| Contenue
de la page |
Première
méditations fondamentale sur la vie unitive :
De la gloire et perfection de l’Époux Sacré
des saintes âmes.
a- Préparation
b- Considération 1 : Des trésors en la possession
desquels le doux Jésus, l’Époux très
aimable, est entré par Sa glorieuse Résurrection.
c- Considération 2 : Des perfections, de la noblesse et
de la beauté de l’Époux.
d- Considération 3 : De l’amour de l’Époux
et de Ses inventions
e- Considération 4 : L’Époux sacré
donne à l’âme qu’Il veut prendre pour
épouse le Saint-Esprit comme don, présent et héritage. |
Deuxième
méditation fondamentale :
Du très auguste Sacrement de l’autel, mystère
de la foi et d’amour.
a- Préparation
b- Considération 1 : Excellences et merveilles de la
présence ineffable de Jésus parmi nous.
c- Considération 2 : De l’admirable conversion
de la substance d pain au Corps du Sauveur.
d- Considération 3 : Du véritable et adorable
Sacrifice qui s’accomplit en ce mystère.
e- Considération 4 : Le sacré mariage se consomme
en la sainte Communion.
|
| |
| Avis
sur les méditations suivantes |
1-l’amour
divin purge l’âme, l’éclaire, l’unit
son principe en souverain Bien ; cet amour ne peut pleinement
éclairer et éclairer ce qu’il n’a
préalablement purifié, ni s’unir intimement
ce qu’il n’a éclairé. Il purifier
en consumant et anéantissant toutes l’imperfection
de la nature corrompue ; il éclaire en rendant l’âme
toute lumineuse et toutes resplendissante des vertus par lesquelles
elle est faite semblable à son Bien-Aimé ; il
unit en l’approchant très immédiatement
de Dieu son Époux, pour la faire jouir de Lui et Le
posséder autant qu’il se peut en cette vie. «
Celui qui a dompté les révoltes de la chair,
dit saint Grégoire, il lui reste è exercer Son
esprit à la pratique des œuvres saintes ; et quand
les vertus ont dilaté son esprit, il lui reste à
l’étendre jusqu’aux mystères de
la contemplation et de l’union. »
(Moral. L, VII, ch. 25).
2-
L’âme est capable de recevoir ces effets de l’amour
et peut dès cette vie même, être unie à
son Dieu ; elle a, en effet, en soi une partie suprême,
purement spirituelle, (l’esprit, comme l’appelle
saint Paul écrivant aux Galates : « Marchez en
esprit »), sommet ou pointe de l’âme, où
se forment les vues simples et les conceptions spirituelles
et éternelles de Dieu, des vérités et
des perfections divines. C’est là, en cette partie
la plus spirituelle, de tout l’être, que les pures
affections de l’âme se produisent ; c’est
là que l’esprit divin opère d’une
manière purement spirituelle. C’est en cette
même partie que Dieu établit Sa résidence,
c’est la dernière chambre ou cellier de ce Palais
royal, où le Roy est assis sur Son trône ; c’est
le fond de l’âme, où Il est aussi intimement,
aussi réellement présent que l’âme
au corps.
S l’âme, par sa partie animale, est unie au corps
et aux sens, si par sa partie raisonnable elle s’unit
aux objets du corps et des sens, par cette partie spirituelle
elle est unie à Dieu, qui Lui donne l’être
par Sa présence et imprime, en cette simple essence
spirituelle de l’âme l’image de la très
auguste Trinité, cette présence de Dieu est
naturelle à l’âme.
Outre
cette présence naturelle de Dieu en l’âme,
il y en a une autre, surnaturelle, par laquelle Dieu S’unit
et Se rend présent à ce fond de l’âme
pour lui donner la vie de la grâce et imprimer, en cette
partie suprême et spirituelle, une parfait ressemblance
de Ses divines perfections, la vivifiant de Sa charité
et de Son amour.
Ces
deux présences intimes en sont point l’union
de l’âme avec Dieu, mais elles la préparent
en en rendent l’âme capable. Elles ne sont point
l’union parce quelles ne sont point une actions de l’âme,
ni une action de Dieu (1), cependant elles rendre l’âme
capable de cette union : 1- parce qu’elles la disposent
à recevoir de Dieu les sentiments spirituelles par
lesquels l’âme expérimente qu’IL
est présent : 2- parce qu’elles l’habituent
à répondre à ces sentiments par son action
d’amour, afin d’accomplir et de parfaire l’union
que son Époux commence, car cette union est une action,
qui, semblable à un lien fort étroitement serré
joint très intimement et très fortement l’âme
avec son Dieu.
3-
Toute action que l’âme exerce envers sont Dieu
n’est point union, mais seulement celle-là qui,
lui montrant son cher Époux intimement présent
au centre de son esprit, la lie à Lui comme à
un bien qu’elle possède, et non qu’elle
va chercher fort loin : action qui lui montre son Époux
présent, par simple foi, mais par véritable
expérience et sentiment spirituel, ou par une intime
et secrète communication qui avertie l’âme,
d’un manière indicible, de la présence
de son Époux.
Cette
action se commence en l’entendement, mais elle se perfectionne
et se termine en la volonté, par un pur amour possédant
et fruitif, qui uni la volonté, par la cime de l’âme,
à la suprême et unique Bonté (2), cette
union de la volonté prend plus profonde celle de l’entendement
et souvent entraîne aussi celle des autres puissances
qui se sentent aussi attirées autant qu’elles
en sont capables, sans qu’elle en soient empêchés
par les objets sensibles, qui sont leur éléments
propre ;de manière que toute l’âme est
ainsi unie à son Dieu :
«
Mon cœur est ma chair ont tressaillie en mon Dieu »,
dit le Roi-Prophète.
Premièrement
mon cœur, qui est ma volonté, se réjouit
en mon Dieu. Le possédant ; puis toutes mes autres
puissances, même les sensitives, qui habitent dans la
chair.
4-
Cet amour d’union est précédé d’un
acte de suprême contemplation et élévation
de l’entendement, lequel, éclairé d’une
lumière divine et surnaturelle, montre Dieu à
la volonté comme une vérité, très
simple et essentielle et une Bonté unique, toute savoureuse,
remplissante et regorgeante, et Le lui montre présent
à l’âme, l’invitant à enter
en Sa possession et à jouir de Sa suréminente
et ineffable saveur «La vérité contemplée,
dit Cassien, est l’aliment de l’amour.»
Après
cet acte très simple de nue contemplation, la volonté
s’embrasse et s’enflamme d’un amour qui
la lie et la serre très étroitement à
son Époux et la fait entrer dans la jouissance de Ses
délices.
La
volonté, ainsi enflammée, et entraîne
encore et applique de plus en plus l’entendement à
la très pure et éminente Vérité
de Dieu, jusqu’à ce qu’enfin l’admiration,
la suspension, et parfois le ravissement et l’extase
s’accomplissent en l’entendement, et la conjonction
en la volonté.
Cette union, à raison des actes de l’entendement
qu’elle nécessite, est un effet de l’Intelligence
et que de la Sagesse, deux donc très excellents du
Saint-Esprit mais à raison de ceux de la volonté,
elle appartient à l’Ordre de la Charité,
doit elle est une manifestation très haute et très
parfaite. Charité qui a retiré notre cœur
de la captivité des vices et de notre amour-propre,
pour nous établir dans la liberté des parfaits
enfants de Dieu et nous pousser à tous moments vers
Lui, sans que plus rien vienne contredire cette délicieuse
ascension.(3)
Et
donc c’est le Saint-Esprit qui est le principal auteur
de cette union tout amoureuse de l’âme avec Dieu,
son Époux, car c’est Lui qui émeut, élève
attire l’âme. C’est Lui qui, par les dons
de Sagesse et de l’Intelligence, répand sur l’entendement
Sa très simple et très pure lumière.
C’est lui qui, remplissant la volonté de Sa douceur
parle don de Piété et l’excellence de
sa Charité, la presse, l’entraîne et l’élève
pour lui faire embrasser son Époux dans un amour de
jouissance.
C’est
pourquoi cette divine union et les actes qui lui sont propres
sont plutôt appelés inactions, passions divines,
qu’actions de l’âme ; quoique l’âme
agisse en cette union. C’est néanmoins plutôt
comme mue et agie parle Saint-Esprit, dont elle n’est
plus que l’instrument. Et quoiqu’elle puisse se
disposer à cette intime union, il ne dépend
point d’elle de la consommer, mais du Saint-Esprit qui
la meut et opère en elle.
