MON DIEU
ET
MON TOUT

© + Sr Denise Ermite

Série 25 - 22 pages

Les 7 paroles de la vierge Marie
auteur chamoine Goerge-Joseph
de Geuser

Chapitre 1

Septième Parole de Très Sainte Vierge

Préparation
« Quodcumque dixerit vobis, facite. » (Jean, II,5.)
« Faite tout ce qu’il vous dira.
Section 1
À la parole de Marie, « ils n’ont plus de vin, » il semble que Notre-Seigneur, connaissant mieux que personne tout ce qu’il y avait de foi, de confiance et de charité dans le cœur de sa Mère, eût dû répondre par un plein et filial acquiescement. Mains non, fidèle à sa ligne de conduite, que nous avons étudiés précédemment, Jésus lui répond : « Femme, que vous importe à vous et à moi ? Mon heure n’est pas encore venue.»

On s’est plu parfois à exagérer ce que cette parole avait de dur : Les Jansénistes, par exemple, traduisaient le « Quid mihi et tibi est ? »-« Qu’ya-t-il de commun entre vous et moi ? » Si telle avait été la pensée de Notre-Seigneur, Marie aurait pu répondre, comme le remarque saint Bernard : « Il y a entre nous ce qu’il y a de commun entre une mère et son fils ! »

Cette expression souvent employée dans les Saintes Écritures, marque il est vrai, une divergence de vues ; mais elles se concilie parfaitement avec le plus affectueux respect. (1)

Quant au mot « femme, » il n’ arien de désobligeant dans les langues anciennes, et il correspond à notre expression courant « Madame. » On donnait ce nom chez les Juifs et les Grecs aux personnes les plus aimées et c’est ainsi que le chœur, dans les pièces d’Eschyle et de la Sophocle, saluait les reines elles-mêmes. Sans doute aussi, en employant ce mot, Notre-Seigneur voulait, ici comme au Calvaire, nous rappeler que Marie était «la femme par excellence. » promise par Dieu au Paradis terrestre, le « femme bénie entre toutes les femmes » et qui devait, par son obéissance, réparer ales maux causés par la désobéissance d’Êve.

Il n’en est pas moins vrai cependant que ces paroles ont quelque chose de mortifiant : elles sont un refus public et motivé : « Je ne puis accorder ce que vous me demandez, car mon heure n’est pas encore venue. » C’est qu’ici, comme dans sa réponse à Marie au Temple, Jésus veut donner aux siens, et spécialement à ses prêtres, une grande leçon de détachement. Ils doivent, surtout dans leur ministère, oublier la chair et le sang, et les affections même les plus légitimes, pour ne songer qu’aux intérêts de Dieu et des âmes.

Il veut aussi, en satisfaisant le goût sacré de sa mère pour l’humiliation, l’éprouver, lui faire mériter aussi la grâce qu’elle demande, nous la donner comme modèle et enfin la glorifier et exalter son crédit. Il l’éprouve, comme il aimait à éprouver les âmes généreuses : un jour, rencontre l’Évangéliste, une Cananéenne lui demandait la guérison de sa fille, Jésus feignait de ne pas l’entendre. Et comme sans se laisser la pauvre mère insistait, « il n’est pas juste, reprit le Sauveur avec dureté de prendre le pain des enfants et de le jeter aux chiens ! »-« Il est vrai, reprend la Cananéenne, mais les petits chiens ne mangent-ils pas les miettes qui tombent de la table de leurs maîtres ? »-« O femme, s’écrie alors le divin Maître, votre foi est grande, qu’il vous soit fait selon vos désirs ! » (02) et sa fille était guérie ! Ici ‘L’épreuve est infiniment plus forte pour Marie, en raison de sa dignité !... Elle est telle que dix-huit siècles de bénédiction n’ont plus l’effacer et qu’elle est encore le thème de l’hérésie, le scandale des faibles, le mérite de la fidélité !... La plus douce, la plus pure, la plus admirable des femmes, la Mère de Dieu, pleine de grâce est désavouée par Jésus, et sa prière rejetée !... Quelle épreuve ! Et comme elle est à la hauteur de Marie ! »

« La parole de Jésus est dure et sévère, observe saint Bernard, mais c’est qu’il connaissait Celle à qui il parlait, et qu’elle n’ignorait pas Celui qui parlait. » Et Marie, sachant tout ce qu’il y avait d’amour dans le cœur de son Fils, lui redit intérieurement ce que lui-même aimait à dire à son Père. «Je sais que vous m’exaucez toujours! » (3) Avec une foi et une confiance qui feront à jamais l’admiration du ciel, elle dit aux servites : « Faite tout ce qu’il vous dira ! » Et comme Jésus voulait accorder à la Cananéenne la guérison de sa fille, en récompense de la générosité, il concède à Marie le miracle qu’elle demandait.

