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02
janvier Bienheureux Bentivolio De Bonis, prêtre (1182-1232)
franciscain*Bienheureux Gérard Cagnoli, frère
lai (1266-1345) franciscain * Triomphe de Saint Nom de Jésus
04 janvier Bienheureuse Angèle De Foligno, du Tiers -Ordre
, veuve, pénitente et maîtresse de vie spirituelle
( 1248- 1309)
16 janvier Saints Bérard, Pierre, Othon, prêtres,
Adjut et Accurse, f.con.o.f.m. premiers martyrs franciscains
(1129)
19 janvier Bienheureux Thomas De Cori, prêtre (1655-1729)
*..
Bienheureux Charles De Sezze, convers, o.f.m. *
Bienheureux Bernard De Corleone, cnovers des FF.Min.Capucins
(1607-1667) *
28 janvier Bienheureux Odoric, prêtre(1285-1331) .. Bienheureux
Roger De Todi(+1337) prêtre
Bienheureux Égide De Laurenzona, convers (1443-1518)
*
29 janvier Saint François De Sales, évêques
et prince de Genève, docteur de l'Église,
30 janvier Sainte Hyacinthe De Mariscotti, vierge, tertiaire
régulier,(1585-1640) *
31 janvier Bienheureuse Louise Albertoni (1474-1533) *
Bienheureuse Paule Cambara-Costa (1505), du Tiers-Ordre, Veuves.
02
Jan. 1188-1232 Bienheureux
Bentivolio De Bonis prêtre ( 1188-1232)
Ainsi
lisons-nous au chapitre 42e des Fioretti. Parmi ces saints,
saluons au commencement de l'année le bienheureux Bentivolio.
Fils de Giraldo de Bonis, riche gentilhomme de San Séverino,
et de Dona Albasia; il passa sa jeunesse dans l'innocence et
la piété. Puis touché par la prédication
d'un disciple de saint François, le Frère Paul
de Spolète et attiré par son exemple, il renonça
aux espérances du monde, alla trouver saint François
et lui demanda de revêtir les livrées de la pauvreté.
Son sacrifice fut par sa famille une source de bénédictions,
car plusieurs suivirent son exemple : Deux de ses sœurs
se firent Clarisses, deux de ses frères et quatre de
ses neveux devinrent Frères mineurs.
Ordonné
prêtre, brûlant de sauver les âmes, Bentivolio
devint un apôtre infatigable; du haut de la chaire comme
au tribunal de la pénitence, il versait sur les âmes
les ardeurs de son amour divin.Un jour qu'il prêchait
au peuple, une étoile apparut sur son front, et illumina
toute sa personne, Dieu voulant ainsi rendre plus forte la parole
de son serviteur. Un autre fait extraordinaire récompensa
sa charité; on avait confié à ses soins
un lépreux et, ayant été obligé
de changer de couvent, il ne voulut point abandonner son malade.
Il le chargea sur ses épaules, se mit ainsi en marche,
au moment où l'aurore commençait à poindre,
et selon le naïf récit du chroniqueur, il fit le
voyage avec une telle rapidité, qu'un aigle n'aurait
pu le suivre.
Le
serviteur de Dieu fut aussi favorisé de communications
célestes: on le vit souvent en extase, et élevé
au -dessus de terre. Le curé de San Sévérino
l'apercevant un jour, environné de lumière, en
fut si frappé, qu'il embrassa la vie religieuse dans
l'Ordre de Saint-François, et y vécut saintement
sous le nom de Frère Massé.Le jour de Noël
1232 fut le dernier de sa vie terrestre. Il naquit au ciel en
l'anniversaire même de la Nativité de son Seigneur.
Son corps repose actuellement à San-Sévérino,
en la chapelle de Notre-Dame des Lumières. Le Pape Pie
IX a confirmé le culte qui lui fut toujours rendu. Tirer
des Fleurs Franciscaines Vol.1 page 13à15 -
02
Jan. 1266-1345* Bienheureux
Gérad Cagnoli(1266-1345)
Gérard Cagnoli naquit à Valence en Italie vers
la fin du XIIIe siècle, de parents nobles et pieux.
Fils unique à peine âgé de dix ans, il
perdit son père. Sa mère restée veuve,
traînait la vie pénible des malades, il la soigna
avec assiduité et filiale piété pendant
14 ans. Après sa mort, il gravit rapidement les sentiers
de la vertu; ayant résolu de dire adieu à son
pays natal, de renoncer aux richesses et aux plaisirs du siècle,
de rejeter toute alliance terrestre, pour s'élever
plus librement vers Dieu et les choses célestes, il
distribua aux indigents l'héritage paternel, et en
pauvre pèlerin, visita les sanctuaires les plus vénérés
de l'Italie. Après plusieurs pèlerinages, il
arriva en Sicile; là, au pied du mont Etna, il s'établit
dans un endroit solitaire, comme en un lieu de refuge pour
mieux songer à son salut éternel, et pour y
mener une vie plus pénitente encore, et toute consacrée
à Dieu. Quelques années s'écoulèrent
ainsi quand il parvint un écho de la renommée
dont saint Louis, évêque de Toulouse et Frère
Mineur, remplissait le monde chrétien.
Désirant
appartenir à un Ordre où fleurissaient d'aussi
belles vertus, il quitta sa retraite et demanda à entrer
au couvent de Randacium, près de Messine. Là,
soumis à ses supérieurs, il s'adonna aux plus
humbles travaux. On raconte qu'un jour, en une fête
solennelle, comme il était chargé du repas et
que malgré l'heure avancée il n'était
point encore au travail, on le trouva en prières à
la chapelle. On l'envoie, en hâte, à la cuisine;
or à peine y est-il entré qu'un jeune homme
d'une céleste beauté apparaît et l'aide
à tout préparer, et au dire des invités
jamais aliments plus délicieux ne furent servis.
Peu
de temps après, au couvent de Palerme, les supérieurs
confièrent au Frère Gérard la charge
délicate de portier. Là encore il fit rayonner
autour de lui, sur les religieux et les séculiers,
la pieuse influence de ses paroles et de ses exemples. Durant
cette période de sa vie, il se contentait d'une seule
tunique, portait un rude cilice et marchait toujours pieds
nus. Très peu de chose suffisait à sa nourriture,
son sommeil était court et encore le prenait-il étendu
sur des planches. Pour dompter son corps et le soumettre à
l'âme, il le flagellait durement.
Enflammé
d'une surnaturelle charité, il se rendait fort souvent
à la cellule de saint Louis. Là, devant l'image
du pieux évêque, il était ravi en extase
ou perdu dans sa contemplation des choses divines, le visage
resplendissant d'une céleste clarté. A cette
époque le roi Pierre régnait en Sicile; son
épouse Élisabeth, déjà mère
de sept filles, se désolait de n'avoir pas de fils
qui put hériter du royaume. Le serviteur de Dieu, touché
de compassion et divinement inspiré, se rendit auprès
de la reine, la consola et lui prédit qu'elle aurait
bientôt un fils, à qui on donnerait le nom de
Louis. L'événement vint justifier la prédiction.
Dans
le courant de l'année 1345, Frère Gérard,
alors âgé de 79 ans, après avoir passé
trente-six ans en religion, fut atteint par la maladie qui
devait l'emporter; il eut à soutenir de rudes combats
que lui livra l'ennemi du genre humain et à lutter
contre bien des tentations dont il fut assailli; il en sortit
vainqueur. La Bienheureuse Vierge lui apparut pour le réconforter.
Elle lui adressa de douces paroles et lui annonça que
l'heure de sa mort était proche. On était au
vendredi, le dimanche suivant, 29 décembre, Frère
Gérard quittait, dans une paix profonde, cette terre
d'exil pour la céleste patrie. Le 13 mais 1908, Pie
X a confirmé le culte de ce Bienheureux. Tirer Fleurs
Franciscaines Vol.1.p. 15 à18
2 Jan. +-1530 Triomphe
du Saint Nom de Jésus
La propagation de la dévotion au Saint Nom de Jésus
est une gloire de l'Ordre franciscain. Saint François
d'Assise en fut un ardent promoteur et ses fils imitèrent
sa dévotion, la propagèrent, la défendirent
parfois contre les attaques dont elle fut l'objet, et finalement
la firent triompher si glorieusement qu'en 1530, la fête
de " triomphe du Saint Nom de Jésus " fut
établie dans l'Ordre séraphique, et plus tard,
en 1721, la fête du Saint Nom de Jésus fut célébrée
dans l'Église universelle. Si le nom d'un ami est agréable
à entendre et à prononcer, faut-il s'étonner
si saint François, l’amant passionné du
Christ, ait senti la puissance et l'amabilité du Nom
sacré de cet Ami divin.
