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Première
méditation fondamentale.
Jésus-Christ, profondément
de la vie vertueuse.
|
a- Préparation
:
b- Considération 1 : Jésus-Christ, Fils de Dieu.
1a- De la prédestination de l’humanité
sacrée pour être unie au Verbe éternel.
1b- Jésus est Fils de Dieu par la nature, même
en Son Humanité unie à la personne du Verbe.
1c- De la supériorité que le Sauveur a universellement
et le droit naturel sur tout
es les créatures.
1d- Que la Sainte Vierge est notre Dame souveraine à
raison de son fils, et comment toutes les paroles, actions
et souffrances de Jésus sont infiniment adorables.
c- Considération
2 :
De la sainteté de Jésus-Christ, principe de
toute sainteté.
2a-De la sainteté substantielle de l’Humanité
du Christ
2b-De la plénitude grâce qui, est en l’âme
du Sauveur, cause de toutes les grâces qui sont en les
créatures.
2c- De la passion et de la mort, adorables du Fils de Dieu,
source de toutes les grâces qui ont été
et seront à jamais données.
2d- Chacune des actions du Fils de dieu sanctifie les nôtres,
si nous les faisons à Son imitation.
d- Considération
3 :
Des vertus de Jésus-Christ que nous devons imiter.
3a- Il est l’exemplaire que le Père éternel
a mis devant nos yeux pur acquérir et exercer les vertus.
3b- Tous ceux qui seront sauvés doivent nécessairement
être semblables et conformes à Jésus-Christ.
3c- De degré de conformité qui est indispensable
au salut.
3d- C’est l’amour de Jésus qui opère
en nous la parfaite conformité à Ses vertus.
e-
Considération 4 :
De ce que Jésus-Christ fait pour nous et de Ses titres.
4a- Jésus-Christ est note Pontife et notre Roy
4b- Il est notre Législateur, notre Chef et notre Maître
; et cette maîtrise, il veut l’exercer par l’intermédiaire
d’un homme, qui soit notre Directeur.
4c- L’école en laquelle le doux Jésus
exerce plus particulièrement son office de précepteur
et docteur est la sainte oraison.
4d- Il est notre Frère.
|
| Seconde
méditation fondamentale.
De l’état
et condition de vie que Jésus-Christ a choisis en ce
monde.
|
a-
Préparation
b- Considération 1 : De la vie cachée et secrète
de Jésus-Christ.
c- Considération 2 : De la vie commune que Notre-Seigneur
a menée sur terre.
d- Considération 3 : Comment Notre-Seigneur a sanctifié
la vie religieuse
e- Considération 4 : De la dignité et excellence
uniques conférées par Notre-Seigneur à
l’état religieux.
Cinquième étape:
Du
premier degré des vertus, appelé de lumière,
de désir et d’amour.
Commencement de la montée è l’exemple
de la Magdeleine.
a-
Préparation
b- Considération 1 : De l’impossibilité
où est l’âme d’exercer les vertus
sans la grâce de Jésus.
c- Considération 2 : Les vertus étant contraires
à notre nature corrompue, nous ne pouvons guère
les pratiquer sans la douceur de l’amour de Dieu.
d- Considération 3 : Le pour motif de la vertu doit
être la volonté et la bonté de Dieu.
e- Considération 4 : Il faut implorer la grâce
de Dieu dont nous avons besoin pour être vertueux.
Sixième
Étape :
Du second degré
des vertus qui est l’imitation de Jésus-Christ
a- Préparation
b- Considération 1 : Ce que doit faire l’âme
pour atteindre ce second degré, l’imitation des
vertus du Sauveur
c- Considération 2 : Qu’il faut que l’âme
mortifie les affections de son cœur
d- Considération 3 : L’amour de Jésus
embellit les puissances de l’âme.
e- Considération 4 : De la beauté de l’âme
qui parle en elle l’image de Jésus-Christ.
Septième Étape :
Du
troisième degré et la vertu, qui est celui de
la transformation.
a- Préparation
b- Considération 1 : De la différence entre
l’imitation et la transformation. C’est par L’Esprit
de Jésus que l’âme sera solidement vertueuse.
c- Considération 2 : Le Sauveur a reçu notre
chair afin de nous communique son Esprit.
d- Considération 3 : Il suffit d’être animé
de l’Esprit de Jésus pour exercer parfaitement
les vertus.
e- Considération 4 : L’amour pour, simple et
parfait de Jésus dispose l’âme à
recevoir Son Esprit.
Huitième
Étape :
Du
dernier degré de la vertu, que l’on exerce comme
Magdeleine au pied de la croix
a- Préparation
b- Considération 1 : L’âme, revêtue
de l’Esprit de Jésus-Christ Le suit sur la croix.
c- Considération 2 : L’âme, exerce toutes
les vertus en la croix avec en Jésus
d- Considération 3 : L’âme, en ce degré,
meurt avec Jésus-Christ en croix.
e- Considération 4 : L’âme, morte avec
Jésus-Christ continue à agir et à exercer
les plus parfaites vertus
|
| Première
méditation fondamentale.
Jésus-Christ, profondément
de la vie vertueuse. |
| a-
Préparation : |
Se
mettre en la présence en Notre-Seigneur Jésus-Christ,
comme devant la royale et très éminente Majesté
de notre très grand et unique Roy, qui nous regarde
toujours du haut du ciel, où Il est assis à
la droite de Son Père, et la plénitude de la
toute-puissance qu’il a sur le ciel et sur la terre.
Adorer profondément cette excellente, Majesté,
se reconnaître indigne de paraître en Sa présence,
s’humilier profondément devant. Elle, Lui confesser
sa faiblesse et la grande difficulté qu’on a
à se tenir en cette présence pendant l’oraison,
implorer Sa grâce avec grande instance pour y parvenir.
Puis a, appuyé sur la confiance en cette grâce,
faire un désaveu exprès et formel de toues les
pensées ou imaginations étrangère au
sujet de l’Oraison.
Enfin,
tourne la vue intérieur sur notre Seigneur et maître
Jésus-Christ : c’est le Don que le père
éternel sous a fait, c’est la Soleil de toutes
les vérités chrétiennes, c’est
le Secret de le Mystère que le Père a révélé
au monde par la prédication de l’Évangile,
c’est enfin la grande et admirable Vérité
en laquelle sont contenues tous les vérités
que Diey nous enseigne.
Adorons
cette Vérité ineffable, venue à nous
; recevons-la avec foi ; désirons d’un grand
désir la connaissance pleine et aussi parfaite que
possible du Christ, afin que Le connaissant, nous l’aimons,
et qu’’aimant nous Le servons et nous donnions
à Lui pour jamais.
|
| b-
Considération 1 : Jésus-Christ, Fils de Dieu.
1a- De la prédestination de l’humanité sacrée
pour être unie au Verbe éternel. |
La
sacro-sainte humanité de Jésus-Christ a été
toute de toute éternité prédestiné
de Jésus-Christ a été de toute éternité
prédestinée par le très haut, très
profond, très sacré conseil de la très
sainte Trinité, pour être unie à la Sagesse
éternelle.
Dieu le Père a ordonnée avant tous les siècles
que son Fils, la Sagesse incréée, prendrait
pour notre gloire cette nature humaine singulière,
Dieu a prédestiné cet homme unique entre tous,
Jésus, à être son Fils bien-aimé,
en la personne du Verbe, par la vertu du Saint-Esprit.
Les temps étant révolus, le père a accompli
Son décret. Il a donné la personne de Sin Fils
unique, et par conséquent Son essence divine, à
cette Humanité sacrée, dérivée
de la Vierge.
Le
Fils s’est donné à cette humanité
par un singulier amour. Il s’est anéanti dans
cette nature créée, et l’a épousée
par grand amour dans le sein de la Vierge.
|
1b-
Jésus est Fils de Dieu par la nature, même en Son
Humanité unie à la personne du Verbe. |
La
Son Humanité, par cette ineffable union personnelle
avec le Verbe éternel, est entrée en un état
admirable et divin, dans l’état de la personne
du Fils unique de Dieu, état de divine filiation, mais
adoptive, mais propre et naturelle.
