MON DIEU ET MON TOUT

© + Sr Denise Ermite

Série 9 - 5 pages

La voie d'Amour auteur P.Séverin Rubéric récollet

De-la-vie Unitive

Contenue de la page
Première méditations fondamentale sur la vie unitive :
De la gloire et perfection de l’Époux Sacré des saintes âmes.

a- Préparation
b- Considération 1 : Des trésors en la possession desquels le doux Jésus, l’Époux très aimable, est entré par Sa glorieuse Résurrection.
c- Considération 2 : Des perfections, de la noblesse et de la beauté de l’Époux.
d- Considération 3 : De l’amour de l’Époux et de Ses inventions
e- Considération 4 : L’Époux sacré donne à l’âme qu’Il veut prendre pour épouse le Saint-Esprit comme don, présent et héritage.

Deuxième méditation fondamentale :
Du très auguste Sacrement de l’autel, mystère de la foi et d’amour.

a- Préparation
b- Considération 1 : Excellences et merveilles de la présence ineffable de Jésus parmi nous.
c- Considération 2 : De l’admirable conversion de la substance d pain au Corps du Sauveur.
d- Considération 3 : Du véritable et adorable Sacrifice qui s’accomplit en ce mystère.
e- Considération 4 : Le sacré mariage se consomme en la sainte Communion.

 

Avis sur les méditations suivantes

1-l’amour divin purge l’âme, l’éclaire, l’unit son principe en souverain Bien ; cet amour ne peut pleinement éclairer et éclairer ce qu’il n’a préalablement purifié, ni s’unir intimement ce qu’il n’a éclairé. Il purifier en consumant et anéantissant toutes l’imperfection de la nature corrompue ; il éclaire en rendant l’âme toute lumineuse et toutes resplendissante des vertus par lesquelles elle est faite semblable à son Bien-Aimé ; il unit en l’approchant très immédiatement de Dieu son Époux, pour la faire jouir de Lui et Le posséder autant qu’il se peut en cette vie. « Celui qui a dompté les révoltes de la chair, dit saint Grégoire, il lui reste è exercer Son esprit à la pratique des œuvres saintes ; et quand les vertus ont dilaté son esprit, il lui reste à l’étendre jusqu’aux mystères de la contemplation et de l’union. »
(Moral. L, VII, ch. 25).

2- L’âme est capable de recevoir ces effets de l’amour et peut dès cette vie même, être unie à son Dieu ; elle a, en effet, en soi une partie suprême, purement spirituelle, (l’esprit, comme l’appelle saint Paul écrivant aux Galates : « Marchez en esprit »), sommet ou pointe de l’âme, où se forment les vues simples et les conceptions spirituelles et éternelles de Dieu, des vérités et des perfections divines. C’est là, en cette partie la plus spirituelle, de tout l’être, que les pures affections de l’âme se produisent ; c’est là que l’esprit divin opère d’une manière purement spirituelle. C’est en cette même partie que Dieu établit Sa résidence, c’est la dernière chambre ou cellier de ce Palais royal, où le Roy est assis sur Son trône ; c’est le fond de l’âme, où Il est aussi intimement, aussi réellement présent que l’âme au corps.

S l’âme, par sa partie animale, est unie au corps et aux sens, si par sa partie raisonnable elle s’unit aux objets du corps et des sens, par cette partie spirituelle elle est unie à Dieu, qui Lui donne l’être par Sa présence et imprime, en cette simple essence spirituelle de l’âme l’image de la très auguste Trinité, cette présence de Dieu est naturelle à l’âme.

Outre cette présence naturelle de Dieu en l’âme, il y en a une autre, surnaturelle, par laquelle Dieu S’unit et Se rend présent à ce fond de l’âme pour lui donner la vie de la grâce et imprimer, en cette partie suprême et spirituelle, une parfait ressemblance de Ses divines perfections, la vivifiant de Sa charité et de Son amour.

Ces deux présences intimes en sont point l’union de l’âme avec Dieu, mais elles la préparent en en rendent l’âme capable. Elles ne sont point l’union parce quelles ne sont point une actions de l’âme, ni une action de Dieu (1), cependant elles rendre l’âme capable de cette union : 1- parce qu’elles la disposent à recevoir de Dieu les sentiments spirituelles par lesquels l’âme expérimente qu’IL est présent : 2- parce qu’elles l’habituent à répondre à ces sentiments par son action d’amour, afin d’accomplir et de parfaire l’union que son Époux commence, car cette union est une action, qui, semblable à un lien fort étroitement serré joint très intimement et très fortement l’âme avec son Dieu.

3- Toute action que l’âme exerce envers sont Dieu n’est point union, mais seulement celle-là qui, lui montrant son cher Époux intimement présent au centre de son esprit, la lie à Lui comme à un bien qu’elle possède, et non qu’elle va chercher fort loin : action qui lui montre son Époux présent, par simple foi, mais par véritable expérience et sentiment spirituel, ou par une intime et secrète communication qui avertie l’âme, d’un manière indicible, de la présence de son Époux.

Cette action se commence en l’entendement, mais elle se perfectionne et se termine en la volonté, par un pur amour possédant et fruitif, qui uni la volonté, par la cime de l’âme, à la suprême et unique Bonté (2), cette union de la volonté prend plus profonde celle de l’entendement et souvent entraîne aussi celle des autres puissances qui se sentent aussi attirées autant qu’elles en sont capables, sans qu’elle en soient empêchés par les objets sensibles, qui sont leur éléments propre ;de manière que toute l’âme est ainsi unie à son Dieu :

« Mon cœur est ma chair ont tressaillie en mon Dieu », dit le Roi-Prophète.

Premièrement mon cœur, qui est ma volonté, se réjouit en mon Dieu. Le possédant ; puis toutes mes autres puissances, même les sensitives, qui habitent dans la chair.

4- Cet amour d’union est précédé d’un acte de suprême contemplation et élévation de l’entendement, lequel, éclairé d’une lumière divine et surnaturelle, montre Dieu à la volonté comme une vérité, très simple et essentielle et une Bonté unique, toute savoureuse, remplissante et regorgeante, et Le lui montre présent à l’âme, l’invitant à enter en Sa possession et à jouir de Sa suréminente et ineffable saveur «La vérité contemplée, dit Cassien, est l’aliment de l’amour.»

Après cet acte très simple de nue contemplation, la volonté s’embrasse et s’enflamme d’un amour qui la lie et la serre très étroitement à son Époux et la fait entrer dans la jouissance de Ses délices.

La volonté, ainsi enflammée, et entraîne encore et applique de plus en plus l’entendement à la très pure et éminente Vérité de Dieu, jusqu’à ce qu’enfin l’admiration, la suspension, et parfois le ravissement et l’extase s’accomplissent en l’entendement, et la conjonction en la volonté.

Cette union, à raison des actes de l’entendement qu’elle nécessite, est un effet de l’Intelligence et que de la Sagesse, deux donc très excellents du Saint-Esprit mais à raison de ceux de la volonté, elle appartient à l’Ordre de la Charité, doit elle est une manifestation très haute et très parfaite. Charité qui a retiré notre cœur de la captivité des vices et de notre amour-propre, pour nous établir dans la liberté des parfaits enfants de Dieu et nous pousser à tous moments vers Lui, sans que plus rien vienne contredire cette délicieuse ascension.(3)

Et donc c’est le Saint-Esprit qui est le principal auteur de cette union tout amoureuse de l’âme avec Dieu, son Époux, car c’est Lui qui émeut, élève attire l’âme. C’est Lui qui, par les dons de Sagesse et de l’Intelligence, répand sur l’entendement Sa très simple et très pure lumière. C’est lui qui, remplissant la volonté de Sa douceur parle don de Piété et l’excellence de sa Charité, la presse, l’entraîne et l’élève pour lui faire embrasser son Époux dans un amour de jouissance.

C’est pourquoi cette divine union et les actes qui lui sont propres sont plutôt appelés inactions, passions divines, qu’actions de l’âme ; quoique l’âme agisse en cette union. C’est néanmoins plutôt comme mue et agie parle Saint-Esprit, dont elle n’est plus que l’instrument. Et quoiqu’elle puisse se disposer à cette intime union, il ne dépend point d’elle de la consommer, mais du Saint-Esprit qui la meut et opère en elle.

