MON DIEU ET MON TOUT

© + Sr Denise Ermite

La voie d'Amour auteur P.Séverin Rubéric récollet

De-la-vie illuminative

Contenue de la page

Première méditation fondamentale.
Jésus-Christ, profondément de la vie vertueuse.

a- Préparation :
b- Considération 1 : Jésus-Christ, Fils de Dieu.


1a- De la prédestination de l’humanité sacrée pour être unie au Verbe éternel.
1b- Jésus est Fils de Dieu par la nature, même en Son Humanité unie à la personne du Verbe.
1c- De la supériorité que le Sauveur a universellement et le droit naturel sur tout
es les créatures.
1d- Que la Sainte Vierge est notre Dame souveraine à raison de son fils, et comment toutes les paroles, actions et souffrances de Jésus sont infiniment adorables.

c- Considération 2 :
De la sainteté de Jésus-Christ, principe de toute sainteté.


2a-De la sainteté substantielle de l’Humanité du Christ
2b-De la plénitude grâce qui, est en l’âme du Sauveur, cause de toutes les grâces qui sont en les créatures.
2c- De la passion et de la mort, adorables du Fils de Dieu, source de toutes les grâces qui ont été et seront à jamais données.
2d- Chacune des actions du Fils de dieu sanctifie les nôtres, si nous les faisons à Son imitation.

d- Considération 3 :
Des vertus de Jésus-Christ que nous devons imiter.


3a- Il est l’exemplaire que le Père éternel a mis devant nos yeux pur acquérir et exercer les vertus.
3b- Tous ceux qui seront sauvés doivent nécessairement être semblables et conformes à Jésus-Christ.
3c- De degré de conformité qui est indispensable au salut.
3d- C’est l’amour de Jésus qui opère en nous la parfaite conformité à Ses vertus.

e- Considération 4 :
De ce que Jésus-Christ fait pour nous et de Ses titres.


4a- Jésus-Christ est note Pontife et notre Roy
4b- Il est notre Législateur, notre Chef et notre Maître ; et cette maîtrise, il veut l’exercer par l’intermédiaire d’un homme, qui soit notre Directeur.
4c- L’école en laquelle le doux Jésus exerce plus particulièrement son office de précepteur et docteur est la sainte oraison.
4d- Il est notre Frère.

Seconde méditation fondamentale.
De l’état et condition de vie que Jésus-Christ a choisis en ce monde.

a- Préparation
b- Considération 1 : De la vie cachée et secrète de Jésus-Christ.
c- Considération 2 : De la vie commune que Notre-Seigneur a menée sur terre.
d- Considération 3 : Comment Notre-Seigneur a sanctifié la vie religieuse
e- Considération 4 : De la dignité et excellence uniques conférées par Notre-Seigneur à l’état religieux.

Cinquième étape:

Du premier degré des vertus, appelé de lumière, de désir et d’amour.
Commencement de la montée è l’exemple de la Magdeleine.

a- Préparation
b- Considération 1 : De l’impossibilité où est l’âme d’exercer les vertus sans la grâce de Jésus.
c- Considération 2 : Les vertus étant contraires à notre nature corrompue, nous ne pouvons guère les pratiquer sans la douceur de l’amour de Dieu.
d- Considération 3 : Le pour motif de la vertu doit être la volonté et la bonté de Dieu.
e- Considération 4 : Il faut implorer la grâce de Dieu dont nous avons besoin pour être vertueux.

Sixième Étape :
Du second degré des vertus qui est l’imitation de Jésus-Christ

a- Préparation
b- Considération 1 : Ce que doit faire l’âme pour atteindre ce second degré, l’imitation des vertus du Sauveur
c- Considération 2 : Qu’il faut que l’âme mortifie les affections de son cœur
d- Considération 3 : L’amour de Jésus embellit les puissances de l’âme.
e- Considération 4 : De la beauté de l’âme qui parle en elle l’image de Jésus-Christ.

Septième Étape :

Du troisième degré et la vertu, qui est celui de la transformation.


a- Préparation
b- Considération 1 : De la différence entre l’imitation et la transformation. C’est par L’Esprit de Jésus que l’âme sera solidement vertueuse.
c- Considération 2 : Le Sauveur a reçu notre chair afin de nous communique son Esprit.
d- Considération 3 : Il suffit d’être animé de l’Esprit de Jésus pour exercer parfaitement les vertus.
e- Considération 4 : L’amour pour, simple et parfait de Jésus dispose l’âme à recevoir Son Esprit.


Huitième Étape :

Du dernier degré de la vertu, que l’on exerce comme Magdeleine au pied de la croix


a- Préparation
b- Considération 1 : L’âme, revêtue de l’Esprit de Jésus-Christ Le suit sur la croix.
c- Considération 2 : L’âme, exerce toutes les vertus en la croix avec en Jésus
d- Considération 3 : L’âme, en ce degré, meurt avec Jésus-Christ en croix.
e- Considération 4 : L’âme, morte avec Jésus-Christ continue à agir et à exercer les plus parfaites vertus

Première méditation fondamentale.
Jésus-Christ, profondément de la vie vertueuse.

a- Préparation :

Se mettre en la présence en Notre-Seigneur Jésus-Christ, comme devant la royale et très éminente Majesté de notre très grand et unique Roy, qui nous regarde toujours du haut du ciel, où Il est assis à la droite de Son Père, et la plénitude de la toute-puissance qu’il a sur le ciel et sur la terre.

Adorer profondément cette excellente, Majesté, se reconnaître indigne de paraître en Sa présence, s’humilier profondément devant. Elle, Lui confesser sa faiblesse et la grande difficulté qu’on a à se tenir en cette présence pendant l’oraison, implorer Sa grâce avec grande instance pour y parvenir. Puis a, appuyé sur la confiance en cette grâce, faire un désaveu exprès et formel de toues les pensées ou imaginations étrangère au sujet de l’Oraison.

Enfin, tourne la vue intérieur sur notre Seigneur et maître Jésus-Christ : c’est le Don que le père éternel sous a fait, c’est la Soleil de toutes les vérités chrétiennes, c’est le Secret de le Mystère que le Père a révélé au monde par la prédication de l’Évangile, c’est enfin la grande et admirable Vérité en laquelle sont contenues tous les vérités que Diey nous enseigne.

Adorons cette Vérité ineffable, venue à nous ; recevons-la avec foi ; désirons d’un grand désir la connaissance pleine et aussi parfaite que possible du Christ, afin que Le connaissant, nous l’aimons, et qu’’aimant nous Le servons et nous donnions à Lui pour jamais.

 b- Considération 1 : Jésus-Christ, Fils de Dieu.
1a- De la prédestination de l’humanité sacrée pour être unie au Verbe éternel.
La sacro-sainte humanité de Jésus-Christ a été toute de toute éternité prédestiné de Jésus-Christ a été de toute éternité prédestinée par le très haut, très profond, très sacré conseil de la très sainte Trinité, pour être unie à la Sagesse éternelle.

Dieu le Père a ordonnée avant tous les siècles que son Fils, la Sagesse incréée, prendrait pour notre gloire cette nature humaine singulière, Dieu a prédestiné cet homme unique entre tous, Jésus, à être son Fils bien-aimé, en la personne du Verbe, par la vertu du Saint-Esprit.

Les temps étant révolus, le père a accompli Son décret. Il a donné la personne de Sin Fils unique, et par conséquent Son essence divine, à cette Humanité sacrée, dérivée de la Vierge.

Le Fils s’est donné à cette humanité par un singulier amour. Il s’est anéanti dans cette nature créée, et l’a épousée par grand amour dans le sein de la Vierge.

 1b- Jésus est Fils de Dieu par la nature, même en Son Humanité unie à la personne du Verbe.

