Série 25 - 22 pages

Les 7 paroles de la vierge Marie
auteur chamoine Goerge-Joseph
de Geuser

Chapitre VI

Quatrième Parole de la Très Sainte Vierge

Préparation - Magnificat 1- Joyeux amour de Marie

(100 jour d’indulgences, une fois le jour, quand on récite ce cantique pieusement (20 sept, 1879) ; et 7 ans et 7 quarantaines, le samedi (22 février 1888.- Béringer, I,191)

Au jour de la Visitation, sainte Élisabeth, éclairée par l’Esprit-Saint, a compris les divines merveilles opérées en Marie et les grâces ineffables que sa visite et ses pieux souhaits lui sont apportés. Aussitôt, enivrée d’une joie céleste, elle exalte à haute voix sa saint cousine : «Vous êtes bénie entre toutes les femmes et le fruit de vos entrailles est béni !... Eh ! d’où me vient ce bonheur que la Mère de mon Seigneur daigne venir à moi ? Dès que le son de votre salut eut frappé mes oreilles, voici que mon enfant a tressailli de joie dans mon sein ! Vous êtes bienheureuse d’avoir cru, parce que tout ce qui vous a été annoncé se réalisera ! » Dans sa reconnaissance, Élisabeth voudrait continuer à chanter la foi, les vertus et les grandeurs de la sainte Vierge ; mais déjà l’humilité de Marie s’effraie, elle s’alarme de tant d’éloges, elle veut les reporter à Dieu e se plonger elle-même dans l’oublie. Alors entonnant son cantique, elle s’écrie ; Vous me louez ; mais à Dieu seul toute louange ! Vous m’exaltez ; mais Dieu seul mérite tous nos hommages ; et c’est Lui seul que mon âme gloire ; » Magnificat anima mea Dominum. »

C’est ce chant sublime, le plus long des discours de notre divine Mère, celui que reflète le mieux toute sa pensée et son Cœur, que nous allons méditer, après l’avoir priée de nous en donner elle-même l’intelligence.

Section 1-Première strophe 46-47
46-Magnificat anima mea Dominum, Mon âme exalte le Seigneur
47-et exsultavit spiritus meus in Deo salutari meo. Exulte mon esprit en Dieu mon sauveur.

Voici le thème que la Vierge va développer : » La pensée contenue dans ces premiers mots, dit M. Filion, va retentir à travers le Magnificat tout entière ; » et l’on pourrait, ajoute M. Schegg, la répéter comme un refrain après chacun des versets. » (1)

Glorifier Dieu, c’est l’estimer comme le bien suprême, l’aimer de tout notre cœur, le servir de toutes nos forces, qui conquérir autant que nous le pouvons, des adorateurs. A vrai dire, c’est là la fin suprême de notre création, le résumé de tous nos devoirs, l’achèvement de notre sainteté, la fonction de notre bonheur. Nous serons éternellement glorifiés par Dieu dans le ciel, dans la mesure exacte où nous l’aurons glorifié librement sur la terre.

Souvent, nous rappelant cette vérité fondamentale, nous redisons à Dieu, avec les saints : « o Père, toute pour votre plus grande gloire ! » Mais hélas ! Souvent aussi ce n’est là qu’une vaine formule de nos lèvres ; en en agissant par vanité, par sensualité, par cupidité ou par routine, nos démentons nos paroles par nos œuvres. Pour Marie, il n’est pas de même ; l’Esprit de vérité nous atteste que « c’est de toute son âme que Marie glorifie le Seigneur ! Magnificat anima mea Dominum ! »

Approfondissons encore cette parole. Je glorifie le Seigneur, nous dit la sainte Vierge, d’abord dans mes affections, et pour ainsi parler, «je le magnifie, je l’amplifie. S’il n’était pas déjà immense, je voudrais l’augmente jusqu’à le rendre infinie. Ce serait la paix de ma religion et le bonheur de mon amour. J’aime mieux pourtant que cela ne soit pas possible et qu’il n’ait nul besoin de moi, ni de mes biens. » (2)