5- Cette union est double : l’une qui peut -être dite naturelle ; et l’autre, surnaturelle et éminente.

La première se fait bien par la grâce surnaturelle et par motions surnaturelles du Saint-Esprit. Mais la manière dont elle se fait est comme naturelle, respectant la condition naturelle de notre entendement joint à ce corps mortel condition qui le porte à connaître les vérités divines, même les plus pures et les plus simples, les plus nues et les plus abstraites, par l’intermédiaire des images sensibles ; car quelque abstrait et dégagé du sensible qu’il suit, toujours l’imagination suit e accompagne sa contemplation naturelle. Dès lors l’union qui s’opère en la volonté, comme fruit de cette contemplation, est également naturelle : c’est-à-dire qu’elle se fait conformément à l’état con-naturellement propre à la grâce et à la charité selon la disposition de la même volonté et ne rapport avec les conditions de la vie présente. Cette union est ordinaire à ceux qui sont en l’état d’union.

L’autre est appelée surnaturelle par la bienheureuse mère sainte Thérèse, parce qu’ici l’entendement est élevé à une contemplation très haute au-dessus de tous les sentiments, sans le concours ni d’aucun sentiment ni d’aucune image. Cette contemplation est l’œuvre directe du Saint-Esprit, qui l’opère en imprimant sur notre entendement des lumières divines dans lesquelles il voit les vérités que Dieu lui propose, sans aucun rapport ni accompagnement d’images.

Cette contemplation est tout angélique. Et l’amour qui la suit, tout séraphique, pur et embrasé. Cette union est rare et extraordinaire, c’est une grâce singulière qui n’est naturellement due à l’âme et à laquelle ne se peut disposer immédiatement par aucune action prière, car le principe et le mode sont toute entiers surnaturels.

6- L’une et l’autre de ces deux unions si admirables et si intimes, si proches de l’union dont jouissent les bienheureux dans le ciel, ne sont point du tout fiction ou imagination d’âmes dévotes. Car outre l’expérience très certaines qu’en ont faite les justes et les saints, « Écriture et les Pères nous certifient que Dieu donne cette grâce ineffable à Ses amis intimes, de Se communiques à eux par une union aussi étroite, savoureuse, enivrante et que le premier leur condition terrestre, voulant leur accorder dès ici-bas les arrhes de Son amour et de la béatitude promis par Lui à qui Lui est fidèle. Saint Paul, écrivant aux Corinthiens, dit « que celui qui adhère à Dieu est fait un même esprit avec Lui ». Ce qui implique certainement une très grande union. Et saint Denys, au septième chapitre des Noms divins, explique que I’ intime union avec Dieu s’acquiert par l’ignorance, lorsque l’âme, se résolvant à ignorer tout ce qu’elle sait, se retire de toutes choses : car pour lors, se délaissant elle-même, elle se joint aux rayons très resplendissants et est illuminés par le feu inextinguible de la Sagesse, Saint Basile, au livre de la Vraie Virginité, dit des choses très belles de cette union.

C’est donc une vérité très certaine et assurée, que les saints connaissent et ont connu d’expérience cette union.

Saint Denys dit que saint Paul, son maître, vivait en cette union lorsqu’il écrivait aux Galates : « Je suis crucifiés avec Jésus-Christ, en la croix, car ce n’est pas moi qui vis, mais mon doux Maître qui vit en moi. » Et quand même cette union ne serait point proclamée par tant de témoignages, la seul preuve tirées de l’amour en montrerait d’une manière très expresse la réalité.

Le dernier effet de l’amour divin n’es pont de nous rendre semblable à mon Bien-Aimé par les vertus dont IL nous orne ; non, l’amour ne s’arrête point à cette opération de ressemblance qu’il produit en l’âme, mais va plus avant, la poussant, après l’avoir rendue semblable à son Époux par l’illumination, à l’union intime avec Lui. (4)

L’amour, dit saint Denys, au même livre des Noms divins, est une vertu et force opératrice d’union.

7- Cette union, une fois opérée, ne se continue point en l’âme pendant tout el temps de cette vie sans aucune interruption, car les actions extérieures et humaines auxquelles elle doit s’occuper, ou par devoir d’État ou par charité l’en divertissent souvent, portant à l’entendement et è la volonté l’attention nécessaire à l’union.

Au commencement, avant d’être, habituée à l’union, l’âme n’y peut, pour l’ordinaire, demeurer longtemps. Ses puissances ne se maintiennent pas en l’abstraction et l’unité d’opération, et retournent aussitôt aux sens et à la multiplicité ou diversité d’opérations, de discours, de vues et d’affections.

L’âme nouvellement élevée à l’état d’union, ne peut demeurer que fort peu de temps en cette union sacrée, et de même elle n’y retourne point aisément, parce qu’elle n’est point encore fixée en cet état et qu’elle n’y est point habituée. Mais peu à peu viennent l’accoutumance et la facilité ; l’âme retourne sans effort e et très souvent à de doux état : dès lors elle est en l’état d’oraison d’union, qui est, pour l’âme illuminée, une station dans la fruition de Dieu, selon le mot de saint Bernard, où elle jouit de Lui aussi longtemps qu’l lui est permis d’y reseter.

L’âme ayant acquis cette habitude est cette facilité, est dite se trouver en l’état d’union et mener une vie unitive, parce qu’elle ne vit spirituellement que de la vie d’union. Toutes ses actions intérieures et spirituelles sont union, ou pour l’union ou de l’union sacrée ; car s’il y a en cet état une plus parfaite purification des impuretés de l’âme et une plus grande illumination des vertus, tout cela se fait par l’union et de l’union comme de sa cause.

Si les âmes qui ne sont point encore bien purifiées de leurs péchés, de leurs habitudes et affections mauvaises, ni illuminées des vertus, ont parfois de ces unions avec Dieu, elle ne sont point pour cela sorties de l’état de purgation ou d’illumination, et ces unions-là n’appartiennent point à la vie unitive, mais à la vie purgative ou illuminative : elles sont communiquées à ces âmes précisément pour les purger ou les illuminer.

Quelques saints témoignent que les grands progrès qu’ils faisaient en la mortification et en l’acquisition des vertus provenaient de ce que Dieu, par Sa seule bonté, leur accordait quelquefois cette grâce d’union. Ces unions sont passagères, hors du temps, sans racines, ni base dans l’âme, qui n’est point purifiés par la mortification ni illuminées par les vertus. Ce sont des grâces concédées, non données ; là, Notre-Seigneur attire au commencement ceux qui sont encore enfants, par l’appât des douceurs spirituelles mais il est nécessaire que ceux qui les reçoivent le sachent que c’est une grâce prêtée pour un temps, et non pas données, comme dit saint Bernard,

8- L’âme qui est en cette habitude d’union et en l’état de la vie unitive, doit être établie en l’amortissement de tous ses sentiments, de tous ses appétits, passions et désirs. L’Imagination doit être purifiée de toutes les images qui l’emportent tantôt d’un côté tantôt d’un autre et doit se trouver ainsi disposées, qu’elle ne soit point prompte à recevoir les impressions des objets sensibles ni à s’attacher à quelque objet ou action dont elle aurait reçu l’image,

L’entendement doit être simplifié, débarrassé de la multiplicité de ses pensées, soit déréglées, soit de celles qui consistent en discours et en longs raisonnements sur les choses extérieurs, les objets sensibles, et les objets spirituels qui appartiennent aux sciences ; il doit être détaché même de tous spéculations, quelques hautes et sublimes qu’elles soient, mort à toutes les opinons et lumières qu’elles soient, mort à toutes les opinions et lumières qu’il pout avoir acquises tant par l’étude des sciences que par les inspirations et illuminations reçues en l’oraison, a tout jugement propre, afin de se réduire tout entier à une seul et unique pensée toute simplet et unie : Dieu existant par Soi-même en toute l’éternité ; voyant toutes les autres vérités sous l’angle de cette vérité unique, et réduisant à cette simple et unique pensée, de Dieu toutes ses autres pensées.