5- Cette union est double : l’une qui peut -être
dite naturelle ; et l’autre, surnaturelle et éminente.
La première se fait bien par la grâce surnaturelle
et par motions surnaturelles du Saint-Esprit. Mais la manière
dont elle se fait est comme naturelle, respectant la condition
naturelle de notre entendement joint à ce corps mortel
condition qui le porte à connaître les vérités
divines, même les plus pures et les plus simples, les
plus nues et les plus abstraites, par l’intermédiaire
des images sensibles ; car quelque abstrait et dégagé
du sensible qu’il suit, toujours l’imagination
suit e accompagne sa contemplation naturelle. Dès lors
l’union qui s’opère en la volonté,
comme fruit de cette contemplation, est également naturelle
: c’est-à-dire qu’elle se fait conformément
à l’état con-naturellement propre à
la grâce et à la charité selon la disposition
de la même volonté et ne rapport avec les conditions
de la vie présente. Cette union est ordinaire à
ceux qui sont en l’état d’union.
L’autre est appelée surnaturelle par la bienheureuse
mère sainte Thérèse, parce qu’ici
l’entendement est élevé à une contemplation
très haute au-dessus de tous les sentiments, sans le
concours ni d’aucun sentiment ni d’aucune image.
Cette contemplation est l’œuvre directe du Saint-Esprit,
qui l’opère en imprimant sur notre entendement
des lumières divines dans lesquelles il voit les vérités
que Dieu lui propose, sans aucun rapport ni accompagnement
d’images.
Cette
contemplation est tout angélique. Et l’amour
qui la suit, tout séraphique, pur et embrasé.
Cette union est rare et extraordinaire, c’est une grâce
singulière qui n’est naturellement due à
l’âme et à laquelle ne se peut disposer
immédiatement par aucune action prière, car
le principe et le mode sont toute entiers surnaturels.
6-
L’une et l’autre de ces deux unions si admirables
et si intimes, si proches de l’union dont jouissent
les bienheureux dans le ciel, ne sont point du tout fiction
ou imagination d’âmes dévotes. Car outre
l’expérience très certaines qu’en
ont faite les justes et les saints, « Écriture
et les Pères nous certifient que Dieu donne cette grâce
ineffable à Ses amis intimes, de Se communiques à
eux par une union aussi étroite, savoureuse, enivrante
et que le premier leur condition terrestre, voulant leur accorder
dès ici-bas les arrhes de Son amour et de la béatitude
promis par Lui à qui Lui est fidèle. Saint Paul,
écrivant aux Corinthiens, dit « que celui qui
adhère à Dieu est fait un même esprit
avec Lui ». Ce qui implique certainement une très
grande union. Et saint Denys, au septième chapitre
des Noms divins, explique que I’ intime union avec Dieu
s’acquiert par l’ignorance, lorsque l’âme,
se résolvant à ignorer tout ce qu’elle
sait, se retire de toutes choses : car pour lors, se délaissant
elle-même, elle se joint aux rayons très resplendissants
et est illuminés par le feu inextinguible de la Sagesse,
Saint Basile, au livre de la Vraie Virginité, dit des
choses très belles de cette union.
C’est donc une vérité très certaine
et assurée, que les saints connaissent et ont connu
d’expérience cette union.
Saint
Denys dit que saint Paul, son maître, vivait en cette
union lorsqu’il écrivait aux Galates : «
Je suis crucifiés avec Jésus-Christ, en la croix,
car ce n’est pas moi qui vis, mais mon doux Maître
qui vit en moi. » Et quand même cette union ne
serait point proclamée par tant de témoignages,
la seul preuve tirées de l’amour en montrerait
d’une manière très expresse la réalité.
Le
dernier effet de l’amour divin n’es pont de nous
rendre semblable à mon Bien-Aimé par les vertus
dont IL nous orne ; non, l’amour ne s’arrête
point à cette opération de ressemblance qu’il
produit en l’âme, mais va plus avant, la poussant,
après l’avoir rendue semblable à son Époux
par l’illumination, à l’union intime avec
Lui. (4)
L’amour, dit saint Denys, au même livre des Noms
divins, est une vertu et force opératrice d’union.
7- Cette union, une fois opérée, ne se continue
point en l’âme pendant tout el temps de cette
vie sans aucune interruption, car les actions extérieures
et humaines auxquelles elle doit s’occuper, ou par devoir
d’État ou par charité l’en divertissent
souvent, portant à l’entendement et è
la volonté l’attention nécessaire à
l’union.
Au commencement, avant d’être, habituée
à l’union, l’âme n’y peut,
pour l’ordinaire, demeurer longtemps. Ses puissances
ne se maintiennent pas en l’abstraction et l’unité
d’opération, et retournent aussitôt aux
sens et à la multiplicité ou diversité
d’opérations, de discours, de vues et d’affections.
L’âme
nouvellement élevée à l’état
d’union, ne peut demeurer que fort peu de temps en cette
union sacrée, et de même elle n’y retourne
point aisément, parce qu’elle n’est point
encore fixée en cet état et qu’elle n’y
est point habituée. Mais peu à peu viennent
l’accoutumance et la facilité ; l’âme
retourne sans effort e et très souvent à de
doux état : dès lors elle est en l’état
d’oraison d’union, qui est, pour l’âme
illuminée, une station dans la fruition de Dieu, selon
le mot de saint Bernard, où elle jouit de Lui aussi
longtemps qu’l lui est permis d’y reseter.
L’âme
ayant acquis cette habitude est cette facilité, est
dite se trouver en l’état d’union et mener
une vie unitive, parce qu’elle ne vit spirituellement
que de la vie d’union. Toutes ses actions intérieures
et spirituelles sont union, ou pour l’union ou de l’union
sacrée ; car s’il y a en cet état une
plus parfaite purification des impuretés de l’âme
et une plus grande illumination des vertus, tout cela se fait
par l’union et de l’union comme de sa cause.
Si les âmes qui ne sont point encore bien purifiées
de leurs péchés, de leurs habitudes et affections
mauvaises, ni illuminées des vertus, ont parfois de
ces unions avec Dieu, elle ne sont point pour cela sorties
de l’état de purgation ou d’illumination,
et ces unions-là n’appartiennent point à
la vie unitive, mais à la vie purgative ou illuminative
: elles sont communiquées à ces âmes précisément
pour les purger ou les illuminer.
Quelques
saints témoignent que les grands progrès qu’ils
faisaient en la mortification et en l’acquisition des
vertus provenaient de ce que Dieu, par Sa seule bonté,
leur accordait quelquefois cette grâce d’union.
Ces unions sont passagères, hors du temps, sans racines,
ni base dans l’âme, qui n’est point purifiés
par la mortification ni illuminées par les vertus.
Ce sont des grâces concédées, non données
; là, Notre-Seigneur attire au commencement ceux qui
sont encore enfants, par l’appât des douceurs
spirituelles mais il est nécessaire que ceux qui les
reçoivent le sachent que c’est une grâce
prêtée pour un temps, et non pas données,
comme dit saint Bernard,
8-
L’âme qui est en cette habitude d’union
et en l’état de la vie unitive, doit être
établie en l’amortissement de tous ses sentiments,
de tous ses appétits, passions et désirs. L’Imagination
doit être purifiée de toutes les images qui l’emportent
tantôt d’un côté tantôt d’un
autre et doit se trouver ainsi disposées, qu’elle
ne soit point prompte à recevoir les impressions des
objets sensibles ni à s’attacher à quelque
objet ou action dont elle aurait reçu l’image,
L’entendement
doit être simplifié, débarrassé
de la multiplicité de ses pensées, soit déréglées,
soit de celles qui consistent en discours et en longs raisonnements
sur les choses extérieurs, les objets sensibles, et
les objets spirituels qui appartiennent aux sciences ; il
doit être détaché même de tous spéculations,
quelques hautes et sublimes qu’elles soient, mort à
toutes les opinons et lumières qu’elles soient,
mort à toutes les opinions et lumières qu’il
pout avoir acquises tant par l’étude des sciences
que par les inspirations et illuminations reçues en
l’oraison, a tout jugement propre, afin de se réduire
tout entier à une seul et unique pensée toute
simplet et unie : Dieu existant par Soi-même en toute
l’éternité ; voyant toutes les autres
vérités sous l’angle de cette vérité
unique, et réduisant à cette simple et unique
pensée, de Dieu toutes ses autres pensées.
