| Série
25 - 22 pages
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Les
7 paroles de la vierge Marie
auteur chamoine Goerge-Joseph de Geuser
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| Chapitre
1
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Aimons la Sainte Vierge et méditons ses sept paroles.
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Préparation
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Dans
une des prophéties les plus merveilleuses de la Religion
chrétienne, la sainte Vierge, quelques jours après
l’Annonciation, prédit à Élisabeth
que « toutes les générations la proclameront
Bienheureuse- Beatam me dicent omnes generaliones. »
Et certes, si jamais une prophétie s’est réalisée,
c’est bien celle-là : Parcourez le monde, partout
vous trouverez des autels dressés en son honneur, des
églises bâties à son gloire, des sanctuaires
aux murailles tapissées d’ex-voto attestant la
bonté de la divine Mère et la reconnaissance
de ses enfants. Et qu’ils sont touchants les noms donné
par la piété chrétienne à ces
temples vénérés : C’Est N.-D. de
Grâce, N.-D.des Miracles, N.-D.de Réconciliation,
N.-D.des Consolation, etc. etc. Mais ce qui ravit surtout
le cœur de la Sainte Vierge, c’est la tendre dévotion
des âmes chrétiennes, c’est l’appel
filial jeté à sa tendresse, c’est le crie
de notre détresse, le chant de notre reconnaissance,
et ces millions d’Ave Maria que la terre fait monter
chaque jour vers son trône, lui renvoyant ainsi comme
un écho de son adorable : « Beatam ! Beatman
!- Vous êtes bienheureuse ! »
Toutefois
il faut l’avouer : Si Marie est la plus aimée
des mères, elle en est surtout la plus aimable et la
plus aimante ; et jamais nous ne pourrons égaler nos
hommages à ses mérites. Ce n’est qu’au
ciel, et par Jésus, que Marie est dignement louée.
Ici-bas nous sommes plongés dans de si épaisses
ténèbres et d’autre part la dignité
de Mère de Dieu est tellement sublime, que jamais nous
ne pourrons comprendre les ineffables grandeurs de la Très
Sainte Vierge. Encore faut-il les méditer et les approfondir
sous peine de n’avoir qu’une idée très
inexacte de ce que nos devons à Marie ; et c’est
ainsi que beaucoup de chrétiens, même pieux,
ne donnent pas à cette dévotion la place qu’elle
mérite. Ils ne comprennent pas qu’elle est la
le plus juste, le plus nécessaire et le plus délicieux
de tous les cultes après celui de Dieu.
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Section
1 |
1-
En
effet, la Maternité divine n’est pas une de ces
thèses, très belles, sans doute, mais qu’il
est permis de reléguer au second plan : Le fondement
du Christianisme, ce qui sert de base à toute la Religion,
c’est le dogme de la création et de la sainte
Trinité. De là découlent nécessairement
et le domaine suprême du Créateur, et la dépendance
absolue de la créature. Sans la faute originelle, toute
le Religion se résumerait dans cette grande lumière
: »Je crois en Dieu le Père tout-puissant, Créateur
!... »
Mais
le péché a creusé entre le ciel et la
terre un abîme infranchissable ; et cet abîme,
Jésus-Christ seul a peu le combler. Comme lui-même
nous l’a enseigné : « Nul ne peut aller
au Père sinon par moi ! » (Joan, XIV, 6.) De
là le second article du Symbole : » Je crois
en Jésus-Christ, son Fils unique, Notre-Seigneur, qui
a été conçu du Saint-Esprit, est né
de la Vierge Marie. »
On
remarquez-le : Cette vérité capitale qui constitue
essentiellement la Religion chrétienne, est précisément
la base inébranlable de la dévotion envers la
Sainte Vierge : le Credo nos l’affirme : « C’est
d’elle que Jésus-Christ est né et c’est
elle qui nous l’a donné ! Natus ex Maria Virgine.
»
Elle
est donc la mère de Dieu ; car en vérité
comme l’Ange le lui annonçait, « elle a
conçu dans ses entrailles et enfanté de sa substance
» un Fils qui est Dieu. Mais alors comment plaire à
Jésus-Christ si je n’aime pas sa Mère
?
