MON DIEU
ET
MON TOUT

© + Sr Denise Ermite

Série 25 - 22 pages

Les 7 paroles de la vierge Marie
auteur chamoine Goerge-Joseph
de Geuser

 

Chapitre 1

Aimons la Sainte Vierge et méditons ses sept paroles.

Préparation

Dans une des prophéties les plus merveilleuses de la Religion chrétienne, la sainte Vierge, quelques jours après l’Annonciation, prédit à Élisabeth que « toutes les générations la proclameront Bienheureuse- Beatam me dicent omnes generaliones. » Et certes, si jamais une prophétie s’est réalisée, c’est bien celle-là : Parcourez le monde, partout vous trouverez des autels dressés en son honneur, des églises bâties à son gloire, des sanctuaires aux murailles tapissées d’ex-voto attestant la bonté de la divine Mère et la reconnaissance de ses enfants. Et qu’ils sont touchants les noms donné par la piété chrétienne à ces temples vénérés : C’Est N.-D. de Grâce, N.-D.des Miracles, N.-D.de Réconciliation, N.-D.des Consolation, etc. etc. Mais ce qui ravit surtout le cœur de la Sainte Vierge, c’est la tendre dévotion des âmes chrétiennes, c’est l’appel filial jeté à sa tendresse, c’est le crie de notre détresse, le chant de notre reconnaissance, et ces millions d’Ave Maria que la terre fait monter chaque jour vers son trône, lui renvoyant ainsi comme un écho de son adorable : « Beatam ! Beatman !- Vous êtes bienheureuse ! »

Toutefois il faut l’avouer : Si Marie est la plus aimée des mères, elle en est surtout la plus aimable et la plus aimante ; et jamais nous ne pourrons égaler nos hommages à ses mérites. Ce n’est qu’au ciel, et par Jésus, que Marie est dignement louée. Ici-bas nous sommes plongés dans de si épaisses ténèbres et d’autre part la dignité de Mère de Dieu est tellement sublime, que jamais nous ne pourrons comprendre les ineffables grandeurs de la Très Sainte Vierge. Encore faut-il les méditer et les approfondir sous peine de n’avoir qu’une idée très inexacte de ce que nos devons à Marie ; et c’est ainsi que beaucoup de chrétiens, même pieux, ne donnent pas à cette dévotion la place qu’elle mérite. Ils ne comprennent pas qu’elle est la le plus juste, le plus nécessaire et le plus délicieux de tous les cultes après celui de Dieu.

Section 1
1-

En effet, la Maternité divine n’est pas une de ces thèses, très belles, sans doute, mais qu’il est permis de reléguer au second plan : Le fondement du Christianisme, ce qui sert de base à toute la Religion, c’est le dogme de la création et de la sainte Trinité. De là découlent nécessairement et le domaine suprême du Créateur, et la dépendance absolue de la créature. Sans la faute originelle, toute le Religion se résumerait dans cette grande lumière : »Je crois en Dieu le Père tout-puissant, Créateur !... »

Mais le péché a creusé entre le ciel et la terre un abîme infranchissable ; et cet abîme, Jésus-Christ seul a peu le combler. Comme lui-même nous l’a enseigné : « Nul ne peut aller au Père sinon par moi ! » (Joan, XIV, 6.) De là le second article du Symbole : » Je crois en Jésus-Christ, son Fils unique, Notre-Seigneur, qui a été conçu du Saint-Esprit, est né de la Vierge Marie. »

On remarquez-le : Cette vérité capitale qui constitue essentiellement la Religion chrétienne, est précisément la base inébranlable de la dévotion envers la Sainte Vierge : le Credo nos l’affirme : « C’est d’elle que Jésus-Christ est né et c’est elle qui nous l’a donné ! Natus ex Maria Virgine. »

Elle est donc la mère de Dieu ; car en vérité comme l’Ange le lui annonçait, « elle a conçu dans ses entrailles et enfanté de sa substance » un Fils qui est Dieu. Mais alors comment plaire à Jésus-Christ si je n’aime pas sa Mère ?

