MON DIEU ET MON TOUT

© + Sr Denise Ermite

Ame-Retrouve-Le-sourire-de-S-Francois-P.Emile-Schwartz
01 Le sourire de Saint François 11 L'âge d'or Franciscain : Rivo Torto
02 Un baptême d'azur et d'or 12 Ma soeur la Source
03 Laissez venir à moi les petits enfants 13 Ma soeur la Lumière
04 Le Noel de Grecchio 14 L'offrande de Sainte Claire
05 Le sermon aux oiseaux 15 La messe de frère Léon
06 St François et le Miracle de la Beauté 16 Trop tard
07 St François et l'enseignement de la joie 17 Le Stigamtisé de l'Alverne
08 Louanges à Sainte Claire 18 La bénédiction sur Assise
09 Paroles aux blés 19 La mort de saint François d'Assise
10 Sainte Claire aux colombes 20 Louanges à saint François d'Assise
 Le sourire de Saint François
Tu es venu vers moi avec, sur tes lèvre et dans tes yeux… l’aurore.

Tout l’amour chantait dans ta voix, toutes le joie dans ton enseignement, toute la poésie dans ta pensée.

J’ai baissé mon front orgueilleux et mes yeux se sont remplis de larmes.
Déjà, à mon âme tremblante, tu parlais comme jadis tu avait parlé aux oiseaux.
Pour la toucher tu trouvais de mots que jamais personne n’avait trouvés.

Une cigale chantait sur ton doigt, tu l’as déposée dans mon cœur et tu as murmuré : « Plus que jamais, chante , cigale.»
Et l’insecte s’est mis à chanter en moi éperdument.

Tu as levé tes bras dans le ciel plein d’hirondelles et tu as supplié :
« mes sœurs les hirondelles, bâtissez en lui un nid de lumière où toutes sa vie pourra renaître, battre des ailes et chanter Dieu.»
Et les hirondelles, par centaines, sont venues vers moi, avec, au bec, des rayons.

Un agneau te suivait et tu m’as demandé : Caresse mon frère l’agneau et il m’a semblé que par cette caresse mon âme devenait toute blanche.

Tu tenants l’Enfant-Dieu dan tes bras triomphants et tu me l’as tendu dans un sourire en murmurant : « Liasse-Toi aimer. »

Sans horreur tu t’es penché sur ma misère, comme jadis tu te prenais sur les ulcères des lépreux, Avec quel baume divin tu as guéri mon âme !

J’étais mort à tout vie supérieure. Je longeais l’abîme avec l’envie de m’y précipiter.
et, soudain, ta tendresse, lumineuse colombe, a traversé ma nuit et ses ailes de flammes se sont closes, éblouissantes, sur ma douleur.

J’étais sans confiance, sans élan, sans amour, et voici que tu as rallumé sur l’autel tous les cierges ardents de la beauté et de la joie. Mes lèvres en murmuraient plus que des mots de lassitude et de dégoût et tu m’as appris à balbutier l’ « Hymne au Soleil .»

O François, tout l’amour que, durant tant d’années j’ai cherché par toutes les routes de la terre et du ciel, tu me l’a sonné dan su sourire !

 Un baptême d'azur et d'or
Jamais âme, plus que la tienne, ne fut débordante d’amour…ton âme, coupe d’azur céleste où y montait sans fin le jaillissement d’or des astres.

Et la voici, à travers les siècles, goutte à goutte, répandue !… baptême d’azur et d’or qui nous rend dignes de posséder l’indicible amour.

Comme une forêt dans l’aube, notre pensée est, par toi, rafraîchie.
Par toi nous est donnée un bon heure qui dépasse toutes les bonheurs, un bonheur que nul ne peut nous ravir, un bonheur fait de rosées, de reflets, de parfums, d’harmonies…

Par toi nous est donnée la naïveté délicieuse des anges et des petits enfants.

Oh dresse-toi, lumineux et gave, devant l’avenir et beau comme un archange !

Dis-nous que l’humanité n’ira pas toujours par des chemins sanglants et que le ciel ne sera pas toujours trouvé d’incendies.

Dis-nous que l’Amour est né, vraiment, que, tôt ou tard, il sera le seul Maître, et qu’un jour le monde aura l’apaisement d’un champ de blés dans une éternelle lumière.

 Laissez venir à moi les petits enfants
Après une marche épuisante sou le chaud soleil de l’Ombrie, François avait pénétré dans ce village vers le soir.

En tout premier lieu, il avait été saluer Jésus au tabernacle, et, maintenant, il se reposait sur une grosse pierre devant le proche de l’église. Les enfants du village qui le connaissaient bien s’étaient groupés autour de lui.

« Laissez venir à moi les petits enfants » avait dit un jour le Maître. Comme François d’Assise en tout semblable au Christ n’aurait-il pas répété ces mêmes paroles avec une même tendresse ?

Comme Jésus, il caressait les têtes blondes ou brunes et s’émerveillait de voir les tout-petits venir à lui en titubant.

Il ne se lassait point de répondre aux questions naïves, mille fois répétées, :
« Comment fais-tu pour que se taises les hirondelles quand tu prêches ? »
« Pourquoi as-tu racheté ces colombes au petit Beppo ?»
« Pourquoi as-tu échangé ton manteau contre un agneau ?»

Mais rien ne pouvais charmer François comme la douce musique de ces voix pures enchevêtrées. Il leur semblait que cette lumineuse guirlande de jeunes vies le séparait à tout jamais des méchancetés et des haines du monde.

La joie de ces enfants ressemblait tellement à la sienne !

Le soleil, les fleurs, les nuages n’étaient-ils pas pour eux, comme pour lui, merveilles !

Rêve exquis : enseigner la bonté, la beauté, l’amour, à une toute première humanité que rien n’avait encore pu ni déformer, ni souiller.

Élever ces âmes innocentes vers une vie qui serait lumière, candeur, harmonie, s’épanouissant en Dieu.

« Laissez venir à moi les petits enfants » ! Presque malgré lui ses lèvres balbutiaient ces paroles du Sauveur. Et il songeait : Quelle plus délicieuse tendresse Jésus avait-il rencontré ici-bas, celle, toute spontanée, toute fraîche, des enfants de Galilée ?

N’était-il pas celle qui l’avait consolé des affronts, des avanies dont l’accablaient pharisiens et scribes ?

Avec leur bras levés, leurs lèvres souriantes, leur cœur pur ces petits n’étaient-ils pas déjà l’humanité qu’il rêvait ?