Mère
du Verbe Incarné, Marie devait être digne de
son Fils. Il convenait donc qu’elle en fut la copie
fidèle, le miroir de ses perfections, la compagne inséparable
de tous ses mystères. » Elle devait être,
dit saint Bernardin de Sienne, toute proche du Christ pour
mériter de le concevoir, vicinis-sima Christo, et ainsi
être élevée à une certaine égalité
avec Dieu par une mesure en quelque sorte infinie de grâces
et de perfections » » (1). Mais alors comment
plaire à L’artiste divin si je mésestime
le chef-d’œuvre où il a mis tout son génie
et tout son cœur ?(2) Marie est si belle que Dieu, ravi
de sa splendeur, la salue avec transport : « Vous êtes
toute belle, ô ma bien-aimée ! » Et moi,
je pourrais dédaigner Celle qu’il préfère
au reste de la création ?
Mère
de Jésus-Christ qui est notre chef, Marie doit l’être
aussi de tous ses membres ; « car une mère, remarque
le Bienheureux Grignion de Montfort, n’enfante pas la
tête sans les membres, ni les membres sans la tête.
» La sainte Vierge est donc notre Mère : Elle
nous a conçus, au jour même où elle concevait
Jésus, le Principe de notre vie ; Elle nous a portés
dans son cœur trente-trois années durant, au cours
desquelles elle préparait avec Jésus notre naissance
spirituelle et notre rédemption ; Elle nous a enfantés
dans la douleur, au pied de la Croix, en s’associant
au grand Sacrifice qui consommait notre salut. Et de même
qu’on présente à la mère l’enfant
qu’elle a mis au jour, ainsi au Clavaire, Jésus
présent à Marie, dans la personne de saint Jean,
tous les chrétiens dont elle devient la Mère,
en lui disant : «Femme, voilà ton fils, »
et Est-ce tout ? Non pas encore : « L’Église
enfantée au Clavaire était un « Jésus-Christ
nouveau-né, un Jésus-Christ dans les langes,
un Jésus-Christ au berceau. » (3) Ce que Marie
avait fait pour amener Jésus à l’âge
parfait, elle devait le faire pour l’Église naissante
:
Voilà pourquoi elle est restée sur la terre
après l’Ascension de Notre-Seigneur ; pourquoi
l’esprit-Saint, qui est « survenue en elle »
lors de l’Incarnation pour former le Chef des prédestinés,
y « survient » encore à la Pentecôte,
pour former les membres du Christ. Et jusqu’à
la fin des siècles c’est toujours par Marie que
le Chrétien, autre Jésus ; « est conçu
du Saint-Esprit. » C’est par Marie « qu’il
naît » à la grâce : et c’est
par Marie encore qu’après les travaux et les
souffrances de ce monde, il est enfanté à la
gloire et à la plénitude de la vie divine, en
ce grand jour de la mort qui est pour nous le jour de notre
vraie naissance, « dies natalis, » Marie est donc
notre Mère à des titres mille fois plus sacrés
que celle à qui nous donnons sur terre ce nom si doux.
Or il m’est commandé « d’honorer
mes parents «Dieu maudit le fils qui fait pleure sa
mère ; il permet tant de bénédictions
au fils aimant ; je dois donc aimer de toute mon âme
ma Mère du ciel !
Et
elle est si bonne ! Elle nous a tant aimés ! Elle a
tant a souffert pour nous ! Pour nous sauver, elle a consenti
à la mort de son Jésus.
Dans
le plan divin, Marie devait être la revanche d’Ève,
et parce que la femme s’était associée
librement à l’homme pour perdre les âmes,
il fallait que la Vierge fût librement unie au nouvel
Adam pour les racheter. Voilà pourquoi Dieu demanda
à Marie son consentement à l’Incarnation
; pourquoi, au témoignage de saint Alphonse, Jésus,
fils toujours obéissant, lui demanda, la vieille de
sa mort, la permission de mourir pour nous (4). Et plus héroïque
qu’Abraham, la divine Mère souscrivit au sacrifice
de son Isaac.» C’est ainsi qu’elle a aimé
le monde : Elle lui a donné son Fils unique. Sic Maria
dilexit mundum ut Filium suum unigenitum daret. » (5)
Et nous, sauvés par ses douleurs, nos pourrions «
oublier les gémissements de notre Mère ? »(6)
Non, non, si nous n’aimons pas Marie, impossible de
plaire à Dieu ; mais nous l’aimons, impossible
de ne pas lui plaire.