Mère du Verbe Incarné, Marie devait être digne de son Fils. Il convenait donc qu’elle en fut la copie fidèle, le miroir de ses perfections, la compagne inséparable de tous ses mystères. » Elle devait être, dit saint Bernardin de Sienne, toute proche du Christ pour mériter de le concevoir, vicinis-sima Christo, et ainsi être élevée à une certaine égalité avec Dieu par une mesure en quelque sorte infinie de grâces et de perfections » » (1). Mais alors comment plaire à L’artiste divin si je mésestime le chef-d’œuvre où il a mis tout son génie et tout son cœur ?(2) Marie est si belle que Dieu, ravi de sa splendeur, la salue avec transport : « Vous êtes toute belle, ô ma bien-aimée ! » Et moi, je pourrais dédaigner Celle qu’il préfère au reste de la création ?

Mère de Jésus-Christ qui est notre chef, Marie doit l’être aussi de tous ses membres ; « car une mère, remarque le Bienheureux Grignion de Montfort, n’enfante pas la tête sans les membres, ni les membres sans la tête. » La sainte Vierge est donc notre Mère : Elle nous a conçus, au jour même où elle concevait Jésus, le Principe de notre vie ; Elle nous a portés dans son cœur trente-trois années durant, au cours desquelles elle préparait avec Jésus notre naissance spirituelle et notre rédemption ; Elle nous a enfantés dans la douleur, au pied de la Croix, en s’associant au grand Sacrifice qui consommait notre salut. Et de même qu’on présente à la mère l’enfant qu’elle a mis au jour, ainsi au Clavaire, Jésus présent à Marie, dans la personne de saint Jean, tous les chrétiens dont elle devient la Mère, en lui disant : «Femme, voilà ton fils, » et Est-ce tout ? Non pas encore : « L’Église enfantée au Clavaire était un « Jésus-Christ nouveau-né, un Jésus-Christ dans les langes, un Jésus-Christ au berceau. » (3) Ce que Marie avait fait pour amener Jésus à l’âge parfait, elle devait le faire pour l’Église naissante :

Voilà pourquoi elle est restée sur la terre après l’Ascension de Notre-Seigneur ; pourquoi l’esprit-Saint, qui est « survenue en elle » lors de l’Incarnation pour former le Chef des prédestinés, y « survient » encore à la Pentecôte, pour former les membres du Christ. Et jusqu’à la fin des siècles c’est toujours par Marie que le Chrétien, autre Jésus ; « est conçu du Saint-Esprit. » C’est par Marie « qu’il naît » à la grâce : et c’est par Marie encore qu’après les travaux et les souffrances de ce monde, il est enfanté à la gloire et à la plénitude de la vie divine, en ce grand jour de la mort qui est pour nous le jour de notre vraie naissance, « dies natalis, » Marie est donc notre Mère à des titres mille fois plus sacrés que celle à qui nous donnons sur terre ce nom si doux. Or il m’est commandé « d’honorer mes parents «Dieu maudit le fils qui fait pleure sa mère ; il permet tant de bénédictions au fils aimant ; je dois donc aimer de toute mon âme ma Mère du ciel !

Et elle est si bonne ! Elle nous a tant aimés ! Elle a tant a souffert pour nous ! Pour nous sauver, elle a consenti à la mort de son Jésus.

Dans le plan divin, Marie devait être la revanche d’Ève, et parce que la femme s’était associée librement à l’homme pour perdre les âmes, il fallait que la Vierge fût librement unie au nouvel Adam pour les racheter. Voilà pourquoi Dieu demanda à Marie son consentement à l’Incarnation ; pourquoi, au témoignage de saint Alphonse, Jésus, fils toujours obéissant, lui demanda, la vieille de sa mort, la permission de mourir pour nous (4). Et plus héroïque qu’Abraham, la divine Mère souscrivit au sacrifice de son Isaac.» C’est ainsi qu’elle a aimé le monde : Elle lui a donné son Fils unique. Sic Maria dilexit mundum ut Filium suum unigenitum daret. » (5) Et nous, sauvés par ses douleurs, nos pourrions « oublier les gémissements de notre Mère ? »(6) Non, non, si nous n’aimons pas Marie, impossible de plaire à Dieu ; mais nous l’aimons, impossible de ne pas lui plaire.

Section 2
2-
Ainsi la dévotion à la Très Sainte Vierge est toute ce qu’il y a de plus juste ; et par conséquence logique, tout ce qu’il y a de plus nécessaire ; elle est notre suprême devoir et en même temps notre suprême intérêt. En effet, et c’est là une des inventions les plus touchantes de sa tendresse, Dieu a fait de notre Mère notre Médiatrice près du Rédempteur, la trésorière, la Dispensatrice de toutes les grâces achetés par la Rédemption. Sans doute, Jésus-Christ est le seul Médiateur universel et nécessaire ; c’est par son sang que nos sommes tous sauvés et il n’a besoin de personne pour consommer notre salut.