Je le glorifie dans mes actions, « en me livrant à lui tout entière comme son royaume, sa cité et son sanctuaire ; comme celle de ses créatures que je veux qu’il possède le plus, sachant qu’il daigner l’aimer plus possède le plus, sachant qu’il daigne l’aimer plus que les autres. » (3) Je le glorifie encore et surtout par ma libre coopération aux grands mystères qui doivent lui procurer une gloire infinie, par moi, un Dieu s’est anéanti pour exalter la majesté de Dieu ! Par moi, un Dieu va s’immoler en croix pour reconnaître la suprême excellence de Dieu ! Par moi l’adorable Trinité reçoit une adoration parfaite «en esprit et en vérité ! » Car je lui donne Jésus ! Et Jésus est mon vivant Magnificat !

Mère du Fils unique de Dieu, je le suis également de tous ses fils d’adoption, et je glorifie encore le Seigneur en lu donnant tous ses Saints. Les apôtres les plus illustres n’ont qu’un champ d’action doublement limité, ne travaillant que quelques années et vis-à-vis de quelques âmes. Mon apostolat à moi est universel «J’ai trouvé la grâce » pour tous les prédestinés ; pas un seul qui échappe à mes bienfaits ; pas un seul qui puisse se sauver sans mon assistance ; et comme je viens de sanctifier Jean et sa famille, ainsi jusqu’à la consommation des siècles, c’est par moi que Dieu sanctifiera tous ses élus ! (4)

Enfin ce grand Dieu, je le glorifie de toutes les puissances de mon être, sous l’impulsion d’un double amour : l’amour de reconnaissances d’abord, «car il a regardé la bassesse de sa servante ! Il a fait en moi de grandes choses ! Et à cause de cela toutes les générations me diront bienheureuse ! » Oh ! Oui : «Que tout en moi bénisse son saint Nom ! (5) Magnificat anima mea Dominum ! »

Puis surtout l’amour pur, la charité parfaite ; car ne recevant de sa tendresse paternelle tant de bienfait, comment ne pas m’écrier : «Oh ! Qu’il est bon ! Qu’il est puissant ! Qu’il est saint ! Qu’il est miséricordieux !... Et combien il est juste de le louer, de le bénir et de l’aimer de tout mon cœur ! Magnificat anima mea Dominum ! » O Marie, vous qui avez si bien glorifié la très sainte Trinité et qui nous invitez à la glorifier, «Magnificat Dominum mecum, » (6) aidez-moi à m’associer à vos sentiments, à me donner comme vous tout à Dieu, à m’unir à Jésus et à lui gagner des cœurs !

Faites-moi comprendre que le Créateur ayant sur moi un suprême domaine, je dois l’honorer par une dépendance absolue, consacrant à sa gloire toutes les pensées de mon esprit, tous les battements de mon cœur, toutes les œuvres de mes mains, et tous les instants de ma vie. Comme Jésus me l’a commandé, je veux lui redire sans cesse : «O Père, que votre nom soit sanctifié ! Que votre règne arrive ! Que votre volonté soit faite ! » Oui, je dois glorifier Dieu, parce qu’étant l’amabilité même, il mérite tout mon amour ! Je dois le glorifier encore, parce qu’étant mon Créateur, il m’a donné tout ce que je suis et tout ce que je possède. O Mère, que ma vie, comme la vôtre, et toute mon éternité ne soient qu’un chant ininterrompu d’amour et de reconnaissance à la gloire d’un Dieu et si grand et si bon : «Magnificat. »

Section 2- « Et mon esprit tressaille de joie en Dieu mon Sauveur. »