"
Quand le nom de Jésus venait sur ses lèvres,
nous dit le Docteur séraphique, sa voix alors s'altérait,
et il ne pouvait passer outre; on eut dit qu'il eut entendu
une musique intérieure dont il aurait voulu ressaisir
les notes. "--" Il en faisait le sujet quotidien
de ses conférences, et les Frères savaient par
expérience combien ce nom était doux et suave
dans les conversations du saint homme, de quel amour et de
quelle bénignité il pénétrait
ses discours…
Du
cœur du père, l'amour du nom de Jésus descendra
doucement dans le cœur de fils qui travailleront à
rendre cette dévotion populaire à l'aide des
prodiges qu'ils lui feront produire. " L'un des premiers
échos vient de la bouche même de saint Bonaventure
qui écrivit un opuscule : De Laude melliflui Nominis
Jesus : De la glorification du très doux Nom de Jésus.
Mais il fallut attendre jusqu'au commencement du XV siècle
pour que la dévotion prit un essor plus grande et qu’elle
se répandit sur les populations comme un flot bienfaisant,
et, c'est à saint Bernardin de Sienne que devait revenir
l'honneur d'en être le grand propagateur
Réformateur
des peuples et des cloîtres, Bernardin de Sienne n'avait
pas compté sur les ressources humaines, mais comme
le Prince des apôtres, il se servait du Nom de Jésus
de Nazareth, disait-il, élevé au-dessus de
tout nom; nom triomphal, joie des anges, allégresse
des justes, effroi de l'enfer, en vous repose toute espérance
de pardon, de grâce et de gloire; Nom très
doux, de vous nous viennent la rémission des péchés
et le renouvellement de la vie;vous remplissez nos âmes
de délices divines, vous en éloignez les pensées
vaines; Nom gracieux, par vous la profondeur des miracles
se révèle à nos regards, nos cœurs
s'enflamment du céleste amour, ils deviennent forts
dans les combats et échappent à tout péril…
" Voulant traduire à l'extérieur les
sentiments de son âme, il engagea ses auditeurs à
inscrire sur les monuments publics ce nom béni. Il
avait adopté un monogramme formé des trois
lettres J.H.S. ce qui signifiait :Jesus Hominum Salvator
Jésus Sauveur des Hommes. Il le fit peindre sur des
petites tablettes, entouré d'une couronne rayonnante,
invita ses auditeurs à se les procurer, pour les
porter sur eux, comme lui-même le faisait et pour
se prosterner devant cette pieuse image en rendant gloire
au Christ Jésus. Mais l'épreuve allait venir.
Son zèle à attaquer l'erreur, à arrêter
les efforts de certains novateurs, et à prémunir
les foules contre les enseignements de ceux qui voulaient
les séduire, lui ait créé des ennemis.
Bernardin, dont on ne pouvait attaquer la vie toute sainte,
se vit attaqué dans sa doctrine ; on l'accusa d'hérésie
auprès de Pape Martin V à cause de la manière
dont il propageait le culte du nom de Jésus. Il était
à craindre, disait-on, que les populations ne vissent
dans la tablette une sorte d'amulette et ne fussent exposées
à offrir leurs adorations aux lettres du nom de Jésus
et non au Sauveur lui-même. Le Pape, jugeant les faits
graves, prit les plaintes en considération et cita
brusquement devant lui l'humble franciscain, qu'il n'avait
pas eu jusqu'à alors l'occasion de connaître,
absorbé qu'Il était par des préoccupations
importantes.
Pendant que les écrits et les sermons du saint étaient
déférés à l'examen, on lui interdit
de quitter ROME, DE REMONTER EN CHAIRE ET D'EXPOSER SES
TABLETTES; EN VRAI FILS DE L'Obéissance, Bernardin
se soumit sans trouble ni impatience. Cependant les Mineurs
de l'Observance, émus du danger que courait leur
illustre Frère, députèrent plusieurs
des leurs à Rome, pour l'assister. Au nombre de ces
auxiliaires était saint Jean de Capistran, le plus
grand de ses disciples. Aux portes de la ville, ignorant
sans doute la défense du Pape relative au Nom de
Jésus, il fait porter les tablettes en guise d'étendard,
puis s'avance à travers les rues, au milieu d'une
foule qui grossit d'instant en instant, et qui, entraînée
par son attitude, chante avec lui les louanges du Nom divin,,,
Il arrive ainsi au Vatican ; Le Pape touché de la
foi de ce bon peuple, et du noble dévouement de Frère
Jean de Capistran, le reçoit avec la faveur et l'autorise
à prendre la parole dans le débat.
Au jour fixé, les accusateurs exposent leurs griefs
au Souverain Pontife. Leur attaque est subtile et passionnée.
Bernardin et Jean de Capistran répondent, renversent
victorieusement toutes les objections, et réduisent
à néant, les arguments de leurs adversaires.
Alors le Souverain Pontife se lève et se prononce
en faveur de Bernardin; il l'exhorte à poursuivre
son apostolat si fécond, à enseigner aux peuples
le respect et l'amour du Nom de Jésus, à offrir
enfin sans crainte, aux regards de tous, l'image de ce nom
béni. Il ordonne, en outre, afin de rendre la préparation
plus éclatante, que des prières solennelles
et une grande processions aient lieu, avec le concours de
tout le clergé, en l'honneur du Nom de Jésus,
dont les lettres sont, dès lors, partout écrites
sur les portes des églises et des maisons. Martin
V mourut et fut remplacé par Eugène IV. Bientôt
les ennemis de Bernardin relevèrent la tête
et recommencèrent les attaques, cette fois à
l'insu du Pape. Des poursuites s'instruisirent et le jugement
fut confié au cardinal Jean de Casanova ; mais instruit
de ces menées secrètes par un ambassadeur
spécial envoyé par les Siennois, Eugène
IV interposa son autorité par une bulle du 7 janvier
1432, et arrêta les poursuites. Ce fut là le
triomphe définitif au Nom adorable de Jésus.
Tirer des Fleurs Franciscaines Vol. 18-
04-janvier Bienheureuse Angèle
De Foligno, du Tiers -Ordre , veuve, pénitente
et maîtresse de vie spirituelle ( 1248- 1309)
Au temps où la ville de Cortone admirait la vie
pénitente et embrasée d'amour de Dieu de
sainte Marguerite, celle de Foligno contemplait les mêmes
merveilles de la grâce dans une âme non moins
illustre, celle de la bienheureuse Angèle. Ces
deux grandes saintes seront à jamais de gloire
de l'Ordre séraphique en même temps que des
exemples de la prodigieuse miséricorde du Père
céleste pour les pécheurs qui reviennent
à lui. C'est la bienheureuse Angèle elle-même
qui dicta à son confesseur, le Père Arnaud,
ce que nous savons de sa vie.
Née
dans une famille riche, mariée et entourée
d'enfants, elle se rendit coupable de graves péchés,
qui, dit-elle, la couvraient de honte, ce qui fait supposer
qu'elle fut infidèle à la foi conjugale.
Agitée de remords, elle essaya de se convertir,
mais n'eut pas le courage de faire l'aveu de sa triste
vie au tribunal de la pénitence et ajouta à
ses fautes passées celle d'une confession sacrilège
et d'une communion indigne; alors, presque au désespoir
elle s'adressa à saint François d'Assise,
mort depuis une cinquantaine d'années et qui était
presque son compatriote (Foligno n'est qu'à trois
lieues d'Assise). lui demandant de lui faire rencontrer
le confesseur qu'il lui fallait et à qui elle pourrait
parler pour décharger son âme.
Le
saint lui apparut la nuit et lui dit : " Ma sœur,
si tu m'avais appelé plus tôt, je serais
déjà venu à ton aide ", et lui
inspira la pensée de se rendre à l'église
de Saint-Félicien, ce qu'elle fit dès le
matin. Un Frère Mineur prêchait dans ladite
église, et c'est à lui qu'elle s'adressa,
le sermon terminé. " Je fis, dit-elle, l'aveu
de mes fautes, et j'en reçus l'absolution, mais
je n'en ressentis pas d'amour; seules l'amertume, la honte
et la douleur m'écrasaient; vide de consolation,
et remplie de tristesse, je persévérai néanmoins
dans la pénitence et m'efforçais de satisfaire
la justice divine. "Dieu qui la voulait pour lui
seul, l'aida à se détacher de tout : en
très peu de temps, la mort lui enleva sa mère,
son mari et ses enfants; elle se dépouilla de ses
richesses qu'elle distribua aux pauvres, puis elle fit
le pèlerinage de Rome et d'Assise pour demander
à saint Pierre et à saint François
la grâce d'un complet détachement.
Arrivée
près de cette dernière ville, elle entendit
dans son âme une voix qui lui disait : " tu
vas prier mon serviteur François pour obtenir son
intercession; il m'a beaucoup aimé et j'ai beaucoup
fait en lui, mais si d'autres personnes m'aimaient plus
que lui, je ferais encore davantage en elles. " Et
la même voix divine se plaignait de la rareté
des vrais fidèles, de ceux qui mettent leur vie
en accord avec leur foi. " J'aime, gémissait-elle,
d'un amour immense, l'âme qui m'aime sans mensonge,
et si je rencontrais dans une âme un amour parfait,
elle recevrait de moi de plus grandes grâces encore,
que les saints des temps passés par le moyen desquels
je fis les prodiges que l'on rencontre maintenant. Or
voici la société que le Dieu très
haut, dans sa sagesse , donna en ce monde à son
Fils bien- aimé; d'abord la pauvreté parfaire,
continuelle; absolue; ensuite l'opprobre parfait, continuel,
absolu; enfin, la douleur parfaite, continuelle, absolue.
