| Série
25 - 22 pages
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Les
7 paroles de la vierge Marie
auteur chamoine Goerge-Joseph de Geuser
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| Chapitre
3
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Première Parole de la Très Sainte Vierge
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Voici
la parole |
«
Quomodo fiet istud, quoniam virum non cognosco
? » ( Luc, 1,34.) |
«Comment ce se fera-t-il car je ne connais
point d’homme.» |
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| La
première parole de Marie, dont il a plu à
Dieu de garder le souvenir dans les Livres sacrés,
est une éclatante révélation de
son incomparable pureté : « Comment cela
se fera-t-il, car je ne connais pas d’homme ?
»
C’était
le 25 mars à Nazareth, «la cité
des fleurs.» (1)
Une créature vierge, un ange, et même un
des plus saints parmi les anges, apparaît à
la plus pure des Vierges, unie à un époux
vierge, par la plus chaste des unions. Au nom du Dieu
trois fois saint, il salue Marie et lui demande son
libre consentement au Mystère du Verbe fait chair,
le type idéal et la source unique de toute sainteté
: « Voici que vous concevrez et vous enfanterez
un fils, et vous l’appellerez Jésus. Il
sera grand, car il sera Fils du Très-Haut et
Dieu lui donnera le trône de David son Père
; il règnera éternellement dans la maison
de Jacob et son rège n’aura plus de fin.
» (Luc, 1,31-33)
O
mon âme, laisse-toi pénétrer par
ces effluves de pureté qui s’échappent
ici de toutes parts ; et prie la Vierge, l’Archange
et surtout Dieu, qui préside à leur rencontre,
de te de sanctifier en méditant ce céleste
message !
Avec
sa vive intelligence, toute nourrie des Écritures,
et en ce moment tout illuminée de clartés
divines, Marie comprend ce langage : Gabriel lui annonce
qu’elle concevra et enfantera un fils. Ce fils
sera vraiment Dieu ; car il est : le fils du Très-Haut
; et son règne doit être éternel
et n’aura jamais de fin. » Mais en même
temps, il sera vraiment homme, puisqu’il «
descendra de David » et « naîtra d’une
femme.» Et ces deux natures seront intimement
unies dans une même personne que ce Fils de Dieu
et ce Fils de l’Homme seront l’unique fils
de la Vierge. Ainsi donc, à n’en pas douter,
Marie se voit choisie et élue par Mère
du Messie
Quelle parle
va s’échapper de son Coeur ? A la voix
d’un ange, Ève avait follement crue, Zacharie
avait douté, Évitant avec autant de soin
la légèreté de la première
et l’incrédulité du second, Maire
« se trouble » volontairement :
(2) et Vierge prudente, elle se demande «
quelle est cette salutation. » (3)
Et quand elle a compris que c’est vraiment Dieu
qui lui parle, parce que « rien n’est impossible
au Tout-Puissant, » avec une foi plus héroïque
que celle d’Abraham, elle n’hésite
pas à croire la merveille inouïe qui est
proposée ; Oui, elle, si petite à ses
yeux, tout en restant vierge deviendra Mère et
Mère de son Dieu !…« Beata quae credidisli,
lui dira bientôt Élisabeth. Ô Marie,
que vous êtes heureuse d’avoir cru ! »
Mais
un dernier point intéressant son plus cher trésor
réclame une explication : Que doit-elle faire
pour obéir aux dessins du ciel et quel concours
offrira-t-elle au Très-Haut ? Prudemment et discrètement,
Maire répond à l’Ange : «
Comment cela se fera-t-il, car je ne connais pas d’homme
? »
«
Hominem non cognosco ! » c’est-à-dire
comme les saints Docteures le fon remarque, «
je ne puis connaître d’homme. » C’est
ainsi que l’aveugle dit : je ne vois pas, pour
indiquer qu’il ne peut pas voir, Marie allègue
une impossibilité qui ne peut venir que d’un
vœu ; car pour changer une simple résolution,
il suffisait d’une résolution contraire
et d’un autre acte de volonté par conséquent,
conclut saint Augustin, «elle n’aurait pue
faite cette réponse si elle n’eût
voué à Dieu sa virginité. Quod
certe non dixisset nisi se prius virginem Deo vovisset.
» (4)
Mais
il nous faut approfondir cette parole de notre Mère.
Si l’Esprit-Saint daigne nos éclairer,
nous y verrons resplendir l’éclatante virginité
de Marie avant, pendant et après l’Incarnation. |
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Admirable
virginité de Marie avant l'Incarnation
|
«
Hominem non cognosco. J’ai fait vœu de chasteté.»