Ce verset est uni au précédent come l’effet à la cause : Marie aimait son Créateur de toutes les puissances de son être ; et comme le remarque le bienheureux Albert le Grand, (7) seule de toutes les créatures, elle a parfaitement remplie le précepte : »Vous aimerez le Seigneur de tout votre cœur, et toute votre âme, et de tout votre esprit » (Matt, XXII, 37.) Or dans ses lumineuses contemplations, ce Dieu lui apparaissait si adorablement bon, si infiniment grand, si divinement parfait, si éternellement heureux, que cette vue la jetait en des ravissements ineffables. Parce qu’elle chérissait ce Bien suprême incomparablement plus qu’elle-même, elle se réjouissait mille fois plus de sa béatitude et de ses perfections divines que de tous les trésors dont cette sainte Trinité l’avait enrichie : » Et exultavit spiritus meus in Deo ! »

Mais la joie la plus exquise de Marie, c’est que ce Dieu si grand s’était fait si petit pour son amour ! Elle l’adorait dans son sein, devenu son Jésus, son enfant bien-aimé, son sauveur, sa lumière, son trésor, son tout. Comme Dieu le Père, qui avait daigné l’associer à sa fécondité, et lui donnait d’engendrer dans le temps le même Fils qu’il engendre avant tous les temps, elle mettait « en lui toutes se complaisances ; » et mieux que le Prophète, (Habacuc, III, 18) elle pouvait dire : » Ego autem in Domino gaudebo, et exultabo in Deo Jesu meo. » Oui vraiement «mon esprit tressaille d’allégresse en Dieu et en Jésus ; et exultavit spiritus meus in Deo Salutari meo. » (8)

O mon Dieu, que vous êtes bon pour nous ! Toutes ces joies de Marie, vous nous les offrez ; et plus nous vous aimerons, plus nous goûterons ces délicieuses allégresses de la très sainte Vierge. (9)

En effet, comme elle, je suis votre enfant. Un enfant se réjouit en voyant les rares mérites de son père, Mon Père à moi, est l’infiniment parfait, comment pourrais-je ne point jubiler ? (10)

Un enfant se réjouit en contemplant son père heureux et content. Mon Père à moi est la suprême béatitude. Il est si beau qu’il se regarde avec bonheur ; et ce regard infini, qui est son Verbe, est une joie éternellement engendrée, De cet amour mutuel du Père et du Fils, procède un troisième océan de joie infinie, le Saint-Esprit, «la jubilation incréée » et « le ravissement de la divinité. » Alléluia ! (11)

Un enfant se réjouit en entendant louer ses parents. Je m’unis aux hommages que les élus rendront éternellementà mon Dieu ; et je tressaille de joie sainte. (12)

Un enfant est heureux près de son père. Et moi je le possède, je suis son temple vivant ; un jour j’irai dans ses palais du ciel jouir à jamais de sa gloire ! Joie ineffable ! (13)

Sans doute le péché est venu désoler le monde et lui ravir ses allégresses. Mais pour les lui rendre, Jésus, la joie du Père, est descendu dans le sein de Marie ; et par elle, il nous a été donné à tous : « Nobis datus, nobis natus ex intactâ Virgine. » Par ses larmes, il va sécher les nôtres ; et par sa mort nous rendre la vie. Voilà pour notre cœur une nouvelle source d’exaltation :» Je tressaille de bonheur en Dieu, et en Jésus, mon Sauveur.- Et exultavit spiritus meus in Deo Salutari meo ; in Deo Jesu meo ! »

Sans doute encore, des épreuves bien amères m’attendent, je le sais. Si les anges tressent, pour la Vierge immaculée, la couronne d’épine d’un effroyable martyre, il est bien juste que moi aussi je souffre, en expiation de mes péchés. Mais la peine passe, et si vite ! La récompense ne passe pas …(14) Mes douleurs sont précisément la condition, le gage et la mesure de nos joies éternelles… pas une de mes souffrances qui n’ai été voulue de Dieu, par amour et pour mon bien…(15) Quel bonheur d’être ainsi associé aux souffrances de Jésus et à sa Rédemption… (16) Et exultavit spiritus meus, in Deo Salutari meo. »