Le Saint-Esprit, a accomplie cette union et incarnation par
l’opération admirable de Sa bonté et de
Son amour, défiant cette nature humaine.
Cet Homme Jésus-Christ est le Fils de Dieu, personne
divine, et non humaine. En cet homme, fils de Dieu, habite
inséparablement, corporellement et réellement,
dans l’âme et dans le corps, la plénitude
de la Divinité. Par son un substantielle à la
personne divine du Verbe, l’humanité de Jésus,
reçoit les sacrées, et intimes communications
des perfections divines, singulièrement, communiquées
à cette nature humaine subsistant en la Divinité.
Et cet Homme-Dieu, il y a double vie ; vie divinement humaine
; vie humainement divine ; toutes Ses actions sont humainement
divines ou divinement humaines.
Cette Humanité (du Christ) est dénuée
et dépouillée de sa propre subsistance, pour
être revêtue d’une subsistance, autre, étrangère
et extraordinaire à sa nature. D’où résulte
que la vie, l’état, les mouvements, les actions
de cette Humanité ne sont plus les siennes, ne viennent
proprement point d’elle, ni ne lui appartiennent, mais
son la vie, le mouvement, et les actions de Celui qui la soutient,
après qui elle existe, et Lui appartiennent en propriété.
Quoique cette nature produise en toute liberté les
actes qui lui soit naturels, ils a appartiennent cependant
au Verbe éternel à qui cette nature a té
donnée, qui la possède, la soutient, la gouverne
et la fait exister.
|
| 1c-
De la supériorité que le Sauveur a universellement
et le droit naturel sur toutes les créatures. |
Par
sa filiation divine, en la Personne du Verbe, la sacro-sainte
Humanité de Jésus possède, une souveraineté
suprême et qui n’est communicable à aucune
autre créature ; souveraineté qui lui confrère
sur toutes les choses créées, sur leur être
naturel, et surnaturel, une autorité, un droit, un pouvoir
absolus. Cette sainte Humanité a été prédestinées
paru être, en ce haut et sublime état d’union
au Verbe, reconnue et adorée de tous les esprits angéliques,
auxquels, dès le premier instant de leur création,
elle a été proposée en cet ineffable état
de Fils de Dieu, pour être leur Roy, leur Chef, et leur
souverain Seigneur.
Les
bons anges se sont humiliés devant Elle, ils l’ont
reconnue, et reçue pour Chef et Empereur de toute la
cité céleste.
Les nages mauvais et apostats, enflés et superbes,
dédaignant de se soumettre à une nature qui
en son espèce était moindre que la leur, et
de reconnaître la souveraineté de cette sacro-saint
Humanité, Lui on refusé hommage, et se sont
rebellés contre Elle. Et par cette rébellion
ils se sont condamnés à l’enfer, où
de force ils fléchissent le genou au Nom de Jésus-Christ,
et servent en Sa justice Celui qu’ils n’ont pont
voulu librement servir en l’amour.
O
mon âme, considère attentivement, le sort si
différent des bons anges et des mauvais. Médite
la cause et la source de leur conduite si opposée.
Tous
les hommes méchants et pécheurs se rangent en
la compagnie des démons, se joignant à eux dans
leur rébellion contre Jésus-Christ.
O
mon unique et souverain Seigneur Jésus, dès
cette heure et à tout jamais, je me sépare de
cette malheureuse et infâme société, je
la déteste et l’abhorre parce qu’elle n’est
pas volontairement soumis à la grandeur de Votre Majesté.
Qu’Il vaut infiniment mieux, ô mon très
doux et aimable Maître, être Votre sujet que de
devenir l’abject vassal de Lucifer ; se mettre en la
compagnie et société des anges, vous connaissant,
pour notre Seigneur et Sauveur, plutôt que de se joindre
aux abominables desseins, des démons qui cherchent
l a ruine de Votre sainteté, o ! N’est-il point
plus doux et agréable de se soumettre volontairement
et amoureusement à Votre très juste et très
douce dominations, que qu’y être assujetti par
violence et contrainte, comme des forçats? Ah ! Que
c’est une chose heureuse que d’être Votre
serviteur, participant à Votre sagesse et une chose
horriblement, malheureuse d’être votre esclave
rebelle, tourmenté dans Vos prisons à jamais
! N’est-il pont meilleur de tenir en Votre sacré
Royaume l’ordre et le rang de Votre miséricorde
et de Vos faveurs, que l’ordre de Votre justice et de
Vos rigueurs ?
O
mon âme, si tu ne veux choisir le premier, tu n’échapperas
point au dernier. Car tu ne te peux exempter de la souveraineté
et de la domination du doux Jésus. Si tu ne veux tenir
la droite de Son royaume, tu tiendras sans doute la gauche
!
Mais
quoi, ô mon unique Maître Seigneur, mon cher Jésus,
n’est-il point raisonnable et juste de ses soumettre
à Votre infinie dignité, de bénir le
pouvoir souverain que le Père éternel Vous a
donnés sur toutes les créatures et de s’Y
assujettir avec amour ? Je me soumets volontairement et amoureusement
à Votre puissance et à Votre autorité.
J’adore Votre union hypostatique, Votre état
suprême de Fils de Dieu. J’adore les infinies
communications qui Vous ont été faites des perfections
divines. J’adore votre dignité de Roy souverain
de toutes les créatures. Je veux être Votre esclave
à jamais. Je Vous fais hommage de tout moi-même,
de mon être de nature, de grâce et de gloire,
de toute ma vie, de toutes mes actions et intentions, de ma
liberté et volonté de mon état et condition,
de ce que je suis et de ce que je fais ; je veux défendre
de Vous à jamais, comme de mon souverain Roy, auquel
je donne irrévocablement un absolu et universel pouvoir
sur moi et sur ma liberté, sans que jamais je révoque
cette offrande et cet donation. Je veux être à
Vous en toute ma vie, en chacune de mes actions être
entièrement et uniquement possédés par
Vos comme en Vous, Votre sacrée Humanité et
est la possession pleine et entière du Verte éternel.
|
| 1d-
Que la Sainte Vierge est notre Dame souveraine à raison
de son fils,
et comment toutes les paroles, actions et souffrances de Jésus
sont infiniment adorables. |
Le
Sauveur a communiqué à Sa très sainte
et très aimable Mère, la dignité de Reine
et de Dame de toues les créatures, principalement,
des anges et des hommes, je la reçois et la reconnais
pour ma souveraine Princesse et veux qu’elle ait avec
Vous et après Vous, ô mon souverain Seigneur,
un pouvoir et un droit entier sur tout monde être et
sur toutes mes actions , je me dédie et me consacre
à Elle comme son esclave à jamais.
Je
veux aussi, ô mon Jésus, recevoir Vos actions,
Vos paroles, non comme d’un homme ordinaire, de quelque
prophète, ange ou séraphin, mais je leur veux
adorer, recevoir, admirer, entendre comme les paroles et actions
de mon Dieu et de mon Roy. J’adorerai et recueillerai
jusqu’ à la moindre syllabe tombée de
Votre bouche sacrée j’adorerai et recueillerai
chacune de Vos actions, depuis la plus grande jusqu’
à la plus petite ; toutes, jusqu’aux moindres,
seront à mes yeux autant de miracles et de merveilles
qui me feront tomber en admiration. Car en Votre Humanité
très sainte, une à la personne du Verbe. Vous
êtes mon Dieu et mon Tout, que j’adore et adorerai
en l’éternité des siècles. Chacune
de Vos actions a tété reçue par le Père
éternel comme prix infini de ma rédemption.
Je leur reconnais moi-même, à chacune, cette
valeur parfaite, je les reçois comme telles et yeux
désormais les estimer infiniment, je veux les méditer,
les admirer, les adorer, les aimer immensément.
O mon Jésus, imprimez très vivement en mon intelligence
le sentiment de Votre Majesté adorable, et faits-moi,
Votre esclave à jamais.
|
c-
Considération 2 : De la sainteté de Jésus-Christ,
principe de toute sainteté.