La Son Humanité, par cette ineffable union personnelle avec le Verbe éternel, est entrée en un état admirable et divin, dans l’état de la personne du Fils unique de Dieu, état de divine filiation, mais adoptive, mais propre et naturelle.

Le Saint-Esprit, a accomplie cette union et incarnation par l’opération admirable de Sa bonté et de Son amour, défiant cette nature humaine.

Cet Homme Jésus-Christ est le Fils de Dieu, personne divine, et non humaine. En cet homme, fils de Dieu, habite inséparablement, corporellement et réellement, dans l’âme et dans le corps, la plénitude de la Divinité. Par son un substantielle à la personne divine du Verbe, l’humanité de Jésus, reçoit les sacrées, et intimes communications des perfections divines, singulièrement, communiquées à cette nature humaine subsistant en la Divinité.

Et cet Homme-Dieu, il y a double vie ; vie divinement humaine ; vie humainement divine ; toutes Ses actions sont humainement divines ou divinement humaines.

Cette Humanité (du Christ) est dénuée et dépouillée de sa propre subsistance, pour être revêtue d’une subsistance, autre, étrangère et extraordinaire à sa nature. D’où résulte que la vie, l’état, les mouvements, les actions de cette Humanité ne sont plus les siennes, ne viennent proprement point d’elle, ni ne lui appartiennent, mais son la vie, le mouvement, et les actions de Celui qui la soutient, après qui elle existe, et Lui appartiennent en propriété. Quoique cette nature produise en toute liberté les actes qui lui soit naturels, ils a appartiennent cependant au Verbe éternel à qui cette nature a té donnée, qui la possède, la soutient, la gouverne et la fait exister.

1c- De la supériorité que le Sauveur a universellement et le droit naturel sur toutes les créatures.
Par sa filiation divine, en la Personne du Verbe, la sacro-sainte Humanité de Jésus possède, une souveraineté suprême et qui n’est communicable à aucune autre créature ; souveraineté qui lui confrère sur toutes les choses créées, sur leur être naturel, et surnaturel, une autorité, un droit, un pouvoir absolus. Cette sainte Humanité a été prédestinées paru être, en ce haut et sublime état d’union au Verbe, reconnue et adorée de tous les esprits angéliques, auxquels, dès le premier instant de leur création, elle a été proposée en cet ineffable état de Fils de Dieu, pour être leur Roy, leur Chef, et leur souverain Seigneur.

Les bons anges se sont humiliés devant Elle, ils l’ont reconnue, et reçue pour Chef et Empereur de toute la cité céleste.

Les nages mauvais et apostats, enflés et superbes, dédaignant de se soumettre à une nature qui en son espèce était moindre que la leur, et de reconnaître la souveraineté de cette sacro-saint Humanité, Lui on refusé hommage, et se sont rebellés contre Elle. Et par cette rébellion ils se sont condamnés à l’enfer, où de force ils fléchissent le genou au Nom de Jésus-Christ, et servent en Sa justice Celui qu’ils n’ont pont voulu librement servir en l’amour.

O mon âme, considère attentivement, le sort si différent des bons anges et des mauvais. Médite la cause et la source de leur conduite si opposée.

Tous les hommes méchants et pécheurs se rangent en la compagnie des démons, se joignant à eux dans leur rébellion contre Jésus-Christ.

O mon unique et souverain Seigneur Jésus, dès cette heure et à tout jamais, je me sépare de cette malheureuse et infâme société, je la déteste et l’abhorre parce qu’elle n’est pas volontairement soumis à la grandeur de Votre Majesté.

Qu’Il vaut infiniment mieux, ô mon très doux et aimable Maître, être Votre sujet que de devenir l’abject vassal de Lucifer ; se mettre en la compagnie et société des anges, vous connaissant, pour notre Seigneur et Sauveur, plutôt que de se joindre aux abominables desseins, des démons qui cherchent l a ruine de Votre sainteté, o ! N’est-il point plus doux et agréable de se soumettre volontairement et amoureusement à Votre très juste et très douce dominations, que qu’y être assujetti par violence et contrainte, comme des forçats? Ah ! Que c’est une chose heureuse que d’être Votre serviteur, participant à Votre sagesse et une chose horriblement, malheureuse d’être votre esclave rebelle, tourmenté dans Vos prisons à jamais ! N’est-il pont meilleur de tenir en Votre sacré Royaume l’ordre et le rang de Votre miséricorde et de Vos faveurs, que l’ordre de Votre justice et de Vos rigueurs ?

O mon âme, si tu ne veux choisir le premier, tu n’échapperas point au dernier. Car tu ne te peux exempter de la souveraineté et de la domination du doux Jésus. Si tu ne veux tenir la droite de Son royaume, tu tiendras sans doute la gauche !

Mais quoi, ô mon unique Maître Seigneur, mon cher Jésus, n’est-il point raisonnable et juste de ses soumettre à Votre infinie dignité, de bénir le pouvoir souverain que le Père éternel Vous a donnés sur toutes les créatures et de s’Y assujettir avec amour ? Je me soumets volontairement et amoureusement à Votre puissance et à Votre autorité. J’adore Votre union hypostatique, Votre état suprême de Fils de Dieu. J’adore les infinies communications qui Vous ont été faites des perfections divines. J’adore votre dignité de Roy souverain de toutes les créatures. Je veux être Votre esclave à jamais. Je Vous fais hommage de tout moi-même, de mon être de nature, de grâce et de gloire, de toute ma vie, de toutes mes actions et intentions, de ma liberté et volonté de mon état et condition, de ce que je suis et de ce que je fais ; je veux défendre de Vous à jamais, comme de mon souverain Roy, auquel je donne irrévocablement un absolu et universel pouvoir sur moi et sur ma liberté, sans que jamais je révoque cette offrande et cet donation. Je veux être à Vous en toute ma vie, en chacune de mes actions être entièrement et uniquement possédés par Vos comme en Vous, Votre sacrée Humanité et est la possession pleine et entière du Verte éternel.

1d- Que la Sainte Vierge est notre Dame souveraine à raison de son fils,
et comment toutes les paroles, actions et souffrances de Jésus sont infiniment adorables.
 

Le Sauveur a communiqué à Sa très sainte et très aimable Mère, la dignité de Reine et de Dame de toues les créatures, principalement, des anges et des hommes, je la reçois et la reconnais pour ma souveraine Princesse et veux qu’elle ait avec Vous et après Vous, ô mon souverain Seigneur, un pouvoir et un droit entier sur tout monde être et sur toutes mes actions , je me dédie et me consacre à Elle comme son esclave à jamais.

Je veux aussi, ô mon Jésus, recevoir Vos actions, Vos paroles, non comme d’un homme ordinaire, de quelque prophète, ange ou séraphin, mais je leur veux adorer, recevoir, admirer, entendre comme les paroles et actions de mon Dieu et de mon Roy. J’adorerai et recueillerai jusqu’ à la moindre syllabe tombée de Votre bouche sacrée j’adorerai et recueillerai chacune de Vos actions, depuis la plus grande jusqu’ à la plus petite ; toutes, jusqu’aux moindres, seront à mes yeux autant de miracles et de merveilles qui me feront tomber en admiration. Car en Votre Humanité très sainte, une à la personne du Verbe. Vous êtes mon Dieu et mon Tout, que j’adore et adorerai en l’éternité des siècles. Chacune de Vos actions a tété reçue par le Père éternel comme prix infini de ma rédemption. Je leur reconnais moi-même, à chacune, cette valeur parfaite, je les reçois comme telles et yeux désormais les estimer infiniment, je veux les méditer, les admirer, les adorer, les aimer immensément.

O mon Jésus, imprimez très vivement en mon intelligence le sentiment de Votre Majesté adorable, et faits-moi, Votre esclave à jamais.

c- Considération 2 : De la sainteté de Jésus-Christ, principe de toute sainteté.
2a-De la sainteté substantielle de l’Humanité du Christ.