La
volonté ne doit avoir aucun désir, aucune affection
ni attache à quelque choses que ce soit, à aucune
action soit intérieure, soit extérieure, à
aucune grâce ni disposition divine ; elle ne doit avoir
aucune propriété, mais toutes ses affections
doivent être réussites au simple amour de Dieu
regardé comme intimement présent à l’âme,
afin qu’en toute liberté l’âme puisse
s’unir à Dieu par cet amour, en toutes ses occupations
et actions.
9.
Trois choses sont nécessaires pour se préparer
à l’union : 1- l’amortissement des passions
et des sentiments : 2- l’abnégation de l’entendement
et de la volonté propre : 3- la réduction de
ces deux puissances à une simple disposition.
L’amortissement
des sens et de sentiments par l’abnégation de
toutes choses extérieurs, pour se disposer à
l’union sainte, est signifié par ces paroles
du divin apôtre :
« J’estime devoir faire perte de toutes choses
pour m’élever à l’éminente
science de Jésus-Christ, mon Seigneur, pour Le gagner
et Le rendre parfaitement mien, je veux faire perte de toutes
choses, les quelles je n’estime, en comparaison de Lui,
que comme de l’ordure. »
L’abnégation
totale de l’entendement et la vraie illumination des
vertus, avec la foi parfaite, pour disposer de plus près
à la même union, est exprimée par les
paroles qui suivent celles que nous venons de rapporter, du
même apôtre : « Et que je sois trouvé
en Jésus, non pas confiant en ma justice et ma propre
vertu selon la loi, mais en la justice qui est selon la foi
et la lumière donnée de Jésus-Christ,
justice qui est véritable et qui est la vraie vertu
selon Dieu.»
Quand
à la réduction de l’entendement à
la simple vérité de la gloire de Jésus,
et à celle de la volonté en une pure et simple
affection d’amour, qui est la disposition immédiate
à l’union, elle est très parfaitement
représentée par ces mots : « Et tout cela
afin que je reconnaisse Jésus et la vertu de Sa Résurrection,
tant crucifié et mort avec Lui, pour que je parvienne
à la résurrection des morts, courant après
Jésus auquel je désire me joindre.»
10- Quand l’âme est établie dans les dispositions
susdites, que son jugement, est par la soumission, au-dessous
de tous les jugements ( particulièrement de son directeur
) et dépouillés de toute propriété,
que sa volonté ses au-dessous de toutes les volontés,
unie par conformité ; à celle de Dieu, que toutes
la vertu active qu’elle a pour opérer et toute
la capacité passive qu’elle a pour être
émue de Dieu et recevoir Ses illuminations, inspirations
et élévations, est subordonnée à
la disposition de la Volonté divine, pour agir quand
Elle le voudra ou se tenir en passivité selon qu’elle
en décidera ; lorsqu’en toutes ses actions, intérieures
et extérieures, en toutes ses paroles et discours,
elle tâche, anéantissant la nature, d’attendre
et de suivre les mouvements, de la grâce, lui donnait
toute son opération, ne faisant rien dans la consulter
ni la demander ; lorsque, dis-je, l’âme est établie
et toutes ces choses, et que Dieu lui donne la grâce
de la mouvoir souvent à l’union sacré,
nous pouvons dire qu’elle est en l’état
de la vie unitive.
11- Aussi est-ce une chose certaine que peu sont dans cet
état, quoique certains pensent y être, qui prétendent
s’élever d’eux-mêmes à une
vie qui dépasse la nature sans que Dieu les y fasse
monter ; d’où viennent qu’ils tombent,
se perdent et se brisent, entreprenant de voler sans ailes,
comme Simon le Magicien : car bien que les âmes qui
commencent et progressent soient parfois élevés
à l’union sacrée et participent à
l’oraison d’union, elles ne doivent pourtant pas
se croire en l’état d’union, ni présent
y entrer d’emblée sans achever leur purification
par la mort de l’amour-propre et leur illumination par
l’acquisition des vertus, ainsi quelle dit saint Bernard
: « Peu arrivent, si je ne me trompe, à une telle
perfection en cette vie ; car si quelqu’un semble parfois
la posséder, il importe qu’il ne prenne pas aussitôt
confiance, en lui-même, surtout s’il est novice
et n’est pas monté par les degrés précédents.
» (Sen. 3. sur la Circ.). Autrement, ce serait grande
erreur et grand sujet de ruine.
Il
faut fonder pour bâtir, et bâtir pour s’élever
: se fonder en l’anéantissement de soi-même
par la purification, et bâtir la vie spirituelle, et
intérieure avec les vives pierres des vertus solides.
L’amour divin tend bien à l’union sacrée
dès le premier instant où il commence à
bruler dans une âme et la volonté à Dieu.
Mais c’est de loin, et il l’exécute pas
aussitôt ; l’union viendra en son temps, lorsque
l’amour aura purifié, éclairé,
illuminé, détruit les imperfections, l’amour-propre
et les attaches qui contraient cette union, et aura produit
les excellents vertus qui y disposent. (5)
L’amour
divin est un feu qui, nous trouant d’abord dissemblables
de Dieu par nos vices et nos impuretés, nous éloigne
de l’union par l’abaissement et l’anéantissement
de nous-mêmes qu’il provoque en nous purifiant
; puis, nous ayant rendues semblables à notre Bien-Aimé
par les vertus, il nous unit à Dieu, et nous fixe dans
l’état, l’habitude et la disposition de
l’union sacrée.
12-
Ce point, doit être considéré : Si Dieu
nos élève à Ses saintes familiarités,
nous ne devons point pour cela quitter nos exercices et nos
oraisons de purgations et d’illumination avant qu’étant
purifiés et illuminés, et fortement attirés
par la grâce divine, nous soyons montés à
cet état. Alors seulement nous nous appliquerons aux
exercices et oraisons propres à nous disposer à
cette divine union toute pleine de délices et les conseils
d’un bon père spirituel, en qui nous connaisse
depuis longtemps et qui ait bien discerné toutes les
grâces que nous avons reçues et les dispositions
de notre esprit.
Quand
l’âme sera ainsi pourvue, il faut que courageusement,
dit la bienheureuse mère sainte Thérèse
elle s’abandonne à Dieu et se laisse toute en
proie à pusillanimité que d’hésiter
à quitter la nature, les sens et la raison pour suivre
pleinement l’attractions de la divine grâce, lorsqu’elle
nous attire à cet état de vie unitive, il faut
que l’âme se laisse toute emporter par l’attirait
divin selon le bon plaisir de sa Majesté, car en cet
état, elle se doit regarder désormais comme
toute à Dieu, et en Dieu, et non plus en elle-même
ni à elle, sans plus de volonté ni de soucis
propres : sa volonté doit être abîmée
et anéantie dans celle de son Époux, pour se
laisser faire et mouvoir par elle à Son bon plaisir.
Quoique les âmes qui commencent et progressent ne doivent
pas tendre immédiatement à cette union sacrée
ni vouloir s’élever à ce état de
vie unitive toutes celles néanmoins qui font professions
de la foi et de la religion chrétienne doivent y aspirer
et espérer d’y parvenir enfin. Car c’est
en cette délicieuse union que consiste l’accomplissement
de la sainte charité, et c’est en la charité
que consiste toute la perfection chrétienne.
Tous doivent tendre à cette perfection, et à
la parfaite disposition de la charité à laquelle
Dieu nous élève en cet état de vie unitive.
Saint
Paul, écrivant aux Corinthiens, y exhorte tous les
chrétiens par ces sacrées paroles : «
Courez si vite et si promptement, que vous arrivez à
l’union, par laquelle, lorsqu’on est parvenu à
Dieu, on l’embrasse et on jouit de Lui. »
14,
Les personnes religieuses principalement sont obligées
de tendre à cette perfection de charité, par
le dépouillement et la désappropriation de tous
choses, tâchant d’acquérir la parfaite,
préparation à l’union sacrée leurs
vœux les y invitent , les règles et obéissances
religieuses les y conduisent, elles s’y doivent, porter
dès qu’elles entrer en religion et doivent sans
cesse viser à ce but, commençant très
humblement par la mortification de toutes les passions et
affections, par se fixer dans le dépouillement de toutes
choses.
Je dis que les religieux sont obligés de tendre actuellement
à cette parfaite disposition de charité par
le détachement entier et universel de tout ce qu’ils
aiment hors de Dieu. Car c’est la fin même des
vœux qu’ils ont prononcés.
Certains religieux pensent et disant « qu’ils
ne sont pas obligés, d’être parfaits, d’être
en ce haut état de vie unitive, d’être
dépouillés et dénués de l’affection
de toutes choses, qu’il suffit de garder les règles
et observances religieuses avec les vœux, comme font
les autres imparfaits, c’est-à-dire l’extérieurement.»
