables yeux, pleins d'impudicité et injectés d'envie, etc."Je continuais à accuser chacun de mes membres et à raconter leur lamentable histoire. Jésus écouta tout avec une grande patience, et répondit avec une grande joie. Il montra pour chaque chose le remède dans sa main et l'ordre qui présidait à la rédemption, et je vis sa compassion immense pour mon âme et il disait" Ma fille, ne crains ni ne désespère. Quand tu serais infectée de toutes les putréfactions et morte de toutes les morts, je suis puissant pour te guérir, si tu veux appliquer sur ton âme et sur ton corps ce que je te donnerai.

Tu m'as longuement détaillé les infirmités spirituelles de la tête: tu t'es lamentée au fond de moi. Les attentats que tu as commis, dans tes parures, par les couleurs contre nature que tu as données à tes joues et les torsions contre nature que tu as données à tes cheveux, toute la fierté honteuse, tout ton orgueil, toute la vaine gloire avec laquelle tu t'es montrée devant les hommes et contre Dieu, toutes ces misères pour lesquelles il te semble qu'une honte éternelle t'attend en enfer, dans l'endroit du lac le plus profond, tout cela est expié; j'ai satisfait, j'ai porté ta pénitence, j'ai souffert horriblement.

Pour toutes ces peintures, et ces onguents qui ont déshonoré ta tête, la mienne fut tirée par la barbe, dépouillée de cheveux, percée d'épine, frappée à coups de roseau, ensanglantée, moquée, méprisée jusqu'au couronnement! " " Tu te peignais les joues pour les montrer à des hommes malheureux et mendier leurs faveurs; sois tranquille; ma face a été couverte par les crachats de cesmisérables elle a été déformée et gonflée de leurs soufflets; elle a été cachée sous un voile honteux. Tu t’es servie de tes yeux pour regarder en vain, pour regarder ce qui nuit, pour te réjouir contre Dieu; mais les miens ont été voilés, ils ont été noyés dans mes larmes d'abord, et dans mon sang ensuite. Le sang qui coulait de ma tête les aveuglait. "

" Pour les crimes de tes oreilles, qui on entendu l'inutile et le mauvais, et qui ont pris plaisir dans la parole nuisible, j'ai fait l'épouvantable pénitence qui a fait pénétrer en moi une tristesse abondante et immense. J'ai entendu les fausses accusations, les paroles dénigrantes, les insultes, les malédictions, les moqueries, les rires, les blasphèmes, la sentence de mort portée par le juge inique, et les pleurs de ma mère! J'ai entendu sa compassion. Tu as connu les plaisirs de la gourmandise, et tu as même abusé des choses qu'on boit; mais j'ai eu la bouche desséchée par la faim la soif et le jeûne. On m'a présenté le fiel et le vinaigre. Tu as médit, tu as calomnié, tu t'es moqué, tu as blasphémé, tu as menti, et menti jusqu'au parjure. Ce n'est pas tout. Tu as fait autre chose; mais j'ai gardé le silence devant les juges et les faux témoins, et mes lèvres closes ne m'ont pas excusé. mais j'ai toujours annoncé la vérité, et prié Dieu de tout mon cœur pour mes bourreaux. "

" Ton odorat n'est pas pur; tu te souviens de certains plaisirs dus à de certains parfums; Mais j'ai senti l'odeur infecte des crachats; je les ai supportés sur ma face, sur mes yeux, sur mes narines. "
" Ton cou s'est agité par les mouvements de la colère et de la concupiscence, et de l'orgueil ; souviens-toi qu'il s'est dressé contre Dieu. Mais le mien a été frappé et meurtri par les soufflets. Pour les péchés de tes épaules, les miennes ont porté la croix. Pour les péchés de tes mains et de tes bras, qui ont fait ce que tu sais bien, mes mains ont été percées de gros clous, fixées au bois, et j'étais suspendu par elles, et elles supportaient mon corps. Pour les péchés de ton cœur où se sont déchaînées la haine, l'envie et la tristesse, de ton cœur possédé par la concupiscence et par l'amour mauvais, le mien a été percé d'un coup de lance, et c'est de ma blessure qu'a coulé ton remède, l'eau pour éteindre le mauvais feu, le sang pour la rédemption des colères et la rédemption des tristesses. Pour les péchés de tes pieds, pour les danses inutiles, pour leurs marches lascives, pour leurs courses vaines, les miens, qu'on aurait pu attacher seulement, ont été percés et cloués à la croix. Au lieu de tes chaussures à jour, élégamment façonnées, ils ont été couverts de sang; Le sang sortait de leurs blessures, le corps tombait sur eux. ""

Pour les péchés de tout ton corps, pour toute ta sensualité dans la veille et dans le sommeil, j'ai été cloué à la croix, frappé horriblement, tiraillé à la façon d'une peau, et étendu sur la croix. J'ai été mouillé des pieds à la tête par la sueur de sang, qui a coulé jusqu'à terre; j'ai été serré très fortement contre le bois très dur, souffrant d'atroces tortures, criant, soupirant, pleurant, gémissant , et je suis mort dans mon gémissement, tué par des tigres! Pour la rédemption de tes parures vaines, choses portées dans but, j'ai été nu sur la croix. Ces misérables se disputaient ma robe et mes vêtements; ils les jouaient sous mes yeux. Nu comme je suis sorti du sein de la Vierge , livré à l'air, au froid, au vent, au regard des hommes et des femmes, au haut d'une croix, pour être mieux vu, mieux moqué, mieux déshonoré, j'ai été étendu et étalé. " " Pour tes richesses mal acquises, que tu as retenues ou dépensées, j'ai porté la pauvreté, sans palais, sans maison, sans abri pour naître ni pour vivre, ni pour mourir, et je n'aurais pas eu de sépulcre, et j'aurais été livré aux chiens et aux oiseaux de proie, si quelqu'un par pitié pour ma grande misère, ne m'eût donné place dans un sépulcre à lui. J'ai dépensé pour les pécheurs mon sang et ma vie, je n'ai rien gardé pour moi. La pauvreté m'a tenu compagnie dans la vie et dans la mort. "