2a-De la sainteté substantielle de l’Humanité
du Christ. |
Le
sacro-sainte Humanité de Jésus est le temple premier,
singulier et très particulier de la Divinité qui
y repose d’une manière infiniment plus divine,
plus admirable et plus parfaite et que dans les anges confirmés
en gloire. Après l’Essence divine elle-même,
cette ineffable humanité est la chose la plus sainte
qui soit : saint, non d’une sainteté accidentelle
et adjointe, mais d’une sainteté substantielle,
par son union hypostatique avec l’adorable Personne du
Verbe. Quoiqu’en elle réside la plénitude
de la grâce, qui est une forme accidentelle de sainteté,
de n’est point par cette grâce toutefois que cette
sainte Humanité est sanctifiée, mais bien par
son union avec le Verbe, qui Lui-même la sainteté
essentielle. La plénitude de grâce qui abonde en
l’Humanité de Jésus procède de Son
ineffable union avec le Verbe, si bien que la grâce, en
cette divine Humanité, est moins l’origine que
l’effet de Sa sainteté essentielle et parfaite
; plutôt un ornement et une surabondance que la cause
et la forme de cette Sainteté.
C’est pourquoi le doux Jésus, Fils de Marie, est
le seul Saint ; le saint, des saints, oint de la suprême
onction de la Divinité même, laquelle s’est
toute entière répandue et écoulée
en Lui.
O
Sainteté admirable et singulière de mon Jésus,
qui Vous a été communiquée d’une
manière ineffable par l’union hypostatique de Votre
très pure Humanité avec la personne du Verbe,
je Vous adore unique, et crois qu’il n’y a point
de sainteté comparable à la Vôtre. Toute
autre sainteté n’est point le fruit d’une
participation à Vous, et Vous doit faire hommage. Je
confesse et proclame que Vous êtes la cause originelle
de toute la sainteté des anges et des saints.
O
Humanité sacrée, que Vous êtes aimable et
digne d’être révérée en votre
sainteté essentielle ! Je confesse que je ne puis avoir
un seul atome de sainteté que ne descende et ne découle
de Vous. C’est pour cela, ô unique Jésus,
que je Vous offre tous les désirs que j’ai d’être
saint ; j’en fais à jamais hommage à Votre
sainteté ineffable. |
| 2b-De
la plénitude grâce qui est en l’âme
du Sauveur, cause de toutes les grâces qui sont en les
créatures. |
Cette
sainteté substantielle fait découler sur l’âme
de entre Maître des torrents de grâces ; Il est
plein de grâce et de sainteté, en Lui seul elle
réside toute, qui la possède par droit, de nature.
C’est en Lui que sont cachés et renfermés
tous les trésors de la sagesse et de la science de Dieu.
C’est en Lui que sont et résident toues les surabondantes
richesses de la grâce t de la miséricorde de Dieu.
Tous les anges et les hommes doivent recevoir de Sa plénitude.
Il n’y a pas un atome de grâce qui en prenne sa
source dans cette divine fontaine. Il est le Chef de l’église
et des anges aussi bien que des hommes. Les uns comme les autres
dépendent de la manière la plus absolue de Son
influence. Il n’est esprit venant en ce monde qui reçoive
un seul rayon de grâce, que ce Soleil de sainteté
ne le darde sur lui comme un gerbe de Sa très pure lumière.
Depuis mon baptême jusqu’à ce moment-ci,
je n’ai jamais reçu aucune grâce et je n’en
recevrai jamais aucune que ne découle de cette très
grande surabondante richesse.
O très féconde et aimable plénitudes,
je me complais en vous et me réjouis de ce que vous
soyez en mon Jésus. J’honore les grandes infinies
communications que vous avez fait de vos grâces aux
âmes et aux hommes ; je vous remercie des leurs et des
miennes ; mon indigence vous fait hommage et vous demandera
toujours de participer à votre abondance.
Oui,
c’est de la plénitude de notre Christ, que nos
avons tous reçu grâce sur grâce. Mais qu’il
Lui en a coûté avant de pouvoir nos en rendre
participants ! Hélas, Il devait nous réconcilier
avec Son Père, satisfaire, à Sa divine justice
rompre nos chaînes, nous délivrer de la captivité
du péché. Non, ce ne fut qu’aux prix de
mille douleurs, passions et actons laborieuses, par Son sang
et Sa mort, qu’Il put répondre et verser sur
nous les torrents de Sa grâces, ouvrir les digues de
Sa plénitude, d’où nos âmes devaient
tirer toute justice et toue perfection.
|
2c-
De la passion et de la mort, adorables du Fils de Dieu,
source de toutes les grâces qui ont été
et seront à jamais données. |
| Oh
! Que les hommes doivent donc honorer ce sang, cette Passion,
cette mort ! C’est la plus grande merveille de cette Humanité
sacrée, unie au Verbe éternel et immortel, d’avoir
été mortelle, sujette à la mort, abreuvée
de douleurs et d’ignominies, ployés sous le fardeau
des amertumes et de la souffrance avec la dernière rigueur.
Il n’y a rien de plus admirable et de plus adorable que
cette Mort, et que Jésus-Christ crucifié : c’est
tout la sagesse des chrétiens.
O mon très amiable Maître, Vos douleurs et Votre
mort doivent être ce que nous trouvons en Vous de plus
ravissant et de plus aimable. Ce sont des douleurs et cette
mort qui doivent faire le sujet de toutes nos méditations,
car toute grâce toute sainteté qui nous ont été
données depuis le péché d’Adam, dérivent
du torrent de Vos Douleurs tous les hommes doivent faire un
perpétuel hommage de toutes les grâces qu’ils
sont reçues ou recevront jamais, à Votre douloureuse
mort. Je l’adore donc, cette mort très amère,
et lui rend témoignage de toutes les grâces que
j’ai reçues de Vous. C’est par elle que Vous
avez illuminés le monde, comme un grand soleil qui a
dissipé toutes les ténèbres de l’idolâtrie,
des vices et des péchés, qui a fait évanouir
tous les ombres, et figures de la loi judaïque Vous êtes
la Voie, la Vérité et la Vie ; là où
Vous êtes il n’y a que lumière de grâce,
là où Vous n’est point, il n’ a que
ténèbres.
O mon âme, puisque ton Jésus est ton Soleil, suis
donc Sa lumière et tu ne marcheras point dans les ténèbres.
Sois toujours tourne vers la Soleil de Justice car en tant nature,
dans le monde, en ta chair, en ton propre esprit, tes propres
jugements, tes propres affections, tes propres volontés,
tu en trouveras que ténèbres. Ne te détourne
donc jamais de leur côté, de pour que le prince
des ténèbres ne t’aveugle, mais aie toujours
ton esprit tout ouvert à la lumière de Jésus,
pour t’y soumettre et obéir à Celui qui
te l’envoie.
Rayonnez
donc toujours sur moi, ô très merveilleux Soleil
des âmes, afin que je marche toujours à Votre suite,
ô Vous que êtes mon unique bien ! |
2d-
Chacune des actions du Fils de Dieu sanctifie les nôtres,
si nous les faisons à Son imitation. |
| Ledoux
Jésus a voulu exercer la plupart, des actions que pût
accomplir un homme, afin de sanctifier par les Siennes toutes
les nôtres ; c’est pourquoi j’adore en chacune
d’elles leur valeur infinie et la parfaite sainteté
de Celui qui le suffit. A chacune de ces actions, quelques ordinaires
qu’elles paraissent, je fais hommage de toutes mes pauvres
actions miennes. Je veux que tout honneur, toute gloire, tout
adoration soient rendus à chacune des actions du Christ
par chacune des miennes.
O Soleil de sainteté, faits-moi, la grâce de ne
jamais accomplir que des actions que Voies soient agréables,
qui Vous puissent plaire de glorifier, et daignez les faire
participer à la sainteté des Vôtres. |
d-
Considération 3 : Des vertus de Jésus-Christ que
nous devons imiter.
3a- Il est l'Exemplaire que le Père
éternel a mis devant nos yeux pour acquérir et
exercer les vertus. |
| Notre
unique et souverain Seigneur Jésus nous a été
fait par le Père éternel sagesse, justice, sanctification
et rédemption : rédemption parce qu’il nous
a racheté par Son Sang ; sanctification parce qu’Il
nous sanctifie par Sa sainteté Justice parce qu’Il
nous est le vrai et unique miroir de toute justice et de toute
vertu ; sagesse parce qu’il nous enseigne la vraie sagesse.