A une époque où la stérilité était
considérée comme un opprobre et la fécondité
comme la première des bénédictions, qui
donc avait donné à Marie l’idée
et le goût sacrée d’un pareil vœu
?
Évidement
ce ne pouvait être là qu’une inspiration
divine. » Ah ! Vierge sainte, s’écrie ici
saint Thomas de Villeneuve, c’est que le Verbe de Dieu
fut votre maître avant d’être votre fils,
c’est qu’il vous eut pour disciple avant de vous
d’avoir pour Mère et qu’il avait rempli
votre esprit avant de descendre dans vos entrailles. »
(1) O Marie, rendez nos cœurs dociles comme la
vôtre à toutes les inspirations du ciel.
Et
quand donc la Vierge s’est-elle ainsi consacrée
au Très-Haut et offrit-elle à Dieu ce vœu
sublime ? Saint Augustin, Saint Amboise, Saint Grégoire
de Nyse, Saint Bonaventure, avec Suarez, Vasquez, Duns-Scott,
et beaucoup d’autres grands théologiens, estiment
sagement que Maie fit ce vœu dès qu’elle
jouit de l’usage de sa raison, c’e st-à-dire
dès le premier instant de son Immaculé Conception.
(2)
En
en effet si Les Docteur admettent qu’au jour de sa sanctification,
saint Jean-Baptiste reçut avec la grâce le plein
usage de sa raison, pourrait-on refuser à Marie ce
privilège ? Oui, dès la première aurore
de sa vie, plus éclairée sur les choses célestes
que les Saints à la fin de leur carrière. La
Vierge pénétra par la pensée toute la
caducité du monde et de ses faux biens ; et d’un
second regard plus assuré que celui de l’aigle,
elle contempla les perfections infinies du Soleil de justice
et avec un indicible élan, elle se donna tout à
Dieu » In omnibus requiem quaesivi, et in haeraditale
Domini morabor, » lui fait dire la sainte Église,
« J’ai cherché partout le repos de mon
cœur ; c’est dans l’héritage du Seigneur
que je me fixerai à jamais.»
A
cette heure bénie de son Immaculée Conception,
mieux que les Anges et les Saints, elle comprit le trésor
cachée de la pauvreté, la gloire des humiliations
et surtout les joies ineffables, du renoncement et de la chasteté.
Oh ! La chasteté, qu’elle lui apparut dès
lors belle et ravissante ! Elle voyait que cette noble vertu
nous égale aux anges, «en mettant dans notre
chair quelque chose qui n’es pas de la chair ;
(3) et même « elle nous élève
au-dessus d’eux : Être ange, n’est qu’un
bonheur, être vierge est une vertu ; et il est plus
noble d’acquérir cette gloire par nos efforts
que de la recevoir de la nature. » (4)
Elle voyait que le type éternel et le modèle
idéale de la virginité est la Trinité
elle-même : « Prima virgo, Trias est » (Saint
Grégoire de Nazianze.) Car là, le Père
vierge y engendre éternellement un Fils toujours vierge
; et tous deux produisent virginalement leur Esprit-Saint
et leur mutuel amour. Elle voyait enfin l’amour infini
de Dieu pour ce trésor, et spécialement les
prédilections du Verbe incarné » se plaisant
parmi les lys, » (5) faisant
des vierges « sa garde d’honneur sur terre et
dans les cieux, » et leur donnant « de chanter
un cantique que nul autre en saurait dire. »
(6) Et saintement avide d’imprimer sur elle ce
cachet divin, elle fit, dès l’instant même
de son Immaculé Conception, vœu perpétuel
et absolu de virginité ; et avec une telle perfection
qu’elle mérita d’être après
Dieu, la Vierge par excellence : « Secondo virgo Maria
est. » (Saint Ambroise.) Par cet engagement sacré,
dit le même saint, « elle leva la première
l’étendard béni de la Virginité
» et elle mérita d’être saluée
par les Pères comme « la première des
vierges suer la terre, » (Saint Grégoire de Nazianze)
; «le porte-enseigne et la Maîtresse de la virginité,
» (Saint Ambroise) ; «la Vierge éternelle,
» (Saint Jérôme) ; et «l’institutrice
de cette religi9on sacrée. » (Saint Thomas de
Villeneuve.)