Voilà pourquoi sous l’action de tant de bonheur, la joie de Marie s’élève à sa plus haute puissance ; elle devient l’exaltation, c’est-à-dire, une joie débordante qui éclate en signes extérieurs ; » (17) une joie si haute « que le corps même en tressaille et devient comme le trépied de l’esprit en allégresse. » (18) «Et exultavit spiritus meus in Deo Jesu meo ! »

O Mère, qu’elle est précieuse cette leçon que vous me donnez ! Souvent écrasé sous le faix de ma croix, je me laisse aller à la tristesse et au découragement «ces deux pestes de l’âme ; » (19) j’oublie trop facilement les raisons nombreuses qui me pressent de cultiver la joie sainte. Êtres joyeux, c’est honorer Dieu, attester qu’il est un « bon Maître » et que «son joug est doux et suave »…Êtres joyeux, c’est dilater son cour, se fortifier pour la lutte, se préparer pour la victoire. « Les tristes, sont de tristes lutteurs.-Un saint triste, disait saint François de Sales, est un triste saint. »… Êtres joyeux, c’est s’unir à Jésus, qui, même au Calvaire, gardait la vision béatifique, C’est s’unir à Marie, qui, même au pied de la Croix, était heureuse de s’immoler avec son fils pour le salut du monde ! C’est s’unir aux saints, qui « allait joyeux, - ibant gaudentes,-surabondant de joie au sein de leurs tribulations ! » (20) Les mondains s’effraient de tant de souffrances. «Ils voient la croix ; mais ils ne sentent pas l’onction qui la rend délicieuse ! » (21) Enfin êtres joyeux, « c’est bien comprendre la religion, car le christianisme n’est que joie ; et l’Église qui ne travaille qu’à faire des bienheureux, propage le bonheur dans la mesure exacte où elle propage la sainteté.» (Mgr. Gay)

Désormais quand sous un ciel noir d’orages, mon âme » sera triste jusqu’à la mort, » je méditerais ces pensées, Me rappelant cette délicieuse paroles qu’un Dieu seul a pu prononcer, comme un Dieu seul peut la réaliser, » Venez à moi, vous tous qui ployez, sous votre fardeau, et je vous consolerai ! » J’irais à Jésus ; je lui dirai : « Seigneur, celui que vous aimez est à l’agonie ! » Mais aussi j’invoquerai Maire : Elle est « La Cause de notre joie - Causa nostrae laetitioe ; » car elle est «remplie de Jésus, la joie des Anges, Tu plena sanctoe loetitioe ! » et c’est elle qui la donné au monde. Comme elle, je me réjouirais en Dieu et en Jésus, savourant dans mon cœur les vérités divines qui remplissaient d’allégresse le cœur de ma Mère. Réconforté pas ces pensées du ciel, je serais plus fort pour reprendre ma croix et pour redire, même au sein des épreuves : Courage, ô mon âme ! Dieu changera bientôt tes passagères douleurs en d’éternels délices ! Réjouis-toi dans l’amour de ce tendre Père et de Jésus, ton aimable Sauveur ! » Et exultavit spiritus meus in Deo salutari meo ! »

Références-textes
(1) Le Magnificat compte dix versets, (Luc, I, 46-55) ce qui l’a fait appeler par Gerson » une harpe à dix cordes. » (D’Argentant, II, 16,) Quand les commentateurs veulent les couper en strophes métriques, ils se divisent : Les uns n’en comptent que deux, les autres trois, d’autres enfin quatre. Nous suivrons ces derniers. La première strophe (46-47) peut être considérée comme le refrain redisant le joyeux amour de Marie pour le Seigneur ; les trois autres (48-50,-51-53,54-55,) nous exposent les raisons de cet amour.