Oui, mais le péché a créée en l’homme la peur de Dieu, « J’ai eu peur, disait Adam après sa faute, et je me suis caché de la face de Dieu. » Parlez-nous vous-même, disaient les Hébreux à Moise, mais que Dieu ne nous parle pas, de peur que nous ne mourions. » C’est en vain que le Verbe s’abaisse jusqu’à nous, qu’il se revêt des charmes de l’enfance pour nous attirer, qu’il se livre pour nos aux excès de la Passion ; même à travers sa chair déchirée, nos apercevons les rayons de la divinité ses douleurs amères nous disent l’énormité de nos crimes et puis il est non seulement notre Sauveur, mais notre Juge. « O homme, dit ici saint Bernard, veux-tu avoir aussi un avocat auprès de lui ? Recours à Marie ! En Marie, il n’y a pas que la pure humanité, quelque singulière que soit la gloire à laquelle elle a été élevée. N’en doute pas : elle sera écoutée par égard de sa maternité. Le Fils exaucera la Mère, et le Père exaucera le Fils. C’est là l’échelle des pécheurs, c’est là ma plus grande confiance et toute la raison de mon espoir. » (1)

En même temps et toujours dans ce même dessein d’amour pour nous, Dieu fait de Marie la Trésorière et la Dispensatrice de toutes les grâces. » En Marie, dit le Bienheureux Grignion de Montfort, le Seigneur a renfermé toutes ses richesses et jusqu’à son propre Fils et c’est de sa plénitude de tous les hommes sont enrichis. « Elle est plein de grâces, remarque saint Thomas, pour les répandre sur tous les hommes. Certains saints, ajoute le Saint Docteur, ont reçu une grâce si abondante qu’ils ont pu sauver beaucoup d’âmes mais en avoir assez pour sauver tous les hommes, c’est le privilège unique de Jésus-Christ et de sa Mère. » (2) « Ainsi conclut saint Bernard, dieu eut que nous recevions tout par Maire. » Pas unes seule grâce qui en soit en même temps le fuit du sang de Jésus et de la médiation de Maire ! Pas une grâce qui en descende du ciel par ses mains.

- A qui devons-nous toutes les grâces qui ont sanctifiés notre enfance ? A Marie !
- A qui, ces grâces toutes puissantes qui si souvent nous ont gardés du péché ou qui, après la faute, nous ont ramenés à Dieu ? A Marie encore !
-A qui devons –nous les grâces qui nous suivront jusqu’à la mort et le don de la persévérance finale ? A Maire, à Marie toujours ! «Deus nos totum habere voluit per Mariam ! »


De là les Saints, les Docteurs, les grands Théologiens ne craignent pas de conclure que la dévotion à la Très Sainte Vierge est un gage assuré de salut et le meilleur signe de prédestination ! De là encore cette délicieuse parole de saint Hilaire et de saint Alphonse reçue comme un axiome par la piété chrétienne «Un vrai serviteur de Marie ne saurait périr ! Devotus Mariae nunquam peribit ! » Et la sainte Église ne confirme-t-elle pas cette douce croyance quand elle met sur les lèvres de la Sainte Vierge ce verset de l’Ecclésiastique (XXIV, 25) : « En moi est toute grâce de voie et de vérité en moi toute espérance de la vie et de la vertu ? » Ainsi, pensée consolante, si j’aime Marie, j’assure mon salut et ma sainteté ! Parfois que je médite les redoutables mystères de la prédestination et de l’éternité, quand je mesure ma faiblesse et d’autre part la force et la ruse de mes ennemis, je me trouble en me posant cette terrible question : Quel sera mon avenir ? Serai-je du nombre des élus ou des réprouvés ? Irai-je au ciel bénir mon Dieu ou le blasphèmerai-je en enfer ? Mais alors je me réfugie sous le manteau de ma Mère et sentant mon cœur tressaillir d’amour pour elle, je me rassure ; mes terreurs se calment et font place aux plus radieuses espérances. Car si je persévère dans mon filial recours, je m’assure son maternel secours, et le Ciel est à moi ! Oui, vraiment, aimer Marie, c’est bien la plus utile et la plus nécessaire des dévotions.