Toute sa vie, Marie,
chérissant chaque jour davantage sa vertu de prédilection,
ne cessa de redire : »Hominem non cognosco ! »
ce qui donnait à ce vœu un prix incomparable,
c’étaient les élans de pur amour qui l’accompagnaient
et surtout sa profonde humilité toutes les filles de
David aspiraient à l’honneur d’être
la mère du Messie. Quand à la Vierge, elle aimait
tant sa chère vertu et elle était si petite
à ses yeux que jamais la pensée d’une
gloire si sublime n’effleura son âme. Et toute
son ambition, c’est elle-même qui le révéla
à sainte Élisabeth de Hongrie, était
de devenir un jour la petite servante de l’élue
du Seigneur : » Je conjurais Dieu de me conserver les
yeux pour la contempler, ma bouche pour la louer, mes mains
pour la servir, et mes genoux, pour adorer dans ses bras le
Fils de l’Éternel.» (6)
Tous
les Saints ont exalté à l’envie cette
dilection sacrée de Marie pour sa chaste consécration
; et un grand nombre d’entre eux n’ont point hésité
à dire que si, au jour de l’Annonciation, elle
eût dû choisir entre la Maternité divine
et la Virginité, elle eût préféré
celle-ci ; car si par la première elle recevait beaucoup,
par la Seconde, elle donnait beaucoup ; et Jésus-Christ
l’affirme : « Il est meilleur de donner que de
recevoir.» (7)
Selon
d’autres théologiens non moins pieux, la Maternité
divine étant le don le plus excellent que Dieu lui-même
puisse faire à une pure créature, et cette dignité
sublime entraînant avec elle des privilèges ineffables,
la Vierge très sage et très prudente devait
évidemment la préférer à tout.
Mais
n’est-ce pas là une discussion stérile
et oiseuse ? Car d’une part s’Il plaisait au Seigneur
de demander à Marie l’immolation de ses plus
saints désirs, alors même que son vœu lui
eût été mille fois plus cher qu’Isaac
à Abraham, ne devait-elle pas tout sacrifier pour satisfaire
le bon plaisir divin ? Et celle qui dans un instant, va se
proclamer «l’humble servante de Dieu » pouvait-elle
lui refuser quelque chose ?
D’autre
part le Très-Haut n’a jamais placé la
Vierge dans une semblable alternative, et Marie n’eut
pas même la pensée d’un pareil choix. En
effet, en lui demandât son libre consentement, Dieu
lui manifeste clairement ses desseins : « Vous concevrez
… et vous enfanterez ! » Et sans doute, ce fut
alors pour la première fois que la sainte Vierge comprit
le plan divin à son endroit et la raison cachée
du vœu qu’elle avait fait. Les Docteurs ont magnifiquement
expliqué l’admirable convenance de la Virginité
et de la Maternité divine ; ils se sont plu à
dire que « Si Dieu naît dans le temps, il ne peut
naître que d’une vierge ; et si une vierge devient
mère, elle ne peut enfant qu’un Dieu. »-«
Une mère vierge, dit un très ancien Sacramentaire
de Vérone, ne peut avoir qu’un rejeton divin
; et un Dieu fait homme ne doit décemment naît
que d’une vierge. »- «Si un Dieu se faisant
l’homme doit avoir une Mère, ajoute saint Bernard,
il est de sa dignité, et par là, d’une
espèce de nécessité, que cette Mère
soit vierge ; et si une vierge, par le plus inouï des
miracles, doit sans cesser d’être vierge avoir
un fils, il est pour elle d’une bienséance absolue
qu’il soit Dieu.» - «En naissant d’une
femme, conclut Théodore d’Ancyre, Jésus-Christ
démonte qu’il est homme ; en naissant d’une
vierge, il prouve qu’il est Dieu.
Ce
que les Saints ont si bien expliqué, Marie, à
cette heure solennelle, le vit mille fois mieux qu’eux
tous ; et dans une éblouissante clarté, elle
comprit pourquoi l’Esprit-Saint lui avait suggéré
ce vœu dès l’aurore de sa vie. Et comme
Abraham avait assuré sa merveilleuse postérité
en sacrifiant le fils qui devait en être la source ainsi,
en faisant ce qui semblait lui soustraire à jamais
l’espérance de la Maternité divine, Marie
; précisément alors en méritait les gloires
ineffables.