Telle fut la société que le Christ choisit
sur la terre pour nous montrer ce qu'il faut aimer, choisir
et porter jusqu'à la mort. En tant qu'homme, c'est
par cette route qu'il est monté au ciel ; telle
est la route de l'âme vers Dieu, et il n'y a pas
d'autre voie droite. Il est convenable et bon que la route
choisie par la tête soit la route choisie par les
membres, et que la société élue par
la tête soit élue par les membres. C'est
ce testament d'opprobre et de douleur qu'elle légua,
en leur recommandant, la charité mutuelle à
toutes les âmes qu'elle avait dirigées; puis
après avoir entrevu une dernière fois la
vie intime de la glorieuse Trinité elle murmura;
" Oh! Toute créature est en défaut,
l'intelligence des anges ne suffit pas… pour comprendre
" .
Elle remit ensuite son âme et son esprit entre les
mains du Père céleste et reçut de
Dieu cette réponse : Ce qui fut imprimé
durant ta vie sur ton cœur, il est impossible que
tu ne le possèdes pas dans ta mort. Puis doucement,
elle rendit son âme au Créateur; c'était
le 3 janvier de l'an du Seigneur 1309, on chantait les
premières vêpres de l'octave des Saints Innocents
et le jour allait finir… L'Église à
mis sa fête le 4 janvier.Tiré du Livre Les
Fleurs Franciscaines Vol. 1 page 23 à la page31
Éditeur : Père Franciscain du Canada Montréal.
AUSSI: TIRER DU VOLUME ' LA VOIE
DÉLIVRANCE"
Un
autre jour j'étais en prière.. Je méditais
avec une douleur profonde, absolument intérieure,
sur la Passion . Je cherchais à mesurer, à
peser mes crimes, puisque leur rédemption n'a pas
coûté au Fils de Dieu seulement des prières
ou seulement des larmes , mais la mort et quelle mort!
Je tâchais de calculer ce que peut peser la damnation,
puisque, pour soulever ce poids, il n'a fallu ni la mort
d'une ange, ni celle d'une archange, mais celle du vrai
Dieu!" Et je me plongeais dans la pensée de
l'enfer et de ses tourments immenses, et de sa misère
infinie, et de ses tortures, innombrables. Puis je tâchais
de peser mon ingratitude. Pour le bienfait sans nom ni
mesure, qu'est-ce que j'apporte en retour? Le péché.
Le péché quotidien, l'oubli de la résurrection,
le refus de coopérer.
La miséricorde de Dieu contemplée dans un
abîme, dans l'autre mon injustice et ma démence,
tout cela me conduisit à une espèce de sagesse.
Dans cet état, j'eus la révélation
des péchés de toutes espèces, et
des tortures, et des supplices dont la Passion de Jésus
nous a sauvés. J'étais dans la foule; maie
telle fut la lumière de cette vision épouvantable,,
que ce fut à peine si je pus m'empêcher de
rugir au milieu des hommes. Jesus l'apparition du Christ
crucifié. Il me montra comment il avait été
suspendu à la croix, et comment l'homme qui se
perd est sans excuse à jamais. Car le salut exige
de l'homme ce que le médecin exige du malade; il
vaut avouer son mal, et exécuter l'ordonnance.
Il n'y pas de dépense à faire pour le traitement,
il n'y a qu'à se montrer au médecin, faire
les choses prescrites, et se garder des choses défendues.
Mon âme eut alors l'intelligence de l'antidote qui
réside dans le sang du Christ. L'antidote se distribue
gratis, et n'exige qu'une disposition. Alors tous mes
péchés furent étalés devant
mon âme, et je reconnus dans chacun de mes membres
une infirmité spirituelle.
Alors,
conformément à ce que je venais d'apprendre,
je m'efforçais d'étaler devant Dieu toutes
les misères de mon âme et de mon corps, et
je criai: " O Seigneur, mon Dieu, qui tenez dans
vos mains ma guérison éternelle, puisque
vous avez promis de me guérir si seulement j'étale
devant vos yeux mes plaies, Seigneur, puisque je suis
l'infirmité même ; puisqu'il n'y a pas en
moi un atome qui ne soit une infection et une pourriture,
du fond de mon abîme, j'étale devant vos
yeux mes misères une à une, et tous les
péchés de tous mes membres, et toutes les
plaies de mon âme, et toutes les plaies de mon corps,
alors, je comptai, je désignai chaque misère,
et je dis : Seigneur miséricordieux, qui tenez
dans vos mains ma guérison, regardez ma tête
; je l'ai couverte mille fois des insignes de l'orgueil;
j’ai donné à mes cheveux, en les tordant,
des formes contre nature et , disant cela, je ne dis pas
tout. Seigneur, regarder mes misérables yeux, pleins
d'impudicité et injectés d'envie, etc."Je
continuais à accuser chacun de mes membres et à
raconter leur lamentable histoire. Jésus écouta
tout avec une grande patience, et répondit avec
une grande joie. Il montra pour chaque chose le remède
dans sa main et l'ordre qui présidait à
la rédemption, et je vis sa compassion immense
pour mon âme et il disait" Ma fille, ne crains
ni ne désespère. Quand tu serais infectée
de toutes les putréfactions et morte de toutes
les morts, je suis puissant pour te guérir, si
tu veux appliquer sur ton âme et sur ton corps ce
que je te donnerai.
Tu
m'as longuement détaillé les infirmités
spirituelles de la tête: tu t'es lamentée au
fond de moi. Les attentats que tu as commis, dans tes parures,
par les couleurs contre nature que tu as données à
tes joues et les torsions contre nature que tu as données
à tes cheveux, toute la fierté honteuse, tout
ton orgueil, toute la vaine gloire avec laquelle tu t'es montrée
devant les hommes et contre Dieu, toutes ces misères
pour lesquelles il te semble qu'une honte éternelle
t'attend en enfer, dans l'endroit du lac le plus profond,
tout cela est expié; j'ai satisfait, j'ai porté
ta pénitence, j'ai souffert horriblement.
Pour
toutes ces peintures, et ces onguents qui ont déshonoré
ta tête, la mienne fut tirée par la barbe, dépouillée
de cheveux, percée d'épine, frappée à
coups de roseau, ensanglantée, moquée, méprisée
jusqu'au couronnement! " " Tu te peignais les joues
pour les montrer à des hommes malheureux et mendier
leurs faveurs; sois tranquille; ma face a été
couverte par les crachats de cesmisérables elle a été
déformée et gonflée de leurs soufflets;
elle a été cachée sous un voile honteux.
Tu t’es servie de tes yeux pour regarder en vain, pour
regarder ce qui nuit, pour te réjouir contre Dieu;
mais les miens ont été voilés, ils ont
été noyés dans mes larmes d'abord, et
dans mon sang ensuite. Le sang qui coulait de ma tête
les aveuglait. "
" Pour les crimes de tes oreilles, qui on entendu l'inutile
et le mauvais, et qui ont pris plaisir dans la parole nuisible,
j'ai fait l'épouvantable pénitence qui a fait
pénétrer en moi une tristesse abondante et immense.
J'ai entendu les fausses accusations, les paroles dénigrantes,
les insultes, les malédictions, les moqueries, les
rires, les blasphèmes, la sentence de mort portée
par le juge inique, et les pleurs de ma mère! J'ai
entendu sa compassion. Tu as connu les plaisirs de la gourmandise,
et tu as même abusé des choses qu'on boit; mais
j'ai eu la bouche desséchée par la faim la soif
et le jeûne. On m'a présenté le fiel et
le vinaigre. Tu as médit, tu as calomnié, tu
t'es moqué, tu as blasphémé, tu as menti,
et menti jusqu'au parjure. Ce n'est pas tout. Tu as fait autre
chose; mais j'ai gardé le silence devant les juges
et les faux témoins, et mes lèvres closes ne
m'ont pas excusé. mais j'ai toujours annoncé
la vérité, et prié Dieu de tout mon cœur
pour mes bourreaux. "
" Ton odorat n'est pas pur; tu te souviens de certains
plaisirs dus à de certains parfums; Mais j'ai senti
l'odeur infecte des crachats; je les ai supportés sur
ma face, sur mes yeux, sur mes narines. "
" Ton cou s'est agité par les mouvements de la
colère et de la concupiscence, et de l'orgueil ; souviens-toi
qu'il s'est dressé contre Dieu. Mais le mien a été
frappé et meurtri par les soufflets. Pour les péchés
de tes épaules, les miennes ont porté la croix.