Section 3
Elle en est aussi la plus délicieuse. Dans l’Ordre de la nature, il est déjà si bon et si doux d’avoir une mère. On l’a dit avec raison : Le cœur de la mère est le chef-d’œuvre de la création, Dieu n’a pas voulue que dans l’Ordre de la grâce nous fussions moins bien partagés. Mais où trouver, un cœur assez vaste pour abriter tous les hommes, assez pur pour mériter toutes leurs affections, assez puissant pour justifier leur confiance, assez amant pour ne se rebuter d’aucune misère ?

Ce Cœur, Dieu le créa pour nous avec un soin tout spécial. Il y épuisa en quelque sorte toute sa sagesse, toute sa puissance et tout son amour ; Il en fit un incomparable idéal de sainteté, de dévouement, de tendresse, la merveille des merveilles : C’est le Cœur de Maire !

Et comme s’il eut craint que ce Cœur ne fût pas encore assez amant, il voulut en quelque sorte l’essayer lui-même ; et descendant du ciel, il se fit l’enfant de Marie et se plut à reposer dans son sein et sur ses bras.

Pendant 33 ans il expérimenta tout ce qu’il y avait de tendresse maternelle, de délicatesse virginale, de dévouement sans nom dans le Cœur de Marie ; il éprouva par lui-même l’exquise affection de ses caresses, la douceur de ses baisers, le charme de son sourire, et la force héroïque de son abnégation. Alors, pleinement rassuré, il voulut nous la léguer à tous comme notre Mère ; et pour nous rendre ce don plus cher et plus sacré il attendit le moment solennel de son agonie ; et du haut de sa croix, avant de rendre le dernier soupir, il nous dit à tous dans la personne de saint Jean : «Voilà votre Mère ! »

Oh ! Qu’il est précieux ce don sacré ! Il a fait les délices du Fils de Dieu lui-même, pendant sa vie mortelle, le cœur de Jésus était plongé dans une continuelle agonie, à la vue de nos péchés et de la perte éternelle de tant d’âmes, sa consolation, sa joie, son bonheur c’était l’amour de sa Très Sainte Mère !... A son exemple, tous les Saints ont trouvé un charme ravissant dans la dévotion à la sainte Vierge. Un jour, on demandait à saint Stanislas Kostka s’il aimait bien Marie. A cette question une vive rougeur empourpra ses joues, et avec un accent tout céleste il répondit : « Mais elle est ma Mère ! - Haec est mater mea ! »

Rien n’adoucit ce que el devoir a parfois de pénible, rien ne console des épreuves de la vie, ne calme les angoisses de l’âme, en face du redoutable problème de l’au-delà, comme ces deux trésors que le Cœur de Jésus nous a légués : La Communion fréquente et la prière à Marie ! On l’a remarqué souvent : Les peuples qui ont abandonnée ou laissés languir la culte de la sainte Vierge ont quelque chose du dur, de rebutant, de janséniste dans leur religion ; au contraire, plus le sourire de Marie plane sur une âme, plus elle s’ouvre joyeuse à une piété suave, aimable et pleine de charmes (1).

Nous devons donc estimer de toute notre âme la dévotion à la très sainte Vierge, la regarder comme une des grâces les plus précieuses, une grâce de choix qui assure le salut et la sainteté.

Or cette grâce, comme tous les autres, s’obtient de deux manières : par la prière et par l’effort. Prions donc : demandons à Jésus quelque chose de son respect, de son amour, de sa piété envers Marie. Puis travaillons à développer en nous ces sentiments sacrés, en ravivant notre foi par de pieuses lectures et de ferventes méditations. « Étudions, avec les mystères de sa vie, les sept paroles de la sainte Vierge que l’Évangile nos a conservés. Nous y trouverons le parfum de ses vertus, le reflet de son âme et de douces et fécondes leçons pour notre sanctification.

Prières: « L'Ave Maria.»

La piété populaire s’imagine volontiers que cette prière d’une simplicité si délicieuse a dû jaillir spontanément du cœur des premiers fidèles au berceau même du Christianisme, tout au plus admettrait-elle, avec de nombreux auteurs, l’addition du « Mater Dei » au Ve siècle, quand le Concile d’Éphèse (431) eut promulgué le dogme de la Maternité divine contre l’impie Nestorius. En réalité, «l’Ave Maria » ne s’est formé que lentement dans une longue suite de siècles, il semble vraiment que Dieu n’ai voulu accorder aux hommes ce riche trésor qui peu à peu, pour en faire mieux savourer l’excellence et dans la mesure même où se développait la dévotion à la très sainte Vierge.