Le sacro-sainte Humanité de Jésus est le temple premier, singulier et très particulier de la Divinité qui y repose d’une manière infiniment plus divine, plus admirable et plus parfaite et que dans les anges confirmés en gloire. Après l’Essence divine elle-même, cette ineffable humanité est la chose la plus sainte qui soit : saint, non d’une sainteté accidentelle et adjointe, mais d’une sainteté substantielle, par son union hypostatique avec l’adorable Personne du Verbe. Quoiqu’en elle réside la plénitude de la grâce, qui est une forme accidentelle de sainteté, de n’est point par cette grâce toutefois que cette sainte Humanité est sanctifiée, mais bien par son union avec le Verbe, qui Lui-même la sainteté essentielle. La plénitude de grâce qui abonde en l’Humanité de Jésus procède de Son ineffable union avec le Verbe, si bien que la grâce, en cette divine Humanité, est moins l’origine que l’effet de Sa sainteté essentielle et parfaite ; plutôt un ornement et une surabondance que la cause et la forme de cette Sainteté.

C’est pourquoi le doux Jésus, Fils de Marie, est le seul Saint ; le saint, des saints, oint de la suprême onction de la Divinité même, laquelle s’est toute entière répandue et écoulée en Lui.

O Sainteté admirable et singulière de mon Jésus, qui Vous a été communiquée d’une manière ineffable par l’union hypostatique de Votre très pure Humanité avec la personne du Verbe, je Vous adore unique, et crois qu’il n’y a point de sainteté comparable à la Vôtre. Toute autre sainteté n’est point le fruit d’une participation à Vous, et Vous doit faire hommage. Je confesse et proclame que Vous êtes la cause originelle de toute la sainteté des anges et des saints.

O Humanité sacrée, que Vous êtes aimable et digne d’être révérée en votre sainteté essentielle ! Je confesse que je ne puis avoir un seul atome de sainteté que ne descende et ne découle de Vous. C’est pour cela, ô unique Jésus, que je Vous offre tous les désirs que j’ai d’être saint ; j’en fais à jamais hommage à Votre sainteté ineffable.

2b-De la plénitude grâce qui est en l’âme du Sauveur, cause de toutes les grâces qui sont en les créatures.
Cette sainteté substantielle fait découler sur l’âme de entre Maître des torrents de grâces ; Il est plein de grâce et de sainteté, en Lui seul elle réside toute, qui la possède par droit, de nature. C’est en Lui que sont cachés et renfermés tous les trésors de la sagesse et de la science de Dieu. C’est en Lui que sont et résident toues les surabondantes richesses de la grâce t de la miséricorde de Dieu. Tous les anges et les hommes doivent recevoir de Sa plénitude. Il n’y a pas un atome de grâce qui en prenne sa source dans cette divine fontaine. Il est le Chef de l’église et des anges aussi bien que des hommes. Les uns comme les autres dépendent de la manière la plus absolue de Son influence. Il n’est esprit venant en ce monde qui reçoive un seul rayon de grâce, que ce Soleil de sainteté ne le darde sur lui comme un gerbe de Sa très pure lumière. Depuis mon baptême jusqu’à ce moment-ci, je n’ai jamais reçu aucune grâce et je n’en recevrai jamais aucune que ne découle de cette très grande surabondante richesse.

O très féconde et aimable plénitudes, je me complais en vous et me réjouis de ce que vous soyez en mon Jésus. J’honore les grandes infinies communications que vous avez fait de vos grâces aux âmes et aux hommes ; je vous remercie des leurs et des miennes ; mon indigence vous fait hommage et vous demandera toujours de participer à votre abondance.

Oui, c’est de la plénitude de notre Christ, que nos avons tous reçu grâce sur grâce. Mais qu’il Lui en a coûté avant de pouvoir nos en rendre participants ! Hélas, Il devait nous réconcilier avec Son Père, satisfaire, à Sa divine justice rompre nos chaînes, nous délivrer de la captivité du péché. Non, ce ne fut qu’aux prix de mille douleurs, passions et actons laborieuses, par Son sang et Sa mort, qu’Il put répondre et verser sur nous les torrents de Sa grâces, ouvrir les digues de Sa plénitude, d’où nos âmes devaient tirer toute justice et toue perfection.

2c- De la passion et de la mort, adorables du Fils de Dieu,
source de toutes les grâces qui ont été et seront à jamais données.

Oh ! Que les hommes doivent donc honorer ce sang, cette Passion, cette mort ! C’est la plus grande merveille de cette Humanité sacrée, unie au Verbe éternel et immortel, d’avoir été mortelle, sujette à la mort, abreuvée de douleurs et d’ignominies, ployés sous le fardeau des amertumes et de la souffrance avec la dernière rigueur. Il n’y a rien de plus admirable et de plus adorable que cette Mort, et que Jésus-Christ crucifié : c’est tout la sagesse des chrétiens.

O mon très amiable Maître, Vos douleurs et Votre mort doivent être ce que nous trouvons en Vous de plus ravissant et de plus aimable. Ce sont des douleurs et cette mort qui doivent faire le sujet de toutes nos méditations, car toute grâce toute sainteté qui nous ont été données depuis le péché d’Adam, dérivent du torrent de Vos Douleurs tous les hommes doivent faire un perpétuel hommage de toutes les grâces qu’ils sont reçues ou recevront jamais, à Votre douloureuse mort. Je l’adore donc, cette mort très amère, et lui rend témoignage de toutes les grâces que j’ai reçues de Vous. C’est par elle que Vous avez illuminés le monde, comme un grand soleil qui a dissipé toutes les ténèbres de l’idolâtrie, des vices et des péchés, qui a fait évanouir tous les ombres, et figures de la loi judaïque Vous êtes la Voie, la Vérité et la Vie ; là où Vous êtes il n’y a que lumière de grâce, là où Vous n’est point, il n’ a que ténèbres.

O mon âme, puisque ton Jésus est ton Soleil, suis donc Sa lumière et tu ne marcheras point dans les ténèbres. Sois toujours tourne vers la Soleil de Justice car en tant nature, dans le monde, en ta chair, en ton propre esprit, tes propres jugements, tes propres affections, tes propres volontés, tu en trouveras que ténèbres. Ne te détourne donc jamais de leur côté, de pour que le prince des ténèbres ne t’aveugle, mais aie toujours ton esprit tout ouvert à la lumière de Jésus, pour t’y soumettre et obéir à Celui qui te l’envoie.

Rayonnez donc toujours sur moi, ô très merveilleux Soleil des âmes, afin que je marche toujours à Votre suite, ô Vous que êtes mon unique bien !

2d- Chacune des actions du Fils de Dieu sanctifie les nôtres, si nous les faisons à Son imitation.
Ledoux Jésus a voulu exercer la plupart, des actions que pût accomplir un homme, afin de sanctifier par les Siennes toutes les nôtres ; c’est pourquoi j’adore en chacune d’elles leur valeur infinie et la parfaite sainteté de Celui qui le suffit. A chacune de ces actions, quelques ordinaires qu’elles paraissent, je fais hommage de toutes mes pauvres actions miennes. Je veux que tout honneur, toute gloire, tout adoration soient rendus à chacune des actions du Christ par chacune des miennes.

O Soleil de sainteté, faits-moi, la grâce de ne jamais accomplir que des actions que Voies soient agréables, qui Vous puissent plaire de glorifier, et daignez les faire participer à la sainteté des Vôtres.

d- Considération 3 : Des vertus de Jésus-Christ que nous devons imiter.
3a- Il est l'Exemplaire que le Père éternel a mis devant nos yeux pour acquérir et exercer les vertus.
Notre unique et souverain Seigneur Jésus nous a été fait par le Père éternel sagesse, justice, sanctification et rédemption : rédemption parce qu’il nous a racheté par Son Sang ; sanctification parce qu’Il nous sanctifie par Sa sainteté Justice parce qu’Il nous est le vrai et unique miroir de toute justice et de toute vertu ; sagesse parce qu’il nous enseigne la vraie sagesse.