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Admirable
virginité de Marie pendant et après l'Incarnation |
Dès
que Marie eut posé sa virginale question, l’archange
répondit : « L’Esprit-Saint surviendra en
Vous ! » O Vierge, vous êtes déjà
« pleine grâce ; le Seigneur est avec vous et vous
êtes bénie entre toutes les femmes. » Quand
à votre Immaculé Conception, Dieu posa la première
pierre du palais futur de son Verbe, il le voulut digne et de
l’architecte qui le créait et du grand Roi qui
devait habiter. Dès «cette première sanctification
le Saint-Esprit remplissait votre âme, versant en vous,
dans sa plénitude, cette « grâce des Enfants
adoptifs, magnifique patrimoine de tous les élus. Mais
maintenant que le Roi des rois va venir habiter son Sanctuaire,
n’est-il pas juste que, pour l’inaugurer, on le
revête des plus magnifiques ornements ? Voilà pourquoi
«L’Esprit-Saint va survenir en Vous. » Et
dans une seconde sanctification, il vous enrichira de cette
grâce de Mère de Dieu, ont aucune intelligence
ne peut sonder la sublimité » Spiritus Sanctus
superveniet in Te !» (1)
Et l’Ange
ajout : «La vertu du Très-Haut vous couvrira
de son ombre, » Dieu est un feu consumant. (2)
S’il est impossible de le contempler ici-bas sans mourir,
que serait-ce d’être plongé en lui, comme
une paille dans une fournaise ? Mais en craignez rien : L’Esprit-Saint,
«vous couvrant de son ombre,» tempère ces
ardeurs, n’en laissant subsister qu’autant qu’il
en faut pour vous sanctifier et vous rendre divinement féconde.»
(3)
Après
ces sublimes explicitions, Maire n’a plus qu’a
s’incliner et à prononcer son FIAT. Elle le dira
avec d’autant plus d’amour, qu’elle n’en
saurait douter : Ses chastes désirs viennent de Dieu
et ravissent son Cœur : Hominem non congnosco »
ce vœu de Virginité que le Ciel lui a inspiré,
le Ciel se plaît à le garder : Oui, comme l’Église
le chantera jusqu’à la fin des siècles,
elle doit être : « la Sainte Vierge, la Vierges
des Vierges, la Vierge très pure, la Vierge sans tâche,
la Toujours toute Sainte Vierge. (4)
Elle
sera Vierge dans sa Conception : «Le très pur,
dit Bossuet, ne s’unit qu’à la pureté.
Il conçoit son Fils unique dans son sein paternel,
sans partager sa conception avec un autre ; et quand il le
fait naître dans le temps, il ne veut le partager qu’avec
une vierge et il ne souffre pas qu’il ait deux pères.
«Isaïe avant annoncé cette merveille : «Ecce
Virgo comcepiet ! » et l’Ange dira bientôt
à Saint-Joseph : «Ce qui est né en elle,
est l’œuvre du Saint-Esprit. »
Et les Chrétiens proclameront à jamais ces glorieux
articles du Credo : « Il a été conçu
du Saint-Esprit. »
Marie
sera Vierge dans son Enfantement : Eh ! Comment celui qui
ordonne d’honorer ses parentes, pourrait-il diminuer
l’honneur de sa Mère ? » Comment, dit saint
Thomas, celui qui ne venait sur la terre que pour rendre au
monde la pureté, pourrait-il altérer celle de
Marie ? »-« Comment, dit saint Cyrille, le Rayon
de Lumière éternellement engendré de
la Lumière, pourrait-il naître d’une vierge
autrement que le Soleil pénétrant un globe de
cristal ? » : Comme plus tard Jésus entrera dans
sa vie glorieuse en traversant la pierre du sépulcre
sans en briser les sceaux. Ce miracle, également annoncé
par Isaïe, faisait l’attente de tous les nations
; et dans les forêt de Gaules, nos pères encore
païens, élevaient déjà des autels
«à la Vierge qui devait enfanter, –Virgini
pariturae ! »
Enfin
Marie restera Vierge après son enfantement : Elle est
la «Porte, » dont parle Ézéchiel,
et qui restera à jamais fermée, parce que le
Seigneur Dieu d’Israël a daigné entrer par
elle dans son sanctuaire. » (5)
Et ne serait-ce pas un sacrilège, plus exécrable
que celui de Balthasar, d’imaginer que ce calice d’or,
consacré par ces divins Mystères, put devenir
un vase profane ?
Ce
n’est pas assez dire ; non seulement en naissant de
Marie, Notre-Seigneur n’a pas diminué son intégrité,
mais comme l’Église la plaît à le
redire, il l’a consacrée : «non minuit,
sed sacravit ! »-« O Vierge, lui dit saint Pierre
Chrysologue, dans la conception de votre Fils, et par son
enfantement, votre chasteté s’est accrue, votre
intégrité s’est fortifiée, votre
virginité s’est consolidé ! » -«
Jusqu’à ce moment, dit saint Jérôme,
le sein de Marie était pur et sans tache, mais encore
y restait-il quelque chose de la bassesse humaine. C’était
comme une laine d’une blancheur admirable mais ayant
encore sa couleur native. Que le sang du murex y pénètre,
et la laine devient une pourpre royale.