Entre les maisons claires et les jardins fleuris n’étaient –ils pas toutes la joie qu’il voulait donner au monde ? Celle qu’on possède sans l’avoir désirée, sans l’avoir cherchée, simplement parce qu’on aime…

Et, François songeant à toute cela. Pourquoi ne serait-il pas celui qui réapprendrait aux hommes à balbutier la vie avec les petits enfants?

Plus de vaine jactance et plus d’orgueil, soumission et confiance absolues ; se laisser conduire pour ne plus s’égarer.

Mais, tout de suite, il penchant son front avec humilité en murmurant : « Pourquoi moi ? Pourquoi Moi? «
Puis, sen souriant, il recommença à caresser les têtes blondes ou brunes.

Le Noel de Grecchio 
 Les flammes des cierges constellaient la grotte obscure de points d’or…

Sur la crèche vide se pendaient l’âne et le bœuf.
Reconstitution naïve ! Toute la candeur de la nuit merveilleuse de Bethléem ressuscitée !

François, bras étendus, priait dans l’extase. Il ne se laissait point de considérer le bœuf et âne et souriant à la crèche vide.

Oh c’est bien ainsi qu’ avait rêvé dans son cœur simple la pauvre demeure où devait naître Jésus.

Noël, Noël, chantaient des voix innombrables. Des pèlerins, avec des torches, arrivaient sans discontinuer.

Au fur et à mesure qu’ils approchaient, ils s’agenouillaient en silence autour de François.

L’on ne percevait plus que le crépitement des résines et, parfois, le roucoulement étouffée d’un ramier qui rêvait sous les feuilles.

Mis, dans le lointain des milliers de voix continuaient à chanter : Noël ! Noël! Et les plaines et les montagnes, à l’infini étaient illuminées de flambeaux en marche.

Lentement, avec une joie indicible, François laissait son âme se pénétrer de toute la magnificence de l’ombre étoilée, en lui, déjà des milliers d’anges chantaient « Gloria in excelsis Deo ».

Un prêtre vint dire l’office divin devant la crèche pour que le Sauveur, sous les espèces saintes, fût présent.

Puis, des milliers de voix, supplièrent : François ! François !

François !

Plusieurs fois déjà, le Bienheureux avait voulu parler mais l’émotion, trop forte, l’étranglait.

Sans cesse, ses regards se reportaient sur la crèche, avec une admiration toujours renouvelée.

Soudain parmi la paille, il y a un enfant merveilleux qui lui tendait les bras et, dans l’ombre, les visages de Joseph et de Marie. Son cœur se fondit de tendresse ; sa longue se délia subitement et toute la joie qui le comblait put enfin s’exprimer.

Lentement, il se tournant vers la multitude et étendit les bas dans un geste immense de miséricorde et de joie.

La-haut tressaillaient les étoiles là-bas les flammes des torches et le saint croyait parler entre deux firmaments.

Noël ! Noël ! Noël !-Nuit, à la fois, rayonnant et voilée !
Noël ! Pour la première fois la coupe des tendresses infinies est tendue vers nos lèves avides…

Voici que nous avons trouvé celui que, depuis tant de siècles, après tous les chemins du monde, nous avons cherché !
Avant sa venue, seules, les haines, les violences étaient reines !
Par Lui, L’Amour, splendidement, nous est donné.

Noël ! Chaque étoile est une porte d’or brusquement ouverte… et les anges parmi milliers glissent vers nous.

L’enfant de Bethléem vous sourit, là, dans cette crèche.
Et, par ce soupir, une beauté nouvelle vous est révélée.


Par ce sourire vous est révélé la beauté suprême de la souffrance.

Un jour, cet enfant vous dira : « Venez à moi, vous qui pleurez, et je vous soulagerai. »
Maintenant, il ne peut encore que sourire mais, toutes les paroles adorables qu’il prononcera plus tard, dans ce sourire, resplendissent déjà.

Oh voyez, il vous tend les bras ! Songez-y : un Dieu vous tend les bras et, non pas un Dieu brutal et sanguinaire tel que le paganismes me pouvait enfanter, mais un Dieu d’amour, qui ne veut pas être votre bourreau mais votre victime.

L’enfant de Bethléem ! C’est bien lui qui est là, devant vous, tout petit.

S’il ouvrait ses mains mignonnes, dans chacune d’elles, vous verriez palpiter une étoile mais l’heure où le semeur divin répandra à travers les siècles de prodigieuses semailles n’est pas encore venue.

Ce n’est qu’un enfant ! Mais, dans son cœur, toute l’amour infini palpite déjà.

Agenouillez-vous devant lui, avec les anges, avec les bergers, avec les mages. Ne lui offrez point de fastueux présents, mais seulement votre cœur humaine, votre pauvre cœur déchiré, votre cœur sanglant.

L’enfant Bethléem ! Hélas, hommes, oh malheureux! Un jour vous immolerez ce doux enfant qui vous sourit. Il vous apportait la joie, il vous apportait la plus lumineuse des tendresses, il vous apportait la paix.

Il venait pour être votre frère, pour partager votre douleur, pour sécher vos larmes.

Et vous, vous le clouerez, sans pitié, sur une croix, sauvagement !

C’est seulement lorsque vous le verrez qui vous regarde, tristement, du haut de son supplice que, tout d’un coup, votre cœur se fondra et que vous sangloterez « Mon Dieu, mon Dieu, pardon ».

Et Lui, malgré sa douleur infinie, se penchera sur votre désespoir et votre repentir, murmurant avec des paroles qui dépassent l’amour « Mon fils ne pleure plus.»

Prodige ineffable ! ce sera celui que vous aurez martyrisé qui vous consolera. Du haut de cette croix d’infamie, une idéale lumière s’irradiera et l’Amour, pour la première fois, pleurera, en larmes de sang, sur l’effroyable misère humaine. »

Épuisé d’émotion, François se tut.
L’ombre était pleine de sanglots.
La brise agitait les flammes des torches et, dans les ténèbres, passait un frémissement de sang et d’or.
Devant la joie de cette nuit de Noël, un moment, la croix du calvaire s’était dressée.

Mais, l’enfant souriait dans le crèche et peu à peu les ténèbres du Golgotha se dissipèrent dans ce sourire.
Et François pressenti que la lumière de ce sourire, un jour, serait victorieuse de toutes les ombres accumulées…

La joie rentra en lui, plénière.

Sa voix s’éleva de nouveau ardent, impétueuse…

« Ne pleurez plus ! alors que chantent les anges. Oubliez toute tristesse devant le sourire de cet
enfant.