Ainsi, cela même qui semblait humilier la sait Vierge, sert à sa gloire et à son exaltation : Jésus avait repoussé sa demande, alléguant une loi qu’il devait garder : « son heure n’était pas encore venue et il devait observer les moments fixés par son Père.» Mais une autre loi a réglé que toutes les prières à Marie sont toujours exaucées devant cette disposition supérieure, le Sauveur change et modifie sa conduite, il avance l’heure de ses manifestations et son refus apparent ne fait que relever le crédit de Maire. C’est ainsi que cette paroles de la sainte Vierge, en nous révélant ses admirables dispositions, nous attestes sa gloire et la puissance irrésistible de son intercession, comme sa prière parole aux noces de Cana nous a montré sa tendresse maternelle et sa compatissante bonté, et voilà la double base inébranlable de notre confiance filiale, elle est notre mère, donc elle nous aime ; elle a piété de nos misères ; et elle veut nous soulager, en même temps, elles la Mère de Dieu ; elle peut tout sur le Cœur de son Fils et ses désirs sont jours exaucés, Bossuet résumait ainsi ces pensées ; « Marie est Mère de Dieu pour tout obtenir, et Mère des hommes pour tous accorder. »

Mais creusons plus encore cette parle bénie : « Faite tout ce qu’il vous dira ! » c’est la seule que la sainte Vierge ait adressée directement aux hommes ; et n’en doutons pas, elle nous le redit à tous et à chacun. Chose remarquable ; en termes presque identiques, c’est la même recommandation que Dieu le Père nos adressera à tous, au jour de la Transfiguration : «Celui-ci est mon Fils bien-aimé, écoutez-le »-« Oui, mes enfants, nous dit la Mère de Jésus, faites tout ce qu’il vous dira ! » Ce qui a charmé en moi les regards du Très-Haut, c’est mon humble obéissance et mon filial abandon ; c’est que tout ma vie, je n’ai cessé de répéter à Dieu, par toute ma conduite, la grande parole de L’Annonciation : « Je suis la servante du Seigneur : Fiat ! » Or, sachez-le, il n’y a pas deux manières de se sanctifier ; et pour vous comme pour moi, l’unique chemin pour aller à Dieu, c’est d’accomplir sa volonté. Par conséquent, de quelle manière que le Seigneur vous parle, qu’il vous instruise lui-même au Sinaï, ou par son Fils, ou par son Église, qu’il vous dirige par vos supérieurs, ou par les touches de son Esprit, peu importe, dès qu’il vous a manifesté un ordre ou un conseil, livrez-vous à Lui, et comme moi, « faite tout ce qui vous dira ! » Voilà le secret de la sainteté !

C’est aussi le secret du bonheur. Oui « faite tout ce qu’il vous dira ; » : et si vous aimez Dieu jusqu’à conformer votre volonté à la sienne, alors sa Providence paternelle fera tourner à votre bien tous les événements de ce monde ; «Diligentibus Deum omnia cooperantur in bonum ! » Vous peines, vos épreuves, vous humiliations, que dis-je vos défaillances elles-mêmes et vos péchés, « etiam peccata. » (04) tout cela servira à voter sanctification, et un jour, au ciel, vous en recevrez des récompenses immortelles. Oui «faites tout ce qu’il vous dira ! » Et mon Jésus changera pour vous, comme pour les époux de Canda, l’eau des tribulations en vin du paradis !

L’Évangile ajoute : Ce fut le premier des miracles de Jésus et il manifesta sa gloire, et ses disciples crurent en lui ! Pensez toutes ces paroles Initium signorum, le premier des miracles, ou plus littéralement le commencement, l’ouverture des miracles ; c’est-à-dire que l’Évangile, considérant tous les miracles comme un fleuve béni, voulait aujourd’hui nous en indiquer le premier écoulement. » (A. Nicolas.)

De même en effet qu’au jour de la Visitation, Jésus, en sanctifiant saint Jean-Baptiste à la voix de Marie, inaugurait l’ordre providentiel qu’il suivrait jusqu’à la consommation des siècles, ainsi aux noces de Cana, en accordant son premier prodige à l’intercession de sa Mère, il nous dévoilait ses desseins : jusqu’à la fin des âmes, ce sera toujours par elle qu’il donnera au monde tous les faveurs et tous les miracles !

