| Série
25 - 22 pages |
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Les
7 paroles de la vierge Marie |
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| Chapitre
VI |
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Quatrième Parole de la Très Sainte Vierge |
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Préparation
- Magnificat 1- Joyeux amour de Marie |
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| (100 jour d’indulgences, une fois le jour, quand on récite ce cantique pieusement (20 sept, 1879) ; et 7 ans et 7 quarantaines, le samedi (22 février 1888.- Béringer, I,191) Au jour de la Visitation, sainte Élisabeth, éclairée par l’Esprit-Saint, a compris les divines merveilles opérées en Marie et les grâces ineffables que sa visite et ses pieux souhaits lui sont apportés. Aussitôt, enivrée d’une joie céleste, elle exalte à haute voix sa saint cousine : «Vous êtes bénie entre toutes les femmes et le fruit de vos entrailles est béni !... Eh ! d’où me vient ce bonheur que la Mère de mon Seigneur daigne venir à moi ? Dès que le son de votre salut eut frappé mes oreilles, voici que mon enfant a tressailli de joie dans mon sein ! Vous êtes bienheureuse d’avoir cru, parce que tout ce qui vous a été annoncé se réalisera ! » Dans sa reconnaissance, Élisabeth voudrait continuer à chanter la foi, les vertus et les grandeurs de la sainte Vierge ; mais déjà l’humilité de Marie s’effraie, elle s’alarme de tant d’éloges, elle veut les reporter à Dieu e se plonger elle-même dans l’oublie. Alors entonnant son cantique, elle s’écrie ; Vous me louez ; mais à Dieu seul toute louange ! Vous m’exaltez ; mais Dieu seul mérite tous nos hommages ; et c’est Lui seul que mon âme gloire ; » Magnificat anima mea Dominum. » C’est ce chant sublime, le plus long des discours de notre divine Mère, celui que reflète le mieux toute sa pensée et son Cœur, que nous allons méditer, après l’avoir priée de nous en donner elle-même l’intelligence. |
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Section
1-Première strophe 46-47 |
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Section
2- « Et mon esprit tressaille de joie en Dieu mon Sauveur. » |
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Ce verset est uni au précédent come l’effet à la cause : Marie aimait son Créateur de toutes les puissances de son être ; et comme le remarque le bienheureux Albert le Grand, (7) seule de toutes les créatures, elle a parfaitement remplie le précepte : »Vous aimerez le Seigneur de tout votre cœur, et toute votre âme, et de tout votre esprit » (Matt, XXII, 37.) Or dans ses lumineuses contemplations, ce Dieu lui apparaissait si adorablement bon, si infiniment grand, si divinement parfait, si éternellement heureux, que cette vue la jetait en des ravissements ineffables. Parce qu’elle chérissait ce Bien suprême incomparablement plus qu’elle-même, elle se réjouissait mille fois plus de sa béatitude et de ses perfections divines que de tous les trésors dont cette sainte Trinité l’avait enrichie : » Et exultavit spiritus meus in Deo ! » Mais la joie la plus exquise de Marie, c’est que ce Dieu si grand s’était fait si petit pour son amour ! Elle l’adorait dans son sein, devenu son Jésus, son enfant bien-aimé, son sauveur, sa lumière, son trésor, son tout. Comme Dieu le Père, qui avait daigné l’associer à sa fécondité, et lui donnait d’engendrer dans le temps le même Fils qu’il engendre avant tous les temps, elle mettait « en lui toutes se complaisances ; » et mieux que le Prophète, (Habacuc, III, 18) elle pouvait dire : » Ego autem in Domino gaudebo, et exultabo in Deo Jesu meo. » Oui vraiement «mon esprit tressaille d’allégresse en Dieu et en Jésus ; et exultavit spiritus meus in Deo Salutari meo. » (8) O mon Dieu, que vous êtes bon pour nous ! Toutes ces joies de Marie, vous nous les offrez ; et plus nous vous aimerons, plus nous goûterons ces délicieuses allégresses de la très sainte Vierge. (9) En effet, comme elle, je suis votre enfant. Un enfant se réjouit en voyant les rares mérites de son père, Mon Père à moi, est l’infiniment parfait, comment pourrais-je ne point jubiler ? (10) Un
enfant se réjouit en contemplant son père heureux et
content. Mon Père à moi est la suprême béatitude.