La croix du calvaire ne dominera pas toujours le monde. Le grand jour de la Joie, malgré tout viendra… et cette croix ensanglantée, brusquement, deviendra une croix de roses.

Et tout le sang répandu pour elle, à travers les siècles, devra du monde, à perte de vue, des champs de roses.

Derrière la croix du Clavaire se cache la plus merveilleuse aurore que jamais les hommes ont pu rêve.

Et cette aurore regardez-la poindre dans le sourire de cet enfant…

Noël ! Noël ! nuit a à fois rayonnante, et voilée, rayonnante de contenir des promesse de soleils, volée de contenir le secret des tendresses infinies ».

Et, dans une exaltation formidable, toutes les pèlerins avec François clamaient Noël ! Noël ! … tendaient leurs torches en offrandes vers le ciel, et, c’étaient comme si, soulevées par l’éloquence du Bienheureux, toutes les âmes humaines étaient devenues de flamme et montaient vers Dieu.

Noël ! Noël ! « tous les espérances du monde, toutes les angoisses de millions, d’êtres tressaillaient dans ces cris éperdues…

Noël ! Noël ! clameurs si fortes, si ardents, si profondément jaillies des âmes qu’après sept siècles je les entends encore retentir en moi…

Et, l’un des derniers de cette foule, le cœur débordant d’une même formidable espoir je crie : Noël ! Noël !… et je crois voir l’ombre immense de François se dresse éperdue devant la grotte illuminée.

 Le sermon aux oiseaux
Dans la basilique d’Assise, Giotto poursuivait son travail pour la gloire de Dieu et l’exaltation de François…

En ce moment, cette parole du Saint chantait surtout à ses oreilles : « Je veux prêcher à mes frères les petits oiseaux »

Mais, comment traduire, avec la seule couleur, la poésie et la naïveté de ce langage?

Et Giotto, dans sa rêverie, s’imaginait François entouré d’un petit peuple ailé qui voletait parmi des arbres blues dans un paysage d’or.

Autour de la basilique tournoyaient les hirondelles et leurs ombres passaient et repassaient sans ces derrière les vitraux et leurs cris, dans la lumière, étaient encore de la lumière.

Parfois l’une d’elles entrait par la portail entrouvert et tournoyait autour des piliers.

Et, pour peindre son rêve, Giotto eut voulu que son pinceau fut doux comme la caresse d’une aile…

« Je veux prêcher à mes frères, les petits oiseaux »

C’est dans ces paroles peut-êtres que François avait mis ce que son amour contenant de plus fin, de plus délicat ! sans doute, parce qu’il savait que, par delà les oiseux, les hommes l’écouteraient et que ses paroles deviendraient, à leur tour, ailées et s’éparpilleraient à travers les âges.

« Parler aux oiseaux… ! » ricaneront les baux esprits…

Mais l’Amour s’en voudrait de mépriser la moindre des créatures. Le ciel n’est-il pas enclos dans le ciel d’une alouette aussi bien que dans le nôtre ? et le rythme qui fait batte ce cœur minuscule et chanter ce gosier n’est-il pas, aussi bien que pour nous, le rythme grandiose de la Vie ?

Avec que le souffrance François ne devait-il pas songer parfois aux hommes tueurs d’illusions et tueurs d’oiseaux , à tous ceux qui haïssent d’instinct ce qui vole, ce qui chante, ce qui rayonne … !

Le sermon aux oiseux, mais c’était l’appel aux formes les plus humbles de la vie. C’était l’intelligence élevant jusqu’à elle l’instinct. C’est, entre la vie prieure de la vie inférieur, une fraternité exquise. Lorsque François sentait palpiter entre ses mains les corps tiède, d’une colombe, sans doute lui semblait-il que son amour le reliait par cet oiseau à des millions d’êtres et que la paix entre tous les créatures était signée.

Et, lorsqu’après avoir approché des ses lèves cette jolie chose ailée, il la lançait ensuite vers le ciel, il lui semblait que c’était l’amour à jamais délivré qui jaillissait vers Dieu.

Et, Giotto, avec toutes ces claires pensées bruissantes dans son cerveau et dans son cœur, poursuivait son oeuvre et, parmi toutes les fresques dont il avait déjà décoré la basilique, celle-ci lui semblait la plus émue.

Ses lèvres, presque inconsciemment murmuraient sans cesse : « Je veux prêcher à mes frères les petits oiseux ».

Et, parfois, il souriait de percevoir derrière lui le furtif claquement d’un sandale quelque novice qui venait rêver, un moment, devant cette nouvelle évocation de la vie merveilleuse de son Père François

 St François et le Miracle de la Beauté
La beauté des choses est presque l’âme des choses puisqu’elle reflète Dieu.

Lorsqu’on goût la beauté on goûte Dieu.
Le plus doux moyen de s’élever jusqu’à la Divinité c’est de suivre les sentiers lumineux de la Beauté.
Saint François d’Assise, toute sa vie, a rêvé dans ce sentier..!
De là sa perpétuelle exaltation…
Il était ravi en Dieu parce qu’Il était ravie en la Beauté…

La Beauté !… C’est Dieu parmi nous.

Une âme ne possède Dieu que pour autant quelle possède la Beauté.
La beauté n’est jamais matérielle ; elle est un rayon d’En-Haut qu anime les choses.
La beauté est l’ange qui mène le plus d’âmes à Dieu.

Saint François l’ait bien compris.
Jamais un artiste n’avait mieux possédé la beauté.
La Beauté, il la vivait, elle éblouissait son cœur et ses yeux…
Chaque fois qu’il rencontrait la Beauté, il adorait parce qu’il sentait la présence de Dieu…
Lorsqu’il contemplait une fleur, il voyait en elle condensées toutes les splendeurs célestes.
Dans un chant d’oiseau il entendait chanter les anges.

A ceux qui disaient : Dieu est invisible, nous ne l’oins jamais vu, nous ne croyons qu’à ce que nous voyons, « Sans Doute », répondait-il, « la Beauté, c’est Dieu parmi nous, lorsque notre frère le soleil se lève à l’horizon, Dieu est dans la splendeur de ses rayons.