Cette prière est sortie d’une triple source : Au jour de l’Annonciation l’Archange avait dit à Marie : «Je vous salut, ô pleine de grâces, le Seigneur est avec vous, à vous êtes bénie entre toutes les femmes ! » À la Visitation, sainte Élisabeth avait repris ces dernières paroles : «Vous êtes bénie entre toutes les femmes, et le fruit de vos entrailles est béni ! » En fin l’Église acheva la salutation en y insérant comme deux diamants les noms sacrés de «Jésus » et de « Marie » et en y ajoutant la pieuse invocation qui la termine. Par la bouche de Gabriel, d’Élisabeth et de l’Église, c’est toujours le même Esprit-Saint qui louait la Vierge, et c’est lui qui donne à «l’Ave » sa magnifique unité.

Dès les premiers âges, les Pères se sont complu à commenter, souvent avec des accents lyriques, la double salutation de l’Ange et d’Élisabeth ; mais ce n’est qu’au Vie siècle que les documents nous la montrent employée comme prière usuelle ; elle en comprend que la parole évangélique et s’arrête au mot « ventris tui. » C’est cette même formule qu’emploie encore au XIIe siècle saint Bernard, saint Albert de Crespin, Amédée de Lausanne, etc., et au XIII e siècle saint Thomas, dans son commentaire de «l’Ave ». C’est vers cette époque qu’on y ajoute de divers côtés différentes finales : « Jésus… Jésus-Christus in oeternum. Amen.»

À partir du XIIe siècle, la pratique de l’Ave » se popularise et prend de grands développements.

Les évêques et les Conciles ordonnent de le joindre au Pater et au Credo. Les Ordres Religieux en prescrivent la récitation fréquente. Au XIII e siècle, les Dominicains placent « l’Ave » en tête de leur office ; dès lors on commence à prêcher sur cette prière, on la commente, par testament on en demande la récitation. Au XVIe siècle, Erasme blâme l’usage de la réciter avant le sermon.

Quand è la pieuse conclusion «Sainte Marie… » Elle apparaît au XIV e siècle sous différentes formes, parfois «Santa Maria, ora pronobis. » Saint Bernardin de Sienne y ajoute «Peccatoribus.» Le «Nunc et in hora morlis nostrae. Amen.» Se trouve dans un bréviaire chartreux de 1350 et différents bréviaires du XIVe siècle, on trouve encore les anciennes finales : » » peccatoribus » et même « Jesus-Christus. »

Mais dès lors, les dernières divergences disparaissent et peu è peu l’Église est enfin en pleine possession de cette prière, si chère à la piété, et digne pendant du « Pater. »

Références

Section 1
(1)-De glor, nomine M. (Voir Terrien, I, 162.) Cette merveilleuse union Jésus et de Maire se reflète jusque dans leurs noms : L’Homme-Dieu et la Vierge-Marie : Jésus est homme, dont il a une Mère. Mais il est Dieu, donc sa Mère sera vierge. Sur la légitimité de cette seconde déduction, lire ici les textes des Saints sur la 1er Parole.

(2) Sur la susceptibilité des artistes, on cite le trait suivant : Pendant que Michel-Ange peignait le « Jugement dernier » dans la chapelle Sixtine, un seigneur de la cour pontificale se permit de critiquer son chef-d’œuvre. Pour se venger du critique sans goût, le peintre le représenta avec des oreilles d’âne et le plaça parmi les réprouvés. D’où lazzis de la cours et plaintes du Seigneur au Pape qui lui répondait spirituellement : « Si vous n’étiez qu’au purgatoire, il me serait encore possible de vous en tirer ; mais en enfer, «nulla est redemptio, » et je ne puis rien pour les malheureux qui y sont plongés. »

(3) Terrien, 111, 838. Sur cette Maternité spirituelle de Marie, on lira avec fruit un beau chapitre de Lhoumeau, 146-161

(4) Gloires de Marie, 6e discours : « de même que, dans le plan divin, Marie n’avait pu devenir Mère du Verbe sans y consentir, ainsi Jésus ne devait point sacrifier sa vie sans que Marie y concourût. D’après l’enseignement de saint Thomas, la qualité de mère donne un droit direct sur les enfants ; par conséquent, Jésus, qu’aucune tache n’avait souillé, ne pouvait s’immoler sur la Croix sans le consentement de Marie…etc… » »- La Vénérable Marie d’Agréda, en racontant les adieux de Jésus et de Marie, dit de même : « Notre-Seigneur lui demanda la permission de mourir pour le salut éternel des hommes et il l’exhorta à coopérer elle-même à la Rédemption. »

(5) C’est saint Bonaventure qui applique ainsi à Marie cette parole de Notre-Seigneur sur son Père céleste. (Jean, 111, 16.)