La volonté ne doit avoir aucun désir, aucune affection ni attache à quelque choses que ce soit, à aucune action soit intérieure, soit extérieure, à aucune grâce ni disposition divine ; elle ne doit avoir aucune propriété, mais toutes ses affections doivent être réussites au simple amour de Dieu regardé comme intimement présent à l’âme, afin qu’en toute liberté l’âme puisse s’unir à Dieu par cet amour, en toutes ses occupations et actions.

9. Trois choses sont nécessaires pour se préparer à l’union : 1- l’amortissement des passions et des sentiments : 2- l’abnégation de l’entendement et de la volonté propre : 3- la réduction de ces deux puissances à une simple disposition.

L’amortissement des sens et de sentiments par l’abnégation de toutes choses extérieurs, pour se disposer à l’union sainte, est signifié par ces paroles du divin apôtre :
« J’estime devoir faire perte de toutes choses pour m’élever à l’éminente science de Jésus-Christ, mon Seigneur, pour Le gagner et Le rendre parfaitement mien, je veux faire perte de toutes choses, les quelles je n’estime, en comparaison de Lui, que comme de l’ordure. »

L’abnégation totale de l’entendement et la vraie illumination des vertus, avec la foi parfaite, pour disposer de plus près à la même union, est exprimée par les paroles qui suivent celles que nous venons de rapporter, du même apôtre : « Et que je sois trouvé en Jésus, non pas confiant en ma justice et ma propre vertu selon la loi, mais en la justice qui est selon la foi et la lumière donnée de Jésus-Christ, justice qui est véritable et qui est la vraie vertu selon Dieu.»

Quand à la réduction de l’entendement à la simple vérité de la gloire de Jésus, et à celle de la volonté en une pure et simple affection d’amour, qui est la disposition immédiate à l’union, elle est très parfaitement représentée par ces mots : « Et tout cela afin que je reconnaisse Jésus et la vertu de Sa Résurrection, tant crucifié et mort avec Lui, pour que je parvienne à la résurrection des morts, courant après Jésus auquel je désire me joindre.»

10- Quand l’âme est établie dans les dispositions susdites, que son jugement, est par la soumission, au-dessous de tous les jugements ( particulièrement de son directeur ) et dépouillés de toute propriété, que sa volonté ses au-dessous de toutes les volontés, unie par conformité ; à celle de Dieu, que toutes la vertu active qu’elle a pour opérer et toute la capacité passive qu’elle a pour être émue de Dieu et recevoir Ses illuminations, inspirations et élévations, est subordonnée à la disposition de la Volonté divine, pour agir quand Elle le voudra ou se tenir en passivité selon qu’elle en décidera ; lorsqu’en toutes ses actions, intérieures et extérieures, en toutes ses paroles et discours, elle tâche, anéantissant la nature, d’attendre et de suivre les mouvements, de la grâce, lui donnait toute son opération, ne faisant rien dans la consulter ni la demander ; lorsque, dis-je, l’âme est établie et toutes ces choses, et que Dieu lui donne la grâce de la mouvoir souvent à l’union sacré, nous pouvons dire qu’elle est en l’état de la vie unitive.


11- Aussi est-ce une chose certaine que peu sont dans cet état, quoique certains pensent y être, qui prétendent s’élever d’eux-mêmes à une vie qui dépasse la nature sans que Dieu les y fasse monter ; d’où viennent qu’ils tombent, se perdent et se brisent, entreprenant de voler sans ailes, comme Simon le Magicien : car bien que les âmes qui commencent et progressent soient parfois élevés à l’union sacrée et participent à l’oraison d’union, elles ne doivent pourtant pas se croire en l’état d’union, ni présent y entrer d’emblée sans achever leur purification par la mort de l’amour-propre et leur illumination par l’acquisition des vertus, ainsi quelle dit saint Bernard : « Peu arrivent, si je ne me trompe, à une telle perfection en cette vie ; car si quelqu’un semble parfois la posséder, il importe qu’il ne prenne pas aussitôt confiance, en lui-même, surtout s’il est novice et n’est pas monté par les degrés précédents. » (Sen. 3. sur la Circ.). Autrement, ce serait grande erreur et grand sujet de ruine.

Il faut fonder pour bâtir, et bâtir pour s’élever : se fonder en l’anéantissement de soi-même par la purification, et bâtir la vie spirituelle, et intérieure avec les vives pierres des vertus solides. L’amour divin tend bien à l’union sacrée dès le premier instant où il commence à bruler dans une âme et la volonté à Dieu. Mais c’est de loin, et il l’exécute pas aussitôt ; l’union viendra en son temps, lorsque l’amour aura purifié, éclairé, illuminé, détruit les imperfections, l’amour-propre et les attaches qui contraient cette union, et aura produit les excellents vertus qui y disposent. (5)

L’amour divin est un feu qui, nous trouant d’abord dissemblables de Dieu par nos vices et nos impuretés, nous éloigne de l’union par l’abaissement et l’anéantissement de nous-mêmes qu’il provoque en nous purifiant ; puis, nous ayant rendues semblables à notre Bien-Aimé par les vertus, il nous unit à Dieu, et nous fixe dans l’état, l’habitude et la disposition de l’union sacrée.

12- Ce point, doit être considéré : Si Dieu nos élève à Ses saintes familiarités, nous ne devons point pour cela quitter nos exercices et nos oraisons de purgations et d’illumination avant qu’étant purifiés et illuminés, et fortement attirés par la grâce divine, nous soyons montés à cet état. Alors seulement nous nous appliquerons aux exercices et oraisons propres à nous disposer à cette divine union toute pleine de délices et les conseils d’un bon père spirituel, en qui nous connaisse depuis longtemps et qui ait bien discerné toutes les grâces que nous avons reçues et les dispositions de notre esprit.

Quand l’âme sera ainsi pourvue, il faut que courageusement, dit la bienheureuse mère sainte Thérèse elle s’abandonne à Dieu et se laisse toute en proie à pusillanimité que d’hésiter à quitter la nature, les sens et la raison pour suivre pleinement l’attractions de la divine grâce, lorsqu’elle nous attire à cet état de vie unitive, il faut que l’âme se laisse toute emporter par l’attirait divin selon le bon plaisir de sa Majesté, car en cet état, elle se doit regarder désormais comme toute à Dieu, et en Dieu, et non plus en elle-même ni à elle, sans plus de volonté ni de soucis propres : sa volonté doit être abîmée et anéantie dans celle de son Époux, pour se laisser faire et mouvoir par elle à Son bon plaisir.

Quoique les âmes qui commencent et progressent ne doivent pas tendre immédiatement à cette union sacrée ni vouloir s’élever à ce état de vie unitive toutes celles néanmoins qui font professions de la foi et de la religion chrétienne doivent y aspirer et espérer d’y parvenir enfin. Car c’est en cette délicieuse union que consiste l’accomplissement de la sainte charité, et c’est en la charité que consiste toute la perfection chrétienne.

Tous doivent tendre à cette perfection, et à la parfaite disposition de la charité à laquelle Dieu nous élève en cet état de vie unitive.

Saint Paul, écrivant aux Corinthiens, y exhorte tous les chrétiens par ces sacrées paroles : « Courez si vite et si promptement, que vous arrivez à l’union, par laquelle, lorsqu’on est parvenu à Dieu, on l’embrasse et on jouit de Lui. »

14, Les personnes religieuses principalement sont obligées de tendre à cette perfection de charité, par le dépouillement et la désappropriation de tous choses, tâchant d’acquérir la parfaite, préparation à l’union sacrée leurs vœux les y invitent , les règles et obéissances religieuses les y conduisent, elles s’y doivent, porter dès qu’elles entrer en religion et doivent sans cesse viser à ce but, commençant très humblement par la mortification de toutes les passions et affections, par se fixer dans le dépouillement de toutes choses.

Je dis que les religieux sont obligés de tendre actuellement à cette parfaite disposition de charité par le détachement entier et universel de tout ce qu’ils aiment hors de Dieu. Car c’est la fin même des vœux qu’ils ont prononcés.

Certains religieux pensent et disant « qu’ils ne sont pas obligés, d’être parfaits, d’être en ce haut état de vie unitive, d’être dépouillés et dénués de l’affection de toutes choses, qu’il suffit de garder les règles et observances religieuses avec les vœux, comme font les autres imparfaits, c’est-à-dire l’extérieurement.»