Le Christ parla ainsi, et parce que mon âme avait reçu la délectation des péchés du corps, je vis les douleurs de toute nature portées par l'âme du Christ, je les vis dans leur diversité et dans leur horreur. Je vis son âme torturée par la passion de son corps, par la douleur de sa mère, par notre refus d'adorer, par notre refus de compatir: Et il ajouta:" Tu ne trouveras ni péché ni maladie de l'âme, dont je n'ai porté la peine et offert le remède. A cause des immenses douleurs que vos âmes misérables devaient subir en enfer, j'ai voulu être torturé pleinement et totalement. Ne t'afflige donc pas; mais tiens-moi compagnie dans la douleur, dans l'opprobre et dans la pauvreté. " Marie Madeleine était malade, elle fit ce que j'ai dit et désira sa délivrance, et fut délivrée de tout, parce qu'elle l'avait désiré. Celui qui désirerait sera délivré comme elle."

Le Christ ajouta: " Quand mes fils, abandonnant mon royaume, se sont fait enfants du diable, s'ils reviennent au Père, le Père a une grande joie et leur fait sentir la délectation supérieure, Le Père a tue telle joie, qu'il leur donne et une certaine délectation qu'il ne donne pas aux vierges fidèles. Ceci vient de l'immense amour qu'il a pour eux, et de l'immense miséricorde qu'excite la vue de leur misère. Ceci vient encore de ce que le pécheur, devant la majesté et la clémence du seigneur, se reconnaît digne de l'enfer, C'est pourquoi plus grand l'homme aura été dans le péché, plus grand il pourra être aussi dans l'autre abîme." Et il ajouta: "L'homme qui veut trouver la grâce doit toujours, soit dans la joie, soit dans la tristesse, tenir ma croix de bois immobile devant ses yeux." © Les voies de la délivrance. Sainte Angèle de Foligno Titre du livre Visions et instruction ch. 35 p.93-98
©Édition Christiana Steinam rhein/suisse

16 Jan.+- 1229 ST Bérard, Pierre, Othon, prêtres ;Adjut et Accurse, frères convers des Frères Mineurs,Ier Martyrs (1229)

Le cœur du séraphique François d'Assise brûlait du désir de convertir les infidèles et son Âme avait soif du martyr, aussi transmit-il ces sentiments à ses premiers disciples. Cinq d'entre eux furent envoyés par lui pour prêcher l'évangile aux spectateurs de Mahomet; ce furent les premiers enfants de la famille franciscaine qui donnèrent au Christ le témoignage de leur sang. Comme les apôtres, ils partirent pour leur sainte mission à pieds sans provision, traversèrent l'Espagne et arrivèrent à Séville alors capitale des rois maures. Là, ils commencèrent à prêcher la vérité chrétienne au peuple assemblé ; mais ils furent bien vite insultés et maltraités; conduits en présence du prince musulman, celui-ci essaya de leur imposer silence, mais ni les promesses ni les menaces ne purent avoir raison des intrépides missionnaires; on les condamna, même à mort puis ils furent relâchés et embarqués pour le Maroc; ce fut pour eux un nouveau champ d'action, ils gagnèrent Marrakech, capitale de l'empire, et, sur les places publiques continuèrent à prêcher Jésus -Christ, uniquement désireux de le faire connaître, et d'obtenir la grâce du martyre. On les chasse de la ville, ils reviennent; alors, on les jette en prison où ils restent vingt jours privés de nourriture. Mais comme la sécheresse et des maladies de tous genres s'abattent sur le pays, le peuple crut voir en cela un signe du Ciel et demanda la délivrance des missionnaires. Le sultan y consentit et les fit conduire en Portugal; mais durant le voyage, les frères, trompant la vigilance de leurs gardes reviennent à Marrakech où ils recommencent à prêcher, alors on les flagelle à plusieurs reprises et jusqu'à ce que leurs entrailles soient mises à nu; on les roule sur des morceaux de verre, et des fragments de pots, on verse sur leurs plaies du vinaigre et de l'houille bouillante, et les martyrs au milieu de leurs tourments, comme jadis les Apôtres, bénissent le Seigneur, qui les juge dignes de souffrir pour son Nom . Le prince infidèle les fait enfin comparaître en sa présence, et essaye de les séduire par l'appât des plaisirs, des richesses, et des honneurs, puis furieux de se voir vaincu, il saisit lui-même un cimeterre et fend la tête des courageux athlètes.

Apprenant leur glorieuse mort, saint François s'écria transporté : " Ah! vraiment, je puis dire maintenant que j'ai au moins cinq vrais Frères mineurs dans ma famille, " Les corps des martyrs du Maroc furent transportés en Portugal et déposés dans l' Église de Sainte -Croix à Coïmbre, là un jeune chanoine sentit son cœur s'embraser d'ardeur et désirant imiter la vie et la mort de ceux dont il vénérait les reliques, demanda à revêtir l'habit de saint François dans le couvent de Saint -Antoine d'Olivarez. Il devait devenir le saint le plus populaire de l'Ordre franciscain, l'ami et le nourricier des pauvres, le bienfaiteur du peuple chrétien; comme le sang et la prière d'Étienne avaient gagné Paul au Seigneur, les premiers martyrs du Maroc gagnèrent Antoine de Padoue à la famille séraphique. Depuis lors, la terre du Maroc toujours rebelle aux appels du Christ, n'a cessé d'être évangélisée par des Franciscains portugais, espagnols et français qui, jusqu'à nos jours, n'ont cessé de l'arroser de leur sang. Tirer de la Série Les Fleurs Franciscaines vol.1 p, 31

19 Jan. 1655-1729-Bienheureux Thomas de Cori Prêtre (1665-1729)

Vie toute faite de simplicité, de candeur, d'innocence ; vie intérieure intense, vie d'union intime avec Dieu ; zèle ardent pour le salut des âmes, telles sont les notes caractéristiques de la sainteté du Bienheureux Thomas de Cori.