(2)- Mgr Gay, Le Rosaire(3)- Ibid(4)- L’Ange disait à Marie : « Invenisti enim gratiam apud Deum. » (Luc, I, 30) « Vous avez trouvé la grâce, ajoute saint Alphonse, non seulement pour vous qui ne l’avez jamais perdue, mais pour nous qui en étions dépouillés.»(5)- Benedic, anima mea, Domino : et omnia, quae intra me sunt, Nomini sancto ejus.’ (Ps, CII, 1.)(6)- Ps. XXXIII,4(7)- C’est aussi la pensée de saint Bernard : « L’amour divin pénétra si profondément la très sainte Vierge, qu’elle aima vraiment de tout son cœur, de tout son âme, de toutes ses forces ; et ainsi elle fut pleine de grâce. » (serm. 29 in Cant) Ainsi, ajoute Richard de Saint-Victor, les Séraphins pouvaient descendre du ciel pour apprendre de Marie à aimer Dieu. » (Voir saint Alphonse, « Charité de Marie. »)(8)- Du XI au XVIIIe siècle, la dévotion aux « joies de la très sainte Vierge » avait pour le peuple chrétien, un attrait tout particulier, surtout en Angleterre, où elle avait été introduite ou du moins puissamment développé par saint Anselme, l’auteur du « Gaude flore virginali ». Ces joies de Marie, et on en distinguait tantôt cinq, tantôt, sept, quatorze ou quinze, se divisaient en deux classes :A- Les joies terrestres étaient :
1- l’Annonciation
2, la Nativité,
3, l’Adoration des mages,
4, le Recouvrement de Jésus au temple,
5, La résurrection,
6, L’Ascension,
7, L’Assomption parfois on y ajouta la Visitation.B- Les sept joies célestes ou spirituelles, que célébrait spécialement le «Gaude flore virginali » se rapportaient plus spécialement à la très saint Vierge. Jusqu’à la réforme, les catholiques anglais aimaient, en récitant leur chapelet, à méditer ces quinze joies de préférence aux quinze mystères du Rosaire. (V. Ragey, vie de saint Anselme, I, 430 et 438 et Prière à Marie, par Léon Gautier, p. 375. «Les quinze joies de Notre-Dame,) Par un bref du 15 septembre 1905, Pie X a accordé de riches indulgences, au fidèles qui honorent «les sept allégresses de la très sainte Vierge.» V. Hilgers. p. 125 sept(9)- On ne saurait trop insister, dans la direction des âmes sur l’excellence de la joie sainte et sur les maux
qu’engendre la mauvaise tristesse. « La tristesse conduit à la mort, «nous dit l’Esprit-saint ; «Tristitia multos occidit. (Eccli., XXX, 25.)- Saeculi autem tristitia mortem operatur. » (II Cor., VIII, 10)- Quand nous traversons des jours sombres, jours d’Épreuves crucifiantes ou d’agonies intimes, invoquons Marie «cause de notre joie ; » méditons avec elle les pensées chrétiennes que nous résumons dans ces pages ; et savourons ces vérités révélées, comme l’abeille s’attache à la fleur, afin d’en exprimer le miel, d’une joie tes pure et très réconfortante. Pour mieux graver dans nos cœurs cette doctrine si consolante, nous citerons en note quelques traits édifiants. On l’a dit avec raison : L’exemple persuade plus efficacement que le discours : » Exempla trahunt. »(10)- Ainsi, David ( au Ps, LXXVI,34) nous atteste que , sous le poids de ses épreuves, « son âme se fermait à toute consolation, -renuit consolari anima mea. » Mais voici « qu’il se rappelle Dieu, ses grandeurs, ses perfections, ses amabilités infinies !... et aussitôt la joie inonde son cœur !