De même que nous ne pouvons trouver de rédemption ni de sanctification hors de Jésus-Christ, de même il n’y a de vraie sagesse que celle que Jésus enseigne, ni de justice et de vertu qui ne soit formée de la Sienne.

Le Père éternel nous a donné Son Jésus pour être notre justice aussi bien que notre rédemption. Il ne faut donc point s’imagine pouvoir acquérir aucune justice qui ne soit dérivée de la Sienne.

La justice est l’ensemble toutes les vertus, possédées à un degré parfaitement héroïque. Or si notre aimable Maître est notre justice, s’est donc de Lui que nous devons apprendre les vertus, c’est Lui l’adorable exemplaire des perfections que nos devons reproduire dans nos âmes. Jetons donc les yeux sur Lui afin que Sa vue nous enseigne.

O Père éternel, je reconnais la beauté et la perfection de cet admirable Exemplaire de toutes les vertus que Vous nous avez donné en la personne de Votre Fils bien-aimé. Je Le crois être le prototype de toutes les vertus et perfections des anges et des hommes. Vous nous l’avez montré sur le mont Thabor, resplendissant comme au soleil et Vous nous avez commandé de l’écouter, et par conséquent de Le suivre. J’obéis à Votre commandement et m’engage à suivre désormais Votre cher Fils comme l’unique et très parfaite image de Vos beautés.

O Image très parfaite dont la beauté ravit tous les esprits angéliques ! O splendeur et candeur d Père éternel Je vous adore et crois que Vous êtes non seulement la source des vertus, mais leur moule.

Si Vous-même n’impressionnez notre âme pour donner ; avons vertus la forme des Vôtres, c’est en vain que nous travaillons à les acquérir.

O Exemplaire divin de toute justice, que de beautés resplendissent en Vous ! O que j’ai de plaisir et de joie à Vous regarder ! Je Vous admire, je Vous aime et je Vous donne tout mon amour. Oh, aidez-moi de Votre grâce divine afin que je puisse avoir toujours les yeux fixés et arrêts sur Vous, je Vous en supplie par l’hommage que je Vous a fais de mon amour.

Oui, que je Vous regarde toujours, afin que mon cœur, que je Vous offre et qui est amoureux de Vos beautés, reçoive, par amour, au centre de lui-même, la vivifiante impression de Vos vertus.

3b- Tous ceux qui seront sauvés doivent nécessairement être semblables et conformes à Jésus-Christ.
Ceux que le Père éternel a choisis et prédestinés pour être Ses enfants bien-aimés, Il est veut voir semblables et conformes à l’image de son Fils. Cette image, qui exprime très parfaitement les perfections divines, est l’Humanité très sainte de Jésus. Si nos imitons les vertus de Jésus, nous exprimerons en nous les perfections divines, et seront enfants du Père éternel, si nous refusons, au contraire, d’être conformes à Jésus-Christ en Ses vertus, nous ne pouvons prétendre à cette haute dignité de fils de Dieu, ni espérer participer à Sa gloire éternelle.

Jésus-Christ est notre frère aîné. Le Père nous l’a donné pour que nous Lui devenions semblables ; si nous le sommes en grâce et en vertus, nous les serons aussi à jamais en gloire.

O mon âme considère l’importance de cette conformité, admire l’honneur que le Père éternel te fait en te donnant pour frère Son cher Fils. O admirables faveur ! Père bien, ô mon âme, l’excellence de cette conformité qui consiste à exprimer, par l’imitation des vertus de Jésus-Christ, les perfections divines.

3c- De degré de conformité qui est indispensable au salut.

Il y a plusieurs degrés en cette conformité à le premier et le plus bas et est la simple grâce avec les vertus infuses ; le second est l’exercice des vertus, toutes fortes, toutes grandes et puissantes, qui détruisent les vices, amortissent les passions et surmonter les difficultés de la vie spirituelle ; le troisième est l’exercice facile et la progression de ces mêmes vertus ; le quatrième est la perfection, lorsque toutes les vertus sont arrivés au plus haut degré qu’elles puissent atteindre dans l’âme.

De cette quadruple conformité aux vertus de Jésus-Christ, seule la première est indispensable pour assurer à l’âme la possession de la gloire éternelle. Cependant elle est si imparfaite, laisse l’âme si pleine de difformité, si dissemblable du Christ, que cette âme court grand risque, si elle s’en contente, de ne même pas conserver, et par conséquent de n’enter point non plus dans la gloire.

Tous les chrétiens doivent tendre è la conformité parfaite avec Jésus-Christ. Il n’y aura point de difformité dans la vie gloire, il n’y en doit point avoir en la vie de la grâce. Puisqu’il nous fait être revêtus des excellents beautés de Jésus-Christ paru participer è Sa béatitude, pourquoi ne tâcherons-nous point de nous en orner dès à présent et de les porter toutes autres, en leur beau lustre ? Qui aspire à une beauté la désire avoir toute entière.

3d- C’est l’amour de Jésus qui opère en nous la parfaite conformité à Ses vertus.

A celui qui aime bien l’uniquement aimable Jésus, il est aisé de recevoir et de conserver en lui-même l’impression de toutes Ses beautés et perfections, en un état de très parfaite conformité avec Lui.

L’amour ardent de mon doux Jésus me fait regarder et admirer continuellement Ses merveilleuses beautés. Cette admiration, ce regard continuel me corrige, me fait croître en vertus, me transforme, sans autre effort que la constance de ce regard lui-même.

O admirable Soleil des vertus, je Vous adore. Soyez loué et magnifié à jamais pour les excellentes vertus que Vous avez imprimées dans les plus belles âmes.

Je Vous présente mon âme et mon cœur, je les soumets, avec tout l’amour dont je Vous aime, à Votre rayonnante lumière ; dardez sur moi le rayon de Vos perfections excellentes, afin que je les imite en cette vie, pour les exprimer en la Béatitude et Vous en magnifier à jamais.

e- Considération 4 : De ce que Jésus-Christ fait pour nous et de Ses titres.
4a- Jésus-Christ est note Pontife et notre Roy
Il est notre Pontife et notre Roy souverain. Il est notre Rédempteur. Il nous a rachetés par Son sang. Nous n’appartenons donc ni au monde ni à notre chair, ni è nous-mêmes, mais nous sommes les esclaves et les serviteurs, de Jésus-Christ, et si nous ne Le servons, nous Lui faisons larcin de nous-mêmes, car nous ne sommes point à nous, mais à Lui.

Il est notre Souverain Prêtre qui s’est offert pour nous au Père éternel en mourant sur la croix, et qui continue à S’offrir chaque jour sur les autels. C’est donc à Lui que nous devons offrir tous nos vœux, nos offrandes et nos requêtes afin qu’il les présente au Père, qui ne nous veut écouter et accueillir que portés entre les bas de Son doux Fils.

Jésus-Christ est notre Roy souverain, un Roy infiniment bon qui veille jour et nuit, à tout moment, sur chacun de nous en particulier, nous réagir en toutes suavité, et nous conduit avec une souverain et merveilleuse sagesse à la gloire et à la félicité de son céleste Royaume. Oui, sans cesse ce doux Seigneur a les yeux fixés sur nous, nous observe. Il nous regarde. Il est avec nous, nous protège et nous seconde.

O l’unique Roy de mon cœur, très vigilant pasteur de mon âme, Vous pensez toujours à moi, ne dois-je donc point toujours penser à Vous, et Vous avoir en tous lieux présents à mon intelligence et à mon cœur ? Je veux suivre Votre direction très saint, dépendant très parfaitement de Votre douce aimable souveraineté.