Ce sont là pensés fausses coupables et, dangereuses,
propres à des âmes lâches et à des
religieux qui en le sont que d’habit, non de cœur
ni d’esprit.
Ces
âmes sont en grand danger de se damner en religion,
quelques exactes qu’elles soient en l’observation
extérieur de leurs règles : car elle ne garde
pas spirituellement leurs vœux, et par les attaches dans
lesquelles elles vivent, elles ont en continuel danger de
les transgresser, même en choses graves, pour le moins
intérieurement, en prenant une disposition d’âme
contraire à leurs vœux : disposition que souvent
trop grande liberté et leur lâcheté d’esprit
les empêchent de voir aussi mauvaise qu’elle est,
que leur attaches et leurs affections égoïstes
couvrent sans qu’elles s’en rendent compte. Et
cette disposition est telle que, n’y prenant pas garde
à cause de leur cécité, elles y vivent,
y meurent et aussi s’y damnent.
Je
voudrais que ceci entrât bien avant da le cœur
de tous les religieux, car c’est un point très
important c’est une opinion fausse de croire que pour
tendre à la perfection il suffit de garder extérieurement
les règles et observances, sans viser au dénuement
de toutes choses, sans vivre dans la purification des vices
et l’illumination des vertus, sans être à
tous les moments de notre vie dans l’exercice du dépouillement
de nous-mêmes pour tendre à la charité
parfaite.
Il faut au contraire, et c’est un devoir très
strict découlant directement de leur
professions, que les âmes religieuses se mettent et
se tiennent en la disposition du grand saint Paul, disant
toujours avec lui c’est belles et courageuses paroles
: « Non que je suis parvenue au but, ou que je sois
parfait, mais je poursuis ma course pour l’atteindre
et la posséder, mes frères, je ne pense pas
être parvenu au bout de la carrière ; c’est
pourquoi je travail et pense jour et nuit à une seule
chose : oublient toutes les choses qui sont derrière
moi et que ne me touchent point, je tends de tous les forces
de mon âme et de mon corps pour saisir le prix, et me
joindre à mon Jésus. »
C’est
ainsi que nous parle le divin apôtre, toute enflammé
de l’amour de Jésus.
15- Les religieux de saint François sont tenus par
leur règle à une forme de vie toute apostolique,
toute pure, parfaitement dénuée des choses créées.
La fin du leur ordre est une charité séraphique,
toute embrassée par le salut de la perfection des âmes
et pour l’amour de leur Dieu, qui leur unique Tout,
et qu’ils ont choisi pour Époux. Tout cela les
appelle à viser constamment à un entier dépouillement
de toutes choses, pour parvenir à cette perfection
de charité et l’État de la sainte union
de l’amour divine.
C’est
pourquoi ils doivent comme d’ailleurs tous les religieux
imprimer profondément cet avis dans leur cœur,
s’en souvenir toujours et se poser incessamment cette
question que saint Bernard s’adressait à lui-même
: « Bernard, pourquoi es-tu entré en religion
? »
16-
Puisque toutes les âmes chrétiennes, et particulièrement
les religieux, doivent tendre à cette perfection de
la charité qui fait l’union de notre esprit avec
Dieu, il n’est pas inopportun de proposer à tous
les exercices de la vie unitive : car bien qu’elles
n’y soient pas encore, c’est pour les inviter
à y tendre, pour les amorcer, les attirer en leur faisant
admirer les grâces que reçoivent les âmes
en cet état et les saintes familiarités qu’elles
ont avec Dieu. Si on leur fait faire, en la retraite, les
méditations qui appartiennent à cet état,
ce n’est pas pour les y mettre afin qu’elles s’y
tiennent par après, amis pour leur donner quelques
notions de cette union sainte, afin qu’elles s’y
comportent bien quand Notre-Seigneur la leur donnera par intervalles
au cours des oraisons ordinaires qu’elles feront dans
la suite.
C’est pourquoi l’âme qui aura suivi le cours
entier de ces exercices et aura fait les méditations
qui concernent cette bienheureuse union, doit par après
retourner à la purgation pour la parfaire par de nouvelles
pratiques d’abnégations. Puis, après la
purgation entière et l’illumination parfaite,
elle se disposera à recevoir du Saint-Esprit les mouvements
de cette union, en se tenant dans des pensées pleines
de Dieu et de ses perfections, pensées calmes, sereines
et toutes simples sur ces perfections infinies et sur les
mystères de gloire où elles resplendissent.
Ce
sont ces pensées qui feront l’Objet des méditations
suivantes de la vie unitive et nous y prendrons encore la
sainte pénitence Magdeleine comme modèle de
cette union divine, à laquelle nous devons nous disposer
comme elle par l’ardeur de l’amour, l’impatience
du désir et la contemplation de Jésus-Christ
dans Sa gloire. En cette gloire resplendit la Divinité,
qui est l’objet propre de l’union, avec l’infinité
de Sa grandeur, de Sa bonté, de Sa beauté et
de Son amour, et particulièrement dans l’adorable
Sacrement où notre Jésus et présent pour
S’unir à nous, C’est pourquoi les deux
méditations fondamentales de la vie unitive auront
pour sujet, l’une la gloire de la Résurrection
de Jésus à laquelle se rapportent tous les mystères
de gloire et l’autre le très auguste Sacrent
(6).
Références-1
|
| Première
méditations fondamentale sur la vie unitive :
De la gloire et perfection de l’Époux Sacré
des saintes âmes. |
| a-
Préparation |
D’abord
les actes ordinaires à l’âme y doit apporter
beaucoup d’attention, de pureté et de soumission
à la grâce et à la volonté de Dieu.
Tournez tout votre esprit vers cette haute et sublime vérité
: Jésus-Christ, Fils de Dieu, Époux des âmes
purifiées.
Elle
est véritable, certaine, surnaturelle, révélé
par la foi ; je l’adore et veux en rendre ma raison
captive.
Mais
Vous, ô mon Époux sacré, le vrai Soleil
des cœurs, donnez-moi lumière pour en avoir l’intelligence
et reconnaître Votre gloire, Votre beauté et
Vos perfections par lesquelles Vous attirez les âmes,
à Vous suivre, à Vous aimer et à se rendre
Vos épouses.
Faites-moi
la grâce de me disposer à être de leur
nombre.
Références-2
|
b-
Considération 1 :
Des trésors en la possession desquels le doux Jésus,
l’Époux très aimable, est entré par
Sa glorieuse Résurrection. |
Pensez que le Sauveur, voulant se rendre le très aimable,
Époux des âmes, a combattu pour les délivrer
de la tyrannie du démon, les recouvrer et les rendre
Siennes. En ce combat, qui a duré trente-trois ans. Il
a été atout couvert, au dehors, de la poussière
de la mortalité et de toutes sortes d’abjections
et d’opprobres, Il a reçu force plaies qui L’avaient
rendu méconnaissable et l’avaient tout baigné
de Son sang. Cependant, par sa mort, Il remporter sur tous Ses
ennemis une entière et éternelle victoire, victoire
qui n’est pas en quelque sorte qu’un prélude,
car il Lui faut maintenant attirer à Son amour les âmes
qu’Il a délivrées à si haut prix
et les amener à devenir Ses épouses.
Or cette forme défigurée et cette poussière
provenant du combat n’étant point propres à
amorcer l’amour : il prend donc, en Sa résurrection,
Ses habits de triomphe, revêt Son manteau de noces,
afin d’apparaître tout aimable, plein de gloire
et de beauté, aux âmes qu’il vue charmer,
et de tourner sur Lui tous les yeux et tous les cœurs.
Considérez
qu’au beau jour où Il s’est levé
tout glorieux et triomphant du sépulcre, Il st apparu
enrichi et resplendissant de tous les perfections qu’un
cœur peut désirer trouver en L’Époux
qu’il se veut choisir.
Ces
qualités sont au nombre de 6 principales :
1- la puissance et l’autorité ;-2- les richesses
; -3-la beauté ; -4- la noblesse ; -5- l’amour
parfait ; -6- de pouvoir monter cet amour et caresse Ses épouses.
Après ces six perfections il n’y a plus rien
à désirer en un Époux, Or mon Jésus,
mon Tout et mon Amour, en est très excellent paré.