Pour les péchés de tes mains et de tes bras,
qui ont fait ce que tu sais bien, mes mains ont été
percées de gros clous, fixées au bois, et j'étais
suspendu par elles, et elles supportaient mon corps. Pour
les péchés de ton cœur où se sont
déchaînées la haine, l'envie et la tristesse,
de ton cœur possédé par la concupiscence
et par l'amour mauvais, le mien a été percé
d'un coup de lance, et c'est de ma blessure qu'a coulé
ton remède, l'eau pour éteindre le mauvais feu,
le sang pour la rédemption des colères et la
rédemption des tristesses. Pour les péchés
de tes pieds, pour les danses inutiles, pour leurs marches
lascives, pour leurs courses vaines, les miens, qu'on aurait
pu attacher seulement, ont été percés
et cloués à la croix. Au lieu de tes chaussures
à jour, élégamment façonnées,
ils ont été couverts de sang; Le sang sortait
de leurs blessures, le corps tombait sur eux. ""
Pour les péchés de tout ton corps, pour toute
ta sensualité dans la veille et dans le sommeil, j'ai
été cloué à la croix, frappé
horriblement, tiraillé à la façon d'une
peau, et étendu sur la croix. J'ai été
mouillé des pieds à la tête par la sueur
de sang, qui a coulé jusqu'à terre; j'ai été
serré très fortement contre le bois très
dur, souffrant d'atroces tortures, criant, soupirant, pleurant,
gémissant , et je suis mort dans mon gémissement,
tué par des tigres! Pour la rédemption de tes
parures vaines, choses portées dans but, j'ai été
nu sur la croix. Ces misérables se disputaient ma robe
et mes vêtements; ils les jouaient sous mes yeux. Nu
comme je suis sorti du sein de la Vierge , livré à
l'air, au froid, au vent, au regard des hommes et des femmes,
au haut d'une croix, pour être mieux vu, mieux moqué,
mieux déshonoré, j'ai été étendu
et étalé. " " Pour tes richesses mal
acquises, que tu as retenues ou dépensées, j'ai
porté la pauvreté, sans palais, sans maison,
sans abri pour naître ni pour vivre, ni pour mourir,
et je n'aurais pas eu de sépulcre, et j'aurais été
livré aux chiens et aux oiseaux de proie, si quelqu'un
par pitié pour ma grande misère, ne m'eût
donné place dans un sépulcre à lui. J'ai
dépensé pour les pécheurs mon sang et
ma vie, je n'ai rien gardé pour moi. La pauvreté
m'a tenu compagnie dans la vie et dans la mort. "
Le Christ parla ainsi, et parce que mon âme avait reçu
la délectation des péchés du corps, je
vis les douleurs de toute nature portées par l'âme
du Christ, je les vis dans leur diversité et dans leur
horreur. Je vis son âme torturée par la passion
de son corps, par la douleur de sa mère, par notre
refus d'adorer, par notre refus de compatir: Et il ajouta:"
Tu ne trouveras ni péché ni maladie de l'âme,
dont je n'ai porté la peine et offert le remède.
A cause des immenses douleurs que vos âmes misérables
devaient subir en enfer, j'ai voulu être torturé
pleinement et totalement. Ne t'afflige donc pas; mais tiens-moi
compagnie dans la douleur, dans l'opprobre et dans la pauvreté.
" Marie Madeleine était malade, elle fit ce que
j'ai dit et désira sa délivrance, et fut délivrée
de tout, parce qu'elle l'avait désiré. Celui
qui désirerait sera délivré comme elle."
Le Christ ajouta: " Quand mes fils, abandonnant mon royaume,
se sont fait enfants du diable, s'ils reviennent au Père,
le Père a une grande joie et leur fait sentir la délectation
supérieure, Le Père a tue telle joie, qu'il
leur donne et une certaine délectation qu'il ne donne
pas aux vierges fidèles. Ceci vient de l'immense amour
qu'il a pour eux, et de l'immense miséricorde qu'excite
la vue de leur misère. Ceci vient encore de ce que
le pécheur, devant la majesté et la clémence
du seigneur, se reconnaît digne de l'enfer, C'est pourquoi
plus grand l'homme aura été dans le péché,
plus grand il pourra être aussi dans l'autre abîme."
Et il ajouta: "L'homme qui veut trouver la grâce
doit toujours, soit dans la joie, soit dans la tristesse,
tenir ma croix de bois immobile devant ses yeux." ©
Les voies de la délivrance. Sainte Angèle de
Foligno Titre du livre Visions et instruction ch. 35 p.93-98
©Édition Christiana Steinam rhein/suisse
16
Jan.+- 1229
ST Bérard, Pierre, Othon, prêtres
;Adjut et Accurse, frères convers des Frères
Mineurs,Ier Martyrs (1229)
Le cœur du séraphique François d'Assise
brûlait du désir de convertir les infidèles
et son Âme avait soif du martyr, aussi transmit-il
ces sentiments à ses premiers disciples. Cinq d'entre
eux furent envoyés par lui pour prêcher l'évangile
aux spectateurs de Mahomet; ce furent les premiers enfants
de la famille franciscaine qui donnèrent au Christ
le témoignage de leur sang. Comme les apôtres,
ils partirent pour leur sainte mission à pieds sans
provision, traversèrent l'Espagne et arrivèrent
à Séville alors capitale des rois maures.
Là, ils commencèrent à prêcher
la vérité chrétienne au peuple assemblé
; mais ils furent bien vite insultés et maltraités;
conduits en présence du prince musulman, celui-ci
essaya de leur imposer silence, mais ni les promesses ni
les menaces ne purent avoir raison des intrépides
missionnaires; on les condamna, même à mort
puis ils furent relâchés et embarqués
pour le Maroc; ce fut pour eux un nouveau champ d'action,
ils gagnèrent Marrakech, capitale de l'empire, et,
sur les places publiques continuèrent à prêcher
Jésus -Christ, uniquement désireux de le faire
connaître, et d'obtenir la grâce du martyre.
On les chasse de la ville, ils reviennent; alors, on les
jette en prison où ils restent vingt jours privés
de nourriture. Mais comme la sécheresse et des maladies
de tous genres s'abattent sur le pays, le peuple crut voir
en cela un signe du Ciel et demanda la délivrance
des missionnaires. Le sultan y consentit et les fit conduire
en Portugal; mais durant le voyage, les frères, trompant
la vigilance de leurs gardes reviennent à Marrakech
où ils recommencent à prêcher, alors
on les flagelle à plusieurs reprises et jusqu'à
ce que leurs entrailles soient mises à nu; on les
roule sur des morceaux de verre, et des fragments de pots,
on verse sur leurs plaies du vinaigre et de l'houille bouillante,
et les martyrs au milieu de leurs tourments, comme jadis
les Apôtres, bénissent le Seigneur, qui les
juge dignes de souffrir pour son Nom . Le prince infidèle
les fait enfin comparaître en sa présence,
et essaye de les séduire par l'appât des plaisirs,
des richesses, et des honneurs, puis furieux de se voir
vaincu, il saisit lui-même un cimeterre et fend la
tête des courageux athlètes.
Apprenant leur glorieuse mort, saint François s'écria
transporté : " Ah! vraiment, je puis dire maintenant
que j'ai au moins cinq vrais Frères mineurs dans
ma famille, " Les corps des martyrs du Maroc furent
transportés en Portugal et déposés
dans l' Église de Sainte -Croix à Coïmbre,
là un jeune chanoine sentit son cœur s'embraser
d'ardeur et désirant imiter la vie et la mort de
ceux dont il vénérait les reliques, demanda
à revêtir l'habit de saint François
dans le couvent de Saint -Antoine d'Olivarez. Il devait
devenir le saint le plus populaire de l'Ordre franciscain,
l'ami et le nourricier des pauvres, le bienfaiteur du peuple
chrétien; comme le sang et la prière d'Étienne
avaient gagné Paul au Seigneur, les premiers martyrs
du Maroc gagnèrent Antoine de Padoue à la
famille séraphique. Depuis lors, la terre du Maroc
toujours rebelle aux appels du Christ, n'a cessé
d'être évangélisée par des Franciscains
portugais, espagnols et français qui, jusqu'à
nos jours, n'ont cessé de l'arroser de leur sang.
Tirer de la Série Les Fleurs Franciscaines vol.1
p, 31
19 Jan. 1655-1729-Bienheureux Thomas
de Cori Prêtre (1665-1729)
Vie toute faite de simplicité, de candeur, d'innocence
; vie intérieure intense, vie d'union intime avec
Dieu ; zèle ardent pour le salut des âmes,
telles sont les notes caractéristiques de la sainteté
du Bienheureux Thomas de Cori.