De
même que nous ne pouvons trouver de rédemption
ni de sanctification hors de Jésus-Christ, de même
il n’y a de vraie sagesse que celle que Jésus enseigne,
ni de justice et de vertu qui ne soit formée de la Sienne.
Le
Père éternel nous a donné Son Jésus
pour être notre justice aussi bien que notre rédemption.
Il ne faut donc point s’imagine pouvoir acquérir
aucune justice qui ne soit dérivée de la Sienne.
La
justice est l’ensemble toutes les vertus, possédées
à un degré parfaitement héroïque.
Or si notre aimable Maître est notre justice, s’est
donc de Lui que nous devons apprendre les vertus, c’est
Lui l’adorable exemplaire des perfections que nos devons
reproduire dans nos âmes. Jetons donc les yeux sur Lui
afin que Sa vue nous enseigne.
O
Père éternel, je reconnais la beauté et
la perfection de cet admirable Exemplaire de toutes les vertus
que Vous nous avez donné en la personne de Votre Fils
bien-aimé. Je Le crois être le prototype de toutes
les vertus et perfections des anges et des hommes. Vous nous
l’avez montré sur le mont Thabor, resplendissant
comme au soleil et Vous nous avez commandé de l’écouter,
et par conséquent de Le suivre. J’obéis
à Votre commandement et m’engage à suivre
désormais Votre cher Fils comme l’unique et très
parfaite image de Vos beautés.
O Image très parfaite dont la beauté ravit tous
les esprits angéliques ! O splendeur et candeur d Père
éternel Je vous adore et crois que Vous êtes non
seulement la source des vertus, mais leur moule.
Si Vous-même n’impressionnez notre âme pour
donner ; avons vertus la forme des Vôtres, c’est
en vain que nous travaillons à les acquérir.
O
Exemplaire divin de toute justice, que de beautés resplendissent
en Vous ! O que j’ai de plaisir et de joie à Vous
regarder ! Je Vous admire, je Vous aime et je Vous donne tout
mon amour. Oh, aidez-moi de Votre grâce divine afin que
je puisse avoir toujours les yeux fixés et arrêts
sur Vous, je Vous en supplie par l’hommage que je Vous
a fais de mon amour.
Oui,
que je Vous regarde toujours, afin que mon cœur, que je
Vous offre et qui est amoureux de Vos beautés, reçoive,
par amour, au centre de lui-même, la vivifiante impression
de Vos vertus. |
3b-
Tous ceux qui seront sauvés doivent nécessairement
être semblables et conformes à Jésus-Christ. |
| Ceux
que le Père éternel a choisis et prédestinés
pour être Ses enfants bien-aimés, Il est veut voir
semblables et conformes à l’image de son Fils. Cette
image, qui exprime très parfaitement les perfections divines,
est l’Humanité très sainte de Jésus.
Si nos imitons les vertus de Jésus, nous exprimerons en
nous les perfections divines, et seront enfants du Père
éternel, si nous refusons, au contraire, d’être
conformes à Jésus-Christ en Ses vertus, nous ne
pouvons prétendre à cette haute dignité de
fils de Dieu, ni espérer participer à Sa gloire
éternelle. Jésus-Christ
est notre frère aîné. Le Père nous
l’a donné pour que nous Lui devenions semblables
; si nous le sommes en grâce et en vertus, nous les serons
aussi à jamais en gloire.
O mon âme considère l’importance de cette
conformité, admire l’honneur que le Père
éternel te fait en te donnant pour frère Son cher
Fils. O admirables faveur ! Père bien, ô mon âme,
l’excellence de cette conformité qui consiste à
exprimer, par l’imitation des vertus de Jésus-Christ,
les perfections divines. |
3c-
De degré de conformité qui est indispensable au
salut. |
| Il
y a plusieurs degrés en cette conformité à
le premier et le plus bas et est la simple grâce avec
les vertus infuses ; le second est l’exercice des vertus,
toutes fortes, toutes grandes et puissantes, qui détruisent
les vices, amortissent les passions et surmonter les difficultés
de la vie spirituelle ; le troisième est l’exercice
facile et la progression de ces mêmes vertus ; le quatrième
est la perfection, lorsque toutes les vertus sont arrivés
au plus haut degré qu’elles puissent atteindre
dans l’âme.
De cette quadruple conformité aux vertus de Jésus-Christ,
seule la première est indispensable pour assurer à
l’âme la possession de la gloire éternelle.
Cependant elle est si imparfaite, laisse l’âme si
pleine de difformité, si dissemblable du Christ, que
cette âme court grand risque, si elle s’en contente,
de ne même pas conserver, et par conséquent de
n’enter point non plus dans la gloire.
Tous les chrétiens doivent tendre è la conformité
parfaite avec Jésus-Christ. Il n’y aura point de
difformité dans la vie gloire, il n’y en doit point
avoir en la vie de la grâce. Puisqu’il nous fait
être revêtus des excellents beautés de Jésus-Christ
paru participer è Sa béatitude, pourquoi ne tâcherons-nous
point de nous en orner dès à présent et
de les porter toutes autres, en leur beau lustre ? Qui aspire
à une beauté la désire avoir toute entière. |
3d- C’est l’amour
de Jésus qui opère en nous la parfaite conformité
à Ses vertus.
|
| A
celui qui aime bien l’uniquement aimable Jésus, il
est aisé de recevoir et de conserver en lui-même
l’impression de toutes Ses beautés et perfections,
en un état de très parfaite conformité avec
Lui.
L’amour ardent de mon doux Jésus me fait regarder
et admirer continuellement Ses merveilleuses beautés.
Cette admiration, ce regard continuel me corrige, me fait croître
en vertus, me transforme, sans autre effort que la constance
de ce regard lui-même.
O admirable Soleil des vertus, je Vous adore. Soyez loué
et magnifié à jamais pour les excellentes vertus
que Vous avez imprimées dans les plus belles âmes.
Je Vous présente mon âme et mon cœur, je les
soumets, avec tout l’amour dont je Vous aime, à
Votre rayonnante lumière ; dardez sur moi le rayon de
Vos perfections excellentes, afin que je les imite en cette
vie, pour les exprimer en la Béatitude et Vous en magnifier
à jamais. |
e-
Considération 4 : De ce que Jésus-Christ fait
pour nous et de Ses titres.
4a- Jésus-Christ est note Pontife
et notre Roy |
| Il
est notre Pontife et notre Roy souverain. Il est notre Rédempteur.
Il nous a rachetés par Son sang. Nous n’appartenons
donc ni au monde ni à notre chair, ni è nous-mêmes,
mais nous sommes les esclaves et les serviteurs, de Jésus-Christ,
et si nous ne Le servons, nous Lui faisons larcin de nous-mêmes,
car nous ne sommes point à nous, mais à Lui.
Il est notre Souverain Prêtre qui s’est offert pour
nous au Père éternel en mourant sur la croix,
et qui continue à S’offrir chaque jour sur les
autels. C’est donc à Lui que nous devons offrir
tous nos vœux, nos offrandes et nos requêtes afin
qu’il les présente au Père, qui ne nous
veut écouter et accueillir que portés entre les
bas de Son doux Fils.
Jésus-Christ
est notre Roy souverain, un Roy infiniment bon qui veille jour
et nuit, à tout moment, sur chacun de nous en particulier,
nous réagir en toutes suavité, et nous conduit
avec une souverain et merveilleuse sagesse à la gloire
et à la félicité de son céleste
Royaume. Oui, sans cesse ce doux Seigneur a les yeux fixés
sur nous, nous observe. Il nous regarde. Il est avec nous, nous
protège et nous seconde.