(6) Ainsi dès que l’Esprit-Saint fut survenu
en Marie, elle devint une pourpre divinement apte à
revêtir le Roi des rois… tellement sainte que
dès lors elle n’eut plus aucune aptitude qu’aux
usages divins. »
Cette
gloire de Marie, Vierge et Mère tout ensemble, l’Église
la salue avec un pieux enthousiasme comme une ses joyaux les
plus magnifique, un de ses dogmes de foi les plus aimés.
Que Cérinthe ose attaquer la virginité de Marie
dans sa Conception, Jovinien, sa virginité dans son
enfantement, Helvidius, sa virginité après son
enfantement, voici de toutes parts des protestations indignées
; Les Docteurs se lèvent pour venger l’honneur
de la Mère de Dieu ; les Conciles foudroient les blasphèmes,
et saint Jérôme avec sa rude éloquence
pulvérise » les nouveaux Erostrates qui cherchent
à souiller ce Temple mille fois plus sacré que
celui de Diane. »
Souvent
même, des miracles appuient ces affirmations de la foi
chrétienne : Un jour, le bienheureux Egidius, un des
premiers compagnons de saint François, vit venir à
lui un Docteur de l’Ordre de saint Dominique. Éclairé
d’en haut sur les doutes qui tourmentaient son visiteur,
l’humble franciscaine cour à lui : « Frère
pêcheur, lui dit-il, oui Maie est Vierge dans sa Conception
! » Et frappant la terre de son bâton, il en fait
sortir un lis d’une merveilleuse blancheur. Et de nouveau
: «Frère pêcheur, crois-le de toute ton
âme : Marie est vierge dans son enfantement ! »
Et d’un nouveau coup, il fait germer un second lis.
Enfin, une troisième fois : « Frère prêcheur,
Marie set restée vierge après son enfantement
! » Et un troisième lis vient confirmer la doctrine
de foi. « O Mère très chaste, daignez
faire jaillir de la pauvre terre de nos cœurs le triple
lis d’une parfaite pureté de corps, de cœur
et d’esprit !
Pour
mieux satisfaire leur piété filiale et mieux
réparer l’injure faite par l’hérésie
à leur bien-aimée Souveraine, les Pères,
les Docteurs et les Saints s’unissent pour exalter à
l’envie les merveilles de cette ineffable Virginité.
Ils montrent que «Marie est d’autant plus Vierge
qu’elle est Mère, puisque le Verbe consacre et
empourpre sa Virginité comme elle est d’autant
plus Mère qu’elle est Vierge, ne partageant avec
personne la gloire de sa fécondité ! »
Ils
proclament que sa Virginité l’emporte tellement
sur tout autre virginité qu’à vrai dire
elle est «la seule Vierge, »-« la Vierge
Unique, »-«l’archétype et le modèle
de la Virginité. »(St. Ephrem.) « O Vierge
vraiment singulière et vraiment unique, s’écrie
saint Thomas de Villeneuve, en pensant à vous, nul
n’oserait se dire vierge ; et à la vôtre,
toute autre virginité paraît souillure. »
Et
parce que ces éloges ne suffisent pas encore à
leur piété, comme ils disent de Dieu qu’il
est, non seulement bon, mais la Bonté même ;
ainsi ils chantent de Marie qu’elle est non seulement
Vierge, mais la Virginité même. C’est ainsi
que le Pontifical appelle Notre-Seigneur, « le fils
de la perpétuelle Virginité. » - O Sainte
et Immaculée Virginité, s’écrie
encore l’Église, quelles louanges vous offrirais-je
? En vérité, je ne le sais ! Car Celui que les
cieux ne peuvent contenir, vous l’avez porté
dans votre sein ! »
Enfin les Pères se plaisent à monter les fruits
merveilleux de cette incomparable Virginité : C’est
d’abord dans l’âme de Marie une très
haute contemplation : « Bienheureux les cœurs purs.