De famille pauvre, il fut d'abord berger et dès l'enfance
au milieu de son paisible troupeau, dans la solitude de
la compagne romaine, son âme semblait monter naturellement
vers Dieu; son innocence et sa piété étaient
telles que déjà alors, on l'appelait : "
le petit saint ". Entré chez les Frères
Mineurs, jamais sa course vers l'idéal ne se ralentit
et dès le début, il fut un modèle de
perfection pour ses frères. Après son ordination
à la prêtrise, il songea aux missions lointaines
de la Chine, mais la volonté de Dieu en décida
autrement; il obtient alors de se retirer dans le couvent
de Récollection de Civitella; c'est là, qu'il
passa sa vie dans la pénitence, la contemplation
et l'exercice du ministère apostolique. Il évangélisa
en effet pendant plus de vingt ans une partie de la campagne
romaine et particulièrement les montagnes de Subiaco,
dont il fut appelé l'apôtre à cause
des nombreuses conversions qu'il y opéra. Rien n'était
capable d'arrêter son zèle , quand il s'agissait
de ramener des âmes à Dieu, ni la difficulté
des chemins, ni le froid, la pluie, ou la neige ni les douleurs
aiguës, produites par ses infirmités.
Ses enseignements étaient simples mais touchants
et allaient droit au cœur des humbles auxquels il s'adressait.
Des brigands mêmes venaient l'entendre, et l'en convertit
un grand nombre. Souvent, il lisait dans les cœurs,
rappelait des fautes oubliées, mettait en garde contre
les pièges et les embûches du démon,
et vers la fin de sa vie, c'est de toutes parts que l'on
venait le consulter ou demander à être réconcilié
par lui avec Dieu. Malgré les importunités
des foules, il demeurait toujours affable, oubliant de prendre
sa nourriture et passant la grande partie de ses jours et
de ses nuits à entendre les aveux des pauvres pécheurs.
C'est ainsi qu'il passa, dans le monde, sans que son âme
fut souillée, car son âme vivant en Dieu. Il
mourut le11 janvier 1729 et le Pape Pie VI le béatifia
le 18 août 1786. Tirer des Fleurs Franciscaines Vol.
2. p. 35-36
19 Jan. 1607-166 Bienheureux
Charles De Sezze, convers,o.f.m. ( 1655-1729)
Comme
le Bienheureux Thomas, Charles naquit d'une famille de
laboureurs à Sezze, en Italie. C'est à la
suite d'un vœu fait durant une grave maladie, qu'Il
embrassa la religion des Frères Mineurs. Il eut
pour cela de grandes difficultés à vaincre
de la part de ses parents dont il était l'espérance.
Il eut durant tout sa vie un grand désir du martyr,
la maladie l'empêcha de se rendre aux Indes; Il
vécut à Rome.
Humble
Frère convers, et homme sans lettres. " Ce qu'il
y a de plus admirable, dit Léon XIII, dans le décret
de sa béatification, c'est qu'il excita d'admiration
des hommes les plus doctes, par ses expositions des questions
de théologie les plus difficiles et par la composition
de livres tout remplis de la science chrétienne. "
Aussi, non seulement les gens du peuple même les plus
illustres et nobles personnages, les cardinaux et Clément
IX lui-même, notre prédécesseur d'heureuse
mémoire, usaient de ses conseils. Néanmoins
le serviteur de Dieu ne s'enorgueillissait pas; il comprenait
qu'il ne devait ne rien attribuer à lui-même,
homme sans talents et sans études, mais que tous ces
dons devaient être rapportés à la grâce
de Celui qui cache aux sages et aux prudents de ce monde les
mystères de sa divine Sagesse, et les révèle
aux petits; plus donc il était grand dans l'opinion
des hommes, et plus il pensait humblement de lui-même.
"
Quand il recevait l'ordre d'écrire, il s'y préparait
par la prière, se recommandant au saint roi David,
à l'apôtre saint Paul, et à sainte Thérèse.
Un jour qu'il s'adressait à la Vierge du Carmel, il
entendit une voix lui dire : " Va, ne crains rien : Celui
qui m'a éclairée par sa grâce, te donnera
à toi aussi sa lumière. " Au don de science
infuse, le Seigneur en ajouta d'autres. Un jour, durant la
messe, un rayon lumineux partant de la sainte hostie, vint
le frapper au cœur, laissant dans sa chair l'empreinte
sacrée d'un clou de la Passion, et, après sa
mort, à la place de cette empreinte, il se forma une
excroissance de chair de même forme, qui fut tenue pour
miraculeuse par treize médecins de la ville.
Un mois avant sa mort, étant allé rendre visite
au pape Clément IX, alors près de sa fin : «
Nous nous reverrons, lui dit-il en le quittant, à la
fête de l’Épiphanie », et en effet,
le saint Frère rendit ce jour-là son âme
à Dieu, en annonçant qu’à ce même
instant, Clément IX sortait du Purgatoire et entrait
dans la gloire céleste. Le Pape Léon XIII a
béatifié ce serviteur de Dieu le 1er octobre
1881.Tirer des Fleurs Franciscaines, Vol2. p. 36-38
19
Jan. 1607-1667 Bienheureux
Bernard De Corleone, convers FF. Min.Capucin. (1607-1667)
Bernard,
né en Sicile, fut d'abord soldat et mena la vie large
des camps. Comme il avait le caractère ardent des hommes
de sa race, il blessa un jour mortellement, dans un rixe,
un de ses compagnons d'armes; puis touché par la grâce,
il résolut d'aller expier ses fautes dans les rigueurs
de la pénitence, et revêtit les livrées
de saint François, chez les Capucins de sa ville natale.
On le vit dès lors tourner contre lui -même la
violence de son tempérament, et venger sur son corps
par d'effrayantes macérations, les droits de la justice
divine, les austérités de la règle ne
suffisant pas à sa ferveur, il réduisit son
sommeil à trois heures par nuit, et encore, le prenait-il
étendu sur le plancher de sa cellule; ses jeûnes
étaient sévères et multipliés
, et c'est ainsi qu'il obtint non seulement le pardon de Dieu,
mais aussi la faveur de grâces extraordinaires. Il fut
élevé aux hauteurs les plus sublimes de la contemplation,
favorisé des dons de miracles, de prophétie,
de pénétration des cœurs. D'un vase de
colère, Notre-Seigneur fit de lui un vase d'élection,
révélant encore une fois aux pécheurs
les trésors d'amour renfermés dans son divin
Cœur. Trente-cinq années de cette vie mortifiée
valurent à ce vrai pénitent d'être jugé
digne de prendre place dans l'assemblée des Bienheureux.
Tirer des Fleurs Franciscaines, Vol. 2. p, 38-39
28
Jan. 1285-1331 Bienheureux Odoric
Dix-sept années de travaux apostoliques, dans les pays
les plus reculés, la conversion de plus de vingt mille
infidèles; voilà l'œuvre du Bienheureux
Odoric pour le salut des âmes et pour la gloire de Dieu.
Nous n'avons que peu de détails sur son enfance; il
revêtit l'habit de saint François au couvent
d'Udine, alors capitale de la province du Frioul , en Vénétie,
où il était né. Dès qu'il eut
compris que Dieu l'appelait à l'apostolat, il se mit
à évangéliser sa patrie et convertit
ainsi une multitude de pécheurs; mais son zèle
le portait vers les contrées où il pourrait
trouver plus de souffrances et de périls.
Envoyé
en Orient, il s'embarque à Venise, passe à
Constantinople, parcourt la grande Arménie, la Perse,
la Tartarie, semant partout la parole évangélique
et la confirmant par des prodiges. Il prend ensuite le chemin
des Indes qu'il visite en entier, puis passe en Chine et
dans le Tibet, pays jusqu'alors inconnu des hommes de l'Occident;
enfin, comme il rentrait en Europe, pour recruter des ouvriers
évangéliques, Dieu lui révéla
que le moment était venu pour lui d'aller recueillir
au ciel le fruit de ses travaux.
On l'obligea à dicter le récit de ses voyages
apostoliques ; mais l'humilité de cet homme infatigable
nous a caché ses souffrances et ses tribulations
de chaque jour. On peut cependant se faire une idée
de ce qu'il eut à souffrir, des dangers qu'il courut,
des privations qu'il eut à endurer dans ses courses
a travers ces immenses régions; le plus souvent,
il ne trouve pour se sustenter que des fruits et des racines;
d'autres fois, engagé dans des déserts, il
passe plusieurs jours privé de toute nourriture ;
la nuit il prend son repos au pied d'un arbre, sur la terre
nue, exposé à toutes les intempéries
et à la dent des bêtes sauvages.
Une
fois il est saisi par les infidèles et mis à
la torture ; ses membres sont disloqués, ses veines
se rompent et le sang coule en abondance ; mais loin de
faiblir, le confesseur de Jésus-Christ est heureux
de souffrir pour son Dieu et prêt à lui sacrifier
sa vie si laborieusement employée. Étonnés
de son courage, et saisis d'une religieuse frayeur, les
barbares lui rendent la liberté comme à un
homme en qui il y a quelque chose de divin. Ces contrées
infidèles, particulièrement le Tibet, étaient
infestées par les esprits mauvais, mais Dieu lui
donna une telle puissance contre ces légions infernales,
qu'on les mettait en fuite aussi facilement qu'on chasse
un chien d'une maison, aussi lui amenait-on les possédés
à une distance de plus de dix journées. Le
B . Odoric mourut à Udine à l'âge de
quarante-six ans ; son corps est préservé
de la corruption. Les Chinois catholiques de Pékin
lui ont consacré un autel dans leur cathédrale
comme au premier apôtre de leur cité et de
leur pays, et en 1881, sa ville natale de Pordenone lui
a élevé une statue comme au plus illustre
de ses enfants. Tirer Fleurs Franciscaines Vol.1 p.39 à
42
28
Jan. + 1337 Bienheureux
Roger De Todi (+1337)
Les annalistes de l'Ordre nous donnent peu de détails
sur la vie du Bienheureux Roger de Todi, vie qui fut toute
cachée en Dieu. Il reçut, en 1216, du saint
Patriarche lui-même la livrée des pauvres; il
en fut le parfait imitateur, par son amour de la pauvreté,
par son détachement des choses terrestres et son abnégation.
