MON DIEU
ET
MON TOUT

© + Sr Denise Ermite

Série 25 - 22 pages

Les 7 paroles de la vierge Marie
auteur chamoine Goerge-Joseph
de Geuser

 

Chapitre 2

Considérations générales sur les sept Paroles.

Préparation

Pendant sa vie mortelle, Marie a beaucoup parlé à Dieu et peu aux hommes, complices de son humilité, les Évangélistes ne nous ont conservé de notre divine Mère que sept paroles : «Deux d’entre elles, remarque saint Bernardin de Sienne, sont adressées à l’Ange Gabriel ; deux à sainte Élisabeth, deux à son Fils, une enfin aux hommes. » (1)

Ces paroles de la très sainte Vierge sont sept perles d’un prix inestimable et un magnifique héritage légué par elle à ses enfants. Depuis des siècles, les peuples vénèrent en certains lieux des reliques insignes de la Mère de Dieu : A Chartres, par exemple, on garde le voile de Marie, ce voile, présent des Mages et symbole de la modestie de la Vierge des Vierges ; à Courtrai et à Lille, dans de riches reliquaires d’or et d’argent ciselé, on conserve quelques-uns de ses cheveux. Et ce sont là de rares trésors dont la possession fait justement l’orgueil de vieilles cathédrales. Mais les sept paroles de la sainte Vierge, ne sont-elles pas incomparablement plus précieuses encore, enchâssées dans l’Évangile, comme dans un reliquaire d’or très pur ?

Plusieurs des reliques conservées en d’illustres sanctuaires n’ont qu’une authenticité douteuse. En permettant de les honorer, l’Église ne fait que leur reconnaître la possession de titres vénérables, sans garantir la vérité de ces titres. Quand aux paroles de Marie, leur authenticité est plus lumineuse que le soleil ; pas un nuage ne saurait en ternir l’éclat. Il cesserait d’être chrétien celui qui en croirait pas de toutes son âme que ces paroles sont vraiment tombées des lèvres très pure de la divine Mère de Dieu.

Les reliques des cathédrales sont infiniment dignes de respect, sans doute ; mais enfin, elles ne sont que des objets matériels, qui ont été à l’usage de la sainte Vierge. Pour ses paroles recueillies dans l’Évangile, il en est tout autrement : elles sortent de sont cœur et elles résument tout son âme.

Elles sortent de son Cœur, car la parole est l’écho des pensés intimes : «La bouche parle de l’abondance du cœur. De corde exeunt cogitationes, » disant Notre-Seigneur. Et le divin Maître ajoutait ; «Celui qui est bon tire de bonnes choses du bon trésor de son cœur. » (2) Mais qui jamais fut meilleur que Marie ? Y eut-il jamais sur terre un trésor plus précieux que son Cœur ? Et par conséquent, conclut saint Bernardin de Sienne, «puisque c’est de cette fournaise du divin amour que la Vierge tira ces paroles, » oh ! Qu’elles doivent été délicieuses et ravissantes, et qui saurait les estimer à leur juste prix !

Mais la suprême raison de l’Excellence de ces paroles, c’est qu’elles résument toute l’âme de Marie. Le propre de la parole, en effet, c’est d’être le miroir du cœur ; elle exprime au dehors les pensées intimes et les sentiments les plus profonds. Cela est si vrai qu’il suffit parfois d’une seule parole pour nous révéler une âme et résumer toute une vie. (3) Que d grands hommes dont l’histoire ne connaît qu’un mot, mais un seul mot sublime qui dira à tous les siècles l’héroïsme de leurs pensées ! Que de saints dont le nom seul évoque le souvenir d’une phrase, d’une devise dans laquelle ils ont condensé toute leur vertu !