4b- Il est notre Législateur, notre Chef et notre Maître ; et cette maîtrise,
il veut l’exercer par l’intermédiaire d’un homme, qui soit notre Directeur.

Jésus-Christ est notre législateur, observons donc les très saintes ordonnances et lois de perfections qu’il a faits : ce sont lois de grâce et d’amour. Il est notre Chef, toute notre vie de grâce prend sa source en Lui et est l’écoulement en nous de Sa plénitude ; ne nous mouvons donc que selon Sa volonté et sous l’influence de son Esprit. Il est notre Maître et Précepteur de justice. Il nous enseigne et nous éclaire ; méditons attentivement Ses divines leçons, et entrons souvent au dedans de nous-mêmes pour L’écouter parler à notre âme.

Celui-là est sous le magistère de Jésus-Christ, qui prend un bon maître et père spirituel, lequel lui apprenne et signifie les volontés de Jésus-Christ à son égard. Car c’est le bon plaisir de ce doux Maître que pour son amour nous nous soumettions aux hommes. Ne nous en donne-t-Il point la leçon expresse par Son Église ? N’est-ce point par Elle seule qu’il nous révèle les vérités de la foi ? Ainsi veut-Il que les vérités particulières concernant notre vie et conduite, et les volontés qu’Il a sur nous, nous soient manifestées par un guide spirituel.

N’avoir point de directeur auquel on obéisse perpétuellement, quand on en peut avoir, un, c’est n’avoir point Jésus-Christ pour naître.

Mais quoi, ô mon Seigneur, ne Vous avoir point pour maître, c’est croupir dans la plus épaisse et la plus détestable ignorance concernant les vérités les plus belles, les plus nécessaires et les plus importantes qui soient, c’est marcher à tâtons dans la voie du salut et de la perfection.

Vous voulez que nous soyons dirigés par les lumières que Vous nous donnez par un Directeur ; je reçois cette ordonnance, et veux me soumettre à Votre magistère à jamais.

4c- L’école en laquelle le doux Jésus exerce plus particulièrement
son office de précepteur et docteur est la sainte oraison.

Considérez que le Sauveur exerce Son office de maître de deux manière : la première par les docteurs et pasteurs de l’Église, qui nous prêchent et nous enseignent avec l’assistance du Saint-Esprit ; la seconde par Lui-même, en émouvant directement notre esprit par Sa lumière.

La première manière est commune à tous les chrétiens ; elle n’exclut ni l’ignorance ni le vice, d’autant qu’ils se contentent de recevoir la simple proposition des vérités sans les pénétrer, ou s’ils spéculent, comme les théologiens indévots, c’est avec leur obscure lumière naturelle.

La seconde manière est propre à ceux qui son disciples familiers, de Jésus et qui communiquent librement avec Lui, ce qui ne se fait que dans l’intimité de l’oraison : c’est là l’appartement secret de Jésus qui est l’intérieur même de l’âme ; là elle écoute, demande ou interroge, et Jésus parle, lui donne ce qu’elle demande et résout tous ses doutes ; là elle parle à son divin Maître, seul à seul, à ses pieds comme Magdeleine, par un divin baiser, semble collée à Sa sagesse : et Lui, dans cet embrassement, lui communique Son propre esprit, esprit de vérité et d’amour et l’âme devient toute lumineuse et pleine de flammes de la charité. O mon divin et unique Maître, quelle merveille Vous opérez en elle ! Quel docteur a jamais communiqué à ses disciples sa propre lumière et son propre esprit ? Oh ! Quelle chose sublime et douce d’avoir avec la Sagesse éternelle une si grande familiarité qu’Elle reprenne ses délices en nous et avec nous !

I l est impossible que l’âme qui est assidue à se trouves tous les jours à cette divin école ne devienne excellemment sagesse t parfaite, puisqu’elle y conserve chaque jours, non avec quel sage mais avec la Sagesse incréée elle-même.

Pensez, combien sont aveugles les religieux qui laissent passer un seul jour sans s‘adonner quelques heures à l’oraison. Ils deviennent chaque jour plus aveugle et plus imparfait. Car nous avons besoin de la parole de Dieu, et d'une parole point en nous âme si on ne vaque à l’écouter ce qui ne peut-être que dans le recueillement et de l’oraison.

Ah ! Si vous pesez d’une part votre faiblesse, votre infinie misère, votre pressant besoin, et d’autre part les richesses et les douceurs dont vous vous priez en négligeant l’oraison, vous vous résoudrez à laisser votre repas, qui sustente votre corps plutôt que cet aliment céleste qui doit nourrir votre âme. Si certains n’y ont pas de goût et n’en tirent point de profit, c’est parce qu’ils n’y sont point assidus, mais tantôt la font, tantôt la laissent. lI faut être plus persévérant (sauf quelque grave empêchement) qu’en aucune autre action de notre vie, comme étant la plus nécessaire de toutes : et alors en peu de temps nous expérimenterons des merveilles.

O mon unique et souverain Maître, puisque Vous voulez le bien, par Votre grande douceur, m’inviter à Votre conversation, m’instruire avec tant de bonté et de familiarité et prendre Vos délices avec moi pauvre créature, je n’aurais garde de me dérober : avec sainte grâce, je veux , autant qu’il est en moi, trouver désormais chaque jour quelques heures pour me tenir avec vous en cette école de l’oraison, que est celle de la Sagesse.

4d- Il est notre Frère.
Le miséricordieux Sauveur S’est fait notre frère, et n’a point dédaigné de nous donner ce doux nom. II nous porte un amour fraternel très tendre. Il nous communique Ses biens, tous les trésors de Sa grâce, afin de nous rendre Ses cohéritiers en gloire.

En Vous, ô l’unique Fils de Dieu, j’adore cette qualité de frère ; je crois que Vous l’avez prise pour le grand d’amour fraternel que Vous me portez, amour que j’adore, que j’aime et reconnais par le tout le mien, je fais hommage de mon cœur et de mon amour à Votre droit d’ânesse, à cette qualité, si suave pour moi, de frère aîné, que Vous a conférée de Père éternel. Je me reconnais très indigne de cette merveilleuse faveur d’être Votre Père, et ‘admire Votre bonté et Votre amour qui m’a fait naître pour avoir une part si douce à Votre dilection. Oh ! Merci de toute mon âme, de m’avoir communique cette céleste et exquise grâce d’être Votre frère. Je la reçois avec toute l’humilité et tout l’amour dont je suis capable. Sous ce mon béni qui fait tressaillir les anges, je veux Vous glorifier éternellement.

5d- Comment Il est l'Époux des âmes, et comment elles se rendent Ses épouses

Mais où l’amour de Jésus-Christ déborde, où l’excès de cet amour éclate, ne pouvant plus se contenir, c’est quand Il Se dit et Se fait l’Époux des âmes, leur communiquant tous Ses plaisirs. Car Ses délices sont d’être avec les enfants des hommes ».

Saint Paul était le divin paranymphe qui fit les épousailles des âmes chrétiennes de Corinthe avec l’amoureux Jésus.

Salomon, Roy pacifique, l’organe de la divine Sagesse, a entonné les divins cantiques et épithalames des épousailles de cet Époux sacré avec les âmes. Le grand saint Jean précurseur, dit qu’il est, par une grande faveur, ami de l’Époux, et que sa joie s’est accomplie au jour où Il a oui Sa douce et agréable voix.

Notre très unique Maître Se dit Lui-même notre Époux : L’Épouse ne s’attriste point, dit-Il, tant que l’Époux est avec elle. Mais lorsqu’Il s’en va et la laisse oh ! Alors, elle s’afflige et se tourmente.

Oui, ô l’Amour de mon cœur, quand l’âme Vous possède elle est en joie et pleine de délices, mais quand Vous êtes absent, l’angoisse et le deuil la saisissent.