O l’unique Roy de mon cœur, très vigilant
pasteur de mon âme, Vous pensez toujours à moi,
ne dois-je donc point toujours penser à Vous, et Vous
avoir en tous lieux présents à mon intelligence
et à mon cœur ? Je veux suivre Votre direction très
saint, dépendant très parfaitement de Votre douce
aimable souveraineté. |
4b-
Il est notre Législateur, notre Chef et notre Maître
; et cette maîtrise,
il veut l’exercer par l’intermédiaire d’un
homme, qui soit notre Directeur. |
| Jésus-Christ
est notre législateur, observons donc les très
saintes ordonnances et lois de perfections qu’il a faits
: ce sont lois de grâce et d’amour. Il est notre
Chef, toute notre vie de grâce prend sa source en Lui
et est l’écoulement en nous de Sa plénitude
; ne nous mouvons donc que selon Sa volonté et sous l’influence
de son Esprit. Il est notre Maître et Précepteur
de justice. Il nous enseigne et nous éclaire ; méditons
attentivement Ses divines leçons, et entrons souvent
au dedans de nous-mêmes pour L’écouter parler
à notre âme.
Celui-là
est sous le magistère de Jésus-Christ, qui prend
un bon maître et père spirituel, lequel lui apprenne
et signifie les volontés de Jésus-Christ à
son égard. Car c’est le bon plaisir de ce doux
Maître que pour son amour nous nous soumettions aux hommes.
Ne nous en donne-t-Il point la leçon expresse par Son
Église ? N’est-ce point par Elle seule qu’il
nous révèle les vérités de la foi
? Ainsi veut-Il que les vérités particulières
concernant notre vie et conduite, et les volontés qu’Il
a sur nous, nous soient manifestées par un guide spirituel.
N’avoir point de directeur auquel on obéisse perpétuellement,
quand on en peut avoir, un, c’est n’avoir point
Jésus-Christ pour naître.
Mais
quoi, ô mon Seigneur, ne Vous avoir point pour maître,
c’est croupir dans la plus épaisse et la plus détestable
ignorance concernant les vérités les plus belles,
les plus nécessaires et les plus importantes qui soient,
c’est marcher à tâtons dans la voie du salut
et de la perfection.
Vous voulez que nous soyons dirigés par les lumières
que Vous nous donnez par un Directeur ; je reçois cette
ordonnance, et veux me soumettre à Votre magistère
à jamais. |
4c-
L’école en laquelle le doux Jésus exerce
plus particulièrement
son office de précepteur et docteur est la sainte oraison.
|
Considérez
que le Sauveur exerce Son office de maître de deux manière
: la première par les docteurs et pasteurs de l’Église,
qui nous prêchent et nous enseignent avec l’assistance
du Saint-Esprit ; la seconde par Lui-même, en émouvant
directement notre esprit par Sa lumière.
La première manière est commune à tous
les chrétiens ; elle n’exclut ni l’ignorance
ni le vice, d’autant qu’ils se contentent de recevoir
la simple proposition des vérités sans les pénétrer,
ou s’ils spéculent, comme les théologiens
indévots, c’est avec leur obscure lumière
naturelle.
La
seconde manière est propre à ceux qui son disciples
familiers, de Jésus et qui communiquent librement avec
Lui, ce qui ne se fait que dans l’intimité de
l’oraison : c’est là l’appartement
secret de Jésus qui est l’intérieur même
de l’âme ; là elle écoute, demande
ou interroge, et Jésus parle, lui donne ce qu’elle
demande et résout tous ses doutes ; là elle
parle à son divin Maître, seul à seul,
à ses pieds comme Magdeleine, par un divin baiser,
semble collée à Sa sagesse : et Lui, dans cet
embrassement, lui communique Son propre esprit, esprit de
vérité et d’amour et l’âme
devient toute lumineuse et pleine de flammes de la charité.
O mon divin et unique Maître, quelle merveille Vous
opérez en elle ! Quel docteur a jamais communiqué
à ses disciples sa propre lumière et son propre
esprit ? Oh ! Quelle chose sublime et douce d’avoir
avec la Sagesse éternelle une si grande familiarité
qu’Elle reprenne ses délices en nous et avec
nous !
I l est impossible que l’âme qui est assidue à
se trouves tous les jours à cette divin école
ne devienne excellemment sagesse t parfaite, puisqu’elle
y conserve chaque jours, non avec quel sage mais avec la Sagesse
incréée elle-même.
Pensez,
combien sont aveugles les religieux qui laissent passer un
seul jour sans s‘adonner quelques heures à l’oraison.
Ils deviennent chaque jour plus aveugle et plus imparfait.
Car nous avons besoin de la parole de Dieu, et d'une parole
point en nous âme si on ne vaque à l’écouter
ce qui ne peut-être que dans le recueillement et de
l’oraison.
Ah
! Si vous pesez d’une part votre faiblesse, votre infinie
misère, votre pressant besoin, et d’autre part
les richesses et les douceurs dont vous vous priez en négligeant
l’oraison, vous vous résoudrez à laisser
votre repas, qui sustente votre corps plutôt que cet
aliment céleste qui doit nourrir votre âme. Si
certains n’y ont pas de goût et n’en tirent
point de profit, c’est parce qu’ils n’y
sont point assidus, mais tantôt la font, tantôt
la laissent. lI faut être plus persévérant
(sauf quelque grave empêchement) qu’en aucune
autre action de notre vie, comme étant la plus nécessaire
de toutes : et alors en peu de temps nous expérimenterons
des merveilles.
O
mon unique et souverain Maître, puisque Vous voulez
le bien, par Votre grande douceur, m’inviter à
Votre conversation, m’instruire avec tant de bonté
et de familiarité et prendre Vos délices avec
moi pauvre créature, je n’aurais garde de me
dérober : avec sainte grâce, je veux , autant
qu’il est en moi, trouver désormais chaque jour
quelques heures pour me tenir avec vous en cette école
de l’oraison, que est celle de la Sagesse.
|
4d-
Il est notre Frère.
Le miséricordieux Sauveur S’est fait notre frère,
et n’a point dédaigné de nous donner ce
doux nom. II nous porte un amour fraternel très tendre.
Il nous communique Ses biens, tous les trésors de Sa
grâce, afin de nous rendre Ses cohéritiers en
gloire.
En Vous, ô l’unique Fils de Dieu, j’adore
cette qualité de frère ; je crois que Vous l’avez
prise pour le grand d’amour fraternel que Vous me portez,
amour que j’adore, que j’aime et reconnais par
le tout le mien, je fais hommage de mon cœur et de mon
amour à Votre droit d’ânesse, à
cette qualité, si suave pour moi, de frère aîné,
que Vous a conférée de Père éternel.
Je me reconnais très indigne de cette merveilleuse
faveur d’être Votre Père, et ‘admire
Votre bonté et Votre amour qui m’a fait naître
pour avoir une part si douce à Votre dilection. Oh
! Merci de toute mon âme, de m’avoir communique
cette céleste et exquise grâce d’être
Votre frère. Je la reçois avec toute l’humilité
et tout l’amour dont je suis capable. Sous ce mon béni
qui fait tressaillir les anges, je veux Vous glorifier éternellement.
|
| 5d-
Comment Il est l'Époux des âmes, et comment elles
se rendent Ses épouses
Mais où l’amour de Jésus-Christ déborde,
où l’excès de cet amour éclate, ne
pouvant plus se contenir, c’est quand Il Se dit et Se
fait l’Époux des âmes, leur communiquant
tous Ses plaisirs. Car Ses délices sont d’être
avec les enfants des hommes ».
Saint
Paul était le divin paranymphe qui fit les épousailles
des âmes chrétiennes de Corinthe avec l’amoureux
Jésus.
Salomon, Roy pacifique, l’organe de la divine Sagesse,
a entonné les divins cantiques et épithalames
des épousailles de cet Époux sacré avec
les âmes. Le grand saint Jean précurseur, dit qu’il
est, par une grande faveur, ami de l’Époux, et
que sa joie s’est accomplie au jour où Il a oui
Sa douce et agréable voix.
Notre très unique Maître Se dit Lui-même
notre Époux : L’Épouse ne s’attriste
point, dit-Il, tant que l’Époux est avec elle.
Mais lorsqu’Il s’en va et la laisse oh ! Alors,
elle s’afflige et se tourmente.
Oui, ô l’Amour de mon cœur, quand l’âme
Vous possède elle est en joie et pleine de délices,
mais quand Vous êtes absent, l’angoisse et le deuil
la saisissent.