C’est saint Michel mettant si pleinement tout son âme dans son exclamation : « Qui est comme Dieu ?-Quis ut Deus ? » en hébreu, « Michael »(4) que ce cri est devenue paru l’éternité son nom propre et l’histoire de sa sainteté ! C’est le bon Larron dont l’Évangile ne nous apprend que deux choses, sa vie criminelle, justement punie due dernier supplice et sa suprême parole si resplendissante de vertus sublimes, que l’Église a salué et lui le type du pécheur pénitent, effaçant tous ses crimes pour la toute-puissante efficacité du repenti ! C’est saint Ignace faisant converger touts ses œuvres à la réalisation de sa devise : « Tout pour la plus grande gloire de Dieu ! »

Que si de pauvres mortels ont su résumer leur âme dans une grande pensée, la Vierge l’a fait mieux que personne, car elle n’avait rien de nos lamentables inconstances. Toujours docile aux inspirations divines, elle allait croissant en éclat et en splendeur comme le soleil ; et ses paroles exprimées un jour, reflétaient la pensée constante de son Cœur : Toujours elle en cessa de redire à Dieu son vœux de virginité ! Toujours elle se glorifiait d’être la Servante du Seigneur ! Toujours elle fut patiente et résignée dans la douleur ! Toujours elle se montra compatissante pour nos misères, et toujours sur terre comme dans les cieux, elle chante sans se lasser l’hymne de la reconnaissance et de l’amour !

Il y a plus encore : Ces paroles de Marie sont vraiment divines, et cela à un double titre. D’abord parce que c’est Dieu qui les a inspirées à la sainte Vierge, puis parce que c’est Dieu qui les a fait inscrire pour nous dans l’Évangile.

Quand le bon Larron disait à Notre-Seigneur « Seigneur, souvenez-vous de moi quand vous serez dan votre royaume(5) ou encore quand saint Étienne mourant priait pour ses bourreaux, nous reconnaissons là l’action évidente du saint Esprit. À plus forte raison devons-nous vénérer cette impulsion divine dans les paroles de la sainte Vierge ; car Marie a toujours parfaitement correspondu à toutes les inspirations d’en-haut ; elle était comme une lyre, d’une merveilleuse perfection, vibrant avec une docilité incomparable, sous le souffle de l’Esprit -Saint. Et par conséquent, dans toutes des paroles comme dans toutes ses actions, nous pouvons admirer comme un reflet des pensées de Dieu et un écho de sa sagesse : « Votre parole et comme un vin exquis, » pouvons-nous lui dire avec le Cantique des Cantiques, (VII, 9) ; c’est un breuvage digne de mon bien-aimé et qui mérite d’être savouré à loisir. » Marie elle-même disait à sainte Brigitte : » Mes paroles sont comme de belles et bonnes fleurs : elles sont aux sages plus douces que le miel, plus perçantes et plus aigues que les flèches, et puissantes pour aider l’homme à parvenir è l’éternelle récompense. »(6)

Ces paroles sacrées de notre Mère, c’est Dieu Lui-même qui a inspiré aux Évangélistes de les recueillir pour nous dans l’Évangile. Ici plaisons-nous à nous rappeler les enseignements des Docteurs et de la foi vive des premiers chrétiens. Ils aimaient à considérer les saintes Écritures comme une lettre écrite par Dieu lui-même, et destinée non pas seulement à l’humanité en général, mais à chacun de nous en particulier. Quelle n’est pas l’émotion d’un bon fils quand il reçoit d’un ami le récit des derniers instants et des suprêmes paroles de sa mère ? Mais ici c’est l’Esprit-Saint lui-même qui a dicté pour nous aux écrivains sacrés les paroles les plus remarquables de Marie. O Dieu, avec quel suprême respect et avec quel amour devons-nous méditer ces incomparable leçons !

Un jour, raconte un missionnaire, je fus mandé par un vieillard dont la vie n’avait été qu’un long tissu de désordres et de scandales. A peine ais-je arrivé qu’il jette à pieds en disant ; « Mon Père, je suis un abominable pécheur, sauvez-moi ! » et aussitôt il commence sa confession qu’il accompagne des marques du plus sincère repentir, touché d’un retour si consolant, après avoir purifié son âme par la sainte absolution, je lui demande ce qui a peu éveiller en lui ces pieux sentiments.