De famille pauvre, il fut d'abord berger et dès l'enfance au milieu de son paisible troupeau, dans la solitude de la compagne romaine, son âme semblait monter naturellement vers Dieu; son innocence et sa piété étaient telles que déjà alors, on l'appelait : " le petit saint ". Entré chez les Frères Mineurs, jamais sa course vers l'idéal ne se ralentit et dès le début, il fut un modèle de perfection pour ses frères. Après son ordination à la prêtrise, il songea aux missions lointaines de la Chine, mais la volonté de Dieu en décida autrement; il obtient alors de se retirer dans le couvent de Récollection de Civitella; c'est là, qu'il passa sa vie dans la pénitence, la contemplation et l'exercice du ministère apostolique. Il évangélisa en effet pendant plus de vingt ans une partie de la campagne romaine et particulièrement les montagnes de Subiaco, dont il fut appelé l'apôtre à cause des nombreuses conversions qu'il y opéra. Rien n'était capable d'arrêter son zèle , quand il s'agissait de ramener des âmes à Dieu, ni la difficulté des chemins, ni le froid, la pluie, ou la neige ni les douleurs aiguës, produites par ses infirmités.

Ses enseignements étaient simples mais touchants et allaient droit au cœur des humbles auxquels il s'adressait. Des brigands mêmes venaient l'entendre, et l'en convertit un grand nombre. Souvent, il lisait dans les cœurs, rappelait des fautes oubliées, mettait en garde contre les pièges et les embûches du démon, et vers la fin de sa vie, c'est de toutes parts que l'on venait le consulter ou demander à être réconcilié par lui avec Dieu. Malgré les importunités des foules, il demeurait toujours affable, oubliant de prendre sa nourriture et passant la grande partie de ses jours et de ses nuits à entendre les aveux des pauvres pécheurs. C'est ainsi qu'il passa, dans le monde, sans que son âme fut souillée, car son âme vivant en Dieu. Il mourut le11 janvier 1729 et le Pape Pie VI le béatifia le 18 août 1786. Tirer des Fleurs Franciscaines Vol. 2. p. 35-36

19 Jan. 1607-166 Bienheureux Charles De Sezze, convers,o.f.m. ( 1655-1729)

Comme le Bienheureux Thomas, Charles naquit d'une famille de laboureurs à Sezze, en Italie. C'est à la suite d'un vœu fait durant une grave maladie, qu'Il embrassa la religion des Frères Mineurs. Il eut pour cela de grandes difficultés à vaincre de la part de ses parents dont il était l'espérance. Il eut durant tout sa vie un grand désir du martyr, la maladie l'empêcha de se rendre aux Indes; Il vécut à Rome.

Humble Frère convers, et homme sans lettres. " Ce qu'il y a de plus admirable, dit Léon XIII, dans le décret de sa béatification, c'est qu'il excita d'admiration des hommes les plus doctes, par ses expositions des questions de théologie les plus difficiles et par la composition de livres tout remplis de la science chrétienne. " Aussi, non seulement les gens du peuple même les plus illustres et nobles personnages, les cardinaux et Clément IX lui-même, notre prédécesseur d'heureuse mémoire, usaient de ses conseils. Néanmoins le serviteur de Dieu ne s'enorgueillissait pas; il comprenait qu'il ne devait ne rien attribuer à lui-même, homme sans talents et sans études, mais que tous ces dons devaient être rapportés à la grâce de Celui qui cache aux sages et aux prudents de ce monde les mystères de sa divine Sagesse, et les révèle aux petits; plus donc il était grand dans l'opinion des hommes, et plus il pensait humblement de lui-même. "

Quand il recevait l'ordre d'écrire, il s'y préparait par la prière, se recommandant au saint roi David, à l'apôtre saint Paul, et à sainte Thérèse. Un jour qu'il s'adressait à la Vierge du Carmel, il entendit une voix lui dire : " Va, ne crains rien : Celui qui m'a éclairée par sa grâce, te donnera à toi aussi sa lumière. " Au don de science infuse, le Seigneur en ajouta d'autres. Un jour, durant la messe, un rayon lumineux partant de la sainte hostie, vint le frapper au cœur, laissant dans sa chair l'empreinte sacrée d'un clou de la Passion, et, après sa mort, à la place de cette empreinte, il se forma une excroissance de chair de même forme, qui fut tenue pour miraculeuse par treize médecins de la ville.

Un mois avant sa mort, étant allé rendre visite au pape Clément IX, alors près de sa fin : « Nous nous reverrons, lui dit-il en le quittant, à la fête de l’Épiphanie », et en effet, le saint Frère rendit ce jour-là son âme à Dieu, en annonçant qu’à ce même instant, Clément IX sortait du Purgatoire et entrait dans la gloire céleste. Le Pape Léon XIII a béatifié ce serviteur de Dieu le 1er octobre 1881.Tirer des Fleurs Franciscaines, Vol2. p. 36-38

19 Jan. 1607-1667 Bienheureux Bernard De Corleone, convers FF. Min.Capucin. (1607-1667)

Bernard, né en Sicile, fut d'abord soldat et mena la vie large des camps. Comme il avait le caractère ardent des hommes de sa race, il blessa un jour mortellement, dans un rixe, un de ses compagnons d'armes; puis touché par la grâce, il résolut d'aller expier ses fautes dans les rigueurs de la pénitence, et revêtit les livrées de saint François, chez les Capucins de sa ville natale. On le vit dès lors tourner contre lui -même la violence de son tempérament, et venger sur son corps par d'effrayantes macérations, les droits de la justice divine, les austérités de la règle ne suffisant pas à sa ferveur, il réduisit son sommeil à trois heures par nuit, et encore, le prenait-il étendu sur le plancher de sa cellule; ses jeûnes étaient sévères et multipliés , et c'est ainsi qu'il obtint non seulement le pardon de Dieu, mais aussi la faveur de grâces extraordinaires. Il fut élevé aux hauteurs les plus sublimes de la contemplation, favorisé des dons de miracles, de prophétie, de pénétration des cœurs. D'un vase de colère, Notre-Seigneur fit de lui un vase d'élection, révélant encore une fois aux pécheurs les trésors d'amour renfermés dans son divin Cœur. Trente-cinq années de cette vie mortifiée valurent à ce vrai pénitent d'être jugé digne de prendre place dans l'assemblée des Bienheureux. Tirer des Fleurs Franciscaines, Vol. 2. p, 38-39