Il est si beau qu’il se regarde avec bonheur ; et ce regard
infini, qui est son Verbe, est une joie éternellement engendrée,
De cet amour mutuel du Père et du Fils, procède un troisième
océan de joie infinie, le Saint-Esprit, «la jubilation
incréée » et « le ravissement de la divinité.
» Alléluia ! (11) Un enfant est heureux près de son père. Et moi je le possède, je suis son temple vivant ; un jour j’irai dans ses palais du ciel jouir à jamais de sa gloire ! Joie ineffable ! (13) Sans doute le péché est venu désoler le monde et lui ravir ses allégresses. Mais pour les lui rendre, Jésus, la joie du Père, est descendu dans le sein de Marie ; et par elle, il nous a été donné à tous : « Nobis datus, nobis natus ex intactâ Virgine. » Par ses larmes, il va sécher les nôtres ; et par sa mort nous rendre la vie. Voilà pour notre cœur une nouvelle source d’exaltation :» Je tressaille de bonheur en Dieu, et en Jésus, mon Sauveur.- Et exultavit spiritus meus in Deo Salutari meo ; in Deo Jesu meo ! » Sans doute encore, des épreuves bien amères m’attendent, je le sais. Si les anges tressent, pour la Vierge immaculée, la couronne d’épine d’un effroyable martyre, il est bien juste que moi aussi je souffre, en expiation de mes péchés. Mais la peine passe, et si vite ! La récompense ne passe pas …(14) Mes douleurs sont précisément la condition, le gage et la mesure de nos joies éternelles… pas une de mes souffrances qui n’ai été voulue de Dieu, par amour et pour mon bien…(15) Quel bonheur d’être ainsi associé aux souffrances de Jésus et à sa Rédemption… (16) Et exultavit spiritus meus, in Deo Salutari meo. » Voilà pourquoi sous l’action de tant de bonheur, la joie de Marie s’élève à sa plus haute puissance ; elle devient l’exaltation, c’est-à-dire, une joie débordante qui éclate en signes extérieurs ; » (17) une joie si haute « que le corps même en tressaille et devient comme le trépied de l’esprit en allégresse. » (18) «Et exultavit spiritus meus in Deo Jesu meo ! » O Mère, qu’elle est précieuse cette leçon que vous me donnez ! Souvent écrasé sous le faix de ma croix, je me laisse aller à la tristesse et au découragement «ces deux pestes de l’âme ; » (19) j’oublie trop facilement les raisons nombreuses qui me pressent de cultiver la joie sainte. Êtres joyeux, c’est honorer Dieu, attester qu’il est un « bon Maître » et que «son joug est doux et suave »…Êtres joyeux, c’est dilater son cour, se fortifier pour la lutte, se préparer pour la victoire. « Les tristes, sont de tristes lutteurs.-Un saint triste, disait saint François de Sales, est un triste saint. »… Êtres joyeux, c’est s’unir à Jésus, qui, même au Calvaire, gardait la vision béatifique, C’est s’unir à Marie, qui, même au pied de la Croix, était heureuse de s’immoler avec son fils pour le salut du monde ! C’est s’unir aux saints, qui « allait joyeux, - ibant gaudentes,-surabondant de joie au sein de leurs tribulations ! » (20) Les mondains s’effraient de tant de souffrances. «Ils voient la croix ; mais ils ne sentent pas l’onction qui la rend délicieuse ! » (21) Enfin êtres joyeux, « c’est bien comprendre la religion, car le christianisme n’est que joie ; et l’Église qui ne travaille qu’à faire des bienheureux, propage le bonheur dans la mesure exacte où elle propage la sainteté.» (Mgr. Gay) Désormais quand sous un ciel noir d’orages, mon âme » sera triste jusqu’à la mort, » je méditerais ces pensées, Me rappelant cette délicieuse paroles qu’un Dieu seul a pu prononcer, comme un Dieu seul peut la réaliser, » Venez à moi, vous tous qui ployez, sous votre fardeau, et je vous consolerai ! » J’irais à Jésus ; je lui dirai : « Seigneur, celui que vous aimez est à l’agonie ! » Mais aussi j’invoquerai Maire : Elle est « La Cause de notre joie - Causa nostrae laetitioe ; » car elle est «remplie de Jésus, la joie des Anges, Tu plena sanctoe loetitioe ! » et c’est elle qui la donné au monde. Comme elle, je me réjouirais en Dieu et en Jésus, savourant dans mon cœur les vérités divines qui remplissaient d’allégresse le cœur de ma Mère. Réconforté pas ces pensées du ciel, je serais plus fort pour reprendre ma croix et pour redire, même au sein des épreuves : Courage, ô mon âme ! Dieu changera bientôt tes passagères douleurs en d’éternels délices ! Réjouis-toi dans l’amour de ce tendre Père et de Jésus, ton aimable Sauveur ! » Et exultavit spiritus meus in Deo salutari meo ! » |
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Références-textes
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| (1)
Le Magnificat compte dix versets, (Luc, I, 46-55) ce qui l’a fait
appeler par Gerson » une harpe à dix cordes. » (D’Argentant,
II, 16,) Quand les commentateurs veulent les couper en strophes métriques,
ils se divisent : Les uns n’en comptent que deux, les autres trois,
d’autres enfin quatre. Nous suivrons ces derniers. La première
strophe (46-47) peut être considérée comme le refrain
redisant le joyeux amour de Marie pour le Seigneur ; les trois autres
(48-50,-51-53,54-55,) nous exposent les raisons de cet amour.