Ce sont là pensés fausses coupables et, dangereuses, propres à des âmes lâches et à des religieux qui en le sont que d’habit, non de cœur ni d’esprit.

Ces âmes sont en grand danger de se damner en religion, quelques exactes qu’elles soient en l’observation extérieur de leurs règles : car elle ne garde pas spirituellement leurs vœux, et par les attaches dans lesquelles elles vivent, elles ont en continuel danger de les transgresser, même en choses graves, pour le moins intérieurement, en prenant une disposition d’âme contraire à leurs vœux : disposition que souvent trop grande liberté et leur lâcheté d’esprit les empêchent de voir aussi mauvaise qu’elle est, que leur attaches et leurs affections égoïstes couvrent sans qu’elles s’en rendent compte. Et cette disposition est telle que, n’y prenant pas garde à cause de leur cécité, elles y vivent, y meurent et aussi s’y damnent.

Je voudrais que ceci entrât bien avant da le cœur de tous les religieux, car c’est un point très important c’est une opinion fausse de croire que pour tendre à la perfection il suffit de garder extérieurement les règles et observances, sans viser au dénuement de toutes choses, sans vivre dans la purification des vices et l’illumination des vertus, sans être à tous les moments de notre vie dans l’exercice du dépouillement de nous-mêmes pour tendre à la charité parfaite.

Il faut au contraire, et c’est un devoir très strict découlant directement de leur
professions, que les âmes religieuses se mettent et se tiennent en la disposition du grand saint Paul, disant toujours avec lui c’est belles et courageuses paroles : « Non que je suis parvenue au but, ou que je sois parfait, mais je poursuis ma course pour l’atteindre et la posséder, mes frères, je ne pense pas être parvenu au bout de la carrière ; c’est pourquoi je travail et pense jour et nuit à une seule chose : oublient toutes les choses qui sont derrière moi et que ne me touchent point, je tends de tous les forces de mon âme et de mon corps pour saisir le prix, et me joindre à mon Jésus. »

C’est ainsi que nous parle le divin apôtre, toute enflammé de l’amour de Jésus.


15- Les religieux de saint François sont tenus par leur règle à une forme de vie toute apostolique, toute pure, parfaitement dénuée des choses créées. La fin du leur ordre est une charité séraphique, toute embrassée par le salut de la perfection des âmes et pour l’amour de leur Dieu, qui leur unique Tout, et qu’ils ont choisi pour Époux. Tout cela les appelle à viser constamment à un entier dépouillement de toutes choses, pour parvenir à cette perfection de charité et l’État de la sainte union de l’amour divine.

C’est pourquoi ils doivent comme d’ailleurs tous les religieux imprimer profondément cet avis dans leur cœur, s’en souvenir toujours et se poser incessamment cette question que saint Bernard s’adressait à lui-même : « Bernard, pourquoi es-tu entré en religion ? »

16- Puisque toutes les âmes chrétiennes, et particulièrement les religieux, doivent tendre à cette perfection de la charité qui fait l’union de notre esprit avec Dieu, il n’est pas inopportun de proposer à tous les exercices de la vie unitive : car bien qu’elles n’y soient pas encore, c’est pour les inviter à y tendre, pour les amorcer, les attirer en leur faisant admirer les grâces que reçoivent les âmes en cet état et les saintes familiarités qu’elles ont avec Dieu. Si on leur fait faire, en la retraite, les méditations qui appartiennent à cet état, ce n’est pas pour les y mettre afin qu’elles s’y tiennent par après, amis pour leur donner quelques notions de cette union sainte, afin qu’elles s’y comportent bien quand Notre-Seigneur la leur donnera par intervalles au cours des oraisons ordinaires qu’elles feront dans la suite.

C’est pourquoi l’âme qui aura suivi le cours entier de ces exercices et aura fait les méditations qui concernent cette bienheureuse union, doit par après retourner à la purgation pour la parfaire par de nouvelles pratiques d’abnégations. Puis, après la purgation entière et l’illumination parfaite, elle se disposera à recevoir du Saint-Esprit les mouvements de cette union, en se tenant dans des pensées pleines de Dieu et de ses perfections, pensées calmes, sereines et toutes simples sur ces perfections infinies et sur les mystères de gloire où elles resplendissent.

Ce sont ces pensées qui feront l’Objet des méditations suivantes de la vie unitive et nous y prendrons encore la sainte pénitence Magdeleine comme modèle de cette union divine, à laquelle nous devons nous disposer comme elle par l’ardeur de l’amour, l’impatience du désir et la contemplation de Jésus-Christ dans Sa gloire. En cette gloire resplendit la Divinité, qui est l’objet propre de l’union, avec l’infinité de Sa grandeur, de Sa bonté, de Sa beauté et de Son amour, et particulièrement dans l’adorable Sacrement où notre Jésus et présent pour S’unir à nous, C’est pourquoi les deux méditations fondamentales de la vie unitive auront pour sujet, l’une la gloire de la Résurrection de Jésus à laquelle se rapportent tous les mystères de gloire et l’autre le très auguste Sacrent (6).

Références-1

Première méditations fondamentale sur la vie unitive :
De la gloire et perfection de l’Époux Sacré des saintes âmes.
 a- Préparation

D’abord les actes ordinaires à l’âme y doit apporter beaucoup d’attention, de pureté et de soumission à la grâce et à la volonté de Dieu.
Tournez tout votre esprit vers cette haute et sublime vérité : Jésus-Christ, Fils de Dieu, Époux des âmes purifiées.

Elle est véritable, certaine, surnaturelle, révélé par la foi ; je l’adore et veux en rendre ma raison captive.

Mais Vous, ô mon Époux sacré, le vrai Soleil des cœurs, donnez-moi lumière pour en avoir l’intelligence et reconnaître Votre gloire, Votre beauté et Vos perfections par lesquelles Vous attirez les âmes, à Vous suivre, à Vous aimer et à se rendre Vos épouses.

Faites-moi la grâce de me disposer à être de leur nombre.

Références-2

 b- Considération 1 :
Des trésors en la possession desquels le doux Jésus,
l’Époux très aimable, est entré par Sa glorieuse Résurrection.
 
Pensez que le Sauveur, voulant se rendre le très aimable, Époux des âmes, a combattu pour les délivrer de la tyrannie du démon, les recouvrer et les rendre Siennes. En ce combat, qui a duré trente-trois ans. Il a été atout couvert, au dehors, de la poussière de la mortalité et de toutes sortes d’abjections et d’opprobres, Il a reçu force plaies qui L’avaient rendu méconnaissable et l’avaient tout baigné de Son sang. Cependant, par sa mort, Il remporter sur tous Ses ennemis une entière et éternelle victoire, victoire qui n’est pas en quelque sorte qu’un prélude, car il Lui faut maintenant attirer à Son amour les âmes qu’Il a délivrées à si haut prix et les amener à devenir Ses épouses.

Or cette forme défigurée et cette poussière provenant du combat n’étant point propres à amorcer l’amour : il prend donc, en Sa résurrection, Ses habits de triomphe, revêt Son manteau de noces, afin d’apparaître tout aimable, plein de gloire et de beauté, aux âmes qu’il vue charmer, et de tourner sur Lui tous les yeux et tous les cœurs.

Considérez qu’au beau jour où Il s’est levé tout glorieux et triomphant du sépulcre, Il st apparu enrichi et resplendissant de tous les perfections qu’un cœur peut désirer trouver en L’Époux qu’il se veut choisir.

Ces qualités sont au nombre de 6 principales :
1- la puissance et l’autorité ;-2- les richesses ; -3-la beauté ; -4- la noblesse ; -5- l’amour parfait ; -6- de pouvoir monter cet amour et caresse Ses épouses.

Après ces six perfections il n’y a plus rien à désirer en un Époux, Or mon Jésus, mon Tout et mon Amour, en est très excellent paré.