« Et il manifestera sa gloire.» Jésus avait dit à la sainte Vierge ; « Mon heure est pas encore venue. » En effet, « son heure,- l’heure pour laquelle il était venu. » l’heure de sa glorification était précisément l’heure de sa mort. C’est alors qu’ « élevé en croix, il attirera tout à lui, » Arrivé à ce moment sacré, il dira : « Père, l’heure est venu, glorifies votre Fils pour que votre Fils vous glorifie » En considération de Marie, il a avancé l’heure de sa glorieuse manifestation et il a fait éclater ses miracles, non pas certes que l’Immuable ait changé ses desseins, mais parce que dans son plan divin, il a fait entrer la supplication de sa Mère comme moyen déterminant de ses prodiges. » Ainsi, Maie influe sur toute l’économie de ce plan :

1- Dans l’ordre de la nature, elle met Jésus-Christ au monde et donne ainsi à l’univers la cause finale de sa création.

2- Dans l’ordre de la grâce, elle porte Jésus dans son âme et nous communique ce fruit de l’arbre de vie donc la première elle a goûté.

3- Dans l’ordre de la gloire, elle manifeste Jésus-Christ, elle détermine sa glorification, gage de la nôtre, elle la fait éclater… Et ces faits évangélique de l’Annonciation, de la Visitation et des noces de Cana, sont en même temps des Mystères, c’est-à-dire des dogmes, des munitions qui nous apprennent ce qui se passe : constamment Jésus-Christ vient au monde par Marie ; constamment Marie le porte dans nos âmes par sa Visitation ; constamment elle manifeste sa gloire par les prodiges qu’elle obtient de sa miséricorde. » (A .Nicolas)

« Et ses disciples crurent en lui. » Sans doute, ils y croyaient déjà puisqu’ils étaient ses disciples ; mais, il n’est pas de croyants qui ne puisse dire : « Seigneur, augmentez en nous la foi. » Et le vrai moyen pour obtenir une foi vive, pratique et lumineuse, c’est d’invoquer Marie, «Disciples de Jésus, qui croyez ne lui comme en n’y croyant pas, qui manquez de foi comme « ils manquaient de vin, «voulez-vous croire réellement en lui ? Allez à Marie… Ces miracles de foi et de conversions, ces changements d’eau en vin, sont proprement ses miracles et ses victoires ! » (A. Nicolas.)

Références- du texte
(01)- Mgr De Ségur interprétant ce texte avec sa piété coutumière traduit ainsi : O Mère, vous qui êtes cette Femme par excellence promise au monde dès la chute, qu’y a-t-il entre vous et moi pour que vous soyez si puissante sur mon cœur ? « Mon heure n’est pas encore venue, mais pour vous je bouleverserais tous les lois et je ne puis rien vous refuser. »

(02)- Natth.,. XV, 27 et Marc VII

(03)- Joan., XI, 42. « Ego autem sciebam quia semper me audis. »

(04)- St Augustin commentant cette belle parole de saint Paul

Prières «Salve Mater Misericordiae»

« Le « Salve Mater » semble dater du XV siècle ; et selon toute vraisemblance, il a pour auteur un Carme flamand. Les Carmes ne l’ont plus dans leur liturgie ; mais il se trouve dans le fond grégorien qui leur est attribués. »Dom LIdephonse. O.S.B.

«La mélodie est de facture moderne. Le refrain est une réminiscence d’un thème musical, emprunté à un morceau d’orgue d’un auteur allemand. Revue Grégorienne. C’est Don Pothier qui a composé l’air des strophes.

« On peut appliquer à cet hymne ce que Bède le Vénérable a dit d’un autre hymne qui fait partie de notre sainte Liturgie : « Hymnus pulcherrime factus » Tout y est simple et plein de fraîcheur ; dans un langage claire et limpide, l’auteur inconnu y dépeint, avec une émotion communicative, la virginale beauté de Marie et ses grandeurs ; et aux plus belles pensées de la foi, il unit le parfum d’une douce piété et d’un suave onction. » (H. Bels.) C’est donc à bon droit que plusieurs Diocèses et diverses Congrégations religieuses ont inséré ce chant dans leurs Preces variae.

Salve Mater misericordiae
Mater dei et Maer veniae,
Mater spei, et Mater gratiae,
Mater plena sactae laetitiae,
O Maria !

Salve, decus humani generis,
Slave, BVirgo dignior ceteris,
Quae virgines omnes transgrederis
Et altitus sedes in superis,
O Maria.

Salve, felix Virgo puerpera :
Nam qui sedet in Patris dextera,
Goelum regens, terram et aethera,
Intra tua se clausit viscera,
O Maria.