(2)-
Mgr Gay, Le Rosaire(3)-
Ibid(4)-
L’Ange disait à Marie : « Invenisti enim gratiam
apud Deum. » (Luc, I, 30) « Vous avez trouvé la
grâce, ajoute saint Alphonse, non seulement pour vous qui ne
l’avez jamais perdue, mais pour nous qui en étions dépouillés.»(5)-
Benedic, anima mea, Domino : et omnia, quae intra me sunt, Nomini
sancto ejus.’ (Ps, CII, 1.)(6)-
Ps. XXXIII,4(7)-
C’est aussi la pensée de saint Bernard : « L’amour
divin pénétra si profondément la très
sainte Vierge, qu’elle aima vraiment de tout son cœur,
de tout son âme, de toutes ses forces ; et ainsi elle fut pleine
de grâce. » (serm. 29 in Cant) Ainsi, ajoute Richard de
Saint-Victor, les Séraphins pouvaient descendre du ciel pour
apprendre de Marie à aimer Dieu. » (Voir saint Alphonse,
« Charité de Marie. »)(8)-
Du XI au XVIIIe siècle, la dévotion aux « joies
de la très sainte Vierge » avait pour le peuple chrétien,
un attrait tout particulier, surtout en Angleterre, où elle
avait été introduite ou du moins puissamment développé
par saint Anselme, l’auteur du « Gaude flore virginali
». Ces joies de Marie, et on en distinguait tantôt cinq,
tantôt, sept, quatorze ou quinze, se divisaient en deux classes
:A-
Les joies terrestres étaient : (21)- Crucem vident, unctionem non vident |
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Prières
«Ave
Regina Caelorum» |
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| Références-
Prières |
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| (1)-
« Radix » est appliqué à Notre Dame. D’après
l’interprétation de saint Jérôme, suive par
le Moyen-Age, dans la prophétie d’Isaïe, « Germinabit
radix Jesse et flos de radice, ejus ascendet, » Marie est la racine
et la tige, et Jésus est la fleur. (2)- « Porta » Marie est la « porte » car c’est par elle que nous arrive le Sauveur, la Lumière du monde c’est elle aussi qui nous ouvre, l’entrée du paradis. (3)- «Dignare me laudare te. » L’auréole Séraphique, par le P. Léon, (tome IV), raconte du grand théologien Jean Duns Scott, (1275-1308), qu’étant venu à Paris, en 1305, pour défendre l’Immaculée Conception, avant de soutenir sa thèse il alla réciter ce verset aux pieds d’une statue de la très saint Vierge : « Agrées, ô Marie, que je célèbre vos louanges ; Donnez-moi la force contre vos ennemis. » Et la statue aurait incliné la tête, pour montrer combien ce saint zèle, était agréable au ciel, Duns Scott rapporta un succès inouï, il fut proclamé « Docteur subtil et Docteur de Marie.- Doctor Marianus ; » sa thèse fut adoptée paru l’Université, que dès lors fit célébrer chaque année la fête à défendre le grand privilège marial. –Plaisons-nous à redire cette belle prière : notre bonne Mère nous atteste que «ceux qui la glorifient auront la vie éternelle.- Qui élucidant me vitam aeternam habebunt. » (Eccli., XXIV, 34.) |
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