O admirable amour de Jésus, Fils de Dieu, d’avoir
épousé une nature humaine, et l’ayant épousé,
de Se rendre, autant que cela dépend de Lui, l’Époux
de toutes les âmes !
Ah ! Que ce mot, que ce titre d’Époux comprend
de ces douces et ineffables ! Le contrat et la promesse de font
au baptême ; la jouissance et l’accomplissement
dans le saint Sacrement de l’autel et la consommation
de ravissant mariage se perfectionne et se parfait au ciel,
où il reçoit le sceau de l’éternité.
Mais déjà ici-bas, que de communications, de confidences,
de familiarités, de plaisirs, de délices spirituelles,
de jouissances infinies ! Oh ! Que de douceurs, que d’enivrements
et ce mariage divin !
O
mon âme, crois-les du moins et admire-les si tu n’y
participe point. Hélas, si tu n’en fais point l’expérience,
sache que c’est par ce que tu n’es point encore
capable.
Ton
Jésus, Lui de Son côté, st ton Époux,
plein d’un amour fidèle, unique et intime pour
toi ; IL t’aime d’un amour exquis et jaloux, comme
s’Il n’aimait que toi ; mais toi, hélas,
tu n’est point encore Son épouse, ton amour n’est
pas encore assez pur, assez unique, assez constant, assez simple
ni assez fidèle, travaille donc à acquérir
la pureté de cet amour, et tu parviendras aux faveurs
ineffables des sacrées épousailles.
Regarde désormais et considère souvent ton doux
Jésus comme ton très cher et amoureux Époux,
qui Lui-même t’invite par Son amour très
pur et très fidèles à Ses saints épousailles.
O mon tendre Maître, que Vous soyez notre souverain Roy
et Seigneur, Vous infinie dignité me le fait aisément
croire, mais que Vous soyez l’Époux des âmes,
de ces très il est créature que Vous avez arrachées
à l’esclavage de Satan, oh ! Cela surpasse toute
mon admiration. Je crois pourtant cette vérité
puisque Vous me l’avez révélée, mais
je demeure suspendu en cette foi, tout bouleversé d’adoration
devant Votre incompréhensible amour.
Vous êtes donc mon Époux, ô le constant et
fidèles amoureux des âmes ! Je Vous adore en cette
admirable et délicieuse qualité, et je soumets
dès cette heure tout l’amour de mon cœur à
Votre admirable amour au quel je fais hommage de tout ce que
je suis.
Mais
quand est-ce que je serai Votre épouse fidèle
et constante, quand sera-ce qu’abandonnant toues choses,
je Vous aimerai éternellement, Vous seul, en qui sont
toutes choses et qui êtes tout en tous ?
C’est,
Vous qui me ferez cette grâce par Votre miséricorde
; appuyé sur elle, je fais serment de demeurer tout Vôtre
en l’éternité des siècles. Amen. |
Seconde
méditation fondamentale.
De l’état
et condition de vie que Jésus-Christ a choisis en ce
monde. |
a-
Préparation |
Les
mêmes actes qu’en la précédente.
Puis tourner la vue de l’esprit sur cette grande vérité
chrétienne annoncée par saint Paul : Jésus-Christ,
le Fils de Diu, sous la forme d’un esclave et d’un
serviteur. S’est fait ensemble aux hommes pêcheurs,
revêtant leur livrée d’humiliation.
A
l’ instant où cette vérité se présente
à mon esprit, je l’adore, je la crois très
certaines et très admirable ; je l’aime, et la
veux regarder. J’y donne tout mon entendement pour la
pénétrer selon toute la mesure de lumière
que le doux Jésus m’en voudra octroyer. Je vous
la demande encore, très aimable Maître, cette
douce lumière qui en fera pénétrer et
goûter Votre vie, pour que, la connaissant et l’aimant,
je Vous en rende louange, honneur et gloire.
|
b-
Considération 1 : De la vie cachée et secrète
de Jésus-Christ. |
Ce
n’est point parmi les anges, dans le ciel, que le Sauveur
a commencé à vivre Sa vie divine dans Sa sacrée
Humanité, ni Sa vie humaine en Sa divinité.
Le Verbe, et puis Il est né petit enfant, a grandi
ignoré, Se mêlant aux hommes mortels et pécheurs,
vivant comme l’un d’entre eux.
Il a anéanti Sa divinité dans l’humanité,
et l’humanité en Sa divinité, Sa vie divine
a été enfermée de Son Humanité,
et Sa vie humaine a été engloutie en Sa Divinité.
La plénitude de la grâce et de la sainteté
qui lui était propre. Il l’a anéantie
en prenant la forme et la ressemblance de l’homme pécheur.
Ses admirables et excellentes vertus, les actes intérieurs
de Sa très parfaite sainteté, toute la splendeur
de justice qui était en Lui, toute cette ravissante
beauté du Saint des saints, objet des complaisances
du Père céleste. Il l’a tenue cachée
sous des dehors ordinaires, Il l’a voilée aux
regards par une conversation simple, enfantin, humble et commune.
Il
a immolé la gloire qui était du e`Humanité
sainte, et a caché la béatitude dont jouissait
Son âme dans la mortalité et la passibilité
de Sa chair sacrée.
O
merveille ! O mystère « ! O mon doux Maître,
j’adore et admire Votre vie cachée, vie divine
du Verbe dan l’Humanité; vie humaine de grâce
et de gloire dans l’Humanité; vie humaine de
grâce et de gloire dans le corps d’un enfant,
d’un homme commun, extérieurement tout semblable
aux autres; vice caché dont le sens est incompréhensible
à toute entendement crée ; vie cachée
dans le pur fond de Votre âme, supérieur aux
puissances et aux sentiments corporels d’où Vous
la retiriez pour la tenir plus cachée et plus enfouie
dans le fond de Votre esprit. C’est là que je
l’adore et la crois ineffable. Désormais je ne
considérerai pus seulement Vos actions et passions
dans ce qu’elles ont de visible et d’extérieur;
mais je porterai mon regard intérieur jusqu’à
cette mais je porterai mon regard intérieur jusqu’à
cette source cachée de Votre vie de grâce, origine,
et principe de Vos actes, abîme divin d’où
ces actes tirent toute leur valeur : valeur parfaite, qui
les rend si admirables, si dignes d’êtres adorés
dans le plus profond silence des âmes.
C’est en ce fond caché que Vous vertus résident
et resplendissent comme dans un ciel, c’est à
qu’elles ont toutes pleines et toujours parfaites. Elles
sont toutes assises dans ce Trône, comme reines de toutes
les vertus. C’est là, en cette sacrée
retraite, que je les adore c’est là, si elles
veulent les imiter, que les âmes doivent aller les méditer.
O mon âme, si tu veux imiter ton Sauveur, c’est
dans le plus profond de ton esprit que tu dois acquérir
et imprimer Ses vertus, c’est là, si elles veulent
les imiter, que les âmes doivent aller les méditer.
O
mon âme, si tu veux imiter ton Sauver, c’est dans
le plus profond de ton esprit que tu dois acquérir
et imprimer Ses vertus, c’est dans ce puits qu’il
les faut tenir cachées, et là les pratiquer
toujours en repos et en silence.
Tout
ton extérieur doit prendre, à cette vive Source
de la vie cachée; de Jésus, vue vie secrète,
intime inconnue et féconde, hors de laquelle tues les
vertus et les actions ne sont que des fantômes, des
apparences de vie, mais en réalité des œuvres
mortes.
O mon doux Jésus, que cette vie cachée des âmes
Vous plaît, puis Vous tenez si jalousement la Vôtre
cachée dans le sien du Père ! Mais Vous ne nous
dérobez Votre vie ainsi, que pour nous apprendre à
enfouir à notre tour la nôtre au plus profond
de notre cœur, à la cacher en Dieu, avec Vous,
qui êtes notre unique Vie.
Vous
vivez avec nous en notre sainte et admirable sacrement de
l’autel, mais n’est-ce point une grande merveille
que Votre vie y soit cachée d’une manière
si ineffable.
O
mon doux Jésus, ô mon Tout, ô ma Vie, je
crois et admire ce grand mystère impénétrable
à tous les esprits. Je veux que toute ma vie fasse
hommage à la Vôtre, si admirable en son divin
secret. Je veux que ce silence de Votre vie cachée
soit toujours honoré du plus profond silence de mon
esprit.