Lorsque notre sœur l’au chante sous les feuilles c’est la tendresse de Dieu qui nous parle, adorablement cachées. L’arc-en-ciel, après l’orage, c’est le sourire de Dieu. »

O Saint François d’Assisse, âme illuminée de fleurs et traversée d’oiseaux, par le miracle la beauté, je t’en supplie, change le monde…

 St François et l'enseignement de la joie

Si la joie n’est pas de ce monde, c’est la faute des hommes.
C’est l’ambition des uns, l’égoïsme des autres qui la chassent.
Or la joie est en dehors de tous les égoïsmes ; elle ne se vend pas.
C’est un pain de lumière, distribué gratuitement à tous ceux qui tendent les mains, les plus dépourvus, les plus misérables peuvent posséder la joie.

Et je cois voir l’angélique sourire de Saint François d’Assise, son doux visage extasié, son allégresse devant toute chose créée.
Lui ne possédai rien, absolument rien.
Son dénuement, il avait voulu le pousser jusqu’à l’Héroïsme

Mis, il savait quel seul le sacrifice total d’un être à son idéal peut toucher les cours endurcis.
Nous, qui sommes si accommodants pour nous-mêmes, nous voulons que la vie des prophètes, des sages, des annonciateurs, soit tous à fait conforme à ce qu’ils enseignent. Nous ne tolérons pas la moindre faiblesse, nous exigeons presque leur saint.

Saint François savait tout cela dans la divine simplicité de son cœur et il n’a pas voulu marchander son héroïsme. Il a été plus loin dans le sacrifice que tout ce que nos aurions pu exiger. A l’exemple du Christ il a donné sa vie pour nous avec un tel élan. D’amour que nous en sommes encore confondus.

Et voici, qu’après tant de siècles chante encore la source jaillie de son coeur.
Elle chante, rafraîchit, apaise, purifie, éclaire.
Saint François avait compris que toutes les guerres ne résultaient que du sens exagéré de la propriété.


« Ne possédons plus rien, avait-il conclu, ainsi plus personne ne nous enviera et nous aurons la liberté et la paix ».

Au sien de ce tragique XIII siècle, dans cette Italie moyenâgeuse où l’on se battait de famille à famille, de château à château, de ville à vile, il a osé dire : « Aimez et pardonnez. Dépouillez-vous de tous vos biens et la joie vous sera donnée ».

Et quelles richesses ne créait-il pas pour remplacer les biens perdus !
Avec son imagination il magnifiait les plus simples choses.
Une pierre, un morceau de pain, une source et sil s’écriait : « Nous ne sommes pas digne d’un pareil trésor »

Et Je l’évoque, entouré de simples gens, sur la place d’une petit ville ombrienne.
Il a fait taire les hirondelles babillardes et il parle :
« Mes doux frères en Jésus-Christ, ce ciel si bleu où chantaient mes sœurs les hirondelles, ce ciel est à vous.
Les fleurs de ces prairies, ces longs cyprès pleins d’oiseaux, l’argent de ces feuilles d’olivier, tout cela est encore à vous.

A vous la lumière, les parfums, le velouté des horizons, le chant des cigales…

A vous l’immense bonté répandue dans l’air, la jeunesse éternelle du monde.

« Partagez vos bien s’ils sont trop grands pur vous seuls et les haines s’éteindront et vous aurez la paix.

Il y a suffisamment de richesses dans le monde pour que tous soient rassasiés.
Avec l’argent que vos gaspillez en armées et en batailles vous chasseriez la misère du monde.

« Si vous éprouviez du bonheur à vous vos frères heureux, leur bonheur deviendrait le vôtre par reflet mais plus tendre et plus doux ; et, peut-être, seriez-vous plus heureux que vos frères.

« Si vous sentiez l’infini bonté de Dieu penchée sur vous, vous ne vous troubleriez plus ; vous ne seriez plus les artisans de vote malheur.
Vos souffrances ne veinent pas de Dieu mais de vos vices et de vos crimes.
« Pourquoi suivez-vous les superbes, hallucinés par leurs armes éblouissantes et leurs cuirasses d’or?
Ils vous conduiront à la mort pour des intérêts qui ne sont pas les vôtres.
« Allez plutôt aux humbles, aux tout-petits dans le Seigneur, ils vous mèneront au bonheur véritable.
N’écoutez pas les démagogues, les tribuns, les tyrans, tous ceux qui, avec de grands mots, disent toutes petites choses. »

Allez à ceux qui viennent à vous comme les messagers de Notre Seigneur.
Allez à ceux qui ne savent que sourire, aimer et pardonner.
Soyez humbles surtout. Toute force réside dans l’humilité. Tôt ou tard les orgueilleux sont abaissés.
Les plus belles, les plus suaves, les plus pures créations de l’art et de la pensée ont été l’œuvre des humbles. La beauté n’est donnée qu’à ceux qui l’implorent, le front dans la poussière.

Jésus-Christ aurait peut être un empereur fastueux, il n’a voulu être qu’un petit enfant dans une crèche.

Ne dite palus : La joie n’est pas pour les pauvres. La joie est pour les pauvres.

Ce sont les riches qui ignorent la vraie joie. Ils nous donne l’illusion, d’être heureux mais leurs cœurs sont vides et leur âmes en loques.

La plupart des riches sont des pauvres honteux qui n’osent avouer leur misère d’âme.
Ayez pitié des riches au lieu de les envier.
« Voyez, autour de vous, la beauté du monde. Oh si elle pouvait se prolonger en lumineuse et pure !
»

Vous auriez la joie si vous vouliez.

«Car la joie est dans tout, dans une fleur, dans un chant d’oiseaux, dans une bouffée d’air parfumé, dans les perles d’une source, dans les étincelles d’un feu de bûches, dans les ailes d’un papillon, dans le rire d’un petite enfant ».

O François, ta voix chaude, ardente, émerveillée, comme elle chante en moi malgré les siècles !
Moi aussi je cherchais la joie…
Dénué de tout, raillé, méprisé, je gémissais :
La joie n’est pas pour les pauvres.
Mais une voix m’a répondu…

Je ne savais pas encore que cette voix était la tienne.
Je m’imaginais seulement qu’un bon génie avait eu pitié de ma misère.
Et j’ai découvert la joie, je l’ai possédée, ne possédant qu’elle seule.
Je me suis agenouillé devant la Beauté du monde et je l’ai adorée, ne sentant pas qu’en même temps j’adorais Dieu.