Sa
puissance, Son crédit, Son autorité, selon Sa
nature divine, sont immenses et infinis. Toute créature
Lui est soumise comme à Celui dont elle reçoit
l’être. Toute force et toute puissance n’est
que faiblesse si elle n’est unie à Sa puissance
et à Sa force souveraine, soutenu et fortifiée
par Son adorable plénitude étendue à
toutes choses. Puissance voilée et dérobée
aux regards pendant Sa vie mortelle, mais qu’IL fit
éclater avec une magnificence singulière en
sa résurrection, terrassant par cette puissance essentielle
et à la mort, et ses ennemis, et les puissances infernales
revêtant Son corps brisé et humilité de
la gloire infinie d’une beauté divine et d’un
triomphe sans rival.
Selon
son Humanité très sainte, puissance t autorité
plénière Lui a tété donnée
sur tout le ciel et sur toute la terre. Dans le ciel toute
la puissance des anges fait hommage à la Sienne, et
sur la terre toute l’autorité des hommes ; les
puissances infernales même Lui sont soumis, ployant
les genoux devant Son Nom qui est au-dessus de tout nom.
Le Père ne juge personne, Il a remis la puissance de
juger au Fils.
Pensez que le Christ est descendu aux enfers, afin d’en
prendre possession et d’y laisser éternellement
la présence de sa puissance et de sa justice, et de
la faire sentir à ceux qui sont en ces prisons.
Il est revenue sur terre avec Son corps glorieux pour prendre
possession de nos cœurs, les animer et les vivifier de
la force de Son esprit, Il est monté au ciel pour prendre
une possession éternelle de Son très ample palais,
du trône d’infinie gloire destiné à
la Sa royauté, du commandement des milices célestes
et de toute la gloire des bienheureux, laquelle est proprement
son œuvre et son domaine, et ainsi Il a rempli et remplit
toute chose de Sa puissance, comme dit le divin apôtre.
Et maintenant Il est assis à la droite de Son Père
établie et confirmé en la tranquille et inébranlable
jouissance de la plénitude de toute puissance, possesseur
unique de tous les trésors de la sagesse et de la science
de Dieu, de la grâce et de la gloire de tous les saints.
Car Il a été constitué l’héritier
universel de toutes choses. Toutes les créatures Lui
appartiennent, de toutes les richesses du ciel et de la terre
sont en Sa main et Il les distribue à qui bon Lui semble,
Il en remplit les anges et les saints de toutes les âmes
qui veulent être Ses épouses.
Les richesses qu’Il donne à ceux qu’il
enivre sont d’une autre nature que les richesses temporelles,
si précieuses aux yeux des mondains, quoique de celles-là,
même Il soit le Seigneur : ce sont des richesses impérissables,
inamissibles et incorruptibles, qu’aucune voleur ne
peut dérober, qui ne diminuent point par l’usage
qu’on en fait mais s’accroissent toujours ; elles
assouvissent les Coeurs qui les possèdent, les emplissant
de joie et de suavité, et les fixent dans un inaltérable
repos, à l’abri de toute vain désir.
O richesses très admirables ! O L’Ami de mon
cœur, puisque, par Votre grâce je suis une portion
de Votre héritage, faites-moi participant de Vos trésors,
afin que, tout paré de Votre surabondance, je puisse
être plus agréable aux yeux de Votre amour.
Viens
dehors, ô mon âme, élève la vue
de ton esprit, et regarde ce pacifique Salomon, ceint du royal
diadème dont l’éternelle Sagesse, qui
Le tien entre ses genoux comme une mère, L’a
couronné au jour de Sa résurrection, jour de
Ses épousailles et de la joie de Son cœur.
Considère
cet Époux, et vois Sa tête ornée des diadèmes
et des couronnes toutes les principautés de la terre
et du ciel ! Les rois des nations se découvrent devant
Lui et jettent à Ses pieds leurs couronnes. Ses titres
resplendissent en lettre d’Or sur Son vêtement
: Le Roi des rois et le Seigneur des seigneurs, le Verbe de
Dieu tout-puissant.
Oh
! Mon Seigneur, Vous régnez ! Vous régnez, mon
Époux, Vous êtes couronné de gloire et
d’honneur, tout revêtu et resplendissant de Votre
force toute suave. Je Vous conjure de régner aussi
sur mon cœur et de le rendre captif de Votre amour. Je
reconnais et j’adore Votre puissance comme l’appuie
et le soutient de ma faiblesse, Non, je ne puis pas même
remuer les paupières sans l’intime présence
et le concours à Votre force divine, et je ne puis
pousser un soupir pour Votre gloire sans l’aide de Votre
grâce.
O mon Jésus, employez Votre puissance à me convertir
à Vous. Que par cette sacré puissance qui Vous
rend tout glorieux et resplendissant, ô mon doux Roy,
je vive en Vous et meure en Vous Amen.
|
| c-
Considération 2 :
Des perfections, de la noblesse et de la beauté de l’Époux. |
Considérez qu’elle n’est saurait avoir non
plus de plus beau que le Verbe éternel, Source et Origine
de toute beauté, la Beauté même Essence
et substance de toutes choses, Splendeur du Père, Sagesse
incréée et candeur de Sa Lumière éternelle
; candeur et beauté dans laquelle, comme en un très
claire et pur miroir, les bienheureux voient la beauté
des créatures qu’ils contemplent en Dieu, sans
que jamais ils soient rassasiés ni laissés de
contempler ce miroir, lequel surpasser en beauté toute
beauté pensée, existante ou possible,
Voilée
pendant trente-trois ans par la poussière de Sa chair
mortelle, et cette beauté éclate infiniment
au jour de Sa Résurrection. Alors, Il la laisser percer
de toutes parts en sorte que Son divin Corps devient tout
éblouissante de la splendeur de l’âme qui
rayonne sur lui. Et cette âme est toute fondue dans
la gloire et dans la joie de la vision béatifique et
de très connaissance de toutes les choses et de tous
les cœurs.
Le Corps de Jésus est la règle et la mesure
de toute la beauté du ciel et de la terre, la lumière
de gloire la revête comme un soleil éclatant
d’une ineffable et débordante lumière
toute la Jérusalem céleste. Son âme est
la cause première de toutes les inspirations et révélations
accordées à tous les saints et à tous
les anges. La tristesse et l’angoisse d’avant
le combat on à jamais disparue. Plus de mort ni de
souffrance pour ce Corps divin et plus que divin, vrai Temple
de la Divinité. Soleil éternel, immortel et
incorruptible, Soleil qui n’envoie point seulement les
rayons de Sa lumière là où Il veut, mais
Se porte Lui-même aux lieux qu’Il a choisis, sans
que rien ne puisse Lui faire obstacle.
Mais pourquoi s’étendre sur ces choses dont on
ne peut rien dire ? C’est tout la plénitude la
Divinité, de la Grâce et de Vérité
qui réside en l’âme et dans le Corps Du
Sauveur, en toute son Humanité sacro-sainte, pour la
remplir de sagesse, de beauté, de bonté, de
puissance, de lumière, de tous les attraits enfin,
de tous les charmes capables de blesser les cœurs et
de les obliger à l’aimer comme leur unique Époux.
Rappelez-vous les saints Cantiques et voyez l’admirable
dialogue dans lequel sont rapportées, avec un art infini,
toutes les beautés de l’Époux.
Une âme qui a acquis, par la foi et par ses méditations
fréquentes, la connaissance de cette admirable beauté
de Jésus, cherche avec des désirs impatients
cet Époux sacré, soupirant après Lui
et conviant les autres âmes à Le prier de prendre
garde à elle et d’avoir compassion de ce qu’elle
languit d’amour.
Et elles, les autres, à peine entrées dans la
voie de la vertu, encore ignorantes de cette Beauté
qui a allumé un si véhément amour, lui
répondent avec admiration : Quel est cet ami si cher,
ô âme embellie de tant de vertus, excellente plus
que toutes les autres en beauté ? Quel est cette beauté
de ton Époux, si admirable qu’elle te pousse,
par une telle véhémence d’amour, à
nous adjurer de Le prier pour toi ?
Mon Ami, répond-elle, est blanc et vermeil, choisi
entre mille ; comparé à Lui il n’est rien
admirable en la terre ni au ciel. Car Il est Dieu et homme.
En Sa divinité II est la candeur de la Lumière
éternelle, et le Soleil resplendissant de la sagesse
incréée qui illumine toutes choses de la beauté
de Ses rayons, En Son Humanité, c’est une escarboucle
flamboyante d’amour, Son corps ayant été
formé par la vertu d’un grand feu d’amour,
Le Saint-Esprit, du très pur sang de la Vierge, et
Son âme, avec Son cœur, ayant au même instant
pris toute l’ardeur et toute l’éclat de
ce feu brûlant. Mon Époux est blanc et vermeil,
Dieu et Homme. C’est, ô filles de Jérusalem,
dire d’un seul mot toutes les beautés du ciel
et de la terre, et proclamer que tout ce qui est aimable et
capable d’attirer doucement les cœurs, est surexcellemment
en mon Époux.