Sa puissance, Son crédit, Son autorité, selon Sa nature divine, sont immenses et infinis. Toute créature Lui est soumise comme à Celui dont elle reçoit l’être. Toute force et toute puissance n’est que faiblesse si elle n’est unie à Sa puissance et à Sa force souveraine, soutenu et fortifiée par Son adorable plénitude étendue à toutes choses. Puissance voilée et dérobée aux regards pendant Sa vie mortelle, mais qu’IL fit éclater avec une magnificence singulière en sa résurrection, terrassant par cette puissance essentielle et à la mort, et ses ennemis, et les puissances infernales revêtant Son corps brisé et humilité de la gloire infinie d’une beauté divine et d’un triomphe sans rival.

Selon son Humanité très sainte, puissance t autorité plénière Lui a tété donnée sur tout le ciel et sur toute la terre. Dans le ciel toute la puissance des anges fait hommage à la Sienne, et sur la terre toute l’autorité des hommes ; les puissances infernales même Lui sont soumis, ployant les genoux devant Son Nom qui est au-dessus de tout nom.

Le Père ne juge personne, Il a remis la puissance de juger au Fils.

Pensez que le Christ est descendu aux enfers, afin d’en prendre possession et d’y laisser éternellement la présence de sa puissance et de sa justice, et de la faire sentir à ceux qui sont en ces prisons.

Il est revenue sur terre avec Son corps glorieux pour prendre possession de nos cœurs, les animer et les vivifier de la force de Son esprit, Il est monté au ciel pour prendre une possession éternelle de Son très ample palais, du trône d’infinie gloire destiné à la Sa royauté, du commandement des milices célestes et de toute la gloire des bienheureux, laquelle est proprement son œuvre et son domaine, et ainsi Il a rempli et remplit toute chose de Sa puissance, comme dit le divin apôtre.

Et maintenant Il est assis à la droite de Son Père établie et confirmé en la tranquille et inébranlable jouissance de la plénitude de toute puissance, possesseur unique de tous les trésors de la sagesse et de la science de Dieu, de la grâce et de la gloire de tous les saints. Car Il a été constitué l’héritier universel de toutes choses. Toutes les créatures Lui appartiennent, de toutes les richesses du ciel et de la terre sont en Sa main et Il les distribue à qui bon Lui semble, Il en remplit les anges et les saints de toutes les âmes qui veulent être Ses épouses.

Les richesses qu’Il donne à ceux qu’il enivre sont d’une autre nature que les richesses temporelles, si précieuses aux yeux des mondains, quoique de celles-là, même Il soit le Seigneur : ce sont des richesses impérissables, inamissibles et incorruptibles, qu’aucune voleur ne peut dérober, qui ne diminuent point par l’usage qu’on en fait mais s’accroissent toujours ; elles assouvissent les Coeurs qui les possèdent, les emplissant de joie et de suavité, et les fixent dans un inaltérable repos, à l’abri de toute vain désir.

O richesses très admirables ! O L’Ami de mon cœur, puisque, par Votre grâce je suis une portion de Votre héritage, faites-moi participant de Vos trésors, afin que, tout paré de Votre surabondance, je puisse être plus agréable aux yeux de Votre amour.

Viens dehors, ô mon âme, élève la vue de ton esprit, et regarde ce pacifique Salomon, ceint du royal diadème dont l’éternelle Sagesse, qui Le tien entre ses genoux comme une mère, L’a couronné au jour de Sa résurrection, jour de Ses épousailles et de la joie de Son cœur.

Considère cet Époux, et vois Sa tête ornée des diadèmes et des couronnes toutes les principautés de la terre et du ciel ! Les rois des nations se découvrent devant Lui et jettent à Ses pieds leurs couronnes. Ses titres resplendissent en lettre d’Or sur Son vêtement : Le Roi des rois et le Seigneur des seigneurs, le Verbe de Dieu tout-puissant.

Oh ! Mon Seigneur, Vous régnez ! Vous régnez, mon Époux, Vous êtes couronné de gloire et d’honneur, tout revêtu et resplendissant de Votre force toute suave. Je Vous conjure de régner aussi sur mon cœur et de le rendre captif de Votre amour. Je reconnais et j’adore Votre puissance comme l’appuie et le soutient de ma faiblesse, Non, je ne puis pas même remuer les paupières sans l’intime présence et le concours à Votre force divine, et je ne puis pousser un soupir pour Votre gloire sans l’aide de Votre grâce.

O mon Jésus, employez Votre puissance à me convertir à Vous. Que par cette sacré puissance qui Vous rend tout glorieux et resplendissant, ô mon doux Roy, je vive en Vous et meure en Vous Amen.

c- Considération 2 :
Des perfections, de la noblesse et de la beauté de l’Époux.
Considérez qu’elle n’est saurait avoir non plus de plus beau que le Verbe éternel, Source et Origine de toute beauté, la Beauté même Essence et substance de toutes choses, Splendeur du Père, Sagesse incréée et candeur de Sa Lumière éternelle ; candeur et beauté dans laquelle, comme en un très claire et pur miroir, les bienheureux voient la beauté des créatures qu’ils contemplent en Dieu, sans que jamais ils soient rassasiés ni laissés de contempler ce miroir, lequel surpasser en beauté toute beauté pensée, existante ou possible,

Voilée pendant trente-trois ans par la poussière de Sa chair mortelle, et cette beauté éclate infiniment au jour de Sa Résurrection. Alors, Il la laisser percer de toutes parts en sorte que Son divin Corps devient tout éblouissante de la splendeur de l’âme qui rayonne sur lui. Et cette âme est toute fondue dans la gloire et dans la joie de la vision béatifique et de très connaissance de toutes les choses et de tous les cœurs.

Le Corps de Jésus est la règle et la mesure de toute la beauté du ciel et de la terre, la lumière de gloire la revête comme un soleil éclatant d’une ineffable et débordante lumière toute la Jérusalem céleste. Son âme est la cause première de toutes les inspirations et révélations accordées à tous les saints et à tous les anges. La tristesse et l’angoisse d’avant le combat on à jamais disparue. Plus de mort ni de souffrance pour ce Corps divin et plus que divin, vrai Temple de la Divinité. Soleil éternel, immortel et incorruptible, Soleil qui n’envoie point seulement les rayons de Sa lumière là où Il veut, mais Se porte Lui-même aux lieux qu’Il a choisis, sans que rien ne puisse Lui faire obstacle.

Mais pourquoi s’étendre sur ces choses dont on ne peut rien dire ? C’est tout la plénitude la Divinité, de la Grâce et de Vérité qui réside en l’âme et dans le Corps Du Sauveur, en toute son Humanité sacro-sainte, pour la remplir de sagesse, de beauté, de bonté, de puissance, de lumière, de tous les attraits enfin, de tous les charmes capables de blesser les cœurs et de les obliger à l’aimer comme leur unique Époux.

Rappelez-vous les saints Cantiques et voyez l’admirable dialogue dans lequel sont rapportées, avec un art infini, toutes les beautés de l’Époux.

Une âme qui a acquis, par la foi et par ses méditations fréquentes, la connaissance de cette admirable beauté de Jésus, cherche avec des désirs impatients cet Époux sacré, soupirant après Lui et conviant les autres âmes à Le prier de prendre garde à elle et d’avoir compassion de ce qu’elle languit d’amour.

Et elles, les autres, à peine entrées dans la voie de la vertu, encore ignorantes de cette Beauté qui a allumé un si véhément amour, lui répondent avec admiration : Quel est cet ami si cher, ô âme embellie de tant de vertus, excellente plus que toutes les autres en beauté ? Quel est cette beauté de ton Époux, si admirable qu’elle te pousse, par une telle véhémence d’amour, à nous adjurer de Le prier pour toi ?

Mon Ami, répond-elle, est blanc et vermeil, choisi entre mille ; comparé à Lui il n’est rien admirable en la terre ni au ciel. Car Il est Dieu et homme. En Sa divinité II est la candeur de la Lumière éternelle, et le Soleil resplendissant de la sagesse incréée qui illumine toutes choses de la beauté de Ses rayons, En Son Humanité, c’est une escarboucle flamboyante d’amour, Son corps ayant été formé par la vertu d’un grand feu d’amour, Le Saint-Esprit, du très pur sang de la Vierge, et Son âme, avec Son cœur, ayant au même instant pris toute l’ardeur et toute l’éclat de ce feu brûlant. Mon Époux est blanc et vermeil, Dieu et Homme. C’est, ô filles de Jérusalem, dire d’un seul mot toutes les beautés du ciel et de la terre, et proclamer que tout ce qui est aimable et capable d’attirer doucement les cœurs, est surexcellemment en mon Époux.