Par les sentiers bleus de la rêverie et de l’amour, sous des voûtes tremblantes et parfumées de roses tu m’as conduit.
J’ignorais où j’aillais. J’oubliais ma détresse matérielle tellement la lumière que tu avais mise en moi était douce.
Tu m’arrêtais devant un nid d’oiseau, devant une touffe de violettes. Tu me disais : « Écoute chanter cette source sous le feuilles.
Vois comme le ciel est rose et délicat parmi les branches, vois combien l’ombre est dorée qui se coule dans cette allée d’ormes »

Puis, un jour, tu m’a révélé ton nom, et par toi, j’ai su que j’étais redevenu chrétien.
Toute le miel adorable de l’Évangile, je l’ai puisé dans ton enseignement.
O François sois le maître de ma vie intérieur à jamais !

Louanges à Sainte Claire
Quelle aile de cygne s’est ouverte un jour dans ton âme qu’elle et restée à jamais éblouie, sœur Claire ?

Quelle rose blanche s’est en toi , magiquement, épanouie ?

En ce clair dimanche de Rameaux, Jésus, entouré de palmes, est entré dan ton cœur, vraiment et, cette fête intérieur s’est prolongée, tout ta vie…

Tu n’as pas chassé ce pauvre qui arrivait humblement en si pitoyable appareil, mais tu as reconnu la Royauté et, devant sa gloire, tu t’es prosternée à jamais…

On ignorera a toujours la floraison multiple de tes vertus, violettes cachées dans le jardin de Saint –Damien mais dont l’air de l’Ombrie est encor parfumé…

Les hommes n’ont jamais pu voir autre chose que les racines de ta vie spirituelle et leurs yeux n’ont jamais pu s’extasier devant la luminosité de toutes ses fleurs en plein ciel…

François t’avait menée devant le sentier que montait dans la montagne, vers Dieu…

Et, sans hésiter, malgré les meurtrissures de tes genoux et les plaies de tes mains, tu es montrée, montée…

Toute sa vie a été une ascension éblouissante dans l’amour…

Toujours, ton âme plus épurée, plus dégagée de toute étreinte charnelle, montait…

Et toi, c’était un perpétuel et adorable élan de tendresse…

Ta vie a été un chat profond où toutes les forces de ton être éperdument , se donnaient…

Ton corps était rongé de mille maux, tu souffrais du froid, de la faim, mais ton âme chantait quand même…

Tu n’étais plus qu’un chant…

Toux ceux qui entendaient ce chant était bouleversés…

Et maintenant que des milliards de voix se sont tues, maintenant que des milliards d’êtres n’est plus qu’un peu de poussière emporté par les vents, ce chant vivre encore ,merveilleux d’avoir traversé tant de siècles, il domine toutes les voix d’aujourd’hui, se fervent, si doux, si exaltant qu’il semble n’avoir voulu traverser toute le ténèbres des âges rien que pour nous apporter TA JOIE.

Paroles aux blés
« Blés-herbes, entre toutes, sacrée vous chuchotez, doucement bercées aux bras de la lumière.
Et L’azur est péché sur vous… »

Quelles paroles éternelles je voudrais pouvoir surprendre da votre chuchotement !
Ne sais-je pas que Dieu, toujours, sert des êtres les plus faibles pour communiquer sa pensées, Rien n’est muer comme un roc, on n’y sente pas le frémissement de l’amour, mais, dans vos tiges doucement balancées, toutes la tendresse divin frissonne…

O blés ! chaque année vous nous répétez les mêmes paroles d’amour et, après tant de siècles, les hommes ne vous ont pas encore compris !

Vous êtes la richesse des plaines, la caresse des nuits d. été, la lumière de l’Orient.
Lorsque se dresse à l’infini vos sceptres claires, la campagne semble devenir royale.

Et, parfois je me demande si vos n’êtes pas des milliers de flèches d’or dont, le soir, le ciel sera criblé.

O blés, c’est grâce à vous, qu’une la vie peut se continuer…et les enfants, se presser en riant autour des tables sur lesquelles embaume le pain frais!

O blés, c’est grâce à vous, qu’un jour notre doux Seigneur Jésus pût partager son cœur entre ses disciples !
Et, depuis lors, vous êtes l’hostie qui, chaque matin, met de la lumière ; dans l’âme de celui qui la récit à genoux.

Et, je songe à cette heure de suprême bonté où la main divin s’ouvrit pour laisser choir quelques grains de blés sur le monde.

Sans doute, les anges étonnés de voir le Créateur interrompre ses prodigieuses semailles d’astres se penchaient-ils ave curiosité, se demandant ce qui pouvait naître d’une poignée de pauvres graines. Mais, lorsqu’à l’heure de la moisson, ils vivent pour la première fois la terre, à l’infini dorée, ils s’écrièrent : « Hosanna, un soleil encore !

O mon Dieu, soyez béni pur votre munificence, vous m’accablés sous le poids de vos richesses.

Qu’est-ce que l’or entassée par les homme dans leurs coffres à côté de l’or vivant des épis.

L’un provient souvent du crime et amène le crime.
L’autre provient de l’amour est sert à l’amour pour se manifester. »

Et François, débordant d’émotion, s’agenouilla parmi les épis et ceux-ci mettaient à son front une couronne d’or.

Longtemps, se prolongea sa méditation extasiée. Lorsqu’il releva la tête, le soir était venue et, la lune montait, adorablement pâle, par dessus les blés…

Et François, ravi en Dieu, croyait voir monter dans le ciel lilas, l’apothéose blanche d’une gigantesque hostie.

Sainte Claire aux colombes
Sur les rose et les lis de ton minuscule jardin de St- Damien tes lèvres pieuse se sont posées.
Dans ce pur baiser, ta tendresse et ta joie se sont exprimées tout entières.

Maintenant, rêveuse, tu te penches sur la douce plaine s’Assise.

Journée bénie pour toi, sœur Claire !
Ce matin, sur les plaies d’un lépreux, tes mains de lumière ont mis un baume.
Tantôt , tu as donnée toutes les provisions du monastère à des errants.
Ni tes compagnes, ni toi, n’ont mangé aujourd’hui !

Mais, une tendresse si vaste, si pure, si céleste baigne ton cœur que tu n’y songes point.
Mains jointes tu contemples la plaine adorablement mauve et bleue et, le soleil couchant te semble une rose merveilleuse ployée vers ton amour.

Avec humilité t’extasies devant la radieuse beauté du monde et c’est dans ton âme angélique la révélation du bonheur qui serait celui des hommes si la parole du Christ était en eux, comme en toi, éperdument vivante.

Dieu seul peut comprendre ton allégresse, sœur Claire.

Sur le mur bas, étoilé de vignes vierges rougies, sautillent des colombes et la douceur de leurs roucoulement s’ajoute à la douceur de la plaine et des fleurs.