Ils verront Dieu ! » Si, parce qu’il était
vierge, saint Jean fut le plus sublime des Apôtres,
et si, d’un regard plus hardi que celui de l’aigle,
il contempla les secrets de la vie divine et les mystères
de l’avenir, quelles ne furent pas les divines lumières
de Marie ? D’Illustres Théologiens n’ont
pas craint d’affirmer qu’en ce grand jour l’Annonciation,
il lui fut donnée de pénétrer l’essence
même de Dieu. Et certes, si d’après saint
Thomas, saint Paul « ravi au troisième ciel »
jouit de ce bonheur, comment aurait-il été refusé
à Marie ? (7)
L’ineffable
pureté de la Vierge se reflétait jusque dans
son corps très pur et «sa chair angélisée,
« lui donnant une beauté ravissante et en même
temps si chaste que sa seule vue, comme l’affirment
les Saints, « virginisait les cœurs » et
y allumait « des incendies de chasteté. »
Et certes, si le seul aspect de saint Bernardin de Sienne
imposait la retenue aux plus licencieux ; si, près
de Jeanne d’Arc, les hommes d’armes sentaient
s’éteindre tout pensée de convoitise ;
s’il suffisait de regarder saint Stanislas Kostka pour
s’embraser de chaste désirs, comment la Vierge
n’airait-elles pas, mille fois mieux encore, possédé
comme son divin Fils » une vertu cachée guérissant
tous ceux qui l’approchaient… « Virtus de
illo exibat et sanabat omnes. » (8)
Mais
la gloire suprême de la Virginité Mariale, c’est
sa divine fécondité. C’est elle qui «
va chercher le Verbe dans le sein du Père et l’attire
sur terre dans le sein de Maie. » (9)
Et en même temps qu’elle enfant Jésus,
le roi et l’Époux des Vierges, elle enfante la
liliale armée de Vierges de tous les siècles,
Rome ancienne, à prix d’or et par l’appât
d’honneurs royaux et des plaisirs du Cirque, savait
à peine trouver dans tout l’empire, six Vestales,
consacrant à Vesta une virginité temporaire
et abaissée. Mais dès que Marie « eut
levé dans le monde l’étendard de la virginité,
» (10) voici les Agnès,
les Cécile, les Agathe, les Louis de Gonzague ; depuis
dix-neuf siècles, à chaque génération
des centaines de milliers de jeunes gens et de jeunes filles
estiment comme la pus précieuse des grâces le
bonheur de s’enrôler sous la blanche bannière
des vierges et achètent joyeusement ce trésor
par le sacrifice des plus brillantes espérances terrestres.
Et tous ces magnificences de la virginité héroïque,
apanage exclusif de l’église catholique, sont
le fruit des exemples de Marie et de sa prière : »
Adducentur Regi virginese post eam !
O mon âme, quel bonheur si Dieu daignait t’appeler
à tout sacrifier pour la conquête de cette perle
précieuse de la virginité, dont la valeur éclipse
cent fois toutes les richesses de ce monde ! Mais au moins
quelle que soit la voie où Dieu t’appelle, cultive
en toi la très noble chasteté : tout d’abord
demande à Jésus et à Marie une immense
estime pour cette belle vertu et un horreur profond pour tout
ce qui la blesse : « Poitius mori quam foedari ! »
ce que Lacordaire traduisait énergiquement : »
Plutôt mourir que pourrir ! »
Puis
souviens-toi du grand conseil de Notre-Seigneur : Veillez
et priez !-Vigilate et orate. « En deux mots, c’est
là toute la stratégie pour la défense
de ton trésor. D’Abord la vigilance ; car «si
Dieu nous a créées sans nous, dit saint Augustin,
il ne nous sauvera pas sans nous. Garde-toi et des pendants
déréglés de ton cœur et des pièges
du dehors, « ces filets du démon qui enlacent
toute la terre, » disait saint Antoine. « Vigilate
! »
Et en même temps, la prière ! « Orate !
» Oui, je prierai, car «si Dieu ne bénit
pas nos efforts, c’est en vain que veille celui qui
garde la cité ! »
Je
prierai le plus souvent possible, mais spécialement
dans les tentations. Surtout je prierai Marie, car c’est
elle « la Vierge des Vierges, la Vierge très
pure, la Vierge très prudente ; qui a reçu le
glorieux privilège d’accorder à ses enfants
la couronne de pureté. Je prierais Marie : saint Alphonse
nous assure qu’il est impossible de succomber aux tentations
quand on l’invoque. Je prierai Marie et je me plairai
à hanter sa virginale pureté. Saint Alphonse
s’est fait le panégyriste de ce glorieux privilège
: Un jour Marie lui apparut, tenant dans ses mains le livre
qu’il avait composé en son honneur ; et après
l’avoir enrichi de grâces singulières,
elle lui fit don d’une chasuble d’une merveilleuse
blancheur : gracieux prodige dont le souvenir était
célébré chaque année en Espagne
par une fête commémorative.