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Section
2 |
2-
Ainsi la dévotion à la Très Sainte Vierge
est toute ce qu’il y a de plus juste ; et par conséquence
logique, tout ce qu’il y a de plus nécessaire ;
elle est notre suprême devoir et en même temps notre
suprême intérêt. En effet, et c’est
là une des inventions les plus touchantes de sa tendresse,
Dieu a fait de notre Mère notre Médiatrice près
du Rédempteur, la trésorière, la Dispensatrice
de toutes les grâces achetés par la Rédemption.
Sans doute, Jésus-Christ est le seul Médiateur
universel et nécessaire ; c’est par son sang que
nos sommes tous sauvés et il n’a besoin de personne
pour consommer notre salut.
Oui, mais le péché a créée en
l’homme la peur de Dieu, « J’ai eu peur,
disait Adam après sa faute, et je me suis caché
de la face de Dieu. » Parlez-nous vous-même, disaient
les Hébreux à Moise, mais que Dieu ne nous parle
pas, de peur que nous ne mourions. » C’est en
vain que le Verbe s’abaisse jusqu’à nous,
qu’il se revêt des charmes de l’enfance
pour nous attirer, qu’il se livre pour nos aux excès
de la Passion ; même à travers sa chair déchirée,
nos apercevons les rayons de la divinité ses douleurs
amères nous disent l’énormité de
nos crimes et puis il est non seulement notre Sauveur, mais
notre Juge. « O homme, dit ici saint Bernard, veux-tu
avoir aussi un avocat auprès de lui ? Recours à
Marie ! En Marie, il n’y a pas que la pure humanité,
quelque singulière que soit la gloire à laquelle
elle a été élevée. N’en
doute pas : elle sera écoutée par égard
de sa maternité. Le Fils exaucera la Mère, et
le Père exaucera le Fils. C’est là l’échelle
des pécheurs, c’est là ma plus grande
confiance et toute la raison de mon espoir. » (1)
En
même temps et toujours dans ce même dessein d’amour
pour nous, Dieu fait de Marie la Trésorière
et la Dispensatrice de toutes les grâces. » En
Marie, dit le Bienheureux Grignion de Montfort, le Seigneur
a renfermé toutes ses richesses et jusqu’à
son propre Fils et c’est de sa plénitude de tous
les hommes sont enrichis. « Elle est plein de grâces,
remarque saint Thomas, pour les répandre sur tous les
hommes. Certains saints, ajoute le Saint Docteur, ont reçu
une grâce si abondante qu’ils ont pu sauver beaucoup
d’âmes mais en avoir assez pour sauver tous les
hommes, c’est le privilège unique de Jésus-Christ
et de sa Mère. » (2) « Ainsi conclut saint
Bernard, dieu eut que nous recevions tout par Maire. »
Pas unes seule grâce qui en soit en même temps
le fuit du sang de Jésus et de la médiation
de Maire ! Pas une grâce qui en descende du ciel par
ses mains.
-
A qui devons-nous toutes les grâces qui ont sanctifiés
notre enfance ? A Marie !
- A qui, ces grâces toutes puissantes qui si souvent
nous ont gardés du péché ou qui, après
la faute, nous ont ramenés à Dieu ? A Marie
encore !