Tu murmures : « Colombes, chéries, ne vos laissez jamais de louer Dieu, o sœur de la neige et des anges …»

Et tu souris de les entendre roucouler sans fin sous la caresse de tes longues mains fines.

Dès la le soir, Séraphin vêtu de bleue, t’apporte ses premières gerbes d’étoiles. Et tu courbe le front et fermes les yeux, un moment, pendant qu’il dépose en ton cœur, sa moisson scintillante.

Oh François, François, tin séraphique père François ! ne reviendra-t-il pas bientôt avec une pareille gerbe d’étoiles ?

Où peut-il chanter Dieu en ce moment ?
a qui dit-il son rêve ? aux hommes ? aux oiseaux?
Devant quelle misère est-il agenouillé?
Sur quelle peine, la lumière de son sourire est-elle penchée?
Quelles richesses distribue-t-il aux âmes éblouies, avec toute la fougue de son amour ?

François. François. Ton séraphique père François !

Tes yeux se voilent de larmes, sœur Claire ! Mais qui peut songer à lui sans pleurer ?
N’est-il pas toute la grâce et tout l’amour ?

Depuis le Christ, quelle tendresse plus merveilleuse s’est penchée sur la misère humaine ?
Quel être a manifesté d’une façon plus exquise, la bonté de Dieu ?
Tu es inquiète aussi ! Les cailloux des routes ne blesseront-ils pas ses pieds nus ?
Le pain et l’eau ne lui seront-ils pas refusés ?
Ne le chassera-t-on des villages à coups de pierres ?…

Tu considères avec une indicible mélancolie l’horizon où, comme le dernier pétale d’une rose morte flotte une dernière lueurs…
Avec quel élan tu murmures : « Oh! s’il pouvait revenir ce soir, François, mon doux père François !»

Les anges s’affligent : « Pourquoi pleure-t-elle notre pauvre petite sœur Claire, pourquoi, pourquoi?

Ne sait-elle donc pas que les âmes qui seront sauvées par elle et par lui, au ours des siècles, seront plus nombreuses que toutes les lumières du ciel ?

Oh chère petite sœur Claire, tu es une lampe qui veilles sur la montagne, lui, la flamme dévorante de l’amour divin qui va de plaine en plaine.

Ta vie est un humble bouquet de violettes offert `a Dieu pour détourner ses regards des pécheurs…

Chère petites sœur Claire, tu sera à jamais le pur miroir où les hommes verront se refléter le sourire de saint François ».

La Sainte divinement réconfortée, sourit, : <Les gens d’Assise qui rentrent chez eux s’émerveillent devoir la frêle silhouette de dresser là-haut, et murmure : « Sœur Claire, priez pour nous. »

Et, dans le soir criblé d’or, le bras éperdument tendue vers Dieu, elle prie, le cœur dévorant de joie et d’amour.

L’odeurs des roses se mêle à sa prière comme un encens et les colombes roucoulent sans fin.

L'âge d'or Franciscain : Rivo Torto
Comme chaque nit, François s’était levé, exultant de bonheur et, seul devant la grande croix noire qui dominait l’enclos, il restait, bras étendus, ravi en Dieu…

Dans la paix heureuse de cette nuit demain on percevait sous les huttes de branchages la respiration des frères endormis. Un rossignol chantait…

Il semblait à François que dans cette nuit de printemps une rose merveilleuse s’était pour la première fois épanouir, la rose de la Grâce et de l’Amour. Et il murmurait dans sa joie : « Pourtant de douceur et de beauté mon Dieu, merci ! Ma félicité est trop grande, trop vaste, mon pauvre cœur plie sous ce fardeau éblouissant…»

Jadis, j’avais domestique, habits somptueux, festins, et sans m’en douter, j’étais pauvres…

Maintenant que j’ai tout abandonné, je suis riche d’une richesse que personne ne peut plus me ravir.

Mon cœur déborde de pierreries et de joyaux et devant l’immensité de ce trésor je reste confondu. Je suis riche, je suis trop riche. Jamais je n’eus osé rêver opulence pareille…

Il me semble qu’après des siècles je n’aurais pas encore dépensé tout ce que je dois à la munificence..

J’ai accompli ta parole, ô Jésus, et voici que j’ai reçu aussitôt pour mes frères et pour moi tout le bonheur du ciel, dès ce monde. Mes frères ! Je les aime comme tu as voulu que nous nous aimions, ils dorment autour de moi paisiblement sous ces toits de feuillages et les anges sur leur sommeil son inclinées…

Par ta grâce leurs âmes sont pures et harmonieuses comme cette nuit de printemps où toutes les mains devaient être jointes…

Et, dans leur rêves, ce rossignol chante…

Ils réalisent, Seigneur, l’humanité heureuse que tu annonçais lorsque, sur la montagne, tu nous révélais tous les secrets de la Joi,e tous les secrets de l’Amour.

Tout ce que tu avais promis aux hommes dans les Béatitudes, tu nous l’as donnée.
Nous vivons dans ce paradis que tu avais désiré nôtre et la nature avec ressources, ses oiseaux, ses fleurs, se feuilles et ses fruits est autour de nous comme ta tendresse toujours présente.

Il y a quelques années à peine nous étions encore plongés dans le tumulte des armes, les cœurs sans cesse agité de haines féroces.

Mous voici des frères par le miracle de ton amour ! Et c’est à nous, à nous les plus misérables de tous que tu as voulu révéler le bonheur des élus, le bonheur qui n’appartiendra à l’humanité que dans dix milles ans peut-être et après quels désastres !
Avec quelle force, sous le dôme constellé de cette nuit de printemps, uni au chant de ce rossignol éperdu, mon hymne de reconnaissance et d’amour jaillit vers toi, mon Dieu et mon Tout . »

Ma soeur la Source
A travers les feuilles et les herbes ton rais visage me sourit et le tes lèves chantent.

Ta joie est immense et inexprimable d’être faite de rien…
Elle jaillit de ton sein, sans cesse, en bulles d’or.

Ma sœur la source tendresse exquise, toujours chantante vers Dieu tes yeux d’eau sont si transparents, si purs, que tu vois les sangs, ailes closes, se pencher, en souriant, sur toi.

Chère petites source, quelle amie, plus que toi, me parle d’humilité, de pureté!…
Chacun de tes paroles est de cristal.
Dieu t’a fait jaillir dans ce monde peu que, par toi, les secret du bonheur nous soit révélé.
Mais personne ne t’écoute personne, a part les anges, ne se penche sur ton visage.