O
Mère, en partageant la dévotion de ce grand
Évêque, ne puis-je espérer partager sa
récompense et recevoir de vos mains cette blanche robe
de pureté qui charmera à jamais vos yeux et
ceux de votre divins Fils ! AMEN
|
|
Prières
«Le
Sub tuum et Le Sub tuam» |
Le
Sub tuum |
Le
« Sub tuum » est un des chants les plus
anciens composés en l’honneur de la très
sainte Vierge. On le chantait primitivement dans les
processions solennelles, si chères autrefois
à la piété chrétienne. On
le trouve dans l’antique liturgie milanaise. Chez
nous il apparait pour la première fois dans un
antiphonaire du XI siècle, dit de Charles le
Chauve ; et bientôt, du livre des processions,
il passe dans l’office. Cette antienne nous vient
vraisemblablement de l’Église grecque,
et elle se rencontre encore aujourd’hui dans ses
livres liturgiques. Cette origine nous explique le changement
de ponctuation introït dans cette prière
: les Grecs aiment à saluer Marie, non seulement
comme «la Toute-Sainte, la Panaghia, «mais
aussi comme «la Toujours-Vierge. »
Les
latins, peu habitués à cette appellation,
ont ainsi coupé la finale : «Délivrez-nous
toujours, ô Vierge bénie. » En
réalité le texte original porte : «Délivrez-nous,
ô Toujours Vierge bénie.» (Voir
de Miechow, IV, 21 : Miracles obtenus par la récitation
du « Sub tuum. »)
|
| Sub,
tuum praesidium confugimus, sancta DeiGenitrix
; nostras deprecationes ne despicias in necessitatibus
; (1)
sed a periculis cunctis libera nos semper, Virgo
gloriosa et benedicta.
|
Nous
avons recours à votre protection, sainte
Mère de Dieu ; ne rejetez pas les prières
que nous vous adressons dans nos besoins ; mais
délivrez-nous toujours de tous les dangers,
ö Vierge glorieuse et bénie.
|
|
Le
Sub tuam |
Le
« Sub Tuam » est une antienne d’une
antiquité aussi vénérable que le
«Sub tuum. » Elle est comme la sœur
jumelle de cette prière, dont elle a partagé
le sort, et autrefois elle était tout aussi connue.
Elle était par excellence le chant des pèlerinages
au « Salut des infirmes ; » et au XVe siècle,
à N.-D »d’Embrun, si chère
à Louis XI, on la chantait sur une mélodie
spéciale et solennelle. Tout récemment,
elle a été rééditée,
avec ses diverses mélodies, à la «
Schola cantorum, » 269, rue Saint-Jacques, à
Paris. |
Sub,
tuam protectionem confugimus, ubi infirmi acceperunt
virtutem ; et propter hoc tibi psallimus, DeiGenitrix
Virgo
|
Nous
nous réfugions sous votre protection
où tant de fois les faibles ont retrouvé
la force ; et à cause de cela, nous chantons
en votre honneur, ô Vierge Mère
de Dieu. |
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Références |
1ière
parole
(1)
Les savants discutent sur l’étymologie
de Nazareth, Les uns lui donnent le sens de «
séparé ou consacré. » Les
autres plus nombreux, la signification de «
fleur. »-« Nous irons à Nazareth,
écrivaient à Marcella sainte Paule et
sa fille Eustochie ; et suivant l’interprétation
du nom, vous verrons la fleur de la Galilée.
» (Dict. Biblique).
(2) « Non passio fuit, dit ici Cornelius à Lapide, sed propassio, id est voluntaria et persmissa.
Nullae enim passiones in B.V. dominari, imo nec insurgere
poterant, aut ejus rationem et libertatem praevenire.
Simili modo Christus in horto caepit pavere. »
(3) « Auditâ laetiliâ, dictum examinavit...Evaae
evitans levitatem et simul duritiam Zachariae…
» Jean le Géomètre ( Cat. aurea
St Thomae.)
(4)
St Aug.L.de s. Vierg. C. et n.4-Patr. lat., XL, 398
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Admirable
virginité de Marie avant l'Incarnation
(1)
Il serait fastidieux et sans profit de donner l’a
référence exacte des très nombreux
textes de Père consignés dans cet opuscule.
Il sera sans doute plus utile d’indiquer certains
ouvrages, où le pieux lecteur pourra retrouver,
avec un certain nombre de nos citations, de belles
études sur les sujets que nous abordons. Ainsi
par exemple sur la « Virginité de Marie
; lire le bel ouvrage du P. Terrien : «La Mère
de Dieu et des hommes. » II. P. 142-190
(2)
A quel moment la saint Vierge et saint Jean-Baptiste
eurent-ils l’usage de la raison? Ou trouvera
la réponse à cette question, à la fin du volume. Appendices A
& B
(3)
St Augustin, I, de S. Virg, II.12 » Habent aliquid
jam non carnis in carne. »
(4)
St Pierre Chrysologue, serm, 173, de Annunt, Esse
angelum felicitatis est ; virginem esse, virtulis. »
(5)
Cant.11, 16. « Pascitur inter lilia. »
(6)
Apoc.XIV. 3-5, « Nemo poterat dicere canticum
nisi illa centum quadraginta quatour millia…
qui empli sunt de terra. Hi sunt qui cum mulieribus
non sunt coinquinati : virgines enim sunt. Hi sequntur
Agnum quocumque icrit… Sine maculâ sunt
ante thronum Dei. »
(7)
Inséré dans les œuvres de saint
Bonaventure. Tous les Saints on eu une ardente dévotion
envers Jésus et Maire et ils ont exalté
ce double amour comme le plus assuré des gages
de prédestinations. N’est-il pas touchant
de voir Marier elle-même, guidé par l’Esprit-Saint,
pénétrée de sentiments si pieux
pour «La Vierge qui devait enfant, »
Ignorant qu’elle était précisément
cette élue de Dieu ?