 

28 Jan. 1285-1331 Bienheureux Odoric



Dix-sept années de travaux apostoliques, dans les pays les plus reculés, la conversion de plus de vingt mille infidèles; voilà l'œuvre du Bienheureux Odoric pour le salut des âmes et pour la gloire de Dieu. Nous n'avons que peu de détails sur son enfance; il revêtit l'habit de saint François au couvent d'Udine, alors capitale de la province du Frioul , en Vénétie, où il était né. Dès qu'il eut compris que Dieu l'appelait à l'apostolat, il se mit à évangéliser sa patrie et convertit ainsi une multitude de pécheurs; mais son zèle le portait vers les contrées où il pourrait trouver plus de souffrances et de périls.

Envoyé en Orient, il s'embarque à Venise, passe à Constantinople, parcourt la grande Arménie, la Perse, la Tartarie, semant partout la parole évangélique et la confirmant par des prodiges. Il prend ensuite le chemin des Indes qu'il visite en entier, puis passe en Chine et dans le Tibet, pays jusqu'alors inconnu des hommes de l'Occident; enfin, comme il rentrait en Europe, pour recruter des ouvriers évangéliques, Dieu lui révéla que le moment était venu pour lui d'aller recueillir au ciel le fruit de ses travaux.

On l'obligea à dicter le récit de ses voyages apostoliques ; mais l'humilité de cet homme infatigable nous a caché ses souffrances et ses tribulations de chaque jour. On peut cependant se faire une idée de ce qu'il eut à souffrir, des dangers qu'il courut, des privations qu'il eut à endurer dans ses courses a travers ces immenses régions; le plus souvent, il ne trouve pour se sustenter que des fruits et des racines; d'autres fois, engagé dans des déserts, il passe plusieurs jours privé de toute nourriture ; la nuit il prend son repos au pied d'un arbre, sur la terre nue, exposé à toutes les intempéries et à la dent des bêtes sauvages.

Une fois il est saisi par les infidèles et mis à la torture ; ses membres sont disloqués, ses veines se rompent et le sang coule en abondance ; mais loin de faiblir, le confesseur de Jésus-Christ est heureux de souffrir pour son Dieu et prêt à lui sacrifier sa vie si laborieusement employée. Étonnés de son courage, et saisis d'une religieuse frayeur, les barbares lui rendent la liberté comme à un homme en qui il y a quelque chose de divin. Ces contrées infidèles, particulièrement le Tibet, étaient infestées par les esprits mauvais, mais Dieu lui donna une telle puissance contre ces légions infernales, qu'on les mettait en fuite aussi facilement qu'on chasse un chien d'une maison, aussi lui amenait-on les possédés à une distance de plus de dix journées. Le B . Odoric mourut à Udine à l'âge de quarante-six ans ; son corps est préservé de la corruption. Les Chinois catholiques de Pékin lui ont consacré un autel dans leur cathédrale comme au premier apôtre de leur cité et de leur pays, et en 1881, sa ville natale de Pordenone lui a élevé une statue comme au plus illustre de ses enfants. Tirer Fleurs Franciscaines Vol.1 p.39 à 42

28 Jan. + 1337 Bienheureux Roger De Todi (+1337)

Les annalistes de l'Ordre nous donnent peu de détails sur la vie du Bienheureux Roger de Todi, vie qui fut toute cachée en Dieu. Il reçut, en 1216, du saint Patriarche lui-même la livrée des pauvres; il en fut le parfait imitateur, par son amour de la pauvreté, par son détachement des choses terrestres et son abnégation. La Bienheureuse Philippa, fille du seigneur de Mareri, ayant renoncé au monde pour embrasser la Règle de sainte Claire, dans le monastère qu'elle venait de fonder, saint François proposa Roger, son cher disciple, à la direction de ces vierges du Seigneur.

Il assista sa fille spirituelle à son dernier passage et fit lui-même son oraison funèbre, puis retourna au couvent de Todi sa patrie; il y mourut le 5 janvier 1237. De nombreux miracles s'opérèrent sur son tombeau. Le pape Grégoire IX, qui l'avait connu, publia sa sainteté, et permit à sa ville natale, dépositaire de ses précieux restes, de célébrer sa fête. Benoît XIV étendit son culte à l'Ordre tout entier.Tirer des Fleurs Franciscaine vol.1. p. 42-43

28. Jan.1443-1518 Bienheureux Égide de Larenzona convers o.f.m. (1443-1518)

Dès son enfance, le Bienheureux Egide de Lorenzana fut un privilégié du ciel. A peine adolescent, il se retira dans la solitude pour être loin du monde, plus entièrement à Dieu ; mais les prodiges par lesquels le Seigneur le glorifia et manifesta la sainteté de sa vie attirèrent à lui les foules qui venaient solliciter le secours de ses prières. Troublé dans sa contemplation, alarmé dans son humilité, le serviteur de Dieu, pour voiler sous les dehors d'une vie commune les faveurs célestes, quitta le genre de vie qu'il aimait et se mit au service d'un laboureur de la contrée. Malgré le changement, il ne cessa pas d'être favorisé des mêmes grâces ; ses journées se passaient dans une communion intime et continuelle de son âme avec la divinité, et le soir, le labour des champs était aussi avancé que s'il y eut consacré tout le jour. Ému au contact du Surnaturel, son maître le laissa libre de se consacrer au service de Dieu.