O admirable amour de Jésus, Fils de Dieu, d’avoir épousé une nature humaine, et l’ayant épousé, de Se rendre, autant que cela dépend de Lui, l’Époux de toutes les âmes !

Ah ! Que ce mot, que ce titre d’Époux comprend de ces douces et ineffables ! Le contrat et la promesse de font au baptême ; la jouissance et l’accomplissement dans le saint Sacrement de l’autel et la consommation de ravissant mariage se perfectionne et se parfait au ciel, où il reçoit le sceau de l’éternité.

Mais déjà ici-bas, que de communications, de confidences, de familiarités, de plaisirs, de délices spirituelles, de jouissances infinies ! Oh ! Que de douceurs, que d’enivrements et ce mariage divin !

O mon âme, crois-les du moins et admire-les si tu n’y participe point. Hélas, si tu n’en fais point l’expérience, sache que c’est par ce que tu n’es point encore capable.

Ton Jésus, Lui de Son côté, st ton Époux, plein d’un amour fidèle, unique et intime pour toi ; IL t’aime d’un amour exquis et jaloux, comme s’Il n’aimait que toi ; mais toi, hélas, tu n’est point encore Son épouse, ton amour n’est pas encore assez pur, assez unique, assez constant, assez simple ni assez fidèle, travaille donc à acquérir la pureté de cet amour, et tu parviendras aux faveurs ineffables des sacrées épousailles.

Regarde désormais et considère souvent ton doux Jésus comme ton très cher et amoureux Époux, qui Lui-même t’invite par Son amour très pur et très fidèles à Ses saints épousailles.

O mon tendre Maître, que Vous soyez notre souverain Roy et Seigneur, Vous infinie dignité me le fait aisément croire, mais que Vous soyez l’Époux des âmes, de ces très il est créature que Vous avez arrachées à l’esclavage de Satan, oh ! Cela surpasse toute mon admiration. Je crois pourtant cette vérité puisque Vous me l’avez révélée, mais je demeure suspendu en cette foi, tout bouleversé d’adoration devant Votre incompréhensible amour.

Vous êtes donc mon Époux, ô le constant et fidèles amoureux des âmes ! Je Vous adore en cette admirable et délicieuse qualité, et je soumets dès cette heure tout l’amour de mon cœur à Votre admirable amour au quel je fais hommage de tout ce que je suis.

Mais quand est-ce que je serai Votre épouse fidèle et constante, quand sera-ce qu’abandonnant toues choses, je Vous aimerai éternellement, Vous seul, en qui sont toutes choses et qui êtes tout en tous ?

C’est, Vous qui me ferez cette grâce par Votre miséricorde ; appuyé sur elle, je fais serment de demeurer tout Vôtre en l’éternité des siècles. Amen.

Seconde méditation fondamentale.
De l’état et condition de vie que Jésus-Christ a choisis en ce monde.
a- Préparation

Les mêmes actes qu’en la précédente. Puis tourner la vue de l’esprit sur cette grande vérité chrétienne annoncée par saint Paul : Jésus-Christ, le Fils de Diu, sous la forme d’un esclave et d’un serviteur. S’est fait ensemble aux hommes pêcheurs, revêtant leur livrée d’humiliation.

A l’ instant où cette vérité se présente à mon esprit, je l’adore, je la crois très certaines et très admirable ; je l’aime, et la veux regarder. J’y donne tout mon entendement pour la pénétrer selon toute la mesure de lumière que le doux Jésus m’en voudra octroyer. Je vous la demande encore, très aimable Maître, cette douce lumière qui en fera pénétrer et goûter Votre vie, pour que, la connaissant et l’aimant, je Vous en rende louange, honneur et gloire.

b- Considération 1 : De la vie cachée et secrète de Jésus-Christ.

Ce n’est point parmi les anges, dans le ciel, que le Sauveur a commencé à vivre Sa vie divine dans Sa sacrée Humanité, ni Sa vie humaine en Sa divinité. Le Verbe, et puis Il est né petit enfant, a grandi ignoré, Se mêlant aux hommes mortels et pécheurs, vivant comme l’un d’entre eux.

Il a anéanti Sa divinité dans l’humanité, et l’humanité en Sa divinité, Sa vie divine a été enfermée de Son Humanité, et Sa vie humaine a été engloutie en Sa Divinité. La plénitude de la grâce et de la sainteté qui lui était propre. Il l’a anéantie en prenant la forme et la ressemblance de l’homme pécheur.

Ses admirables et excellentes vertus, les actes intérieurs de Sa très parfaite sainteté, toute la splendeur de justice qui était en Lui, toute cette ravissante beauté du Saint des saints, objet des complaisances du Père céleste. Il l’a tenue cachée sous des dehors ordinaires, Il l’a voilée aux regards par une conversation simple, enfantin, humble et commune.

Il a immolé la gloire qui était du e`Humanité sainte, et a caché la béatitude dont jouissait Son âme dans la mortalité et la passibilité de Sa chair sacrée.

O merveille ! O mystère « ! O mon doux Maître, j’adore et admire Votre vie cachée, vie divine du Verbe dan l’Humanité; vie humaine de grâce et de gloire dans l’Humanité; vie humaine de grâce et de gloire dans le corps d’un enfant, d’un homme commun, extérieurement tout semblable aux autres; vice caché dont le sens est incompréhensible à toute entendement crée ; vie cachée dans le pur fond de Votre âme, supérieur aux puissances et aux sentiments corporels d’où Vous la retiriez pour la tenir plus cachée et plus enfouie dans le fond de Votre esprit. C’est là que je l’adore et la crois ineffable. Désormais je ne considérerai pus seulement Vos actions et passions dans ce qu’elles ont de visible et d’extérieur; mais je porterai mon regard intérieur jusqu’à cette mais je porterai mon regard intérieur jusqu’à cette source cachée de Votre vie de grâce, origine, et principe de Vos actes, abîme divin d’où ces actes tirent toute leur valeur : valeur parfaite, qui les rend si admirables, si dignes d’êtres adorés dans le plus profond silence des âmes.

C’est en ce fond caché que Vous vertus résident et resplendissent comme dans un ciel, c’est à qu’elles ont toutes pleines et toujours parfaites. Elles sont toutes assises dans ce Trône, comme reines de toutes les vertus. C’est là, en cette sacrée retraite, que je les adore c’est là, si elles veulent les imiter, que les âmes doivent aller les méditer.

O mon âme, si tu veux imiter ton Sauveur, c’est dans le plus profond de ton esprit que tu dois acquérir et imprimer Ses vertus, c’est là, si elles veulent les imiter, que les âmes doivent aller les méditer.

O mon âme, si tu veux imiter ton Sauver, c’est dans le plus profond de ton esprit que tu dois acquérir et imprimer Ses vertus, c’est dans ce puits qu’il les faut tenir cachées, et là les pratiquer toujours en repos et en silence.

Tout ton extérieur doit prendre, à cette vive Source de la vie cachée; de Jésus, vue vie secrète, intime inconnue et féconde, hors de laquelle tues les vertus et les actions ne sont que des fantômes, des apparences de vie, mais en réalité des œuvres mortes.

O mon doux Jésus, que cette vie cachée des âmes Vous plaît, puis Vous tenez si jalousement la Vôtre cachée dans le sien du Père ! Mais Vous ne nous dérobez Votre vie ainsi, que pour nous apprendre à enfouir à notre tour la nôtre au plus profond de notre cœur, à la cacher en Dieu, avec Vous, qui êtes notre unique Vie.

Vous vivez avec nous en notre sainte et admirable sacrement de l’autel, mais n’est-ce point une grande merveille que Votre vie y soit cachée d’une manière si ineffable.

O mon doux Jésus, ô mon Tout, ô ma Vie, je crois et admire ce grand mystère impénétrable à tous les esprits. Je veux que toute ma vie fasse hommage à la Vôtre, si admirable en son divin secret. Je veux que ce silence de Votre vie cachée soit toujours honoré du plus profond silence de mon esprit.