Toutefois,
si vous voulez connaître en détail toutes Ses
beautés, considérez que Sa Divinité (qui
est Son chef et qui agit sur Son Humanité et sur toutes
choses) y est toute d’or fin, précieuse par surexcellence,
plus que toutes les créatures les plus éminentes
en beauté ; Divinité en laquelle il ya, comme
la multitude des cheveux d’un chef, une infinité
de perfections et d’excellences.
Les yeux de Sa Sagesse, qui passe et Se promène partout
parle soin singulier qu’IL a de toutes Ses créatures
et de chacune d’elles en particulier, sont comme des
colombes toutes amoureuses, blanches comme du lait, qui président
sur les rives des eaux courantes et mirent continuellement
dans le très pur cristal des fleuves : ainsi Ses yeux,
regardant toujours en Lui-même, Se contemplent et Se
mirent en la beauté de Ses créatures, raisonnable,
comme en autant de miroirs et de très fins et purs
cristaux, qui représentent Son visage comme de très
belles images ; Ses yeux conservent toujours leur pureté
et leur beauté, et ne se souillent point par le soin
très spéciale et tout plein d’amour avec
lequel Il tient la vue fixée sur chacune de Ses créatures,
principalement sur chacun de nous, afin de pouvoir, avec une
dilection plus tendre et plus empressés que celle d’un
père ou d’un époux, à tout ce qui
nous est nécessaire.
Les
deux joues de Sa miséricorde et de Sa justice, de Sa
bonté et de Son amour, sont comme des vases remplis
de fleurs : Sa bonté et Son amour, Sa miséricorde
et Sa douce justice, qu’IL présente comme ses
joues à baiser et à contempler aux âmes
saintes, sont les plus éminentes outre toutes Ses perfections
à elles rayonnent sur nos leurs grâces : de faveur
ou de rigueur, pour nos attirer à elles.
Ses lèves, comme des lys teints de vermeil, distillent
des paroles d’une admirable odeur, pareilles à
des gouttes de myrrhe, préservant de la corruption
tout ce qu’elles embaument.
Ses mains, en la soudaineté, la promptitude et la douceur
de Ses actions, sont suaves, gracieuses et sans âpreté.
Elles sont toutes éclatantes de l’or de la charité
et brillent, comme des hyacinthes, de toutes la splendeur
des vertus, des merveilles et des miracles qu’elles
ne cessent d’accomplir.
C’est
ce que je puis vous dire ô mes compagnes, de la beauté
de la Divinité de mon Époux ; quant à
Son Humanité, eIle est toute divine par la blancheur,
la solidité et la force de Son innocence tout ornée
des saphirs des vertus célestes, encaissés dans
Son âme, comme des pierres précieuses en une
couronne royale.
Les deux ardentes affections, le zèle de la gloire
de Son Père et celui de notre salut, qui portaient,
conduisaient et faisaient cheminer toute Sa vie humaine, tout
comme les jambes portent et conduisent le corps humain, sont
comme des colonnes de marbre très pu, en leur constances
leur fermeté inébranlable et leur admirable
sincérité, étant fondées sur des
bases toutes d’or : l’une de l’amour de
son P ère, et l’autre de la dilection très
forte et très fidèle qu’iI nous porte.
Enfin, filles de Jérusalem, si, regardant le mont Liban,
vous avez jamais été ravies de voire à
une telle hauteur une si agréable verdure, avec tant
d’odeurs et une si merveilleuse infinité de fleurs,
sachez que telle est la beauté de mon Époux,
qui surpasse en son éminence tout ce qui se peut voir,
comme les cèdres du Liban se distinguent de tous les
arbres et les surpassent en beauté.
Mais par-dessus tout, mon Époux nourrit de tant de
douceurs les âmes qui savourent Ses paroles et Sa beauté,
les enivre de tant de délices, que cela ne se peut
exprimer. Tout ce que je puis vous end dire, c’est qu’IL
est tout désirable et remplit tous mes aspirations
par chacune de Ses beautés.
Mon Bien-Aimé est tel, ô mes chères compagnes,
et Il m‘est tel à moi-même afin que j’en
jouisse, et Il me communique Ses douceurs, car Il est le seul
fidèle amie de mon cœur.
Ces
âmes, toutes ravies, du récit de tant de beautés
qui sont en mon Jésus, s’écrient : «
Et où est-il donc allé, ce tien Époux,
ô la plus belles des âmes ? De quel coté
s’est-Il retiré ce tien Ami si cher, pour que
nous Le cherchons avec toi et que tu nos mènes à
Lui, afin que nous aussi nos participions aux merveilles de
tant de douceurs ? Car nous voici tous enivrées et
blessés de Son amour aussi bien que toi.»
O
Mon Époux, mon Soleil faites, par Votre beauté
que moi aussi je sois blessé de Vote amour et m’unisse
aux âmes qui sont Vos épouses, pour Vous chercher
et Vous posséder à jamais.
|
d-
Considération 3 :
De l’amour de l’Époux et de Ses inventions |
Considérez
cet amour unique et entier, que le très aimable Jésus
porte à chacune des âmes en particulier, car Il
aime chacune d’elles aussi pleinement, aussi jalousement,
aussi parfaitement que s’IL n’en aimait qu’une
laquelle serait seul au monde et l’objet unique de Son
cœur, S’offrant tout Lui-même, à elles,
à chacune d’elles, pour être leur Époux
et Se livrer tout entier avec toutes Ses perfections et Ses
délices à leur amour, afin qu’elles Le possèdent,
disposent, de Lui comme de leur bien et jouissent non seulement
de toutes Ses richesses, mais encore de Lui-même.
Cette
vérité est absolument réelle, et toute
âme qui s’approche de l’amour de Jésus
peut en faire une expérience aussi certaine que celle
que disait : Il est mon Ami, c’est Époux mien,
je suis toute Sienne, mais aussi Il est parfaitement tout
mien et Se tourne tout entier vers moi. Il est mon Bien-Aimé
et mon Époux, Il m’a aimé Le premier afin
que je puisse Lui donner mon amour.
Il
m’aime, dit le divin apôtre, et Il S’est
livré pour moi, en signe de Son amour.
Il ne faut point craindre que la très grande disproportion
qu’il ya entre la bassesse de l’abjection des
âmes et qui ont été infectées du
péché et la gloire du Fils de Dieu ressuscité,
empêche les familiarités sacrées de ce
saint amour de Jésus. Le Roy souverain de toutes choses.
N’est-ce
point une chose admirable et qui dépasse le sens humain,
de considérer et l’éminence d’un
tel Amant et la bassesse de l’âme qu’Il
aime, et les caresses excessives dans lesquelles Il la poursuit
?
Il Se présente à la porte de son cœur,
heurte et attend jusqu’à ce qu’elle Lui
ouvre… Et sitôt Lui a-t-elle ouvert, qu’Il
pénètre chez elle pour la remplir de Ses délices.
Car Il veut être tout à elle et faire Sa demeure
avec elle, éternellement.
Oh ! Écoute le Ses paroles !
Ouvre-moi, ma sœur, mon unique, ma colombe, ma bien-aimé
; ouvre-moi, ô âme toute belle sans aucune tache,
ouvre-moi, car Ma divinité (qui est mon chef) est toute
dégoullande de la rasé de Mes grâces,
pour fertiliser toutes tes puissances et faire épanouir
en ton cœur toutes les fleurs des vertus ; et les soins
continuels qui me tiennent en vieille jour et nuit sur toi,
pour ton amour, sont, comme les boucles de mes cheveux, tout
emperlés de grâces.
Ouvre-moi,
ma sœur, mon épouse, afin que tu me possèdes
avec toutes les caresses et tous les dons très précieux
de mon amour.
Ne
sont-ce point, là des paroles d’une affection
tout impatiente d’amour e brûlante de désirs
?
O
Jésus, quand est-ce que je Vous ouvrirai parfaitement
mon cœur et que je brûlerai de Votre amour ?
Voyez
la familiarité que le doux Jésus et avec Sa
sainte amante Magdeleine : Il la nomme par son nom : Maire.
Cette parole fut prononcée avec un amour si doux et
si familier, qu’à l’instant cette âme
conçut une flamme d’amour pour Jésus et
s’élança aux saintes familiarités
de son Époux.