Notre Bienheureux se tourna alors vers la famille séraphique, Il reçut le saint habit au couvent de Lorezana, sa place natale et, comme ce ne sont pas les actions plus ou moins élevées qui sanctifient, mais uniquement la manière dont on les fait, il versa tout le grand amour de son cœur dans chacun des humbles travaux qu'il accomplissait, car il ne fut que Frère convers.

Le démon essaya, par ses assauts, de troubler la belle candeur de son âme, mais ses efforts furent vains; aussi, se vengea-t-il en l'accablant de mauvais traitements. D'un autre côté, le Seigneur récompensa sa fidélité et son innocence, en lui rendant, en quelque sorte, sur les animaux, l'empire que l'homme perdit par le péché ; les oiseaux l'approchaient familièrement, recevaient de sa main leur nourriture et chantaient avec lui les louanges du Créateur.

Il mourut le 10 janvier 1518 et six ans après sa mort son corps fut retrouvé intact et flexible comme s'il eut été vivant ; il n'est plus étendu dans la position où il avait été placé, mais à genoux, la face tournée vers le Saint-Sacrement et tenant en ses mains la couronne de la Sainte -Vierge.
Trier des Fleurs Franciscaines vol.1. p.43-44-45

29Jan. 1567-1622 St François de Sales Évêque et prince de Genève, docteur de l'Église, fondateur de la Visitation et tertiaire franciscain(1567-1622)

 

«Saint François de Sales Évêque et prince de Genève, docteur de l'Église, fondateur de la Visitation et tertiaire franciscain(1567-1622) « Au château de Sales, en Savoie , le 21 août 1567, venait au monde un enfant , à qui sa mère ne peut donner le jour qu'en présence d'une image du saint patriarche d'Assise. Il était fils de François de nouvelles et sa mère descendait des seigneurs de Boisy. Baptisé le lendemain de sa naissance, il reçut les noms de François -Bonaventure. Autant son corps était faible et frêle, autant sa nature était violente et colérique.

Son éducation et son instruction furent très soignées; durant son séjour à Paris où il complétait ses études et quoique très pieux, il fut assailli par une longue et terrible tentation de désespoir. Il n'en fut guéri qu'aux pieds d'une statue de la Sainte-Vierge en l'église de Notre- Dame des Grès: "Du moins, avait-il dit à la Mère de Dieu, faites que je vous aime, vous et votre Fils, durant cette vie terrestre, si je ne dois point vous chérir en la vie éternelle!". Il fit ensuite le vœu de chasteté perpétuelle, promit de réciter chaque jour le chapelet de six douzaines et la tentation disparut pour toujours.

Reçu, à Padoue, docteur en l'un et l'autre droit,, ayant renouvelé à Lorette le voeu qu'il avant fait à Paris et refusé une situation brillante au Sénat de Savoie, il s'engagea dans la cléricature. Ordonné prêtre et nommé prévôt de l'église de Genève, il remplit si bien sa charge que son évêque Granier lui confia la tâche de travailler par la prédication, à la conversion des calvinistes duChablais et autres lieux voisins de Genève. Dans ce ministère, il eut à souffrir les plus rudes tribulations de la part des hérétiques qui le poursuivirent par la calomnie, lui dressèrent nombre d'embûches, et cherchèrent à lui donner la mort, mais tant de périls et de combats ne firent que ressortir son inébranlable constance. Aidé du secours de Dieu, on rapporte qu'il ramena à la foi catholique 72,000 hérétiques, parmi lesquels plusieurs étaient distingués par leur noblesse et leur science. Après la mort de Granier, qui l'avait choisi pour coadjuteur, il fut consacré évêque le 8 décembre 1603, en l'église de Thorens où il avait reçu le baptême. Dès qu'il eut reçu l'onction des Pontifes, sa sainteté rayonna partout; enflammé de zèle pour la discipline ecclésiastique, d'amour pour la paix, de miséricorde envers les pauvres, et de désir de perfection, il brilla surtout, lui dont le caractère était naturellement violent, par une invincible douceur. Il illumina l'Église par des écrits remplis d'une doctrine céleste, dans lesquels il enseigne un chemin sûr et facile pour arriver à la perfection chrétienne.

Le jour de Saint-Jean l'évangéliste, 27 décembre 1622, il célébra la messe à Lyon, et comme il retournait de France à Annecy il fut atteint par une maladie dont il mourut le lendemain; il n'était âgé que de 55 ans. Son corps, transporté à Annecy, fut enseveli honorablement dans l'église des religieuses Visitandines. De nombreux miracles suivirent aussitôt son bienheureux trépas et le Pape Alexandre V11 les ayant dûment constatés selon les règles, le mit au nombre des saints, en assignant pour fête le 29ième jour de janvier. ( 24 janvier en l'an 2000 La Souverain Pontife Pie IX, de l'avis de la Sacrée Congrégation des Rites, l'a déclaré Docteur de l'Église

Élevé par le Père Ange de Joyeuse, capucin; tonsuré par l'évêque franciscain Ange Justiniani, François de Sales s'attache de bonne heure à l'Ordre de Saint -François. Étant déjà évêque , un jour qu'il était à Annecy, prêchait chez les Cordeliers le panégyrique de saint Bonaventure, les Pères Capucins vinrent lui faire visite et lui dirent humblement : " Monseigneur, vous passez chez nos Frères toute une journée; ne viendrez-vous pas nous faire une visite ?-" " Vous avez raison, mes Pères, répondit -il, je vais aller vous voir et prêcher aussi dans votre église, car je suis de l'Ordre de Saint -François sans distinction de branches et je vous appartiens à un double titre; par les noms de François et de Bonaventure que j'ai reçus au baptême, et par mon admission au Tiers -Ordre."