Toutefois, si vous voulez connaître en détail toutes Ses beautés, considérez que Sa Divinité (qui est Son chef et qui agit sur Son Humanité et sur toutes choses) y est toute d’or fin, précieuse par surexcellence, plus que toutes les créatures les plus éminentes en beauté ; Divinité en laquelle il ya, comme la multitude des cheveux d’un chef, une infinité de perfections et d’excellences.

Les yeux de Sa Sagesse, qui passe et Se promène partout parle soin singulier qu’IL a de toutes Ses créatures et de chacune d’elles en particulier, sont comme des colombes toutes amoureuses, blanches comme du lait, qui président sur les rives des eaux courantes et mirent continuellement dans le très pur cristal des fleuves : ainsi Ses yeux, regardant toujours en Lui-même, Se contemplent et Se mirent en la beauté de Ses créatures, raisonnable, comme en autant de miroirs et de très fins et purs cristaux, qui représentent Son visage comme de très belles images ; Ses yeux conservent toujours leur pureté et leur beauté, et ne se souillent point par le soin très spéciale et tout plein d’amour avec lequel Il tient la vue fixée sur chacune de Ses créatures, principalement sur chacun de nous, afin de pouvoir, avec une dilection plus tendre et plus empressés que celle d’un père ou d’un époux, à tout ce qui nous est nécessaire.

Les deux joues de Sa miséricorde et de Sa justice, de Sa bonté et de Son amour, sont comme des vases remplis de fleurs : Sa bonté et Son amour, Sa miséricorde et Sa douce justice, qu’IL présente comme ses joues à baiser et à contempler aux âmes saintes, sont les plus éminentes outre toutes Ses perfections à elles rayonnent sur nos leurs grâces : de faveur ou de rigueur, pour nos attirer à elles.

Ses lèves, comme des lys teints de vermeil, distillent des paroles d’une admirable odeur, pareilles à des gouttes de myrrhe, préservant de la corruption tout ce qu’elles embaument.

Ses mains, en la soudaineté, la promptitude et la douceur de Ses actions, sont suaves, gracieuses et sans âpreté. Elles sont toutes éclatantes de l’or de la charité et brillent, comme des hyacinthes, de toutes la splendeur des vertus, des merveilles et des miracles qu’elles ne cessent d’accomplir.

C’est ce que je puis vous dire ô mes compagnes, de la beauté de la Divinité de mon Époux ; quant à Son Humanité, eIle est toute divine par la blancheur, la solidité et la force de Son innocence tout ornée des saphirs des vertus célestes, encaissés dans Son âme, comme des pierres précieuses en une couronne royale.

Les deux ardentes affections, le zèle de la gloire de Son Père et celui de notre salut, qui portaient, conduisaient et faisaient cheminer toute Sa vie humaine, tout comme les jambes portent et conduisent le corps humain, sont comme des colonnes de marbre très pu, en leur constances leur fermeté inébranlable et leur admirable sincérité, étant fondées sur des bases toutes d’or : l’une de l’amour de son P ère, et l’autre de la dilection très forte et très fidèle qu’iI nous porte.

Enfin, filles de Jérusalem, si, regardant le mont Liban, vous avez jamais été ravies de voire à une telle hauteur une si agréable verdure, avec tant d’odeurs et une si merveilleuse infinité de fleurs, sachez que telle est la beauté de mon Époux, qui surpasse en son éminence tout ce qui se peut voir, comme les cèdres du Liban se distinguent de tous les arbres et les surpassent en beauté.

Mais par-dessus tout, mon Époux nourrit de tant de douceurs les âmes qui savourent Ses paroles et Sa beauté, les enivre de tant de délices, que cela ne se peut exprimer. Tout ce que je puis vous end dire, c’est qu’IL est tout désirable et remplit tous mes aspirations par chacune de Ses beautés.

Mon Bien-Aimé est tel, ô mes chères compagnes, et Il m‘est tel à moi-même afin que j’en jouisse, et Il me communique Ses douceurs, car Il est le seul fidèle amie de mon cœur.

Ces âmes, toutes ravies, du récit de tant de beautés qui sont en mon Jésus, s’écrient : « Et où est-il donc allé, ce tien Époux, ô la plus belles des âmes ? De quel coté s’est-Il retiré ce tien Ami si cher, pour que nous Le cherchons avec toi et que tu nos mènes à Lui, afin que nous aussi nos participions aux merveilles de tant de douceurs ? Car nous voici tous enivrées et blessés de Son amour aussi bien que toi.»

O Mon Époux, mon Soleil faites, par Votre beauté que moi aussi je sois blessé de Vote amour et m’unisse aux âmes qui sont Vos épouses, pour Vous chercher et Vous posséder à jamais.

d- Considération 3 :
De l’amour de l’Époux et de Ses inventions
 
Considérez cet amour unique et entier, que le très aimable Jésus porte à chacune des âmes en particulier, car Il aime chacune d’elles aussi pleinement, aussi jalousement, aussi parfaitement que s’IL n’en aimait qu’une laquelle serait seul au monde et l’objet unique de Son cœur, S’offrant tout Lui-même, à elles, à chacune d’elles, pour être leur Époux et Se livrer tout entier avec toutes Ses perfections et Ses délices à leur amour, afin qu’elles Le possèdent, disposent, de Lui comme de leur bien et jouissent non seulement de toutes Ses richesses, mais encore de Lui-même.

Cette vérité est absolument réelle, et toute âme qui s’approche de l’amour de Jésus peut en faire une expérience aussi certaine que celle que disait : Il est mon Ami, c’est Époux mien, je suis toute Sienne, mais aussi Il est parfaitement tout mien et Se tourne tout entier vers moi. Il est mon Bien-Aimé et mon Époux, Il m’a aimé Le premier afin que je puisse Lui donner mon amour.

Il m’aime, dit le divin apôtre, et Il S’est livré pour moi, en signe de Son amour.

Il ne faut point craindre que la très grande disproportion qu’il ya entre la bassesse de l’abjection des âmes et qui ont été infectées du péché et la gloire du Fils de Dieu ressuscité, empêche les familiarités sacrées de ce saint amour de Jésus. Le Roy souverain de toutes choses.

N’est-ce point une chose admirable et qui dépasse le sens humain, de considérer et l’éminence d’un tel Amant et la bassesse de l’âme qu’Il aime, et les caresses excessives dans lesquelles Il la poursuit ?

Il Se présente à la porte de son cœur, heurte et attend jusqu’à ce qu’elle Lui ouvre… Et sitôt Lui a-t-elle ouvert, qu’Il pénètre chez elle pour la remplir de Ses délices. Car Il veut être tout à elle et faire Sa demeure avec elle, éternellement.

Oh ! Écoute le Ses paroles !
Ouvre-moi, ma sœur, mon unique, ma colombe, ma bien-aimé ; ouvre-moi, ô âme toute belle sans aucune tache, ouvre-moi, car Ma divinité (qui est mon chef) est toute dégoullande de la rasé de Mes grâces, pour fertiliser toutes tes puissances et faire épanouir en ton cœur toutes les fleurs des vertus ; et les soins continuels qui me tiennent en vieille jour et nuit sur toi, pour ton amour, sont, comme les boucles de mes cheveux, tout emperlés de grâces.

Ouvre-moi, ma sœur, mon épouse, afin que tu me possèdes avec toutes les caresses et tous les dons très précieux de mon amour.

Ne sont-ce point, là des paroles d’une affection tout impatiente d’amour e brûlante de désirs ?

O Jésus, quand est-ce que je Vous ouvrirai parfaitement mon cœur et que je brûlerai de Votre amour ?

Voyez la familiarité que le doux Jésus et avec Sa sainte amante Magdeleine : Il la nomme par son nom : Maire. Cette parole fut prononcée avec un amour si doux et si familier, qu’à l’instant cette âme conçut une flamme d’amour pour Jésus et s’élança aux saintes familiarités de son Époux.