La Bienheureuse Philippa, fille du seigneur de Mareri, ayant
renoncé au monde pour embrasser la Règle de
sainte Claire, dans le monastère qu'elle venait de
fonder, saint François proposa Roger, son cher disciple,
à la direction de ces vierges du Seigneur.
Il
assista sa fille spirituelle à son dernier passage
et fit lui-même son oraison funèbre, puis retourna
au couvent de Todi sa patrie; il y mourut le 5 janvier 1237.
De nombreux miracles s'opérèrent sur son tombeau.
Le pape Grégoire IX, qui l'avait connu, publia sa
sainteté, et permit à sa ville natale, dépositaire
de ses précieux restes, de célébrer
sa fête. Benoît XIV étendit son culte
à l'Ordre tout entier.Tirer des Fleurs Franciscaine
vol.1. p. 42-43
28.
Jan.1443-1518 Bienheureux
Égide de Larenzona convers o.f.m. (1443-1518)
Dès son enfance, le Bienheureux Egide de Lorenzana
fut un privilégié du ciel. A peine adolescent,
il se retira dans la solitude pour être loin du monde,
plus entièrement à Dieu ; mais les prodiges
par lesquels le Seigneur le glorifia et manifesta la sainteté
de sa vie attirèrent à lui les foules qui
venaient solliciter le secours de ses prières. Troublé
dans sa contemplation, alarmé dans son humilité,
le serviteur de Dieu, pour voiler sous les dehors d'une
vie commune les faveurs célestes, quitta le genre
de vie qu'il aimait et se mit au service d'un laboureur
de la contrée. Malgré le changement, il ne
cessa pas d'être favorisé des mêmes grâces
; ses journées se passaient dans une communion intime
et continuelle de son âme avec la divinité,
et le soir, le labour des champs était aussi avancé
que s'il y eut consacré tout le jour. Ému
au contact du Surnaturel, son maître le laissa libre
de se consacrer au service de Dieu.
Notre Bienheureux se tourna alors vers la famille séraphique,
Il reçut le saint habit au couvent de Lorezana, sa
place natale et, comme ce ne sont pas les actions plus ou
moins élevées qui sanctifient, mais uniquement
la manière dont on les fait, il versa tout le grand
amour de son cœur dans chacun des humbles travaux qu'il
accomplissait, car il ne fut que Frère convers.
Le démon essaya, par ses assauts, de troubler la
belle candeur de son âme, mais ses efforts furent
vains; aussi, se vengea-t-il en l'accablant de mauvais traitements.
D'un autre côté, le Seigneur récompensa
sa fidélité et son innocence, en lui rendant,
en quelque sorte, sur les animaux, l'empire que l'homme
perdit par le péché ; les oiseaux l'approchaient
familièrement, recevaient de sa main leur nourriture
et chantaient avec lui les louanges du Créateur.
Il
mourut le 10 janvier 1518 et six ans après sa mort
son corps fut retrouvé intact et flexible comme s'il
eut été vivant ; il n'est plus étendu
dans la position où il avait été placé,
mais à genoux, la face tournée vers le Saint-Sacrement
et tenant en ses mains la couronne de la Sainte -Vierge.
Trier des Fleurs Franciscaines vol.1. p.43-44-45
29Jan.
1567-1622
St François de Sales Évêque et prince
de Genève, docteur de l'Église, fondateur
de la Visitation et tertiaire franciscain(1567-1622)
«Saint François de Sales Évêque
et prince de Genève, docteur de l'Église,
fondateur de la Visitation et tertiaire franciscain(1567-1622)
« Au château de Sales, en Savoie , le 21 août
1567, venait au monde un enfant , à qui sa mère
ne peut donner le jour qu'en présence d'une image
du saint patriarche d'Assise. Il était fils de François
de nouvelles et sa mère descendait des seigneurs
de Boisy. Baptisé le lendemain de sa naissance, il
reçut les noms de François -Bonaventure. Autant
son corps était faible et frêle, autant sa
nature était violente et colérique.
Son
éducation et son instruction furent très soignées;
durant son séjour à Paris où il complétait
ses études et quoique très pieux, il fut assailli
par une longue et terrible tentation de désespoir.
Il n'en fut guéri qu'aux pieds d'une statue de la
Sainte-Vierge en l'église de Notre- Dame des Grès:
"Du moins, avait-il dit à la Mère de
Dieu, faites que je vous aime, vous et votre Fils, durant
cette vie terrestre, si je ne dois point vous chérir
en la vie éternelle!". Il fit ensuite le vœu
de chasteté perpétuelle, promit de réciter
chaque jour le chapelet de six douzaines et la tentation
disparut pour toujours.
Reçu,
à Padoue, docteur en l'un et l'autre droit,, ayant
renouvelé à Lorette le voeu qu'il avant fait
à Paris et refusé une situation brillante
au Sénat de Savoie, il s'engagea dans la cléricature.
Ordonné prêtre et nommé prévôt
de l'église de Genève, il remplit si bien
sa charge que son évêque Granier lui confia
la tâche de travailler par la prédication,
à la conversion des calvinistes duChablais et autres
lieux voisins de Genève. Dans ce ministère,
il eut à souffrir les plus rudes tribulations de
la part des hérétiques qui le poursuivirent
par la calomnie, lui dressèrent nombre d'embûches,
et cherchèrent à lui donner la mort, mais
tant de périls et de combats ne firent que ressortir
son inébranlable constance. Aidé du secours
de Dieu, on rapporte qu'il ramena à la foi catholique
72,000 hérétiques, parmi lesquels plusieurs
étaient distingués par leur noblesse et leur
science. Après la mort de Granier, qui l'avait choisi
pour coadjuteur, il fut consacré évêque
le 8 décembre 1603, en l'église de Thorens
où il avait reçu le baptême. Dès
qu'il eut reçu l'onction des Pontifes, sa sainteté
rayonna partout; enflammé de zèle pour la
discipline ecclésiastique, d'amour pour la paix,
de miséricorde envers les pauvres, et de désir
de perfection, il brilla surtout, lui dont le caractère
était naturellement violent, par une invincible douceur.
Il illumina l'Église par des écrits remplis
d'une doctrine céleste, dans lesquels il enseigne
un chemin sûr et facile pour arriver à la perfection
chrétienne.
Le
jour de Saint-Jean l'évangéliste, 27 décembre
1622, il célébra la messe à Lyon, et
comme il retournait de France à Annecy il fut atteint
par une maladie dont il mourut le lendemain; il n'était
âgé que de 55 ans. Son corps, transporté
à Annecy, fut enseveli honorablement dans l'église
des religieuses Visitandines. De nombreux miracles suivirent
aussitôt son bienheureux trépas et le Pape
Alexandre V11 les ayant dûment constatés selon
les règles, le mit au nombre des saints, en assignant
pour fête le 29ième jour de janvier. ( 24 janvier
en l'an 2000 La Souverain Pontife Pie IX, de l'avis de la
Sacrée Congrégation des Rites, l'a déclaré
Docteur de l'Église
Élevé par le Père Ange de Joyeuse,
capucin; tonsuré par l'évêque franciscain
Ange Justiniani, François de Sales s'attache de bonne
heure à l'Ordre de Saint -François. Étant
déjà évêque , un jour qu'il était
à Annecy, prêchait chez les Cordeliers le panégyrique
de saint Bonaventure, les Pères Capucins vinrent
lui faire visite et lui dirent humblement : " Monseigneur,
vous passez chez nos Frères toute une journée;
ne viendrez-vous pas nous faire une visite ?-" "
Vous avez raison, mes Pères, répondit -il,
je vais aller vous voir et prêcher aussi dans votre
église, car je suis de l'Ordre de Saint -François
sans distinction de branches et je vous appartiens à
un double titre; par les noms de François et de Bonaventure
que j'ai reçus au baptême, et par mon admission
au Tiers -Ordre."
L'aimable saint aurait pu ajouter qu'il était aussi
nôtre par l'onction et l'ardeur séraphique
de ses écrits. N'y a-t-il pas en effet une étroite
parenté d'âme et de pensées dans sa
doctrine et dans celle de saint Bonaventure? N'est-ce pas
chez tous deux la même suavité, la même
pondération, la même sûreté ?