Te creavit Pater ingenitus,
Obumbravit te Unigenitus,
Foecundavit te Sanctus Spiritus,
Tu es facta tota divinitus,
O Maria.

Te creavit deus mirabilem,
Te respexit ancillam humilem,
Te quaesivit sponsam amabilem.
Tibi numquam fecit consimilem,
O Maria.

Te beatam laudare cupiunt
Omnes justi, sed non sufficiunt ;
Multas laudes de te concipiunt,
Sed in illis prorsus deficiunt,
O Maria,

Esto, Mater, nostrum solatium ;
Nostrum esto, tu Virgo, gaudium
Et nos tandem post hoc exsilium,
O Maria !

H.Bels

Salut, ô Marie, abîme de tendresse,
Mère de Dieu, prodigue de pardon
Mère au cœur plein d’ineffable tendresse,
Source d’espoir et de tout parfait don!


Salut, ö Vierge honneur de notre race,
Prodige, à qui tout le cède en grandeur !
Auprès de toi toute vierge est sans grâce,
Et les cieux mêmes abaissent leur hauteur.


Salut èa to, Vierge heureuse et féconde !
Du Tout-Puissant le Verbe bien-aimé,
Maître du ciel, de la terre et de l’onde,
Dans ton sein pur s’est pour nous enfermé.


Au jour t’appelle un sourire du Père ;
Son Fils te vient couvrir de sa vertu ;
L’Esprit descend : soudant te voilà Mère ;
Être divin, quelle merveille es-tu ?



Le Ciel te fait toute belle, admirable,
Tressaille ému de ton humilité,
Et te choisit Épouse incomparable,
Chef-d’œuvre unique en attraits et beauté.


A te louer s’animent l’homme et l’ange :
Si beaux qu’ils soient, quels infimes accents !
Tous deux en chœur ne rêvent que louange :
Leurs chants toujours s’exhalent impuissants

Notre prière, ô Vierge, t’en convie,
Enivre-nous des douceurs de la foi,
Et daigne après l’exil de cette vie,
Aux Bienheureux nous unir près de toi.

L’ordre des pages sont placées l’une derrière l'autre ;
tel que dans le livre et non pas en ordre alphabétique suivre les chiffres.

 

Titre

auteur
l'Abbé G. Degeuser

Les 7 Paroles de Très Vierge Marie
01
Avant-Propos-Chanoine-Georges-Joseph-Degeuser.html
12
6ieme-Parole-Chanoine-Georges-Joseph-Degeuser.html
02
Aimons-la-Vierge-Meditons-Chanoine-Georges-Joseph-Degeuser.html
13
7ieme-Parole-Chanoine-Georges-Joseph-Degeuser.html
03
Considerations-Chanoine-Georges-Joseph-Degeuser.html
14
 Paroles-mises-sur-les-levres-Ste-Vierge-Chanoine-Georges-Joseph-Degeuser.html
04
1iere-Parole-Chanoine-Georges-Joseph-Degeuser.html
15
Consacrons-nous-a-Marie-Chanoine-Georges-Joseph-Degeuser.html
05
2ieme-Parole-Chanoine-Georges-Joseph-Degeuser.html
16
A-quel-moment-de-sa-vie-Marie-Chanoine-Georges-Joseph-Degeuser.html
06
3ieme-Parole-Chanoine-Georges-Joseph-Degeuser.html
17
 A-quel-moment-St-Jean-Baptiste-Chanoine-Georges-Joseph-Degeuser.html
07
4ieme-Parole-Chanoine-Georges-Joseph-Degeuser.html
18
Pour-quelles-raisons-plut-il-a-Dieu-Chanoine-Georges-Joseph-Degeuser.html
08
Magnificat2-Connaissance-de-Dieu-sois-meme-Chanoine-Georges-Joseph-Degeuser.html
19
Magnificat-ecole-de-reconnaissance-Chanoine-Georges-Joseph-Degeuser.html
09
Magnificat3-La-providence-Chanoine-Georges-Joseph-Degeuser.html
20
Notre-Dame-du-Tres-Saint-Sacrement-Chanoine-Georges-Joseph-Degeuser.html
10
Magnificat4-Le don-de-Jesus-Chanoine-Georges-Joseph-Degeuser.html
21
Sur-le-Saint-Esclavage-Chanoine-Georges-Joseph-Degeuser.html
11
5ieme-Parole-Chanoine-Georges-Joseph-Degeuser.html
22
Prieres-indulgences-Chanoine-Georges-Joseph-Degeuser.html

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