(8)
Act., XX, 35. » Beatius est dare, quam accipere. »
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Admirable
virginité de Marie pendant et après
l'Incarnation
(1)-Cette
division de la vie de la sainte Vierge en deux grandes
périodes l’une antérieure, l’autre
postérieure à sa Maternité divine
est de date fort ancienne. On la trouve déjà
au V111 siècle, dans une épître
du pseudo-Jérôme à Paula et à
Eustochie : « Migne, P.L. t.30, col, 129. La
piété chrétienne se plait à
la trouver symbolisée dans un gracieux prodige
de l’Ancien Testament, (Juges V11) Pour délivrer
son peuple de l’oppression des Madianites, Dieu
avait fait choix de Gédéon ; mais avant
d’accepter ce rôle le héros tenait
à s’assurer que telle était bien
la volonté du Ciel ; et par deux fois il demande
au Seigneur une preuve miraculeuse de sa mission :
Il mettrait sur le sol une toison de laine ; et tendis
que la terre l’entour resterai sèche.
La toison se remplirait de rosée. Puis dans
une deuxième épreuve, la toison seul
resterait sèche et la rosée tomberait
tout à l’entour…Ce double prodige
figurait la double merveille opérée
en Marie pour salut du monde : Tandis que les eaux
du péché originel infectent toute la
terre, seul la sainte Vierge reste préservée
de leur souillure, comme la toison demeure sèche
sur un sol détrompé… Et au sein
d’un univers frappé de stérilité,
seule le reçoit en elle Jésus, la Rosée
du ciel. (Voir les Médit, sur la sainte Vierge
par le P. Vermeersch, 11, p. 86).
(2)-Hébr.,
X11, 29. » Etenim Deus noster ignis consumens
est. »
(3)-V.P.
Eymard, sainte Communion, p.33. « Ipse est qui
Virgini obumbravit ut et virgineo corpori temperaret
Deitatis accessum. » (St Bernard.)
(4)- V. Terrien, 11, p, 176-178, etc. les magnifiques
acclamations des Pères saluant la Virginité de Maire.
(5)-Ezéch.,
XL1V.
(6)-
Le murex est un animal de la tribu des buccinoides.
Il secrète un liquide coloré, dont les
anciens tiraient la pourpre
.
(7)- « Marie eut donc à ce moment la
vision de l’essence divine elle-même,
si cette vison peut être accordée en
cette vie à une pure créature, question
discutée en théologie à tout
le mois, une vision de Dieu aussi élevée
que possible dans la vie présente. Voir Suarez
: De Myst. Christi, t, 11., disp.1X, sect.2.foin.
» ( de la Broise, p.81-V, aussi Petitalot,1,
260
(8)-Sur
ce sujet, voir Terrien, II, 112,-141 ;-d’Argentan,1.138
;- Petitalot,11,332,-« Angelificata caro ; «
Tertullien, de Ressur, carnis- «Le feu de l’amour
divin qui brûlait en Marie se reflétait
sur tout son être extérieur, en sorte
que possédant la pureté des anges, elle
avait un visage angélique.» St ambroise,
De Istiti, Vietgg,c,7, 50, P L »XVL,319-«
Elle était tellement vierge, ajoute St Thomas
de Villeneuve, ( In fest, Annunt, conc, 1) qu’elle
virginisait ceux qui la contemplaient, » Terrien.
11,181
(9)-
Petitalot, 1,155
(10)-«
Maria signum sacrae virginitatis extulit, et intemeratae
intégritalis pium Christo, vexillum erextit.
» St Ambroise, Des Inst, Viergin, c.5, n.35
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Prières
(5)
Certains livres de piété et diverses mélodies
ajoutent ici « nostris, » ce mot ne se trouve
ni dans le texte grec, ni dans les vieux antiphonaires,
ni dans la version courante.(VF.Diect.de liturgie, par
Don Cabrole. I. 2296 |
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