-Je l’ignore absolument.
-Avez-vous pu suivre mes instructions ?
-Pas du tout ; j’étais retenu au lit, et quand même…
Vous alliez sans doute quelquefois aux offices ?
-Jamais !
Tout à coup, j’aperçois à la muraille un tableau de la sainte Vierge : » Quoi, m’écriai-je, un tel tableau chez vous !...
-Et ! Oui, mon Père, c’est un précieux souvenir de ma mère, sur son lit de mort, elle me l’a légué et m’a fait promettre de réciter chaque soir un « Ave Maria ! » Cette recommandation suprême de ma pauvre mère, je ne l’ai jamais oubliée, et c’est la seul pratique de dévotion que j’ai gardée.
-Ah ! Cher ami, n’en doutez pas, c’est là ce qui explique votre conversion. C’est à Marie que vous devez votre salut ! »
Si les derniers avis d’une mère ont si puissants sur le cœur des pécheurs endurcis, avec quelle filiale dévotion ne devons-nous pas recevoir les leçons de notre Mère du Ciel ?

Si nous les méditons bien, nous y trouverons un code simple de spiritualité : « Ces sept paroles de la sainte Vierge, dit encore saint Bernardin, sont comme sept flammes d’amour s’échappant de la fournaise brûlante de son Coeur immaculé, sept flammes merveilleusement graduées et ordonnées, résumant tout le travail de la divine charité :

La première, « Je ne connais point d’homme, » c’est l’amour se séparent de toute affection terrestre par la chasteté : « Flamma amoris separantis. »

-La deuxième, «Je suis la servante du Seigneur, » c’est l’amour s’unissant à Dieu et se transformant en lui par la conformité à sa volonté sainte : « Flamma amoris transformantis. »

-La troisième, «Le salut de Marie à Élisabeth, » c’est l’amour communiquant à Jean et aux élus les grâces de la Rédemption : » Flamma amoris communicantis’ »

-4-La quatrième, «le Magnificat, » c’est l’amour s’exhalant, par l’humilité et la reconnaissance, en saints transports de joie : » Flamma amoris jubilatis. »

-5-La cinquième, «Mon fils, pourquoi en avez-vous agi de la sorte ? » C’est l’amour rendant savoureux, par une tendre familiarité avec Jésus, le fruit amer de l’épreuve ; « Flamma amoris saporantis. »

-6- La sixième, «Ils n’ont plus de vin, » c’est l’amour compatissant, avec une maternelle miséricorde aux détresses humaines : « Flamma amoris compatientis. »

-7- « Faites tout ce qu’il vous dira, » c’est l’amour élevant les élus à la consommation de la sainteté par l’obéissance à Dieu : « Flamma amoris consummatis. »

Saint Vincent de Paul aimait à redire : O Jésus, quel bonheur d’être vos écoliers ! » Quel bonheur aussi d’être guidé sur le chemin du ciel par notre bonne Mère ! O Marie, faites-moi la grâce de goûter vos saintes paroles, et de les méditer, de les comprendre et de les mettre en pratique. Amen

Prières «Salve, sancta Parens.» Ve siècle.

Voici une des plus anciennes prières composées en l’honneur de la très sainte Vierge. Elle date de la première partie du Ve siècle. Elle a pour auteur Coelius Sedulius,(le Sedulius romain qu’il ne faut pas confondre avec l’Écossais, Sedulius Scotus dont les œuvres se trouvent au CIIIe volume de la Patrologie Latine, de Migne.) Sedulius fut, croit-on, disciple de Prudence (morte en 413,) l’auteur du « Salvete, flores martyrum. » Puis, comprenant la vanité de ce monde, il se consacra à Dieu ; il devient même évêque, du moins c’est le titre qui lui est donnée, «Antistes, episcopus. » Son plus célèbre ouvrage est le «Carmen pascale, » en vers hexamètres, où l’Église a trouvé l’Introït du commun de la sainte Vierge ; c’est lui aussi qui a composé l’hymne de la Nativité, « A solis ortus cardine, » et celle de l’Épiphanie, « Crudelis Herodes. »