O mon bien-aimé Jésus, je me consacre à
Votre vie cachée, daignez y convertir mon cœur,
afin qu’il l’exprime et la loue pendant tout le
temps de cette vie mortelle.
|
c-
Considération 2 : De la vie commune que Notre-Seigneur
a menée sur terre. |
Voulant
que Sa vie spirituelle, divine et humaine fût toute cachée.
Il a voulu encore que Sa vie extérieure fût toute
simple et commune. C’est pourquoi Il ne choisit point
quelque condition haute et magnifique, ni quelque état
singulier, comme de vivre dans une rigoureuse solitude, en l’exercice
continuel d’une sublime contemplation ou de dures macérations,
mais Il a embrassé toutes les formes de vie qui ne sont
point contraires à la perfection, et les plus simples,
les plus humbles, les plus communes.
Il
S’est fait enfant et sujet. Il a travaillé de
Ses mains et vécu comme un ouvrier. A Son entrée
triomphale à Jérusalem. Il a montré la
grandeur d’un roi, et quoiqu’Il en ait refusé
le tire, Il en a exercé l’office et la magnificence
dans le banquet qu’IL fit au peuple, sur la montagne.
Il
a été Maître et serviteur, Docteur et
disciple. Il a jeûné dans la solitude et conversé
avec les hommes, vivant et mangeant avec eux. La nuit Il se
retirait au désert ou dans les montagnes pour prier
et contempler, et le jour Il enseignait le peuple.
Il
a embrassé ces diverses conditions et exercé
ces formes multiples d’activé afin que tous les
hommes venant après Lui trouvassent en Lui leur modèle
et leur guide. Oui, Il a tout sanctifié : et la royauté
et le sacerdoce, et l’enfance et l’obéissance,
afin que tous puissent trouver en Lui leur enseignement et
se sanctifier à Sa suite.
O
vie anéantie de mon Seigneur ! Ô admirable bassesse!
Je vous adore, votre valeur est infinie aux yeux de mon Dieu,
puisque c’est elle qu’Il a donnée en partage
à Son doux Fils.
Cette bassesse de Notre Seigneur doit être toujours
devant nos yeux pour abattre notre superbe, notre funeste
désir de paraître au dehors plus grands et plus
excellents que les autres par la naissance, la fortune, les
habits, les relations.
O mon âme, puisque ton Seigneur a vécu en si
grande humilité, ne laissant rien paraître de
Sa splendeur, pour se mêler plus étroitement
au commun des hommes, apprends donc à vivre de même.
Fais-toi humble, ne chercher point a paraître ni à
surpasser les autres, si ce n’est en humiliations, prends
la dernière place. Si tu as à choisir, que ce
soit pour t’emparer, comme d’un précieux
trésors de ce qu’il y a de plus commun, de plus
vil, de plus méprisée.
En quelque état que tu te trouves, et quelle que soit
ta condition, aspire toujours au rang le plus bas, aime ce
qu est abject, cherche-le avec ardeur. Habille-toi comme les
plus pauvres, fais-toi des amis parmi les plus fils, que la
bassesse de leur naissance nie la sordidité de leurs
vêtements ne t’éloigne jamais d’eux.
O
mon âme, anéantis-toi comme ton Jésus,
et apprends à goûter la douceur de n’être
comptée pur rien
|
d-
Considération 3 : Comment Notre-Seigneur a sanctifié
la vie religieuse |
Quoique
la vie de notre Maître ait été commune,
qu’Il ait en quelque sorte embrassée diverses manières
de vivre, afin de les enseigner et de les sanctifier toutes,
et ne Se soit attaché à aucun en particulier parce
que cela ne convenait point à Son office de Rédempteur
de tous les hommes ni à la fin de Son office de Rédempteur
de tous les hommes ni à la fin de Son avènement,
qui était d’être leur Sanctificateur et leur
Docteur à tous. Il a cependant observé fort étroitement,
en cette vie commune qu’il a menée pour l’Édification
du peuple entier, les trois vœux de Religion.
Premièrement la virginité, consacrée non
seulement en Sa propre personne, mais encore en celle de Sa
très sainte mère.
Deuxièmement,
l’obéissance, qu’il a gardée très
exactement depuis le premier instant de Sa conception jusqu’à
Sa mort sur la Croix obéissance à Son père
céleste, obéissance à Son père
nourricier, obéissance à Maire, Sa mère,
obéissance aux princes.
Cette loi de l’obéissance Il l’a établie
parmi Ses apôtres et disciples, auxquels Il commandait
comme Maître et Supérieur.
Troisièmement, la pauvreté. Ah! Qu’il
a été pauvre, celui qui n’avait point
une pierre où reposer la tête ! Jamais il ne
posséda ni maison, ni terre, ni bien d’aucune
sorte, ni en commun, ni en particulier. Lui faisait-on des
aumônes, aussitôt Il les distribuait. C’est
ainsi qu’Il a voulu donner l’exemple de la pauvreté
parfaite aux religieux qui vivent en commun.
La plupart du temps, ni Lui ni Ses apôtres n’avaient
de quoi manger, ils étaient sans pain et sans toit,
n’ayant pour vivre que ce que leur donnaient, par charité,
Magdeleine et quelques autres femmes. Lorsqu’Il avait
besoin de quelque chose simplement Il le demandait ou le faisait
demander par Ses disciples : ainsi fit-il pour l’ânesse
sur laquelle il devait faire Son entré à Jérusalem
: ainsi fit-il le jour où IL eut besoin d’un
cénacle pour y manger la pâque.
O grand et excellent pauvreté de mon Jésus,
que je vous honore et que je vous aime ! Si vous n’êtes
point mienne, du moins veux-je vous estimer et vous envier
en ceux qui vous possèdent.
Mais si Vous me l’avez donnée par la vocation
religieuse, ô mon Jésus, cette pauvreté
bénie, je le reçois de Votre particulière
bonté avec d’infinies actions de grâce.
Je l’embrasse en esprit avec de grands désirs
et vive affection, aspirant à demeurer pauvre et nécessiteux
en vérités, afin d’avoir un plus grand
besoin de Vos soins, et d’être plus parfaitement
abandonné à Votre douce Providence. OH! Chère
nécessité que m’oblige à compter
sur Vous seul, à me confier en Vous seul, et qui, pour
Vous rendre fidèle à moi, me presse de Vous
servir moi-même plus constamment et plus fidèlement.
|
e-
Considération 4 : De la dignité et excellence
uniques conférées par Notre-Seigneur à
l’état religieux. |
Notre
unique Maître a sanctifié le jeûne, l’abstinence,
la contemplation, la solitude, le silence et toutes les autres
observances de la discipline religieuse. Il les a toutes gardées,
constamment, selon le temps et les lieux, dans l’intention
de glorifier Son père et de Lui rendre honneur. Or c’est
pour les mêmes motifs qu’on les observe dans l’état
religieux. C’est pourquoi il en faut avoir une très
haute idée et les honorer grandement, car elles ont leur
origine en la très excellente vie du Fils de Dieu.
L’état religieux est hautement honorable en ce
qu’il est angélique et divin, Il nous élève
à la plus haute perfection chrétienne, car il
nous retire de la terre pour nous faire vivre déjà
dans le ciel. Il nous dédie et consacre tout entier
à Dieu, non pour un jour, ni pour un an, mais pour
jamais. Il nous affermit et nous confirme dans le biens, nous
dégage de toutes les occasions d’offenser Dieu
et de nous perdre, et unit notre volonté à celle
de Dieu par nos vœux. Il assure enfin à toutes
nos actions la grande et excellente dignité d’être
faites pour l’honneur, la gloire et le seul service
du Seigneur.
Sans
doute tout cela est grand, et cependant combien plus grande
encore, et incomparablement plus grande, l’excellence
que donne à l’état religieux l’exemple
et la vie de Jésus-Christ.
Vivre
comme Notre-Seigneur a vécu, n’est –ce
point vivre plus divinement que les anges !