-A qui devons –nous les grâces qui nous suivront
jusqu’à la mort et le don de la persévérance
finale ? A Maire, à Marie toujours ! «Deus nos
totum habere voluit per Mariam ! »
De
là les Saints, les Docteurs, les grands Théologiens
ne craignent pas de conclure que la dévotion à
la Très Sainte Vierge est un gage assuré de
salut et le meilleur signe de prédestination ! De là
encore cette délicieuse parole de saint Hilaire et
de saint Alphonse reçue comme un axiome par la piété
chrétienne «Un vrai serviteur de Marie ne saurait
périr ! Devotus Mariae nunquam peribit ! » Et
la sainte Église ne confirme-t-elle pas cette douce
croyance quand elle met sur les lèvres de la Sainte
Vierge ce verset de l’Ecclésiastique (XXIV, 25)
: « En moi est toute grâce de voie et de vérité
en moi toute espérance de la vie et de la vertu ? »
Ainsi, pensée consolante, si j’aime Marie, j’assure
mon salut et ma sainteté ! Parfois que je médite
les redoutables mystères de la prédestination
et de l’éternité, quand je mesure ma faiblesse
et d’autre part la force et la ruse de mes ennemis,
je me trouble en me posant cette terrible question : Quel
sera mon avenir ? Serai-je du nombre des élus ou des
réprouvés ? Irai-je au ciel bénir mon
Dieu ou le blasphèmerai-je en enfer ? Mais alors je
me réfugie sous le manteau de ma Mère et sentant
mon cœur tressaillir d’amour pour elle, je me rassure
; mes terreurs se calment et font place aux plus radieuses
espérances. Car si je persévère dans
mon filial recours, je m’assure son maternel secours,
et le Ciel est à moi ! Oui, vraiment, aimer Marie,
c’est bien la plus utile et la plus nécessaire
des dévotions.
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Section
3 |
Elle
en est aussi la plus délicieuse. Dans l’Ordre de
la nature, il est déjà si bon et si doux d’avoir
une mère. On l’a dit avec raison : Le cœur
de la mère est le chef-d’œuvre de la création,
Dieu n’a pas voulue que dans l’Ordre de la grâce
nous fussions moins bien partagés. Mais où trouver,
un cœur assez vaste pour abriter tous les hommes, assez
pur pour mériter toutes leurs affections, assez puissant
pour justifier leur confiance, assez amant pour ne se rebuter
d’aucune misère ?
Ce Cœur, Dieu le créa pour nous avec un soin tout
spécial. Il y épuisa en quelque sorte toute
sa sagesse, toute sa puissance et tout son amour ; Il en fit
un incomparable idéal de sainteté, de dévouement,
de tendresse, la merveille des merveilles : C’est le
Cœur de Maire !
Et
comme s’il eut craint que ce Cœur ne fût
pas encore assez amant, il voulut en quelque sorte l’essayer
lui-même ; et descendant du ciel, il se fit l’enfant
de Marie et se plut à reposer dans son sein et sur
ses bras.
Pendant 33 ans il expérimenta tout ce qu’il y
avait de tendresse maternelle, de délicatesse virginale,
de dévouement sans nom dans le Cœur de Marie ;
il éprouva par lui-même l’exquise affection
de ses caresses, la douceur de ses baisers, le charme de son
sourire, et la force héroïque de son abnégation.
Alors, pleinement rassuré, il voulut nous la léguer
à tous comme notre Mère ; et pour nous rendre
ce don plus cher et plus sacré il attendit le moment
solennel de son agonie ; et du haut de sa croix, avant de
rendre le dernier soupir, il nous dit à tous dans la
personne de saint Jean : «Voilà votre Mère
! »
Oh
! Qu’il est précieux ce don sacré ! Il
a fait les délices du Fils de Dieu lui-même,
pendant sa vie mortelle, le cœur de Jésus était
plongé dans une continuelle agonie, à la vue
de nos péchés et de la perte éternelle
de tant d’âmes, sa consolation, sa joie, son bonheur
c’était l’amour de sa Très Sainte
Mère !... A son exemple, tous les Saints ont trouvé
un charme ravissant dans la dévotion à la sainte
Vierge. Un jour, on demandait à saint Stanislas Kostka
s’il aimait bien Marie. A cette question une vive rougeur
empourpra ses joues, et avec un accent tout céleste
il répondit : « Mais elle est ma Mère
! - Haec est mater mea ! »
Rien
n’adoucit ce que el devoir a parfois de pénible,
rien ne console des épreuves de la vie, ne calme les
angoisses de l’âme, en face du redoutable problème
de l’au-delà, comme ces deux trésors que
le Cœur de Jésus nous a légués :
La Communion fréquente et la prière à
Marie ! On l’a remarqué souvent : Les peuples
qui ont abandonnée ou laissés languir la culte
de la sainte Vierge ont quelque chose du dur, de rebutant,
de janséniste dans leur religion ; au contraire, plus
le sourire de Marie plane sur une âme, plus elle s’ouvre
joyeuse à une piété suave, aimable et
pleine de charmes (1).