N'est-ce pas chez l'un et l'autre la science par l'amour,
et si l'on avait à résumer d'un mot leurs
écrits, ne pourrait-on pas dire qu'ils sont un "itinéraire
de l'âme vers Dieu?" Et quand le saint évêque
de Genève concrétise ses enseignements dans
ces images poétiques et naïves, dans ces comparaisons
aussi charmantes des justes, ne semble-t-on pas entendre
comme un écho lointain des " Fioretti"
Les Fleurs Franciscaines Série1 page 45-51
30Jan.
1585-1640-Sainte Hyacinthe de Mariscotti, vierge o.f.s. (1585-1640)
"
Me voilà religieuse, mais j'entends bien vivre selon
ma condition ", telles furent les paroles qu'Angèle
adressa à son père, après qu'elle fut
entrée au couvent des Tertiaires Régulières
de Viterbe, et comme elle appartenait à une des premières
familles de Rome et qu'elle se trouvait là contre son
gré et de par la volonté paternelle, elle se
fit une vie aussi luxueuse et mondaine que possible. Il y
avait dix ans que cela durait; quand elle tomba malade et
fit appeler le Père Antoine Bianchetti pour faire sa
confession; quand le prêtre eut vu le luxe princier
des appartements de cette religieuse qui n'en avait que le
nom, il s'en retourna scandalisé en refusant de la
confesser; elle comprit alors qu' il lui fallait changer de
vie, le promit, se confessa et demanda publiquement pardon
aux religieuses. Mais le danger passé, les bonnes résolutions
s'envolèrent. Il fallut un second avertissement du
même genre, mais cette fois, la conversion fut totale
et durable.
Au
bien-être, au luxe, aux vanités, succédèrent
les jeûnes à peu près continuels, les
maigres repas faits d'herbes amères, le cilice, les
longues et sanglantes disciplines, le fagot de sarments pour
couche et la pierre pour oreiller, elle avait voulu jouir
de tout ; tout l'aidera à expier: les orties, la cire
fondue, le feu, la neige ; on la verra au cœur de l'hiver
entrer dans le jardin du monastère et se tenir longtemps
les pieds dans l'eau presque glacée.
Aux macérations extérieures s'ajoutèrent
les peines intérieures; sécheresses, aridités,
désolations, elle souffrit tout avec une héroïque
résignation et sans cesser de s'adonner à l'oraison;
belle leçon pour les personnes qui font consister la
piété et la ferveur dans les consolations sensibles.
" Les douceurs et les aridités peuvent être
bonnes disait-elles, mais à mon avis, on témoigne
plus d'amour à Jésus quand on le sert sans goût
sensible et sans douceur. Oh! " disait-elle encore, j'ai
un goût décidé pour les personnes méprisées,
dépouillées d'elles -mêmes, et qui n'ont
ni douceurs, ni attendrissements. La Croix, la Croix ! souffrir
! souffrir! Et persévérer fortement sans consolations,
voilà la marque véritable de l'esprit de Dieu.
"
Son amour du Seigneur lui inspirait une charité sans
bornes pour le prochain, surtout pour les pécheurs
et les malades : " O mon Dieu, s'écriait-elle,
que ne puis-je parcourir les rues et les places publiques
! " Je crierais de toutes mes forces : --Est-il possible
qu'on soit insensé au point de méconnaître
que ce monde n'est que néant! O mon Dieu, Dieu inconnu
! est-il possible que les hommes aient plus d'estime pour
la boue infecte de cette terre que pour vous, vrai trésor
et seul vrai bien qu'ils offensent en se damnant pour l'éternité.
"
Un trait suffira à montrer jusqu'où allait sa
charité envers les malheureux : il était d'usage
dans la maison Mariscotti de faire célébrer
des messes pour chaque membre de la famille, immédiatement
après son décès; or notre sainte pria
son frère de lui donner l'argent qu'il devait employer
à cet effet et pour elle-même après sa
mort lui déclarant que pour assister les malades et
les pauvres elle consentait à être privée
du secours de ces messes et à souffrir les peines du
purgatoire.
Son amour pour l'eucharistie était ardent; on lui doit
l'institution des quarante heures qu'elle obtint d'établir
à Viterbe et dont la pieuse pratique se répandit
ensuite dans l'Église entière; elle mourut le
30 janvier 1640 ; sa vie offre un exemple frappant de la lutte
de la nature et de la grâce et du parfait triomphe de
l'amour de Dieu. Tirer des Fleurs Franciscaines vol.1. p.51
à 53
31 Jan.1474-1533-Bienheureuse
Louise Albertoni (1474- 1533) o.f.s.
La
bienheureuse Louise est un modèle d'épouse et
de mère chrétienne, une âme pleine de
reconnaissance pour les souffrances du Sauveur, un cœur
rempli d'amour pour Dieu se cachant les pauvres. Mariée
à Jacques de Cithara, elle est pour lui tout dévouement;
elle l'aime en Dieu et pour Dieu et s'attache son cœur
par ses attirantes vertus. Elle donne tous ses soins à
l'éducation de ses trois filles, préside à
leurs prières et à leurs lectures, veille sur
la pureté de leurs âmes et, comme autrefois Blanche
de Castille à saint Louis, leur répète
souvent, qu'elle préférerait pleurer sur leurs
tombes que de les voir souillées d'un péché
mortel.
Veuve à trente-trois ans, elle pleure, car elle aime,
mais elle baise la main de Dieu qui la frappe et dispose sa
vie pour s'unir plus étroitement à Lui. Une
partie de ses nuits sera consacrée à la prière
et à la pénitence : Comment peut-on vivre sans
souffrir, dit-elle, lorsqu'on voit son Dieu suspendu à
une Croix. " Elle communiera chaque matin à la
messe, consacrera ses journées à la conduite
de sa maison, à la visite et au soulagement des pauvres
et spécialement des jeunes filles sans ressources,
proies si faciles pour le démon. Les biens de la terre,
avait-elle coutume de dire, nous sont donnés pour les
répartir entre ceux qui en sont le plus privés,
" et sa grande fortune passa tout entière dans
le soin des indigents; si elle mourut riche des biens célestes,
elle passa sa vieillesse entièrement dépourvue
des biens de la terre, elle les avait tous distribués
durant une année de famine qui désola la ville
de Rome." Elle avait tant pleuré au souvenir de
la passion du Christ qu'elle a failli perdre la vue, Ses reliques
reposent dans l'église franciscaine de San Francesco,
à Ripa, sur les bords du Tibre, à Rome.
Fleurs Franciscaines vol.1 P. 53
Bienheureuse
Paule Cambara-Costa (1505) veuve, Tiers-Ordre
La Bienheureuse Paule fut une épouse malheureuse,
d'autant plus malheureuse, qu'à seize ans, mariée
au compte Louis Costa, elle avait d'abord joui pleinement
des premières joies du mariage et de l'affection
de son mari; elle s'y était donnée entièrement
comme on le fait à cet âge où les yeux
et le cœur s'ouvrent à un monde nouveau et à
un avenir, couleur de rose; elle en avait même malheureusement
oublié Dieu et sa piété d'enfance.
Dieu ressaisit cette jeune âme sur la pente fatale
par le moyen d'un saint et d'un savant, le Bienheureux Ange
de Chivasso, Frère mineur, dont l'éloquence
attirait et qui avait un merveilleux don pour conduire les
âmes à Dieu; il l'affilia au Tiers-Ordre, et
la dirigea fortement vers la piété et vers
les pauvres.
Le Seigneur continua son œuvre, et voulant la conduire
très haut, il lui fit monter un sentier très
rude. Son mari trahit la foi conjugale, l'abreuva sans honte
d'injures et d'humiliations publiques, devant des domestiques
qui, stylés par lui, ricanaient en sa présence.
Elle souffrit dans l'intime de son âme tout ce qu'un
cœur noble, délicat et aimant peut souffrir
en pareilles circonstances et instinctivement par le détachement
et l'amour ce sera contre Dieu.
Le Ciel la dédommagea des avanies de la terre, par
des consolations intimes que les saints seuls connaissent,
il manifesta, d’une touchante façon, la même
faveur envers elle; un jour qu'elle cachait dans les plis
de sa robe le pain qu'elle destinait aux indigents, elle
rencontra le comte qui exigea de voir ce qu'elle portait
; Paule obéit et découvrit à son mari
stupéfait une gerbe de roses fraîches.
Chrétienne jusqu'à l'héroïsme,
elle offrait ses souffrances pour celui qu'elle avait tant
aimé; elle eut avant sa mort le bonheur de le voir
converti, et expirer réconcilié avec Dieu.