-Memor fui Dei et delectatus sum ! »(11)- «Que vos nuits sans sommeil doivent vous paraître longues ! » disait-on au P. De Ravignan, pendant sa maladie.- Mais non ; je pense que Notre-Seigneur est bon, qu’il est bien dans le ciel et cela me console d’être mauvais, et d’êtres mal sur la terre. » (Vie, par le P, de Ponlevoy, II, P.434)(12)- L’histoire de l’Église nos raconte qu’au jour de Pâques, dans les prisons, les martyrs, confesseurs de la foi, oubliaient leurs entraves et leurs blessures pour songer au triomphe de leur Sauveur, qu’ils aimaient mille fois plus qu’eux-mêmes. Et les bourreaux étaient dans la stupeur en les voyants, au sien de douleurs si cuisantes, rayonner de joie et d’espérances.(13)- Ici rappelons-nous saint Paul et ses ardents désirs du ciel : » Je désire mourir pour aller avec Jésus-Christ.- Desiderium habens dissolvi, et esse cum Christo. (Philip., 1,23.) Et sainte Thérèse : «Je me meurs de ne point mourir !... O mort, je ne sais qui peut te craindre, car c’est toi qui nous ouvres les portes du ciel. »(14)- Pour bien juger nos épreuves, il faut les considérer à la clarté de l’éternité : « Dans cent mille siècles que penserai-je de cette souffrance ? » Pénétré de cette pensée, saint Paul se plaisait, remarque saint Jean Chrysostôme, à comparer les choses présentes aux futures, ce qui est momentané à ce qui est éternel, ce qui est léger à ce qui est lourds, l’affliction à la gloire.» Et il citait la parole du grand Apôtre (II Cor., IV, 17, : Id enim quod in praesenti est momentaneum et leve tribulations nostrae, supra modum in sublimitate aeternum gloriae pondus operatur in nobis » » ( V. Aussi Rome VIII, 18.)(15)- « Seigneur, vous savez tout, vous pouvez tout, et vous m’aimez : Fiat » (Sainte Thérèse.) Il faut surtout méditer cette belle parole de saint Paul qui suffirait à consoler toutes nos douleurs, si nous la comprenions bien. « Toutes choses coopèrent au bien de eux qui aiment Dieu, DIlignetibus Deum omnia cooperantur in bonum. » Rom, VIII, 18 (V. Plus loin le commentaire de la3ième strophe.) – Un jeune apprenti se mourait. Autour de lui, on s’apitoyait sur ses maux et ses cruelles insomnies : « Que vous souffrez » lui disons-on ! Et lui, avec un doux sourire. «Je ne sens plus aujourd’hui mes souffrances d’hier, mais j’en garde le mérite ! Celles d’aujourd’hui passent vite ! Et celles de demain, si j’ai un demain, c’est mon Père du ciel qui les aura préparées et pour mon bien ! »16)- St Paul aimait à redire : « Si nous souffrons avec Jésus-Christ, un jour nous triompherons avec Lui !- Si tamen compatimur ut et conglorificemur. » (Rom. VIII, 17.) –C’est là la grande pensée qui a consolé tous les saints : «Nous autres, disait le bon larron, nous souffrons la juste peine de nos crimes. Mais lui, il n’a rien fait de mal.- Nos quidem juste, non digna factis receprimus : hic vero nihil mali gessit. » (Luc, XXIII, 41.)(17)- Cajetan(18)- Bienheureux Albert le Grand cité par le P. Deidier.(19)- Mgr. Guy(20)- Actes V, 41 et II Coir.VII, 4