Nous devons donc estimer de toute notre âme la dévotion
à la très sainte Vierge, la regarder comme une
des grâces les plus précieuses, une grâce
de choix qui assure le salut et la sainteté.
Or
cette grâce, comme tous les autres, s’obtient
de deux manières : par la prière et par l’effort.
Prions donc : demandons à Jésus quelque chose
de son respect, de son amour, de sa piété envers
Marie. Puis travaillons à développer en nous
ces sentiments sacrés, en ravivant notre foi par de
pieuses lectures et de ferventes méditations. «
Étudions, avec les mystères de sa vie, les sept
paroles de la sainte Vierge que l’Évangile nos
a conservés. Nous y trouverons le parfum de ses vertus,
le reflet de son âme et de douces et fécondes
leçons pour notre sanctification.
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Prières:
«
L'Ave
Maria.» |
La
piété populaire s’imagine volontiers que
cette prière d’une simplicité si délicieuse
a dû jaillir spontanément du cœur des premiers
fidèles au berceau même du Christianisme, tout
au plus admettrait-elle, avec de nombreux auteurs, l’addition
du « Mater Dei » au Ve siècle, quand le Concile
d’Éphèse (431) eut promulgué le dogme
de la Maternité divine contre l’impie Nestorius.
En réalité, «l’Ave Maria » ne
s’est formé que lentement dans une longue suite
de siècles, il semble vraiment que Dieu n’ai voulu
accorder aux hommes ce riche trésor qui peu à
peu, pour en faire mieux savourer l’excellence et dans
la mesure même où se développait la dévotion
à la très sainte Vierge.
Cette
prière est sortie d’une triple source : Au jour
de l’Annonciation l’Archange avait dit à
Marie : «Je vous salut, ô pleine de grâces,
le Seigneur est avec vous, à vous êtes bénie
entre toutes les femmes ! » À la Visitation, sainte
Élisabeth avait repris ces dernières paroles :
«Vous êtes bénie entre toutes les femmes,
et le fruit de vos entrailles est béni ! » En fin
l’Église acheva la salutation en y insérant
comme deux diamants les noms sacrés de «Jésus
» et de « Marie » et en y ajoutant la pieuse
invocation qui la termine. Par la bouche de Gabriel, d’Élisabeth
et de l’Église, c’est toujours le même
Esprit-Saint qui louait la Vierge, et c’est lui qui donne
à «l’Ave » sa magnifique unité.
Dès
les premiers âges, les Pères se sont complu à
commenter, souvent avec des accents lyriques, la double salutation
de l’Ange et d’Élisabeth ; mais ce n’est
qu’au Vie siècle que les documents nous la montrent
employée comme prière usuelle ; elle en comprend
que la parole évangélique et s’arrête
au mot « ventris tui. » C’est cette même
formule qu’emploie encore au XIIe siècle saint
Bernard, saint Albert de Crespin, Amédée de Lausanne,
etc., et au XIII e siècle saint Thomas, dans son commentaire
de «l’Ave ». C’est vers cette époque
qu’on y ajoute de divers côtés différentes
finales : « Jésus… Jésus-Christus
in oeternum. Amen.»
À
partir du XIIe siècle, la pratique de l’Ave »
se popularise et prend de grands développements.
Les
évêques et les Conciles ordonnent de le joindre
au Pater et au Credo. Les Ordres Religieux en prescrivent la
récitation fréquente. Au XIII e siècle,
les Dominicains placent « l’Ave » en tête
de leur office ; dès lors on commence à prêcher
sur cette prière, on la commente, par testament on en
demande la récitation. Au XVIe siècle, Erasme
blâme l’usage de la réciter avant le sermon.