Considérez avec quelle douceur Il Se fait le compagnon de voyage des deux disciples qui vont à Emmaüs, laissant tomber Ses parles comme des charbons ardents sur leurs cœurs pour les enflammer, selon qu’ils en témoignent eux-mêmes, s’écriant l’un à l’autre :

Note cœur n’tait-il point tout brûlant, pendant qu’IL nous parlait en chemin ?

Oui vraiment, leur cœur était ardent, puisqu’il était si près d’une fournaise toute regorgeante d’amour dont la flamme ayant été pour quelques jours cachés et retenu dans le tombeau de la mort, s’élance, à présent qu’il est ressuscité, avec plus d’effort et de violences, pour allumer les cœurs.

Pensez à cette douceur ineffable avec laquelle Il s’adresse à saint Thomas, l’apôtre, Lui présentant Ses mains percées de son côté ouvert, pour les lui faire toucher et amollir ainsi et liquéfier toute la dureté de son cœur. Et ce cœur incrédule, en effet, est là l’instant tout fondue par l’amour qui jaillit des fournaises de Ces plaies, et s’écoule tout en son Jésus pour une union intime, s’écriant : Mon Seigneur et mon Dieu ! Vous êtes mien ! Oh ! Je suis tout Vôtre, possédez-moi, car Vous êtes mon Tout !

Voyez-Le converser pendant quarante jours avec Ses apôtres, leur portant toujours la paix, pour monter qu’IL leur donne l’entière jouissance et possessions de Lui-même par l’union sacrée de Son amour, jouissance sans laquelle ils ne pouvaient être fixé dans une paix solide. Car il n’y a point de vrai repos pour l’âme sans la jouissance de son Jésus.

Considérez attentivement un si grand nombre de privautés. Il mange avec eux. Il les interroge, Il les appelle à converser intimement avec Lui, Il traite avec eux de Son amour, Il leur présente Son corps lumineux à voir et à toucher :

Tenez, dit-il, voyez et touchez, c’est Moi-même, car un esprit n’à point de chair.

Ce n’est point tout, cet amour de l’Époux très saint n’est pas seulement véhément, familier et suave, mais il s’est très savant et fertile en inventions pour s’insinuer dans les cœurs et parfaire, avec les âmes, l’union intime en laquelle Il veut leur communiquer Ses délices.

Deux grand obstacles semblaient s’opposer à Son désir d’unir Son cœur à celui de l’âme qu’Il veut rendre Son épouse : Son corps, bien que glorieux, et le nôtre, et notre état de vie matérielle et mortelle.

Mais voici qu’Il Se lève du sépulcre traversant, la pierre du monument. Voici qu’Il entre chez Ses disciples, toutes portes état closes. Son corps, par une invention admirable de l’amour, est devenu subtil, il ne connaît plus d’obstacle et, pénétrant partout, où il veut, porte le Cœur et la divinité du doux Jésus à toutes les âmes qui Le veulent posséder.

Notre corps ni notre condition terrestre ne nous empêche point non plus de recevoir les communications de Son amour. Car voyez, je vous prie, les inventions étranges de Sa miséricorde et de Sa tendresse pour S’accommoder à nos dispositions et à nos goûts et S’en servir comme de moyens propre à S’Insinuer dans nos cœurs :

Il se fait jardinier quand nous sommes en un jardin, ou occupés par la pensé d’un jardin ; pèlerin si nous somme en voyage ; à la pêche IL se présente en pêcheur ; Il se trouve à table et nous préparé des met si nous voulons manger, Il nous parle d’amour au moment où nous sommes disposés à aimer. Et ainsi, grâce à l’admirable subtilité de Son amour, par tous les accidents de notre vie, nos humeurs, nos goûts, nos occupations, nos devoirs, Il Se ménage quelque ouverture pour entrer dans nos cœurs, puis S’en saisir et les posséder, et enfin les lier au Sien pour toujours.

O admirable Amour ! Incompréhensible en inventions, en tendresse et en constance, entrez dans notre cœur et possédez-le à jamais.

e- Considération 4 :
L’Époux sacré donne à l’âme qu’Il veut prendre pour épouse
le Saint-Esprit comme don, présent et héritage.
Pensez que toutes les beautés, toutes les perfections, tout l’amour de l’Époux, attirent bien et amorcent les âmes à l’aimer mais ne les engagent point à Lui, ne les obligent ni ne les lient à Son amour.

Ce sont les dons, les présents, les bagues, les parures, les gages, le douaire reçus par l’âme fidèle, qui l’engagent de telle sorte envers l’amour de Son Époux qu’elle ne s’en peut plus désire. Alors elle est oublié à l’amour, non seulement par la donation que lui fait de Lui-même Époux, mais par elle-même, puisqu’elle a accepté de recevoir les arrhes de ces saintes ; épousailles spirituelles et d’agréer les dons, les présents voire la dot, par lesquels l’Époux très saint la veut rendre Sienne et la faire Son épouse.

L’âme, en effet, étant par elle-même très pauvre, vile et nécessiteuse, n’a de sa part ni donc, ni qualités, ni douaire avec lesquels elle pousse se donner à Son épouse. C’est pourquoi il faut que l’Époux, Lui-même la prévienne, l’enrichisse de ses dons et lui constitue une dot, afin qu’ainsi pourvue elle puisse se présenter à Lui. Et dès lors qu’elle ne Lui renvoie point Ses dons et ne rejette point le sacré douaire qu’Il lui offre en vue des ses épousailles avec Lui, mais le accepte, elle engage son cœur envers Lui promettant de se rendre tout Sienne, de Lui donner tout son amour et de Le prendre pour son Époux ; promesse dont elle ne pourrait se dégager, engagement auquel elle ne pourrait se dérober sans commettre un grand crime d’infidélité.

Je ne me réjouirai, dit-elle, en mon Dieu, mon Seigneur, parce qu’IL m’a revêtu du vêtement de salut et m’a tout embellie de la belle robe d’innocence t de justice, Il a couronné ma tête de la couronne d’or de charité, toute semblable à celle de mon Époux et m’a ornée, comme une épouse, des joyaux précieux des vertus, et enrichie de dons excellents, Par Sa grâce il m’a fait participer à Sa nature divine.

Pensez, ô mon âme, que tout cela vous a été donné afin de vous rendre digne de devenir l’épouse d’un si noble et excellent Époux. Lequel étant Fils de Dieu par nature, vous a faite fille de Dieu par grâce, pour que, étant du même lignage, vous puissiez désormais entrer avec Lui en une si étroite alliance que de Le recevoir pour votre Époux et de vous donner à Lui en qualité d’épouse.

Considérez que c’est le Père éternel qui fait les épousailles de Son Fils avec vous, Il vous Le donne pour votre époux et vous donne à Lui pour Son épouse. Mais il ne veut point que Son Fils soit déshonoré par Son alliance avec une créature qui si vile que vous, en vote bassesse, votre laideur, votre pauvreté. C’est pourquoi Il vous a enrichie de tant de dons précieux, décorée de tant de beauté, et S’est fait Lui-même votre Père, afin de vous rendre digne d’être l’Épouse de Son Fils.

Élevez votre esprit à une chose admirable : les arrhes, les blagues, les anneaux, les dons que vous fait votre Époux, ne sont point des présents matériels, des dons sans vie, de richesses mortelles, images vaines qui pourraient tout au plus vous faire souvenir de Sa beauté et de l’amour de Celui qui vous aime, mais non vous les rendre présents. O la grande merveille ! Et qui n’a jamais oui parler d’un tel amour en un époux ! Ton époux, ô âme, ne Se contente point de t’orner de bagues et de pendeloques. Il te donne le non seulement de ses richesses extérieurs à Lui mais Il Se donne Lui-même à toi, très réellement ! Il te donne Son cœur et Son amour, Cause de tout don, avec les dons même.

O miracles de l’amour ! ô doux Jésus ! Vous seul, par la puissance et la grandeur de Votre amour avez pu faire cette merveille de donner à Vos épouses, avec Vos dons, Votre cœur et le Saint-Esprit, Amour substantiel, Source et Principe de toutes Vos munificences.