Considérez avec quelle douceur Il Se fait le compagnon
de voyage des deux disciples qui vont à Emmaüs,
laissant tomber Ses parles comme des charbons ardents sur
leurs cœurs pour les enflammer, selon qu’ils en
témoignent eux-mêmes, s’écriant
l’un à l’autre :
Note
cœur n’tait-il point tout brûlant, pendant
qu’IL nous parlait en chemin ?
Oui
vraiment, leur cœur était ardent, puisqu’il
était si près d’une fournaise toute regorgeante
d’amour dont la flamme ayant été pour
quelques jours cachés et retenu dans le tombeau de
la mort, s’élance, à présent qu’il
est ressuscité, avec plus d’effort et de violences,
pour allumer les cœurs.
Pensez
à cette douceur ineffable avec laquelle Il s’adresse
à saint Thomas, l’apôtre, Lui présentant
Ses mains percées de son côté ouvert,
pour les lui faire toucher et amollir ainsi et liquéfier
toute la dureté de son cœur. Et ce cœur incrédule,
en effet, est là l’instant tout fondue par l’amour
qui jaillit des fournaises de Ces plaies, et s’écoule
tout en son Jésus pour une union intime, s’écriant
: Mon Seigneur et mon Dieu ! Vous êtes mien ! Oh ! Je
suis tout Vôtre, possédez-moi, car Vous êtes
mon Tout !
Voyez-Le
converser pendant quarante jours avec Ses apôtres, leur
portant toujours la paix, pour monter qu’IL leur donne
l’entière jouissance et possessions de Lui-même
par l’union sacrée de Son amour, jouissance sans
laquelle ils ne pouvaient être fixé dans une
paix solide. Car il n’y a point de vrai repos pour l’âme
sans la jouissance de son Jésus.
Considérez
attentivement un si grand nombre de privautés. Il mange
avec eux. Il les interroge, Il les appelle à converser
intimement avec Lui, Il traite avec eux de Son amour, Il leur
présente Son corps lumineux à voir et à
toucher :
Tenez,
dit-il, voyez et touchez, c’est Moi-même, car
un esprit n’à point de chair.
Ce
n’est point tout, cet amour de l’Époux
très saint n’est pas seulement véhément,
familier et suave, mais il s’est très savant
et fertile en inventions pour s’insinuer dans les cœurs
et parfaire, avec les âmes, l’union intime en
laquelle Il veut leur communiquer Ses délices.
Deux
grand obstacles semblaient s’opposer à Son désir
d’unir Son cœur à celui de l’âme
qu’Il veut rendre Son épouse : Son corps, bien
que glorieux, et le nôtre, et notre état de vie
matérielle et mortelle.
Mais
voici qu’Il Se lève du sépulcre traversant,
la pierre du monument. Voici qu’Il entre chez Ses disciples,
toutes portes état closes. Son corps, par une invention
admirable de l’amour, est devenu subtil, il ne connaît
plus d’obstacle et, pénétrant partout,
où il veut, porte le Cœur et la divinité
du doux Jésus à toutes les âmes qui Le
veulent posséder.
Notre
corps ni notre condition terrestre ne nous empêche point
non plus de recevoir les communications de Son amour. Car
voyez, je vous prie, les inventions étranges de Sa
miséricorde et de Sa tendresse pour S’accommoder
à nos dispositions et à nos goûts et S’en
servir comme de moyens propre à S’Insinuer dans
nos cœurs :
Il se fait jardinier quand nous sommes en un jardin, ou occupés
par la pensé d’un jardin ; pèlerin si
nous somme en voyage ; à la pêche IL se présente
en pêcheur ; Il se trouve à table et nous préparé
des met si nous voulons manger, Il nous parle d’amour
au moment où nous sommes disposés à aimer.
Et ainsi, grâce à l’admirable subtilité
de Son amour, par tous les accidents de notre vie, nos humeurs,
nos goûts, nos occupations, nos devoirs, Il Se ménage
quelque ouverture pour entrer dans nos cœurs, puis S’en
saisir et les posséder, et enfin les lier au Sien pour
toujours.
O
admirable Amour ! Incompréhensible en inventions, en
tendresse et en constance, entrez dans notre cœur et
possédez-le à jamais.
|
|
e- Considération 4 :
L’Époux sacré donne à l’âme
qu’Il veut prendre pour épouse
le Saint-Esprit comme don, présent et héritage. |
Pensez
que toutes les beautés, toutes les perfections, tout
l’amour de l’Époux, attirent bien et amorcent
les âmes à l’aimer mais ne les engagent point
à Lui, ne les obligent ni ne les lient à Son amour.
Ce
sont les dons, les présents, les bagues, les parures,
les gages, le douaire reçus par l’âme fidèle,
qui l’engagent de telle sorte envers l’amour de
Son Époux qu’elle ne s’en peut plus désire.
Alors elle est oublié à l’amour, non seulement
par la donation que lui fait de Lui-même Époux,
mais par elle-même, puisqu’elle a accepté
de recevoir les arrhes de ces saintes ; épousailles
spirituelles et d’agréer les dons, les présents
voire la dot, par lesquels l’Époux très
saint la veut rendre Sienne et la faire Son épouse.
L’âme, en effet, étant par elle-même
très pauvre, vile et nécessiteuse, n’a
de sa part ni donc, ni qualités, ni douaire avec lesquels
elle pousse se donner à Son épouse. C’est
pourquoi il faut que l’Époux, Lui-même
la prévienne, l’enrichisse de ses dons et lui
constitue une dot, afin qu’ainsi pourvue elle puisse
se présenter à Lui. Et dès lors qu’elle
ne Lui renvoie point Ses dons et ne rejette point le sacré
douaire qu’Il lui offre en vue des ses épousailles
avec Lui, mais le accepte, elle engage son cœur envers
Lui promettant de se rendre tout Sienne, de Lui donner tout
son amour et de Le prendre pour son Époux ; promesse
dont elle ne pourrait se dégager, engagement auquel
elle ne pourrait se dérober sans commettre un grand
crime d’infidélité.
Je
ne me réjouirai, dit-elle, en mon Dieu, mon Seigneur,
parce qu’IL m’a revêtu du vêtement
de salut et m’a tout embellie de la belle robe d’innocence
t de justice, Il a couronné ma tête de la couronne
d’or de charité, toute semblable à celle
de mon Époux et m’a ornée, comme une épouse,
des joyaux précieux des vertus, et enrichie de dons
excellents, Par Sa grâce il m’a fait participer
à Sa nature divine.
Pensez,
ô mon âme, que tout cela vous a été
donné afin de vous rendre digne de devenir l’épouse
d’un si noble et excellent Époux. Lequel étant
Fils de Dieu par nature, vous a faite fille de Dieu par grâce,
pour que, étant du même lignage, vous puissiez
désormais entrer avec Lui en une si étroite
alliance que de Le recevoir pour votre Époux et de
vous donner à Lui en qualité d’épouse.
Considérez que c’est le Père éternel
qui fait les épousailles de Son Fils avec vous, Il
vous Le donne pour votre époux et vous donne à
Lui pour Son épouse. Mais il ne veut point que Son
Fils soit déshonoré par Son alliance avec une
créature qui si vile que vous, en vote bassesse, votre
laideur, votre pauvreté. C’est pourquoi Il vous
a enrichie de tant de dons précieux, décorée
de tant de beauté, et S’est fait Lui-même
votre Père, afin de vous rendre digne d’être
l’Épouse de Son Fils.
Élevez
votre esprit à une chose admirable : les arrhes, les
blagues, les anneaux, les dons que vous fait votre Époux,
ne sont point des présents matériels, des dons
sans vie, de richesses mortelles, images vaines qui pourraient
tout au plus vous faire souvenir de Sa beauté et de
l’amour de Celui qui vous aime, mais non vous les rendre
présents. O la grande merveille ! Et qui n’a
jamais oui parler d’un tel amour en un époux
! Ton époux, ô âme, ne Se contente point
de t’orner de bagues et de pendeloques. Il te donne
le non seulement de ses richesses extérieurs à
Lui mais Il Se donne Lui-même à toi, très
réellement ! Il te donne Son cœur et Son amour,
Cause de tout don, avec les dons même.
O
miracles de l’amour ! ô doux Jésus ! Vous
seul, par la puissance et la grandeur de Votre amour avez
pu faire cette merveille de donner à Vos épouses,
avec Vos dons, Votre cœur et le Saint-Esprit, Amour substantiel,
Source et Principe de toutes Vos munificences.