(6) Eccl.,V11, 27. « Gemitus matris tuae ne obliviscaris. »


Section 2-
(1) Nico.1.244 In nat, B.M. Sermo de Aquaeductu.

(2) Lhoum.164, De Beata, 227, Commentaire sur l’Ave Maria.-Et saint Anselme, (de exult, Virg., cap.XVI :) « Souvent même nous sommes plus vite exaucés en invoquant Marie qu’en invoquant Jésus ; non certes qu’elle soit plus grande et plus puissante que lui,-… Mais parce que le Sauveur se plaît à voir honorer sa Mère. Quand vous lui présentons nous-mêmes nos requêtes, nos péchés portent sa justice à les repousser ; mais quand nous les lui offrons par les mains de Maire, sa tendresse filiale l’incline à nous exaucer. »

Section 3-
(1) On lira avec plaisir, au III vol, du P. Terrien, p. 66-67, de belles réflexions sur la joie que met dans la religion la dévotion à la très sainte Vierge. Une église sans piété pour Marie est comme une famille sans mère. On trouvera en note, au passage cité, la curieuse anecdote d’une châtelaine qui, en 1871, recevant trois officiers de passage, devine ainsi la religion à laquelle ils appartiennent : ‘Vous, Monsieur, dit-elle à son interlocuteur, vous êtes le plus épanoui des trois : donc, vous êtes le catholique. Monsieur paraît extérieurement le plus triste, il n’est donc pas chrétien. Et comme le troisième de mes hôtes ne ma semblé ni soyeux, ni triste j’ai jugé qu’il était protestant. »
L’ordre des pages sont placées l’une derrière l'autre ;
tel que dans le livre et non pas en ordre alphabétique suivre les chiffres.

 

Titre

auteur
l'Abbé G. Degeuser

Les 7 Paroles de Très Vierge Marie
01
Avant-Propos-Chanoine-Georges-Joseph-Degeuser.html
12
6ieme-Parole-Chanoine-Georges-Joseph-Degeuser.html
02
Aimons-la-Vierge-Meditons-Chanoine-Georges-Joseph-Degeuser.html
13
7ieme-Parole-Chanoine-Georges-Joseph-Degeuser.html
03
Considerations-Chanoine-Georges-Joseph-Degeuser.html
14
 Paroles-mises-sur-les-levres-Ste-Vierge-Chanoine-Georges-Joseph-Degeuser.html
04
1iere-Parole-Chanoine-Georges-Joseph-Degeuser.html
15
Consacrons-nous-a-Marie-Chanoine-Georges-Joseph-Degeuser.html
05
2ieme-Parole-Chanoine-Georges-Joseph-Degeuser.html
16
A-quel-moment-de-sa-vie-Marie-Chanoine-Georges-Joseph-Degeuser.html
06
3ieme-Parole-Chanoine-Georges-Joseph-Degeuser.html
17
 A-quel-moment-St-Jean-Baptiste-Chanoine-Georges-Joseph-Degeuser.html
07
4ieme-Parole-Chanoine-Georges-Joseph-Degeuser.html
18
Pour-quelles-raisons-plut-il-a-Dieu-Chanoine-Georges-Joseph-Degeuser.html
08
Magnificat2-Connaissance-de-Dieu-sois-meme-Chanoine-Georges-Joseph-Degeuser.html
19
Magnificat-ecole-de-reconnaissance-Chanoine-Georges-Joseph-Degeuser.html
09
Magnificat3-La-providence-Chanoine-Georges-Joseph-Degeuser.html
20
Notre-Dame-du-Tres-Saint-Sacrement-Chanoine-Georges-Joseph-Degeuser.html
10
Magnificat4-Le don-de-Jesus-Chanoine-Georges-Joseph-Degeuser.html
21
Sur-le-Saint-Esclavage-Chanoine-Georges-Joseph-Degeuser.html
11
5ieme-Parole-Chanoine-Georges-Joseph-Degeuser.html
22
Prieres-indulgences-Chanoine-Georges-Joseph-Degeuser.html

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