Imiter
d’une manière excellente, non la vie des anges,
mais celles du Maître et Seigneur des anges, c’est
être non seulement semblable aux anges, mais à
Dieu.
C’est donc, ô mon doux Maître, la raison
pour laquelle j’honore l’état areligieux
; Oui, c’est Vous que j’y adore, et Votre vie.
Je veux bénir sans fin Votre miséricorde et
Vous chanter mille et mille actions de grâces pour le
bien ineffable que Vous m’avez donné en m’appelant
à la vie religieuse. Je reconnais cette grâce
merveilleuse, je Vous en loue et Vous en remercie de tout
mon cœur, renouvelant mes vœux et la donation entière,
absolue, universelle que je Vous ai faite de tout moi-même.
Mon
Seigneur, je m’offre à Vous de nouveau avec tout
mon être, avec ma vie naturelle et surnaturelle, avec
toutes mes puissances, ma volonté; et ma liberté
comme un esclave religieux qui n’a plus ni ne veut plus
avoir aucun droit sur lui-même. Oh! Faites-moi demeurer,
parla possession de Votre amour, en Votre droit et pouvoir,
afin que je serve éternellement Votre volonté
et Votre gloire.
Vous êtes mon Dieu, mon Tout, mon unique Maître,
nom bien-aimé Jésus, faites-moi donc la grâce
d’être pleinement Vôtre, à jamais
|
Cinquième
étape:
Du premier degré des vertus,
appelé de lumière, de désir et d’amour.
Commencement de la montée è l’exemple
de la Magdeleine.
|
a-
Préparation |
Les
actes prescrits à la première méditation.
Puis jeter la vue sur la très grande affection avec laquelle
la sainte amoureuse Magdeleine s’attache et s’accroche
aux pieds de son doux Maître, les embrassant avec une
très grande ardeur, afin d’apprendre d’eux
à bien marcher désormais par le chemin des vertus.
|
b-
Considération 1 : De l’impossibilité où
est l’âme d’exercer les vertus sans la grâce
de Jésus. |
Une
âme tout dénudée et dépouillé
de ses propre affections et purgée de ses vices doit
enter dans la carrière des vertus pur y courir après
Jésus-Christ, car c’est par la possession assurée
de toutes les vertus qu’elle parviendra à saisir
le doux Seigneur, comme le dit le grand et admirable saint Paul,
qu’elle apprendra à Le connaître, et qu’elle
entrera dans la suave jouissance de Son amour.
Mais que va faire l’âme résolue à
courir la carrière des vertus ? Elle est sans pieds
et sans forces, comme un petite enfant qui n’a ni l’adresse
et ni la fermeté nécessaires pour marcher seul.
O mon âme qui t’es fatiguée à la
poursuite de l’iniquité, marchant au milieu des
ténèbres, privée de la véritable
connaissance des vertus, il ne te reste, hélas, qu’une
grande lassitude, une lourde infirmité, une faiblesse
incurable. Qui sera ton recours, qui en sera ta force ?
O
mon doux Jésus, mon Soleil et ma lumière, montrez-moi
les sentiers de Votre justice, enseignez-moi la perfection,
qui est la somme de toutes les vertus.
Vous
êtes la Vérité et la Voie de tous les
pâmes, car à servir leur propre lumière
naturelle, tout obscure et ténébreuse, elles
n’ont jamais pu atteindre la parfaite connaissance des
vertus, mais ont toutes dévié, dit le Roi-Prophète,
et se sont rendues inutiles à la gloire de Dieu.
Oui, mon âme, c’est aux pieds de Jésus
qu’il le faut venir apprendre le secret sentier des
vertus et le chemin de la perfection. C’est la trace
de Ses pas qu’il te faut chercher afin de ne point porter
ailleurs l’effort de ta course. C’est aux pieds
bénis de ton Seigneur que git toute ta force, c’est
d’eux que tu apprendras, comme un petit enfant, à
former tes pas.
Considère attentivement comme la sainte Magdeleine
y demeure attachée; il semble qu’elle veuille
prendre leur mesure afin d’apprendre quelle règle
et qu’elle forme donner à ses actions vertueuses.
C’est sur ces saints pieds qu’elle affermit sa
faiblesse, c’est en ces saints pieds qu’elle puisse
tout le courage dont elle aura besoin pour courir, comme elle
va le faire, dans la carrière de la perfection.
Considère, ô mon âme, qu’il ne te
pouvait être donné de plus efficace ni plus parfait
modèle, de toutes les vertus que ton bon maitre Jésus-Christ,
proposé en exemple à toutes les âmes par
les deux princes des apôtres.
Oui, tu dois toujours l’avoir devant les yeux, tout
comme les enfants qui apprennent à écrie, jetant
sans cesse leurs regards sur les caractères parfaits
que leur soumettent leurs maîtres. Apprends donc de
Lui les perfections divines qu’il te faut exprimer par
les vertus.
O
Mon doux Maître, venu au monde pour pratiquer en votre
sainte Humanité des vertus qui, par leur excellence,
exprimassent clairement les perfections de votre Divinité,
afin, quels yeux fixées sur Vous, ô notre Dieu
devenu visible, nous les reproduisons en nous par une imitation
fidèle, enseignez-moi cette divine doctrine de Vos
vertus, que la sainte Magdeleine apprise à Vos pieds
sacrés, car j’en veux désormais suivre
la trace, pour autant que Votre douce miséricorde me
fortifiera par Votre grâce.
Je m’offre tout entier à Votre amour, gisant
à Vos pieds tant aimables, pour y recevoir les mêmes
lumières et les mêmes forces qu’y recueillit
de Votre infinie bonté Votre sainte disciple, ma bien-aimé
Magdeleine.
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c-
Considération 2 : Les vertus étant contraires
à notre nature corrompue,
nous ne pouvons guère les pratiquer sans la douceur de
l’amour de Dieu. |
Puisque
les vertus sont contraires à notre nature corrompue,
et non seulement selon la partie inférieure, mais encore
selon la partie supérieure, car elles répugnent
même à notre esprit, tout entaché d’amour-propre
et naturellement incliné à désirer sa propre
excellence et sa propre satisfaction, elles nous sont très
difficiles à pratiquer.
La vertu étonne d’abord, tant elle nous est peu
habituelle, et quand nous nous mettons à la considérer
de plus près, quand nous voyons à quels sommets
il nous la faut pousser, et la montagne qu’il faut gravir
avant d’être parfait, nous nous décourageons.
Hélas, très peu d’entre nous osent recommencer
la divine montée de la perfection chrétienne.
Une âme courageuse doit, en ces premières difficultés,
jeter les yeux sur notre doux maître Jésus-Christ,
tout resplendissant des merveilleuses vertus qui Le rendent
tant aimable (dit l’Épouse des Cantiques) à
tous les âmes saintes. Elle doit Le considérer
sur le sommet de la montagne, par exemple sur le Thabor, là
où il attire par Ses divines douceurs odeurs et discours
non seulement les trois apôtres, mais toutes les âmes,
leur disant : «Venez, montez ici, et Je vous ferai participantes
de ma grande splendeur. »
Mais
quoi, dira mon âme, ô mon doux Sauveur, cette
montée est trop âpre trop raide: ce ne sont pas
que rochers et précipices; comment me serait-il possible
de monter où Vous êtes ?
Ne te décourage point ma fille, tu en aurais sujet
s’il te faille monter toute seule, sans Mon secours
ou sans Ma compagnie mais ne vois-tu point que Je suis ici
pour t’aider et attirer par la force de Mes grâces
? Considère que c’est avec Moi que tu montes.
Quelle douceur, quelle consolation en dois-tu point sentir
désormais en la pratique des vertus, à mon âmes,
puisque ton Dieu même, ton Dieu si aimable, est premièrement
descendu sur la terre pour te tenir compagnie en ce chemin
et gravir avec toi, pas à pas, la sainte montagne et
de la perfection où Il t’enivrera des délices
de si amour !
Il porte devant toi le flambeau de son exemple, il te guide
Ses inspirations afin que tu en t’égares point
et même, comme un faible petit enfant que tu es, Il
te tient sous les bras afin que Sa vigueur soit l’appui
assuré de ta fragilité.
O bénigne miséricorde de mon Sauveur bien-aimé
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