C’est les engager bien fortement et puissamment à
Vous donner leur cœur et à les rendre toutes Vôtres
! Pensez, ô mon âme, que le Saint-Esprit nous
est réellement et véritablement donné
dans les Sacrements, et que nous le recevons et Le rendons
d’autant plus nôtre que nous ouvrons plus largement
notre cœur aux mouvements de Son amour.
Considérez
que c’est le Saint-Esprit, Amour substantiel, qui est
la Source de tous les dons que Jésus notre Époux,
nous fait, et partant que c’est Lui qui nous en fait
connaître le prix et la valeur, Lui qui en est la vie,
qui le anime en nous, les fait être nôtres et
nous en fait jouir.
C’est Lui véritablement ,ce doux Esprit, qui
constitue les arrhes des épousailles saints, puisqu’Il
est le cœur et l’amour de l’Époux,
qui en peut par don plus riche ni plus doux obliger Son épouse
à l’aimer, Il est le douaire de l’âme
épouse de Jésus, c’est Lui qui l’enrichit
de tout Lui-même, la rendant opulents à jamais
et digne épouse d’une très Époux,
Il est le portait vivant de Époux, qui nous seulement
Le fait connaître aux âmes épouses, imprimant
en leur cœurs toutes Ses beautés, perfections,
et excellences, mais Le leur rend présent, et les fait
jouir de Lui. Voyez cette véhémence et ces langues
de feu dans le Cénacle, émouvant et enflammant,
les apôtres. Considérez qu’ils n’ont
plus que l’amour de Jésus-Christ dans le cœur,
et le nom de Jésus-Christ sur les lèvres, il
paraît bien que l’Esprit qu’ils ont reçu
est un Esprit de vie lequel leur rend leur Jésus présent,
non plus selon la condition de la chair mortelle, mais tout
glorieux et resplendissant, comme un Époux embelli
de tous ses ornements.
O Esprit très saint, Cœur de mon Jésus
et amour du Père et du Fils, auteur véritable
du mariage des âmes avec le très saint Époux,
venez, et descendra dans mon cœur, vivifiez-le, afin
qu’entré en possession des arrhes de l’amour
qui en sont autres que Vous-même, il soit tout engagé
à Jésus et obligé de n’aspire plus
qu’à l’union des saints épousailles.
|
Deuxième
méditation fondamentale :
Du très auguste Sacrement de l’autel, mystère
de la foi et d’amour. |
a-
Préparation |
| Former
les actes ordinaires, puis, avec une très grande humilité,
soumission et obéissance, porter son esprit à cette
incompréhensible vérité : Le doux Jésus
réellement et véritablement présent parmi
nos sous les apparences du pain. L,’adorer et demander Sa
lumière pour obtenir l’intelligence de ce mystère
d’amour. |
b-
Considération 1 : Excellences et merveilles de la présence
ineffable de Jésus parmi nous. |
| Considérons
avec une fois vive cette étrange merveille de la toute-puissance
de Dieu, la quelle et si haute qu’elle surpasse toute pensée.
C’est une œuvre qui excelle infiniment tous les autres
miracles. Comme suite au mystère de l’Incarnation,
la sainte Trinité, pour donner la dernière main
à Ses ouvrages, a tenue de tout éternité
un très haut, très profond et sacré conseil,
et pour instituer le très adorable sacrement de l’autel.
Le
Père a résolut d’unir Sa toute-puissance
au ministère des prêtes pour opérer ce très
admirable ministère des prêtres pour opérer
ce très admirable et ineffable mystère, par lequel
Il nous rend Son Fils présent, pour être tout nôtre
et faire Sa demeure parmi nous.
La Sagesse incréée, du Fils de Dieu, s’étant
donnée une fois à toute nature humaine, a décidé,
par une incompréhensible invention, de Se donner très
intimement à chacun de nous.
L’infinie
bonté du Saint-Esprit, pressée par l’amour,
voulant opérer noter union avec la sainte Humanité
de Jésus et avec Sa divine essence, et établir
d’une manière ineffable, entre LUI et nous, un
voisinage et un commerce familier, épanche sur nous,
en ce mystère, tout le bien de la terre et du ciel, accomplissant,
par cette union du Fils de Dieu avec nous, notre déification.
O mystère inconcevable ! Je me prosterner devant Vous,
en, en l’honneur de la volonté éternelle
par laquelle le Père tout-puissant a ordonnée
que Son Fils Se donnât à nous paru demeure sur
terre, en notre compagnie, jusqu’à la fin des siècles
en l’honneur de la soumission de l’Obéissance
rendues par le Sauveur à son Père divin, et du
brûlant amour avec lequel le très débonnaire
Jésus S’est fait notre voisin en ce très
saint et auguste mystère, en l’honneur de la très
sainte Vierge, laquelle est cette sacrée Humanité
qui nous a été donnée est dérivé
et descendue, j’adore la présence véritable,
réelle et substantielle du Sauveur sous les accidents
du pain.
Je reconnais Sa présence glorieuse et pleine de majesté
dans le ciel, à la droite de Son Père, mais je
me prosterner devant Sa présence, non mois réelle
et certaine, dans la sainte Eucharistie. J’y crois cette
présence admirable tout à fait surnaturelle et
incompréhensible à tout esprit créé.
Devant elle j’abaisse mon entendement, car je veux la
croire et de tout mon cœur, et ma volonté s’humilie
et se prosterne pour adorer et aimer cette admirable présence
de Jésus.
En l’honneur de Votre admirable présence eucharistique,
ô mon Sauveur, je Vous fais l’offrande de l’oblation
totale de on entendement, de ma volonté, de ma liberté
et de toutes mes puissances de tous mes sens intérieurs
extérieurs, Oui mon Jésus, je vous amène
captives toutes mes facultés, et veux les réduite
à une perpétuelle servitude pour Vous croire,
Vous aimer et Vous adorer en ce très haut et divin mystère.
Je
Vous fais donation de tout mon être, de ma vie naturelle
et surnaturelle, de toutes mes actions, de tout mon pouvoir,
de tous mes mouvements, afin que tout ce qui est en moi serve
de témoignage à cet admirable mystère.
Je
Vous fais l’offrande de tout mon sang, de toute ma vie,
de tout mon être et de toute ce qui est dépend,
pour servir à la défense de cette adorable présence.
O
mon doux Jésus, qui ne serait étonné de
cette admirable société que Vous nous tenez très
constamment et persévéramment en cet ineffable
sacrement ?
Cette
douce compagnie, je la révère et je l’adore
et j’adore et révère cette familiarité
avec laquelle Vous vous tenez proche de chacun de nous, au milieu
de chaque cité, bourgade et société humaine,
présent aux hommes en une multitude de lieux, dans Votre
doux mystère. En l’honneur de cette si familière
société, je Vous fais, ô on très
aimable Maître, l’Offrande et l’oblation de
toutes sociétés et familiarité que je pourrais
contacter avec la créature. Je Vous offre mon esprit,
ma volonté mon cœur, mes pensées, mes affections
et mes désirs pour être toujours avec Vous, et
pour Vous servir très fidèlement en Votre amoureuse
habitation parmi nous.
Comme les bienheureux, en quelque lieu qu’ils soient,
ont toujours dans le ciel leur vue portée sur Vous en
qui réside la plénitude de leur joie, de même
( puisqu’en cet auguste Sacrement vous êtes ici-bas,
pendant notre voyage, tout notre bien et la vivre source de
toues les douceurs spirituelles ) autan que je le pourrais,
je me tiendra auprès de Vous en cet aimable Sacrement,
et lorsque je ne le pourrai, en quelque lieue que je sois je
porterai ma pensée, man désir et la vue de mon
esprit sur cette ineffable Présence qui vous fait tout
nôtre et Votre Eucharistie, comme Vous êtes tout
aux bienheureux dans le ciel.
Animez-moi de Votre Vie spirituelle et mystérieuse, et
que cette vie très pure que Vous vivez en Votre douce
eucharistie, me régisse, m’inspire et m’agisse,
afin que je ne vive qu’en Vous, et pou r Votre gloire.
|
c-
Considération 2 : De l’admirable conversion de
la substance d pain au Corps du Sauveur. |
| Pesez
l’admirable et extraordinaire conversion que se fait en
cet admirable mystère, par la vertu des paroles de Jésus-Christ)
mises en la bouche des prêtres et prononcés par eux
de toute la substance du pain en son Corps, qui prend la place
de cette substance et en revêt les accidents. J’adore
cette transsubstantiation toute miraculeuse, ouvrage singulier,
opéré par la toute-puissance de Dieu unie au ministère
des prêtres. Et bien que ma vue et mon goût me rapportent
que selon les accidents y il y a là du pain, je n’en
| |