L'aimable saint aurait pu ajouter qu'il était aussi nôtre par l'onction et l'ardeur séraphique de ses écrits. N'y a-t-il pas en effet une étroite parenté d'âme et de pensées dans sa doctrine et dans celle de saint Bonaventure? N'est-ce pas chez tous deux la même suavité, la même pondération, la même sûreté ? N'est-ce pas chez l'un et l'autre la science par l'amour, et si l'on avait à résumer d'un mot leurs écrits, ne pourrait-on pas dire qu'ils sont un "itinéraire de l'âme vers Dieu?" Et quand le saint évêque de Genève concrétise ses enseignements dans ces images poétiques et naïves, dans ces comparaisons aussi charmantes des justes, ne semble-t-on pas entendre comme un écho lointain des " Fioretti" Les Fleurs Franciscaines Série1 page 45-51

30Jan. 1585-1640-Sainte Hyacinthe de Mariscotti, vierge o.f.s. (1585-1640)

" Me voilà religieuse, mais j'entends bien vivre selon ma condition ", telles furent les paroles qu'Angèle adressa à son père, après qu'elle fut entrée au couvent des Tertiaires Régulières de Viterbe, et comme elle appartenait à une des premières familles de Rome et qu'elle se trouvait là contre son gré et de par la volonté paternelle, elle se fit une vie aussi luxueuse et mondaine que possible. Il y avait dix ans que cela durait; quand elle tomba malade et fit appeler le Père Antoine Bianchetti pour faire sa confession; quand le prêtre eut vu le luxe princier des appartements de cette religieuse qui n'en avait que le nom, il s'en retourna scandalisé en refusant de la confesser; elle comprit alors qu' il lui fallait changer de vie, le promit, se confessa et demanda publiquement pardon aux religieuses. Mais le danger passé, les bonnes résolutions s'envolèrent. Il fallut un second avertissement du même genre, mais cette fois, la conversion fut totale et durable.

Au bien-être, au luxe, aux vanités, succédèrent les jeûnes à peu près continuels, les maigres repas faits d'herbes amères, le cilice, les longues et sanglantes disciplines, le fagot de sarments pour couche et la pierre pour oreiller, elle avait voulu jouir de tout ; tout l'aidera à expier: les orties, la cire fondue, le feu, la neige ; on la verra au cœur de l'hiver entrer dans le jardin du monastère et se tenir longtemps les pieds dans l'eau presque glacée.

Aux macérations extérieures s'ajoutèrent les peines intérieures; sécheresses, aridités, désolations, elle souffrit tout avec une héroïque résignation et sans cesser de s'adonner à l'oraison; belle leçon pour les personnes qui font consister la piété et la ferveur dans les consolations sensibles. " Les douceurs et les aridités peuvent être bonnes disait-elles, mais à mon avis, on témoigne plus d'amour à Jésus quand on le sert sans goût sensible et sans douceur. Oh! " disait-elle encore, j'ai un goût décidé pour les personnes méprisées, dépouillées d'elles -mêmes, et qui n'ont ni douceurs, ni attendrissements. La Croix, la Croix ! souffrir ! souffrir! Et persévérer fortement sans consolations, voilà la marque véritable de l'esprit de Dieu. "

Son amour du Seigneur lui inspirait une charité sans bornes pour le prochain, surtout pour les pécheurs et les malades : " O mon Dieu, s'écriait-elle, que ne puis-je parcourir les rues et les places publiques ! " Je crierais de toutes mes forces : --Est-il possible qu'on soit insensé au point de méconnaître que ce monde n'est que néant! O mon Dieu, Dieu inconnu ! est-il possible que les hommes aient plus d'estime pour la boue infecte de cette terre que pour vous, vrai trésor et seul vrai bien qu'ils offensent en se damnant pour l'éternité. "

Un trait suffira à montrer jusqu'où allait sa charité envers les malheureux : il était d'usage dans la maison Mariscotti de faire célébrer des messes pour chaque membre de la famille, immédiatement après son décès; or notre sainte pria son frère de lui donner l'argent qu'il devait employer à cet effet et pour elle-même après sa mort lui déclarant que pour assister les malades et les pauvres elle consentait à être privée du secours de ces messes et à souffrir les peines du purgatoire.
Son amour pour l'eucharistie était ardent; on lui doit l'institution des quarante heures qu'elle obtint d'établir à Viterbe et dont la pieuse pratique se répandit ensuite dans l'Église entière; elle mourut le 30 janvier 1640 ; sa vie offre un exemple frappant de la lutte de la nature et de la grâce et du parfait triomphe de l'amour de Dieu. Tirer des Fleurs Franciscaines vol.1. p.51 à 53

31 Jan.1474-1533
-Bienheureuse Louise Albertoni (1474- 1533) o.f.s.

La bienheureuse Louise est un modèle d'épouse et de mère chrétienne, une âme pleine de reconnaissance pour les souffrances du Sauveur, un cœur rempli d'amour pour Dieu se cachant les pauvres. Mariée à Jacques de Cithara, elle est pour lui tout dévouement; elle l'aime en Dieu et pour Dieu et s'attache son cœur par ses attirantes vertus. Elle donne tous ses soins à l'éducation de ses trois filles, préside à leurs prières et à leurs lectures, veille sur la pureté de leurs âmes et, comme autrefois Blanche de Castille à saint Louis, leur répète souvent, qu'elle préférerait pleurer sur leurs tombes que de les voir souillées d'un péché mortel.