Après la mort de son mari, de plus en plus, la pieuse
comtesse ne vécut que pour Dieu, qui la couronna
le 15 janvier 1505; la souffrance, sa grande ouvrière,
avait achevé son œuvre. Tirer de la Série
Les Fleurs Franciscaine vol.3. p. 57
01
février Bienheureuse Eustochium, clarisse (1430-1491)
... * Bienheureuse Viridiane,tertiare (1182-1242).Vierge
03 février Bienheureux Mathieu, évêque
de Girgenti, Frère mineur (+1451) *
04 février Saint Joseph De Leonissa, prêtre
Capucin(1556-1612) *
05 février Saints Pierre-Baptiste, Martin de l'Ascension,
François Blanco, prêtres, Philippe De Jésus,
clerc,
François De Siant-Michel et Gonzalve Garcia, Frères
convers, o.f.m17 Frères tertiaires, martyrs au Japon
(1597)
05 février Saint François de Méako
célèbre médecin japonais, tertiaire
et martyr
07 février Bienheureux Rizzier, prêtre (+1226)
.. Bienheureux Égide-Marie(1729-1812) et Antoine
De Stoncone(1381-1461), Frères convers o.f.m. *
13 février Bienheureux Jean De Triora, prêtre
o.f.m. Martyrs (1760-1816)
14 février Bienheureuse Jeanne De Valois, reine de
France, veuve, tertiaire; fondatrice de l'Ordre royal de
l'Annonciade (1464-1505)
15 février Bienheureux André De Segni, prêtre
o.f.m . * Translation des reliques de saint Antoine De Padoue
(1350) *
16 février Bienheureuse Philippa De Maréri,
vierge , clarisse (+1236) *
19 février Saint Conrad De Plaisance, ermite, o.f.s.
(1290-1351) *
20 février Bienheureux Pierre De Tréja, prêtre
o.f.m. (1304) *
22 février Sainte Marguerite De Cortone, pénitente,
o.f.s. (1247-1297)
22 février Bienheureux Sébastien D'Appartio,
frère convers o.f.m. (1502-1600) *
26 février Bienheureuse Isabelle De France, vierge,
Clarisse (1225-1270) *
28 février Bienheureuse Antoinette De Florence, veuve,
Clarisse ( 1401-1472) *
01 Fév.1430-1491 Bienheureuse
Eustochium, Clarisse (1430-1457)
Sainte EustochiumFille de la comtesse Mathilde de Calafato,
qui l'obtint du Ciel après une longue stérilité,
la bienheureuse Eustochium reçut le nom de Smaragde
qui signifie émeraude et en vérité
ce fut une perle par ses grâces corporelles et surtout
pour la splendeur de son âme. Appartenant à
une noble et riche famille, douée d'une grande
beauté, elle fut de bonne heure recherchée
en mariage, et fiancée deux fois malgré
elle par son père le comte Bernard ; Dieu, qu'elle
avait choisi pour partage vint chaque fois à son
aide en retirant du monde les deux jeunes seigneurs qui
avaient sollicité sa main.A l'âge de seize
ans, à la mort de son père, elle quitta
le monde, reçut l'habit de sainte Claire à
Messine, lieu de sa naissance et prit le nom d' Eustochium.
Elle demeura onze ans dans ce monastère de Clarisses-Urbanistes
dont la règle est mitigée, puis désireuse
d'une plus grande perfection, elle obtient du Pape Calixte
III la permission de fonder dans la même ville une
seconde communauté où l'on suivrait la première
règle de sainte Claire. Trois de ses compagnes
accompagnèrent la Bienheureuse Le nouveau couvent
fut appelé le Mont des Vierges; elle y vécut
d'une vie toute céleste durant vingt-sept ans.
A l'approche de sa mort une vierge d'une divine beauté
lui apparut et lui mit au doigt un anneau, c'était
le gage d'amour de son céleste époux qui
la conviait aux noces éternelles.
Durant sa vie, elle choisissait pour son usage ce qu'il
y avait de plus incommode, vivait de pain et d'eau, couchait
sur la terre, faisait de son corps, par ses macérations,
une hostie vivante, observait dans la prière la
posture la plus respectueuse. Comme une vraie fille de
saint François, elle avait une grande dévotion
à la Passion, et Dieu lui accorda de contempler
en esprit les lieux sanctifiés par les mystères
de la vie du Sauveur et de sa douce Mère.D'une
charité délicate et industrieuse, elle poussa
cette vertu jusqu'à l'héroïsme lors
de la peste qui désola Messine et qui envahit le
monastère dont elle était l'abbesse. Son
amour du prochain n'allait pas seulement aux vivants,
mais encore aux morts et elle eut trois visions un jour
de la Portioncule où Notre-Seigneur lui montra
une multitude d'âmes délivrées du
purgatoire par les indulgences du grand pardon d'Assisse.De
son vivant, plusieurs malades furent guéris au
contact du linge qui lui servait à essuyer les
larmes qu'elle versait dans la ferveur de ses oraisons
et après sa mort, un huile embaumée qui
perlait de son corps chaque vendredi produisit les mêmes
prodigieux effets. Tirer Fleurs Franciscaines Vol.1. p.
60-61
01.Fév.1182-1242-Bienheureuse
Viridiane, tertiaire (1181-11242) Vierges
En un dimanche de l'an du Seigneur 1208, près des
rives de l'Elsa, un peu au -dessous de la petite ville
de Catelfiorentino, on murait la porte d'une petite cellule
d'ermitage de neufs pieds de long et de trois de large
sur une jeune fille de vingt-six ans, pendant qu'au dehors
la foule chantait : " Soyez bénie, vraie servante
de Dieu ; priez pour nous qui sommes pécheurs et
qui implorons vos suffrages. " On ne lui laissait
comme nécessaire ; à la vie qu'une unique
petite lucarne ; c'est la cérémonie d'entrée
en réclusion perpétuelle de Virdiane de
l'ancienne famille des Attrayanti. Depuis l'âge
de douze ans elle avait tété demoiselle
de compagnie de la femme d'un de ses parents, puis elle
avait fait un pèlerinage à Saint-Jacques
de Compostelle, un autre à Rome, et voilà
plus que jamais assoiffée de pénitence,
elle avait voulu se séparer du monde des vivants
et s'enfermer dans un tombeau afin de s'immoler à
la gloire de Dieu et au salut des pécheurs. Pendant
trente-quatre années, elle portera sur sa chair
un cercle de fer et un cilice, elle dormira sur la terre
nue, ne prendra sa nourriture qu'une fois par jour après
le coucher du soleil, nourriture qui consistera en un
peu de pain et d'eau, auxquels elle joindra parfois des
légumes cuits à l'eau mais sans assaisonnement,
car elle distribuera aux pauvres le jour même, tout
ce qui lui sera donné de plus. Mais une pénitence
plus dure encore et tout à fait extraordinaire
sera la présence de deux énormes serpents
qui partageront avec elle son étroit réduit,
mangeront dans le même plat, la frapperont souvent
de leurs queues et si cruellement qu'elle en perdra connaissance
et qui ne lui laisseront un peu de repos qu pendant ses
prières.Quand elle sentit venir la mort, elle se
confessa, reçut le corps du Seigneur et s'endormit
dans la paix en chantant les psaumes de la pénitence.
Les cloches des églises voisines se mirent alors
à sonner d'elles -mêmes pour annoncer sa
naissance au ciel et Dieu déliant la langue d'un
petit enfant de trois mois, il se mit à dire :
" Viridiane, la servante de Dieu est morte ".
la foule se porta à la réclusion, on enfonça
le mur et la sainte fut trouvée sans vie, mais
à genoux, les yeux et les bras levés vers
le ciel. Elle fut, durant sa réclusion, visitée
par saint François d'Assisse lui-même qui
la bénit et l'admit dans l'Ordre de la Pénitence.
Tirer Fleurs Franciscaines Vol.1 p.61-63Série-1-
03
03 Fév. + 1451-Bienheureux
Mathieu, évêque de Girgenti, F.M.(+1451)
C'était à l'époque
du grand schisme d'Occident, deux papes se disputaient
le Souverain Pontificat et il était difficile de
savoir quel était le légitime, car il y
avait des saints dans les deux partis ; mais l'Église
de Dieu déchirée souffrait, la discipline
était relâchée, les mœurs chrétiennes
menaçaient de disparaître et les saints n'avaient
jamais été plus nécessaires En ce
temps de calamités Dieu donna à son peuple
le grand saint Bernardin de Sienne auquel s'adjoignit
le Bienheureux Mathieu, né à Girgenti, en
Sicile, attiré par l'éloquence de l'apôtre
siennois, par sa sainteté et brûlant comme
lui de zèle pour les âmes; il en devint le
compagnon et l'ami. A sa suite, il parcourut l'Italie
et la Sicile, l'étendard du saint Nom de Jésus
à la main, prêchant au clergé simoniaque,
au peuple impie, convertissant des milliers de pécheurs
et ranimant l'esprit chrétien dans les foules.Ses
compatriotes, fiers de sa réputation et de son
renom de sainteté, le demandèrent au Pape
pour évêque; à leur prière
et à celle d'Alphonse Ier, roi d'Aragon, Eugène
IV lui ordonna de se soumettre a l' 0rdre de Dieu ; il
fut donc sacré évêque de Girgenti
en l'année 1442. Dès ce moment, sa vie ne
fut qu'une longue suite d'épreuves. Ayant entrepris
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