La mer est vaste, tumultueuses comme la passion,
Le fleuve, semblable à l’humanité, roule ses flots, aveuglément, vers l’abîme.
Toi, tu nais et renais sans cesse et la vie semble inépuisable.

Les montagnes, les torrents, les gouffres nous cirent la grandeur de Dieu, toi, tu ne veux nous parler que de sa bonté et de sa miséricorde.

Tu es une voix délicieuse que ne se lasse point de nous chuchoter les tendresses du ciel.

Heureuse la fleur qui peut éclore, dans l’herbe, auprès de toi et vivre, un jour, bercée par ta chanson !

Heureux l’oiseau qui peut plonger son bec à petits coups rapides dans ton sein et secouer ensuite en perles autour de lui, tous les trésors qu’il a puissés.

Mai sœur l’au, précieuse et chaste, puisses-tu à jamais dire ton rêve et ton amour e moi… et continuer à travers les siècles sous les herbes et les fleurs à chanter Dieu.

Et lorsque viendra le grand jour de la lumière où les seules forces du biens seront reines les hommes te voyant passer sur la route du ciel, avec ta chevelure mêlé de diamants ta robe d’azur et d’or s’étonneront : « Quoi, c’était cette petite source ? Qu’a-t-elle donc fait d’extraordinaire pour être récompensé ainsi, avant tous ?…»

Mais Dieu se penchera vers toi et murmurera dans un sourire :

Tu fus humble et pure, tu chanta ton Créateur, naïvement, parmi les fleurs et les heures, tu ne voulus pas être autre chose qu toi-même, sois la première à entrer dans ma gloire.

Ma soeur la Lumière
Ma sœur la lumière, enfin, te voici !
Telle est mon allégresse que je ne sais plus si c’est dans le jardin ou dans mon cœur que chantent les oiseaux.

J’errais as les ténèbres ensanglantées d’incendies, déchirées de sanglots.
Je songeais tristement : « Ce sera la nuit pour toujours. »
Mais te voici ma sœur la lumière ! Et déjà tous les cauchemars qui pesaient sur mon cœur on fui de leur ailes lourdes..
Mon âme est resplendissante comme une coupe de cristal débordante d’aurore.

Où avais-tu erré lion du monde si longtemps ?
Dans quels sentiers loin de notre misère ?
Ne savais-tu donc pas notre désespoir ?
Qui t’a ramenée vers nous ?
Qui a donnée à ton sourire cette beauté qui le rend divin?
Oui, quel Dieu nous sourit par tes yeux ?

Sur notre pauvre cœur souillé et meurtri, te voici penchée.
Avec un infinie miséricorde tu déposes en nous, le soleil !
Nous étions des gueux que rien ne pouvait réconforter, ni rassasier et voici t a merveilleuse aumône !
Est-il possible que nous soyons visité par toi ?

Ange de l’Annonciation, viens-tu nous prédire la naissance d’un Dieu?
Cette étoile qui tremble à ton front est-ce celle de Bethléem et tes pieds ne sont-ils si beau que nous avoir foulé les astres dans ta venue vers nous à travers l’immensité d’or ?

Ma sœur la lumière, parle, parle, hâte-toi de nous communiquer le doux message qui nous arrive du ciel par toi!

La Pitié infinie t’a-t-elle envoyée vers nous et tes mains éblouissantes sur notre front sont-ce des mains de douceur et de pardon?
Viens-tu nous annoncer le rège de la joie et de l’amour ?

Glaneuse céleste, viens donc ramasser en moi, tous les épis oubliés et perdue pour qu’à l’heure de la mort je ne sois pas les mains vides devant Dieu.

L'offrande de Sainte Claire
Pour consoler l’âme de François un ange ait joué de la cithare durant tout cette nuit merveilleuse d’été.
Et, lorsqu’au matin, les étoiles, aux pointes des herbes, furent devenus rosées, le saint s’était écrié : « Allons dire à notre sœur Claire la oie que l’ange a déposé, cette nuit, dans notre cœur. »

Suivi de frère Léon, il s’en était allé, rêveur, par le chemin que mène Sainte-Marie des Anges à Saint –Damien.

Les blés mûrissaient. Une mer éblouissante d’épis roulait, entre les montagnes bleues, ses vagues d’or.
Les deux frères devisaient, simple et candides et, comme ni l’un ni l’autre n’avaient déjeuné ils froissaient, de temps en temps, un épi, entre leurs doigts et en croquaient les grains en remerciant Dieu.
Et François en tout semblable au Christ évoquait, avec une intime jubilation Jésus et ses apôtres qui, un jour, comme eux, s’en allait, devisant et mangeant, parmi les bilés de Galilée.

Des alouettes, dans la fraîcheur exquise de cette matinée, montaient et le saint de soupirer : « Heureux de êtes-vous, mes sœurs les alouettes, heureuse êtes-vous de pourvoir sans cesse jaillir, éperdues d’amour, vers Dieu ! Vous êtes humbles et de peu d’apparence, mes sœurs les alouettes. Les hommes ne discernent en vous en rien que puisse les émouvoir mais, pour les regards divins votre cœur est un diamant qui resplendit. Montez, montez, chantez, chantez .»


Et des yeux éblouis, François suivait le vol aussi lion qu’il le pouvait dans les profondeurs du ciel et lui semblait eu son cœur aussi montait en chantait.

Lorsqu’il rabaissa ses regards il crut, un moment, que tout l’azur s’était émietté en fleurs parmi les blées..
De centaines de bluets balançaient leurs frêles corolles au rythmes des épis..

« Des bluets ! » s’écriait-t-il voilà certes frère Léon, des fleurs qu’il me serait agréable qu’il me serait agréable à offrir à notre sœur Claire. Fleurs d’azur céleste, ne se cachet-elle pas humblement parmi les hommes comme ces bluets parmi les blés ? »

Déjà il s’agenouillait pour les cueillir lorsqu’une timidité lui mit une rougeur au front non, il n’oserait jamais offrir ces fleurs.
Il se redressa lentement, secoua la tête, puis continua sa route, songeur.

Extase nouvelle, un peu plus loin.
Une touffe merceriseuse de lis, dans un jardin abandonné à deux pas du chemise !

« Frère Léon, répéta François, quelles autres fleurs oserions-nous offrir à notre fille bien-aimées ? Nous n’en pourrions découvrir de plus lumineuses et de plus pures de plus semblables à celle qui sera à jamais la joie et la lumière d’Assise .»