C’est les engager bien fortement et puissamment à Vous donner leur cœur et à les rendre toutes Vôtres ! Pensez, ô mon âme, que le Saint-Esprit nous est réellement et véritablement donné dans les Sacrements, et que nous le recevons et Le rendons d’autant plus nôtre que nous ouvrons plus largement notre cœur aux mouvements de Son amour.

Considérez que c’est le Saint-Esprit, Amour substantiel, qui est la Source de tous les dons que Jésus notre Époux, nous fait, et partant que c’est Lui qui nous en fait connaître le prix et la valeur, Lui qui en est la vie, qui le anime en nous, les fait être nôtres et nous en fait jouir.

C’est Lui véritablement ,ce doux Esprit, qui constitue les arrhes des épousailles saints, puisqu’Il est le cœur et l’amour de l’Époux, qui en peut par don plus riche ni plus doux obliger Son épouse à l’aimer, Il est le douaire de l’âme épouse de Jésus, c’est Lui qui l’enrichit de tout Lui-même, la rendant opulents à jamais et digne épouse d’une très Époux, Il est le portait vivant de Époux, qui nous seulement Le fait connaître aux âmes épouses, imprimant en leur cœurs toutes Ses beautés, perfections, et excellences, mais Le leur rend présent, et les fait jouir de Lui. Voyez cette véhémence et ces langues de feu dans le Cénacle, émouvant et enflammant, les apôtres. Considérez qu’ils n’ont plus que l’amour de Jésus-Christ dans le cœur, et le nom de Jésus-Christ sur les lèvres, il paraît bien que l’Esprit qu’ils ont reçu est un Esprit de vie lequel leur rend leur Jésus présent, non plus selon la condition de la chair mortelle, mais tout glorieux et resplendissant, comme un Époux embelli de tous ses ornements.

O Esprit très saint, Cœur de mon Jésus et amour du Père et du Fils, auteur véritable du mariage des âmes avec le très saint Époux, venez, et descendra dans mon cœur, vivifiez-le, afin qu’entré en possession des arrhes de l’amour qui en sont autres que Vous-même, il soit tout engagé à Jésus et obligé de n’aspire plus qu’à l’union des saints épousailles.

Deuxième méditation fondamentale :
Du très auguste Sacrement de l’autel, mystère de la foi et d’amour.
a- Préparation
Former les actes ordinaires, puis, avec une très grande humilité, soumission et obéissance, porter son esprit à cette incompréhensible vérité : Le doux Jésus réellement et véritablement présent parmi nos sous les apparences du pain. L,’adorer et demander Sa lumière pour obtenir l’intelligence de ce mystère d’amour.
b- Considération 1 : Excellences et merveilles de la présence ineffable de Jésus parmi nous.
Considérons avec une fois vive cette étrange merveille de la toute-puissance de Dieu, la quelle et si haute qu’elle surpasse toute pensée. C’est une œuvre qui excelle infiniment tous les autres miracles. Comme suite au mystère de l’Incarnation, la sainte Trinité, pour donner la dernière main à Ses ouvrages, a tenue de tout éternité un très haut, très profond et sacré conseil, et pour instituer le très adorable sacrement de l’autel.

Le Père a résolut d’unir Sa toute-puissance au ministère des prêtes pour opérer ce très admirable ministère des prêtres pour opérer ce très admirable et ineffable mystère, par lequel Il nous rend Son Fils présent, pour être tout nôtre et faire Sa demeure parmi nous.

La Sagesse incréée, du Fils de Dieu, s’étant donnée une fois à toute nature humaine, a décidé, par une incompréhensible invention, de Se donner très intimement à chacun de nous.

L’infinie bonté du Saint-Esprit, pressée par l’amour, voulant opérer noter union avec la sainte Humanité de Jésus et avec Sa divine essence, et établir d’une manière ineffable, entre LUI et nous, un voisinage et un commerce familier, épanche sur nous, en ce mystère, tout le bien de la terre et du ciel, accomplissant, par cette union du Fils de Dieu avec nous, notre déification.

O mystère inconcevable ! Je me prosterner devant Vous, en, en l’honneur de la volonté éternelle par laquelle le Père tout-puissant a ordonnée que Son Fils Se donnât à nous paru demeure sur terre, en notre compagnie, jusqu’à la fin des siècles en l’honneur de la soumission de l’Obéissance rendues par le Sauveur à son Père divin, et du brûlant amour avec lequel le très débonnaire Jésus S’est fait notre voisin en ce très saint et auguste mystère, en l’honneur de la très sainte Vierge, laquelle est cette sacrée Humanité qui nous a été donnée est dérivé et descendue, j’adore la présence véritable, réelle et substantielle du Sauveur sous les accidents du pain.

Je reconnais Sa présence glorieuse et pleine de majesté dans le ciel, à la droite de Son Père, mais je me prosterner devant Sa présence, non mois réelle et certaine, dans la sainte Eucharistie. J’y crois cette présence admirable tout à fait surnaturelle et incompréhensible à tout esprit créé. Devant elle j’abaisse mon entendement, car je veux la croire et de tout mon cœur, et ma volonté s’humilie et se prosterne pour adorer et aimer cette admirable présence de Jésus.

En l’honneur de Votre admirable présence eucharistique, ô mon Sauveur, je Vous fais l’offrande de l’oblation totale de on entendement, de ma volonté, de ma liberté et de toutes mes puissances de tous mes sens intérieurs extérieurs, Oui mon Jésus, je vous amène captives toutes mes facultés, et veux les réduite à une perpétuelle servitude pour Vous croire, Vous aimer et Vous adorer en ce très haut et divin mystère.

Je Vous fais donation de tout mon être, de ma vie naturelle et surnaturelle, de toutes mes actions, de tout mon pouvoir, de tous mes mouvements, afin que tout ce qui est en moi serve de témoignage à cet admirable mystère.

Je Vous fais l’offrande de tout mon sang, de toute ma vie, de tout mon être et de toute ce qui est dépend, pour servir à la défense de cette adorable présence.

O mon doux Jésus, qui ne serait étonné de cette admirable société que Vous nous tenez très constamment et persévéramment en cet ineffable sacrement ?

Cette douce compagnie, je la révère et je l’adore et j’adore et révère cette familiarité avec laquelle Vous vous tenez proche de chacun de nous, au milieu de chaque cité, bourgade et société humaine, présent aux hommes en une multitude de lieux, dans Votre doux mystère. En l’honneur de cette si familière société, je Vous fais, ô on très aimable Maître, l’Offrande et l’oblation de toutes sociétés et familiarité que je pourrais contacter avec la créature. Je Vous offre mon esprit, ma volonté mon cœur, mes pensées, mes affections et mes désirs pour être toujours avec Vous, et pour Vous servir très fidèlement en Votre amoureuse habitation parmi nous.

Comme les bienheureux, en quelque lieu qu’ils soient, ont toujours dans le ciel leur vue portée sur Vous en qui réside la plénitude de leur joie, de même ( puisqu’en cet auguste Sacrement vous êtes ici-bas, pendant notre voyage, tout notre bien et la vivre source de toues les douceurs spirituelles ) autan que je le pourrais, je me tiendra auprès de Vous en cet aimable Sacrement, et lorsque je ne le pourrai, en quelque lieue que je sois je porterai ma pensée, man désir et la vue de mon esprit sur cette ineffable Présence qui vous fait tout nôtre et Votre Eucharistie, comme Vous êtes tout aux bienheureux dans le ciel.

Animez-moi de Votre Vie spirituelle et mystérieuse, et que cette vie très pure que Vous vivez en Votre douce eucharistie, me régisse, m’inspire et m’agisse, afin que je ne vive qu’en Vous, et pou r Votre gloire.

c- Considération 2 : De l’admirable conversion de la substance d pain au Corps du Sauveur.
Pesez l’admirable et extraordinaire conversion que se fait en cet admirable mystère, par la vertu des paroles de Jésus-Christ) mises en la bouche des prêtres et prononcés par eux de toute la substance du pain en son Corps, qui prend la place de cette substance et en revêt les accidents.

J’adore cette transsubstantiation toute miraculeuse, ouvrage singulier, opéré par la toute-puissance de Dieu unie au ministère des prêtres. Et bien que ma vue et mon goût me rapportent que selon les accidents y il y a là du pain, je n’en