O mon bien-aimé Jésus, je me consacre à Votre vie cachée, daignez y convertir mon cœur, afin qu’il l’exprime et la loue pendant tout le temps de cette vie mortelle.

c- Considération 2 : De la vie commune que Notre-Seigneur a menée sur terre.
Voulant que Sa vie spirituelle, divine et humaine fût toute cachée. Il a voulu encore que Sa vie extérieure fût toute simple et commune. C’est pourquoi Il ne choisit point quelque condition haute et magnifique, ni quelque état singulier, comme de vivre dans une rigoureuse solitude, en l’exercice continuel d’une sublime contemplation ou de dures macérations, mais Il a embrassé toutes les formes de vie qui ne sont point contraires à la perfection, et les plus simples, les plus humbles, les plus communes.

Il S’est fait enfant et sujet. Il a travaillé de Ses mains et vécu comme un ouvrier. A Son entrée triomphale à Jérusalem. Il a montré la grandeur d’un roi, et quoiqu’Il en ait refusé le tire, Il en a exercé l’office et la magnificence dans le banquet qu’IL fit au peuple, sur la montagne.

Il a été Maître et serviteur, Docteur et disciple. Il a jeûné dans la solitude et conversé avec les hommes, vivant et mangeant avec eux. La nuit Il se retirait au désert ou dans les montagnes pour prier et contempler, et le jour Il enseignait le peuple.

Il a embrassé ces diverses conditions et exercé ces formes multiples d’activé afin que tous les hommes venant après Lui trouvassent en Lui leur modèle et leur guide. Oui, Il a tout sanctifié : et la royauté et le sacerdoce, et l’enfance et l’obéissance, afin que tous puissent trouver en Lui leur enseignement et se sanctifier à Sa suite.

O vie anéantie de mon Seigneur ! Ô admirable bassesse! Je vous adore, votre valeur est infinie aux yeux de mon Dieu, puisque c’est elle qu’Il a donnée en partage à Son doux Fils.

Cette bassesse de Notre Seigneur doit être toujours devant nos yeux pour abattre notre superbe, notre funeste désir de paraître au dehors plus grands et plus excellents que les autres par la naissance, la fortune, les habits, les relations.

O mon âme, puisque ton Seigneur a vécu en si grande humilité, ne laissant rien paraître de Sa splendeur, pour se mêler plus étroitement au commun des hommes, apprends donc à vivre de même. Fais-toi humble, ne chercher point a paraître ni à surpasser les autres, si ce n’est en humiliations, prends la dernière place. Si tu as à choisir, que ce soit pour t’emparer, comme d’un précieux trésors de ce qu’il y a de plus commun, de plus vil, de plus méprisée.

En quelque état que tu te trouves, et quelle que soit ta condition, aspire toujours au rang le plus bas, aime ce qu est abject, cherche-le avec ardeur. Habille-toi comme les plus pauvres, fais-toi des amis parmi les plus fils, que la bassesse de leur naissance nie la sordidité de leurs vêtements ne t’éloigne jamais d’eux.

O mon âme, anéantis-toi comme ton Jésus, et apprends à goûter la douceur de n’être comptée pur rien

d- Considération 3 : Comment Notre-Seigneur a sanctifié la vie religieuse
Quoique la vie de notre Maître ait été commune, qu’Il ait en quelque sorte embrassée diverses manières de vivre, afin de les enseigner et de les sanctifier toutes, et ne Se soit attaché à aucun en particulier parce que cela ne convenait point à Son office de Rédempteur de tous les hommes ni à la fin de Son office de Rédempteur de tous les hommes ni à la fin de Son avènement, qui était d’être leur Sanctificateur et leur Docteur à tous. Il a cependant observé fort étroitement, en cette vie commune qu’il a menée pour l’Édification du peuple entier, les trois vœux de Religion.

Premièrement la virginité, consacrée non seulement en Sa propre personne, mais encore en celle de Sa très sainte mère.

Deuxièmement, l’obéissance, qu’il a gardée très exactement depuis le premier instant de Sa conception jusqu’à Sa mort sur la Croix obéissance à Son père céleste, obéissance à Son père nourricier, obéissance à Maire, Sa mère, obéissance aux princes.

Cette loi de l’obéissance Il l’a établie parmi Ses apôtres et disciples, auxquels Il commandait comme Maître et Supérieur.

Troisièmement, la pauvreté. Ah! Qu’il a été pauvre, celui qui n’avait point une pierre où reposer la tête ! Jamais il ne posséda ni maison, ni terre, ni bien d’aucune sorte, ni en commun, ni en particulier. Lui faisait-on des aumônes, aussitôt Il les distribuait. C’est ainsi qu’Il a voulu donner l’exemple de la pauvreté parfaite aux religieux qui vivent en commun.

La plupart du temps, ni Lui ni Ses apôtres n’avaient de quoi manger, ils étaient sans pain et sans toit, n’ayant pour vivre que ce que leur donnaient, par charité, Magdeleine et quelques autres femmes. Lorsqu’Il avait besoin de quelque chose simplement Il le demandait ou le faisait demander par Ses disciples : ainsi fit-il pour l’ânesse sur laquelle il devait faire Son entré à Jérusalem : ainsi fit-il le jour où IL eut besoin d’un cénacle pour y manger la pâque.

O grand et excellent pauvreté de mon Jésus, que je vous honore et que je vous aime ! Si vous n’êtes point mienne, du moins veux-je vous estimer et vous envier en ceux qui vous possèdent.

Mais si Vous me l’avez donnée par la vocation religieuse, ô mon Jésus, cette pauvreté bénie, je le reçois de Votre particulière bonté avec d’infinies actions de grâce. Je l’embrasse en esprit avec de grands désirs et vive affection, aspirant à demeurer pauvre et nécessiteux en vérités, afin d’avoir un plus grand besoin de Vos soins, et d’être plus parfaitement abandonné à Votre douce Providence. OH! Chère nécessité que m’oblige à compter sur Vous seul, à me confier en Vous seul, et qui, pour Vous rendre fidèle à moi, me presse de Vous servir moi-même plus constamment et plus fidèlement.

e- Considération 4 : De la dignité et excellence uniques conférées par Notre-Seigneur à l’état religieux.
Notre unique Maître a sanctifié le jeûne, l’abstinence, la contemplation, la solitude, le silence et toutes les autres observances de la discipline religieuse. Il les a toutes gardées, constamment, selon le temps et les lieux, dans l’intention de glorifier Son père et de Lui rendre honneur. Or c’est pour les mêmes motifs qu’on les observe dans l’état religieux. C’est pourquoi il en faut avoir une très haute idée et les honorer grandement, car elles ont leur origine en la très excellente vie du Fils de Dieu.

L’état religieux est hautement honorable en ce qu’il est angélique et divin, Il nous élève à la plus haute perfection chrétienne, car il nous retire de la terre pour nous faire vivre déjà dans le ciel. Il nous dédie et consacre tout entier à Dieu, non pour un jour, ni pour un an, mais pour jamais. Il nous affermit et nous confirme dans le biens, nous dégage de toutes les occasions d’offenser Dieu et de nous perdre, et unit notre volonté à celle de Dieu par nos vœux. Il assure enfin à toutes nos actions la grande et excellente dignité d’être faites pour l’honneur, la gloire et le seul service du Seigneur.

Sans doute tout cela est grand, et cependant combien plus grande encore, et incomparablement plus grande, l’excellence que donne à l’état religieux l’exemple et la vie de Jésus-Christ.

Vivre comme Notre-Seigneur a vécu, n’est –ce point vivre plus divinement que les anges !