Veuve à trente-trois ans, elle pleure, car elle aime, mais elle baise la main de Dieu qui la frappe et dispose sa vie pour s'unir plus étroitement à Lui. Une partie de ses nuits sera consacrée à la prière et à la pénitence : Comment peut-on vivre sans souffrir, dit-elle, lorsqu'on voit son Dieu suspendu à une Croix. " Elle communiera chaque matin à la messe, consacrera ses journées à la conduite de sa maison, à la visite et au soulagement des pauvres et spécialement des jeunes filles sans ressources, proies si faciles pour le démon. Les biens de la terre, avait-elle coutume de dire, nous sont donnés pour les répartir entre ceux qui en sont le plus privés, " et sa grande fortune passa tout entière dans le soin des indigents; si elle mourut riche des biens célestes, elle passa sa vieillesse entièrement dépourvue des biens de la terre, elle les avait tous distribués durant une année de famine qui désola la ville de Rome." Elle avait tant pleuré au souvenir de la passion du Christ qu'elle a failli perdre la vue, Ses reliques reposent dans l'église franciscaine de San Francesco, à Ripa, sur les bords du Tibre, à Rome.
Fleurs Franciscaines vol.1 P. 53

Bienheureuse Paule Cambara-Costa (1505) veuve, Tiers-Ordre

La Bienheureuse Paule fut une épouse malheureuse, d'autant plus malheureuse, qu'à seize ans, mariée au compte Louis Costa, elle avait d'abord joui pleinement des premières joies du mariage et de l'affection de son mari; elle s'y était donnée entièrement comme on le fait à cet âge où les yeux et le cœur s'ouvrent à un monde nouveau et à un avenir, couleur de rose; elle en avait même malheureusement oublié Dieu et sa piété d'enfance.

Dieu ressaisit cette jeune âme sur la pente fatale par le moyen d'un saint et d'un savant, le Bienheureux Ange de Chivasso, Frère mineur, dont l'éloquence attirait et qui avait un merveilleux don pour conduire les âmes à Dieu; il l'affilia au Tiers-Ordre, et la dirigea fortement vers la piété et vers les pauvres.

Le Seigneur continua son œuvre, et voulant la conduire très haut, il lui fit monter un sentier très rude. Son mari trahit la foi conjugale, l'abreuva sans honte d'injures et d'humiliations publiques, devant des domestiques qui, stylés par lui, ricanaient en sa présence. Elle souffrit dans l'intime de son âme tout ce qu'un cœur noble, délicat et aimant peut souffrir en pareilles circonstances et instinctivement par le détachement et l'amour ce sera contre Dieu.

Le Ciel la dédommagea des avanies de la terre, par des consolations intimes que les saints seuls connaissent, il manifesta, d’une touchante façon, la même faveur envers elle; un jour qu'elle cachait dans les plis de sa robe le pain qu'elle destinait aux indigents, elle rencontra le comte qui exigea de voir ce qu'elle portait ; Paule obéit et découvrit à son mari stupéfait une gerbe de roses fraîches.

Chrétienne jusqu'à l'héroïsme, elle offrait ses souffrances pour celui qu'elle avait tant aimé; elle eut avant sa mort le bonheur de le voir converti, et expirer réconcilié avec Dieu. Après la mort de son mari, de plus en plus, la pieuse comtesse ne vécut que pour Dieu, qui la couronna le 15 janvier 1505; la souffrance, sa grande ouvrière, avait achevé son œuvre. Tirer de la Série Les Fleurs Franciscaine vol.3. p. 57

01 février Bienheureuse Eustochium, clarisse (1430-1491) ... * Bienheureuse Viridiane,tertiare (1182-1242).Vierge
03 février Bienheureux Mathieu, évêque de Girgenti, Frère mineur (+1451) *
04 février Saint Joseph De Leonissa, prêtre Capucin(1556-1612) *
05 février Saints Pierre-Baptiste, Martin de l'Ascension, François Blanco, prêtres, Philippe De Jésus, clerc,
François De Siant-Michel et Gonzalve Garcia, Frères convers, o.f.m17 Frères tertiaires, martyrs au Japon (1597)
05 février Saint François de Méako célèbre médecin japonais, tertiaire et martyr
07 février Bienheureux Rizzier, prêtre (+1226) .. Bienheureux Égide-Marie(1729-1812) et Antoine De Stoncone(1381-1461), Frères convers o.f.m. *
13 février Bienheureux Jean De Triora, prêtre o.f.m. Martyrs (1760-1816)
14 février Bienheureuse Jeanne De Valois, reine de France, veuve, tertiaire; fondatrice de l'Ordre royal de l'Annonciade (1464-1505)
15 février Bienheureux André De Segni, prêtre o.f.m . * Translation des reliques de saint Antoine De Padoue (1350) *
16 février Bienheureuse Philippa De Maréri, vierge , clarisse (+1236) *
19 février Saint Conrad De Plaisance, ermite, o.f.s. (1290-1351) *
20 février Bienheureux Pierre De Tréja, prêtre o.f.m. (1304) *
22 février Sainte Marguerite De Cortone, pénitente, o.f.s. (1247-1297)
22 février Bienheureux Sébastien D'Appartio, frère convers o.f.m. (1502-1600) *
26 février Bienheureuse Isabelle De France, vierge, Clarisse (1225-1270) *
28 février Bienheureuse Antoinette De Florence, veuve, Clarisse ( 1401-1472) *

01 Fév.1430-1491 Bienheureuse Eustochium, Clarisse (1430-1457)

Sainte EustochiumFille de la comtesse Mathilde de Calafato, qui l'obtint du Ciel après une longue stérilité, la bienheureuse Eustochium reçut le nom de Smaragde qui signifie émeraude et en vérité ce fut une perle par ses grâces corporelles et surtout pour la splendeur de son âme. Appartenant à une noble et riche famille, douée d'une grande beauté, elle fut de bonne heure recherchée en mariage, et fiancée deux fois malgré elle par son père le comte Bernard ; Dieu, qu'elle avait choisi pour partage vint chaque fois à son aide en retirant du monde les deux jeunes seigneurs qui avaient sollicité sa main.A l'âge de seize ans, à la mort de son père, elle quitta le monde, reçut l'habit de sainte Claire à Messine, lieu de sa naissance et prit le nom d' Eustochium. Elle demeura onze ans dans ce monastère de Clarisses-Urbanistes dont la règle est mitigée, puis désireuse d'une plus grande perfection, elle obtient du Pape Calixte III la permission de fonder dans la même ville une seconde communauté où l'on suivrait la première règle de sainte Claire. Trois de ses compagnes accompagnèrent la Bienheureuse Le nouveau couvent fut appelé le Mont des Vierges; elle y vécut d'une vie toute céleste durant vingt-sept ans. A l'approche de sa mort une vierge d'une divine beauté lui apparut et lui mit au doigt un anneau, c'était le gage d'amour de son céleste époux qui la conviait aux noces éternelles.