(21)- Crucem vident, unctionem non vident

Prières «Ave Regina Caelorum»

L’Ave Regina, que l’Église récite de la Purification au Jeudi-Saint, célèbre la royauté universelle de la divine Mère. Cette antienne que Clément VVI (1342-1352) a fait insérer dans l’office, est attribuée par un manuscrit de la Bibliothèque nationale, à Saint Bernard, » Sans prêter hors de conteste, cette opinion vaut mieux que celle qui voudrait la faire remonter à saint Éphrem. On trouve des salutations analogues dans les prières à Marie du diacre d’Éphèse, mais nous entendons bien ici les amoureux élans de l’Abbé de Clairvaux ou de ses imitateurs. » (C.
Albin. I, 99)
.

L’Ave Regina est une hymne en vers iambique de huit syllabes, et de plus, régulièrement rimée selon les lois de la plus riche harmonie.

Ave, Regína cœlórum
Ave, Dómina angelórum,
Salve, radix, (1) salve, porta,(2)
Ex qua mundo lux est orta.


Gaude, Virgo gloriósa,
Super omnes speciósa ;
Vale, o valde decóra
Et pro nobis Cristum exóra.


V.Dignáre me laudáre te, Virgo sacráta
. R. Da mihi virtútem contra hostes tuos.(3)

Orémus
.
Concéde, miséricors
Deus, fragilitáti nostræ
præsídium : ut, qui sanctæ Dei
Genitrícis memóriam ágimus ;
intercessiónis ejus auxílio, a
nostris iniquitátibus
resurgámus.
Per eúndem Christum Dóminum nostrum.

R. Amen.

Salut, Reine des cieux !
Salut, Reine des Anges !
Salut, tige féconde !
Salut, porte du Ciel !
Par toi la lumière s’est levée sur le monde.


Réjouis-toi, Vierge glorieuse,
Belle entre toutes les femmes !
Salut, splendeur radieuse,
Implore le Christ pour nous.


V. Rendez-moi digne de vous louer, Vierge sainte.
R. Donnez-moi la force contre vos ennemis.


Prions.
Dieu de miséricorde, portez secours à
notre faiblesse ; faites qu'en évoquant la
mémoire de la sainte Mère de Dieu, nous
puissions compter sur l'efficacité de son
intercession pour nous relever de nos péchés.
Par le même Christ notre Seigneur.


R. Ainsi soit-il.

Références- Prières
(1)- « Radix » est appliqué à Notre Dame. D’après l’interprétation de saint Jérôme, suive par le Moyen-Age, dans la prophétie d’Isaïe, « Germinabit radix Jesse et flos de radice, ejus ascendet, » Marie est la racine et la tige, et Jésus est la fleur.

(2)- « Porta » Marie est la « porte » car c’est par elle que nous arrive le Sauveur, la Lumière du monde c’est elle aussi qui nous ouvre, l’entrée du paradis.

(3)- «Dignare me laudare te. » L’auréole Séraphique, par le P. Léon, (tome IV), raconte du grand théologien Jean Duns Scott, (1275-1308), qu’étant venu à Paris, en 1305, pour défendre l’Immaculée Conception, avant de soutenir sa thèse il alla réciter ce verset aux pieds d’une statue de la très saint Vierge : « Agrées, ô Marie, que je célèbre vos louanges ; Donnez-moi la force contre vos ennemis. » Et la statue aurait incliné la tête, pour montrer combien ce saint zèle, était agréable au ciel, Duns Scott rapporta un succès inouï, il fut proclamé « Docteur subtil et Docteur de Marie.- Doctor Marianus ; » sa thèse fut adoptée paru l’Université, que dès lors fit célébrer chaque année la fête à défendre le grand privilège marial. –Plaisons-nous à redire cette belle prière : notre bonne Mère nous atteste que «ceux qui la glorifient auront la vie éternelle.- Qui élucidant me vitam aeternam habebunt. » (Eccli., XXIV, 34.)

Le fond de cette page vient du site

Menu de tout le site, en tout temps vous pouvez changer de série.
© Défendu de prendres mes pages et les mettres sur votre site, respectez mon travail
Le resto de mon fils François Christiaenssens

En Estrie Québec Canada http://www.legendemagog.com

Nous somme situé au 20 Principal est Magog Qc. J1X 2Y3
Pour réservez appelez au 819-843-0020 Fax.: 819-843-5212

Courriel: lalegende@bellnet.ca