Imiter d’une manière excellente, non la vie des anges, mais celles du Maître et Seigneur des anges, c’est être non seulement semblable aux anges, mais à Dieu.

C’est donc, ô mon doux Maître, la raison pour laquelle j’honore l’état areligieux ; Oui, c’est Vous que j’y adore, et Votre vie.

Je veux bénir sans fin Votre miséricorde et Vous chanter mille et mille actions de grâces pour le bien ineffable que Vous m’avez donné en m’appelant à la vie religieuse. Je reconnais cette grâce merveilleuse, je Vous en loue et Vous en remercie de tout mon cœur, renouvelant mes vœux et la donation entière, absolue, universelle que je Vous ai faite de tout moi-même.

Mon Seigneur, je m’offre à Vous de nouveau avec tout mon être, avec ma vie naturelle et surnaturelle, avec toutes mes puissances, ma volonté; et ma liberté comme un esclave religieux qui n’a plus ni ne veut plus avoir aucun droit sur lui-même. Oh! Faites-moi demeurer, parla possession de Votre amour, en Votre droit et pouvoir, afin que je serve éternellement Votre volonté et Votre gloire.

Vous êtes mon Dieu, mon Tout, mon unique Maître, nom bien-aimé Jésus, faites-moi donc la grâce d’être pleinement Vôtre, à jamais

Cinquième étape:
Du premier degré des vertus, appelé de lumière, de désir et d’amour.
Commencement de la montée è l’exemple de la Magdeleine.

a- Préparation
Les actes prescrits à la première méditation. Puis jeter la vue sur la très grande affection avec laquelle la sainte amoureuse Magdeleine s’attache et s’accroche aux pieds de son doux Maître, les embrassant avec une très grande ardeur, afin d’apprendre d’eux à bien marcher désormais par le chemin des vertus.

b- Considération 1 : De l’impossibilité où est l’âme d’exercer les vertus sans la grâce de Jésus.
Une âme tout dénudée et dépouillé de ses propre affections et purgée de ses vices doit enter dans la carrière des vertus pur y courir après Jésus-Christ, car c’est par la possession assurée de toutes les vertus qu’elle parviendra à saisir le doux Seigneur, comme le dit le grand et admirable saint Paul, qu’elle apprendra à Le connaître, et qu’elle entrera dans la suave jouissance de Son amour.

Mais que va faire l’âme résolue à courir la carrière des vertus ? Elle est sans pieds et sans forces, comme un petite enfant qui n’a ni l’adresse et ni la fermeté nécessaires pour marcher seul.

O mon âme qui t’es fatiguée à la poursuite de l’iniquité, marchant au milieu des ténèbres, privée de la véritable connaissance des vertus, il ne te reste, hélas, qu’une grande lassitude, une lourde infirmité, une faiblesse incurable. Qui sera ton recours, qui en sera ta force ?

O mon doux Jésus, mon Soleil et ma lumière, montrez-moi les sentiers de Votre justice, enseignez-moi la perfection, qui est la somme de toutes les vertus.

Vous êtes la Vérité et la Voie de tous les pâmes, car à servir leur propre lumière naturelle, tout obscure et ténébreuse, elles n’ont jamais pu atteindre la parfaite connaissance des vertus, mais ont toutes dévié, dit le Roi-Prophète, et se sont rendues inutiles à la gloire de Dieu.

Oui, mon âme, c’est aux pieds de Jésus qu’il le faut venir apprendre le secret sentier des vertus et le chemin de la perfection. C’est la trace de Ses pas qu’il te faut chercher afin de ne point porter ailleurs l’effort de ta course. C’est aux pieds bénis de ton Seigneur que git toute ta force, c’est d’eux que tu apprendras, comme un petit enfant, à former tes pas.

Considère attentivement comme la sainte Magdeleine y demeure attachée; il semble qu’elle veuille prendre leur mesure afin d’apprendre quelle règle et qu’elle forme donner à ses actions vertueuses.

C’est sur ces saints pieds qu’elle affermit sa faiblesse, c’est en ces saints pieds qu’elle puisse tout le courage dont elle aura besoin pour courir, comme elle va le faire, dans la carrière de la perfection.

Considère, ô mon âme, qu’il ne te pouvait être donné de plus efficace ni plus parfait modèle, de toutes les vertus que ton bon maitre Jésus-Christ, proposé en exemple à toutes les âmes par les deux princes des apôtres.

Oui, tu dois toujours l’avoir devant les yeux, tout comme les enfants qui apprennent à écrie, jetant sans cesse leurs regards sur les caractères parfaits que leur soumettent leurs maîtres. Apprends donc de Lui les perfections divines qu’il te faut exprimer par les vertus.

O Mon doux Maître, venu au monde pour pratiquer en votre sainte Humanité des vertus qui, par leur excellence, exprimassent clairement les perfections de votre Divinité, afin, quels yeux fixées sur Vous, ô notre Dieu devenu visible, nous les reproduisons en nous par une imitation fidèle, enseignez-moi cette divine doctrine de Vos vertus, que la sainte Magdeleine apprise à Vos pieds sacrés, car j’en veux désormais suivre la trace, pour autant que Votre douce miséricorde me fortifiera par Votre grâce.

Je m’offre tout entier à Votre amour, gisant à Vos pieds tant aimables, pour y recevoir les mêmes lumières et les mêmes forces qu’y recueillit de Votre infinie bonté Votre sainte disciple, ma bien-aimé Magdeleine.

c- Considération 2 : Les vertus étant contraires à notre nature corrompue,
nous ne pouvons guère les pratiquer sans la douceur de l’amour de Dieu
.
Puisque les vertus sont contraires à notre nature corrompue, et non seulement selon la partie inférieure, mais encore selon la partie supérieure, car elles répugnent même à notre esprit, tout entaché d’amour-propre et naturellement incliné à désirer sa propre excellence et sa propre satisfaction, elles nous sont très difficiles à pratiquer.

La vertu étonne d’abord, tant elle nous est peu habituelle, et quand nous nous mettons à la considérer de plus près, quand nous voyons à quels sommets il nous la faut pousser, et la montagne qu’il faut gravir avant d’être parfait, nous nous décourageons. Hélas, très peu d’entre nous osent recommencer la divine montée de la perfection chrétienne.

Une âme courageuse doit, en ces premières difficultés, jeter les yeux sur notre doux maître Jésus-Christ, tout resplendissant des merveilleuses vertus qui Le rendent tant aimable (dit l’Épouse des Cantiques) à tous les âmes saintes. Elle doit Le considérer sur le sommet de la montagne, par exemple sur le Thabor, là où il attire par Ses divines douceurs odeurs et discours non seulement les trois apôtres, mais toutes les âmes, leur disant : «Venez, montez ici, et Je vous ferai participantes de ma grande splendeur. »

Mais quoi, dira mon âme, ô mon doux Sauveur, cette montée est trop âpre trop raide: ce ne sont pas que rochers et précipices; comment me serait-il possible de monter où Vous êtes ?

Ne te décourage point ma fille, tu en aurais sujet s’il te faille monter toute seule, sans Mon secours ou sans Ma compagnie mais ne vois-tu point que Je suis ici pour t’aider et attirer par la force de Mes grâces ? Considère que c’est avec Moi que tu montes.

Quelle douceur, quelle consolation en dois-tu point sentir désormais en la pratique des vertus, à mon âmes, puisque ton Dieu même, ton Dieu si aimable, est premièrement descendu sur la terre pour te tenir compagnie en ce chemin et gravir avec toi, pas à pas, la sainte montagne et de la perfection où Il t’enivrera des délices de si amour !

Il porte devant toi le flambeau de son exemple, il te guide Ses inspirations afin que tu en t’égares point et même, comme un faible petit enfant que tu es, Il te tient sous les bras afin que Sa vigueur soit l’appui assuré de ta fragilité.

O bénigne miséricorde de mon Sauveur bien-aimé