Quand è la pieuse conclusion «Sainte Marie…
» Elle apparaît au XIV e siècle sous différentes
formes, parfois «Santa Maria, ora pronobis. » Saint
Bernardin de Sienne y ajoute «Peccatoribus.» Le
«Nunc et in hora morlis nostrae. Amen.» Se trouve
dans un bréviaire chartreux de 1350 et différents
bréviaires du XIVe siècle, on trouve encore les
anciennes finales : » » peccatoribus » et
même « Jesus-Christus. »
Mais
dès lors, les dernières divergences disparaissent
et peu è peu l’Église est enfin en pleine
possession de cette prière, si chère à
la piété, et digne pendant du « Pater. »
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| Références |
| Section
1
(1)-De glor, nomine M. (Voir Terrien, I, 162.) Cette merveilleuse
union Jésus et de Maire se reflète jusque
dans leurs noms : L’Homme-Dieu et la Vierge-Marie
: Jésus est homme, dont il a une Mère. Mais
il est Dieu, donc sa Mère sera vierge. Sur la légitimité
de cette seconde déduction, lire ici les textes
des Saints sur la 1er Parole.
(2)
Sur la susceptibilité des artistes, on cite le
trait suivant : Pendant que Michel-Ange peignait le «
Jugement dernier » dans la chapelle Sixtine, un
seigneur de la cour pontificale se permit de critiquer
son chef-d’œuvre. Pour se venger du critique
sans goût, le peintre le représenta avec
des oreilles d’âne et le plaça parmi
les réprouvés. D’où lazzis
de la cours et plaintes du Seigneur au Pape qui lui répondait
spirituellement : « Si vous n’étiez
qu’au purgatoire, il me serait encore possible de
vous en tirer ; mais en enfer, «nulla est redemptio,
» et je ne puis rien pour les malheureux qui y sont
plongés. »
(3)
Terrien, 111, 838. Sur cette Maternité spirituelle
de Marie, on lira avec fruit un beau chapitre de Lhoumeau,
146-161
(4) Gloires de Marie, 6e discours : «
de même que, dans le plan divin, Marie n’avait
pu devenir Mère du Verbe sans y consentir, ainsi
Jésus ne devait point sacrifier sa vie sans que
Marie y concourût. D’après l’enseignement
de saint Thomas, la qualité de mère donne
un droit direct sur les enfants ; par conséquent,
Jésus, qu’aucune tache n’avait souillé,
ne pouvait s’immoler sur la Croix sans le consentement
de Marie…etc… » »- La Vénérable
Marie d’Agréda, en racontant les adieux de
Jésus et de Marie, dit de même : «
Notre-Seigneur lui demanda la permission de mourir pour
le salut éternel des hommes et il l’exhorta
à coopérer elle-même à la Rédemption.
»
(5)
C’est saint Bonaventure qui applique ainsi à
Marie cette parole de Notre-Seigneur sur son Père
céleste. (Jean, 111, 16.)
(6) Eccl.,V11, 27. « Gemitus matris tuae ne obliviscaris.
»
|
| Section
2-
(1) Nico.1.244 In nat, B.M. Sermo de Aquaeductu.
(2)
Lhoum.164, De Beata, 227, Commentaire sur l’Ave
Maria.-Et saint Anselme, (de exult, Virg., cap.XVI :)
« Souvent même nous sommes plus vite exaucés
en invoquant Marie qu’en invoquant Jésus
; non certes qu’elle soit plus grande et plus puissante
que lui,-… Mais parce que le Sauveur se plaît
à voir honorer sa Mère. Quand vous lui présentons
nous-mêmes nos requêtes, nos péchés
portent sa justice à les repousser ; mais quand
nous les lui offrons par les mains de Maire, sa tendresse
filiale l’incline à nous exaucer. »
|
Section
3-
(1) On lira avec plaisir, au III vol, du P. Terrien, p.
66-67, de belles réflexions sur la joie que met dans
la religion la dévotion à la très sainte
Vierge. Une église sans piété pour
Marie est comme une famille sans mère. On trouvera
en note, au passage cité, la curieuse anecdote d’une
châtelaine qui, en 1871, recevant trois officiers
de passage, devine ainsi la religion à laquelle ils
appartiennent : ‘Vous, Monsieur, dit-elle à
son interlocuteur, vous êtes le plus épanoui
des trois : donc, vous êtes le catholique. Monsieur
paraît extérieurement le plus triste, il n’est
donc pas chrétien. Et comme le troisième de
mes hôtes ne ma semblé ni soyeux, ni triste
j’ai jugé qu’il était protestant.
» |
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L’ordre
des pages sont placées l’une derrière l'autre
;
tel que dans le livre et non pas en ordre alphabétique
suivre les chiffres. |
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