Il s’apprêtait à enjamber la muraille mi-écroule, lorsque la même inexplicable timidité le retint…
Il secoua de nouveau la tête et poursuit son chemin sans mot dire…

Doucement souriait frère Léon devant les hésitations du Bienheureux.

Avec quelle tendresse il l’observait, si simple, si candide, si délicat en toutes choses.

Le divin de cette matinée les troublait tous deux également.
Parfois, avec une indescriptible allégresse, ils contemplaient les blés, le ciel, les peupliers.
Un moment, la même émotion les déborda devant la beauté du monde et, les bras levés dans la lumières, ils ne trouvèrent pour balbutier leur reconnaissance que ces mots : « Mon Dieu ! Mon Dieu ! » Ils traversaient des champs, des prés, des vignes, des bosquets d’oliviers ; passaient des ponts sur des ruisseaux.

A leur venue s’agenouillaient les paysans et François les bénissait, sans les laisser en murmurant : ‘O Seigneur, daignez bénir les humbles tâches des hommes. Rendez-les contents de peu pour qu’ils soient riches de joie et d’amour ».


Une jeune homme vint à leur rencontre que menait un agneaux. Le saint poussera un cri de joie
et se penchant, passa, avec ravissement sa main sur l’échine de la jolie bête qui, doucement, bêlait vers lui.

« Frère Léon, s,’écriait-t-il encore, ne cherchons plus, voilà le plus merveilleux des dons que nos puissions octroyer à notre fille chérie. Cet agneau est le seul être, ici-bas, vraiment digne de sa candeur et de sa pureté. »

Et déjà il songeait à envoyer son compagne chercher à Sainte Maire-des Anges quelque chose qu’on pût offrir en échange de cet agneau lorsque la même inexprimable timidité le retint pour troisième fois.

Il repris sa out le les alarmes aux yeux.

Mais voilà qu’au détour du chemin, Saint- Damien leur apparut.
Toute la mélancolie du saint se dissipa immédiatement et une joie surabondante l’envahit.
Autour des vieilles murailles des centaines d’«hirondelles tournoyaient. Devant le porche, des colombes picoraient dans le gazon, Saint-Damien ! nit de cygnes ! bouquet de lis seul encore ici-bas, digne de recevoir la visite des anges !

Saint Claire et se compagnes chantaient l’office et ces voix pures leur arrivaient mêlés aux gazouillis des hirondelles et aux roucoulement des colombes et parfois tintaient les clochettes agitées par la main de l’abbesse.

François, immobile, mais jointes, écoutait dans l’extase.
Vraiment, toute la pureté qu’il avait rêvée était présente dans cette matinée rose et bleue, pleine d’oiseaux et de voix angéliques…

L’office terminé, il frappa à la lourde port. Elle les reconnaissants la sœur tourbière pourra un cri joyeux, se hâta de les faire entrer et courut avertir sa bienheureuse mère…

Et déjà sœur Claire s’avançait dans le cloître, tout émue, entourée de ses filles bien-aimées aux noms délicieux : Amanta, Benvenuta, Mansueta, Chiarella.

Lorsqu’elles aperçurent leur père séraphique, elles s’agenouillèrent yeux baissés, attenant que la lumière de a bénédiction descendit, suave, dans leurs cœurs.

Mais François était plein de mélancolie. Voici qu’il n’avait rien à offrir à sa « précieuse petite plante » ! Comme il déplorait ses timidités de tantôt !

Il songeait aux bluets, symboles de modestie, aux lis, symboles de pureté, à l’agneau, symbole d’innocence.

Et il souriait profondément.

Mis, comme les sœurs étonnées de son silence relevaient le front un cri leur échappa.
François sursauta et instinctivement, regarda autour d lui.
Trois anges étaient à ses côtes
Et l’un offrit à Sainte Claire une gerbe de bleuets, l’autre une gerbe de lis, le troisième un agneau.

La messe de frère Léon
A l’appel du faucon, François s’était dressé sur sa ouche de pierre…
Déjà, Frère Léon , une lanterne à la main, était debout devant lui…
La nuit était opaque et froide. En tâtant les murailles de granit, humides et glacés, ils montèrent jusqu’à la terrasse où, chaque matin, frère Léon venait dire sa messe, avant l’aube…
Sur l’autel rustique ils déposèrent le ciboire, devant un crucifix, et à côté du missel ouvert lanterne dont clignotait la flamme.
Autour d’eux la nuit était un gouffre noire.

Frère Léon commença à célébrer l’office divin. François le servait avec humilité.
Dans le silence de la montagne on n’entendait que le balbutiement.
La prière mettait un goût de miel à leurs lèvres…
Ils priaient pour que le soleil fût donné aux hommes, un jour…
Humblement, ils remerciaient Dieu de sentir déjà à présence du soleil dans leur propre cœur…
Et, lorsque frère Léon, à l’Élévation, élevait l’Hostie, il croyait la voir resplendir entre ses doigts comme une étoile et François souriait à son Dieu…

Puis, tous deux, s’effrayaient de sentir en eux, misérables vers de terre, la révélation de la suprême tendresse…

La joie qui les comblait était presque trop lourde et leur âme ployait sous ce fardeau délicieux…
De minute en minute s’accroissait leur ivresse, et, chaque fois que frère Léon, selon la liturgie, se tournait vers François, ils restaient tous deux immobiles, un moment, avec la même flamme dans les yeux.

Parfois, il leur semblait que de vagues musiques rôdaient autour d’eux et ils n’osaient se retourner de peur de voir la face des anges, « amour qui les envahissait était si vaste, si total, qu’ils ne pouvaient même plus croire à l’existence de la haine…

A la communion, lorsque la lumière de l’hostie fut entrée en eux, ils fermèrent les yeux pour rien de la féerie intérieur ne s’échappât, et leur cœur, de contenir Dieu, était tendu d’amour à se briser.

Déjà les ombres devenaient moins denses, les crêtes des montagnes se découpaient, roses, dans les brumes lilas. Les oiseaux s’éveillaient. Des chants de pâtres et des chants de cloches montaient des vallées.

La montagne se dévoilait, lumineuse, bruissante de vie, et les plaines et les autres montagnes aussi s’éveillaient et chantaient…

Et lorsqu’à « Ite, Missa est » frère Léon, les bras étendus, se tourna vers la plaine, le soleil, éblouissant, se levait.

Mais François restaient agenouillé, n’osant lever le front, avec, en lui, un bonheur, si grand, si splendide, si pur, qu’il lui semblait que leur prière était exaucé et que la Joie était donnée au monde à jamais.