Voici le « Salve, sancta parens, » avec les vers qui suivent et qui ont fourni à l’office de Noel une de ses plus belles antiennes :

« Salve,sancta Parens, enixa puerpera regem, Qui coelum terramque tenet per saecula, cujus Numen, et aeterno complectens omnia gyro Imperium sine fine manet ; quae ventre beato Gaudia matris habens cum virginitatis honre, Nec primam similem visa es, nec habere sequentem : Sola sine exemplo placuisti femina Christo ! »

«Salut, ô sainte Mère, dont la fécondité enfanta le roi qui gouverne le ciel et la terre dans tous les siècles, celui dont la puissance et l’empire, embrassant tout dans leurs cours éternel, doivent durer sans fin ! Salut, vous dont les entrailles bienheureuses ont connu les joies maternelles sans perdre l’honneur virginal ! Avant vous, vous n’avez point d’égale ; vous n’en avez point dans la suite ; unique et sans modèle entre les autres femmes, vous avez été agréable au Christ. (traduction de Gorini)

Références
(1) St Bernardin de Sienne : Sermo 9, de Visitatione, (Bréviaire, fête du Cœur de Marie.)
(2) Mathieu, XV, 19 et Luc, VI, 45
(3) Dieu lui-même n’exprime-t-il pas très parfaitement tout ce qu’Il est, en concevant sa Parole, son Verbe, « splendeur de sa gloire et miroir de toutes ses perfections ? »
(4) « Mikâél » en hébreu signifie : Qui est comme Dieu ? »
(5) Luc, XXIII,m42, »Domine, memento mei, cum veneris in regnum tuum. »
(6) Révélations, Livre VII,XVI
L’ordre des pages sont placées l’une derrière l'autre ;
tel que dans le livre et non pas en ordre alphabétique suivre les chiffres.

 

Titre

auteur
l'Abbé G. Degeuser

Les 7 Paroles de Très Vierge Marie
01
Avant-Propos-Chanoine-Georges-Joseph-Degeuser.html
12
6ieme-Parole-Chanoine-Georges-Joseph-Degeuser.html
02
Aimons-la-Vierge-Meditons-Chanoine-Georges-Joseph-Degeuser.html
13
7ieme-Parole-Chanoine-Georges-Joseph-Degeuser.html
03
Considerations-Chanoine-Georges-Joseph-Degeuser.html
14
 Paroles-mises-sur-les-levres-Ste-Vierge-Chanoine-Georges-Joseph-Degeuser.html
04
1iere-Parole-Chanoine-Georges-Joseph-Degeuser.html
15
Consacrons-nous-a-Marie-Chanoine-Georges-Joseph-Degeuser.html
05
2ieme-Parole-Chanoine-Georges-Joseph-Degeuser.html
16
A-quel-moment-de-sa-vie-Marie-Chanoine-Georges-Joseph-Degeuser.html
06
3ieme-Parole-Chanoine-Georges-Joseph-Degeuser.html
17
 A-quel-moment-St-Jean-Baptiste-Chanoine-Georges-Joseph-Degeuser.html
07
4ieme-Parole-Chanoine-Georges-Joseph-Degeuser.html
18
Pour-quelles-raisons-plut-il-a-Dieu-Chanoine-Georges-Joseph-Degeuser.html
08
Magnificat2-Connaissance-de-Dieu-sois-meme-Chanoine-Georges-Joseph-Degeuser.html
19
Magnificat-ecole-de-reconnaissance-Chanoine-Georges-Joseph-Degeuser.html
09
Magnificat3-La-providence-Chanoine-Georges-Joseph-Degeuser.html
20
Notre-Dame-du-Tres-Saint-Sacrement-Chanoine-Georges-Joseph-Degeuser.html
10
Magnificat4-Le don-de-Jesus-Chanoine-Georges-Joseph-Degeuser.html
21
Sur-le-Saint-Esclavage-Chanoine-Georges-Joseph-Degeuser.html
11
5ieme-Parole-Chanoine-Georges-Joseph-Degeuser.html
22
Prieres-indulgences-Chanoine-Georges-Joseph-Degeuser.html

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