Durant sa vie, elle choisissait pour son usage ce qu'il y avait de plus incommode, vivait de pain et d'eau, couchait sur la terre, faisait de son corps, par ses macérations, une hostie vivante, observait dans la prière la posture la plus respectueuse. Comme une vraie fille de saint François, elle avait une grande dévotion à la Passion, et Dieu lui accorda de contempler en esprit les lieux sanctifiés par les mystères de la vie du Sauveur et de sa douce Mère.D'une charité délicate et industrieuse, elle poussa cette vertu jusqu'à l'héroïsme lors de la peste qui désola Messine et qui envahit le monastère dont elle était l'abbesse. Son amour du prochain n'allait pas seulement aux vivants, mais encore aux morts et elle eut trois visions un jour de la Portioncule où Notre-Seigneur lui montra une multitude d'âmes délivrées du purgatoire par les indulgences du grand pardon d'Assisse.De son vivant, plusieurs malades furent guéris au contact du linge qui lui servait à essuyer les larmes qu'elle versait dans la ferveur de ses oraisons et après sa mort, un huile embaumée qui perlait de son corps chaque vendredi produisit les mêmes prodigieux effets. Tirer Fleurs Franciscaines Vol.1. p. 60-61

01.Fév.1182-1242-Bienheureuse Viridiane, tertiaire (1181-11242) Vierges

En un dimanche de l'an du Seigneur 1208, près des rives de l'Elsa, un peu au -dessous de la petite ville de Catelfiorentino, on murait la porte d'une petite cellule d'ermitage de neufs pieds de long et de trois de large sur une jeune fille de vingt-six ans, pendant qu'au dehors la foule chantait : " Soyez bénie, vraie servante de Dieu ; priez pour nous qui sommes pécheurs et qui implorons vos suffrages. " On ne lui laissait comme nécessaire ; à la vie qu'une unique petite lucarne ; c'est la cérémonie d'entrée en réclusion perpétuelle de Virdiane de l'ancienne famille des Attrayanti. Depuis l'âge de douze ans elle avait tété demoiselle de compagnie de la femme d'un de ses parents, puis elle avait fait un pèlerinage à Saint-Jacques de Compostelle, un autre à Rome, et voilà plus que jamais assoiffée de pénitence, elle avait voulu se séparer du monde des vivants et s'enfermer dans un tombeau afin de s'immoler à la gloire de Dieu et au salut des pécheurs. Pendant trente-quatre années, elle portera sur sa chair un cercle de fer et un cilice, elle dormira sur la terre nue, ne prendra sa nourriture qu'une fois par jour après le coucher du soleil, nourriture qui consistera en un peu de pain et d'eau, auxquels elle joindra parfois des légumes cuits à l'eau mais sans assaisonnement, car elle distribuera aux pauvres le jour même, tout ce qui lui sera donné de plus. Mais une pénitence plus dure encore et tout à fait extraordinaire sera la présence de deux énormes serpents qui partageront avec elle son étroit réduit, mangeront dans le même plat, la frapperont souvent de leurs queues et si cruellement qu'elle en perdra connaissance et qui ne lui laisseront un peu de repos qu pendant ses prières.Quand elle sentit venir la mort, elle se confessa, reçut le corps du Seigneur et s'endormit dans la paix en chantant les psaumes de la pénitence. Les cloches des églises voisines se mirent alors à sonner d'elles -mêmes pour annoncer sa naissance au ciel et Dieu déliant la langue d'un petit enfant de trois mois, il se mit à dire : " Viridiane, la servante de Dieu est morte ". la foule se porta à la réclusion, on enfonça le mur et la sainte fut trouvée sans vie, mais à genoux, les yeux et les bras levés vers le ciel. Elle fut, durant sa réclusion, visitée par saint François d'Assisse lui-même qui la bénit et l'admit dans l'Ordre de la Pénitence. Tirer Fleurs Franciscaines Vol.1 p.61-63Série-1- 03

03 Fév. + 1451-Bienheureux Mathieu, évêque de Girgenti, F.M.(+1451)

C'était à l'époque du grand schisme d'Occident, deux papes se disputaient le Souverain Pontificat et il était difficile de savoir quel était le légitime, car il y avait des saints dans les deux partis ; mais l'Église de Dieu déchirée souffrait, la discipline était relâchée, les mœurs chrétiennes menaçaient de disparaître et les saints n'avaient jamais été plus nécessaires En ce temps de calamités Dieu donna à son peuple le grand saint Bernardin de Sienne auquel s'adjoignit le Bienheureux Mathieu, né à Girgenti, en Sicile, attiré par l'éloquence de l'apôtre siennois, par sa sainteté et brûlant comme lui de zèle pour les âmes; il en devint le compagnon et l'ami. A sa suite, il parcourut l'Italie et la Sicile, l'étendard du saint Nom de Jésus à la main, prêchant au clergé simoniaque, au peuple impie, convertissant des milliers de pécheurs et ranimant l'esprit chrétien dans les foules.Ses compatriotes, fiers de sa réputation et de son renom de sainteté, le demandèrent au Pape pour évêque; à leur prière et à celle d'Alphonse Ier, roi d'Aragon, Eugène IV lui ordonna de se soumettre a l' 0rdre de Dieu ; il fut donc sacré évêque de Girgenti en l'année 1442. Dès ce moment, sa vie ne fut qu'une longue suite d'épreuves. Ayant entrepris de r&